Merci à Lunastrelle, Sewell, Sylvie et Didine22 pour leurs reviews. Et merci à Didine22 pour avoir mis ma fic en Favoris.
Bonne lecture !
DISCLAIMER : Aucun personnage ne m'appartient, tout est à Jim Henson.
Chapitre 10 :
Un cadeau mystérieux
Lorsque Sarah s'éveilla, il lui fallut quelques secondes pour reconnaître sa chambre à l'université.
Depuis son retour du Labyrinthe, la jeune fille se sentait bizarre, comme déplacée. Elle n'arrivait plus à se sentir chez elle dans le monde des humains.
Cela faisait pourtant maintenant plus de trois semaines qu'elle était revenue. Elle n'avait reçu aucune nouvelle de Jareth ni de ses amis. Elle avait plusieurs fois essayé de les appeler, quand elle était seule dans la salle de bains face au miroir. Mais elle n'avait jamais eu aucune réponse.
Elle avait même prononcé la formule pour demander aux Gobelins d'emporter Foufou ! Mais cela n'avait rien donné. Comme si la magie avait définitivement quitté son univers. Et cela terrifiait la jeune fille.
Du coup, son esprit restait entièrement concentré sur le Labyrinthe, et ses notes en cours en pâtissaient. Elle ne faisait même plus attention à cette pimbêche d'Isabella Hauterive ni à sa bande. Mais elle avait aussi du mal à dormir. Et lorsqu'elle parvenait à fermer les yeux, elle faisait des rêves étranges, où elle traversait le Labyrinthe en quête d'une chose qu'elle n'arrivait pas à saisir. Elle ne mangeait plus beaucoup et elle se sentait faible.
Soudain, Sarah eut une idée. Tobby ! C'était lui qui avait souhaité que Jareth et les Gobelins l'enlèvent. Lui pourrait l'aider.
Toute excitée, la jeune fille se leva et se précipita dans la salle de bains pour vite prendre sa toilette. Une fois habillée, elle prit son manteau et son sac puis courut hors de la chambre.
Heureusement, elle n'avait pas cours aujourd'hui, c'était le week-end. Elle prit le premier train qu'elle put trouver pour rentrer chez elle, puis courut à travers les rues jusqu'à sa maison. Il pleuvait, comme ce soir où elle rentrait chez elle avec Merlin, en retard pour garder Tobby bébé.
Arrivée devant la porte de sa maison, elle entendit Merlin aboyer. La porte s'ouvrit. Karent apparut sur le seuil et cligna des yeux, ébahie.
Elle s'était attendue à tout sauf à trouver Sarah sur son seuil, trempée comme une soupe par-dessus le marché !
« Sarah… ? Mais que… ? »
Sarah n'attendit pas et franchit le seuil.
« Qui c'est, chérie ? » cria son père depuis la cuisine.
« C'est moi, papa ! »
« Sarah ? »
Son père passa la tête par la porte, tandis que Tobby accourut fou de joie pour lui sauter dans les bras. Sarah le serra contre elle en souriant.
« Tu es là ! T'as rien ! » cria l'enfant, tout joyeux.
« Évidemment, morpion ! Tu t'imaginais quoi ? »
« Ben, après ce que Jareth avait dit… »
Le regard de Sarah l'arrêta. Mais la jeune fille n'était qu'à moitié fâchée. D'accord, il ne fallait pas parler de tout ça devant les grands, mais en même temps, les quelques mots que son frère venait de prononcer la rassuraient. Elle n'avait donc pas rêvé toute cette histoire.
« J'ai décidé de passer vous rendre une visite surprise », dit Sarah.
Puis, sans attendre, elle monta à l'étage en entraînant son petit-frère, empêchant Karen et son père de parler davantage. Il fallait qu'elle parle en privé avec Tobby au plus vite, ça ne pouvait pas attendre !
