Voilà les vacances d'été arrivent à grand pas pour un peu tout le monde, et je me décide à poster le chapitre suivant relu et corrigé.
Encore merci à mon correcteur pour ses deux lectures avec autant d'efficacité et rapidité.
Je vais faire très court : Bonne lecture.
« Le temps n'a pas d'importance, seule la vie compte. » de Luc Besson.
Chapitre 10 : La mort est si proche.
- Vos gardes pensent que je suis un fantôme, se justifia Anéa.
Jack la regarda avec inquiétude. En effet, elle était pâle. Elle semblait tout droit sortie d'un film en noir et blanc. Effrayant.
- Je suis Anéa, la guerrière, se présenta Anéa.
Elle s'était adressée surtout au Général Landry, qui était sur ses gardes même s'il avait eu un bref topo sur la situation.
- Et vous êtes là pour … ? On vous a cherché partout, l'accusa Jack.
- J'étais ailleurs, j'avais besoin de réfléchir, de comprendre mes nouvelles sensations… De découvrir le monde avant de disparaître.
Elle s'avança vers la table de réunion qu'elle effleura du doigt. Puis elle s'installa dans un fauteuil libre, sur le côté, à côté de Sam.
- De découvrir mon corps, finit Anéa. Mes limites.
Jack l'admirait. Elle ne s'était pas mise en bout de table ni mise en valeur mais elle attirait tout de même, tous les regards. Elle semblait être maître de la réunion. Elle se tenait droite sur son siège alors qu'il était vautré. Il se redressa pour faire bonne figure. Elle avait posé ses mains sur les accoudoirs et avait croisé les jambes, laissant voir une bonne partie de celles-ci. Il se redressa encore plus, mal à l'aise. Elle semblait tester le confort du fauteuil. Puis elle croisa les mains sur la table, prête à entendre leur proposition d'attaque, comme une élève studieuse. Elle savait écouter.
- Nous devons en finir, leur rappela Anéa, voyant que personne n'intervenait.
Elle les invitait à poursuivre leur conversation.
- Et tu étais où exactement ? insista Jack, continuant son interrogatoire.
Elle ne pouvait pas arriver là et ne pas se justifier sur son comportement.
- Là où… Elle aimait se rendre… Comme cette tour affreuse avec une grande antenne. La charge électrique y était apaisante mais il y faisait horriblement froid. Froid et humide.
Mitchell l'interrogea du regard.
- Que vous arriverait-il une fois l'arme en fonctionnement ? demanda Landry, allant au plus urgent.
Car il savait que c'était un Ancien et que l'arme allait détruire toute origine ancienne dans l'univers. Et elle n'avait pas l'air de vouloir se justifier.
- Hum… Rien, je pense. Je n'ai pas de corps réel.
Elle attira un verre à elle par télékinésie et y fit glisser un doigt autour, distraite. Jack se redressa mal à l'aise et chercha de l'aide du regard. Landry recula dans le fond de son fauteuil et lui jeta un coup d'œil. Ce geste lui semblait bien réel pourtant, il l'avait déjà vu, par exemple chez Cassandra quand elle avait développé de la télékinésie. Astyan regardait Anéa d'un œil désapprobateur.
- Ce semblant d'existence… poursuivit Anéa, en regardant sa main. Est un cadeau d'Angéla. Elle m'a offert une existence… éphémère et faible mais efficace. Je peux toucher les objets mais je ne suis pas en chair et en os.
Elle fit bouger alors les autres verres dans un ballet de valse.
- Je vois, donc l'arme ne vous atteindra pas, conclut Landry. Et les autres ?
Il ne fit pas attention aux verres.
- Ce qu'il veut dire… Est-ce que les vôtres allaient intervenir pour nous empêcher de l'utiliser. Car elle nuit à leur existence, intervint Daniel pour la première fois.
Jack le remercia du regard pour son intervention.
- Qu'ils viennent nous arrêter, provoqua Anéa, en arrêtant son geste, le regard dur.
Les verres s'arrêtèrent puis reprirent leur ballet infernal de plus en plus rapidement. Mitchell avait des difficultés à se concentrer. Son regard était attiré par les verres en mouvement.
- L'arme ne touchera pas les Anciens ayant effectué l'ascension, les rassura Anéa. Et les Attaloniens se protégeront. En ce qui concerne les autres, ils sauront se protéger car je leur ai signalés le danger.
Astyan l'affirma alors qu'un verre filait vers Daniel au bout de la table.
- Aucun risque que les Oriis entendent le signal, affirma Astyan, en réponse à une question muette de Jack.
- Vala a raison, reprit Anéa. Je n'ai pas compris ses arguments… Mais les Oriis ont assez fait de dégâts. Il faut les contrer.
- Très bien, de quoi avez-vous besoin ? demanda Landry. L'arme n'est pas encore au point.
- J'ai besoin d'Astyan… Je le protégerai moi-même s'il le faut. Sam… Jack.
- Moi! s'esclaffa Jack, surpris. Mais à votre service.
Il arrêta un verre en vol car ces derniers l'agaçaient à se balader devant ses yeux.
- Oui, vous me serez utile car vous avez encore quelque bride de souvenirs de Parthus… profondément enfoui dans votre cerveau mais encore là… De Parthus, expliqua Anéa. Et cela pourrait nous servir.
- Ok, je suis toujours partant pour m'amuser !
…
Quelques heures après, la réunion prit fin.
- Arrêter de le tripoter. Ce n'est pas un jeu, le réprimanda Astyan.
Daniel ne cessait de tournoyer dans sa main un objet.
- Anéa me l'a confié mais elle ne m'a pas dit pourquoi. Je ne connais pas son utilité.
- Elle ne vous a rien dit.
- Si rapidement…
- Elle vous fait confiance…
Astyan regarda Anéa qui était assise au fond de la salle avec Sam. Elle faisait tourner son siège sur lui-même en éclatant de rire alors que Sam tentait d'attirer son attention et essayait de lui expliquer quelque chose d'important.
- … c'est un privilège, profitez-en, finit Astyan.
Daniel la regarda à son tour.
- Elle paraît…
- Folle ? proposa Astyan. Cela pourrait être le cas après tout ce temps enfermé dans le néant. Mais elle me semble saine.
- Alors pourquoi ce comportement ? demanda Daniel.
- Elle découvre certaines choses, certains sentiments. Anéa a déteint sur le caractère d'Angéla mais pas seulement. Je pense que l'échange était réciproque. Je pense qu'elle teste certains de vos comportements, des comportements que pourraient avoir Angéla. Angéla aurait je pense, ce comportement.
- Comme le verre et Jack ?
- Oui, même si je ne vois pas dans quel contexte Angéla aurait pu vouloir agir ainsi.
- Déception amoureuse, provocation… répondit Anéa. Elle l'a déjà fait.
Elle fixait le talisman. Elle s'était arrêtée de tourner en rond et s'était approchée d'eux. Daniel se demandait alors dans quel contexte Angéla aurait pu renverser un verre d'eau sur la tête d'un homme.
- Il y a tant de souffrances dans vos vies, autant positives que négatives, marmonna l'Ancienne.
- Tu ne devrais pas… Ce que tu veux faire n'est pas une bonne idée, reprit Astyan.
- Tu l'aimes… Alors c'est la seule chose à faire…
- C'est contre nature, prévint Astyan.
- Tu as eu la même idée sinon tu n'aurais pas ramené cette objet. Je lui dois beaucoup… C'est la seule chose que je peux lui offrir.
- C'est contre nature, insista Astyan.
- De quoi ? demanda Jack, venant d'arriver.
- Un ancien tuant des êtres vivants, intervint Daniel mal à l'aise.
- Ah… Oui mais j'aime l'idée, sourit Jack.
Daniel voulait garder pour lui ce qu'il savait. Il n'avait pas tous les détails du plan d'Astyan et d'Anéa mais il ne voulait pas impliquer ses amis sans avoir tous les éléments en main.
…
Daniel finit par rentrer chez lui. Il s'occupait comme il pouvait. Le Général les avait autorisés à prendre du temps libre après la réunion jusqu'à l'enterrement. Ils étaient tous en deuil. Anéa avait mené la fin de la réunion leur proposant son plan. Maintenant il voulait mettre ses affaires à jour, régler ses factures, lire son courrier… Occuper son esprit. Cela faisait deux jours qu'Angéla était morte. Depuis, il errait entre sa demeure et la base militaire, pendant qu'Anéa mettait en route son plan. Son regard se perdit vers une photographie, posée sur la commode du hall alors qu'il triait son courrier. Elle l'illustrait en compagnie d'Angéla. Il ne savait pas pourquoi il l'avait gardée mais il n'avait pas osé la ranger ou la jeter quand il avait rompu. Il n'était pas encore prêt à lui dire adieu. Sur cette photo, il la serrait dans les bras dans un parc. Ils souriaient tous les deux, en réponse à une blague sûrement. Cette photo avait été prise lors de leur première sortie officielle en dehors de la base militaire où ils s'étaient rencontrés. La journée avait été belle, ensoleillée. Ils avaient passé leur temps à rire et à discuter de tout et de rien. Il lui avait organisé un pique-nique surprise dans un parc près de chez lui, où il aimait réfléchir. Il se remémora cette journée inoubliable avec tristesse. Il se souvint de son sourire…
Sa famille était venue chercher le corps de la jeune femme sous l'invitation express du Général Landry. Elle était venue à l'hôpital militaire le plus proche de la base. Daniel avait insisté pour être présent pour accueillir la famille en deuil. Anéa aussi, elle voulait connaître la famille de son hôte mais était restée discrète, à l'écart. Mitchell l'avait aussi accompagné. Daniel avait donc revu son grand-père, cet individu étrange : Merlin. Daniel était toujours gêné en sa présence. Merlin le fixait toujours de ses yeux dotés d'une intelligence hors norme. Son regard était insistant. Daniel avait l'impression qu'il pouvait lire dans son esprit… Dans son cœur. Il semblait vouloir lui parler. Daniel le scrutait pour repérer un signe, un clin d'œil, un signe de ressemblance avec LE Merlin. La famille n'avait posé aucune question sur la raison de la mort de leur proche. D'ailleurs il n'aurait pas pu lui apporter de réponses convaincantes. Merlin était resté figé devant le corps sans vie de sa petite fille. Angéla était officiellement morte à la suite d'un exercice militaire en Irak. Daniel sentait que Merlin n'y croyait guère mais il avait accepté l'annonce sans broncher. Contrairement au frère d'Angéla. Daniel ne savait même pas qu'elle avait un frère. Elle lui avait caché ou tut son existence. D'ailleurs il pensait qu'elle était une orpheline baladée d'une famille à une autre et fille unique. Pourtant, elle lui avait dit qu'elle avait encore de la famille mais qu'elle ne la voyait plus. Son frère lui ressemblait, il avait les mêmes yeux qu'elle, la même lueur d'intelligence, de franchise et d'honnêteté. Daniel se sentait mal de leurs avoir menti. Il se rappela de leur unique question. « A-t-elle souffert ? ». Jack avait rajouté qu'elle n'avait pas souffert, que la bombe l'avait tuée sur le coup. Ce souvenir s'effaça. Un autre le submergea.
