Hellow. Nouveau chapitre. Le Foot Us devrait arriver bientôt, mais déjà un démon veille. x) Enjoy.

Dsclaimer: Rien ne m'appartiens sauf Asha et les personnages qui lui sont affiliés.


Assis nonchalamment sur un planché de bois verni, profitant des dernières lueurs du jour, un homme fume sa pipe. Contemplatif, son regard est fixé sur l'eau de son étang. A quoi pense-t-il ? Nul ne le sait jamais. Dans son jardin, il n'y a aucun bruit. Seul un silence apaisant…ou inquiétant… selon les points de vus. Son visage caché derrière sa longue chevelure noire, est sans âge. Des yeux d'un gris sombre comme un orage de Mai et perçants comme deux poignards, des sourcils broussailleux, un nez d'aigle et un bouc finement taillé, il y a quelque chose de sauvage dans ses traits.

Dans un kimono blanc, l'on pourrait croire à un vieux rônin, profitant d'un moment de repos après un long voyage ou un âpre combat. Peut-être est-ce le cas. Mais soudainement, il dépose sa pipe, se lève, s'étire, puis s'en va. Il a rendez-vous. Elle sera là dans peu de temps. Et il veut la voir. Il a une chose importante à lui dire. Cela va bientôt faire 6 ans qu'il n'a pas croisé ses yeux. Elle avait les mêmes.

A travers les allées de sa maison, immense à en juger par le chemin qu'il parcourt, il se souvient. Il entend de nouveau des voix d'enfants se répercuter en écho dans sa mémoire. La blessure ne semble pas vouloir se refermer. Alors il en refait le bandage.

Arrivé dans un bureau dépouillé de tout effets personnel, il s'installe dans le fauteuil principal, laissant la simple chaise d'en face à celle qu'il a ici convoqué. Le temps passe. Il compte. Il s'impatiente. Silencieusement. Puis des pas se font entendre. Il tend l'oreille. Les foulées sont longues mais souples. Il n'y a aucune timidité dans ce pas…peut-être de la colère. L'on toque deux coups.

-Entre.

Le glissement de la porte, lui parvint comme un son lointain, alors que pour la première fois depuis de trop nombreuses années, son regard se pose sur elle. Son esprit lui murmure son nom et le renvoi à des souvenirs lointains. Il reste un moment frappé de mutisme. Elle reste figée à l'entrée. Il la dévisage. Son corps n'est plus celui d'une enfant, son visage en a perdu les rondeurs. Elle a grandi. Et c'est du haut d'un bon mètre soixante dix qu'elle le dévisage désormais. Alors qu'avant, même assis, il la regardait toujours de haut.

-Assied-toi.

Il maitrise sa voix avec une poigne de fer, et ses pensées les plus intimes sont indécelables alors qu'il contemple la dureté qui s'affiche sur les traits de la femme-enfant qui s'assoit devant lui. Elle aimait vraiment son père. Pas lui. Dommage. Il ne se réjouit pas de sa mort, mais il ne va pas le pleurer. Cet imbécile lui avait pris sa sœur. Il l'avait pourtant averti de ce qui pourrait leur arriver. Il se rappellerait éternellement de ce jour. Ce jour maudit. Mais l'homme n'avait rien écouté. Et tout était allé de mal en pis. Jusqu'à ce qu'il rende son dernier souffle.

-Mes condoléances pour ton père. Je ne l'aimais pas, mais mourir à son âge, est une chose triste.

Elle reste immobile, et ne dit rien, mais derrière ses yeux passe un voile sombre de tristesse.

-Comment-vas-tu ?

Il pose la question par simple courtoisie, mais ne recherche pas particulièrement une réponse sincère. Il sait qu'elle restera muette jusqu'à ce qu'il remue fermement le couteau dans la plaie encore sanguinolente. Elle n'a jamais été du genre bavard. Et elle ne lui fait plus confiance.

-Ton voyage s'est-il bien déroulé ? J'ai cru comprendre que tu n'étais pas revenue seule…

Elle tique, mais ne dit toujours rien.

-Vas-tu rendre visite à ta mère ?

Elle se trémousse sur sa chaise, regarde ailleurs, mais garde le silence. Bien que son visage se rembrunisse.

-Tu lui as surement manqué, vous ne devriez pas rester fâchées toutes les deux…

-Qu'est-ce que vous voulez oncle Ieyasu ?

La question a claqué comme un fouet. Il esquisse un sourire. Elle a la même façon de s'emporter que sa soeur. C'est d'ailleurs pour cela que mère et fille ne peuvent rester ensemble sans se sauter à la gorge.

-Je t'ai vu à la télé tout à l'heure, moi qui pensais que tu étais une fille de l'ombre, j'en ai été tout retourné.

