Merci à Lunastrelle et Sewell pour leurs reviews.

Bonne lecture et joyeuses Pâques à tous et à toutes !

DISCLAIMER : Aucun personnage ne m'appartient, tout est à Jim Henson.


Chapitre 7 :

Affronte la vérité !

Sarah ouvrit péniblement les yeux. Heureusement, il faisait sombre là où elle se trouvait. Son corps lui faisait mal, mais on l'avait allongée sur un lit moelleux, et le tissu des draps sous ses doigts était agréable au toucher.

Un mouvement à côté d'elle la fit sursauter.

« Sarah ? »

La jeune fille écarquilla les yeux.

« Hoogle ! »

Tout content, le gobelin sauta sur le lit et prit la jeune fille dans ses bras. Elle lui rendit son étreinte avec joie.

Une fois l'émotion passée, le gobelin s'assit en face d'elle sur le lit et la regarda. Elle semblait aller un peu mieux, mais il vit que la lumière dans les yeux de la jeune fille n'était plus aussi forte qu'avant. C'était donc vrai, l'esprit de la coupe avait commencé à dévorer son esprit. Pourvu que Jareth trouve une solution ou il allait l'entendre !

« Où sont Ludo et Didimus ? » demanda la jeune fille.

« Tout va bien, ils sont ailleurs dans le château. Ils cherchent quelqu'un… Foufou, je crois. »

Foufou ? Ah oui, le chien ! Curieux, où était-il passé ?

« Mais pourquoi il fait aussi sombre dans la pièce ? On ne pourrait pas éclairer ? » demanda Sarah.

« Euh, je ne pense pas que ce soit une bonne idée, tu es encore très f… » commença le gobelin.

Mais Sarah s'était déjà dirigée vers la fenêtre et écartait les rideaux. Dès que la lumière entra en contact avec ses yeux, elle sentit la douleur revenir et tomba au sol en gémissant de douleur.

Elle eut à peine conscience de la porte qui s'ouvrit, puis d'un claquement de bottes jusqu'à ce que les rideaux soient tirés. Mais même une fois l'obscurité revenue, la jeune fille resta prostrée par terre, les bras sur la tête, espérant que la pression ferait diminuer la douleur.

« Je t'avais dit de me prévenir quand elle se réveillerait, imbécile ! » dit la voix de Jareth, étouffant de colère.

« Je sais, mais elle a été plus rapide que moi, je n'ai pas pu l'arrêter ! » dit Hoogle d'une voix contrite.

Sarah mit un moment à comprendre ce qui se passait. Hoogle parlait avec Jareth… Jareth !

La jeune fille sentit soudain toute son énergie revenir. Elle se redressa et vit le roi qui s'approchait d'elle.

Avec un rugissement de fauve, elle se jeta sur lui et essaya de l'étrangler. Mais le roi avait anticipé son geste. Il l'esquiva la saisit par le bras, le coinça contre son dos puis saisit la jeune fille par la taille de son bras libre et attendit qu'elle se calme.

« Monstre ! Lâche-moi ! »

« Quand tu te seras calmée », répondit froidement Jareth.

« NON ! Tu l'as tuée ! Ma mère ! Je t'ai vue ! Et tu as voulu changer mon petit frère en gobelin après avoir essayé de me tuer ! Hoogle ! Aide-moi ! Il va me tuer ! » gémit la jeune fille, en plein délire.

Prostré sur le lit, Hoogle la regardait se débattre. Jareth l'avait prévenu, mais il n'aurait jamais imaginé que la jeune fille en était à ce stade.

Oh, je t'en prie, Sarah, bats-toi ! pria mentalement le gobelin.

Mais la jeune fille continuait de se débattre. Heureusement, Jareth avait de la poigne. N'y tenant plus, Hoogle sauta du lit, s'approcha doucement de Sarah puis, lorsqu'il parvint à accrocher son regard, lui dit : « Calme-toi, Sarah ! Je t'en prie ! »

Il posa doucement la main sur la joue de la jeune fille. Ces mots et ce geste eurent de l'effet. Sarah eut un sursaut, puis sa tête tomba en avant.

