Salut tout le monde

et surtout bonne rentrée. Et oui pour certains c'est la fin des vacances, d'autre le retour en classe ou au boulot...
Voilà pour la rentrée un jolie petit chapitre assez court mais bon je pense qu'ils vont être dans ses zones là les prochains

Un grand merci a mon correcteur jas comme d'hab qui a corrigé assez rapidement le chapitre deux fois et c'est donc grâce à lui que je reposte aussi vite. Applaudissement. (donc ce chapitre a eut 4 corrections donc dsl si des fautes s'y cachent rho les méchantes !)

Enfin voilà j'espère que cette suite vous plaît. Je me suis un peu amusé pour ce chapitre là et me suis fait plaisir. Car ce que j'attendais le plus et peut être vous aussi est enfin arrivé ! Et fait du bien non? (un peu de tendresse non?) Vous voyez de quoi je parle ? bah non vous l'avez pas lu encore ^^

réponse à un com :
sheppard 26 : Content que le chapitre précédent te plaise, j'espère que celui là aussi même s'il y a pas vraiment de surprise dans ce chapitre ni de révélation disons c'est un chapitre de transition. OUI ENFIN c'était long mais bon tant de puissances se mérite et l'avoir dans la douleur est l'essentielet l'unique ingrédient dans la construction. Rha les petites blagueuses qui se cachent pendant nos lectures...
Je l'écris surement comme ça car ça me rapelle les dards des guêpes et tout le tralala merci je corrigerai pour la suite

Sur ce bonne lecture

Chapitre 16 : L'amour, l'arme la plus puissante.

Rodney regarda, ébahi l'entrée du volcan disparaître. Il était à côté d'Astyan qui était resté figé. C'était la seule entrée qu'ils connaissaient : elle était maintenant condamnée. Astyan s'approcha et testa la solidité et la résistance du mur artificiel. L'entrée était bel et bien bouchée.

- Je suppose que c'était la seule entrée connue râla Rodney.

- Oui, hélas. Celles que nous connaissions ont été oubliées, ou comblées comme celle-ci maintenant raconta Lycas, navré.

- Je vais m'en occuper proposa Astyan entre ses dents, en observant la structure dans les moindres détails.

John étouffait, l'air commençait à manquer. Il était en vie, pour l'instant, plongé dans le noir. Il alluma la lampe de son arme. Ils étaient accroupis dans un petit espace sous l'effondrement du tunnel. Le visage d'Angéla était crispé par l'effort. Elle tenait toujours fermement le bras de Stefan. Lui aussi, était un peu livide. On aurait dit deux fantômes hantant ses murs. Angéla avait un genou au sol comme écrasée par un plafond plus bas que la normale. Le plafond était formé de débris issu de l'éboulement. Peut être qu'elle le soutenait vraiment. John dirigea sa lumière vers le haut et examina avec stupeur ce plafond suspendu au dessus d'eux. Il y avait des roches de différentes tailles, juste au dessus de leur tête, prêts à leur tomber dessus. Elles semblaient suspendues à l'aide de fils invisibles. John pensa que le temps s'était figé.

- Oh mon dieu… Qu'est ce … ?

John se leva à moitié, voulant toucher la structure. Il essaya de toucher avec le bout de son arme mais il rencontra une résistance. Angéla lui saisit brutalement la jambe et le força à s'accroupir à nouveau.

- Descends jura Angéla entre ses dents. C'est déjà assez difficile de maintenir mon bouclier en place...

-Ah. Donc cela vient de vous deux siffla John, émerveillé malgré la situation.

- Oui et on va manquer d'air sauf si je meurs d'épuisement avant remarqua Stefan.

John imaginait la suite. Soit il mourrait par manque d'air soit par écrasement. Mortel comme plan.

- Je suis désolé de… balbutia Angéla.

Elle avait comprit qu'il n'approuvait pas son plan.

- Ce n'est pas... commença John.

Il s'interrompit. Angéla regardait Stefan.

- Ce n'est rien, vous m'avez en quelque sorte prévenu coupa Stefan, pâle.

- Que faisons-nous maintenant ? demanda John en observant le bouclier.

- Creuser suggéra Stefan.

- Je n'ai pas emmené mes outils se moqua Angéla.

- Je ne pensais pas aux travaux manuels…Tu dois pouvoir forcer un chemin avec ton bouclier indiqua Stefan.

Elle pouffa de nervosité.

- J'arrive à peine à… C'est la première fois que je crée un bouclier. C'est la première.

- C'est sa première répéta John. On n'est pas sorti. Heureusement alors que tu n'as pas besoin d'entraînement.

- Tu penses ne pas en être capable comprit Stefan en haussant les sourcils.

- Bien résumé répondit Angéla.

- Je ne pense pas qu'on soit loin de la sortie supposa John, pensif.

Astyan était placé devant les débris, concentré. Il posa sa main sur la paroi rocheuse et ferma les yeux. Il projeta son esprit vers l'entrée du volcan, de l'autre côté de l'écroulement. Il passa par les porosités des roches. Il s'infiltra ainsi de plus en plus profond dans le tunnel. Il ignora les autres qui s'étaient remis aux aguets. Ils surveillaient les Wraiths. Astyan savait que les Wraiths ne pourraient pas l'atteindre tant que son bouclier le protégeait. Il cherchait surtout une autre présence de l'autre côté. Il la rencontra plus tôt que prévu et s'y heurta. C'était Angéla. Heureux, il accourut à sa rencontre. Il sentit qu'elle était affaiblie et il se concentra sur elle. Elle ne semblait pas blessée. Le groupe d'Angéla avait presque atteint la sortie. Il comprit immédiatement la situation. Quand le séisme s'était déclenché, ils n'avaient pas pu faire demi-tour. Ils s'étaient ainsi retrouvés coincés dans le couloir. Angéla avait eu juste le réflexe d'irriguer un bouclier autour d'eux. Il palpa celui-ci. Il se prit une décharge. Il était solide. Il fut émerveillé par sa conception. Elle y était parvenue sans entraînement. Lui-même avait mis une semaine pour en créer un petit sans effort. Un bouclier de cette taille devait consommer beaucoup plus d'énergie. Elle avait utilisé son électrique statique pour créer un bouclier autour d'elle, puis de ses amis. Elle avait juste excité les molécules autour d'elle pour éloigner les débris, en inversant leur polarité. Astyan la regarda, fier d'elle. Pour la première fois, elle avait utilisé son pouvoir consciemment. Il l'observa attentivement. Elle était pâle. Puis il regarda John. Ce dernier était agité et essayait de dégager des pierres, morceaux par morceaux. Il reporta son attention sur Angéla qui avait fermé les yeux, sûrement pour mieux se concentrer. Elle serrait toujours le bras de Stefan. Étonné, il regarda le contact entre Angéla et Stefan. Un flux d'énergie allait de Stefan à la jeune femme. Astyan effleura l'esprit d'Angéla. Le cœur d'Angéla accéléra. Ils entrèrent en communication mentale.

'Tu es venu' salua Angéla, joyeuse.

