Salut tout le monde, les vacances sont finis, la rentrée est passée et me voici de retour avec ce chapitre tout beau et tout frais. J'ai autant aimé écrire celui-là que celui d'avant sauf qu'il manque un peu d'humour mais bon il y a de l'action et ça chauffe !

seul remarque mes chapitres feront désormais tous cette taille environ donc beaucoup plus rapide à corriger mais aussi à lire...

merci à mon correcteur qui a réussi à me le corriger malgré la rentrée qui peut être parfois difficile...

merci à vous de me lire ! et les reviews sont toujours le bienvenu

« Le courage n'est rien sans la réflexion», de Euripide.


Chapitre 4: Le village attaqué


La porte des Etoiles s'activa. Les chevrons s'enclenchèrent un par un. Une charrue s'éloigna de la porte pour ne pas être happée par le vortex. Le dernier chevron s'illumina dans un bruit sec. Le vortex apparut comme une vague échouant sur une plage puis se rétracta sur lui-même. Les paysans ignorèrent cette ouverture soudaine. Ils avaient l'habitude de la voir s'ouvrir et se refermer sans cesse dans une même journée. Par contre, ils n'avaient pas l'habitude de voir des soldats armés et en rang la traverser. Ces derniers ne semblaient pas hostiles à première vue mais les paysans restèrent tout de même à l'écart, prudents. Car les nouveaux venus ignorèrent aussi les paysans. Trois gardes s'arrêtèrent et attendirent le reste de l'escorte traversant deux par deux en rang en un rythme régulier. Au milieu du cortège, trois autres gardes suivirent accompagnés d'une femme. Cette femme enleva sa capuche pour profiter des rayons du soleil. Elle portait une robe grossière de fermière, lui tombant jusqu'au pied. Une corde abîmée en guise de ceinture tombait sur ses hanches. Le haut laissait voir un décolleté outrageusement plongeant. C'était une brune au regard perçant et provoquant : Vala. Certains hommes attirés par la curiosité tentaient d'apercevoir quelque chose et de regarder la femme. Mais les gardes, d'un seul regard les dissuadaient de s'approcher. Les hommes passèrent donc leur chemin en jetant des regards de plaisir vers la silhouette très féminine. Vala sourit. Elle aimait plaire aux hommes et se faire remarquer. Elle aimait attirer l'attention sur elle, surtout dans la gente masculine. Autrefois elle avait été un faux dieu aimé et admirée de tout un peuple. Elle avait énormément apprécié la situation et avait fait durer la situation le plus possible. Elle adorait toujours les regards d'envie des autres malgré sa situation actuelle déplaisante. En effet, elle était dans une situation difficile et délicate. Elle était tombée aux mains des Oriis et maintenue prisonnière par sa propre fille. Depuis, elle avait échafaudé de nombreux plans pour s'échapper sans succès. Peut-être que cette sortie sera le jour de son évasion. Elle examina ses gardes. Six gardes en tout maintenant l'accompagnaient. Cela pouvait le faire si les autres restaient à la Porte. Mais elle se méfiait. Car ce qui l'intriguait le plus, c'était la raison pour laquelle elle était là. Sa fille l'avait envoyé sur cette planète alors qu'elle était restée enfermer dans sa chambre pendant plusieurs mois. Elle examina les paysans espérant reconnaître un visage familier mais rien. Aucun indice ne lui permettait de savoir la raison de sa venue, ici. Elle sourit aux gardes avec politesse. Elle avait appris à faire profil bas ces derniers jours périlleux. Le garde en question lui intima de le suivre. Elle réfléchit à toute vitesse. Sa maudite fille avait toujours un plan : détruire le monde. Mais cette fois-ci, Vala ne voyait pas en quoi elle avait un rôle dans ce plan et pourquoi cette planète ? Les paysans avaient l'air docile et ne se rebellaient pas contre les gardes. Au contraire, ils les saluaient avec respect en silence. Il n'y avait pas besoin de rappeler à ses personnes que les Oriis étaient des tous puissants et eux des esclaves. Son raisonnement se dirigea alors sur ce qu'elle avait entendu : des rumeurs. Alors qu'elle fouillait sa chambre à la recherche d'une arme potentielle, elle avait surpris une conversation entre sa fille adorée et trois de ses prêtres, les plus fidèles et les plus hauts placés de la hiérarchie, les grands manitous, le top du top. Sa fille semblait furieuse et effrayée pendant cette conversation. Elle avait encore tué deux de ses domestiques et un garde. Pourtant, les prêtres lui parlaient calmement en murmurant sans montrer la moindre émotion.