Il semble plaisanter, mais est mortellement sérieux.

- Je sais ce que tu as l'intention de faire Asha.

Elle tressaille. Puis darde sur lui un regard méfiant. Il a à présent toute son attention. Elle le fixe de ses prunelles noires et brulantes. Elle conserve un certain calme, mais au petit pli qui se forme au coin de ses lèvres, il sait qu'il l'agace. C'est amusant. Elle garde encore ce vieux réflexe d'enfance.

-Vraiment ? Alors pourquoi me faire venir ici ? Pourquoi ne pas me dénoncer tout de suite à Hirotada, comme à votre habitude ! siffle-t-elle.

Il ne le montre pas, mais elle le blesse en disant cela. Il ne l'a jamais dénoncé. On a voulu nuire à la relation qu'ils entretenaient. Et cela a marché. Il la regarde s'emporter, son sourire fané, finissant de s'étioler sur ses lèvres. Après toutes ces années, elle a encore tant de colère à son égard. Il ne doute pas qu'elle lui en veuille. Mais elle ne comprend pas qu'il n'est pas responsable de tous ses malheurs. Dommage.

-Tu sais pertinemment que je ne dirais rien à personne. Si je t'ai fait venir, c'est pour te mettre en garde.

Elle se lève brusquement et le dévisage d'un air courroucé.

-Je vous remercie mon oncle, mais le dernier conseil que vous m'avez donné m'a fait perdre mes meilleurs amis. Alors je me passerais de vos bonnes paroles. Aujourd'hui, je sais parfaitement ce que je fais.

Il sent la lame remuer dans la plaie. Il reste calme et tourne encore un peu le couteau dans la chair à vif. C'est pour son bien.

-Asha… tu ne sais rien.

Elle a les poings serrés, le visage durci par une colère froide qui ne demande qu'à s'embraser. Elle ne supporte pas le ton supérieur, plein de pitié qu'il prend en s'adressant à elle. Elle n'est plus une enfant aimerait-elle lui rétorquer. Mais il est toujours son oncle. L'oncle qui venait les voir elle et sa mère à la maison. Qui lui apportait toujours une cadeau à son anniversaire. L'oncle qui lui a appris presque tout ce qu'elle sait. L'once qui l'a toujours protégé dans l'ombre. Mais aussi l'oncle qui l'a finalement trahie. Alors que doit-elle faire ? L'aimer ou le détester. Elle ne sait pas, et ça la fout en rogne. D'autant plus, que lui ne semble absolument pas rongé par le remord ou pris d'une once de sympathie envers ses souffrances. En apparence…

-Assied-toi, je te prie. Je n'ai pas fini.

Malgré elle, la jeune femme s'exécute sous l'autorité qui se dégage de la voix son oncle. Les bras croisés contre son torse, le regard sombre scrutant ses genoux, elle se mure à nouveau dans le silence. Il la regarde longuement. Puis soupir.

-Ton plan n'aboutira nulle part.

Il fait face à un visage fermé.

-C'est vous qui le dites. Réplique-t-elle

Il ne le dit pas, il le sait. On ne défit pas impunément Tokugawa Hirotada. Les vestiges de toutes ses désobéissances sont gravés dans sa chair, ancrées dans son esprit. Et il ne souhaite pas la voir souffrir comme lui a souffert.

-Ne sous-estime pas ton grand-père…et ce qu'il est capable de faire à sa propre famille. lui souffle-t-il alors.

Elle veut répliquer quelque chose…mais se ravise et se tait. Elle est en colère, mais pas idiote au point d'ignorer l'avertissement présent dans ces mots. Ieyasu est le fils ainé de Hirotada, son grand-père, le patriarche du clan Tokugawa. L'ainé d'une fratrie de trois enfants légitimes, les autres, nés de maitresses et autres concubines. Deux garçons, une fille. Sa mère étant la cadette. Et lui, le préféré de son père. Son héritier. Enfin…plus maintenant. Ieyasu n'a jamais véritablement révélé à la jeune femme les raisons pour lesquelles il a été renié. Elle sait seulement que c'est une histoire douloureuse et taboue qui a connue une fin aigre-douce. Qu'a-t-il fait ? Elle l'ignore. Mais si lui, le fils ainé, l'héritier, a subi le sadisme du vieil homme, ce n'est pas elle qui en sera épargné. Peut-elle devrait elle prendre le temps d'écouter ce qu'il a à dire ?

Ravalant une partie de sa fierté, de ses reproches et de sa rancune, elle se rassoit. Mais les mots peinent à sortir.

-Je veux…Je veux qu'il présente des excuses. Qu'il demande pardon pour tout ce qu'il nous a fait subir à ma mère, à mon père, à moi-même et à mes amis. A tout le monde.

