Salut tout le monde,

les vacance sont bientôt là pour certain, pour d'autres déjà là... Enfin voilà je poste un nouveau chapitre pour le début des vacances avec un changement de décor. Malheureusement triste. Mais j'ai beaucoup aimé son écriture car j'ai pu aller avec nos héros dans des endroits différents comme dans le chapitre d'avant... JE veux autre chose pour nos héros, c'est à dire autre chose qu'une base militaire ou une forêt... Ce n'est pas que j'aime pas la verdure mais bon changer de décor fait du bien... Changer de registre aussi. Alors sortez vos mouchoirs et n'inondez pas trop la pièce... Ah et Attention Révélation avec un grand R, avec quelques réponses à vos questions... Enfin j'espère...

HOnte à moi j'ai pas répondu à une review ! OMG voilà comment je vous remercie... Enfin bref je me rattrape mieux vaut tard que jamais... Hum

MM : Même celà est trop faible au vue du travail accomplit : merci ! == Oh oui quel travail de titan ! Bah même une petite review me suffit amplement. (même si des petites mais nombreuses me plairaient bien aussi)

Même blabla que d'hab, review bienvenu... Merci à mon correcteur...

Bonne lecture !


"Le premier des bons ménages est celui qu'on fait avec sa conscience". - Albert Einstein-


Chapitre 2 : Astyan


Mitchell se gara derrière une voiture noire, un gros 4X4 élégant. Du monde était déjà arrivé et s'amassait doucement vers leur destination : la tombe de Bill Owen. Son futur lieu de repos éternel. Mitchell avait pris la direction de cette petite ville d'à peine 60 000 habitants tôt le matin. Un tiers de la population étaient des fermiers. Le cimetière était situé en dehors de la ville parmi les champs dans un léger creux. De ce fait, on ne pouvait pas voir les tombes avant d'être devant. Tout était à l'abri du vent. L'église était éloignée de la ville juste à côté du cimetière. Mitchell et ses amis n'étaient pas encore dans le creux. Ils pouvaient encore voir au loin les habitations et des centres commerciaux qui commençaient à pousser.

- On fait tâche, remarqua Daniel qui regardait les convives.

Mitchell suivit le regard de Daniel. Des soldats en costume discutaient entre eux.

- J'aurai dû mettre le mien, avoua Mitchell, mal à l'aise.

- C'est un soldat ? demanda Astyan, curieux.

- C'était un soldat… Oui, corrigea Mitchell. Il y a très peu de civils.

- Bill avait… Une femme et un enfant de trois ans, récita Daniel, en ouvrant un dossier. Mort dans un accident de voiture à Washington.

Il avait fait sa petite enquête.

- C'est moche, murmura Mitchell. Il n'est pas mort au combat. Terrorisme ?

- Non, il aurait perdu le contrôle de son véhicule. Ce sont les premières conclusions, hésita Daniel.

- Quoi ?

Mitchell avait remarqué son hésitation. Astyan lui admirait les gens, étudiant leur comportement.

- Il y a des sérieuses lacunes dans le rapport, expliqua Daniel.

- Tu connais quelqu'un, demanda Teal'c à Cameron.

Ce dernier contemplait la foule.

- Non, répondit Mitchell, un peu déçu. Mais il y a un Amiral… Et un colonel là-bas…

Il espérait voir des connaissances.

- Pas d'Angéla, finit Teal'c.

- Non, pas de Général, admit Mitchell. Approchons.

Ils se mêlèrent à la foule. Mitchell observa la famille du défunt après avoir jeté un coup d'œil au cercueil. Le soldat mort était jeune. La famille était presque les seuls civils. Il y avait aussi des journalistes et d'autres amis. Un drapeau américain était étalé sur le cercueil, accompagné d'un cadre photo du défunt. Il y avait un autre drapeau à côté du cadre, plus petit, écossais. Le trou avait été déjà creusé, juste à côté du cercueil.

Ils arrivèrent près du cercueil. Les invités s'installèrent autour. La plupart des soldats restèrent debout. L'équipe fit de même, à l'écart. Dans l'allée centrale et large, deux rangs de soldats armés et décorés attendaient pour avancer vers le cercueil. La femme du défunt s'installa. La cérémonie commença. Mitchell écoutait à peine le discours du prêtre au sujet du défunt. Il cherchait du regard Angéla. Il écouta tout de même le discours de la veuve et de l'Amiral. Daniel aussi cherchait dans la foule un visage familier. Il chercha aussi le cercueil car celui-ci n'était pas encore visible.

Puis les soldats avancèrent vers le cercueil. Ils le portèrent sur leur épaule et marchaient en cadence. Mitchell observa la veuve. Elle serrait la main de son petit garçon encore debout à ses côtés. Le petit avait été sage et restait brave. Des larmes coulaient sur les joues de la femme. Contrairement aux autres femmes, elle ne portait pas de lunettes de soleil. Elle ne voulait pas cacher ses pleurs et sa tristesse. De temps en temps, elle jetait des coups d'œil vers l'allée comme si elle attendait quelqu'un. Son mari ? Elle fixait un point au loin entre les deux rangs de soldats, entre lesquels six soldats amenaient son mari vers sa dernière demeure. Elle attendait un signal. Puis le signal vint. Les soldats tirèrent leur coup de feu en l'air pour signaler le départ du défunt vers l'au-delà alors que le cercueil fut posé à côté de la terre retournée, proche du trou où séjournera le cercueil pour l'éternité.

