Merci à Lunastrelle, Sylvie, ArynLuna et Dakota pour leurs reviews.
Bonne lecture !
DISCLAIMER : Aucun personnage ne m'appartient, tout est à Jim Henson.
Chapitre 15 :
Chez tante Gabrielle
La voiture roulait à travers les routes, loin de la ville. Assis sur le siège passager de devant, Karen lisait une carte, tandis que le père de Sarah conduisait.
« Pourquoi ta sœur Gabrielle a-t-elle acheté une maison au milieu de nulle part ? » demanda la belle-mère.
« Parce qu'en général, les fermes sont au milieu de nulle part et qu'elle en voulait une, justement ! » dit Sarah, sur le siège arrière, à côté de Tobby.
« Une ferme ? Tu trouves ça prudent de laisser les enfants seuls au milieu de nulle part pendant tout le week-end ? » demanda Karen.
« On ne sera pas seuls, Tata Gabrielle sera là, et moi aussi, je suis une adulte, rappelle-toi ! » dit Sarah.
Finalement, la voiture quitta les petits sentiers pour traverser d'immenses champs de maïs.
« Il n'y a vraiment que Gabrielle pour s'installer dans un trou perdu comme celui-là ! » dit Karen.
« Personne ne t'a obligée à nous accompagner », dit Sarah.
« Ne commencez pas, toutes les deux », dit son père.
La voiture s'arrêta bientôt devant une maison au bout des champs, près d'une éolienne et d'un imposant réservoir d'eau.
Karen sortit de la voiture. Ses belles chaussures à talon se posèrent dans une flaque de boue. Sarah et Tobby étouffèrent un rire. Eux avaient mis des salopettes, des chemises et des chaussures de randonnée. Karen, elle, portait un tailleur et des bijoux chics.
« Tu fais tache dans le décor, il faut bien le reconnaître ! » ricana Sarah.
« Oh, ça va ! » fulmina Karen.
« Je me demande où est Gabrielle ? » demanda le père de Sarah.
Tobby se mit à l'appeler. Tous crurent percevoir un rapide mouvement dans leur dos, dans les champs de maïs.
Sarah sentit soudain une douleur dans son ventre. Une sensation de panique l'envahit. Comme si le bébé percevait un danger.
« Je vais voir, attendez-moi ! » dit Tobby, tout content.
« Non, Tobby, reviens ! » dit Karen.
Sarah se mit à le suivre. Tant pis pour ce que lui disait son bébé, elle ne pouvait pas laisser son petit frère comme ça !
Elle se mit à courir à sa suite. Heureusement, elle n'était pas encore trop grosse, elle pouvait faire quelques efforts.
Mais Tobby n'alla pas loin. Il s'arrêta bientôt au milieu de l'allée. Sarah lui prit la main et lui fit signe de repartir, quand quelque chose passa dans leur dos, dans une autre allée.
« Tata Gabrielle ? » dit Tobby.
Frère et sœur coururent dans l'allée, quand soudain, Sarah s'arrêta, évitant de justesse un poteau planté au milieu du chemin. Mais pas Tobby, qui se cogna le front.
Sarah s'accroupit auprès de lui et posa la main sur l'hématome qui commençait déjà se former sur le front de l'enfant.
Une douce lumière brillante sortit de ses doigts et toucha le front de l'enfant, faisant disparaître sa blessure. Sarah remercia mentalement son enfant, puis regarda Tobby ouvrir les yeux, l'air perdu.
Il leva les yeux et poussa un cri de peur. En haut du poteau qu'il avait percuté se tenait un épouvantail. Quatre corbeaux se tenaient sur ses bras en croix et crossaient, comme pour se moquer de la maladresse de Tobby.
« SARAH ! TOBBY ! On l'a trouvée ! » cria le père.
Tous deux firent alors demi-tour et se dirigèrent vers la maison. Là, près du grand pommier, Karen et son mari discutaient avec une femme. Elle avait des cheveux noirs et portait une robe de fermière tirant sur le rose. Des bottes en caoutchouc complétaient sa tenue.
« Sarah ! Tobby ! Ça me fait plaisir de vous voir », dit Gabrielle en les serrant chacun dans ses bras.
Elle fit de même avec son frère. Karen s'approcha en retenant un sourire pincé. Mais au moment où Gabrielle la serra contre elle, la belle-mère entendit un bruit de succion. Elle s'écarta pour découvrir qu'une grosse tache noire souillait son beau tailleur. Cette tache venait de la robe de Gabrielle.
« Je ne vous avais pas entendus arriver, je ramassais le fumier dans l'étable », dit Gabrielle.
Karen serra les poings pour ne pas hurler d'indignation.
« Je te confie nos enfants. Prends bien soin d'eux », dit le père de Sarah et Tobby.
« Comptez sur moi. Venez, les enfants, je vais vous montrer votre chambre. »
Une fois les valises tirées du coffre et les embrassades finies, la voiture repartit avec les parents à son bord.
Sarah et Tobby suivirent Gabrielle à l'intérieur de la maison. Le salon et la cuisine étaient dans la même pièce. La table de la salle à manger trônait au centre, avec un beau bouquet de fleurs des champs dans un vase.
