Bonsoir Je reviens sur cette histoire après une longue absence. Je ne savais pas trop où j'allais au début avec, mais maintenant, les chose se sont un peu éclairci, et comme je n'aime pas laissé de travaux inachevés derrière moi... ^^ Voilà en espérant que vous apprécierez (même si les choses sérieuses, le foot US, et d'autres surprises, sont encore à quelques chapitres d'arriver)

Aucun personnage de cette histoire ne m'appartiens, sauf Asha, Zack et tous ceux à venir qui ne sont pas l'oeuvre de Riichirō Inagaki et Yusuke Murata.

Enjoy.


Le vent fait voleter ses longues et sombres dreads. Sur une moto de grosse cylindrée –sans doute volée- il fend la file sans fin de voitures qui se forme dans le centre ville. Sans permis de conduire. Sans casque. Sans protection. Mais pour quoi faire ? Il n'en a pas besoin. Avec ses réflexes surhumains, il se pense l'égal d'un dieu. L'est-il vraiment ? Là n'est pas la question. Même les dieux ont leurs instants de faiblesses. Et en cet instant, alors qu'il slalome entre le bruit des klaxons colériques et les vociférations des conducteurs qui croisaient sa route, le dragon de Saikyou est distrait. Profondément troublé. Et ses réflexes, en pâtissant, quoi qu'il puisse en penser.

Pour illustrer cela, sans crier gare, une voiture déboule d'une ruelle et lui coupe la route. Le temps que l'information parvienne au cerveau d'un être lambda, l'accident serait inévitable. Mais pour Agon, esquiver la bagnole et continuer son chemin ne serait qu'une simple formalité. En temps normal. Car ce n'est qu'avec une chance insolente, qu'il parvient à garder le contrôle de son engin, et dérapant, à s'arrêter juste quelque centimètre avant de percuter la carrosserie.

Pitoyable. Il aurait put l'éviter.

Alors que le chauffeur du véhicule sort pour l'engueuler, avant de se raviser en voyant le visage particulièrement sombre du joueur de Saikyou, celui-ci ne réagit pas. Il n'empoigne pas l'homme par le col pour lui intimer de ferme sa gueule et de passer son chemin. Non. Il redémarre simplement et fait comme si absolument rien ne s'est passé. Et pourtant, il y a bien quelque chose qui le chiffonne intérieurement. Une question tourne en boucle dans sa tête.

Pourquoi ?

Qu'est-ce qui lui arrivait…

Ce matin-là, il avait délaissé dans ses draps froissé par une nuit agitée, une énième beauté alanguie. Enfilant avec nonchalance ses vêtements de la veille, il avait quitté les lieux sans un mot. Il devait rejoindre Ikkyu. Mais il n'était jamais arrivé au point de rendez-vous. Il l'avait vu. Sur le chemin, alors qu'il passait devant un magasin vendant des téléviseurs et d'autres appareils audiovisuels, il avait croisé son regard.

Au départ, il ne l'avait pas reconnu. Elle avait grandi et ses traits avaient gagné en maturité. Et ses yeux…Ils ne lui avaient jamais parus aussi durs, et froids, malgré l'air affable qu'ils voulaient se donner. Son nom ? Il le chercha dans sa mémoire, mais n'eut guère à fouiller. Il l'avait prononcé tant de fois que celui-ci lui vint aux lèvres dans un murmure.

Asha. Asha Tokugawa.

Revoir son visage après tant d'années lui avait fait l'effet d'une claque. Pas forcément violente, mais lui laissant encore un gout amer en bouche. Il aurait dut s'en foutre. Il n'y parvenait pas. Il avait senti monter en lui autant d'émotions puissantes que contradictoire, mais une d'entre elles, primait sur les autres. La colère. Il était alors entré dans le magasin. Sa voix vint pénétrer ses oreilles. Chaude et grave, mais si féminine. Il ne savait plus s'il aimait ou détestait cette voix. Il demanda à hausser le son.