Jareth la sentit se détendre. Il relâcha légèrement la pression, juste assez pour qu'elle puisse mieux respirer.

Petit à petit, le rythme respiratoire de la jeune fille se fit plus calme.

Elle finit par redresser la tête et regarda autour d'elle avec l'air perdu.

Elle vit le bras de Jareth autour de sa taille et se tourna vers son propriétaire. Mais elle se figea en voyant son visage si près du sien. Leurs nez se touchaient presque.

Sarah réalisa soudain qu'elle n'avait jamais été aussi proche du roi qu'en cet instant. Sauf peut-être au bal… Jareth n'en menait pas large de son côté. Les yeux verts de la jeune fille semblaient briller plus fort. Il pouvait sentir son souffle, elle était si près de lui…

Tous deux baissèrent instinctivement les yeux, leurs lèvres se rapprochèrent… mais Sarah ne put retenir un soupir. Jareth cligna des yeux et recula, avec l'air… agacé.

« Tu sembles avoir retrouvé tes esprits », dit le roi en se redressant.

« Hein ? » dit Sarah, perdue.

« Tu as essayé de me tuer », dit Jareth en s'adossant au mur.

Sarah secoua la tête. Le tuer ? Non, impossible ! D'accord, elle ne le tenait pas dans son cœur, ils étaient ennemis après tout. Mais de là à essayer de le tuer ! Elle n'était pas une jeune fille violente, par nature.

« N'importe quoi ! » dit la jeune fille en se redressant.

« Euh, c'est vrai, je suis témoin », dit Hoogle.

« Quoi ? Tu te mets de son côté, maintenant ? » s'écria la jeune fille, les poings sur les hanches.

« Méfie-toi, Gromble, elle pourrait essayer de t'étrangler, toi aussi », ricana Jareth.

« C'est Hoogle, je vous l'ai déjà dit ! »

« Oh, toi, ça suffit ! D'abord tu m'emprisonnes, puis tu m'accuses de tentative de meurtre ? »

Jareth haussa un sourcil, puis s'approcha et tendit vers elle une boule de cristal. Celle-ci émit une lumière qui éclaira la pièce. Sarah ne comprit pas la nature de son geste, jusqu'à ce qu'elle remarque que la peau autour du cou du roi était rouge, des traces de doigt y étaient visibles. C'était donc vrai ?

« Oh non… » souffla la jeune fille, une main sur la bouche.

Elle recula jusqu'à retomber sur le lit.

« Hoogle, laisse-nous », dit Jareth.

Le gobelin lança un regard méfiant au roi. Sarah était de nouveau au bord des larmes, et laisser son amie seule avec le roi ne le tentait guère. Mais Jareth était le seul en mesure de la sauver.

Ce fut donc de fort mauvaise grâce qu'il quitta la chambre. Jareth attendit que la jeune fille eut fini de pleurer pour prendre la parole.

« Je suppose que tu as eu des visions, avant de devenir aussi agressive ? »

« Je… je crois, oui. »

« Je vois. Alors, voilà ce que nous allons faire. »

Il fit tourner sa boule de cristal dans ses mains, puis s'approcha de Sarah. Celle-ci eut un geste de recul. Elle savait qu'avec cet objet, il était capable de tout.

« Regarde dedans, Sarah. »

« Mais… pourquoi ? Je n'ai pas eu assez de visions, déjà ? »

« Ces visions étaient celles de la reine prisonnière de la coupe. Je vais te montrer la vérité, moi. Alors, regarde. »

Sarah détourna les yeux. Non, elle ne pouvait pas regarder, elle ne voulait pas avoir une nouvelle crise.

« Regarde, Sarah Williams. Affronte la vérité », dit le roi des gobelins avec autorité.

Ne pouvant y résister, Sarah plongea ses yeux dans le cristal. Une image se forma. Le parc. Et elle, petite, avec sa mère.

XxXxXxXxXxXxXxXxX

Sa mère lui tendit la coupe, pour qu'elle la prenne. La petite Sarah tendit les mains pour la prendre, quand un couinement résonna.

Toutes deux levèrent la tête et virent trop tard l'oiseau nocturne foncer sur elles pour leur arracher la coupe. Celle-ci tomba au sol.