Sarah se fit violence pour ne pas s'approcher avec d'en manger une ou deux. Ils montèrent à l'étage.
« Vous savez, je suis contente que vous soyez là. Vous allez pouvoir m'aider à travailler, je commence à peine l'exploitation de cette terre », dit Gabrielle.
« Comment tu l'as eue ? » demanda Sarah.
« Les anciens propriétaires la bradaient. Je l'ai eue pour une bouchée de pain. Il paraît que cette terre avait donné du fil à retordre à tous les anciens fermiers l'ayant possédée. »
« Et ça ne t'inquiète pas ? » demanda Tobby.
« Non ! Je veux cultiver bio. Pas de pesticides ni de grosses machines agricoles. Si je traite la terre avec amour et respect, elle me le rendra. »
Enfin, ils arrivèrent à l'étage. Gabrielle leur ouvrit la porte d'une chambre. À l'intérieur se trouvaient un bureau, une coiffeuse (Sarah en fut soulagée, il y avait un miroir !) et deux lits superposés.
« Je veux dormir en haut ! » dit Tobby.
« Si tu y tiens, morpion. Mais interdiction de faire du trampoline ! » dit Sarah.
« Promis ! »
« Installez-vous, puis je vous emmènerai travailler, on va bien s'amuser », dit Gabrielle.
Tandis que Tobby montait dans son lit pour en profiter, Sarah s'installa devant la coiffeuse et se regarda. Elle posa la main sur son ventre et repensa à l'étrange sensation qui l'avait envahie à proximité des champs.
Quel danger le bébé avait-il bien pu ressentir pour lui faire un tel effet ? C'était vraiment étrange.
Plus tard, tous deux descendirent et suivirent leur tante. Celle-ci commença par les emmener dans la grange où elle leur apprit à traire des vaches. Puis il fallut peindre les clôtures entourant le champ. Enfin, ils y entrèrent pour y planter de jeunes pousses. Puis ils rentrèrent dans la cuisine où leur tante leur donna de gros paniers à porter dans le dos, pour aller cultiver le maïs.
Alors qu'ils se dirigeaient vers le champ, Sarah ressentit à nouveau le malaise et bascula en arrière avec un gémissement de douleur.
« Sarah ! Est-ce que ça va ? » demanda Gabrielle.
Tobby s'approcha et vit que sa sœur était pâle. Elle semblait effrayée.
« Je crois qu'elle est fatiguée. Elle peut retourner dans le chambre se reposer, tata Gabrielle ? »
« Oui ! Je suis désolée, je vais vous laisser le reste de la journée pour vous détendre, les enfants. Après tout, c'est votre week-end, et vous m'avez déjà bien aidée », dit gentiment Gabrielle.
Tobby conduisit sa sœur jusqu'à leur chambre.
« Tu vas bien, grande sœur ? »
« Je ne sais pas », avoua Sarah.
« C'est le bébé qui t'a fait ça ? »
« Hein ? » dit Sarah, les yeux ronds.
« Jareth m'a prévenu, après l'attaque de la méchante gargouille. Le sortilège n'agit pas sur moi parce que je suis un enfant. Il m'a dit que je devais veiller sur toi, quand les gobelins ne le pourraient pas. »
« Ah… Il aurait pu me prévenir », maugréa Sarah.
« Dis, ton bébé te rend pas malade ? » demanda Tobby, inquiet.
« Non, ce n'est pas ça. C'est autre chose… » dit la jeune fille.
« On n'a qu'à demander à Jareth ! »
Soudain, le miroir de la coiffeuse brilla. Une jolie chouette en jaillit et prit la forme humaine de Jareth au milieu de la chambre.
« Inutile, je suis déjà là. J'ai vu ce qui s'était passé. Comment tu te sens ? » demanda-t-il en se mettant à genoux devant la jeune femme.
« Mieux, maintenant que je me suis éloignée du champ de maïs. Je crois qu'il n'aime pas ce champ. Quelque chose là-bas lui fait très peur, et j'ai ressenti cette peur avec violence, comme si c'était la mienne. »
Jareth posa la main sur le ventre de la jeune fille et ferma les yeux. Sarah sentit son corps se détendre, toute trace d'angoisse et nervosité la quitta, ses muscles se relâchèrent, sa respiration se fit plus calme.
« Mieux vaut que tu prennes la potion plus tôt, aujourd'hui. Et je vais essayer de découvrir ce qu'il y a dans ce champ. »
« Merci. »
Un quart d'heure plus tard, tandis que Sarah se reposait dans son lit, Tobby sortit de la maison avec une chouette effraie perchée sur sa tête.
Arrivé près du champ de maïs, l'oiseau quitta son perchoir et se dirigea droit vers les plantations. Tobby le suivit du regard jusqu'à ce qu'il disparaisse, puis il fila vers la grange, décidé à jouer avec les lapins.
Voilà pour ce chapitre ! Dans le prochain, ça va barder, croyez-moi ! On va découvrir ce qui fait aussi peur au bébé de Sarah. À votre avis, c'est quoi ? Vous avez une petite idée ?