C'était une émission sportive, passant à une heure de faible écoute, mais dans un des média les plus regardé. Sur le plateau, Agon reconnu les deux interviewer. Il avait déjà eu l'occasion de les croiser. Shigeru et Kumabukuro-san. Toutefois leur présence lui était insignifiante à coté de celle qu'ils étaient en train de questionner innocemment.

-Mais…racontez-nous Asha-sama, avant de vous envoler pour les Etats-Unis, vous avez eu une vie au Japon. Des amis sans doute ? Pouvez-vous nous en parler ?

Le caméraman cadra alors sur le visage métissé de la jeune femme invitée sur le plateau. Ses traits, charmant mélange d'Afrique et d'Asie, se murent en une moue désolée.

-C'était i ans. Je ne garde pas assez de souvenir de cette période pour en parler. Pour tout vous dire, je ne me rappelle même pas de la rue où nous résidions avec ma mère.

Menteuse ! Menteuse. Sale menteuse. Ce mot, martelé dans tous les coins et recoins de son cerveau à lui en faire mal au crâne, il aurait voulu le lui cracher à la figure. Elle ne pouvait pas les avoir oubliés. S'il ne l'avait pas oublié, elle n'avait pas le droit de le faire. Il bouillonnait tout doucement, silencieux. A coté de lui, un petit groupe d'adolescents rieurs s'était arrêté.

-Hey regardez ! C'est quoi ce truc à la télé ! Je n'ai jamais vu ça !

Il ignora un temps les rires gras et idiots.

-Ah je sais ce que c'est. Une bâtarde.

Il tiqua. Ce mot. Il ne pouvait pas laisser passer cela il s'était toujours battu lorsqu'on utilisait ce mot pour la qualifier. Aujourd'hui ne ferait pas exception. N'est-ce pas ? N'est-ce pas...

Pourtant, il avait tourné les talons et s'en était allé. Il n'avait jamais laissé passer une occasion de se battre. Mais là, inexplicablement, l'envie lui manquait. Ce n'était pas normal. Il était en colère, mais pas assez. Pas encore. Il avait soif, mais pas de combats. Il avait soif de réponses. Un sentiment trouble avait jeté un voile opaque sur son esprit, et il devait s'en défaire. Ce n'était pas lui, ça. Il n'avait pas le temps pour s'encombrer d'états d'âme. Il était brutal. Il était inconséquent. Calculateur. Arrogant. Un être sans hésitations.

Mais son putain de sourire lui revint en mémoire, et menaça de le perturber à nouveau, dérangeant ses certitudes. Oui il devait se débarrasser de ce trouble, et vite…Pour ça, il ne connaissait pas dix milles solutions…Il avait besoin d'une fille et d'un pack de bière.

oOoOoOoOoOoOo

L'interview est finie. Dans un infime soupir de soulagement, elle quitte le plateau d'un pas vif. Vivement qu'elle sorte d'ici. Tout s'est bien passé mais tout de même…elle se sentira mieux une fois partie. Loin des caméras, des maquilleuses et des éclairages. En dehors de la plateforme où s'est déroulé l'interview l'attend Zachary. Son Zack. Elle s'avance vers lui, mais quelque chose retient son entrain. Quelque chose dans son attitude, dans sa posture. Elle croirait voir quelqu'un qui a quelque chose à se reprocher. Ou bougonne-t-il ? Est-il fâché ? Avant elle aurait put affirmer avec certitude l'une de ces possibilités. Aujourd'hui, elle ne sait pas. Elle ne sait plus le lire. Un pincement au cœur l'étreint.

-Alors, satisfaite ? lui demande Zack en lui passant un bras amical autour de ses épaules, alors qu'ils s'apprêtent à quitter le plateau.

Le ton se veut jovial, mais la joie n'y est pas. Ni la moquerie d'ailleurs. Mais peut-être un peu de lassitude ou d'exaspération. Elle ne saurait le dire.