…
Deux jours avant…Peu avant Minuit.
Mitchell entra dans une salle peu éclairée. Daniel était déjà présent. Il était debout devant un lit d'hôpital. Daniel avait rabaissé le drap sur la poitrine de la morte, Angéla. Mitchell put admirer son visage apaisé et serein d'Angéla. d'Angéla. Cela ne faisait que quelques heures que son amie était partie et désormais, elle ne souffrirait plus.
- Je peux revenir… proposa Mitchell avec hésitation alors que Daniel le regarda brièvement.
Il ne voulait pas interrompre la peine de Daniel.
- Non… Je suis là depuis une heure… Il faut que…
Daniel avait la voix qui tremblait, hésitante. Du coup, Mitchell n'osa pas le rejoindre. Mitchell vit que Daniel tenait la main froide d'Angéla serrée entre deux mains.
- Nous avons foiré depuis le début, commença Mitchell, en fixant Angéla.
Daniel le regarda.
- Oui, nous avons foiré, répéta Daniel dans un souffle.
Il avait l'air ailleurs, probablement dans des souvenirs nostalgiques.
- La famille a été contactée, lui apprit Mitchell. Elle prend l'avion demain à la première heure… Nous avons encore du temps…
- Merlin fait donc le déplacement… Malgré son âge… Encore une fois.
Mitchell acquiesçât.
- Il y aura une cérémonie… Ici. La presse va se saisir de l'affaire avec joie. Jack veut qu'on protège la famille face à la presse. Puis… Reprit Mitchell.
- Elle retournera en France, comprit Daniel.
Il savait qu'elle était d'origine française et qu'elle avait été attachée à ses racines. Pourtant, son anglais était parfait. Son français aussi d'ailleurs. Il savait aussi qu'elle parlait d'autres langues. Il ne connaissait que très peu de sa vie finalement.
- Oui, affirma Mitchell. C'est son choix.
- Comment peut-on savoir que c'est son choix ?! demanda Daniel avec angoisse. Elle est partie bien trop tôt. Comment a-t-elle pu y réfléchir ? Si jeune…
- Elle se savait malade… Nous aussi. Elle a fait un testament. Elle était prévoyante.
Daniel le regarda, surpris.
- Ses parents adoptifs ont reçu son testament par mail hier avec une lettre d'adieu. Ils seront là aussi, lui apprit Mitchell.
- Hier ? Mais elle… Elle avait tout programmé, comprit Daniel. On y sera ?
La lettre d'adieu et le testament étaient arrivés avant même sa mort.
- J'ai demandé une autorisation. Vala et Teal'c y seront aussi… Qu'est ce que c'est ?
Mitchell ne l'avait pas remarqué mais Angéla portait un bijou autour du cou.
- Un cadeau d'Astyan, je crois… dit Daniel sans le regarder.
Mitchell comprit que quelque chose n'allait pas, que Daniel lui cachait quelque chose.
- Je dois…
- Oui, va te reposer, proposa Mitchell, compréhensif.
Il n'insista pas. Une fois seul, Mitchell s'installa lui aussi près du corps. Il soupira. Il lui caressa le visage et remit une mèche avec douceur.
- Je ne sais pas quoi te dire… Des excuses ?... J'ai foiré… JE n'ai pas tenu ma promesse… Je suis un protecteur minable…
Il se leva et l'embrassa sur le front.
- Tu vas me manquer, lui chuchota Mitchell.
Une larme coula le long de sa joue. Une larme qu'il avait retenue jusque là.
- Elle va tous nous manquer, intervint une voix de femme derrière lui.
Il se retourna et reconnut Anéa, debout devant la porte éclairée par le couloir.
- Vous êtes revenu… Vous étiez où ?! lui reprocha Mitchell, avec colère.
- L'effet ne paraît pas s'estomper, reprit Anéa, ignorant la question.
- Vous pensiez disparaître ?
- Oui, c'est pour cela que j'étais pressée d'en finir avec les Oriis. Je pensais que l'énergie se dissiperait après la mort de…
- Ne dites pas HÔTE…
- Elle m'a donné son dernier souffle de vie et je ne disparais pas. Je peux me maintenir sous cette forme… Astrale. Seul le temps me permettra de devenir… Plus solide, expliqua Anéa. Je me suis isolée car je pensais disparaître et vous avez assez de problèmes…
- Je vois, lâcha Mitchell.
Sa colère n'avait pas disparu.
- Qu'est ce qu'on a raté ? demanda Mitchell en regardant Angéla.
- Rien… Vous avez fait ce que vous avez pu.
Elle posa une main sur l'épaule de Mitchell, pour le rassurer. Il se sentit apaiser, il savait que ce n'était pas réel. Elle lui avait juste envoyé une vague d'apaisement.
- J'ai entendu votre conversation, reprit Anéa d'une voix neutre. Que voulez-vous dire par cérémonie ?
- Une cérémonie religieuse et militaire pour lui rendre honneur.
- Quels sont ses mœurs ?
Anéa avait étudié la question. Mitchell se retourna complètement vers elle.
- Je sais que ce n'est pas le moment, s'excusa Anéa. Mais j'ai appris que certains se font incinérer.
Elle semblait inquiète.
- Elle sera mise sous terre. Je crois que sa famille a un rituel… hésita Mitchell. Vous venez ?
- Oui.
Elle avait répondu sans aucune hésitation.
- Et après ? Vous n'avez plus d'hôte…
- J'ai promis que je vous aiderai et je le ferai.
- Bien.
Il voulait être certain qu'elle tiendrait ses engagements et qu'Angéla ne soit pas morte pour rien. Il jeta un dernier coup d'œil à Angéla qui semblait endormie avant de quitter l'endroit. Le souvenir disparut.
…
Pendant ce temps Daniel était retourné dans ses quartiers. Il tentait de s'occuper l'esprit en rangeant son bureau. Il classa les livres. Il s'arrêta sur un livre qu'il avait prêté à Angéla. Il caressa la couverture puis le mit de côté. Mais il s'arrêta. Des larmes coulèrent sur ses joues. Furieux, il renversa tout ce qu'il avait sur son bureau. La pile de livres tomba. Certains s'ouvrirent. Il s'écroula au sol puis il remarqua une feuille volante. Une feuille de papier s'était échappée d'un des livres de la pile. Elle s'était échappée du livre prêté à Angéla. Il ne se souvenait pas de l'avoir inséré dans le livre. Toujours assis, il saisit la feuille et la déplia.
Il y avait quelques choses d'écrit :
Daniel... Il y a tellement de chose à dire mais peu de temps pour le faire mais...
je pense que pour ces circonstances, j'ai les mots parfaits pour t'exprimer mes sentiments.
Quelqu'un a dit et je cite : "Notre père qui est au ciel apaise la douleur de notre
affliction et qu'il nous laisse seulement le tendre souvenir de nos chers
disparus, et la fierté solennelle et bien fondée d'avoir offert un si précieux
sacrifice sur l'autel de la liberté". Je ne regrette rien. Je suis libre.
A.
Et pour la deuxième fois, il se laissa aller à sa peine. Angéla avait écrit cette lettre à son adresse et l'avait glissée dans le livre car elle savait qu'un jour il le consulterait. Daniel se demandait quand elle l'avait glissée. La feuille n'était pas datée mais celle-ci prouvait qu'elle connaissait son destin : la mort. Daniel serra le papier contre sa poitrine en le chérissant. Oui, ses mots exprimaient bien la situation. Angéla s'était battue pour la liberté et elle était morte pour gagner la sienne.
...
Mitchell se préparait pour l'enterrement quand l'alarme retentit. Il était encore à la base militaire attendant que Vala finisse de se préparer. Il abandonna l'idée de défroisser son costume et alla accueillir ses invités. Car il savait qui allait passer la porte. Le Général Landry était déjà sur place, à son poste, lui aussi en costume d'apparat.
