Hey ! J'espère que vous allez bien? Me revoilà pour vous poster enfin ce 3ème chapitre. J'espère qu'il vous plaira, en tout cas il est centré sur Derek. Par contre il ne se passe encore rien de très palpitant, mais il faut savoir que les trois premiers chapitres de cette fanfic sont avant tout là pour présenter chaque personnage à part, dans son cadre propre. Je vais commencer à tisser des liens entre les personnages à partir du chapitre 4 ou 5 donc ne vous en faites pas, le Sterek viendra ;) (oui je sais que vous l'attendez tous haha).

Sinon un grand merci à tous ceux (ou plutôt celles) qui sont venues me laisser des reviews et qui m'ont encouragée à continuer :D Merciiiii =D

Bonne lecture et enjoy !


L'atmosphère était étrange. En fait, elle l'avait toujours été. Depuis qu'il venait ici, c'était toujours pareil. Tout était très lumineux. Les couloirs, le grand salon, les chambres... Il y avait bon nombre de fenêtres et toutes celles qui étaient situées côté Sud avaient vues sur l'immense parc dans lequel se promenaient chaque jour la plupart des pensionnaires de l'hospice, du moins ceux qui étaient à-même de se déplacer. Oui, le lieu était très lumineux, d'autant qu'en plus du parc, les autres chambres bénéficiaient d'une grande terrasse sur laquelle les bonnes-sœurs, qui officiaient ici, servaient les déjeuners lorsque le temps le permettait. Cependant, il y avait toujours eu ici comme une étrangeté, un malaise...
Le personnel ressemblait à des pantins agissants par automatisme, se contentant de répéter toujours les mêmes phrases machinales telles que : « bonjour », « comment allez-vous aujourd'hui ? », « vous avez besoin de quelque chose ? », « au revoir »...
Comment un lieu d'apparence si paisible pouvait-il sembler si glauque ? C'est précisément ce que se demandait toujours le Comte Derek de Hale, à chaque fois qu'il venait ici.

Cela faisait des années et il n'en pouvait plus de voir tous ces vieillards agonisants qui perdaient la tête. C'est à peine s'ils arrivaient encore à faire sortir quelques sons de leurs gorges flétries pour tenter de se faire comprendre. Il y avait de tout ici, des fous aussi.
A plusieurs reprises il était arrivé au Comte de croiser quelques cas particuliers, des hommes qui, échappés de leurs chambres – ou cellules, cela dépendait de comment on voyait les choses- s'étaient mis à traverser les couloirs en courant et en criant comme des possédés. Personne ne semblait pourtant s'en étonner outre mesure, c'était monnaie courante ici. Les bonnes-sœurs finissaient toujours par raccompagner ces individus dans leurs chambres en leur psalmodiant des « tout va bien, ne vous inquiétez pas » pour les apaiser. Mais il y avait plusieurs années que tout ce cirque ne surprenait plus Derek. Il avait fini par se faire à l'idée que son oncle réside dans un tel endroit.
En effet, son oncle, Peter de Hale, autrefois si puissant, en était aujourd'hui réduit à l'état de légume. Il avait été le seul survivant du tragique incendie qui avait ravagé la demeure de la famille Hale six années auparavant.

Ayant été sévèrement brûlé sur une partie du visage et plongé dans le coma, Peter avait ensuite été placé dans cet hospice, le meilleur de la région, en attendant... En attendant quoi d'ailleurs ? Son réveil ? En attendant qu'il recouvre ses pleines capacités ? Non. Derek ne se faisait plus d'illusions à ce sujet. Jamais plus son oncle ne serait l'homme fort qu'il avait connu par le passé, il s'était bien vite rendu à l'évidence.
Pourtant, le jeune Comte continuait de venir lui rendre visite chaque semaine, restant assis sur un siège face à lui durant plusieurs heures, à lui parler sans jamais obtenir la moindre réponse. Il s'était simplement habitué à ces monologues. Peter avait-il besoin de compagnie ? Ressentait-il la présence de son neveu auprès de lui ? Percevait-il seulement ses paroles ? Nul n'aurait su le dire avec exactitude, mais les espoirs étaient plus que maigres.

C'était un vendredi, et aujourd'hui comme chaque vendredi depuis six ans, Derek de Hale arriva à l'hospice. Toujours à la même heure. 18h00. A bien des reprises les bonnes-sœurs lui avaient dit qu'il serait plus prudent pour lui de venir en journée, que les routes n'étaient pas sûres la nuit par les temps qui couraient, mais jamais Derek n'avait changé ses habitudes. Il ne connaissait plus la peur. Plus depuis que sa famille, ses souvenirs et sa vie entière étaient partis en fumée.