- Qui sait ?! hurla de rage Adria. Personne ne peut me résister ! Je veux qu'elle soit débusquée, torturée devant le monde entier et tuée. JE veux l'écraser personnellement ! Nul ne peut me menacer de la sorte.

- C'est une… On ne connaît pas sa puissance réelle, elle…

Vala n'entendit que quelques mots de la conversation car le prêtre chuchotait et devait marcher.

- … Lieu est inconnu… Détecté… C'est une menace.

- Elle ne me fera rien. Elle n'est pas assez puissante et elle est seule ! couina Adria.

- Que voulez-vous faire ? demanda un des prêtres.

- Trouvez-là et je m'occuperai d'elle, ordonna sa fille d'un ton sec.

- Bien comme vous le voulez… Pouvons utiliser… Sur un village… On fera taire les rebelles.

- Marchera-t-il le plan?

- Oui, le virus est prêt… Si elle ne vient pas à nos côtés, elle mourra.

Adria s'était mise à éclater de rire.

Vala s'était ensuite cachée dans l'ombre, pour analyser ses nouvelles informations bien qu'incomplètes et les digérer. Elle en avait même oublié de chercher une arme pour se défendre.

Elle était donc là, sans arme, avec six gardes. Le mot virus revint à elle, réveillant une angoisse. Elle frissonna et se regarda. Avant de venir, elle avait vérifié si elle n'était pas porteuse de trace d'injection ou autre. Elle pria pour ne pas être le porteur de ce virus. Elle ne voulait pas être l'agent de transport du Virus. Dans leur conquête du pouvoir, les Oriis avaient utilisé de nombreux procédés pour obliger les peuples à se plier à leur volonté et les micro-organismes étaient leur arme favorite, invisible et efficace. Vala commençait à s'inquiéter, pourtant tout était calme. Elle n'avait pas entendu de planètes dévastées par un virus ou une maladie encore inconnue depuis trois semaines. Trois semaines après cette conversation. Elle guettait plus d'information mais rien n'avait filtré depuis. Et maintenant elle était là. Elle savait juste qu'il y a trois jours, les Grands Prêtres avaient repéré la personne en question, la personne qui faisait trembler sa fille. Une personne qu'on n'avait jamais entendu parler, ni vu. Cette personne n'avait encore rien fait contre les Oriis. Aucune disparition de prêtre, aucune attaque surprise, pourtant elle faisait trembler Adria. Vala ne comprenait pas en quoi cette personne était un danger pour les Oriis. Seule sa fille semblait inquiète. Avec horreur, elle avait fait des cauchemars, imaginant que sa fille torturait un nourrisson à cause de ses futures actions, pensant qu'elle était la personne qui pouvait faire échouer son plan. Peut-être que les prêtres avaient entendu parler d'une prophétie quelconque, trouvée sur une planète. En tout cas, la tension était palpable, partout où elle allait. Elle avait tenté de retirer des informations directement de la source mais sa fille se mettait en colère à chaque fois que quelqu'un mentionnait cette personne, allant même jusqu'à tuer.