Ce fut Astyan qui franchit le seuil de la Porte des Etoiles en premier. Il était suivi de Rodney et de ses amis. Astyan avait été le messager de la nouvelle noire. Il avait souhaité annoncer la mort de leur amie commune lui-même. Jack n'avait pas refusé cette offre sachant qu'il fournirait l'énergie nécessaire pour les contacter. Rodney portait un costume cravate. Le nœud n'était pas encore fait. Il semblait nerveux. John était dans la même teinte que Mitchell et les autres soldats. Il salua le Général puis Mitchell.
- J'aurai aimé revenir dans d'autres circonstances, Colonel, salua John.
- Je dois vous parler, dit Rodney en guise de salut.
Il était un peu trop excité vu les circonstances. Landry remarqua son comportement et soupira. John le fusilla du regard lui faisant comprendre que ce n'était pas le meilleur moment choisi pour parler.
- J'ai regardé le dossier… reprit Rodney, ne se décourageant pas.
John le regarda à nouveau avec insistance, le prévenant de ne pas aller trop loin.
- Je voulais comprendre ce qui s'était passé, s'étrangla Rodney.
Il ne semblait plus les voir.
- Elle a réuni les conditions ! poursuivit Rodney. Toutes les données le démontrent.
Mitchell s'arrêta et le prit le bras pour le voir en face.
- Les conditions pour quoi ? demanda Mitchell, entre ses dents.
John lui fit signe d'y aller doucement et soupira.
- L'ascension, couina Rodney.
John jura.
- Ce qu'il veut dire … C'est qu'elle a peut-être…
- Non, coupa Mitchell durement.
- Quoi ? Elle… Elle ne l'a pas fait, s'écria Rodney Mais P...
Le pourquoi resta au fond de sa gorge.
- Attendez ! Vous dîtes qu'elle aurait pu faire l'ascension ? répéta Landry, en regardant Rodney puis Mitchell.
Il semblait qu'il avait loupé quelque chose.
- Et le virus ? demanda Landry.
- Il n'aurait pas pu arrêter le processus, expliqua Rodney. Toutes les conditions étaient réunies.
- Elle n'a pas fait l'ascension, Rodney. Point final, intervint John avant que la situation se dégénère.
- Je sais mais …
- Pourquoi elle ne l'a pas fait ? finit Mitchell. J'étais présent.
- Parce qu'elle ne le voulait pas, conclut Ronon.
Tous se retournèrent. Il était resté à l'écart.
- Elle n'avait pas peur de la mort, reprit Ronon. L'ascension aurait été un échappatoire… Et je sais qu'elle aime affronter ses craintes, et relever des challenges… Même la mort.
- Peu importe, coupa Landry. Elle est partie et la cérémonie est dans deux heures. Il est temps de faire ses adieux.
Rodney resta les yeux dans le vague. Il avait eu un dernier espoir de la revoir, de la croire encore en vie même si c'était sous une autre forme. Il avait perdu son seul espoir.
…
Le souvenir disparut.
Daniel ajusta sa veste noire et finit d'ordonner ses affaires. Il tâta sa poche alors qu'on sonnait à la porte. Il vérifiait la présence du talisman puis il alla ouvrir. Il le portait à chaque instant. C'était Vala qui portait une jolie robe noire, accompagnée d'un parapluie en dentelle aussi noir. Mitchell était posté juste derrière elle dans son costume militaire. Il tenait un bouquet à la main. Daniel les salua.
- Prêt ? demanda Vala, hésitante.
Elle ne l'avait pas revu depuis deux jours. Daniel jeta un regard en arrière.
- Oui.
- Teal'c et Jack escortent les parents adoptifs, lui apprit Mitchell.
- J'aurai voulu être avec eux, soupira Daniel.
- Tu les connais ? demanda Vala, surprise alors que Mitchell leur ouvrit la portière de sa grosse berline.
- Elle me les avait présentés, avoua Daniel.
- Vraiment ? répondit Mitchell, tout aussi surpris.
Il mit le contact.
- Oui, ses parents adoptifs étaient son ancrage dans la vie réelle. Parfois, on organisait des repas familiaux.
- Ah avant que j'oublie. Rodney et son équipe sont arrivés ce matin.
…
Mitchell gara la voiture derrière une longue file et siffla.
- Il y en a du monde ! Toute l'armée est ici ou quoi ?
Daniel était aussi impressionné par la foule puis il examina la cathédrale. Il repéra le Général Landry et le Colonel John Sheppard, devant les portes immenses de l'édifice.
- A côté de Landry, c'est son père, décrit Daniel.
- C'est un soldat ?! demanda Vala.
Elle ne voyait que ça.
- Oui, Colonel de la Navy, reconnu Mitchell. Marines.
Il l'avait reconnu grâce aux médailles présentes sur sa veste. Ils sortirent du véhicule et allèrent saluer la famille et le Général. Daniel décida de rentrer immédiatement dans la cathédrale, déjà bondée de monde.
- Je parie qu'il y a plus de la moitié des personnes ici présentes qui ne la connaissent pas, remarqua Vala, se sentant une étrangère.
- Probablement, admit Mitchell.
- Mêmes ses ennemis doivent être présents, rajouta Vala.
Il repéra Sam près d'une autre femme, ignorant la remarque de Vala.
- La mère, supposa Mitchell.
- Et ses vrais parents ? demanda Vala, voulant en savoir plus.
- Morts dans un regrettable accident, un vol qui a mal tourné…
- Anéa est ici, interrompit Daniel.
Daniel observa l'étrange tableau. La mère adoptive d'Angéla serrait les mains de Merlin.
- Ils se connaissent ? demanda Mitchell.
Daniel haussa les épaules. Anéa discutait avec Sam et le frère d'Angéla, à qui elle jetait des regards brillants. Ils s'approchèrent. Daniel présenta ses condoléances à la famille. De nombreux soldats s'étaient alignés ainsi que des journalistes sur le côté près à prendre des photos ou des notes. Peu à peu, la foule entra dans la cathédrale prenant leur place. Bientôt elle fut pleine à craquer… Certains n'avaient pas pu y pénétrer sans doute. Enfin le cardinal fit son entrée, mettant fin à la conversation. Les derniers retardataires se placèrent. Mitchell remarqua la présence des deux agents John Smith et Jack Croft, les deux agents ayant participé à la mission, à leurs côtés. Mitchell ne fut pas surpris de les voir présents. Angéla avait promis qu'elle ne les avait pas tués.
- Une bombe, marmonna l'un des deux, sceptique, en regardant Cameron.
Jack O'Neill les avait aussi repérés. Il parcourait des yeux l'assemblée. Il devait sûrement se demander combien d'agents étaient présents sur place. Il y avait aussi la veuve Pam qu'ils connaissaient maintenant. En peu de temps, elle avait perdu mari et amie.
Anéa regardait tout le monde avec intérêt. Elle portait une belle robe noir brillante comme les étoiles, un peu tape à l'œil.
- Où est Astyan ? demanda Anéa à Jack à ses côtés.
- Avec le cortège.
Il y avait aussi Rodney et John Sheppard qui eux regardaient plus Anéa que les autres. Ils semblaient intéressés par la jeune femme, mais sûrement pas pour la même raison. L'un pour la science, l'autre pour son corps. Ils scrutaient cette belle inconnue. Rodney reconnaissait certains de ses gestes et la lueur dans ses yeux, ressemblant à ceux d'Angéla. Il pensait la connaître.
Ils étaient tous installés. Quelques retardataires continuaient à franchir les portes de la Cathédrale. Ils cherchaient une place vide qui se faisait rare. Les célébrités trouvaient toujours de la place. Jack se demandait si la moitié au moins connaissait Angéla. Par contre, il avait reconnu de nombreuses personnes : des soldats, des hommes politiques comme un sénateur. Il s'était presque attendu à voir le Président. Il n'était pas là mais il avait souhaité tout de même dire quelques mots sur le soldat mort en exercice. Il y a avait aussi des policiers, puis des hommes ordinaires et des moins ordinaires comme Astyan et Anéa. Il observait les personnes arriver peu à peu. Soudain l'air devint froid. Il connaissait cette sensation. Daniel semblait aussi sensible.
- Vers la porte, dit Daniel.
Jack eut juste le temps de voir une ombre passer la porte et disparaître.
- Khaleb ?
- Sans doute, répondit Astyan, presque en colère.
- Comment ? demanda Mitchell.
C'était impossible que Khaleb soit présent. Comment avait-il franchi la porte ?
- De la même façon que nous nous déplaçons : voile ou téléportation, proposa Anéa.
- Que fait-il là ? marmonna Astyan.
- J'allais le demander, rajouta Jack.
Enfin, les portes de cathédrales s'ouvrirent à nouveau dans un grincement inquiétant. Toutes les têtes se tournèrent vers celle-ci. Astyan menait le cortège. En fait il était sur la droite au premier rang. Il portait une planche où était posé directement le corps d'Angéla. Mitchell admira Angéla, bouche-bée. Il ne s'imaginait pas la revoir ainsi. Il avait imaginé un beau cercueil, pas une planche en bois. Pourtant, malgré la simplicité, elle était magnifique, ayant atteint la perfection.
- Elle n'est pas trop amochée souffla un des deux agents en chuchotant.