A cette heure, le personnel commençait à fermer les grandes fenêtres ainsi que les lourds volets de bois et à allumer les lampes à huile. Il faisait sombre en ce mois de novembre et Derek ne repartirait d'ici qu'aux alentours de 20h00, comme toujours lorsqu'il ferait nuit noire, après avoir passé deux heures à monologuer de tout et de rien face à son oncle.
Le jeune noble traversa le hall aux dalles de pierres claires et croisa plusieurs patients sur son chemin. Tous avaient le même air absent et dépérissaient à vue d'œil. Un endroit comme celui-là empestait la désagrégation physique et la mort. Quant à son oncle, Derek ne se faisait plus d'espoir, s'il était ici, c'était en attendant sa fin, rien de plus.
Même en sachant cela, pourquoi continuait-il alors à venir le voir malgré tout ? Se sentait-il tellement seul au point de venir faire chaque semaine la conversation à l'ombre de l'homme qu'il avait jadis connu ? Définitivement, la réponse était oui. Derek était seul. Affreusement seul. Il avait beau se dire qu'il en avait pris l'habitude et que cela lui importait peu, ce n'était au fond qu'un mensonge de plus qu'il se racontait à lui-même.
Même si Peter n'était cérébralement plus de ce monde, son corps, lui, constituait encore une présence, comme un vestige de la puissance éteinte de la famille Hale. La dernière personne à laquelle Derek pouvait se raccrocher pour ne pas sombrer.

Le jeune homme continua d'avancer, sachant parfaitement où se trouvait la chambre de son oncle. Arrivé devant la porte, il croisa une bonne-sœur qui sortait justement de celle-ci, les bras chargés de linge.

- Ah, bonsoir monsieur le Comte, le salua-t-elle en s'inclinant poliment. Vous pouvez entrer, je viens de terminer la toilette de votre oncle. Il se porte à merveille.

« A merveille » ? Comment pouvait-il se porter « à merveille » alors qu'il n'était plus qu'une coquille vide, incapable ne serait-ce que de se nourrir seul ? Que savait cette femme de l'état de son oncle au juste ? Avait-elle jamais été à sa place ? Définitivement, non.
Face à de telles sornettes qui n'étaient déblatérées que par politesse et en vue de son rang social, Derek demeura parfaitement impassible. S'il n'avait pas appartenu à la noblesse de la région, nul doute que cette femme l'aurait à peine regardé, quant à son oncle, elle l'aurait surement traité comme tous les autres aliénés qui résidaient ici. Le jeune comte détestait plus que tout cette hypocrisie caractéristique de la race humaine. Sûrement était-ce en partie pour cela qu'il se complaisait à vivre seul et loin de tout contact dans son immense demeure qui ressemblait plus à une ruine qu'à un endroit habitable.
Il acquiesça de façon neutre aux paroles de la jeune femme et poussa la porte de la chambre avant de la refermer derrière lui. Peter se trouvait là, assis dans un fauteuil face à la fenêtre, comme s'il contemplait la vue qu'il avait sur le parc de l'établissement, mais Derek savait qu'il n'en était rien. Les yeux de son oncle étaient grands ouverts, errants dans le vide, parfaitement statiques. Il n'avait plus la moindre réaction.
Le jeune comte prit place dans un autre fauteuil et tourna celui de Peter vers lui, afin que celui-ci lui fasse face. Le silence régna sur la pièce de longues minutes avant que Derek ne se décide à le rompre.

- Il y a encore eu des attaques, tu sais... Les gazettes ne parlent plus que de ça ces derniers temps.

Bien sûr, Peter ne disait mot. Il restait assis face à son neveu, parfaitement immobile. Derek, quant à lui, ne savait plus vraiment comment définir les sentiments qui l'habitaient et se mêlaient en son cœur. Il y avait des remords, de la douleur, une profonde envie de vengeance et, plus que tout, de la pitié pour son oncle, celui qui avait été le plus touché par l'incendie qui avait décimé leur famille. Résultait de ce sombre évènement un profond traumatisme dont jamais il ne se remettrait. Cela, Derek ne pouvait le supporter.

Il reprit :

- Les Argent sont déjà sur le coup alors je compte moi aussi essayer d'en apprendre plus de mon côté et quand tout ça sera fini, je te vengerais, toi et notre famille. Mais seul je n'arriverais pas à grand-chose, j'ai besoin de toi Peter...

Tout au fond de lui, une part de Derek voulait encore croire que son oncle l'entendait, qu'il finirait par se remettre de tout cela et qu'il lui prêterait main forte pour tirer une bonne fois pour toutes cette affaire au clair, mais était-ce seulement possible ?

- Si tu sais quoi que ce soit à ce sujet il faut que tu me le dises, que tu me le fasses comprendre par n'importe quel moyen, je t'en prie...

Le silence. Toujours ce même silence, pesant, désespérant. Un silence qui rongeait les nerfs et la patience de Derek. Celui-ci se pencha vers son oncle et le saisit fermement par les épaules, lui faisant face. Perdant ses moyens, il se mit à le secouer dans l'espoir de déclencher enfin une réaction de sa part.

- Peter, il faut que tu réagisses tant qu'il est encore temps d'agir ! Dis-moi quelque chose, fais-moi un signe, bouge les doigts, cligne des yeux, n'importe quoi ! Tu n'es pas mort alors réagis ! Bats-toi !