Elle n'était pas surprise de sa présence.

'Toujours, lui sourit Astyan. Tu puises ta force de Stefan'.

'Oui, c'est un genre… De sourcier. Je l'ai découvert quand il m'a aidé à éliminer le poison des Wraiths de mon corps. Il m'a transmis sa force. Malheureusement, il s'affaiblit'.

'Tire ta force de ton environnement'.

'Ta force ?' demanda Angéla.

'Non je suis trop loin. Les Wraiths nous encerclent. Je vais essayer de déblayer de mon côté' proposa Astyan en regardant John faire de même.

'Vas-y !' pressa Angéla.

'Je le fais déjà'.

Comme elle ne pouvait pas le voir sourire, elle le sentit.

'Que fais-tu encore là alors ?' l'interrogea Angéla.

'Je te distrait'.

'Mauvaise idée' grimaça Angéla.

En effet, John regarda impuissant, plusieurs roches glisser le long de son bouclier et s'écraser sur le sol.

- Oula doucement cria John, évitant une roche qui avait traversé le bouclier.

'Désolé' s'excusa Astyan.

Elle ouvrit les yeux. Astyan avait disparu en riant. Elle ne voyait pas en quoi sa situation était hilarante. Angéla soupira. John reprit son travail de déblayage. Les paupières d'Angéla tombèrent à nouveau. Elle divagua entre le songe et la réalité.

Elle ressentit toute la détermination d'Astyan mais aussi son amour féroce pour elle, de l'autre côté du mur. Elle rougit. Une vague de chaleur l'envahit. Mal à l'aise, elle se déplaça légèrement pour le cacher.

Soudain un autre esprit prit contact. Elle entendit une voix intérieure.

« Tu as trop tardé, je m'inquiétais ma liée. Que fais-tu ici ? »

La voix était moqueuse.

« Je suis coincée. »

Sa voix était plus un couinement qu'une voix fluide. Elle voulut rire mais n'osa pas.

Elle avait espéré que tous ses souvenirs sur le dragon aient été un rêve. Pourtant, elle le vit. Le dragon était bien réel. Le dragon se déplaçait. Il volait à l'intérieur du volcan, en suspension, remontant vers les cieux.

« J'ai préparé mes bagages pour partir. Je t'attends. »

« Partir ? Des bagages ? »

Angéla commençait avoir la tête qui lui tourne.

« Je t'accompagne. »

La voix était décidée.

« Est-ce pour ça que le volcan entre en éruption ?»

« Oui. Je n'apporte plus de protection en ces lieux. »

« Daniel pensait que le laboratoire lanthien se détruisait en réponse à la présence des Wraiths. »

Elle avait dit ça plus à elle-même.

« Les humains sont stupides. Ils ne voient pas plus loin que leur personne. Pourquoi es-tu coincée ? »

« Le volcan s'écroule et je suis encore dedans. »

Il soupira.

« Pff… J'ai déjà du boulot… Je te laisse libre quelques instants et tu te mets déjà dans le pétrin… En plus, tu es blessée. »

« Ce n'est rien » écarta Angéla.

« Vraiment, ce n'est pas ce que je ressens » renifla le Dragon. « Tu empestes la mort. Tu es vraiment dans de beaux…Draps. J'arrive. »

Elle ne voyait pas comment il allait pouvoir la rejoindre. Elle le vit se jeter dans le précipice et déployer ses ailes. Il se laissa chuter et déploya au dernier moment complètement ses ailes pour se stabiliser. Il plana dans un courant ascendant. La tête d'Angéla lui tourna, pris par un vertige alors que le Dragon volait. Il les battit ensuite pour reprendre de l'altitude gracieusement.

Alors que John déblayait le terrain peu à peu, Stefan s'était assis au sol, pour rejoindre Angéla qui était toujours à genoux au sol. Il l'avait attiré contre lui. Elle s'était laissée faire, concentrée et affaiblie par la dure tâche : maintenir le bouclier. Elle n'allait pas résister en plus. Il déplaça légèrement le corps d'Angéla pour se mettre plus à l'aise. Ainsi, il était appuyé contre le mur, Angéla dans ses bras.

- Elle est de plus en plus lourde remarqua Stefan.

John s'arrêta pour les regarder. Il s'approcha d'eux pour prendre le pouls de la jeune femme avec appréhension.

- Elle respire encore.

- Mais elle s'affaiblit, je le sens… Et moi aussi.

- Combien de temps pouvez-vous tenir ? demanda John soucieux.

- Je pense qu'elle peut puiser encore en moi pendant 10 minutes. Plus, ce serait catastrophique pour moi et pour elle. Car elle devra puiser dans ses propres réserves, si ce n'est pas déjà fait conseilla Stefan en regardant Angéla.

Il écarta une mèche de son visage. Il constata qu'elle avait de la fièvre.

- Ok réfléchit John en balayant le plafond avec la lampe de son arme. J'ai du C4.

- ?

- Ce sont des explosifs. Je peux nous créer avec un chemin. Mais on devra s'éloigner pour ne pas être soufflés par la force de l'explosion expliqua John.

- Et on ne risque pas de tout faire écrouler ?

- Si c'est un risque concéda John.

- Mauvaise idée… Encore… Une idée aussi stupide… Nous tuer souffla Angéla avec difficulté.

Elle avait encore les yeux fermés.

- Je réfléchis à un plan… A voix haute précisa John.

- Bonne idée apprécia Angéla.

Il lui toucha le front pour apprécier sa température. Elle augmentait.

- Stefan a raison. Il commence à faiblir reprit Angéla. Bientôt il ne pourra même plus marcher.

John se releva et essaya à nouveau sa radio. Elle grésilla. Les ondes ne passaient pas à travers les roches. Ils devaient être encore trop loin de la sortie.

Astyan se concentra.

- Ils vont bien ? demanda Mitchell à Astyan.

Ce dernier ouvrit les yeux.

- Oui mais ce ne sera plus le cas, si vous n'arrêtez pas de m'interrompre lâcha Astyan.

- Comment peut-il le savoir ? couina Rodney étonné.

- Il possède un lien particulier avec Angéla expliqua Daniel.

- Ce lien a été crée lorsqu'il l'a soignée précisa Mitchell. Il peut communiquer avec elle à distance.

- De la télépathie comprit Rodney.

- Puis il l'apprécie, disons ajouta Mitchell.

- C'est vraiment un … ? demanda Rodney discrètement.

- Un Ancien… Oui confirma Daniel. J'en ai bien peur. C'est un descendant direct.

- Pas d'ascension encore pour lui ?

- Non, il ne respecte pas les règles principales.

- Car c'est un guerrier comprit Rodney. Quelles sont ses compétences ?

- A part ce qu'il nous a montré… Nous ne le savons pas. Il est assez réservé.

- Comme Angéla remarqua Rodney. J'avais une étrange théorie à son sujet au départ… Je pensais qu'elle était…

- Une Ancienne ? coupa Mitchell. Non, elle est bien des nôtres. C'est un soldat. Elle est notre pilote dans cette mission.