Vala sortit de ses rêveries et suivit les gardes sans broncher. Elle n'avait même pas remarqué qu'il lui restait seulement deux gardes comme accompagnateurs. Elle scruta la foule et ses habitants. Elle espérait repérer cette personne mystère et l'avertir du danger qu'elle courait. Elle pensait que celle-ci était parmi eux, ignorante de ce qu'il allait lui arriver. Elle voulait surtout lui crier de fuir et de se cacher. Après trois semaines, elle était admirative que cette personne soit restée aussi longtemps cacher et qu'elle inspire tant de terreur à Adria.

Deux heures après l'arrivée de Vala, la porte s'ouvrit à nouveau. Cette fois-ci des dizaines de gardes arrivèrent, accompagnés de non pas un mais de deux prêtres. Ces derniers portaient leurs toges habituelles et dans leur mains tenaient chacun un livre : Le livre des Origines. Encore une fois, les paysans ne leur prêtèrent pas attention. Les prêtres et leur escorte ne s'attardèrent pas devant la porte. Un des deux prêtres adressa une prière à la porte puis entreprit d'ouvrir la marche. Ils se dirigèrent vers le premier village. Les paysans observèrent tout de même la progression avec curiosité. Les deux prêtres seuls s'approchèrent au centre de la place publique. Les gardes restèrent en retrait en un large cercle, attendant patiemment. Les deux hommes seuls se firent face. Ils levèrent les mains vers le ciel et cantonnèrent une prière d'une même voix. Attirés par la foule, les marchands convergèrent vers la place et quittèrent leur étal pour les observer.

- Approchez, n'ayez crainte. Les croyants seront récompensés, commença un des deux prêtres.

Les paysans se regardèrent, un peu surpris.

- Que voulez-vous ? demanda un commerçant avec courage.

C'était un boucher, à ses côtés de belles pièces de viandes.

- Priez avec nous.

Certains s'agenouillèrent pour prier, d'autres comme le boucher restèrent debout mais murmurèrent la tête baissée. La plupart était des vieux ou des ouvriers incapables de rester longtemps accroupis car leurs articulations leur faisaient souffrir. Un des deux prêtres se balada dans les rangs. Parfois, il demandait à certains de prier sur le livre des Origines. Personne ne protesta. Les habitants posèrent une main sur le Livre et prièrent à voix basse. Un des prêtres continua à prier en silence, les yeux fermés, au centre de la place. En réalité, il sondait la foule. Le deuxième circulant dans les rangs jugeait les hommes, à travers le livre des Origines.

- Un de vous s'est perdu. Nous voulons lui montrer la voie de la vérité, celle des Oriis.

- Ainsi soit-il, cantonna la foule.

- Qu'il ou elle se dénonce ! Les Oriis seront cléments.

- Ainsi soit-il.

- Une quelconque information sera récompensée. Cette personne s'est éloignée des Oriis, répéta le prêtre. Elle a commis un crime en nous résistant. Elle fait croire qu'elle utilise des pouvoirs, semblables aux nôtres.

L'assemblée murmura. Elle ne savait pas de quoi parler les prêtres. Les gardes surveillaient aussi la foule.

- Ce n'est qu'une illusion. Ses pouvoirs n'existent pas ou elle les a volées. Seuls les enfants des Oriis ont des pouvoirs et ont le droit de les utiliser. C'est un imposteur, poursuivit le prêtre. Il se croit plus fort que quiconque mais nul ne peut nous résister. Elle va empoisonner vos esprits en vous faisant croire qu'elle apportera la paix et la joie mais elle amènera que malheur et destruction. Seulement nous, nous sommes capables d'apporter la paix dans vos cœurs.

- Ainsi soit-il.

- Mais nous n'en avons jamais entendu parler, aucune personne n'a de pouvoirs ici comme vous le dîtes, intervint le boucher, le seul courageux pour intervenir.