Anéa sourit. Angéla était allongée, les mains croisées sur son ventre. Elle portait une robe bleu claire splendide. Mitchell pouvait deviner ses belles formes en dessous. Ses cheveux étaient détachés, toujours aussi bleus. Du même bleu que sa robe. Il se retint de rire. Le tout retombait en cascade sur ses épaules. Les embaumeurs lui avaient légèrement bouclé les cheveux et un peu maquillé. Elle portait une couronne en fleurs qui lui retenait les cheveux. Un bracelet de cristal ornait son avant bras droit là où était… Avait été son tatouage. Il avait presque disparu. Sur sa peau pâle, on devinait un peu son emplacement. Mitchell se demandait pourquoi son tatouage avait disparu. L'avait-on enlevé ? Enfin, elle portait une énorme pierre précieuse rouge autour du cou, c'était le cadeau d'Astyan. Mitchell croyait voir une jeune femme prête à aller à son bal de fin d'année. Sa mère étouffa un pleur alors qu'elle se réfugiait dans les bras de son mari, le Colonel, alors que le cortège arriva près du Cardinal. Le corps s'immobilisa enfin sur l'autel, en hauteur à la vue de tous. Dans un même mouvement, le public s'assit. Les flashs fusèrent. La messe commença.
…
Le Cardinal et différentes personnes prirent la parole pour rendre hommage à Angéla : Ami, amant, collègue…
Daniel avait aussi préparé un discours mais il ne put le lire une fois le moment venu devant tant d'émotions. Il resta paralysé devant le corps inerte d'Angéla. Il balbutia son discours et improvisa en laissant parler son cœur. Son cœur déchiré. Puis un à un, les invités s'approchèrent du corps comme pour une veillée pour faire leurs adieux. Certains serraient la main de la morte, d'autres lui caressaient la joue ou lui embrassaient le front comme Mitchell.
Rodney était derrière Anéa. Il fixait son dos avec insistance… Un peu trop. Elle le sentit.
- Qu'est ce qui vous tracasse ? demanda Anéa sans se retourner le sourire aux lèvres.
Il sursauta. Il ne pensait pas qu'elle savait qu'il la regardait.
- Je me demandais… Qui était la femme que j'ai connu quand… Vous lui ressemblez tellement, balbutia Rodney, en se mordant la lèvre pour son audace.
- Elle. Rien n'était faux, souffla Anéa.
Elle suivait la cérémonie avec intérêt.
- Elle savait qu'elle vivait dans le mensonge. Elle ne savait pas que vous…
- Elle a su, contredit Anéa.
- Oui mais trop tard … L'accusa Rodney. Elle se pensait folle.
- Rodney, chuchota John avec insistance. Ce n'est pas le moment.
John sourit à Anéa qui comprit. Mais la remarque de Rodney la fit réfléchir. Il n'avait pas tout à faire tord.
Daniel arriva à la hauteur d'Angéla. Il ne savait pas comment lui dire adieu. Il aurait voulu lui donner un dernier baiser d'adieu mais il n'osa pas. Il vota pour un baiser sur la joue puis marmonna comme lui avait dit Anéa :
- QUIATUS, réveille-toi !
C'était presque un supplice.
Jack choisit de lui rendre un salut militaire bref et en silence. John Smith lui, embrassa Angéla sur la bouche. Il voulait emmerder Angéla jusqu'au bout. Il savait que là-haut, elle fulminait. Il sourit à cette pensée. Anéa les yeux brillants examina à nouveau John Smith. Puis vient son tour. Anéa observa Astyan qui avait le visage neutre. Elle posa une fleur rouge sur la poitrine d'Angéla. C'était une rose. En posant la tige, une épine la piqua. Une perle de sang tomba sur la rose. Elle accueillit cette douleur avec joie. La douleur voulait dire qu'elle existait.
- Accepte ton héritage souffla Anéa.
Mitchell la regardait. Il avait peur de voir apparaître un autre buisson de roses comme Astyan l'avait fait pour Pam. Rien ne se passa et il souffla. Puis son cœur s'arrêta. Juste derrière, il y avait Khaleb. Celui-ci s'approcha de la défunte et chuchota quelques choses à ses oreilles.
…
La cathédrale ne se vida que tardivement dans la journée. La cérémonie avait été longue et s'était éternisée. Vala ne comprenait pas comment il pouvait y avoir autant de monde. Elle avait comprit que de nombreuses personnalités s'étaient déplacées pour rendre hommage à la jeune femme.
Rodney était toujours avec Anéa et il revint à la charge.
- Pourquoi Angéla n'a pas effectué l'ascension ? demanda Rodney.
Il pensait qu'elle avait la réponse ayant partagé sa vie. Celle-ci le regarda, étonnée.
- Les données étaient réunies, continua Rodney.
John suivit la conversation avec intérêt. Daniel ne sut quoi répondre. Il observa Anéa.
- Je … Ne vois pas pourquoi elle aurait refusé ?! répondit Anéa, surprise.
Anéa regarda Angéla, comme si elle allait trouver réponse à ses questions. Comme si Angéla allait se relever et lui répondre.
- Ronon a une théorie, poursuivit John se mêlant à la conversation. Elle ne craint pas la mort.
Daniel et Anéa échangèrent un regard.
- Donc elle a refusé l'ascension car elle voulait mourir, résuma Anéa.
Anéa ne savait pas quoi répondre. Elle n'arrivait plus à réfléchir. Elle s'éloigna et s'isola. Elle pensait connaître son hôte. Mais non, Angéla la surprenait toujours.
- Mais qui es-tu étrangère ? marmonna Anéa à l'adresse du corps encore présent dans la cathédrale.
Astyan l'observait avec intensité. Il savait. Il savait qu'elle voulait mourir. Il voulait la dissuader de mettre en place son plan. Elle lut de la douleur dans son cœur. La femme qu'il aimait ne souhaitait pas vivre. Un grand vide s'installa dans son cœur aussi.
…
Cela ne faisait une semaine qu'Angéla était morte pourtant Sam s'attendait toujours à la voir franchir la porte de son bureau, le sourire aux lèvres, l'air espiègle. Elle croyait même la croiser dans les couloirs comme une ombre furtive.
- Pourquoi on change notre plan initial ? répéta Jack.
Astyan s'approcha de l'écran.
- Votre plan expose votre planète, expliqua l'attalonien. Il sera facile pour vos ennemis de la faire exploser.
- Puis les Oriis seront attirés par le blocage de la porte. Ils vont se douter de quelque chose.
- On savait déjà qu'on prenait des risques, avoua Jack. Mais on était d'accord.
- On veut que toutes les portes fonctionnent, on ne veut négliger aucune porte, intervint Sam.
- Vous pensez qu'on ne pourra pas éliminer l'ennemi sur ses deux planètes ? Mais ils sont censés ne pas y être sinon on est grillé, réfléchit Jack.
- Censé, répéta Astyan.
- Vous voulez juste protéger l'arme par vous-même, conclut Jack. Je peux comprendre mais c'est aussi risqué !
Astyan regarda Sam.
- Vous doutez de mes compétences, comprit Astyan.
Sam fit signe à Jack d'être prudent.
- Vous… N'êtes pas… Opérationnel. Vous n'êtes pas à vos pleines capacités. Et vous non plus.
Il parlait d'Anéa. Cette dernière ne broncha pas.
- Mes pouvoir sont intacts, indiqua celle-ci.
- Qu'en pensez-vous, Carter ? demanda Jack sans quitter des yeux Anéa.
Il ne voulait pas lui montrer qu'il était le plus faible. Il ne voulait pas non plus recevoir un autre verre d'eau sur la tête. Sam sursauta. Elle ne pensait pas qu'il allait lui demander son avis.
- Nous avons l'effet de surprise. Le plan pourrait marcher, hésita Sam.
Jack l'entendit. Il pesa alors les « pour » et les « contre ». La balance s'équilibrait. Presque. Car il pensait que la mort d'Angéla pourrait affecter le pouvoir des deux Anciens.
- Et j'imagine que le mieux serait de mettre au courant le minimum de personnes. Pas de personnes en plus pour protéger l'arme.
- Peu importe, remarqua Anéa.
- Et la discrétion ? demanda Mitchell.
- Je peux faire une diversion, proposa Astyan.
- Ce n'est pas une bonne idée, contredit Anéa. Le virus.
- Pourtant une diversion ne ferait pas de mal, réfléchit Sam.
- Se séparer n'est pas une bonne idée, insista Anéa.
Astyan la regarda un peu étonné. En réalité, elle s'était promise de les protéger. S'ils se séparaient, elle ne pourrait pas.
- Combien de temps il faut ? soupira Jack, donnant son accord.
- Mon père finalise les calculs, la Tokra sera prête à temps. Deux semaines je dirai, calcula Sam. Si tout va vient.
- Deux semaines ! s'exclama Anéa. C'est trop long comme délai. Nous avons pris trop de retard avec…
- La mort d'Angéla, finit Mitchell.
…
- Je déteste ce plan, râla Jack.
Il était trop complexe à son goût. Il était accroupi près de Teal'c dans une forêt.
- JE la trouve audacieuse, répondit Teal'c, avec le sourire.
- C'est un suicide, tout ça pour brouiller les pistes. Il y a aussi le virus. Ils ne pourront rien faire contre celui-ci.
- Ils sont au courant maintenant, remarqua Teal'c. Ils seront plus prudents.
- C'est vrai.
- Puis ce serait une grande avancée pour nous de comprendre la technologie des Oriis, enchérit Teal'c.
- Donc les Jaffas sont d'accord pour cacher le bulletin si on a un succès, demanda Jack.
- Oui et à nous accueillir. La planète est inhabitée depuis la chute des faux dieux.
- Et les amazones alors ? demanda Jack, surpris.
Teal'c confirma leur départ.
- Dommage, je les appréciais.
Teal'c sourit.
Jack prit sa radio, toujours caché.
« Daniel, vous êtes en position ? »
« Non, on a un contre temps ».
Teal'c regarda Jack. Ça s'annonçait mal.
« Un problème ? »
« Non, aucun. C'est juste la préparation qui est un plus longue que prévu »
« Quelle préparation ? »
Il espéra qu'ils n'avaient pas encore changé le plan.