Enfin, dans le silence, juste après les coups de fusil, un son strident se fit entendre. Celui d'une cornemuse. Mitchell se rappela que le défunt avait des origines écossaises. L'unique cornemuse fut accompagnée par d'autres, autour d'eux. Les invités chuchotèrent de surprise et se regardèrent. Certain cherchaient l'origine de ce bruit. La musique semblait venir de nulle part. Calme, la femme regardait toujours le point fixe. L'Amiral à son tour fixait un endroit, les yeux brillants. L'hommage le touchait aussi. La veuve se leva, bien droite. Ils étaient tous encerclaient par les cornemuses. Sa famille l'imita. Les journalistes s'agitèrent, ne comprenant pas ce qui se passait. La veuve ne regardait plus le cercueil de son époux mais l'allée.

Puis, Mitchell les vit : les musiciens avec leurs cornemuses. Ils apparurent autour d'eux sur les hauteurs. Ils restèrent un moment en hauteur alors que le son de leurs instruments se propageait dans le trou où ils étaient. Puis, un des musiciens descendit la pente et s'avança vers l'allée centrale, seul. Accompagnant le musicien, une voix douce s'éleva. Elle semblait venir juste derrière le musicien.

- Angéla ,chuchota Astyan dans l'oreille de Mitchell.

Astyan avait senti sa présence. Il frissonna. La voix les submergea tous, noyant leur cœur. Astyan ressentit plus profondément le chant. Mitchell reconnut le champ des morts : l'Amazing Grace, accompagné par des cornemuses. Daniel ne voyait toujours pas l'origine de la voix. Derrière le musicien qui s'avançait toujours vers eux tout en jouant, un cheval apparut, sellé sans cavalier. Il y avait juste des bottes dans les étriers à l'envers. La veuve avait mis une mais sur le cœur, émue. Le cheval était suivi de trois autres cette fois-ci avec cavalier. Celui du milieu semblait familier à Mitchell.

- Oslo viking, confirma Teal'c.

Angéla était bien là. Entre les deux autres chevaux, elle était droite. Une main levée en un salut militaire, accompagnée par deux autres soldats-cavaliers. Ses lèvres bougeaient. Elle chantait. Astyan admira le spectacle. Le chant les transporta. Le temps s'arrêta pour les invités. Les soldats un à un les saluèrent à leur passage. Les trois cavaliers arrivèrent près du cercueil. Seul, le cheval sans cavalier continua son chemin. Angéla descendit de cheval. A l'aide d'un autre soldat, elle plia le drapeau des Etats-Unis avec minutie et précaution alors qu'elle continuait de chanter. Enfin elle s'approcha de la veuve et lui donna le triangle coloré, un genou au sol. La veuve posa ses mains émue sur le drapeau et tomba à genou à la hauteur d'Angéla. Elle serra Angéla de son bras libre. Angéla l'aida à se relever puis elle fixa le cercueil qui commençait à descendre vers le repos éternel. La voix d'Angéla masquait le bruit atroce des poulies qui grinçaient, descendant le soldat mort sous terre. Angéla serrait la main de la veuve à s'en blanchir les phalanges. Quand le cercueil s'immobilisa au fond de la fosse, à jamais, Angéla finit son chant. Le silence retomba et sa voix fut remplacer par la mélodie chantée par les cornemuses. Elles accompagnèrent le cœur triste des gens. Elles aussi, elles finirent par se taire et reculèrent dans le paysage.

Le chant funéraire se tut. Le cercueil atteint les profondeurs vers sa dernière demeure. L'épouse étouffa un cri de détresse alors qu'Angéla l'étreignit avec force pour lui montrer son soutien. Elle sortit de sa poche un objet. Mitchell pu le distinguer. Il savait ce que c'était. Il avait le même : un collier avec deux plaques militaires avec leurs matricules de reconnaissances. Il regarda Angéla lui donner les plaques à l'épouse du défunt. La veuve la remercia et serra son poing à s'en faire blanchir les phalanges. Angéla se décala ensuite avec respect et se mit en retrait. Un par un, les invités déposèrent une rose rouge sang sur le cercueil. Puis ils passaient saluer la famille et présenter les condoléances. Par respect pour la famille, l'équipe fit de même et suivit le mouvement. Mitchell se piqua avec une épine de la tige de la rosacée. Il se mordit la langue. Daniel formula quelques formules d'adieu. Mitchell ne dit rien mais le cœur y était. Il lâcha la rose qui mit une éternité à descendre. Il invita Astyan à suivre le protocole. Astyan imita son geste. Mitchell s'arrêta. La rose d'Astyan ne s'éclata pas en pétales une fois sur le cercueil. Elle resta intacte et blanchit. Mitchell regarda Astyan, silencieux. Puis Mitchell la vit se transformer. La rose s'enracina. Il regarda les personnes suivantes qui n'avaient rien remarqué du tour d'Astyan.

- Je n'aime pas cette couleur, se justifia Astyan.