Un des deux prêtres se retourna vers lui et regarda sa viande. Les pièces de viande devinrent bleues et noires. Des vers par milliers eny sortirent et s'écrasèrent sur le sol. Le boucher s'écarta précipitamment et fit tomber l'étal pour ne pas contaminer toute la viande. Mais c'était trop tard. Les viandes se vidèrent laissant libres des asticots de décomposition. Les paysans commencèrent à s'agiter alors que les légumes brûlèrent ou se transformèrent en sauterelle. Des draps prirent feu. Des flammes atteignirent une pauvre femme qui brûla comme une torche. Elle courut dans tous les sens et s'écroula morte. Un des enfants présents fuit dans l'ombre, afin de prévenir un des membres de la Tokra. C'était ainsi que l'alerte fut sonnée. Les habitants reculèrent épouvantés par les prêtres mais les gardes les maintenaient regroupés devant eux sur la place, les dissuadant de partir.

- Protéger l'imposteur ne sert à rien, reprit un des deux prêtres comme si de rien n'était.

Puis ils repartirent. Les paysans poussés par les gardes furent obligés de les suivre. Ils commençaient à paniquer. Ils ne savaient pas où les emmenaient les deux prêtres. Ils savaient que des villes entières voire même des planètes pouvaient être détruites par les prêtres. Ils ne savaient pas pourquoi les prêtres les emmenaient en dehors de la ville. D'autres gardes impériaux arrivèrent en renfort. Les prêtres s'approchèrent des nouveaux arrivants. Puis ils s'arrêtèrent et se retournèrent vers le peuple réuni. Côte à côté, le livre des Origines sur le ventre, ils attendaient. Les habitants se regardèrent se demandant ce qu'il se passait.

Ensuite, des gardes emmenèrent des prisonniers aux prêtres. Parmi eux, il y avait Mitchell et Vala. Parmi les gardes, un des hommes s'agita. C'était l'ex petit copain de Vala, Tomim avec qui elle avait partagé sa vie pendant quelques mois. Il l'avait aimée, elle lui avait menti. Il ne pouvait plus la protéger. Elle avait encore trahi sa fille, leur fille en complotant contre les Oriis et en s'alliant avec les terriens, avec Mitchell. Mais la présence de Mitchell signifiait beaucoup plus qu'une trahison. SG 1 était ici avec la rébellion.

Plongée dans ses pensées, Angéla ne remarqua même pas l'agitation autour d'elle, ni même qu'ils approchaient d'un village. Khaleb lui saisit le bras s'en prévenir et l'écarta du chemin principal alors qu'elle suivait les paysans. Elle le fusilla du regard. Le contact était froid et désagréable. Elle fit un geste brusque pour qu'il la lâche. L'équipe avait suivi et s'était cachée dans des buissons. Ils avancèrent ainsi discrètement vers l'agitation.

- Qu'est ce qui se passe ? couina Angéla, alors que Khaleb l'attira vers le bas pour se cacher.

Elle s'écarta de lui. Elle avait envie de se frotter le bras mais elle se retint. Des fourmis envahirent son bras, l'anesthésiant. Daniel écarta une branche pour mieux voir la scène. Angéla aperçut des gens amassés. Un souvenir lui revint à la mémoire : une scène d'horreur qu'elle avait vécu peu avant. Elle et les Wraiths étaient présents. Elle avait été torturée devant les habitants puis avait servi de repas au roi des Wraiths. Elle en rêvait encore parfois la nuit, la réveillant en sursaut et en sueur. Elle détourna le regard un moment pour calmer son pouls. Khaleb la dévisagea, les sourcils arqués, étonné. Le cœur battant, elle ignora son regard. Elle essayait de calmer son esprit. Est-ce qu'il savait ? Improbable. Astyan n'aurait jamais parlé de son histoire, ni les autres. Ils avaient évité d'en parler, ne voulant pas lui rappeler de mauvais souvenirs. Elle détailla le panorama pour s'occuper l'esprit, alors que son angoisse disparaissait peu à peu. Elle faillit crier de surprise quand elle reconnut deux personnes au loin, au centre d'attention. Teal'c posa une main sur son épaule pour la retenir et l'apaiser. Mitchell était prisonnier, désarmé. Elle reconnut aussi Vala, à ses côtés. Elle portait une longue robe grossière. Des gardes armés les entouraient, ainsi que des prêtres.