- On répète le plan ? Notre diversion est de tuer le maximum de gardes, de voler leur « stade » et les narguer par la suite pour les occuper.
- Oui, bien résumé, affirma Teal'c. Ils seront donc occuper à rechercher les rebelles et non l'arme.
- Facile ! ironisa Jack. Pourquoi on n'y a pas pensé avant ? Ah oui parce que c'est du suicide et c'est complètement débile. Pourquoi Daniel est au premier plan d'abord ?
- Il garde un œil sur Anéa et …
- Toujours les bons plans celui-là, râla Jack. Les filles pour lui, la boue pour nous.
- Et il connaît le fonctionnement des prêtres et un peu leur vaisseau, rajouta Teal'c.
- Et c'est son déguisement qui prend autant de temps ? se demanda Jack, agacé.
En effet, Daniel était censé jouer le rôle d'un prêtre, accompagné de deux discrets fidèles : Anéa et Astyan. Il espérait qu'on le connaissait encore en tant que prêtre.
« Jack ! ça ne va pas marcher ! »
« Et Pourquoi Daniel ?
Jack sourit.
- Qui va croire qu'Anéa est une fidèle des Oriis, avança Teal'c.
Il lui montra ce qu'il avait repéré. Jack prit les jumelles tout en gardant le contact radio avec Daniel. Il repéra Daniel puis chercha les deux autres. Son examen s'arrêta sur Anéa.
- Merde, jura Jack entre ses dents.
Daniel avait respecté les consignes. Il était un prêtre, normal. En tout cas, il semblait en être un et jouait bien son rôle. Astyan aussi jouait son rôle. Par contre, Anéa ne ressemblait pas du tout à une fidèle.
« C'est la préparation ? »
Mais Jack connaissait déjà la réponse.
« Oui »
Anéa portait une longue robe blanche. Ses cheveux étaient lâchés, bouclés. Sa robe était très découpée : deux larges déchirures montaient jusqu'à ses hanches, de chaque côté, montrant ses belles longues jambes, un décolleté profond, très profond descendait presque à mi-ventre en un v très large. Dans le dos, la robe laissait voir son dos jusqu'à la courbe de ses reins. Jack déglutit lors de son examen et admira le tatouage dans son dos. Non, décidément elle ne ressemblait pas à une fidèle. Elle était trop voyante et fière. Une couronne de diamant retenait ses cheveux à leurs places. D'autres tatouages tapissaient sa peau nue : ses bras, ses seins… Il reconnu des formes géométriques. Presque tout était dénudé. Elle marchait même pieds nus. Elle semblait plus être une prêtresse voire même une déesse. A ses côtés, Astyan portait son large manteau, lui arrivant à la cheville. Il tenait toujours son bâton à la main en s'y appuyant comme un vieillard. Lui, il ressemblait plus à un fidèle discret. Le groupe incongru passa devant la Porte des étoiles.
« C'est une plaisanterie »
Jack se demandait s'il ne rêvait pas.
« J'ai bien peur que non, Jack »
Daniel jetait des regards inquiets autour de lui. Il avait pris la tête du groupe.
- ça va être un massacre, jura Jack.
« En effet »
Ce n'était pas la voix de Daniel. Jack reconnut celle d'Anéa. Son ton avait été dur, annonciateur d'orage. Il se demanda ce qu'il avait cloché dans le plan, en se remémorant :
1) Le groupe devait infiltrer le vaisseau. Facile s'ils ne se faisaient pas prendre dès le début. Leur avantage ? Personne ne connaissait Astyan ni Anéa.
2) Voler le vaisseau. Moins facile ça. Leur rôle ? Épier les renforts éventuels et les quelconques mouvements extérieurs comme une ouverture de la Porte. Facile ? ça dépend du résultat.
Rien n'indiquait dans ce plan qu'Anéa devait tout faire exploser.
Daniel regarda ses deux compagnons du coin de l'œil. Ils semblaient sereins. Mais il savait qu'Anéa était prête à en découdre et à se battre. Ses yeux s'attardèrent sur ses tatouages. Étrangement, personne ne les regardait passer ni ne les arrêtait, même pas pour Anéa qui aurait dû attirer les regards.
- Je peux passer inaperçu comme je le veux, expliqua Anéa, comprenant l'inquiétude de Daniel. Ils me voient mais leurs regards ne s'attardent pas sur moi.
Pourtant Daniel ne pouvait pas la quitter du regard. Elle lui sourit. Mais elle disait vrai alors que Daniel était obligé de baisser la tête à chaque passage de gardes, les gardes ignoraient Anéa, ne la voyant pas.
« Je le sens mal »
Jack était agité et les suivait à la trace dans leur progression.
- Ils ont l'air sûr d'eux. Ils ont pris soin de choisir leur cible, remarqua Teal'c.
- Longtemps ? En une semaine, ils ont décidé d'attaquer ce vaisseau sans rien préparer, accusa Jack. Et Daniel a le cul entre deux chaises …
Il tenait à ses hommes. Daniel était devenu un ami au cours de ses 10 dernières années. Il l'avait déjà perdu plusieurs fois. A chaque fois, la perte avait été douloureuse. Il ne voulait pas revivre cette expérience. Il reprit ses jumelles et parcourut à nouveau l'horizon.
- Et pourquoi ici ? Ce n'est pas un lieu discret et ce n'est pas la cible la plus facile, se demanda Jack.
Personnellement, il n'aurait pas fait ce choix-là, loin de là. Il avait peur que ce soit devenu personnel pour Anéa et Astyan. A y penser, sans le vouloir, à eux deux, ils avaient reformé le couple mythique, le couple Guerrier, à quelque chose près. La seule chose que partageaient les deux Anciens, était la vengeance de la mort d'Angéla. Il avait peur qu'ils soient présents uniquement pour se venger.
- Ils veulent faire passer un message, supposa Teal'c.
- C'est ce que je crains. On avait opté pour la discrétion, non ?
- Et une diversion remarquable, rajouta Teal'c. JE trouve que c'est le meilleur moyen de détourner le regard de la Terre.
« Daniel, que faites-vous ? »
Il ne les voyait plus.
« On est entré ... Sans encombre.»
Déjà ! pensa Jack. Ce dernier n'avait jamais douté de la capacité du groupe à accomplir ce plan. Mais aussi rapidement et discrètement, il avait eu des doutes. Il surveilla la zone.
- C'est trop calme, remarqua Jack, inquiet.
Teal'c le regarda, soulevant un sourcil. Il voyait des gardes partout.
- Ils ne bougent pas, précisa Jack. Pas de coup de feu, ni capture… Pas de problèmes.
- C'est trop facile, comprit Teal'c. Tu penses que c'est un piège.
- Mouais, grogna Jack.
- Soyons vigilant alors.
- Mitchell aurait dû venir.
- Il n'est pas loin, remarqua Teal'c.
- Oui, je sais en orbite.
- Attendez regarder... montra Teal'c.
Il montrait une accumulation de nuages noirs à l'horizon. Une tempête approchait et elle n'était pas naturelle.
…
Le groupe avait atteint le vaisseau sans encombre. Une fois à l'intérieur, Daniel semblait perdu. Il tenta de s'orienter rapidement. Anéa et Astyan attendaient patiemment qu'il prenne une décision. Daniel tenta de se remémorer le plan qu'il avait fait et de remémorer des souvenirs de ses précédentes expériences. Les vaisseaux se ressemblaient tous par chance. Il s'aida des repères de Vala, en espérant qu'ils soient vrais.
- Suivez-moi, se décida Daniel.
Ils le suivirent sans poser de question. Daniel fut étonné qu'ils ne prennent pas les commandes de la mission. Il était fier d'avoir leurs confiances.
- Si tu ne sais pas où on va, on peut passer au plan B, intervint Anéa, doucement.
Elle ne l'accusait pas d'incompétence. Astyan s'arrêta, Daniel aussi.
- Quel plan ? demanda Daniel.
Il regarda Astyan qui n'était pas au courant.
- TU parles comme eux, remarqua Astyan.
- J'ai du prendre de mauvaises habitudes, supposa Anéa, en haussant les épaules. L'expression n'est peut-être pas appropriée.
- Non, je ne pense pas, souffla Daniel.
Il comprenait maintenant pourquoi Anéa les aidait malgré les règles établies par les Anciens. Elle avait changé. Elle avait acquis sans le vouloir quelques parcelles de la personnalité d'Angéla, une personnalité humaine. Il se demandait jusqu'où la transformation l'avait affectée. Angéla s'était assagie au contact d'Anéa. Et si Anéa avait pris le mauvais côté d'Angéla : la douleur, la colère… Et toutes ses capacités de soldat.
- Quel est ce plan ? demanda Daniel, intéressé alors que des gardes passaient.
- Il n'y en avait pas, remarqua Astyan.
Elle vient de l'inventer.
- Je peux détecter la source d'énergie du vaisseau et remonter à sa commande, ignora Anéa.
Daniel réfléchit. Il ouvrit le livre : le livre des Origines, qui faisait partie du déguisement alors que d'autres gardes passaient. Le groupe les dépassa. Presque.
- Eh ! Vous !
Daniel leva les yeux. Anéa se retourna le sourire aux lèvres.
- Que faites-vous là ? On réunit nos forces…
Daniel passa devant Anéa. Il baissa la tête légèrement pour les saluer.
- On nous attend pour notre rapport, intervint Daniel.
Le garde le regarda avec suspicion, puis il s'attarda sur Anéa, toujours souriante.
- Prêtre, que font ses étrangers ici ?
