Merci à Lunastrelle, Sewell, Didine22 et NocturneShadow pour leurs reviews.

Bonne lecture !

DISCLAIMER : Aucun personnage ne m'appartient, tout est à Jim Henson.


Chapitre 6 :

Brouillard et hot-dogs

Le reste du voyage se déroula sans anicroche. Pour une fois, Sarah n'avait pas à errer au hasard. Didimus connaissait bien le chemin et aucun gobelin ne vint les importuner.

Foufou les quittait parfois un court instant pour courir après une poule noire qui passait par-là, mais revenait vite lorsque cette dernière s'envolait pour aller se réfugier au sommet d'un des murs du labyrinthe.

Mais, à mesure qu'ils avançaient, la jeune fille se sentait anormalement fatiguée. Elle gémit. Si seulement Tobby avait attendu qu'elle ait dîné avec les autres élèves du campus avant de réciter la formule qui l'avait amenée ici !

Et le pire était qu'ici, elle ne pouvait ou plutôt n'osait rien manger. Elle n'avait pas oublié l'épisode de la pêche empoisonnée.

Bientôt, ils arrivèrent aux portes de Gobelin Ville. Là, Sarah s'arrêta, prise d'inquiétude. Tout ça lui avait semblé trop facile.

Mais Didimus se montra rassurant : le roi avait donné des instructions à ses sujets. Nul ne devait empêcher la jeune fille d'atteindre le château. Sarah n'y comprenait rien : pourquoi Jareth lui avait-il facilité la tâche ? Pourquoi était-il si pressé qu'elle le rejoigne au château ?

La faim et la fatigue finirent par ôter toute réflexion de son esprit. Là-bas, au moins, elle aurait peut-être à manger, et un siège pour s'asseoir, ne serait-ce qu'une minute !

Retrouvant espoir, elle se dirigea vers les portes, quand elle s'arrêta. Tout avait brusquement disparu devant elle.

Inquiète, la jeune fille s'arrêta. Oh non, elle n'allait pas encore plonger en plein délire !

Tu t'en fiches, avoue-le ! Dit une voix.

Sarah sursauta. Qui avait dit ça ? Cette voix lui semblait dangereusement familière.

« Quoi ? Qui a dit ça ? »

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Didimus regarda les portes s'ouvrir puis se tourna vers Sarah pour l'inviter à passer en première, comme l'exigeaient les règles de la courtoisie, quand il s'aperçut qu'elle avait disparu. Ludo n'y comprenait rien. Même Foufou avait disparu !

À l'autre bout de la ville, depuis l'une des fenêtres de son château, Jareth scrutait les deux gobelins avec inquiétude. Lui aussi avait vu Sarah disparaître avec le chien. Et il savait ce qui était en train de se passer.

XxXxXxXxXxXxXxX

Sarah regarda autour d'elle. Il n'y avait rien, ici. L'endroit était vide. Il n'y avait que du gris autour d'elle. Non, pas du gris, du brouillard ! Un brouillard diffus et compact.

« Qu'espères-tu trouver ici ? » dit la voix.

« Mais qui êtes-vous ? Qui me parle ? »

« Quoi, tu ne te souviens pas de moi ? Il est vrai que tu n'étais alors qu'une enfant… »

Sarah n'y comprenait rien. Une chose était sûre : la personne qui lui parlait était une femme.

« Pourquoi vous vous cachez ? Montrez-vous ! »

« Très bien. »

Sarah ne vit aucun changement autour d'elle. Mais soudain, il y eut comme une ondulation dans l'espace devant elle. Puis une personne cachée sous une épaisse cape noire apparut. Seule dépassait de sa capuche un morceau de visage. La peau était pâle, blanche comme la craie, avec des lèvres fines et parfaites, et un nez fin, sans défaut. Les mains posées sur ses bras croisées avaient des doigts aux ongles longs, évoquant des griffes par leur extrémité pointue.

« Sois la bienvenue, Sarah Williams. Cet endroit te plaît-il ? »

« Où suis-je ? Où sont mes amis ? »

« Tes amis ? Oh, tu veux parler de ces idiots au service de ce vil serpent de Jareth. »

Sarah fronça des sourcils.

« Vous le connaissez ? »

Les lèvres de la femme se plissèrent.

« Oui. Je le connais. »

Sa voix était sèche à présent, cassante. Puis le sourire revint sur ses lèvres aussi vite qu'il était parti.