- Un soldat qui a vécu la bataille de l'Antarctique, je suppose. Que lui est-il arrivé ? demanda Rodney, pensant déjà à de nombreuses théories. Qu'est ce qui a provoqué la venue de ses capacités particulières ?

- C'est arrivé sur place décrit Mitchell.

- Ils auraient dû m'écouter pour les radiations émises par l'arme Atlante. Elles étaient cancérigènes. Elles ont un haut potentiel mutagène et très radioactives.

- D'après les premières conclusions, les radiations sont mises hors de cause réfuta Daniel. Jack aurait plutôt été le parfait coupable. Il aurait cherché à réécrire son génome via le fauteuil des Anciens. Le problème c'est qu'il ne se souvient de presque rien.

- Une partie de son génome précisa Mitchell.

- Vous pensez qu'il a essayé de reproduire le patrimoine génétique des Anciens à partir de celui… D'Angéla. Mais cela n'a pas abouti conclut Rodney en regardant le tunnel bouché.

- Son intérêt pour Angéla… reprit Daniel en regardant Astyan. Il n'est pas dû à…

- Peut être admit Mitchell.

Il avala ses informations. Une question le taraudait tout de même.

- Est-elle capable d'effectuer l'ascension ? questionna Rodney.

Daniel le fixa du regard.

- Non répondit Daniel dans un premier temps. On ne sait pas encore quelles conséquences ont pu avoir ses transformations. Mais on sait que n'importe qui peut effectuer l'ascension, moi... Vous.

Daniel connaissait l'expérience qu'avait vécu Rodney.

- Vous avez eu vous-même une expérience à ce sujet. Moi-même, j'ai pu avoir un bref aperçu. Si elle peut le faire, elle aurait accès à de nombreuses réponses…Qu'est ce que… ? s'interrompit Rodney.

La terre trembla à nouveau. Ils fixèrent le volcan puis le vaisseau ruche.

- ça ne vient pas du vaisseau mais d'Astyan précisa Mitchell.

- Pourtant le vaisseau semble différent dit Rodney inquiet.

- Je ne sais pas, je ne ressens rien répondit Teyla les sourcils arqués.

Rodney reporta son regard sur Astyan qui semblait déplacer les graviers un par un. Celui-ci dégageait un passage.

- Les Wraiths ont déguerpi après l'attaque d'Astyan informa Ronon, essoufflé, arrivé à la hauteur de Rodney. Mais qu'est ce qu'il fabrique ?

Lycas arrivait aussi à sa suite. À eux deux, ils avaient pourchassé les Wraiths en fuite.

- Il délivre nos amis à sa manière expliqua Teyla.

- Et le C4 proposa Ronon, voulant accélérer le processus.

- Mauvaise idée. Le tout continuera à s'écrouler avec John en dessous précisa Rodney. Astyan déplace les particules, une par une et stabilise le tout.

- Comment ? Avec ses pouvoirs grogna Ronon.

- On peut juste l'aider, en le protégeant des Wraiths s'ils reviennent proposa Mitchell en s'éloignant.

- Ils se sont enfuis répéta Ronon.

- J'ai entendu mais ils n'abandonnent pas si facilement d'habitude sourit Mitchell.

- Astyan creuse un tunnel ? demanda Stefan à Angéla croyant avoir mal entendu.

Celle-ci était réfugiée dans ses bras, les yeux fermés. Elle parlait d'une voix très faible et tremblante. Ses lèvres tremblaient sous l'effort.

- Oui affirma Angéla avec difficulté.

John la regarda inquiet. Il la voyait diminuer de secondes en secondes. Il osait à peine lui parler :

- Il est loin ?

John fixait la paroi pour guetter la moindre trace d'Astyan.

- Je le sens… Il approche.

Puis elle se perdit dans le néant. Elle sentit Astyan à la lisière de son esprit. Elle le laissa entrer. Son corps commençait à manquer d'air. Elle paniqua.

- 'Calme-toi' intima Astyan.

- 'Je manque d'air' suffoqua Angéla.

- Non. Ralentis juste ta respiration. Tu dois te concentrer sur ma voix, et rester consciente sinon tout est perdu.

Il lui tendit la main.

- Je te sens.

- Oui. Je ne suis plus très loin. Mais tu paniques… Ton bouclier s'effrite. Il manque de substance. Concentre-toi.

- Je ne peux pas.

Elle se sentait partir, loin dans son jardin intime.

- Pense à autre chose lui conseilla Astyan.

- Je n'y arrive pas paniqua Angéla.

- Prends ma main. Je vais t'aider en occupant ton esprit. Tu t'en sors très bien promit Astyan.

Elle saisit la main timidement. Il la serra pour la rassurer.

- Viens. Suis-moi l'encouragea Astyan.

Elle hésita puis se décida à le suivre dans le désert de son jardin intime.

- Puis-je être vraiment faible… Ici ? demanda Angéla.

- Rarement lui répondit Astyan en choisissant ses mots.

- Je le suis en ce moment, c'est mauvais.

- Parce que tu as dû affronter beaucoup d'épreuves ces derniers temps… Plus que tu ne peux le supporter.

- Et si mon jardin disparaît ? S'inquiéta Angéla.

- Ce n'est pas bon signe concéda Astyan. Mais ce n'est pas le cas. Pas encore. Il s'efface mais il est encore là.

- Je l'ai déjà vu dans cet état.

- Quand ? dans quelle circonstance ? demanda Astyan, en lui jetant un coup d'œil.

- Lors de mon premier accident. Depuis il n'a plus été le même, il est devenu flou. J'ai dû le reconstruire pièce par pièce… Au début, les pièces à peine formées, se détruisaient automatiquement. Puis, peu à peu, j'ai gagné du terrain.

- Pourquoi en parler maintenant ?

- Parce que je me retrouve dans la même situation. Je reperds du terrain à nouveau soupira Angéla.

Astyan s'arrêta et lui fit face.

- Que veux-tu dire par perdre… « Du terrain » ? demanda Astyan en reprenant son mot.

- Ma personnalité s'effaçait… Elle était repoussée à la bordure de mon esprit par un corps étranger.

- C'est ce que tu ressentais une intrusion… Comme maintenant ?

- Oui, c'est presque similaire. C'est comme si on voulait m'enfermer, me faire taire, ou m'éteindre à jamais.

- Et là ?

- Ce n'est pas tout à fait identique concéda Angéla.

- En quoi ? demanda Astyan.

- Elle ne veut pas prendre ma place. Elle reste là, à attendre à la porte de mon esprit. Elle attend. Elle ne m'attaque pas. Je ne sens aucune griffe serrer mon cœur, ou égratignant mon cou pour m'empêcher d'exister. Pourtant, je perds pied… tenta d'expliquer Angéla ce qu'elle ressentait.

- Elle ? Tu la connais ?

- Non, je sais juste que c'est une femme. Elle me reste inaccessible.

- Je suis là maintenant. Il ne peut rien t'arriver la rassura Astyan.