Mitchell lui jeta un regard désapprobateur. Ce qui le gênait le plus c'était la rose qui devenait un buisson. Comment il allait expliquer l'apparition d'un rosier blanc sur le cercueil. Les racines commençaient à pénétrer le cercueil, comme si elles voulaient se nourrir du corps du défunt. Daniel présenta ses condoléances et trouva les mots justes comme d'habitude. Lui, il ne sut quoi dire. Il serra les mains délicatement et salua la veuve. Celle-ci lui serra la main avec reconnaissance. Elle serait inconsolable pendant plusieurs mois même des années. Les larmes n'arrêtaient pas d'apparaître sur ses joues humides. Mitchell jeta un coup d'œil à Angéla. Elle avait le visage inexpressif, seule une larme glissait sur sa joue. Astyan continua à suivre le protocole juste derrière Mitchell. Après son passage, Teal'c n'avait pas jeté une seule rose mais un bouquet pour masquer le cadeau d'Astyan. Astyan serra la main de la veuve suivant l'exemple de Mitchell. Ce dernier sentit une brise soulevée les manteaux d'hiver. Il jeta un coup d'œil à la foule mais personne ne fut gêner par cette brusque apparition de vent. Pourtant Angéla réagit et se décala. Le visage de la veuve changea. Elle semblait plus apaisée et sereine. Elle se redressa légèrement. Astyan avait apaisé sa douleur en touchant son esprit. L'équipe suivit la sortie. Certains partaient déjà d'autres traînaient encore sur place. Mitchell admira le défilé de soldats et autres personnes importantes.

- Il se passe quelque chose, souffla Astyan à son oreille.

Mitchell chercha le problème, il n'y en avait pas.

- En dehors du faite qu'il y a un buisson dans le trou maintenant ?

- Elles sont tendues.

Astyan fixait Angéla et la veuve.

- Teal'c ?

- Aucun danger, assura Teal'c, qui surveillait les environs depuis le début.

- Il n'y a pas de danger… le danger vient d'elles, comprit Mitchell. Qui est la plus tendue ?

Mitchell observait les deux femmes et craignait le pire.

- La veuve.

Daniel souffla. Le contraire aurait été un désastre.

- Pourquoi ? demanda Daniel.

Mitchell entendit alors une clameur puis un cri.

- ASSASSINS ! hurla la veuve.

Elle s'était précipitée sur des hommes. Ces derniers étaient des messieurs tout le monde, habillés tout en noir. Angéla une main sur l'épaule de la veuve tentait de la raisonner et de la retenir. Mais elle aussi était mal à l'aise.

Mitchell et ses amis s'approchèrent pour en savoir plus.

- VOUS l'avez tué !

Les journalistes s'étaient précipités pour mitrailler la scène sur tous les angles possibles. Certains avaient démarré l'enregistrement. Les hommes qui étaient responsables du chaos restèrent en retrait impassible.

- La CIA, entendu dire Mitchell.

- Madame, je comprends votre tristesse mais votre jugement doit être…

Les journalistes pétillaient d'enthousiasmes. Mitchell lui posait des questions. Que faisait la CIA ici ?

- Comment osez-vous venir vous présenter ici ?hurla la veuve hystérique.

Angéla ne put la retenir plus longtemps mais c'est surtout qu'elle n'en avait plus envie.

- Vous n'êtes pas les bienvenus, intervint Angéla.

La veuve se rua vers l'homme. Immédiatement ces associés intervinrent. Angéla s'en mêla pour protéger la jeune femme qui allait prendre de mauvais coups. La situation s'amplifia. Les hommes en noirs sortirent leur arme. Angéla se jeta aussi dans la mêlée rejoindre son amie et sortit aussi deux armes qu'elle pointa dans deux directions différentes et opposées. Elle fit barrage de son corps pour protéger la veuve. Voici la scène : 6 à 7 agents de la CIA probablement, pointant leurs armes vers deux femmes chagrinées et encerclées. L'une d'elle opposait une sérieuse résistance.

- Vous voulez tenter, menaça Angéla entre ses deux. Combien d'hommes, je tuerais avant de tomber à votre avis ? Et que vous mourront ?

- Ils l'ont tué… pleura la veuve.

Angéla se cala devant la femme.

- Pas maintenant, Pam…

- Nous sommes pour rien…

- A d'autres, cracha Angéla. Qui va vous croire ?

- Mais tout le monde, Kathleen, intervint un homme.

Il avait l'accent russe. Elle blêmit.

- L'assurance et l'enquête policière ont conclu à un accident, à un regrettable accident.

- Vous parlez du dossier vide accusa Angéla, ayant repris ses esprits. Et vous croyez vraiment que vous faites le poids, rit Angéla.

- Une contre sept, je demande à voir, tu ferais mieux de nous suivre sourit le russe.

- Vraiment ? Mais je sais compter.

La situation était vraiment étrange car les soldats de parade avec les fusils les encerclaient maintenant eux aussi.

- Elle n'est pas seule. Elle n'est jamais seule intervint un homme d'un certain âge avancé.

Il essayait d'écarter la foule pour la rejoindre et s'avança vers eux en clopinant. L'agent tourna la tête et remarqua la situation. Il avait fixé son attention sur le plus grand danger immédiat du moment : Angéla et n'avait pas fait attention aux soldats présents à la cérémonie. Des soldats qui les visaient maintenant étaient sûrs d'eux. En effet, la CIA ne faisait pas le poids. Il ne savait même pas s'il le faisait face à Angéla, seule. Résigné, il leva son arme en signe d'armistice et la rangea. Ses associés l'imitèrent. Ainsi un drame fut évité de justesse.

Après le cimetière, Angéla s'était volatilisée avec la veuve pour la raisonner. Ils avaient donc perdu sa trace. Enfin pas complètement, ils connaissaient l'adresse de la veuve. Ils s'y rendirent, voulant retrouver Angéla à la veillée. En effet, Angéla y était, au côté de la veuve. Elle était tout de même à l'écart et discrète. Elle examinait la foule. Mitchell s'approcha d'elle alors qu'elle était assise sur des marches.