Un rire, semblable à un aboiement éclate dans la pièce. Elle est un moment décontenancée, puis de nouveau en colère. De quoi se moque-t-il ?! De qui ? Il n'avait pas le droit de rire !

-Arrêtez ! Arrêtez ça tout de suite ! Il n'y a rien de drôle !

- Ah ah ah…douce enfant. Ton grand-père, ne s'excuse jamais.

-Il le fera !

-Oh que non. Il préférerait mourir…

-Je le forcerais !

-…ou te tuer, plutôt que de s'excuser.

Silence. A cause de la déclaration d'Ieyasu, un lourd silence est tombé sur eux telle une chape de plomb. Ils se regardent désormais droit dans les yeux. Il se confronte, se jauge, tente d'affirmer leur positions. Asha est persuadé de réussir, et son oncle, lui, est convaincu d'avoir raison. Mais finalement c'est elle qui baisse les yeux devant l'acier présent dans ceux de son oncle. C'est ainsi que la persuasion se couche face à la logique du convaincu. Elle ne l'admettra pas oralement, mais elle n'a aucune véritable certitude de ce qu'elle avance. Elle est venue avec un plan en tête. Pour faire plier son grand père. Le mettre à genou. Cependant elle doit admettre ne pas le connaitre comme son oncle. Ça lui fait chier. Elle ne le peut pas le laisser croire qu'elle est encore la petite fille qu'il peut manipuler à sa guise ! La petite fille qu'il peut faire rêver pour ensuite détruire tous ses espoirs.

-Je sais ce que tu ressens…ne pense pas que je n'ai pas déjà essayé. Mais toute rébellion est vouée à l'échec contre lui. Tu le sais bien. Avec tes amis, tu as déjà essayé, ça n'a pas marché. Sans mon intervention…

-Ta trahison plutôt…siffle Asha entre ses dents serrées.

Elle voit le visage de son oncle s'affaisser légèrement, et une pointe de culpabilité l'étreint malgré sa rancune. Elle le sait au fond d'elle-même, qu'il n'a pas eu le choix, mais elle préfère lui en vouloir. C'est plus facile que d'accepter qu'il faut parfois composer avec le mal incarné pour survivre. Elle voit encore bien des choses de façon manichéenne. Le temps viendra lui apporter les nuances nécessaires. Après tout, elle n'a que 21 ans.

-…Ne sois pas stupide. Cette fois, je ne pourrais absolument rien faire si tu es en difficulté. Et si tu continue sur ta lancée, tu le seras plus tôt que tu ne le pense. Dit toi que si je suis parvenu à comprendre tes intentions, lui, ne maquera pas de te voir venir.

Asha pousse alors un grand soupir mêlant désespoir et exaspération. Elle a l'impression de se revoir 6 ans plus tôt. A vouloir fomenter une vengeance contre son grand père, sans avoir la moindre idée de comment s'y prendre. Heureusement que Yoichi était là à cette époque. Hiruma…elle se demande vaguement ce qu'il devient. Enfin…pour une fois qu'elle pensait accomplir quelque chose seule, elle se rend compte qu'elle a toujours besoin de quelqu'un….sans pour autant parvenir à ses fins, s'en est rageant.

-Alors que proposes-tu Ô grand oncle Ieyasu ? Ironise-t-elle, piteusement.

L'homme s'enfonce lentement dans son fauteuil, l'air las.

-Pour le moment, rien. Je n'avais que cet avertissement à te donner. Continue tes études ! Protège-toi, protège ton ami, et ne fais rien de stupide. Et si jamais pas malheur une idée brillante te viens, kami nous en préserve, parle m'en!

Avec un rictus amer, elle lui rétorque.

-Oh…me voilà bien avancée.

oOoOoOoOoOoOo

Cela va faire trois heures qu'elle est partie avec ces types. Trois heure qu'il est impuissant, dans leur chambre d'hôtel, à se ronger les ongles jusqu'au sang. Toujours plus inquiet pour celle qu'il doit protéger. Il ne sait rien de cet oncle dont les gorilles avaient parlé, mais Ash' l'a toujours avertit de ne rien tenter de stupide si un jour des hommes en noir venaient la chercher. Il s'y est toujours préparé, ne s'attendait à ce que cela arrive si tôt. Il a été pris de court.

-Merde !

Cela va faire dix fois qu'il essaye de la joindre sur son portable, rien. Si il avait des compétences informatiques, il pourrait savoir où elle se trouve grâce à la puce de son téléphone…mais il a toujours préférence la médecine à la robotique. L'humain avant la machine.