- Que se passe-t-il ? chuchota Angéla.

Elle avait remarqué la tension dans les épaules crispées de Daniel.

- Les Oriis… Ce sont des prêtres. Ils récitent le Livre des Origines, répondit Daniel.

Il se rabaissa et se retourna vers Teal'c et Angéla, ne sachant que dire. Il réfléchissait à toute allure, à la situation. Il n'abandonnait jamais ses hommes et Angéla le fixait. Mais la situation était différente. Il cherchait un plan mais le regard de Daniel s'attarda sur Angéla. Oui, la situation était différente. Il ne pouvait pas encore la mettre en danger. Mitchell aurait voulu la protéger avant tout. Et Vala ? Angéla attendait que Daniel prenne une décision et qu'il lui ordonne d'aller chercher Mitchell. En un instant, elle se serait mise en action. Mais il ne fit rien. Il semblait réfléchir. Il restait figé, il ne voulait pas mettre en danger la vie d'Angéla. Elle n'entendait plus rien, à part son cœur alors qu'elle vit Mitchell dans une mauvaise posture. Ce dernier était à genoux sur le sol, redressé fier face à ses bourreaux.

- Un plan ? entendit Angéla derrière elle.

Était-ce Teal'c ? Elle ne savait pas. Elle avait des difficultés à respirer. Elle sentit le regard de Khaleb dans son dos, lui brûlant la peau. Elle l'ignora et fixa devant elle : Mitchell. Ses oreilles bourdonnaient. Le plan ? Tuer ses hommes voulut crier Angéla. Facile. Elle sursauta quand un des gardes fusilla un des prisonniers, à côté de Mitchell. C'était le sergent qui avait été abattu lâchement. Le sergent s'écroula, raide mort. Elle mit une main devant sa bouche pour s'empêcher de crier et étouffa ses pleurs. Elle vit Mitchell sursauté et se retenir de se précipiter sur le soldat déjà mort. Daniel regarda paniqué Teal'c. Oui, tuer ses hommes était le meilleur plan pensa Angéla. Sa vision se troubla alors qu'un des gardes s'approchait de Mitchell, puis elle souffla quand il s'éloigna. Elle voulait se ruer sur l'ennemi pour les terrasser. Mais c'était aussi le meilleur moyen de mourir, elle le savait.

- Comment vous l'avez su ? accusa Delek, d'un mauvais œil, en parlant de la présence des prêtres.

Une deuxième personne se fit tuer alors que le silence était lourd face à l'accusation. Les habitants étaient horrifiés mais personne n'osa intervenir.

- Peu importe, il faut partir d'ici, conseilla Khaleb.

Mais Delek ne voulait pas en rester là. Ils commencèrent à se disputer. Jeu de pouvoir. Angéla s'en moquait, son ami était en danger. Elle regardait sans sourciller la scène pour l'analyser. Son cerveau était en ébullition. En quelques secondes, elle repéra tous les antagonistes, leur position, leur force, leur nombre… Et pris une décision. Elle n'écoutait plus la conversation. Daniel regardait avec soupçons Khaleb. Mais Daniel savait qu'il avait raison sur un point. Angéla. Elle devait être en sécurité.

- Stop ! Ce n'est pas le moment, on doit évacuer Angéla, intervint Daniel. Mais où est-elle ?!

Une angoisse avait envahi sa voix.

Alarmé, il regardait les visages de groupe. Chacun se regardait, accusant l'autre de leur négligence. Khaleb jura. Elle s'était éclipsée discrètement pendant qu'ils se disputaient et il n'avait rien senti. Teal'c se retourna vers Mitchell d'instinct, croyant qu'Angéla s'était ruée vers lui sur les prêtres pour le délivrer. Personne ne la vit. Elle ne s'était pas précipitée pour sauver Mitchell sans réfléchir. Il sortit son arme, tout en cherchant la jeune femme du regard. Daniel se saisit de l'arme à sa cuisse. Tout le monde s'arma. Daniel ne rencontra par l'arme, elle avait disparu en un clin d'œil. Il comprit : Angéla la lui avait subtilisée en cachette. Il se maudit. Il n'avait non seulement rien vu, mais rien senti aussi.