- Que se passe-t-il ? interrogea Mitchell.

La veuve surveillait Angéla de près. Cette dernière avait les mains qui tremblaient. La veuve avait peur qu'Angéla explose à son tour. Angéla lui fit signe que tout allait bien, en lui montrant sa bière à peine entamé.

- Semper fie, souffla Angéla.

Puis elle reporta son regard sur Mitchell. Elle observa ses traits fins.

- Il a été assassiné.

Elle n'en dit pas plus.

- Ecoute, Daniel a jeté un coup d'œil aux rapports.

- Il n'y a rien, coupa Angéla.

-Rien ne veut pas dire…

- Arrête… souffla Angéla, en se levant. Tu ne sais pas de quoi tu parles… Juste arrêtes… Je ne veux pas en parler tout de suite.

Mitchell accepta son souhait.

- Elle a fait un barbecue, continua Angéla, presque joyeux en regardant la veuve.

Mais il savait que ce n'était qu'une façade. Angéla évita de croiser le regard d'Astyan car elle savait qu'il ressentait son désarroi. Elle ne voulait pas y faire

La veillée dura toute la nuit. Angéla avait réussi à s'éclipser entre le dessert et la soupe à l'oignon.

- Éloignez là, demanda la veuve, le regard dans le vide. Éloignez Angéla.

Daniel buvait son thé avec elle.

- Elle est en danger, reprit la femme.

- A cause de votre mari ?

- Mon mari a voulu la prévenir mais l'a aussi en même temps trahi.

- Trahi ? demanda Mitchell, en s'installant près d'eux.

- Ils savent, souffla Astyan. Ils étaient là pour elle.

Teal'c s'approcha de lui.

- Je sais, je suis surveillée soupira la veuve alors qu'elle essuyait une larme. Cela dure depuis six mois ? Ils étaient discrets mais maintenant que… Mon mari est… Éloignez là juste… Autant pour elle que pour eux.

Astyan montra à Teal'c la voiture de la tête.

- Pour eux ? Qui sont-ils ? questionna Daniel.

- Je lui ai demandé de me venger, de le venger, poursuivit la veuve ignorant sa question.

Elle regarda le portrait de son époux.

- J'ai fait une erreur sous le coup de la colère. Cela causera sa perte.

- On veut bien l'éloigner… Mais que veulent ses agents ? demanda Mitchell.

- Éloignez là c'est tout, répéta la veuve. Elle doit être à son travail…

Elle prit un papier et un stylo.

- … à la discothèque, à la sortie de la ville.

Elle montra le papier

« Hôpital Saint- Laurent »

- Ils sont partis, indiqua Astyan à la fenêtre. Pourquoi ?

- Ils ont eu ce qu'ils voulaient, comprit Teal'c, à ses côtés.

- Mais que lui veulent-ils ? demanda Daniel.

- Ils veulent Kathleen... Une de ses identités.

- Combien a-t-elle d'identité ? demanda Mitchell.

La veuve haussa les épaules.

- Nul ne le sait. Mais Kathleen est la seule qui soit vraie.

- Et Angéla Calling ? demanda Daniel.

- Elle a pris le nom de sa famille adoptive. Mon mari connaissait son véritable nom et cela a causé sa perte. Mais je crois que c'est Dana Angéla Kathleen Ambroisieur. Kathleen est le prénom de sa mère biologique.

Angéla ferma les yeux, le front appuyé contre son casier. Ses cheveux gouttaient sur son tee-shirt. La porte s'ouvrit et claqua. Elle l'ignora.

- On a un code 10, dit une voix.

Angéla leva la tête un peu perdue.

- C'est quoi déjà ?

- Accident de la route, apparemment.

- Combien ? soupira Angéla.

Son repos aurait été de courte durée.

- 15 arrivent dans l'immédiat. Plus, plus tard.

- On ne peut pas en prendre autant…

- On sait… On m'a rajouté une garde approuva le docteur en remettant une blouse. Et nous sommes les plus près de l'accident. Princeton refuse d'en prendre plus que nécessaire.

- Merde, et nous ?

Elle claque son casier.

- On est trop bon dans tous les sens du terme, lui sourit le médecin. Ce n'est pas la politique de la maison de refuser. Tiens.

Il lui tendit son stéthoscope. Elle savait que c'était une mauvaise idée d'être revenue ici. Pourtant elle ne pouvait partir sans donner sa démission. Elle savait qu'en revenant elle s'exposerait à nouveau. La rencontre avec le russe l'avait un peu secoué surtout qu'il l'avait appelé du prénom de sa mère, de sa vraie mère. Peu se souvenait de ses origines.

- Merci, soupira Angéla. J'arrive dans une minute.

Dans ces situations, on oubliait souvent qu'on était en congé, ou renvoyé ou qu'on avait démissionné.

- Pas de problème, prends ton temps… Ta dernière.

Il se dirigea vers la sortie.

- … Mais pas trop, reprit son collègue.

- Eh ! Attends donnes moi la trois, supplia Angéla.

L'homme se retourna et semblait réfléchir. Puis il sourit.

- J'aurai droit à quoi en échange ?

- Ne pas mourir, répliqua Angéla avec son plus beau sourire.

- Laisse tombé, elle est à côté de la salle d'op, tu l'as. Tu en auras plus besoin que moi.