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Assis sur son trône, Jareth réfléchissait. Les Gobelins se disputaient, comme de coutume. Mais il en avait l'habitude. Et surtout, il était obsédé par la même question depuis plus de trois semaines : Comment s'en était-il sorti ?
Il regarda sa main. La blessure avait disparu. Il ne comprenait pas. Sarah ne pouvait pas l'avoir soignée, elle n'avait pas ce genre de pouvoir. Quant à lui, il avait perdu, et il avait senti la vie commencer à le quitter dès l'aube suivant le jour de sa défaite. Alors quoi ?
Voyons, la règle était simple : le perdant ne pouvait quitter le royaume où il avait perdu. Sarah n'avait pas perdu, elle était parvenue à s'enfuir. Et pourtant, c'était lorsqu'elle avait quitté le monde de la Reine que cette dernière avait senti son pouvoir s'écrouler, à cause d'un déséquilibre, parce que la règle du gagnant et du perdant avait été violée.
Mais il n'avait pas désobéi, il était resté, lui, le perdant, et Sarah n'avait rien emporté de lui avec elle ! Rien… Une minute ! Était-ce possible que… ? Non !
Non, impossible. Ça ne pouvait pas être ça. Et pourtant, cette idée s'imposa brusquement dans son esprit. Au contraire, cela expliquerait tout !
Mais comment s'en assurer ? Il ne pouvait pas sortir du château pour l'instant, il devait s'occuper de certaines choses et… Bon, Hoogle et les autres s'en chargeraient.
Décidé, il se leva de son trône et se dirigea vers les couloirs du château. À cette heure matinale, Hoogle devait être dans les cuisines, à attendre son petit-déjeuner. Donc, direction les cuisines.
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Le chef cuisinier des Gobelins s'occupait à touiller le grand chaudron au-dessus du feu. Son assistante, une grande gobeline forte en gueule avec une grosse touffe de cheveux hirsutes blancs et de grosses lunettes, était à la grande table et s'occupait de préparer des plats.
En somme, un sandwich au saucisson de dragon pour Hoogle. Une fois le sandwich préparé, elle le mit dans une assiette et se prépara à l'emmener vers la petite table au fond de la cuisine où Hoogle patientait avec un autre Gobelin, un fantassin, quand elle vit une mouche voleter au-dessus de l'assiette. Saleté de mouche ! Presque aussi enquiquineuses que les fées, ces bestioles !
Elle fixa l'insecte du regard puis, lorsqu'il passa tout près de son visage, elle l'écrasa avec le sandwich.
Il n'y a qu'avec les nourritures que l'on a ces bestioles ! Se dit-elle.
Puis elle se dirigea vers la table et donna l'assiette à Hoogle. Le fantassin se tourna vers la cuisinière et dit : « Je pourrais avoir quelque chose en plus du sandwich, moi ? »
« Il y a déjà quelque chose en plus sur le sandwich ! » répliqua la gobeline avant de retourner près du chaudron.
Hoogle et le fantassin regardèrent le sandwich, puis aperçurent le cadavre de la mouche posé juste à côté. Dégoûté, Hoogle repoussa le sandwich. Le fantassin le renifla, puis prit la mouche et l'avala. Puis il prit le sandwich et le jeta derrière lui avec l'air dégoûté.
Hoogle suivit la trajectoire du sandwich et s'étouffa d'horreur en voyant que la nourriture avait frôlé Jareth. Le roi allait-il s'en indigner et le faire payer aux deux Gobelins, rien que par pure méchanceté ?
Non, à en juger son regard, c'était Hoogle qui allait écoper, car c'était vers lui que se dirigeait le roi.
« Bon-bonjour, votre majesté », dit Hoogle.
« Bonjour, Hautgroin. »
« Hoogle. »
« Hoogle, j'ai une mission à te confier. »
« Ah oui ? Quoi donc ? »
« Aller voir Sarah et t'informer à son sujet. Je veux savoir si la Reine des Poisons a réessayé de l'attaquer, ces derniers temps. »
« Après votre victoire, j'en doute, majesté ! » dit Hoogle.