Mitchell se retint de sauter sur les prêtres quand le sergent à côté de lui se fit abattre. Les prêtres prêchaient leur mensonge, parlant de rebelles, de folie… Il avait juste sursauté au bruit. Il ne prit pas la peine de prendre le pouls du sergent. Il savait qu'il était mort. Il vit Vala se mordre la lèvre pour s'empêcher de hurler. Elle tremblait légèrement… Sûrement de peur. Il voulait la rassurer mais les gardes les surveillaient. En plus, il était assez médiocre pour rassurer les gens. Pour une fois, elle était silencieuse. Elle ne savait pas quoi dire comme réplique sanglante. Les prêtres déclinaient toutes les fautes commises par Mitchell et ses amis contre eux. Mitchell fixa la foule essayant de repérer un visage connu comme Daniel ou Teal'c camouflés quelque part. Personne. Pas d'alliés en vue. Pas de mission de sauvetage. Ils étaient seuls, livrés à eux-mêmes et cela ne lui plaisait pas.

Pendant qu'ils se disputaient sur le meilleur moyen d'agir, ou de ne pas agir. Angéla recula discrètement dans l'ombre des buissons avoisinants. Elle s'évapora ainsi sans oublier d'emprunter l'arme de Daniel, en route, avec discrétion. Elle marcha rapidement vers le village, sûre d'elle. Sans être vue, elle prit un manteau de fermier posé sur une charrette de foin dételée sur le côté de la route et l'enfila d'un geste fluide. Elle saisit aussi au passage un chapeau de paille où elle cacha son arme. Elle avait déjà enlevé le cran de sécurité, prêt à l'emploi. Elle se fondit ensuite dans la foule sans peine. Elle ignora les regards des gens autour d'elle quand elle les bousculait gentiment. Elle évalua rapidement la situation. En quelque minute, elle était en position. Ses amis devaient avoir remarqué maintenant son absence. Le cœur battant, elle s'écarta de la foule pour un lieu plus discret, sans quitter du regard sa cible : Mitchell. Elle s'approcha d'une autre charrette cette fois-ci attelée. Deux hongres semblaient un peu nerveux sans détecter un réel danger. Elle caressa un des hongres sans quitter des yeux les prêtres et les gardes. Elle les compta à nouveau. Aucun ne manqua à l'appel. Elle murmura des paroles rassurantes à l'oreille du cheval, en localisant tous ses ennemis. Personne ne faisait attention à elle, un peu à l'écart. Les gardes l'ignorèrent. Elle perçut l'éloge des prêtres du Livre des Origines, qui racontait leur foi aux Oriis, les châtiments réservés aux opposants, aux rebelles, maintenant d'une voix haute. Elle s'accroupit proche de la charrette et sortit un couteau de chasse de son étui près de sa cheville. Elle voulait se créer une diversion pour dévier l'attention des gardes. Une fois avoir repéré les différents soldats, elle en compta une dizaine, près d'elle. Elle avait une recharge de quinze balles. Cela allait être serré mais ce n'était pas la première fois. Elle choisit un soldat isolé. Idéale pour créer une percée dans leurs défenses et leur zone de surveillance. Le cœur battant, elle découpa les entraves qui retenaient les chevaux. Elle en saisit un par le licol en lui chuchotant toujours des mots apaisants. Puis elle le libéra, d'une simple poussée. Celui-ci continua seul son chemin enfin libre pour chercher un coin plus appétissant. Elle marcha à ses côtés, un peu camouflée sur une petite distance. Elle apaisa son souffle pour se concentrer sur son plan. Elle ne voulait surtout pas attirer l'attention des personnes sur elle par son comportement suspect. Elle évitait de croiser le regard des autres car elle avait peur que