Il sortit.

- Merci, souffla Angéla.

Plus aucun bruit ne se fit entendre dans le vestiaire. Seules les alarmes d'ambulance brisaient le silence, encore lointaines. Elle respira d'un coup et se jeta dans la mêlée, en sortant du vestiaire.

Vous avez bien lu hôpital vous aussi ? demanda Mitchell.

Ils s'étaient arrêtés sur le parking et observait l'endroit. C'était un grand hôpital qui avait perdu du prestige avec les années.

- Et elle a dit à son travail, ajouta Daniel.

- Elle l'a peut-être dit pour les agents qui la surveillaient, supposa Mitchell.

- Ou elle est blessée, dit Teal'c.

- Non ,je ne pense pas, intervint Daniel, pensif.

- Il a raison. Je pense plutôt qu'elle a l'habitude d'être à cet endroit à cette heure-là. Pam a regardé sa montre.

Mitchell chercha une place libre et dut se garer en double file car il ne trouva pas de place. Il éteint le moteur et admira l'endroit.

- 30 dollars qu'elle y travaille, interrompit Teal'c.

Daniel se retourna vers Teal'c, assis à l'arrière.

- Tu lances un pari, on dirait ? sourit Mitchell, dans le rétroviseur central.

- Je suppose que c'est au sujet d'Angéla, comprit Astyan. Je ne peux pas participer… Je n'ai pas de … dollars.

- 50 qu'elle y est pour elle : Maladie, blessure… Je dirai qu'elle voit un oncologue, surenchérit Mitchell.

Ils regardèrent Daniel.

- Je ne parie pas sur elle, coupa Daniel en sortant de la voiture.

Il trouvait l'idée déplacée

- Allez rabat joie, elle nous balade partout sur le continent même au delà et on ne peut même pas plaisanter, remarqua Mitchell, qui sortit de la voiture à sa suite.

- Elle aurait pu au moins aller à Paris, rêva Teal'c.

Daniel soupira et se dirigea vers l'entrée. Il s'arrêta net quand trois ambulances arrivèrent en urgence devant l'entrée principale.

- Tout compte fait, je vais parier sur un carnage qu'elle aurait causé, souffla Mitchell, pensant à la scène de l'enterrement avec la CIA.

Des voitures policières les suivirent. Astyan rit. Mitchell évita de justesse un brancard. Il ne savait plus où se mettre. Des personnes jaillissaient de nulle part. Une porte s'ouvrit, une autre claqua. Daniel se dirigea vers l'accueil en jouant des coudes mais la personne semblait déborder et pris d'assaut par de tas de coup de fil.

- Nous ne pouvons pas en prendre plus et nous n'avons pas de services de grands brûlés… Comment ? … Non, nous sommes déjà sur 15 cas graves pour trois blocs… Non, on ne peut pas… Attendez !... Simone, il y a quelqu'un sur la trois pour toi, un ambulancier… Oui donc on ne peut pas… Allez à Princeton… Non, il est très bien, il a reçu la palme du meilleur hôpital, il devrait pouvoir gérer ce problème… Attendez une minute, vous voulez quoi ?

- Je cherche une personne…

- Bonne chance pour ça, s'excusa l'accueil, navré, en montrant la salle d'attente. Vous êtes de la famille ?

- Euh non, on ne vient pas pour l'accident…

- Patientez alors, coupa l'homme. Oui, on peut prendre maximum trois urgences encore…

Daniel revint bredouille.

- Alors ?

- Rien, on va…

- Elle est là, coupa Astyan.

Mitchell regarda partout. Il observa avec horreur un brancard arrivé. Les portes s'ouvrirent en grand. Un chariot pénétra, trois ambulanciers l'accompagnaient. Un médecin sur le côté prenait les constantes du malade. L'homme avait des attelles partout. Puis un deuxième suivit. Le médecin était à califourchon sur l'accidenté pour un massage cardiaque. C'était Angéla.

- Arrêt depuis 12 min, on a injecté déjà deux ampoules d'adrénaline et une d'atropine. Elle avait 6/8 sur le chemin. Fréquence cardiaque 180 avant de lâcher.

- Elle doit saigner quelque part, souffla Angéla. Radio et écho de l'abdo…

Angéla semblait à bout de souffle. La patiente était petite. C'était une enfant de 13 ans. Une barre de fer s'était logée dans son ventre. Mitchell pensait que c'était la localisation du saignement. L'ambulancier maintenait la pression. Mais Angéla ne s'en préoccupait pas.

- Passer un O + si ce n'est pas assez deux… Du sang doit arriver à son cœur et cerveau. Salle 3, hurla Angéla.

Une infirmière ferma le rideau.

- Teal'c a gagné, remarqua Astyan fasciné, en regardant tout autour de lui.

Angéla était assise, les genoux recroquevillés sur elle-même contre sa poitrine. Le dos contre le mur, elle tenait son masque dans la main. La pression était tombée avec le retour du calme.

- Dure journée, remarqua Mitchell à nouveau à ses côtés. Tu as un diplôme au moins pour ça ?

Elle pencha la tête en arrière et éclata de rire. C'était un rire nerveux.

- Semaine de Merde tu veux dire ! J'étais en congé dans ce ranch. La fin de mon congé se finit par… Ceci. J'étais juste venue pour signer des papiers.

Elle avait montré la table d'opération. Sur celle-ci, il y avait une personne avec le drap reposé sur la tête. La victime était morte.