Daniel sentit l'atmosphère changée. Il était le seul apparemment à le sentir. Anéa semblait prête à réagir.
- C'est mon rapport, répondit Daniel calmement. Ils ont déjà été fouillés à notre entrée par d'autres gardes.
Le garde fit le tour du groupe. Astyan ne broncha pas. Anéa non plus au grand soulagement de Daniel. Tous les trois étaient immobiles.
- A quel sujet ? demanda le garde, toujours méfiant.
- Du plan B, lâcha Anéa, avec calme.
- On change de plan ? répondit le garde encore plus suspicieux.
- Ce n'est pas encore sûre, intervint Daniel, précipitamment. Nous devons d'abord en discuter…
- Avec les grands prêtres, finit le garde. Très bien, je vous accompagne. Si les ordres ont changé, je veux être le premier à être informé.
- Quelle efficacité, approuva Anéa, charmeuse.
Encerclés par les gardes, ils se dirigèrent vers les grands prêtres. Daniel n'était pas rassuré par cette nouvelle situation, même s'il n'avait pas été découvert encore. Quel était le plan B ? Il ne savait toujours pas. Les gardes les guidèrent jusqu'à deux grandes portes où ils s'arrêtèrent. Daniel attendit.
- Je vous remercie, les salua Anéa.
Elle alla ouvrir la porte quand celle-ci s'ouvrit de elle-même. Deux prêtres apparurent. Daniel retint son souffle. Les deux prêtres ne semblaient pas surpris de les voir, ils souriaient même.
- Quelle surprise ? commença un des deux.
- J'en suis sûre, répondit Anéa avec le sourire.
- Que me vaut la visite de nos principaux rivaux ?
- Ce garde est un héros. Ils nous ont trouvé et ont fait leurs devoirs de bon… Toutous, poursuivit Anéa, avec un sourire moqueur.
Astyan sourit. Décidément, parfois Daniel retrouvait vraiment certaine façade de la personnalité d'Angéla chez Anéa. Les gardes comprirent enfin la situation et les mirent en joue.
- Que croyez-vous faire ? demanda un prêtre. Mourir ?
- Je ne peux pas mourir, sourit Anéa, ce qui l'amusait un peu.
Astyan jeta un avertissement à Anéa car ce n'était pas le cas de tout le monde. Il se décala un peu, près de Daniel. Personne ne remarqua son déplacement. Daniel ressentit immédiatement le bouclier de protection d'Astyan. Il le remercia du regard. Astyan était prêt à les protéger.
- Vous pouvez mourir sous cette forme, temporairement. Il vous faudra du temps pour revenir, reprit le prêtre. Les choses ont changé.
- Je vois ça.
- Vous enfreignez vos lois aussi, remarqua le prêtre. Les vôtres… vous n'en ressortirez pas indemnes.
- Ces règles que vous avez bafouées. Nos règles s'appliquent aussi aux Oriis. Où sont vos maîtres ? demanda Anéa.
- Tuez-les, répondit l'autre prêtre en guise de réponse.
Anéa resplendissait. Les gardes firent feu. Daniel par reflexe se baissa pour se protéger. Les tirs traversèrent Anéa sans la toucher ou s'écrasèrent contre le bouclier d'Astyan. Ils ne subirent donc aucun dégât. Anéa regarda avec amusement les trous formés dans son torse, se refermer petit à petit. Les gardes s'arrêtèrent et se consultèrent du regard surpris par autant de résistance de la part d'Astyan et surpris que les tirs n'atteignent pas Anéa.
- Elle n'est pas réelle, comprit un des gardes, en un cri de désespoir.
Les prêtres comprirent aussi et commencèrent à reculer, plus sûre d'eux. De la peur se lisait sur leurs visages. Ils avaient compris leur erreur.
- Vous ne savez même pas qui je suis, en réalité, reprit Anéa calmement.
Elle semblait occuper toute la pièce.
- Elle vous a laissé dans l'ignorance, rit Anéa. Quelle lâcheté ?!
Elle parlait bien sûr de la fille de Vala. Puis sa voix se transforma et devint plus forte et plus puissante. Sa voix vibra dans chaque fibre de leur corps.
- JE SUIS ANEA, LA GUERRIERE, DERNIER PREMIER… et je suis LA Loi...
Son corps s'illumina et inonda la pièce. Daniel se protégea les yeux à cause de son intensité.
- Et je viens vous juger.
Puis la lumière disparut. Daniel rouvrit les yeux. Les prêtres avaient disparu. Ils n'en restaient que leurs vêtements éparpillés sur le sol. Leurs corps avaient disparu. Les gardes étaient à genoux et avaient déposé leurs armes. Puis ils s'évanouirent et leurs armes disparurent. Daniel regarda le tas de vêtements vides, stupéfait.
- Continuons, proposa Anéa.
Astyan la regarda, d'un air désapprobateur. Daniel alla tout de même vérifier le pouls des gardes. Ils étaient bien encore vivants. Anéa dû lire dans ses pensées.
- D'autres n'ont pas eu cette chance.
Elle parlait bien sûr des prêtres.
- On ne peut pas sauver tout le monde. C'était la principale erreur d'Angéla. Elle l'a appris à ses dépens.
- Où sont les machines ? intervint Astyan.
- Je… hésita Daniel, encore sous le choc.
Daniel regarda Anéa. Certains trous ne s'étaient pas encore refermés. On pouvait voir à travers.
- Ce n'est rien, le rassura Anéa, indifférente.
- Et ton énergie ?
Daniel ne voulait pas poursuivre si elle n'avait plus de pile.
- Intacte.
Daniel se releva et s'écarta du garde. Il alla épier dans le couloir. Personne n'avait été contacté ni averti. Aucun renfort n'était venu pour aider les prêtres.
« Jack. On est dans le vaisseau. On a … changé de plan »
…
Jack posa ses jumelles alors qu'il surveillait l'avancée de la tempête et jeta un regard inquiet à Teal'c.
« Daniel, on n'a pas de plan B »
Il surveillait l'avancée de l'orage. Celui-ci ne semblait pas naturel.
« Je sais Jack »
Teal'c et Jack s'échangèrent un regard. Devaient-ils intervenir ?
« Qu'est ce qui se passe ? Vous allez bien ? »
« Oui, Jack ».
Jack souffla.
« On a juste un contretemps …»
Jack pensa immédiatement à la capture.
« … Mais pas de grabuges. Nous sommes tombés sur deux prêtres… morts maintenant, enfin je suppose ».
« Suppose ? »
Jack était au bord de la crise. Seule bonne nouvelle, ils étaient encore libres de leur mouvement.
« Oui, ils ont tout simplement disparu ».
« Daniel, des corps ne disparaissent pas comme ça ».
« C'est Anéa…»
Qu'est-ce qu'elle avait encore fait ?
« Vous êtes compromis ? »
Jack ne voulait pas plus de précision sur le comment Anéa avait fait disparaître le corps des prêtres.
« Non, mais… »
« Suivez le plan alors »
« On ne peut pas. Si les corps sont trouvés… »
« Les corps de qui ? »
Il ne comprenait plus rien. Daniel venait de lui annoncer que les corps des prêtres avaient disparu. Jack regarda Teal'c, qui semblait être dans le même cas que lui.
« Des gardes ».
« Je croyais avoir entendu «pas de grabuges», Daniel ! » accusa Jack.
« Je sais ce que j'ai dit ».
Jack consulta Teal'c du regard.
« Vous avez besoin d'aide ? »
« Non ».
Ce non était catégorique. C'était Anéa. Cela ne rassura pas Jack. Pourtant sa voix avait été stable et posée. Il n'aimait pas l'idée qu'elle prenne les rênes de la mission tant qu'il ne connaissait pas son réel but.
« Bon » accorda Jack à contre cœur.
Il n'avait pas le choix de toute façon. Il était coincé avec Teal'c, dehors, loin d'eux. Et il allait bientôt pleuvoir. La tempête s'approchait et Jack devinait que la tempête avait un rapport avec l'humeur d'Anéa.
…
Daniel ouvrit son livre à nouveau après avoir rompu le contact avec Jack.
- Ce n'est pas le moment de lire, accusa Anéa.
Astyan la fit taire du regard.
- Depuis quand un Ancien est-il impatient ? remarqua Astyan, soucieux.
Il regarda avec insistance Anéa en attendant sa réponse. Daniel les ignora et repéra la page intéressante.
- C'est le plan, montra Daniel.
Il avait dessiné le plan du vaisseau de mémoire dans le livre pour le consulter en cas de besoin.
…
Astyan et Daniel attendaient devant une porte, innocemment.
- Vous êtes anxieux, remarqua Daniel à Astyan.
Pourtant ce dernier était immobile.
- Pas pour la mission, le rassura Astyan.
- Anéa ? comprit Daniel.
- Elle est… Différente. Trop éloignée des mœurs des Premiers. Je me demande si le mal dont elle est atteinte… N'a pas fait de dégâts.
- Elle prétend que le contact avec Angéla avait arrêté la progression de la maladie, ajouta Daniel.
- Et maintenant ?
Silence. Daniel comprenait son inquiétude. L'absence d'Angéla avait pu provoquer la progression de la maladie.
- Si elle a fusionné avec la personnalité d'Angéla. Cela a pu provoquer de profonds changements, réfléchit Daniel. Il a pu changer son comportement. Ils ont tout de même passé plus de deux ans ensemble. Angéla aussi a changé à son contact.
- Mais si elle a pris le mauvais côté de son hôte…
- Angéla n'est... n'était pas mauvaise, contredit Daniel.
- Tous les humains ont un côté obscur, coupa Astyan.