son regard la trahisse. En effet, ils verraient dans le fond de ses iris, de la colère et une haine incomparable qui pouvaient tuer sur place. Elle cacha son couteau de chasse dans sa manche de manteau de fermier, prêt à s'en saisir à la moindre occasion. Le soldat, qu'elle avait repéré, surveillait les environs et surtout les personnes qui semblaient trop s'approcher voulant fuir la scène. Elle se dirigea de biais vers lui. Elle savait que si elle arrivait à ôter ce maillon faible, elle aurait accès au cercle de surveillance. En effet, le cercle de protection serait rompu. Ce n'était pas le meilleur plan d'attaque qu'elle avait eu car elle n'avait pas une bonne vision des choses et aucun recul. Mais son plan était mieux que rien. Et elle avait déjà eu des plans pires que celui-ci. Et le temps passait. Elle voyait l'heure de la mort de Mitchell s'approcher dangereusement. Le soldat, distrait observa le cheval libre passé devant lui, presque étonné. A quelque pas de lui, Angéla laissa glisser son poignard dans la main, le sortant de sa manche comme un magicien. Le soldat la remarqua finalement. Trop tard pour lui. Trop tard pour lancer l'alerte. Il écarquilla les yeux alors qu'elle franchit les derniers mètres d'un bond. Il y avait de la peur dans ses yeux car il vit la mort en personne. Elle passa derrière lui et enfonça sa lame dans le cou de façon oblique. Elle cacha la gorge de sa victime avec son chapeau et l'arme. Ainsi, elle lui sectionna les cordes vocales et la carotide, l'artère principale du cou. Le soldat n'eut pas le temps d'alerter les autres, ni faire de signe, masqué par le hongre et la charrette. Cachée derrière, elle attira le soldat vers les buissons en reculant tout en regardant les alentours et la réaction des gens. Le garde mourrait peu à peu, se vidant de son sang. Personne ne remarqua son absence. En une minute, l'homme était mort, camouflé dans les buissons. Angéla le regarda à peine. Son regard était déjà rivé sur sa prochaine victime et évaluait déjà la position de Mitchell. Elle préférait ne pas y penser. L'homme mort allait hanter ses nuits mais elle ne devait pas y penser immédiatement. Des frissons la parcoururent et elle les ignora comme si rien n'était. Elle remit le col de son manteau correctement, le couteau dans sa manche et se jeta à l'eau. Elle passa à l'attaque, la voie était libre. Le chapeau de paille s'envola alors qu'elle marchait à grande enjambée. Elle le jeta comme un frisbee sur le côté.

Daniel jura aussi. Ils avaient été inattentifs quelque seconde et cela avait suffi à Angéla pour s'éclipser. Il craignait le pire maintenant. Elle laissait souvent l'émotion prendre le dessus. Il savait qu'elle allait intervenir et se jeter dans la mêlée pour sauver Mitchell.

- Il n'y a plus aucune raison de ne pas aider Mitchell et Vala maintenant, je suppose, admit Teal'c, le sourire aux lèvres.

- Je me charge d'Angéla, intervint Khaleb. Avant qu'elle ne fasse une bêtise.

Sa voix était dure.

- Trop tard, interrompit Delek. Ce ne sera pas nécessaire. Elle a déjà passé à l'attaque.

Soudain, des coups de feu résonnèrent. Des cris de panique s'élevèrent. Daniel vit Angéla, armée et vidée son chargeur sur les soldats, tout en avançant vers eux en ligne droite. Elle portait un long manteau de fermier qui se soulevait dans sa course. Sa crainte était fondée. Elle avait lancé une attaque et se jetait dans la mêlée.


Fin du chapitre

tableau de bord :

chapitre 47 : Souffrance et Agonie, en écriture (7 pages), prévu Octobre