- Tu as fait ce que tu as pu, la consola Mitchell.

Il s'était installé à ses côtés.

- Peut-être. Sa mère arrive dans une heure. Son père est mort dans l'accident. Elle était de garde… Parents divorcés. Elle travaille à Boston.

Mitchell regarda le corps sans vie de la fillette. Ils avaient enlevé toutes les sondes, perfusions…

- Tu as fait… répéta Mitchell.

- Non, coupa Angéla. J'aurai dû l'opérer, à la place j'ai dû réparer une aorte et une valvule de son meurtrier. J'aurai pu faire plus, conclut Angéla.

Maintenant elle regardait la salle d'à côté où quelque minutes plus tôt, elle venait de finir l'opération alors que la petite fille succombait à ses blessures mortelles.

- Son cœur était reparti, j'ai arrêté l'hémorragie...

Sa voix s'étrangla.

Astyan admirait les vagues s'échouer sur la plage. Angéla profitait de ce moment calme. Les pieds dans l'eau, elle respira un grand bol d'air frais. Elle sentit une pression contre sa main. Une main chaude enserra la sienne. Elle ne refusa pas ce contact doux et rassurant.

- Parles moi, supplia Astyan.

Elle soupira et lui fit face. Il la regardait de ses yeux pétillants. Il y avait toujours cette drôle d'expression qu'elle ne pouvait pas définir. Elle ne pourrait jamais deviner ses sentiments.

- Parle-moi, répéta Astyan. De n'importe quoi… De cet homme…

- On était proche, c'est tout. Il était sous ma responsabilité.

- A une époque oui mais maintenant…

- Non, mes hommes le sont même après… avoir quitté l'armé. Quitter l'armée ne signifie pas perdre nos liens. On prend soin de nos hommes.

Elle le savait mieux que quiconque. Il y avait toujours un souvenir pour la faire revenir dans l'armée. Elle revenait toujours à son poste à cause de ses liens spéciaux et si particuliers. Elle avait aidé le SG1 pour la même raison. Des liens s'étaient créés lors de la bataille de l'Antarctique avec Mitchell puis après c'était le tour de Daniel, avec des sentiments beaucoup plus profonds. Ses dettes s'accumulaient. Ses devoirs envers ses amis grandissaient.

- Il était sous mes ordres pendant moins d'un an. Il a reçu un éclat d'obus lors de ma dernière mission en commun. Pourtant, il m'a aidé à porter un des nôtres tombés, poursuivit Angéla. Il a souffert le martyre.

- Vous n'abandonnez pas les vôtres, compris Astyan. Même mort.

Mais il ne comprenait pas qu'après tout ce temps, les liens étaient aussi forts.

- Même mort, souffla Angéla. On a été piégé. On est tombé dans un guet-apens… Il n'est pas mort accidentellement. Il a été assassiné. J'ai eu de la chance de ne perdre qu'un homme

- Comment peux-tu le savoir ?

- L'instinct et les preuves. OU plutôt leur absence.

- Et tu penses que tu es responsable de sa mort. Et les responsables seraient les hommes des funérailles.

- Je ne le pense pas, j'en suis certaine. Je connais ses habitudes… Il était capable de conduire un char en plein enfer, alors perdre le contrôle de son véhicule en ligne droite avec aucune modification météorologique remarquable est impensable. Sa femme a aussi des soupçons.

- Mais que cherchaient-ils à faire ? En tuant leur propre homme.

Il ne comprenait pas.

Angéla le regarda sans le voir. Il pouvait lire une peine immense sur son visage et une détresse inconnue. Le bras d'Angéla la démangea et elle se frotta le bras.

- Qu'as-tu ? demanda Astyan.

- Rien… Je ne veux plus en parler.

- Ok, tu veux peut-être parler de ton tatouage ? sourit Astyan.

- Quoi ? sursauta Angéla.

Elle se retint de se frotter à nouveau le bras et se tira les manches.

- Je suis au courant, je l'ai vu, reprit Astyan.

- Que sais-tu ? hésita Angéla.

- Je pense que je ne suis pas plus avancé que toi, sourit Astyan énigmatique. Mais un tatouage vivant s'est rare. Tu as un lien avec le dragon du volcan c'est cela ? Où est-il ?

Elle ne répondit pas, elle fixait la mer. Elle souleva sa manche droite.

- Il est là.

Elle révéla une longue queue de dragon. Celle-ci se balança, luisante. Le reste devait être caché au niveau de l'épaule ou derrière l'omoplate.

- Il se termine aux creux de mes omoplates, répondit Angéla à sa question muette.

Il passa son pouce sur son avant-bras. Elle sentit sa peau s'échauffer à ce contact.

- Que signifie… ? s'étrangla Angéla.

- A ton avis ?

- Je suis son maître, souffla Angéla.

- Mais ?

Il avait repéré son hésitation.

- Il y a autre chose…

Elle se retourna. Elle y avait longuement songé. Elle avait tenté d'ignorer le tatouage vivant mais elle ne pouvait pas faire semblant de ne pas entendre cette voix et de sentir ce regard brûlant, plein d'intelligence.

- Il a reconnu son maître… Un ancien. Ce sont mes gènes… Pas moi.

- Oui sans doute. Tu as raison.

- Il y a quelque chose qui m'échappe, hésita Angéla. Je ne suis pas son véritable maître. Il doit le savoir. Pourquoi reste-il avec moi ?

- Quel est le véritable problème ? Le contrôle ?