- Jamais, tu le sais bien…

Avec une petite moue, Asha s'appuie contre le torse de son ami. Celui-ci se permet un petit rire, devant cette réponse à double sens et dépose alors un baiser sur son front.

-Et maintenant ?

Bonne question. Elle aimerait qu'il lui propose une sortie au restaurant, une promenade, un moment de détente à deux. Ce serait bien. Un regard. Un sourire de connivence. La tension entre eux semble retomber. Dans le hall d'entrée de l'immeuble, inconscients de l'œil bleu azur qui les regarde, les deux jeunes gens retrouvent un air de complicité. Ils le traverse, bras-dessus dessous, faisant de nombreux plans pour animer la fin d'une journée qui avait commencé sur les chapeaux de roue. Ils commencent à rigoler, au souvenir d'une soirée arrosée ayant fini en cacahuète dans un bar de strip-tease à Los Angeles, quand l'arrivée en trombe d'une voiture noire, et la voie grave et autoritaire d'un homme, vient les interrompre brusquement.

Un homme ? Non en faite deux…ou cinq. Oui cinq. Cinq hommes, vêtus de costumes cravates sombres, ayant tout d'agent de sécurités, leur barrent la route. Ils les encerclent pour être plus précis. Finis les rires. Asha et Zack, sans se regarder parviennent à se communiquer leur angoisse naissante, par la seule tension de leurs membres. Quel est le problème ? Que se passe-t-il Ils n'ont rien fait…ou du moins, pas encore.

-Asha Tokugawa ?

Confuse, la jeune femme répond à l'affirmative.

-Vous êtes ?

L'homme, lui, ne répond rien, se contentant de la dévisager.

-Votre oncle souhaite s'entretenir avec vous. Il nous a chargés de vous conduire à lui.

Et c'est comme si le ciel lui tombe sur la tête. Déjà ? Elle vient à peine d'arriver. Que veut-il ? Que sait-il ? Milles questions se bousculent dans sa tête alors qu'elle saisit du coin de l'œil le regard sombre de Zachary. Il ne pourra pas la suivre. Il le sait. Et cela le met d'avance hors de lui. Elle-même préférerait l'avoir à ses cotés pour faire face à ce personnage si ambigüe qu'est son oncle. A-t-elle peur de lui ? Non pas vraiment. Mais il ne prend jamais de pincettes et fait parfois bien des dégâts en exprimant le fond de sa pensée.

-Et si je refuse ? Ose-t-elle dans un –stupide sans doute- sursaut d'audace et de défi.

L'atmosphère, jusqu'alors relativement détendue, se crispe d'un coup.

-Il ne vous laisse pas le choix.

Sans crier gare, deux hommes la saisisse et l'entraînent vers la voiture noire garée à proximité. Une main ferme plaquée sur sa bouche l'empêchant de crier, une sur sa nuque la forçant à avancer, un bras enserrant dans un étau de fer son torse elle se retrouve en deux claquements de doigts assise sur un fauteuil en cuir noir, à l'arrière d'une berline au luxe presque indécent. Elle n'a rien put faire. Elle se faite embarquée comme une enfant récalcitrante, et personne ne viendra la chercher. Du coin de l'œil, à travers la vitre teintée du véhicule, elle voit impuissante, son ami se faire maîtriser calmement par les trois hommes restés en arrière. Mis en respect par ce qui lui apparait être un tazer, le jeune homme joue l'apaisement en levant les mains, mais Asha sait qu'au fond le lui, il brûle de rage. Tapant sur la vitre pour attirer son attention, elle lui fait signe de laisser courir, qu'elle l'appellera. Elle a tout juste le temps de lui mimer un baiser que la voiture démarre, la séparant de son unique protecteur dans cette fosse au serpent que lui inspire Tokyo.


Au mois prochains! ^^ N'hésitez pas à dire ce que vous en pensez, ce que vous voyez, ou même ce que vous aimeriez voir arriver par le suite (quand ce sera un peu plus avancé)