Il l'attira à lui. Elle se laissa faire et se réfugia dans ses bras, la tête contre son torse. Elle s'y sentait en sécurité. Il lui caressa les cheveux d'un geste lent et apaisant.

- Il ne t'arrivera rien. Je te le promets. Je te protégerai promit Astyan dans un murmure.

- Pourquoi moi ? demanda Angéla presque résignée.

Elle s'écarta de lui et essaya de lire quelque chose sur son visage : la vérité. Astyan dû baisser la tête pour la regarder dans les yeux, à cause de leur différence de taille. Il lui souleva le menton.

- Tu m'as touché… Ici lui répondit Astyan en lui prenant la main et la posant sur le cœur. Je…

Elle lui posa le doigt sur ses lèvres.

- Non, je ne peux pas l'entendre… Je ne peux pas.

- De quoi ?

Il lui enleva doucement les doigts.

- Tu ne peux pas entendre que je t'aime… C'est bien ce que je ressens pour toi… Cet amour…

- Je ne pourrais jamais… Nous deux, c'est impossible.

- Parce que tu vis sur une autre planète ? La distance n'a pas d'importance. Entre nous, il existe un lien particulier, la distance ne comptera pas… Et s'il le faut, je viendrais sur Terre.

- Pour être loin des tiens ? lui fit remarquer Angéla.

- Je suis banni, je te rappelle grimaça Astyan.

Il lui caressa la joue.

- Ils te traiteront comme un rat de laboratoire imagina Angéla. Tu devras subir de nombreux tests avant de vivre normalement sur Terre.

- Comme toi ?

- Je ne suis pas…

- Peu importe coupa Astyan. Vous ne savez pas de quoi je suis capable et vous n'avez encore rien vu. Je ne les laisserai pas faire. Et s'il faut subir ses tests, je le ferais...Pour toi.

- Je ne peux pas te promettre…

Il s'approcha des lèvres d'Angéla et l'embrassa doucement.

- Non, je ne peux pas l'interrompit Angéla.

Elle s'écarta et s'arracha de son étreinte.

- Il y a une autre personne ? grimaça Astyan, triste.

Une douleur sourde serra son cœur. Il l'avait vue déjà embrasser plusieurs hommes : Lycas… John puis d'autres hommes, bien avant.

- Lycas ? interrogea Astyan.

- Non ! Notre histoire ne peut pas durer. Il est attaché à ses racines et moi aussi. Je vais partir rappela Angéla.

- Et il le sait ?

- Oui soupira Angéla.

- Et malgré ça, il a tenté le coup. Il voulait connaître le bonheur avec toi. Moi aussi, je veux le connaître. Je sais à quoi je m'attends poursuivit Astyan.

- Il n'y avait aucune promesse avec lui…

- Ici, non plus et pourtant… Avec lui, tu as accepté… Il t'apprécie, tu sais. Tu vas lui briser le cœur.

- Je sais. J'ai été trop loin avec lui… La situation m'a échappé avoua Angéla.

- Il n'y a rien de mal à se laisser aller… Si ce n'est pas lui… Alors peut-être John.

- On s'est juste embrassés, il n'y a rien eu d'autres coupa Angéla.

- Alors qui ? Je ne comprends pas… Daniel ? insista Astyan.

- C'est fini.

Elle ne comprenait pas pourquoi il insistait.

- Cameron ?

- Non, notre amitié compte beaucoup trop pour moi… Et pour lui. On ne peut pas la gâcher à cause de… Désir intime répondit Angéla.

- Tu l'aimes ?

- Non… Oui avoua Angéla.

- Et pourtant, tu ne veux pas…

- Non ! coupa Angéla. Notre amitié compte plus.

- Pourquoi ? Il t'aime aussi… Ah vous avez peur de perdre votre amitié si précieuse. Je ne comprends pas néanmoins… Tu es si compliquée chuchota Astyan, en lui repoussant une mèche. Tout pourrait être si simple… Ce que vous ressentez… Est si compliqué. J'ai des difficultés à tout analyser… Tu ne dois pas avoir peur de me faire du mal… Je ne connais pas la douleur. Ce sentiment m'est inconnu. Ce que vous appelez chagrin ne me touche pas.

Pourtant , il commençait à comprendre le mot : détresse, douleur...

- Que ressentez-vous alors ? demanda Angéla un peu perdu.

- Nous ne ressentons que l'amour pour autrui. L'amour fraternel est le plus fort. Il n'y a pas d'envie, de désir. Ce n'est pas dans notre nature. Nous ne sommes pas attachés aux objets, aux biens comme vous. Le matériel n'a pas d'importance expliqua Astyan.

... du désir, désir pour cette femme. C'étaient de nouveaux sentiments pour lui.

- Vous ne ressentez alors presque rien, ni peur, ni compassion, ni rage, ni colère, ou bien l'envie, la jalousie… Vous vivez à travers les autres. Mais vous, quelle est votre place ? Vos désirs ? Vous vous définissez toujours par rapport aux autres : mère, père, ancêtres… Vous n'avez pas de personnalité propre !

- Tu as fini ? questionna Astyan, amusé.

Le sourire aux lèvres, il posa un doigt sur ses lèvres.

- Non…

- Et je me définis comment ? coupa Astyan.

- A l'image des Anciens guerriers. De ta sœur… Ton frère. Mais tu es unique ! Le seul guerrier de ta génération. Tu dois écrire ton histoire… Ta propre histoire… Tu te définis même à travers moi. Tu penses être mon âme sœur… Tu es un homme à part entière avec des sentiments propres.

- Des sentiments que je ne comprends pas ou que tu m'empêches d'explorer. Car je n'ai jamais ressenti ça auparavant. C'est nouveau pour moi. Je ne sais pas… Comment l'appréhender, comment les accepter avoua Astyan.

- Tu dois apprendre à les comprendre, à les contrôler…

- Je ne peux même pas y mettre un nom. Qu'est ce que tu ressens, nommes ce que tu ressens… demanda Astyan.

- Là, en ce moment, je me sens maladroite avoua Angéla, anxieuse.

- Ce qui veut dire…

- Ce que je veux dire c'est que je n'arrive pas à te faire comprendre qu'il te faut y renoncer… On ne peut pas.

- Si on peut, ce moment est pour nous. Je sais que vous les humains, vous vivez l'instant présent. Alors vivons le.

- Vivre l'instant présent répéta Angéla à elle-même.

- Oui chuchota Astyan, doucement.

Il s'approcha de ses lèvres et les frôla doucement, puis avec plus de confiance. Cette fois-ci, elle se laissa faire, dans ses bras. Il la serra contre lui, une main sur sa hanche et l'autre caressant ses cheveux. Il quitta ses lèvres après un moment.

- Que faisons-nous ? soupira Angéla.

- Rien de mal, j'occupe ton esprit sourit Astyan, à son oreille.

Ses lèvres étaient proches.

- Ah oui, c'est vrai se rappela Angéla.

Astyan l'embrassa à nouveau, avec passion.