- Non, il reste tranquille…

- Alors ne te pose pas de questions, la vérité viendra coupa Astyan.

Il la sentait perdu. Il ne voulait pas qu'elle se torture l'esprit pour des choses qu'elle ne maîtrisait pas

- Je lui ai demandé une fois qui était son maître.

- Ah il a dû apprécier, rit Astyan. Et qu'a-t-il répondu ?

- Non, il me trouve stupide.

Astyan rit pour de bon.

- Tu es tout sauf stupide. Tu ne poses juste pas les bonnes questions. Tes questions sont dérangeantes.

- Il affirme qu'on est lié…

- Ceci soulève en effet beaucoup de questions, affirma Astyan, le sourire aux lèvres. Vient… N'en parlons plus, je te promets... Pas tout de suite en tout cas.

Il l'attira dans ses bras.

- Non, je veux en parler. Je sais que tu me caches quelque chose.

- Ton instinct encore ?

- Non, une certitude.

Astyan soupira.

- Tu ne t'es jamais demandée si tu… N'est pas devenue ce que tu es pour une raison… comme faire le lien avec les Anciens.

- Un intermédiaire.

- C'est juste une supposition, affirma Astyan. Mais Daniel a sollicité plusieurs fois l'aide des ancêtres. Son vœu a été peut-être exaucé.

- Tu n'y crois pas ?

- Et pourquoi pas ? Ou alors… Tu m'as été envoyée pour me séduire.

Elle recula et le frappa à l'épaule. Il recula en riant. Elle sonda son visage.

-Tu ne me diras rien, n'est ce pas ?

-Non, car je ne le sais pas moi-même. Tu es juste unique.

Elle se réfugia à nouveau dans ses bras, à l'abri.

- Pourtant... C'est peut-être juste une coïncidence mais... hésita Angéla. Et si tout ceci ne m'était pas arrivé par hasard ?

- Que veux-tu dire ?

- Et si je te disais que mon grand-père s'appelle Merlin.

Elle s'écarta pour observer sa réaction.

- C'est aussi le nom d'un Ancien, remarqua Angéla.

- Et alors ? Tu penses qu'ils feraient une seule et même personne ? D'autres personnes peuvent se nommer ainsi.

- Oui, je sais. Mais je sais aussi que je descends aussi des Chevalier de la Table Ronde et de Merlin... Le vrai.

- Il porte le même nom qu'un de vos ancêtres, remarqua Astyan, surpris.

- Il arrive qu'on donne des noms de parents éloignés aux enfants. C'est pour ça que plusieurs membres peuvent s'appeler pareil.

- Étrange.

- Quoi ?

- Juste, je me rappelle d'une de tes remarques...

- Laquelle ? demanda Angéla, curieuse.

- La nuit quand tu m'as rejoint avant notre retour sur Terre, expliqua Astyan.

- Devant la base de données, se rappela Angéla.

- Oui, confirma Astyan. Tu m'as demandé si Morgane était revenue pour Merlin, enfin c'est ce que tu as voulu dire... Tu pensais à quoi exactement ?

- A rien de particulier. Mais j'imagine qu'à sa place… Si j'apprenais que Merlin avait eu une descendance cachée avec une autre femme... Que je lui arracherais la tête.

- La jalousie n'existe pas chez les Anciens, ni la colère... sourit Astyan. La tête vraiment.

- Vous êtes quant même humains, coupa Angéla, ignorant sa remarque. Ce sont des sentiments normaux.

- Tu ne pensais donc pas à ton grand-père.

Angéla l'observa.

- Il est vieux mais pas à ce point-là. Il n'est pas le Merlin.

- Mais tu doutes toujours… coupa Astyan.

- Non, hésita Angéla.

Elle ne pouvait pas s'empêcher de se poser des questions et d'imaginer des réponses possibles pour expliquer ce qui lui arrivait.

- Vraiment ? demanda Astyan. Et si je te disais que Merlin avait un frère jumeau.

Il la fixait pour voir sa réaction. Angéla le regarda étonné.

- Qu'est ce qui te fait dire ça ? demanda Angéla, méfiante.

- Rien, mais il a eu plusieurs noms Merlin, Melchior … Et vous pensez que c'était une seule personne mais une seule ne peut pas être responsable de tout. Vous n'avez jamais pensé qu'il pouvait être deux. Ou plusieurs ?

- Non… Et Morgane ?

- Je pense qu'elle... Se doutait de quelque chose, répondit Astyan. Morgane est revenue parler à Daniel pour une raison. Daniel a vu Merlin mourir, elle sait donc qu'il n'est plus, pourtant elle est restée. Peut-être qu'elle a vu en toi, une descendante lointaine ou pas de Merlin, ce qui a attiré sa curiosité. Mes ancêtres n'échappaient pas à la curiosité, qui était une source de découverte de savoir.

- Le dragon est celui de Merlin ? demanda Angéla, pour revenir à l'origine de leur conversation.

- Non, s'il était un Maître de dragon, le sien serait mort avec lui ou lui serait resté fidèle. Le tien... Bah c'est le tien quoi que tu en penses.

- Il est peut-être attiré par mes origines ? supposa Angéla.

- Hum, c'est plausible. Mais heureusement qu'il ne te cause pas de soucis, il pourrait te rendre la vie très pénible et te causer beaucoup de problèmes.

- Le dragon ? demanda Angéla.

Ce n'était qu'un tatouage en quoi il pouvait être une plaie.