En six ans, jamais encore Derek n'avait bousculé son oncle de la sorte. Jamais il ne lui était arrivé de perdre ainsi patience mais la situation de tension actuelle exigeait de prendre des décisions et d'agir en conséquence.
Ce n'était pas simplement un canular abracadabrant dont s'étaient emparés les journaux, non, c'était bien plus sérieux que ça, cela dépassait les limites de la nature humaine. Les gens du peuple avaient beau croire qu'ils avaient affaire à un puma, un loup ou tout autre type de bête féroce avide de chair fraiche, ils étaient bien loin du compte. Il ne s'agissait en rien d'une créature de Satan non plus comme voulaient le faire croire les ecclésiastiques. Derek, lui, savait exactement ce que tout cela impliquait. Ce n'était pas un simple animal enragé, c'était bien pire que ça et c'est en cela que résidait tout le danger. « Connais ton ennemi » disait un célèbre proverbe de guerre. Oui, c'était bien ce qu'était décidé à faire Derek, mais pour cela, il avait besoin de l'aide et des connaissances de Peter...

Face à son brusque haussement de voix, une bonne-sœur était entrée dans la chambre et fixait le jeune homme qui tenait toujours fermement les épaules de son oncle. Elle se permit donc d'intervenir :

- Monsieur le Comte, il ne faut pas brusquer votre oncle de la sorte ! Il n'est pas en état de parler, il faut vous montrer patient.

Derek lui adressa un regard glacial et se leva de son fauteuil pour se diriger vers la porte. La jeune femme s'écarta pour lui laisser le passage libre, un brin refroidie par la puissance de son regard gris-vert. Avant de quitter définitivement la chambre, le jeune noble lui adressa ses dernières paroles en un souffle tout aussi glacial que ses yeux :

- Ça fait six ans que je me montre patient, maintenant je ne plus attendre. Nous n'avons plus le temps pour ça…

Sans se soucier davantage de la bonne-sœur, ni même de son oncle, Derek quitta l'hospice bien plus tôt qu'à son habitude. Il en avait assez d'attendre vainement. Ce qui l'énervait le plus dans cette histoire c'est qu'il ignorait si c'était uniquement à cause du choc lié à l'incendie ou par pure lâcheté que Peter s'était enfermé dans ce mutisme. Savait-il quelque chose que lui ignorait ? Peter n'était-il simplement pas en mesure de lui donner les réponses qu'il attendait ou bien lui dissimulait-il sciemment les réponses en se cachant derrière son silence ? Trop de questions sans réponses... Cela avait le don de mettre Derek hors de lui !

Il sortit de l'établissement en ignorant les nombreux « bonsoir Monsieur le Comte », transpirants de fausse politesse, sur son passage.
Une fois dehors, l'air frais lui fit le plus grand bien. Il ne supportait plus toute cette tension. Il entreprit de faire quelques pas, tout en levant les yeux au ciel. Bien que la lune fût en partie voilée par d'épais nuages, on pouvait tout de même distinguer toute l'intensité de sa lueur. Dans deux jours ce serait la pleine lune... Cette pensée ne calma pas les inquiétudes de Derek, bien au contraire. Il valait mieux se préparer à avoir affaire à d'autres soucis en perspective. Rien de bien réjouissant en somme.
Le jeune homme remonta légèrement le col de son long manteau noir pour se protéger du vent qui s'était soudainement levé, et s'engouffra dans la forêt, décidé à regagner son château.
Bien sûr il y avait d'autres chemins, plus sûrs et plus empruntés qui ne coupaient pas par la forêt, mais Derek n'avait jamais craint de s'y aventurer seul, pas même par les temps qui couraient, fidèle à sa nature de solitaire. Dans les bois au moins il pouvait se retrouver seul avec lui-même, en paix et en silence, loin du monde qui le répugnait. Avec le temps, les gens du village avait commencé à murmurer sur son passage et à manifester une certaine méfiance à son égard. Il était perçu comme un marginal qu'il valait mieux éviter de croiser. De plus, avec ses cheveux d'un brun si sombre qu'il en était presque noir et ses yeux clairs, les plus superstitieux avaient tendance à voir en lui le signe du mauvais-œil. « Parfaitement stupide » songea Derek, en sifflant dédaigneusement entre ses dents, alors qu'il s'enfonçait peu à peu dans l'épaisse forêt.
Au loin, on pouvait distinguer la tour Nord du château des Hale, laquelle, délabrée, se dressait sinistrement sur la colline, avec pour seul encadrement le ciel nocturne et blafard de cette nuit glaciale, pareil au décor d'un roman d'épouvante. Cette demeure où chaque pierre rappelait la douleur qu'avaient endurée Derek et tous les membres de sa famille, qui avait à jamais disparue dans les flammes...


Qu'avez-vous penser de ce chapitre? Le caractère et le comportement de Derek sont-ils conformes à l'idée que vous vous faites de lui?

A la prochaine pour le chapitre 4 ;)