« Mais oublions cela, ce n'est pas le plus important. Je suis heureuse d'avoir un peu de compagnie. Dis-moi, pourquoi est-ce que tu me résistes ? »

« Résistes ? »

« Hum… Je vois. Tu es bien humaine, après tout. Tu ne sais pas de quoi je parle. Alors je vais t'aider à comprendre. »

Elle agita la main devant elle, traçant un cercle invisible devant elle. L'espace à l'intérieur se fit gris, puis la lumière en jaillit et aveugla l'espace. Sarah plaqua ses bras sur son visage pour se protéger.

Lorsqu'enfin la lumière décrût, elle vit qu'elle était dans un endroit familier. Le parc, devant le lac où elle avait répété tant de fois ses pièces avec son chien Merlin.

Mais il y avait quelqu'un d'autre, près du lac. Une enfant, avec sa mère. Intriguée, Sarah s'approcha. En voyant la femme, elle se figea. Son cœur se mit à battre plus vite.

Elle connaissait cette longue chevelure noire et ces boucles d'oreilles. Cette femme était sa mère ! Et l'enfant… c'était elle !

« Pourquoi tu vas partir, maman ? » demanda la petite Sarah d'une voix geignarde.

« Je dois partir en tournage dans un autre pays, ma chérie », répondit la mère.

« Mais je veux que tu restes, moi ! » gémit l'enfant en s'agrippant à ses genoux.

La Sarah adulte remarqua à peine l'ombre d'un oiseau blanc passer au-dessus des deux humaines pour aller se jucher sur le pilier blanc du parc.

La mère se mit à genoux pour prendre l'enfant par les épaules et lui prit la tête dans ses mains.

« Tu ne seras pas seule, ma chérie. Ton père sera là. Et… j'ai un cadeau pour toi ! »

Elle sortit un objet emballé dans du papier journal de son sac. En le voyant, la Sarah adulte fronça des sourcils. Mon Dieu, ça y est, elle commençait à se souvenir.

La Sarah enfant saisit l'objet et l'ouvrit avec des gestes fébriles.

« Un bol ? » demanda-t-elle avec un air déçu.

Sarah eut un hoquet de surprise. C'était la coupe qu'elle avait donné à Tobby avant de partir à l'université !

« Une coupe magique, ma chérie. Elle absorbe le chagrin et les pensées mauvaises. Regarde comment on fait… »

La mère prit doucement la coupe dans ses mains. Mais à ce moment, un couinement résonna depuis le pilier. Machinalement, la mère leva les yeux et vit une chouette fondre sur elle.

Surprise, la femme leva la coupe devant elle pour se protéger. L'oiseau ne ralentit pas sa course. Il la heurta et lui fit lâcher la coupe.

Il revint ensuite à la charge, droit vers l'objet, comme pour le voler.

« NON ! » crièrent les deux Sarah, autant l'enfant que l'adulte.

Soudain, la Sarah adulte vit tout disparaître dans l'obscurité. Un rire féminin mauvais résonna dans sa tête, puis elle ouvrit les yeux en gémissant.

Sa tête lui faisait si mal, soudainement ! Elle réalisa qu'elle était en position allongée sur un lit et gémissait en se débattant contre un ennemi invisible. Elle avait si chaud, et mal partout. Pourquoi ? Elle l'ignorait, mais elle était morte de peur.

Etil y avait bien quelqu'un près d'elle, qui venait de reculer, ses mains encore tendues vers elle.

« Arrête de bouger, c'est moi ! » dit Jareth.

« N… N-non ! Monstre ! Tu l'as attaquée ! » dit Sarah, furieuse.

Cette chouette, c'était lui, elle en était sûre !

« Arrête, tu es en plein délire ! L'esprit de la coupe t'a attaquée devant les portes de Gobelin Ville, j'ai dû utiliser ma magie pour te refaire apparaître ici. »

Il tendit à nouveau les mains. Une boule de cristal scintillait dans l'une d'elles. En la voyant, Sarah siffla de rage et la repoussa d'un geste violent de la main, puis se jeta sur Jareth avec la ferme intention de l'étrangler.

Elle ignorait d'où lui venait toute cette rage d'un seul coup, mais elle se sentait obsédée par ce qu'elle venait de voir. Sa mère, attaquée par cette chouette, le lac, elle enfant, et la panique, la peur à l'idée de perdre sa mère…

« Tu l'as tuée, sale monstre ! » dit-elle.

Comprenant qu'aucune parole ne pourrait la calmer, Jareth la saisit par les poignets et la plaqua fermement contre le lit, puis cala son front contre celui de la jeune femme.