Elle se vit sur un balcon. Elle regardait l'horizon. Elle voyait une tour gigantesque qui détonnait dans le paysage. Elle était dans une Cité. Ce n'était pas la Cité qu'elle avait visité. Celle-ci était beaucoup plus grande. Elle s'étalait loin à l'horizon. Des Jumpers volaient au dessus de sa tête par milliers, allant d'une tour secondaire à une autre sans arrêt. Elle avait l'air d'être dans une tour secondaire importante. Elle se pencha et salua un vaisseau passant à proximité. Elle se retourna pour rentrer à l'intérieur. Elle passa devant une fenêtre. Elle s'arrêta, absorbée par la scène. Elle s'y approcha pour mieux regarder son reflet dans la fenêtre. Un reflet qui ne représentait pas son visage. Ce n'était pas elle mais une femme qui lui ressemblait, l'air grave : c'était Anéa, la Guerrière. Des flammes léchaient certaines tours et se reflétaient dans la fenêtre. Certains étages brûlaient, d'autres complètement détruits. La Cité était en guerre. Pourtant, elle n'était pas affolée par la situation. Elle semblait calme. Elle aurait dû être apeurée, mais non. Elle sortit de la pièce et se dirigea vers un téléporteur. Elle attendit calmement d'arriver à sa destination. Angéla imaginait presque la musique de certains ascenseurs d'entreprise sur Terre. Les portes s'ouvrirent et elle atterrit dans une salle, qu'elle n'avait jamais vue. Rodney ne lui avait pas montré cette partie de la Cité. Existait-elle aussi sur Atlantis ? Elle se dirigea directement vers un fauteuil peu confortable. Elle aurait dû avoir peur face à l'inconnu. Pourtant, elle semblait sereine. Enfin plutôt, la femme qu'elle possédait, était sereine. Elle savait comment l'utiliser. C'était le fauteuil des Anciens. Elle s'assit sur le fauteuil avec élégance. Puis, elle vit dans les miroirs de la pièce. Son visage, enfin celui de la femme qui était partout. Le visage était encore sévère. Elle avait vu déjà ce visage auparavant, plusieurs fois. Maintenant, elle pouvait enfin voir avec précision celui-ci. Elle l'avait vu aussi dans le tableau de sa chambre dans le vaisseau. Elle portait la même robe blanche et élégante. Mais elle l'avait vu aussi en rêve, il y a longtemps. Maintenant, elle était dans le corps de cette inconnue, comme témoin. Elle devait revivre le souvenir d'un événement très ancien ou d'un passé révolu. Les miroirs se mirent à tourner sur eux-mêmes. Ils tournaient individuellement. Elle put donc voir le panorama sur la Cité. Elle dominait presque toute la Cité. Le feu se propageait dans certaines zones. Elle l'ignorait. Elle savait que d'autres personnes s'occupaient à éteindre les incendies. Pour l'instant, il y avait plus urgent, comme la raison de ses incendies. Le bouclier de la Cité était désactivé car ils étaient censés être en sécurité. L'attaque de la Cité n'avait pas été prévue. La Cité était donc sans défense et essuyait de nombreux tirs. La femme mit immédiatement ce bouclier en marche, donnant un répit à son peuple. Fidèle à elle-même, elle demanda des nouvelles au sujet des dégâts, grâce au mode de communication globale de la Cité et tria les informations par urgence. Aucun blessé pour l'instant, il y avait que des dégâts matériels, peu importants.

- Quelles sont nos solutions ? demanda un homme derrière elle, avec hésitation.

L'homme n'osait pas la regarder, ni affronter son regard.

- Le bouclier subit de nombreuses attaques, il tiendra.

- Combien de temps ? voulut savoir l'homme.

- Pas éternellement, c'est sûr répondit la femme, vaguement.

- Il faut agir… hésita l'homme.

- Quand le Conseil me le demandera coupa la femme.

- Je sais que depuis que votre fille est décédée et que votre moitié est parti, vous ne prenez plus de décisions mais vous étiez une femme compétente et vous l'êtes toujours. Vous pouvez prendre des décisions à la place du Conseil.

- Il me faut l'approbation du Conseil et cela a toujours été le cas répéta Anéa.

- Mais le conseil est dissout se plaignit l'homme. Le Conseil fuit ! Certains membres parlent même de quitter la base définitivement.

- C'est impossible contredit la femme.

- Les rumeurs courent. Vous n'avez plus le pouvoir de décider certes, mais le Conseil… Vous leur avez laissé votre place pour nous gouverner mais vous êtes toujours un Premier et votre sagesse est sans égal. Aidez nous supplia l'homme.

Elle le regarda sévèrement. Pourtant, elle réfléchit tout de même à sa requête. Elle se tourna vers l'extérieur. Le soleil couchant se reflétait dans les vitres de la Cité. Son regard se dirigea vers le ciel, attiré par un mouvement. Des milliers de points jaunes explosaient à la surface du bouclier. Grâce à sa double vue, elle vit de nombreux vaisseaux ruches wraith autour de la Cité, l'encerclant. Ces derniers attaquaient sans relâche. Aucun sentiment n'apparut sur son visage. Car elle savait que tant qu'elle était en vie, la Cité resterait debout, fière. Et les autres Cités ? Pour l'instant, elle se sentait assez forte pour les protéger aussi malgré l'absence de ses partenaires, perdus à jamais. Leur absence lui serrait le cœur. Mais elle avait réussi à endurcir son cœur. Un de ses partenaires était encore en vie. Celui-ci était aussi son âme-sœur, son compagnon. Celui-ci s'était éloigné à cause de la guerre, pour affronter des Wraiths sur un autre front.

Elle avait senti son retour, tant attendu. Le vaisseau de son compagnon revenait de sa mission, le Guerrier sortait de l'hyperespace majestueux.

A son arrivée, il sema la zizanie dans la flotte ennemie. Elle regarda le vaisseau affronter l'ennemi sans répit avec le sourire. Puis le vaisseau traversa le bouclier sans problème. Elle attendit que son escorte, un autre vaisseau d'attaque arrive, commandée par un autre partenaire. Mais l'escorte ne vint jamais. Elle apprit alors que le Pacific avait été détruit sur le champ de bataille. Beaucoup de ses amis, présents sur le bâtiment avaient péri. Malgré la tristesse, elle accueillit avec joie, son compagnon puis impassible, elle regarda l'homme toujours à ses côtés. Angéla reconnu le vaisseau, contrairement à la Cité. C'était le vaisseau qu'elle avait piloté, nommé Espoir par ses amis.

- Avez-vous des nouvelles ? demanda la femme.

Elle parlait du Conseil. Elle savait que l'homme communiquait avec tous les membres.

- Combien de temps vous voulez ? dit l'homme.

La question ne lui était pas destinée.

Il semblait écouter une autre conversation que la femme ne pouvait pas entendre. Si elle voulait, elle pouvait suivre la conversation mais elle respectait la confidentialité et l'intimité des autres.

- J'ai toute l'éternité moi ajouta la femme.

- Le conseil a voté la fuite s'excusa l'homme.