Daniel ne répondit pas. Astyan avait raison.
- Anéa avait accumulé beaucoup de noirceur dans son cœur avant de revenir. Si elle a encore absorbé des sentiments noirs d'Angéla, poursuivit Astyan dans sa réflexion.
Daniel réfléchit. Cette révélation pouvait changer la donne. Il examina le couloir dans ses pensées. Ils surveillaient un mur. Pourquoi ? Parce qu'Anéa était passée à travers il y a quelques minutes. Juste derrière, la salle des machines : leur objectif. Elle détournait le système de contrôle. Comment ? Il ne savait pas.
- Les Oriis sont aussi des Anciens qui se sont détournés…. Comment peuvent-ils enfreindre vos lois ? Vous avez supposé que c'était le retour des Titans mais comment ont-ils survécu ? Ils n'étaient pas immortels. Les Guerriers…
- Seule Anéa connaît la réponse, si elle la connaît.
Il frôla le mur.
- Elle a bientôt fini… Mais je ne suis pas sûr qu'elle veuille en parler. Raconter son passé douloureux…
- Sa sœur jumelle, comprit Daniel.
- Entre autre.
L'histoire des Titans et des Géants était complexe. Celle-ci avait démarré à cause d'une rancœur d'une sœur envers son aînée de quelques minutes. L'ainée allait vivre éternellement, pas la deuxième. La première avait le pouvoir, la puissance et l'amour de ses frères et sœurs avec qui les liens étaient puissants. Elle ne se sentirait jamais seule. La deuxième allait être diminuée et seule. Vivre à l'ombre de l'autre. La rancœur et la jalousie avait poussé comme une mauvaise herbe dans le cœur de la plus jeune. Elle s'était alliée avec les Descendants, ennemis jurés des Premiers. Des parfais soldats pouvant anéantir les Premiers car ils devenaient nombreux au cours des générations. Elle avait donc ses propres fidèles.
- Ainsi le mal a atteint le cœur d'Anéa. Le bien n'a-t-il pas pu atteindre celui de sa sœur ?
Astyan l'examina, ce qu'il disait n'était pas insensé.
- Possible mais comme chez Anéa, cette partie infime est bien enfouie…
- Sauf maintenant, finit Daniel.
- Je ne sais pas… Tuer ses prêtres ne lui ressemble pas, ni à Angéla. Mais j'aime croire qu'elle fait toujours ce qu'il lui semble le plus juste, conclut Astyan.
- Tu penses qu'elle peut déraper.
- Maintenant ? C'est certain. Elle est en colère, sourit Astyan. Plus tard, je n'espère par car personne ne pourra l'arrêter. Moi même, je commence à perdre le contrôle de moi-même. Tuer les prêtres j'aurai pu le faire.
- Maintenant ? répéta Daniel.
Son ton l'inquiétait car il semblait approuver. Daniel regarda sa montre. Il leur restait 5 minutes.
- Oui, soupira Astyan. Et j'en ai bien peur que je n'en serai pas étranger. Nous voulons montrer que les Oriis ne peuvent pas agir comme bon leur semble. Puis il y a … Angéla.
- La vengeance, souffla Daniel. Vous voulez vous venger.
- Oui, je pense que vous appeliez ça vengeance, admit Astyan. Nous, un avertissement.
- Alors nous avons un problème, soupira Daniel.
Car leur but n'était pas des plus nobles et ils pourraient être aveuglés par leur vengeance. Elle ne faisait pas partie du plan. Du plan B ? Peut-être.
- Des innocents vont mourir, remarqua Daniel.
- J'espère que non.
- Votre inquiétude… elle vient de là. Vous êtes inquiet au sujet de son jugement et qu'elle dérape définitivement, comprit Daniel.
- Je ne ferai pas le poids pour l'arrêter, ni même tout mon peuple réunit. Je…
Il s'interrompit. Anéa refit surface. Elle traversa le mur et enleva un pli imaginaire de sa robe. Elle souriait comme si elle avait joué un mauvais tour.
- Pile à l'heure, dit Daniel.
Anéa lui sourit.
- Oui, concéda Anéa fière d'elle. La suite ?
- Par ici, indiqua Daniel, qui avait eu le temps d'analyser le plan en son absence.
…
« Vous avez réussi ! »
Jack semblait étonné. Il observait les gardes patrouillant dans la forêt. Ces derniers semblaient perdus, de voir leur vaisseau s'envoler sans eux. Ils s'étaient regroupés ne sachant pas quoi faire. Jack n'y croyait pas, pourtant le vaisseau partait bien. Une lumière les entoura, lui et Teal'c.
…
Daniel lisait un livre de son bureau alors qu'Anéa entra. Il avait fini par s'habituer de la voir errer par-ci et par-là. Une semaine était passée. L'équipe SG1 avait caché le vaisseau Oriis. La Tauri ainsi que la Tokra avaient alors pu étudier la technologie des Oriis et rencontraient Anéa. Elle s'était fait un plaisir de les rencontrer et de les écouter. Sam avait eu ensuite l'idée d'utiliser le vaisseau pour la propagation de l'aura de l'arme. Elle voulait à tout prix éviter l'utilisation des deux planètes jumelles qui pourraient être compromises et trop proche pour son exploitation. Ils pourraient alors utiliser les super-Portes des Etoiles pour toucher tout l'univers. Jack pensait que c'était une mauvaise idée d'aller sur place directement dans le camp ennemi. Il avait adoré le premier plan : des deux planètes jumelles puis le plan avait déjà fonctionné contre les réplicateurs. Utiliser le vaisseau ennemi pourrait leur jouer de mauvais tour, si Anéa perdait le contrôle.
- C'est bientôt, intervint Anéa en regardant un objet.
- Je sais, soupira Daniel.
Lui aussi était excité. L'équipe SG1, enfin une partie devait embarquer sur le vaisseau Oriis pour se diriger vers une super-Porte et déclencher l'arme. Le voyage devait durer plusieurs jours. Ils devaient se faire le plus discret possible, avec plein de détours. C'était risqué car ils pourraient être repérés n'importe où mais ils devaient absolument s'approcher d'une grande porte pour mettre leur plan à exécution.
- Je parlais d'Angéla, corrigea Anéa.
Daniel la regarda, un peu perdu.
- Elle va être inhumée.
- Oui c'est la tradition familiale. Le corps reposera un an sous terre puis sera déposé dans une crypte. Le corps est resté plusieurs semaines à la vue des proches vivants…
- Puis elle rejoindra ses proches morts au bout d'un an, finit Anéa. Je sais, c'est si compliqué.
- Il y avait un risque pour que cela ne fonctionne pas, poursuivit Daniel comprenant à quoi elle pensait. Cela fait plusieurs semaines qu'on attend, sans nouvelle, sans aucun signe de changement.
- Oui, je sais. Il est peut-être trop tard maintenant d'espérer. Je voulais… Je pensais aller voir sa tombe, pour lui dire adieu.
Daniel posa son livre. Lui, il lui avait dit adieu le jour de l'enterrement durant la cérémonie. Il examina Anéa cherchant à comprendre ce qu'elle ressentait. Elle était encore pâle. Ils avaient tous pensé qu'elle commençait à disparaître ou qu'elle était souffrante. Mais non, elle était en excellente santé. Daniel n'avait pas pu imaginer qu'elle puisse être affectée par la mort d'Angéla.
- Peut-être… Je promets d'y réfléchir.
Anéa n'ajouta rien et baissa la tête. En fait, ses pensées étaient autres car elle savait que Daniel n'allait pas affronter la réalité en face. Alors elle décida de changer de stratégies et d'aller voir Mitchell. Ce dernier était avec Astyan, effectuant un combat amical. Teal'c les regardait avec humour, commentant leur duel comme un match de football américain. Elle s'installa à côté de lui. Mitchell la regarda du coin de l'œil. Il remarqua qu'elle avait l'air de s'ennuyer, après l'agitation lors de la mission "récupération vaisseau Oriis" et de ses rencontres avec la Tokra et les Jaffas.
- Castiel sera du voyage ? demanda Mitchell, reprenant la conversation.
- Oui avec Wellan, confirma Astyan. Ils seront avec moi. Seul Wellan sera capable de protéger Castiel avec un bouclier… Il y avait Uriel, les deux sont proches mais il ne fera pas le déplacement à cause de son âge puis Wellan ne veut pas rater l'occasion, c'est un moment important dans notre histoire commune.
Il changea de position et fit ainsi face à Anéa. Il avait senti que quelque chose la tracassait et voulait la sonder.
- Enfin, il ne ratera pas l'occasion de rencontrer un mythe, conclut Astyan.
Il fit un clin d'œil à Anéa.
- Nous serons capable de nous protéger, assura Anéa.
- Bien, approuva Mitchell.
Il attaqua. Astyan para facilement l'attaque. Il savait que les épaules de Mitchell étaient lourdes. C'était le poids de la culpabilité et de la mort de son amie qui lui pesait.
- J'aimerai faire… Quelque chose avant de partir, demanda Anéa avec hésitation.
- Vous doutez ? demanda Teal'c.
- Oh non, non. On va tous les écraser. J'aimerai juste… Elle a été enterrée.
Le combat s'arrêta brusquement. Les armes tombèrent au sol. Mitchell se retourna vers elle.
- Anéa, prévint Astyan dans un souffle. S'il te plaît…
Il lui intimait d'être prudente.
- Non, c'est bon, intervint Mitchell.
Teal'c surveilla de près la réaction de son ami.
- Laissez-nous seul, ordonna Mitchell.