Celle-ci eut un hoquet de surprise, tant par son geste que la fraîcheur du front de Jareth contre le sien. Puis, elle sentit le calme l'envahir. Elle ferma les yeux, épuisée.

Avec un soupir, Jareth la relâcha puis recula. Elle était tirée d'affaire, du moins pour le moment. Mais quand elle se réveillerait, les visions reviendraient. L'entité de la coupe avait réussi, Sarah était désormais prisonnière de son pouvoir. Ses visions allaient empoisonner l'esprit de la jeune fille, en lui montrant la vérité de manière déformée, pour la rendre paranoïaque et la pousser à faire le mal autour d'elle.

Il fallait qu'il empêche ça. Mais comment ? Bon, en principe, tant que Sarah ne tuerait personne sous l'emprise de la coupe magique, elle ne risquait rien. Il fallait juste veiller sur elle et trouver un moyen pour lui donner la force de se battre et se libérer de la coupe.

Il fallait donc attendre. Attendre la prochaine attaque. Jareth se leva puis dit : « Horrible ! »

« C'est Hoogle, votre majesté ! » dit une voix, après quelques secondes.

« Peu importe. Entre. »

Le gobelin entra en grommelant. Mais il se figea en voyant la personne étendue sur le lit.

« S-Sarah ? »

« Oui, c'est elle. Je te la confie. Préviens-moi lorsqu'elle se réveillera, c'est important. »

Le gobelin acquiesça machinalement, tout en courant près du lit pour prendre la main de sa jeune amie humaine. Elle avait tellement changé ! Elle était une belle femme, maintenant.

Lorsqu'il lui prit la main, il frémit. La peau de la jeune fille était brûlante. Il se tourna vers le roi pour lui demander ce qu'elle avait, mais il était déjà parti.

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Trois étages plus bas dans le château, aux cuisines, on préparait le dîner.

Le cuisinier du royaume, un vieux gobelin moustachu avec une toque sur la tête en forme de champignon, avait appris qu'une humaine était arrivée au château.

Il avait donc commencé à préparer de la cuisine humaine. Des hot-dogs, ce serait parfait.

Le vieux gobelin s'assura que ses assistants avaient mis assez de bois sous la grosse marmite au fond de la salle, puis prit le bol de saucisses sur la table et versa le tout dedans, avant d'y mettre un couvercle.

Il se tourna vers l'étagère pour prendre des épices, quand un chuchotis résonna.

« Psiiiiit ! Psiiit ! »

Surpris, le chef regarda autour de lui, puis ouvrit le couvercle de la marmite et dit : « Allô ? »

Mais le bruit ne venait pas de la marmite. C'était derrière lui. Il se retourna et rit avec soulagement en voyant que c'était sir Didimus qui se tenait devant lui.

« Chef, avez-vous vu Foufou ? »

« Comô desber desbédégui Fou-fou ? » Eh oui, le chef cuistot des gobelins ne parlait pas notre langue mais un curieux patois du monde d'Underground.

« Foufou, le chien ! Foufou ! Dog ! Chien, vous comprenez ? Foufou the dog ! »

« Doggy ? »

« Oui ! » acquiesça Didimus en hochant vigoureusement de la tête.

« Oh ! Doggy dans marmite ! » dit le chef en pointant du doigt l'ustensile de cuisine bouillant.

« QUOI ? » hurla Didimus en bondissant sur ses pieds.

Le chef saisit le couvercle pour en sortir un hot-dog, mais Didimus brandit sa baguette en criant : « Foufou, tiens bon ! YAAAAAAAH ! »

Sa canne heurta le couvercle que le chef avait brandi comme bouclier pour se protéger.

Celui-ci, tout penaud, lui tendit une saucisse en lui demandant gentiment s'il voulait manger tout de suite.

Didimus réalisa le malentendu puis sortit en émettant un « peuh ! » hautain. Mais où diable était passé le chien de Sarah ? Si elle se réveillait et apprenait qu'elle avait perdu son animal de compagnie, elle serait fort triste.

Didimus jura qu'il retrouverait Foufou. Ce serait sa quête de chevalier pour la gente dame Sarah.

Résolu, il se remit en route à travers le château en criant « FOUFOU ! HOUHOU ! »

Les gobelins qui le regardèrent passer en criant n'y comprirent rien, puis poursuivirent leur route en secouant la tête.


Et voilà ! Avez-vous aimé ce chapitre ?