- C'est leur choix répondit la femme, avec dégoût. Je couvrirai leur fuite.

- Le Guerrier doit aussi partir… continua l'homme avec hésitation.

- Pourquoi ne me parlent-ils pas directement ? répondit Anéa avec colère.

Le Conseil voulait éviter de lui parler car il lui demandait de donner la seule chose qu'elle ne pouvait pas.

- Vous n'êtes plus membre du Conseil et je suis leur porte parole lui rappela l'homme. Et il demande que le Guerrier parte avec eux.

- Laissant la Cité principale sans défense rétorqua la femme.

- Soyez réaliste. Vous êtes les derniers des Premiers. Parthus est fou. Votre compagnon est beaucoup plus jeune que vous… Vous êtes en train de mourir.

- Allez droit au but coupa la femme.

Elle en avait assez de parler avec cet homme alors que sa concentration était sur la défense de la Cité.

- Le Conseil pense… Nous pensons que votre gloire est finie rectifia l'homme. Votre existence prend fin.

- Et c'est pour ça que vous abandonnez la Cité ? Parce qu'on ne sera plus là… Où est votre courage, votre fierté ?

- Nous sommes des pacifistes ! couina l'homme pour se défendre. Vous êtes la seule avec Astyan à pouvoir contrôler la Cité, à pouvoir l'alimenter. Sans vous, elle ne serait plus là… Et vous n'êtes pas éternels, on le sait.

- Le Guerrier aussi doit être contrôlé par un de nous indiqua la femme.

Une boule de feu s'écrasa sur une tour voisine. La femme regarda le feu se déclarer, sans émotion. Elle avait relâché son attention, juste un petit instant. La boule n'était pas passée loin. Son manque d'attention avait failli lui coûter la vie, leur vie. Elle jura et renforça le bouclier.

- Oui, un de vous doit rester ici et l'autre venir avec nous confirma l'homme, se remettant de sa peur.

- Parthus ne part pas dit la femme. On ne peut pas infliger un autre voyage difficile à mon vieil ami.

- Oui sans aucun doute accepta l'homme, le visage fermé.

- Non! Non, je ne peux pas accepter. Il est hors de question ! hurla Anéa de colère, faisant trembler toute la Cité.

Elle savait ce qu'il lui demandait. Il voulait qu'elle se sépare de son âme-sœur.

- Ce n'est pas une demande lui apprit l'homme.

- Nous ne recevons pas d'ordre s'emporta la femme, en se levant, en colère. Nous avons été assez séparé.

Malgré sa distance avec le fauteuil, elle continuait à contrôler la défense de la Cité.

- On sait bien répondit l'homme compréhensif. On vous en demande trop mais un de vous doit rester ici pour détruire la Cité.

- Détruire la Cité ? s'exclama la femme, sidérée, le croyant fou.

Elle pensait qu'elle devait la défendre et la mettre à l'abri.

- Oui, c'est notre décision… dit l'homme, parlant au nom du Conseil.

Furieuse, elle se rassit dans le fauteuil. Angéla vit son visage passible, devenir livide dans un miroir. Tremblante, elle ferma les yeux. Elle chercha à contacter son bien-aimé. Il ressentit sa détresse. Il lui envoya une vague d'apaisement. Angéla se ressentit immédiatement mieux. Le corps de la femme se détendit.

- Nous ne pouvons pas être séparés reprit Anéa, rouvrant les yeux.

-Si. Vous le pouvez pendant deux mois… Cela suffira à nous escorter loin d'ici.

- Si vous tardez, nous mourrons.

- On le sait.

- Où allez-vous ? demanda Anéa.

- Nous retournons sur nos anciennes bases… Le premier conseil va à Sakharah, les autres seront répartis ailleurs.

- Ils vont vous poursuivre remarqua Anéa.

- Oui, une partie. Nous pensons que la destruction de la Cité principale va détruire une grande partie de la flotte de Wraiths. Le Guerrier occupera les derniers résistants. S'il en reste, nous serons en mesure de nous battre.

- Et la Terre ?

- C'est trop loin, nous avons pu y partir grâce à Parthus et Astyan. Ta résurrection tardive a été aussi un réel bénéfice. Nous, on ne sera pas assez puissants pour y retourner répondit l'homme, avec tristesse.

- Pourtant vous pourriez insista la femme.

- Peut-être mais nous ne sommes pas près à tant de sacrifices. La nouvelle génération n'atteint pratiquement jamais votre contrôle de soi et votre maîtrise. Ils sont trop peu à l'atteindre. Nous devons fuir et la Terre nous est inaccessible maintenant.

- Et si je refuse de détruire la Cité ?

- Vous n'aurez pas le choix, vous devez nous sauver. Le Conseil a tranché trancha l'homme.

- Bien se décida la femme, résignée. Combien de temps vous avez besoin ?

- Combien de temps Astyan peut nous déplacer ? Deux mois ?

- Astyan ne peut pas…

Elle ne voulait pas le laisser partir.

- Ce n'est pas négociable. Je vous promets qu'il pourra revenir vous rechercher.

Mensonge. Elle savait qu'il mentait. Le Conseil savait très bien qu'elle mourrait dans l'explosion de la Cité. Et même si elle ne mourrait pas dans l'explosion. Il avait raison, son temps était compté. Elle mourrait et la séparation avec son compagnon avait trop duré. Les séparer à nouveau allait accélérer son déclin. Elle haussa les épaules. Elle acceptait son sacrifice.

L'homme alors la salua et se sauva pour évacuer les lieux. Il fuyait. Il avait très peu de temps avant le départ.

- Je vous donne 10 minutes, l'invisibilité vous protégera.

Elle savait que toute la Cité l'avait entendu, même si elle avait parlé à voix basse.

Ainsi, elle vit un à un disparaître les cités adjacentes, plus petites. Elle frôla la conscience de son bien-aimé. Ils savaient que c'était la dernière fois qu'ils se parlaient. Son cœur se serra car elle savait qu'elle ne pourrait pas le revoir. Elle avait un mauvais pressentiment. Elle aussi allait disparaître comme ses amis. Une larme coula sur sa joue, sa seule émotion. Puis elle ferma son esprit. On ne savait jamais, les Wraiths pouvaient espionner ses pensées.

La dernière cité disparut devant elle. Elle regarda le ciel. Le bouclier de la Cité était zébré de lumière jaune, provoqué par l'impact des coups.

Peu à peu, elle ne ressentit plus aucune présence dans sa Tour, ni sur la planète. Ils avaient évacué la planète. Ils se préparaient au départ.

Ils s'étaient mis d'accord avec son mari. Il devait emmener leur vieil ami de force. Parthus devait partir pour sa propre sécurité. Parthus résistait au départ. Il ne voulait pas abandonner la Cité et Anéa. Il lui fit la promesse de la retrouver. Elle sourit. Il voulait toujours trouver une solution.

