Salut ! Désolée pour ce retard, j'ai finalement décroché un job de secrétaire juridique dans un cabinet d'avocats, et c'est si prenant que j'ai du mal à trouver du temps pour écrire.
Mais bon, voilà !
Merci à Lunastrelle, Ysa666, ArynLyna, NocturneShadow, Sewell, Miki-and-Tokage et Didine22 pour leurs reviews.
Et merci à ceux qui ont mis mon histoire en Favourite et en Alert Stories.
DISCLAIMER : Aucun personnage ne m'appartient, tout est à Jim Henson.
Chapitre 2 :
Première journée à la fac
Rien ne perturbait le traintrain quotidien du Labyrinthe. Comme chaque jour, une masse de gobelins s'adonnait à leur jeu favori dans la salle du trône : la bagarre.
Certains se criaient dessus, d'autres se disputaient de la nourriture ou d'autres jouaient à qui arriverait à plumer une poule en un seul tir de sarbacane.
Assis sur son trône, Jareth les ignorait royalement. Il avait tellement l'habitude de cela ! Et rien dans tout cela ne pouvait le tirer de sa morne méditation.
Il repensait sans cesse à ce maudit moment où il avait offert à Sarah la possibilité de rester vivre avec lui dans le Labyrinthe, ce maudit instant où elle avait prononcé les mots fatidiques…
« Vous n'avez aucun pouvoir sur moi. »
Le pouvoir… Qu'est-ce qu'elle connaissait du pouvoir, cette maudite petite humaine ? Il refusait de l'admettre, pourtant, elle avait du pouvoir sur lui. Après tout, n'était-ce pas sa faute si aujourd'hui, il se retrouvait à nouveau seul, avec le cœur brisé cette fois ?
Soudain, il se redressa sur son siège. Un son familier semblait avoir atteint ses oreilles. Les gobelins se figèrent tous dans la salle. Tous avaient ressenti le brusque changement d'attitude de leur suzerain et se demandaient quelle pouvait en être la cause.
« Votre Altesse ? » risqua un gobelin.
Jareth ne répondit rien. Il finit par se lever et quitter la salle. Les gobelins haussèrent des épaules puis reprirent leurs activités.
Le roi traversa les couloirs de son château jusqu'à une fenêtre donnant vue sur le Labyrinthe. Il faisait jour, le soleil venait juste de se lever.
Là, il s'assit sur le balcon et réfléchit. Il avait entendu un léger tintement dans la salle du trône, une cloche familière, qu'il n'avait pas entendue depuis longtemps. Celle qui signalait qu'un pouvoir dangereux s'était éveillé, à nouveau.
Après tout ce temps… Comment était-ce possible ? Pourquoi se manifestait-elle maintenant ?
D'un geste, il fit apparaître une boule de cristal dans sa main et la fit tournoyer. Ce qu'il vit dedans le surprit : Sarah agressée dans un rêve par une mystérieuse silhouette dissimulée sous une cape.
Il reconnut sans peine cette personne.
Toi ! Après tout ce temps… Et tu t'attaques à elle, en plus ! pensa le roi, énervé.
Dire qu'il espérait ne plus avoir affaire à quoi que ce soit lui rappelant Sarah de près ou de loin ! Pourquoi le destin s'acharnait-il à le ramener vers cette fille, alors qu'elle n'avait pas du tout voulu de lui ?
Il eut soudain envie de jeter la boule, de tout oublier, de faire comme s'il n'avait rien vu. Après tout, il ne pouvait rien faire ! Sarah avait prononcé les mots, il ne pouvait donc plus l'approcher, c'était ainsi dans l'univers de la magie.
Mais une autre image se forma alors dans le cristal, comme pour le contredire. La chambre de Tobby, et la coupe en bois reposant sous le lit.
Le roi secoua la tête. Il n'en revenait pas : comment pouvait-on laisser un objet aussi dangereux traîner dans la chambre d'un enfant, sous son lit en plus ? !
Agacé, il jeta négligemment la boule au sol, puis sauta par la fenêtre. Une chouette blanche s'envola dans le ciel d'Underground.
XxXxXxXxXxXxXxX
« Tu n'as rien oublié, tu es sûre ? » demanda Karen.
Sarah se retint de la repousser. Elle avait eu du mal à fermer ses valises, et sa belle-mère affirmait qu'il vaudrait mieux les rouvrir pour vérifier qu'il n'y manquait rien.
Bon sang, elle était pourtant capable de faire une valise, à son âge, non ? !