-Fait chier

Qu'est-ce que cet oncle peut bien lui dire qui prenne autant de temps. Il fait les cent pas dans la chambre, s'assoie, se lève, se jette sur le lit, se relève. Il passe anxieusement une main dans sa tignasse sombre, quand on toque à la porte. Il accourt et l'ouvre à la volée. Il se fige. Devant lui, une Asha, l'air fatiguée, mais bien vivante lui fait un pauvre sourire. Son cœur fait un bond dans sa poitrine et se met à cavaler. Il lui attrape le bras, l'attire vers lui, puis referme la porte.

Il est à bout, elle le sens au premier coup d'œil qu'elle lui jette. Mais elle a à peine le temps de le rassurer, que son visage est pris en coupe dans des mains chaudes et ses lèvres, prisonnière d'un baiser fiévreux. Ce n'est qu'à bout de souffle qu'il la libère, le regard assombri.

-Je vais bien Zack. Tout va bien, il ne m'est rien arrivé.

Son doux murmure ne semble pas le calmer tout de suite. Il déglutit.

-Ne me refais jamais un coup pareil ! J'étais si inquiet.

Elle lui caresse le visage, puis se blottit dans ses bras. Il est tard. Elle n'a pas vu le temps passer là-bas. Et le trajet, du manoir de son oncle à sa chambre d'hôtel, a été long, assiégées dans son esprit par des souvenirs qu'elle aurait préféré oublier. Elle n'aspire désormais qu'à une seule chose. Dormir. Oublier l'espace d'un instant à quel point ses lendemains seront compliqués. Mais son amant a encore des questions qui exigent des réponses.

-Que voulait-il ?

-Prendre de mes nouvelles, me donne des conseils sur les différentes universités du pays, savoir quel sport je pratiquerais cette année…Rien de bien intéressant.

Elle ne ment pas vraiment n'est-ce pas ?

-Il ne pouvait pas simplement t'inviter à boire le thé pour en discuter ou quelque chose du genre ? Avait-il besoin de t'envoyer ses gorilles pour t'embarquer sans plus d'explications ?

Elle hausse les épaules, vaguement désinvolte, évitant son regard alors qu'elle lui répond :

-J'y peux rien, c'est mon oncle. Il est bizarre.

-Hmmm si tu le dis…

Il ne la croit pas vraiment. Mais il n'ira pas chercher plus loin. Pas ce soir. Il la sent fatiguée, mais également tendue. Elle lui cache quelque chose. Ses plans, cette discussion avec son oncle. Il n'en saura pas plus. Et il ne se sent pas le droit d'en exiger plus d'elle quand lui-même, n'est pas au clair avec ses secrets.

Aussi, c'est sans un mot, qu'Asha se sépare de lui pour s'éclipser dans la salle de bain. Il se traine alors piteusement vers le l'immense lit à deux place présent dans la suite et s'y affale. Quelques mèches brunes lui retombent sur le visage. Il tente de se détendre. En vain. A côté de lui, il entraperçoit, le sac d'Asha. Elle l'a balancé là en allant à la douche. Il tourne son visage vers lui et l'observe. Il pourrait…y jeter un coup d'oeil. La tentation est forte. De savoir ce qu'il y a dedans. De prendre son portable et d'y chercher des réponses. Sa main se tend, doucement, lentement…puis se ravise. Il ne peut pas faire ça. Ce n'est pas honnête. Et puis de toute façon, elle finirait par découvrir qu'il a fouillé dans son téléphone. Il se morigène vertement, quand dans le sac, le téléphone en question vibre. Il se crispe. Non, il ne doit pas. Non, ce n'est pas bien ! E

Et pourtant avec un surprenante vivacité, après avoir vérifié rapidement que sa bien-aimé était toujours à la douche, il s'empare du sac et plonge la main dans son ventre pour en tirer l'objet convoité. Il déglutit. De la sueur, inexplicablement lui coule sur le visage alors qu'il débloque le téléphone sans trop de difficulté, le code composé uniquement de chiffre, étant la date de leur première rencontre. Il s'en souvient encore.

Le téléphone ouvert, il a un instant d'hésitation, mais finit par ouvrir le message qui s'affiche sur l'écran d'accueil. Ses yeux parcourent fébrilement les kanjis affichés, puis soudainement, un rire nerveux le secoue. Il remet le téléphone dans le sac, le referme, et le remet –plus ou moins- exactement à sa place.

Ce n'était qu'un canular. Un faux numéro. Le message ? « Rejoins le club de football Américain des IronBats de Saykkyou! Ou je viens personnellement te butter ! Yahaaaaa » Avec en fichier joint un calendrier de sélection, et la photo d'un guignol blond aux yeux bleu dont le sourire allait d'une oreille à l'autre, avec en main un fusil d'assaut. Quelle blague.

-Je deviens vraiment cinglé…


Et ce n'est que le début. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez jusqu'ici, ça me permet d'avoir du recule. A la prochaine update.