Soudain, elle se sentit seule. Les Cités s'étaient détachées de la Capitale, la Cité mère. Sa Cité. Elle vit grâce à sa double vue, les Cités s'éloigner, évitant les vaisseaux ruches, sans se faire détecter, grâce à l'invisibilité qu'elle avait formé. Elle avait créé un leurre pour cacher leur départ en créant l'image exacte de toutes les cités. Un à un, elles démarrèrent leur hyperpropulsion. Elle était maintenant seule, abandonnée à son sort. Elle programma alors la destruction de la Cité, à contrecœur. Elle diminua le champ d'action du bouclier, qui n' avait plus de cité à protéger. Les yeux baignés de larme, elle se leva et s'approcha au bord du balcon. Elle regarda le vide et admira sa Cité. Enfin elle vit le Guerrier partir à la suite des Cités secondaires, des fuyards, couvrant la fuite. Elle leva la main droite, comme pour faire un adieu. Mais personne ne pouvait le voir. Une lumière recouvrit son corps, faisant briller sa peau. Une boule chaleureuse quitta sa paume et se dirigea vers le vaisseau. C'était son adieu.

Les Wraiths n'avaient pas remarqué la fuite des Atlantes. Ils avaient leur attention concentrée sur la Cité encore visible. Anéa espérait que les autres allaient s'en sortir. Elle espérait que leur plan allait fonctionner. Car tous les Wraiths n'étaient pas réunis au même endroit, autour de la Cité. Elijah, un vieil ami et ennemi était à la tête de cette troupe. Il avait une vengeance personnelle à résoudre. Debout, elle contrôla à distance le fauteuil des Anciens.

- Que du gâchis pensa Anéa. Nous avons été des trouillards. Le courage nous a manqué.

Elle caressait le mur comme un être vivant.

- Tu ne mérites pas cette fin.

Elle se mordit la lèvre. Elle ne pouvait pas se résoudre à détruire le Cœur d'Atlantide.

Atlantis avait emmené la plupart de leur secret mais tout son âme était ici, toute l'histoire de son peuple était là dans le Cœur. Le Cœur d'Atlantide battait encore, plein de vie. Et elle pouvait encore faire en sorte qu'il batte encore. Elle avait une idée. Cela ne changeait pas les plans du Conseil au sujet de la destruction des vaisseaux ruches. Elle allait bien les détruire mais la Cité elle allait survivre, lui survivre à elle.

Décidée, elle sortit de la salle d'observation et de contrôle. Elle n'avait pas besoin d'être sur place pour contrôler la Cité. Son lien avec le Cœur était étroit, elle pouvait contrôler chaque partie de la Cité. Au pas accéléré, elle passa devant de nombreux couloirs sans y faire attention. Ils étaient vides maintenant. Elle n'avait pas le Guerrier pour se battre mais elle avait elle, comme arme et toute son énergie. Elle se dirigea vers la salle de contrôle de la Porte. Devant les consoles, elle chercha une adresse bien précise.

- La Terre bleue chuchota Anéa.

Sa configuration avait un peu changé. Les autres Cités n'avaient pas assez d'énergie pour retourner sur Terre mais la Cité le pouvait. Elle programma le trajet et le pilotage automatique. Le Cœur d'Atlantide allait retourner sur Terre vers le lieu de son origine. Satisfaite, elle entra le code d'accès et d'identification. Le programme était lancé.

Elle se dirigea ensuite vers le garage de Jumper sans se presser. Angéla avait déjà vu un Jumper mais le fait que ce soit elle, seule qui le commande était une tout autre sensation. Elle entra impuissante dans le Jumper, ressentant tous les sentiments de son hôte. Elle dirigea son Jumper vers la terre ferme. Elle sortit et trouva l'endroit idéal pour s'installer. Assise au sol, elle admira un instant la Cité, le Jumper derrière elle. Elle savait que la Cité paramétrait l'énergie nécessaire pour le voyage. La Cité serait bientôt prête et elle aussi. Anéa était prête à lui créer une sortie, vers la liberté.

Elle savait que dans quelques minutes, la Cité allait disparaître devant ses yeux. Elle ferma les yeux et respira à fond. Angéla sentit l'air autour de ce corps étranger se charger en pression. La femme qu'elle possédait, semblait attirer l'air vers elle, créant un vide autour d'elle.

Les vaisseaux ruches avaient senti que la Cité allait intervenir. Anéa devait protéger le départ du Cœur d'Atlantide et la camoufler aux yeux des Wraiths. C'était à elle d'intervenir. Elle réunit toute son énergie, une énergie accumulée durant toutes ses années d'existence et d'expérience. Elle avait vu tant d'enfants, de femmes mourir, de familles détruites depuis des milliers d'années de guerre. Mais aussi des amis, des proches… Elle allait mettre fin à ce massacre d'innocents. Elle contacta l'esprit d'Elijah, pour l'avertir. Elle ne pouvait pas l'attaquer sans préavis. Ce dernier lui répondit par des chuchotements, des mots doux. Ecœurée, elle lui demanda d'abandonner cette folie. C'était une folie de causer ce massacre pour assouvir une vengeance personnelle. C'était une vengeance que les Anciens avaient provoqué. Comme il ne voulait pas changer de position, elle prit la décision d'intervenir. Elle allait se suicider et elle lui montra sa future fin. Elle l'entendit crier. C'était un cri d'impuissance et de désespoir. En un instant, elle relâcha tout son pouvoir accumulé. Comme une explosion, il se propagea. Elle atteint le cœur de la planète avec son esprit. Elle déplaça les particules de fer et de nickel à grande vitesse pour déstabiliser le noyau de la planète. Elle accéléra la désintégration des particules du noyau liquide de l'astre, provoquant ainsi une surchauffe soudaine et importante. Elle créa une réaction en chaîne au niveau du noyau de l'étoile, comme pour une réaction thermonucléaire. Enfin elle provoqua l'explosion du noyau en fusion. Elle se nourrit de cette énergie soudainement libérée et le dirigea vers la Cité pour leur faire croire que l'énergie venait de celle-ci puis vers l'espace afin de détruire tous les vaisseaux ruches. La déflagration et la pseudo-destruction de la Cité détruisirent la plus grande partie de la flotte Wraiths. Angéla ressentit le corps d'Anéa brûlé. Angéla cria. Anéa ne cria pas elle. Elle vit tout se désintégrer autour d'elle…le Jumper, la nature, son corps… Chaque cellule lui était arrachée. Anéa regarda ensuite la Cité qui avait déclenché l'hyper-propulsion, partir. Cachée par l'explosion, la Cité prit la fuite. Elle vit un petit scintillement puis plus rien. La Cité était devenue invisible et s'envolait au loin. Elle avait réussi.

Choquée, Angéla sentit le corps d'Anéa encore vivant. Celle-ci était encore vivante, même après l'explosion, contre toute attente. Elle semblait aussi étonnée. Par contre, elle ne pouvait plus bouger. Angéla voulait bouger : paralysée elle pleura. Elle se recroquevilla sur elle-même pour diminuer la douleur. Puis une ombre la recouvrit. Faiblement, elle observa Elijah s'approcher d'elle. C'était le même visage que l'homme de la place du Marché. Le même homme qui l'avait blessée. Anéa n'avait pas réussi à le tuer. Son vaisseau n'avait pas été touché. Elle regarda, grâce à sa double vue l'espace, beaucoup de vaisseaux étaient détruits. Seul celui d'Elijah ne l'était pas. Angéla voulu fuir comme Anéa. Mais le corps ne lui répondit pas et elle n'avait plus d'énergie.

