Merci à Zia-fe pour sa review.
Bonne lecture !
DISCLAIMER : Aucun personnage ne m'appartient, tout est à Jim Henson.
Chapitre 16 :
La ferme maudite
Le lendemain, aux premières lueurs du soleil, Sarah s'éveilla avec un sourire paisible aux lèvres. Elle avait bien dormi, elle se sentait nettement mieux.
Une fois habillée, elle descendit l'escalier menant à la salle à manger. Tobby était déjà installé, une assiette de pancakes devant lui. Mais le pauvre avait le visage bouffi et les yeux à moitié fermés. Sa tête penchait dangereusement vers l'assiette.
« Tiens ! La Belle au Bois Dormant est enfin réveillée ! » dit Gabrielle.
« Il n'est que sept heures et demie du matin, et on est dimanche ! » gémit Tobby en bâillant.
« C'est vrai. Tu sais, Sarah, ton petit frère ne voulait pas que je te réveille, il affirmait que tu avais besoin de plus de repos que lui. C'est curieux », dit Gabrielle en posant une assiette de pancakes devant Sarah.
La jeune fille comprit à l'air penaud de son frère qu'il avait failli parler du bébé. Il faudrait qu'elle ait une petite discussion avec lui, plus tard.
« Tu veux du sucre, du chocolat ou du miel avec tes pancakes ? »
« Du miel ! » répondit Sarah du tac au tac.
Elle réalisa qu'elle avait voulu demander du sucre, mais le bébé avait demandé du miel. Évidemment, le miel n'était pas loin du pollen des fleurs, cet aliment dont son enfant était friand.
Tandis que Gabrielle s'éloignait vers le buffet, Sarah se pencha vers Tobby.
« Tu as eu des nouvelles de Jareth ? Il sait ce qui se passe dans le champ de maïs ? » chuchota la jeune fille.
« Non ! Je l'ai vu s'envoler vers le champ puis il n'est pas revenu », dit l'enfant sur le même ton.
Sarah fronça des sourcils. Pourquoi cela prenait-il autant de temps au Roi des Gobelins ?
Une fois les pancakes engloutis, tout le monde se leva et sortit de la maison, prêt à passer une nouvelle journée productive.
Lorsque tous les trois eurent franchi la porte de la ferme, ils se figèrent et l'horreur se peignit sur leurs visages. Les champs… avaient été dévastés.
L'herbe verte autour de la maison avait jauni, les champs étaient remplis de tiges de plantes fanées, des épis de maïs pourris jonchaient le sol. Même les arbres autour de la maison avaient perdu leurs feuilles. Des corbeaux noirs étaient posés sur les branches racornies et regardaient les trois humains de leurs yeux mauvais.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? » dit Gabrielle.
« C'est comme si des sauterelles s'étaient abattues sur ces champs… » dit Sarah.
Même les jeunes pousses qu'ils avaient plantées dans le potager n'avaient pas été épargnées.
Sarah regarda autour d'elle, essayant d'apercevoir une chouette blanche. Mais Jareth n'était pas là.
Gabrielle courut vers l'étable pour voir les animaux. Lorsqu'elle entra, un grand cri retentit. Sarah et Tobby coururent la rejoindre.
Ce qu'ils virent fut encore plus horrible. Les poules étaient toutes allongées sur le sol. Leur corps était maigre, ratatiné. Elles respiraient avec peine, les os saillant sur la peau qui avait perdu presque toutes ses plumes.
Les chevaux et les cochons aussi étaient allongés dans leurs boxes respectives. Tous semblaient faibles et maigres, comme vidés de leur force et leur jeunesse.
« Qu'est-ce qui s'est passé, ici ? » souffla Sarah.
« Mes pauvres lapins ! » gémit Tobby en courant près des cages.
Les lapins aussi étaient en piteux état.
« Ne bougez pas, je file appeler la police ! C'est sûrement un coup du fermier du voisinage, il a toujours jalousé mes terres ! » dit Gabrielle.
Tandis que leur tante filait dans la maison, Sarah et Tobby s'approchèrent des chevaux.
« À ton avis, c'est un coup de la méchante Reine des Poisons ? » demanda Tobby.
« Ça ne m'étonnerait pas. Elle a peut-être utilisé ses pouvoirs pour empoisonner l'eau et la terre de toute la propriété. Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi Jareth ne se manifeste plus. »
« Je vais voir », dit l'enfant en se levant.
« Non ! J'y vais, moi. Toi, tu restes ici. »
« Mais Sarah… »
« Pas de mais ! »
Avant que son frère ait pu répliquer, elle sortit et se dirigea vers les champs. Elle s'arrêta soudain. Son enfant protestait, elle l'entendait gémir dans son esprit. Sarah posa les mains sur son ventre et ferma les yeux.
Si tu m'entends, je veux que tu arrêtes. Laisse-moi y aller ! Il ne se passera rien, je te le promets. Fais-moi confiance.
Les gémissements cessèrent. Mais le malaise était toujours là. Sarah prit une profonde inspiration puis se remit en marche à travers les champs.
Elle s'aperçut alors qu'une partie des champs avait été épargnée, vers la bordure des terres. Elle s'aventura bientôt entre des tiges de maïs pleines d'épis bien gras, prêts à être récoltés.
Curieuse, elle se pencha vers l'un d'eux. Les feuilles étaient légèrement écartés, laissant voir le maïs. Il avait une inquiétante couleur verdâtre. La couleur du poison.
Sarah fit la grimace. Sûrement un piège pour tenter les humains qui oseraient s'aventurer dans cette partie du domaine.
Elle se prépara à faire demi-tour, quand elle sentit un mouvement dans son dos. Elle se retourna, et crut voir une silhouette disparaître devant elle.