Hésitant, ils sortirent tous. Seul Mitchell fixa Anéa. Il prit une serviette pour s'essuyer le visage et n'affronta pas encore le regard d'Anéa qui cherchait une réponse. Anéa ressentit de nombreuses émotions le submerger et ne put y mettre un nom.
- Que veux-tu ? finit par l'affronter Mitchell.
- Je sais que… se leva Anéa. Que la douleur est toujours là.
Elle posa une main sur le cœur de Mitchell.
- Cela remuera trop de souvenirs, de mauvais souvenirs, supplia Mitchell dans un souffle.
Il n'osait pas s'écarter.
- Non… Tu pourrais lui dire enfin ce que tu ressens, ce que tu n'as pas pu lui dire…
Mitchell reposa la serviette le dos raide, en y réfléchissant.
- Vous n'êtes plus que l'ombre de vous-même, toi et Daniel, ajouta Anéa, encouragée par le silence.
Mitchell avait le regard perdu.
- On s'en remettra, murmura Mitchell, plus à lui-même.
- Quand ? On a besoin d'être à 100% pour…
Il se retourna vivement vers elle.
- Tu as peur qu'on perde nos moyens là-bas ?
Anéa ne répondit pas. Elle s'écarta et alla ramasser l'arme.
- Prouves-le alors, proposa Anéa, alors qu'elle lui lança le deuxième avec son pouvoir.
Mitchell l'attrapa au vol immédiatement.
- Je ne crois pas que ce soit une bonne idée.
- Je suis une guerrière et je sais me battre avec une arme… Sans mes pouvoirs. Enfin j'ai appris aussi à me battre grâce à Angéla.
Mitchell l'observa puis baissa la tête d'acceptation.
- Désolé, marmonna Anéa.
Ainsi ils entamèrent un combat. Mitchell reconnut en effet la technique de combat d'Angéla. Ses pensées allaient toujours à elle. Le bâton adversaire le frappa dans le dos.
- Concentre-toi, conseilla Anéa. Ton esprit est ailleurs.
Même quand elle bougeait, il pouvait reconnaître les allures de son amie. Puis il tomba rudement au sol. Hébété, le souffle coupé, il regarda le plafond. Une main tendue l'invita à se relever. Sans y faire attention, il la prit. Ce contact était doux. Puis il se releva pour se retrouver nez à nez devant…
- Angéla, souffla Mitchell, stupéfait.
Etait-il tombé dans les pommes ? Il pensait rêver. Elle lui souriait. Ses yeux pétillaient de joie. Mitchell lui caressa la joue. Les larmes lui montèrent aux yeux.
- Que … ?
- Allez lève-toi fainéant.
Elle lui lança le bâton. Étourdi, Mitchell se remit en place. Angéla entama le combat sans le laisser le temps de réfléchir. Il admira Angéla et prit à nouveau de nombreux coups mais il s'en moquait. Elle était là devant lui. Puis ils en vinrent aux mains. Elle lui fit une balayette et ils se retrouvèrent tous les deux au sol. Angéla au-dessus de lui à califourchon. Il eut un temps mort. Il lui redressa les cheveux tout en restant dans cette position.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Angéla.
D'un coup de hanche, il renversa la situation.
- Rien, répondit Mitchell, ému.
Il l'admira et s'écarta voyant que la situation était gênante. Il l'aida à se relever. Mais elle se rua sur lui et lui chatouilla les côtes.
- Qu'est-ce qui te prends ? couina Mitchell.
Mitchell lui bloqua les mains et la coinça contre le mur. Rapide, elle se dégagea mais il tint bon et la plaqua contre le mur, en lui saisissant un bras au-dessus de sa tête. Sans hésitation, il l'embrassa longuement. Puis il s'écarta essoufflé. Ils se regardèrent puis à nouveau leurs lèvres se réunirent. Il la souleva pour la caler contre le mur. Elle l'enserra de ses jambes autour de sa taille.
…
Mitchell se tenait la tête, écroulé au sol.
- Je suis désolé, je n'aurai pas dû, s'excusa Anéa.
Elle était assise à ses côtés. Enfin c'était plutôt Angéla, son image. Elle redevint Anéa, juste devant lui. Les traits de ses amis disparurent.
- Je n'aurai pas dû me transf… J'aurai dû penser que cela pourrait te perturber. Je pensais te faire plaisir…
- Assez, souffla Mitchell d'un ton sec.
Son visage était torturé. Il avait été trop loin. Il avait laissé parler des sentiments longtemps enfouis. Elle posa une main sur son épaule pour le rassurer. Il se dégagea.
- Non. Ne fuis pas. Tu as assez fui. J'ai été une idiote de prendre la place d'Angéla mais tu ne peux plus te cacher non plus.
Mitchell se leva, blessé et en colère.
- En quoi as-tu le droit de décider si on doit souffrir ou non ?
- Elle est partie, hurla Anéa. Je m'en rends compte maintenant mais le reste existe !
Elle montra la salle, enfin plus loin la planète, ses amis…
Mitchell l'ignora et voulut partir.
- Non !
Soudain elle lui prit la main et il fut déséquilibré.
Une seconde plus tard, ils n'étaient plus à la base mais dans un cimetière.
- Mais à quoi tu joues ? lui cria Mitchell. C'est quoi ton problème ?
- J'essaye d'arranger les choses.
- Tu n'es pas elle !
Pourtant l'instant d'avant il l'avait embrassée pensant qu'elle était Angéla.
- Je sais, souffla Anéa.
- Alors arrête.
Il cherchait une issue. Mais où étaient-ils ?
- Je ne peux pas, répondit Anéa avec désarroi. Elle m'a marqué profondément… Elle a laissé une marque.
- Que veux-tu dire ? se retourna Mitchell, vivement.
- Elle m'a changé ! Je suis meilleure grâce à elle…
- Il n'y a pas plus bons que des anciens ! Elle n'était pas parfaite !
- A vos yeux, si ! Elle faisait toujours ce qui était juste et pris toujours les bonnes décisions pour ses proches.
- Non, Anéa. Elle n'a pas toujours pris la bonne décision : elle a décidé de mourir, lui rappela Mitchell.
- C'est son choix. C'est une mauvaise décision de ton point de vue mais elle a toujours pesé le pour et le contre comme quand elle a tué pour te délivrer, pour te sauver la vie… Cela lui a coûté mais elle la fait.
- Que veux-tu dire ? répéta Mitchell.
- Elle souffrait, elle souffrait à chaque fois qu'une vie était prise, qu'elle prenait une vie…
- Je ne savais pas… Que faisons-nous là ?
Anéa se retourna et déblaya une pierre.
C'était l'automne. Les feuilles commençaient à envahir le paysage. Il faisait beaucoup plus froid qu'aux USA. Ils n'étaient pas sur le vieux continent.
-En France, précisa Anéa.
Mitchell retint son souffle et remarqua la tombe.
Anéa continua à nettoyer la tombe et dégagea les inscriptions. Elle souleva une poignée de terre. Elle était fraîche. Ils purent alors lire :
Ci-gît,
un enfant, une amie, une amante, un ange
Le Général Dana-Angéla-Kathleen Ambroisieur Calling
Semper Fi.
Mitchell tomba à genoux, près de la stèle.
- Tu peux lui parler. Elle le faisait souvent avec ses parents.
Elle montra la tombe d'à côté. Mitchell suivit son regard et lut :
Amelia d'Ambroisieur et Peter d'Ambroisieur
morts le 5 mars 1992.
A mes parents, je vous aime.
- Ses parents, chuchota Mitchell.
- Elle venait souvent ici leur parler. Cela doit bien signifier quelque chose, poursuivit Anéa.
- Je ne peux pas…
Elle posa une main rassurante sur son épaule.
- Et là ?
Son visage devint celui d'Angéla. Avec horreur, sous ses yeux, il la vit devenir Angéla.
- Arrête.
Il essaya de se relever. Anéa revint elle-même et comprit qu'elle devait le laisser seule. Mitchell prit de la terre aussi dans sa main et le laissa glisser comme si c'était du sable qui décomptait le temps. Le temps qui allait les séparer Angéla et lui à jamais. Elle était fraîche, Angéla avait été enterrée récemment. Il aurait voulu que ce temps s'arrête à jamais, figé.
…
Mais que faisiez-vous, bordel ? cria Jack alors qu'Anéa et Mitchell rejoignirent le reste de l'équipe, déjà prête.
- On a fait un petit détour en France, expliqua Anéa.
Daniel arrêta ses préparatifs.
- En France, répéta Jack. Elle plaisante là !
Anéa passa la Porte en première ignorant la remarque. Astyan s'approcha de lui.
- Non, je ne crois pas, dit Astyan, soucieux.
C'était le jour J, le premier jour de leur mission. Ils devaient prendre le vaisseau Oriis pour se diriger vers une super-Porte. Ils avaient changé de nombreuses fois de plan, au grand désarroi de Jack. Ils avaient ainsi retardé l'utilisation de l'arme contre les prêtres et les Oriis. Jack espérait que la Tokra n'allait pas encore retarder la mission. Elle l'avait déjà beaucoup retardé en vérifiant tous les détails du plan avec Sam. Il ne les blâmait pas mais il n'aimait pas attendre sans rien faire et l'attente était un risque de plus. Un risque que les Oriis ne les arrêtent. Puis il avait une partie de pêche et une bière programmées et qui l'attendaient. Ainsi, l'équipe SG1 au grand complet passa la Porte des Etoiles. Dans quelques heures, ils allaient entamer leur voyage, leur mission : Faire tout exploser. Jack sourit, tout ce qu'il aimait.
Fin du chapitre.
A bientôt !
Tableau de bord :
Chapitre suivant : La mort est si proche (début aout)