L'oiseau revint à la charge, bien décidé à emporter sa proie. Mais soudain, l'herbe en contact avec la coupe prit vie. Elle se transforma en ronces qui s'allongèrent à une vitesse incroyable et fondirent sur la mère de Sarah, la plus proche.

« MAMAN ! » cria la petite fille.

Elle courut vers elle pour l'aider, quand elle sentit deux mains adultes la saisir par les épaules et l'arrêter.

Stupéfaite, elle leva la tête et vit un homme aux cheveux blonds hirsutes habillé d'un grand manteau noir l'arrêter, puis se pencher vers la coupe et la saisir. Les ronces disparurent aussitôt.

L'enfant courut vers sa mère inconsciente au sol. Elle avait des traces de griffures sanglantes sur le visage, les mains et le cou.

« Maman ? Maman ! MAMAN ! » cria l'enfant en secouant sa mère.

« Ne la secoue pas », dit Jareth.

L'enfant leva des yeux larmoyants vers cet étranger qui avait arrêté ces maudites ronces. Ce dernier fronça des sourcils et fixa l'enfant. Son regard l'intriguait.

« Vous… vous pouvez aider ma maman ? S'il vous plaît ! » dit l'enfant.

Jareth hésita, puis ouvrit la bouche pour parler quand des éclats de voix en provenance de l'entrée du parc l'arrêtèrent. Des humains arrivaient, alertés par les cris de Sarah et sa mère.

Ahurie, l'enfant regarda Jareth se métamorphoser en chouette et s'enfuir, la laissant seule avec sa mère et la coupe reposant par terre.

XxXxXxXxXxXxXxXxX

Sarah détacha ses yeux du cristal. La vision s'était éteinte, il n'y avait plus rien à regarder. La jeune fille leva les yeux vers Jareth avec incrédulité.

Elle l'avait déjà rencontré enfant ? Et il avait essayé de… Qu'avait-il essayé de faire, exactement ?

« Je ne comprends pas… » dit la jeune fille.

Jareth émit un léger soupir, puis s'assit à côté d'elle sur le lit.

« Je cherchais cette coupe depuis plus d'un siècle, Sarah. Autrefois, alors que j'étais encore un jeune roi, elle a essayé de me voler le trône et de prendre le contrôle du Labyrinthe. J'ai réussi à la vaincre et ai enfermé son esprit dans une coupe. Mais le Gobelin chargé de la jeter dans les Marais de l'Éternelle Puanteur a échoué. La coupe a pris le contrôle de son esprit et l'a fait traverser un miroir donnant accès à ton monde. J'ai donc quitté mon royaume et me suis mis en quête de la retrouver. Quand j'ai vu ta mère qui s'apprêtait à te la donner, j'ai tout de suite réagi. Tu n'étais qu'une enfant, il fallait que j'arrête ta mère ou tu finirais comme ce gobelin qui avait eu la charge de jeter la coupe. Mais je n'ai pas réussi, du moins pas comme je le voulais. La coupe a marqué l'esprit de ta mère et moi, je n'ai plus eu la moindre occasion de m'approcher de toi ou ta famille pour réessayer de la prendre. »

Sarah réfléchit un moment, assimilant ce flot d'informations. Soudain, une question lui vint à l'esprit.

« Est-ce que ma… ma mère a eu les mêmes problèmes que moi, à cause de cette coupe ? »

« Ne te préoccupe plus de ça, c'est du passé », dit le roi en se levant pour quitter la pièce.

« S'il te plaît, Jareth ! Je… J'ai besoin de savoir. »

Le roi resta un instant immobile, puis répondit : « Oui. Ta mère s'est affaiblie mentalement, au fil du temps. C'est ce qui a provoqué sa mort. »

La jeune fille eut soudain l'impression que quelque chose se brisait en mille morceaux à l'intérieur d'elle-même. Cet accident de voiture… Ce bête accident de voiture… Si sa mère avait eu toute sa force…

Jareth quitta la pièce, laissant Sarah seule. La jeune fille se rassit comme un automate sur le lit et se remit à pleurer en silence.