Il sursauta en voyant Jareth se tourner brusquement vers lui. Il n'aurait peut-être pas dû essayer de contredire le roi.
« Euh, je ne dis pas que je ne vais pas exécuter vos ordres, votre altesse ! Mais, ça fait des semaines que Sarah essaie de contacter notre monde, elle n'a pas arrêté de nous demander de venir, et vous avez bloqué toutes les issues par précaution. Elle a même demandé à ce qu'on enlève le chien, tellement elle en avait assez de ne pas recevoir de réponses. »
Jareth secoua la tête avec agacement. C'était vrai, il avait bouclé les issues magiques d'Undeground, mais il l'avait fait par mesure de précaution. Toutes les portes d'Undeground avaient été scellées pour empêcher la Reine des Poisons de pénétrer cette dimension.
Mais maintenant, il était temps d'agir, plus de se cacher.
« Obéis,Hoogle. Tu peux emmener qui tu veux, mais retrouve Sarah et obtiens des renseignements », dit Jareth avant de quitter les cuisines.
Resté seul, Hoogle poussa un soupir. Bon, adieu le petit-déjeuner. De toute manière, il n'avait plus très faim. Et l'idée de revoir enfin son amie humaine le réjouissait. Il pourrait peut-être chiper de la nourriture dans le monde des humains, ils avaient tant de bonnes choses chez eux !
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Sarah entra dans la chambre de son petit-frère et sourit en voyant que rien n'avait changé : c'était toujours comme si une bombe avait dévasté l'endroit !
« Alors, grande sœur, le drôle de monsieur t'a laissé revenir ? »
« Je suppose… »
« Hein ? »
« Laisse tomber. Dis-moi, loustic, est-ce que tu as revu le drôle de monsieur, ces derniers temps ? »
« Non. Juste maman, papa, ma maîtresse et les camarades de ma classe. »
Sarah hocha silencieusement la tête. Son petit-frère non plus n'avait donc pas eu de nouvelles d'Underground. Étrange.
Soudain, la jeune fille éternua.
« Tu devrais aller te changer, t'es toute mouillée. Ton parapluie était troué ? » demanda Tobby.
« Non, je n'en avais même pas pris avec moi », soupira la jeune fille en se levant.
Elle sortit de la chambre et rejoignit la sienne. Une chance, il y avait quelques vêtements de rechange dans son armoire. Ses parents n'avaient apparemment pas encore eu le temps de faire le moindre changement dans sa chambre.
Une fois sèche et changée, la jeune fille s'assit devant sa coiffeuse et prit une brosse pour commencer à peigner ses cheveux.
Elle en était à son troisième coup de brosse quand elle vit Hoogle apparaître derrière elle dans le reflet du miroir.
« Promets-moi que tu seras là quand je me retournerai… » dit la jeune fille, en lâchant sa brosse.
Elle se retourna et sourit en voyant Hoogle assis sur son lit.
« Hoogle ! » cria-t-elle toute joyeuse en courant le serrer dans ses bras.
« Bonjour, Sarah ! » dit le gobelin.
Une fois les effusions passées, les deux amis s'installèrent plus confortablement sur le lit. Sarah lui demanda alors ce qu'il en était en Underground.
Hoogle lui raconta alors le retour inattendu du roi puis les mesures qu'il avait prises pour les protéger, elle et le royaume du Labyrinthe. Sarah l'écouta en silence, soulagée d'entendre tant de bonnes nouvelles.
« Dis-moi, Hoogle, comment Jareth a-t-il fait pour s'en sortir ? Il m'avait garanti que c'était sans espoir pour lui. »
Hoogle haussa des épaules.
« Il ne me l'a pas dit. Il m'a juste chargé de venir ici pour s'assurer que tout allait bien pour toi. »
Sarah secoua la tête. Il aurait pu venir lui-même. Mais Hoogle affirmait qu'il avait encore pas mal de choses à régler.