- Ne t'inquiète pas. Je vais m'occuper de toi susurra Elijah, la voix envoûtante, en lui caressant la joue.

Il avait des traits beaucoup plus humains que lors de sa rencontre. Il la porta avec délicatesse. Des images apparurent à Angéla. Des images qu'elle n'avait pas vécus, qui ne lui appartenaient pas mais aussi des images qu'elle avait vécus lorsqu'il s'était nourri d'elle. Angéla connaissait la suite. Anéa avait été sa prisonnière jusqu'à sa mort définitive.

Elle rouvrit les yeux et quitta les lèvres d'Astyan, le souffle court. Elle avait eu une étrange vision d'un autre temps, vécue par une autre personne. Astyan lui sourit avec douceur. Il n'avait rien vu.

Astyan rejoignit le groupe. John vit les particules glisser au sol et vit apparaître Astyan, leur sauveur.

- ça va ? demanda Astyan.

John haussa la tête. Astyan s'approcha d'Angéla et la souleva sans difficulté. Il la prit dans ses bras, contre sa poitrine. Elle se sentit en sécurité immédiatement. Elle sentit la brise fraîche, lui rafraîchissant le visage. Toute la tension dans son corps se dissipa, surtout dans ses épaules. Ses muscles se relâchèrent un par un. Elle se laissa faire quand Astyan la déposa dans les bras de Mitchell, avec précaution.

- Je dois refermer le tunnel informa Astyan.

- A cause des Wraiths supposa Daniel, avec regret.

Angéla ouvrit les yeux. Ils étaient tous dans un mauvais état, pleins de poussières. Elle demanda à Mitchell de la laisser. Elle s'épousseta et reporta son regard vers le ciel. Mitchell la soutenait quant même. Malgré l'absence de poids sur son bouclier, elle était encore faible.

- Ne t'inquiète pas. Ils sont inactifs informa Mitchell à son oreille. Ça va ?

- J'ai mal partout.

- C'est une bonne chose, n'est ce pas ? sourit Mitchell.

Elle lui sourit en retour.

- C'est ce qu'on dit.

Elle reporta son attention vers les cieux. Elle perçut une ombre familière se découper dans le ciel puis disparaître dans les nuages rapidement. L'ombre se rapprochait du vaisseau ruche.

- Il se passe quelque chose hoqueta Angéla.

- Je ne vois rien répondit Mitchell.

- Moi non plus. Je ne détecte rien ajouta Rodney.

- Il vaudrait mieux quitter les lieux ordonna John écoutant l'intuition de la jeune femme.

Ils évacuèrent donc les lieux.

- Elle a raison. Il se passe… Le vaisseau ruche subit des dégâts s'exclama Rodney ,stupéfait.

Angéla n'avait pas quitté des yeux le vaisseau. Elle pouvait deviner l'ombre ailée, s'attaquant au vaisseau de tout part. L'ombre cracha un flot de feu. Les autres ne virent qu'un vaisseau prendre feu puis exploser. Absorbés par la scène, ils entendirent tous un grognement de joie, comme un cri de liberté, de victoire. Ce cri avait été presque masqué par l'explosion. Ils se jetèrent au sol pour se protéger des débris chutant vers la planète. Mitchell protégea de son corps Angéla, en se couchant à moitié sur elle. L'explosion toucha leurs tympans, les rendant temporairement sourds. Le premier debout fut Astyan. Il se mit rapidement au travail, et il examina la situation. Il prit des nouvelles de chacun.

Ils se réfugièrent dans la forêt pour se mettre à l'abri des chutes des débris du vaisseau. Ils passèrent ainsi devant l'Ourse endormie.

- Qui a fait ça ? demanda Martin, curieux.

- Le volcan supposa Stefan qui regardait ce dernier réveillé.

Le vaisseau avait été pulvérisé et un nuage de cendres dévalait les pentes du volcan.

- On ferait mieux de bouger. Les dégagements gazeux du volcan peuvent être toxiques conseilla Rodney, un peu paniqué.

Il ne voulait pas mourir asphyxié par des gaz mortels.

Mitchell aida Angéla à marcher, affaiblie. Celle-ci passait du sommeillement à quelques moments de lucidité. Après un moment, Mitchell la porta malgré ses protestations. Astyan jetait des regards inquiets vers Angéla de temps en temps. Le frère de Martin n'avait trouvé aucune blessure apparente. Ni Astyan d'ailleurs. Pourtant, elle était dans un état critique. La fièvre continuait à envahir son corps et à augmenter. Ces derniers jours, elle s'était surpassée pour survivre. Elle avait dû mobiliser beaucoup d'énergie pour maintenir le bouclier autour de trois personnes, sous la pression d'un tas de roches volcaniques. Sans entraînement, en plus. Astyan savait que c'était la première fois qu'elle formait un bouclier personnel autour d'elle grâce à son pouvoir et son électricité statique anormale. Elle avait réussi à inverser la polarité des particules de l'air autour d'elle, modifiant ainsi sa propriété physico-chimique. Les roches, au lieu de se rapprocher s'étaient donc éloignées d'elle. Certains gaz de l'atmosphère étaient devenus ainsi lourds, très lourds et denses. C'était la peur et l'urgence de la situation qui avait déclenché son pouvoir. A présent, elle était vidée, complètement vidée pour la première fois depuis qu'elle s'était retrouvée dans cet état. La cause de son état était l'épuisement. Jamais, son corps n'avait été complètement dénudé d'électricité statique. Plus aucune tension n'habitait son corps. Astyan savait qu'avec le temps, elle allait se recharger comme une pile mais pas avant un petit moment.

Mais il n'y avait pas que l'état d'Angéla qui inquiétait Astyan. Il y avait autre chose. Il le sentait. Il y avait quelque chose de nouveau. Une chose se baladait à la frontière de l'esprit d'Angéla comme un prédateur. Il n'arrivait pas à la saisir, ni à l'identifier. La chose était juste là, frôlant son esprit, insaisissable. Parfois, Astyan s'arrêtait se sentant observer. Pourtant il ne captait rien. Il scrutait alors les environs, le ciel… Rien. Après un moment, il comprit que cette chose les observer pour les protéger. Un bref moment, il ferma les yeux et entrevit une chose : deux grands yeux rouges, cerclés d'or de bienveillance.

Fin du chapitre.

Alors vous voyez de quoi je parlais ? Non... bah tant pis. (Na!)

Vous avez aimez bah dites le

vous avez détestez bah dites le aussi...

Des questions bah posez les en gros Laissez un COMS

Tableau de bord:

chapitre 40 (17): Entre la vie et la mort, écrit (43 pages), en correction prévu Septembre