- Oui, pas sous cette forme bien sûr, confirma Astyan.

Il avait lu dans ses pensées.

- Tu veux dire qu'il est réel, souffla Angéla.

- Oui, il doit sûrement manger beaucoup, à mon avis. Même s'il vit le plus souvent sous forme de tatouage. Puis ils ont de périodes de reproductions assez… actives, pouvant jouer sur ton humeur.

- Active, c'est-à-dire ? se renseigna Angéla, soucieuse.

- Oui, je dirais tous les trois mois pendant trois jours, d'après Wellan.

- Comme une pleine lune… Tu veux dire que je serais très active sexuellement trois jours par trimestre à cause de la période de la reproduction du dragon, à qui je suis liée !

- Oui, si c'est une femelle.

Elle s'écarta de lui pour le regarder. Elle pouvait lire sur son visage qu'il ne plaisantait pas.

- Et si c'est un mâle ? interrogea Angéla soudain inquiète.

- Pourquoi ? C'est un mâle ! s'exclama Astyan.

- Oui, pourquoi ça pose problème ?

- Non, non mais en général, les montures ont le même sexe que leur maître.

- Donc je ne suis pas… commença à déduire Angéla.

- En général, coupa Astyan en souriant. Cela évite l'apparition de jalousie entre les deux partenaires quand le maître se met en couple. Cela évite des conflits. Mais il faut aussi éviter que le dragon développe des sentiments inappropriés envers son maître comme tu peux l'imaginer… Vous n'êtes pas compatibles pour vivre une relation. Les désirs entre les deux ne pourraient être assouvis.

- Sauf s'il prend la forme d'un humain, répondit Angéla.

- Ils le font rarement. C'est une forme fragile pour eux, remarqua Astyan.

Angéla se remémora la tortue. Il s'était mis à nu pour la convaincre et ne pas l'effrayer.

- Les problèmes sont la jalousie, la super-protection… Qui peuvent causer des problèmes dans vos relations. Et les mâles sont en chasse plus longtemps que les femelles, sourit Astyan.

- Combien ?

- Une fois par semaine et surtout la nuit.

- Oh mon dieu.

- Mais il doit être encore jeune, tu n'en es pas encore là, la rassura Astyan. S'il ne crache pas du feu… et qu'il n'est pas capable de voler, je dirais que tu as trois mois de tranquillité.

- Trois mois ! Mais je croyais que leur développement était très long.

- C'est vrai mais vous êtes liés maintenant. Il s'est calé sur ton horloge biologique.

- Donc j'aurai toutes les semaines des envies de … Sexe, avec des émotions amplifiées.

- Oui en gros, sourit Astyan.

Le problème était que le dragon crachait déjà du feu, un torrent de flamme et savait voler.

- Mais tu as de la chance s'il garde sa forme actuelle.

Il parlait de son tatouage. Elle ne voyait pas comment elle était chanceuse. Elle s'était retrouvée avec comme animal de compagnie, un dragon jusqu'à que la mort les sépare.

- Morgane avait raison, il y a quelque chose qui cloche chez moi, lâcha Angéla, sans même réfléchir.

- Tu penses que tu es une anomalie...

- Oui !

Astyan rit.

- Tu es tout à fait normal. Tu penses que Morgane s'intéresse à toi à cause du dragon ?

- Exactement.

- Morgane est intriguée par quelque chose et je pense que effectivement que c'est toi mais elle ne le sait pas encore ...

- Elijah, souffla Angéla, qui venait de comprendre.

- ?

- Lui aussi a été intéressé par... Moi !

Astyan arqua les sourcils.

- Il a cru que tu étais un Ancien et a voulu se venger, dit Astyan.

- Non, il t'aurait visé en premier !

- Non, j'étais caché à ses yeux...

- Tu empestes le pouvoir ! coupa Angéla.

Astyan l'observa.

- Je parie tout ce que tu veux que Daniel ou quelqu'un d'autre le sent aussi. Il n'a pas pu le louper. Non, il ... J'étais sa cible. Il a cru reconnaître quelqu'un.

- Qui aurait-il pu recon... ?

Astyan s'interrompit, le cœur battant. Morgane et Elijah étaient revenus pour une raison. Angéla était peut-être une descendante de Merlin mais ce n'était ce qui avait attiré Morgane.

- Qu'as tu vu ? demanda Astyan, avec douceur.

- Une femme... J'étais comme droguée. Je ne savais plus faire la différence entre la réalité et les hallucinations. Une femme prisonnière, souffrante... Tout est flou, décrit Angéla, comme elle le put. Je...

- Ce n'est pas grave, chuchota Astyan.

Il la prit dans les bras.

- Oublie, murmura Astyan.

Il caressa ses cheveux, pensif. Il pouvait sentir le cœur d'Angéla battre. Elle était inquiète de ne pas comprendre ce qui lui était arrivée. Elle avait dû créer un lien étroit avec le vaisseau. Le noyau avait exaucé son vœu et lui avait obéi, tout simplement. C'était tout simple. Obéissance qu'il devait qu'à un Premier. Puis Elijah l'avait prise pour cible. Elle avait réussi à lui résister et à survivre à une blessure Wraith. Enfin Morgane avait désobéi aux règles pour revenir sur Terre, aider les humains. Beaucoup de mystère entouraient la jeune femme, ce qui amplifiait encore plus son charme.


End du chapitre


A bientôt

tableau de bord :

chapitre 45 : Sortie entre amis, en écriture (14 pages), prévu en Août