« Eh ! »
La jeune fille se mit à poursuivre ce mystérieux espion. Elle arriva bientôt devant le poteau où se trouvait l'épouvantail. Sauf qu'il n'y avait plus d'épouvantail.
Cette fois, Sarah sentit la peur l'envahir pour de bon. Elle aurait dû écouter son bébé et rester avec Tobby dans la grange.
Soudain, un ricanement retentit dans les airs. Le vent se mit à souffler, froid et menaçant. La pluie commença à tomber, rendant le sol boueux et glissant.
Sarah se mit à courir vers la grange. Elle allait franchir la zone de maïs empoisonnée quand elle entendit un autre ricanement, bien plus près d'elle.
La jeune femme n'eut pas le temps de réfléchir, deux mains la saisirent à la taille et la tirèrent en arrière. Une fois de retour près du poteau, les mains la firent se retourner. Elle put alors voir l'épouvantail devant elle, qui la regardait. Il avait changé. Au lieu des deux boutons qui constituaient ses yeux, on pouvait voir deux fentes noires. Il ouvrit la bouche pour émettre un nouveau ricanement.
Ce rire la fit réagir. Sarah sortit brusquement de sa frayeur pour se mettre en colère. Cette chose était maléfique, elle osait se moquer d'elle et elle n'allait pas se laisser faire !
« Lâche-moi, espèce de paillasse ! »
Elle se mit à la frapper de ses poings, mais le corps de l'épouvantail était mou, ses vêtements bourrés avec de la paille.
Soudain, elle vit l'épouvantail se pencher vers elle. Ses yeux rencontrèrent les deux fentes noires. Une lumière verte en jaillit alors et toucha ses yeux. Sarah sentit alors un grand froid envahir ses yeux pour se répandre sur le visage puis le cou, le torse, les bras, le ventre… Le bébé réagit soudain. Une lumière dorée se forma alors et repoussa celle de l'épouvantail. Sarah sentit une douce chaleur protectrice l'envahir, ramenant la vie dans son corps.
L'épouvantail poussa un cri et la lâcha. Sarah tomba au sol. Elle se redressa et se remit à courir vers la maison. Arrivée là, elle ouvrit la porte et entra, avant de refermer à double tour. Elle se laissa tomber au sol en gémissant.
Elle avait bien failli y rester ! Le salon était vide. Où était donc passée sa tante ? Et Tobby ?
Elle l'avait laissé seul dans la grange ! Elle se redressa et faillit se retourner pour ouvrir la porte, mais elle hésita. L'idée de risquer un nouveau face-à-face avec ce maudit épouvantail ne la tentait guère. Et si son bébé n'avait pas la force de la protéger une deuxième fois ? Ou pire, si elle le perdait ?
XxXxXxXxXxXxX
Tobby patientait dans la grange. Le vent soufflait, la pluie avait commencé à tomber. Sarah et sa tante Gabrielle ne s'étaient toujours pas manifestées.
L'enfant commençait à s'inquiéter. Soudain, il lui sembla entendre du bruit en provenance du fond de la grange.
Curieux, l'enfant se dirigea vers cette direction. Il aperçut la motte de foin géante que sa tante stockait là, pour renouveler le foin des boxes à nettoyer.
La motte remua. L'enfant poussa un cri quand il vit des poussins, des bébés lapins et un poulain en sortir.
Tous les bébés animaux s'étaient cachés là ! Apparemment, les parents animaux avaient été les seules victimes. Tobby s'approcha, mais tous les animaux eurent un geste de recul.
L'enfant tendit les mains pour les rassurer, quand il entendit du bruit dans son dos. Le vasistas au-dessus de la porte d'entrée de la grange venait de s'ouvrir. De puissantes rafales s'engouffrèrent à l'intérieur, soulevant la paille sur le sol. Les animaux se cachèrent à nouveau dans le foin.
Tobby plaça les mains devant ses yeux pour les protéger du vent, quand il vit une ombre s'étirer sur le sol, devant lui.
Il redressa la tête et vit qu'il s'agissait de l'épouvantail du champ ! Il se tenait là, debout devant lui, et le regardait avec l'air menaçant. Tobby prit peur et poussa un cri.
C'était encore pire que toutes les histoires que ses copains lui avaient racontées en colonie de vacances le soir au coin du feu !
Il voulut s'enfuir, mais l'épouvantail l'attrapa et le fixa. Tobby attendit qu'il ouvre la bouche pour le dévorer quand soudain, l'épouvantail leva la tête. Son visage afficha un air… contrarié ?
Soudain, un rayon de lumière le frappa et l'envoya valser contre le mur, l'obligeant à lâcher Tobby.
Ce dernier n'eut pas le temps de comprendre. Il vit Jareth courir vers lui, le prendre par la main et l'entraîner dehors. Ils traversèrent le maigre espace séparant la grange de la maison.
Sarah leur ouvrit la porte. Ils s'engouffrèrent à l'intérieur. La jeune femme referma derrière eux à double tour.
Tobby marcha comme un automate jusqu'au canapé où il se laissa tomber. Là, il se mit à trembler puis, ramenant ses genoux contre sa poitrine, il enfouit son visage dans ses bras et se mit à pleurer.
Sarah s'assit près de lui et le prit dans ses bras. Elle tourna la tête vers Jareth et dit : « Merci. »
Ce dernier acquiesça d'un signe de tête puis se tourna vers la fenêtre. L'épouvantail se tenait au sommet du grand pommier mort, entouré de corbeaux. Ils étaient coincés maintenant. Comment allaient-ils s'en sortir ? Et où était passée tante Gabrielle ?