Enfin vint le moment des adieux et des embrassades. Son père la serra dans ses bras, sa belle-mère lui fit une bise plutôt sèche et Tobby… Sarah le prit dans ses bras et sentit les larmes du petit garçon couler sur sa veste. Elle sourit et le serra un peu plus contre elle.
« Sois sage en mon absence, Tobby, d'accord ? »
« (Snif !) Oui… »
« Et n'oublie pas ce que je t'ai donné, hein ? » dit la jeune fille, à voix basse.
Le petit garçon répondit par un hochement de tête. Satisfaite, Sarah se redressa, saisit l'anse de sa valise roulante et mit son sac en bandoulière sur l'épaule de son bras libre. Puis elle quitta le jardin et se dirigea vers la station de bus au bout de la rue.
Elle ne vit pas, juchée sur une branche d'arbre en face de la maison, une chouette blanche la regarder s'éloigner.
Une demi-heure plus tard, les parents quittèrent la maison. Le père emmenait Tobby à l'école en voiture et la belle-mère partait faire des courses.
La chouette quitta alors son perchoir et vola en direction de la fenêtre de la chambre de Tobby. Celle-ci s'ouvrit comme par magie.
Une fois à l'intérieur, l'oiseau se métamorphose et reprit l'apparence du roi des gobelins. Celui-ci inspecta rapidement les lieux du regard, puis s'approcha du lit.
Il trouva la coupe en dessous. Il la prit et la regarda. Quelque chose avait changé. Elle était sale, au fond. Un léger résidu noirâtre reposait sur la surface creuse. Il passa le doigt dessus et vit que c'était du sang séché.
Les motifs de rose avaient pris une légère couleur rosée. Alors, cela avait commencé… Et il savait très bien à qui appartenait ce sang. C'était celui de Sarah.
Le roi poussa un soupir. Il ne comprenait pas. Pourquoi se sentait-il concerné par cette affaire ? Sans doute parce qu'il avait un compte personnel à régler avec la personne liée à cette coupe et ce, depuis de nombreux siècles.
Bon, tout n'était pas perdu. Après tout, s'il ne pouvait pas approcher Sarah, il pouvait utiliser Tobby. Et le petit garçon ne pourrait pas le lui refuser. Après tout, ce n'était qu'un enfant.
Mais il allait devoir ruser pour obliger l'enfant à le faire venir ici. Qu'importe, il savait déjà comment faire.
Résolu, il quitta la chambre et se dirigea vers celle de Sarah. Mais l'objet qu'il y cherchait n'était pas là.
Bon sang ! Mais où a-t-elle mis ce livre ?
XxXxXxXxXxXxXxX
Assise sur un siège dans le bus, Sarah regardait le petit livre rouge du Labyrinthe. Elle l'avait emporté avec elle. Depuis son aventure en Underground, elle ne s'en séparait plus.
En grandissant, la réalité l'avait rattrapée : il fallait arrêter de rêver, de lire des histoires de gobelins et de fées. Mais Sarah n'avait pu s'y résoudre. Cela aurait signifié oublier l'amitié de Hoogle, Didimus et Ludo. Pour un peu, elle aurait aimé revoir son vieil ennemi, Jareth.
Alors, chaque fois qu'elle avait le cafard ou qu'elle se sentait devenir quelqu'un d'autre que la petite Sarah du Labyrinthe, elle prenait le livre et le lisait un peu. Cela suffisait à lui rendre du courage. Et quelque chose lui disait qu'il ne serait pas inutile, à la fac.
Enfin, le bus s'arrêta devant l'établissement. Sarah descendit du véhicule et se mit en route vers l'entrée. Beaucoup de jeunes étudiants étaient là, portant des livres, des sacs ou des valises.
Pour tout le monde, c'était la rentrée. Sarah eut un soupir. Finalement, elle aurait peut-être dû demander à son père ou même à sa belle-mère de venir.
Elle arriva bientôt devant un escalier. Génial ! Saisissant sa valise à bras-le-corps, elle commença à gravir les marches, quand une bande de filles descendit vers elle.
Sarah s'attendit à ce qu'elles lui ouvrent un passage pour continuer de monter, mais elles n'en firent rien. Au contraire, l'une d'elles se pencha sur le côté et la heurta sur le flanc droit.
Sous le poids de sa valise et de cette fille, Sarah ne put tenir et tomba par terre. Sa valise s'ouvrit sur les marches et son contenu se répandit.
Les étudiants autour d'elle regardèrent la scène et rirent.