La jeune fille avait un peu de mal à y croire, mais bon. Soudain, un curieux grondement résonna. Sarah tourna la tête vers la fenêtre avec étonnement.
« De l'orage ? Avec ciel radieux ? » dit-elle.
« Euh… c'est mon ventre. J'ai faim ! » dit Hoogle, en se grattant la nuque.
« Oh, si ce n'est que ça ! Bouge pas, je te ramène quelque chose de la cuisine », dit la jeune fille.
Elle sortit en bas et vit ses parents en train de finir leur petit-déjeuner. Zut ! Pourvu qu'ils ne la retiennent pas pour une discussion quelconque, elle voulait vite remonter voir son ami.
« Alors, tu comptes rester avec nous pour le week-end ? » demanda son père.
« Euh, je ne sais pas encore, je dois y réfléchir », dit Sarah.
« Mieux vaut que tu repartes. Tu vas bientôt avoir des Partiels, non ? »
« L'année vient à peine de commencer, Karen ! » répliqua sèchement Sarah en ouvrant la porte du frigo.
« Et alors ? Il vaut mieux commencer à réviser tôt ! » dit sa belle-mère, comme si c'était l'évidence même.
Sarah poussa un soupir, puis saisit un sandwich au hasard et sortit de la cuisine, peu désireuse de rester plus longtemps avec son ignoble belle-mère.
Elle remonta l'escalier et se dirigea vers la porte de sa chambre, quand elle vit que quelque chose était posé juste dessus. Un paquet cadeau. Tiens ? D'où ça sortait, ça ? Qui l'avait déposé là ?
Intriguée, elle le prit et rentra dans sa chambre. Une fois la porte fermée, elle donna le sandwich à Hoogle qui se mit à manger avec appétit.
« C'est quoi, ça ? » demanda-t-il, en montrant d'un doigt le paquet que Sarah tenait dans ses bras.
« J'en sais rien. C'est pas toi ou un autre Gobelin qui l'a amené en venant ici ? »
« Non ! Il n'y a pas d'adresse ? »
Sarah examina soigneusement le paquet. Emballé dans un joli papier argenté avec un ruban rouge pourpre, il y avait une étiquette coincée sous le nœud papillon.
Sur l'une des faces du papier, on pouvait lire : « Pour Sarah Williams. »
Mais pas d'adresse ni de signature de l'expéditeur. Curieuse, la jeune fille dénoua le ruban et ouvrit la boîte. Elle fit la grimace en voyant ce qu'elle renfermait : une gargouille.
« Beûrk ! Celui qui t'a envoyé ça ne doit pas avoir beaucoup de goût », dit Hoogle.
En effet, cette gargouille était horrible. Petite, avec un visage et des oreilles de Gremlins, elle portait un bonnet et une tunique de gobelin et se tenait accroupie, les bras appuyés sur ses genoux, la tête dans les mains. Elle semblait fixer Sarah, les lèvres s'étirant en un sourire machiavélique.
« C'est curieux, ça me rappelle une vieille histoire du Labyrinthe », dit Hoogle.
« Ah oui ? Laquelle ? »
« Sais plus. Bon, il faut que j'y aille, Jareth risque de s'impatienter. »
« Tu reviendras ? » demanda la jeune fille.
« Oui, ne t'inquiète pas, Sarah. »
Avec un sourire triste, la jeune fille le regarda disparaître. Puis elle se tourna vers la gargouille posée sur le lit et fit la grimace.
« Qu'est-ce que tu regardes, toi ? » demanda la jeune fille.
Voilà ! Je sais, je fais durer le suspens, c'est ignoble, mais bon, je ne fais que suivre le rythme de l'histoire telle qu'elle me vient, c'est tout !
À votre avis, cette gargouille, c'est bon signe ou non ?