La chef de la bande, une blonde aux yeux violets, vêtue d'une robe noire très fashion, se pencha vers elle et dit : « Besoin d'un coup de main ? »
Sarah la foudroya du regard, puis répondit : « Non, merci, blondasse ! »
Des exclamations muettes retentirent alentour. La fille blonde haussa un sourcil délicatement rehaussé de mascara noir et dit : « Apparemment, tu es nouvelle. Alors, je vais t'expliquer : je suis Isabella Hauterive. Et ça, c'est ma bande. Nous sommes les reines du campus. Alors, évite de te trouver sur notre route, la prochaine fois, et il n'y a aura pas de problèmes, d'accord ? »
Sarah répondit par un grommellement, puis s'empressa de ramasser toutes ses affaires, en maudissant mentalement cette bande de pimbêches.
Lorsqu'elle arriva enfin à l'aile du campus où se trouvait sa chambre, elle se laissa tomber sur le lit le plus près de la fenêtre donnant vue sur les jardins de l'université. L'autre occupante de la chambre arriverait demain.
Sarah reprit son souffle et frotta sa cuisse endolorie. Décidément, sa première journée à la fac commençait bien !
XxXxXxXxXxXxXxX
Il faisait nuit lorsque Jareth arriva à l'université de Sarah. Grâce à ses pouvoirs, il distingua sans peine l'aura de la jeune fille. Elle était désormais liée à celle de la créature de la coupe.
L'oiseau vola jusqu'à la fenêtre qui s'ouvrit encore une fois sur un ordre mental. Une fois dans la pièce, il reprit son apparence humaine et regarda le seul lit occupé dans la pièce.
Elle était là, paisiblement endormie dans le lit, vêtue d'une chemise de nuit blanche.
Ne pouvant y résister, il s'approcha du lit et la regarda de plus près. Elle avait embelli, après toutes ces années. Il tendit la main vers elle, quand ses doigts se heurtèrent à un mur invisible.
« Vous n'avez aucun pouvoir sur moi. »
Ses mots avaient résonné dans sa tête sans qu'il ait cherché à s'en souvenir. Évidemment, la magie opérait. Il ne pouvait l'approcher.
Soudain, Sarah se mit à remuer dans son lit et à gémir. Elle porta les mains à sa gorge, comme si quelque chose cherchait à l'étrangler.
Jareth n'y comprit rien. Cette scène aurait dû le réjouir, il en voulait tant à la jeune fille, il la haïssait ! Alors pourquoi ne pouvait-il s'empêcher de souffrir, en la regardant se débattre dans un rêve mortel ? Pourquoi avait-il envie de la réveiller, qu'elle pleure et se blottisse contre lui pour chercher du réconfort ?
Non, il devait y aller, il ne pouvait rien faire ici. Il aperçut les livres posés sur le bureau, à droite de la chambre. Il s'approcha et finit par trouver celui qu'il cherchait.
Satisfait, il le prit puis se retourna vers le lit. Sarah continuait de remuer, elle toussait maintenant, elle semblait suffoquer.
Il regarda autour de lui, puis sourit. Il avait une idée.
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Sarah ouvrit les yeux en sursaut. Qu'est-ce que c'était que ce bruit ? Son réveil ! Bizarre, elle l'avait pourtant programmé pour six heures du matin, pas trois heures quinze !
Mais elle l'éteignit sans trop de violence pour une fois. Cette sonnerie l'avait sauvée d'un horrible cauchemar. Elle avait encore vu la créature mystérieuse essayer de la tuer dans ses rêves.
Tremblante, elle se leva et alla jusqu'à la salle de bains boire un verre d'eau. Lorsqu'elle revint dans sa chambre, elle vit que la fenêtre était ouverte.
Frissonnante, elle la ferma. Ses pieds touchèrent quelque chose de piquant qui la fit crier. Elle baissa les yeux et vit qu'il s'agissait de plumes blanches. Des plumes ? !
Bizarre. Elle se pencha et les prit dans ses mains. Elles étaient douces au toucher. Mais elle s'aperçut qu'il y avait du sang dessus. Du sang frais.
Elle s'aperçut que ce sang était celui sur ses doigts. Elle porta les mains à sa gorge. C'était humide et douloureux par endroits.
Elle courut à la salle de bains et alluma pour se regarder dans la glace. Elle avait des traces de griffes sanglantes sur la gorge. Comme dans son cauchemar, la mystérieuse personne avait essayé de la tuer en l'étouffant, et ses griffes s'étaient plantées dans sa peau…
« Mais qu'est-ce qui m'arrive ? ! » gémit Sarah, la tête dans les mains.
Elle ne vit pas une chouette blanche qui la fixait sur la branche d'un arbre dehors, ni le livre rouge coincé entre ses griffes.
L'oiseau la regarda un instant, puis s'envola vers la lune dans le ciel nocturne.
