Merci à Lunastrelle pour sa review.

Bonne lecture !

DISCLAIMER : Aucun personnage ne m'appartient, tout est à Jim Henson.


Chapitre 17 :

Une illusion terrifiante

Sarah s'éveilla dans la paille. L'orage se déchaînait dehors. Un éclair particulièrement bruyant l'avait réveillée.

Elle vit Tobby, endormi à côté d'elle. Lui dormait bien. Mais il devait surtout être épuisé, après tout ce qui s'était passé dans la journée, avec ce maudit épouvantail.

Sarah s'aperçut alors que Jareth avait déposé sa cape sur elle penchant qu'elle dormait. Mais elle ne le voyait nulle part.

Serrant la cape autour de ses épaules, la jeune fille se leva et se dirigea vers la porte, espérant l'y trouver. Il ne les avait quand même pas abandonnés ? Elle le vit un peu plus loin, adossé à une poutre de la grange, fixant une boule de cristal au creux de sa main.

En la voyant, il effaça rapidement toute trace d'inquiétude de son visage.

« Tu ne dors plus ? »

« Je ne peux pas dormir, avec cet épouvantail dehors, qui a enlevé ma tante. »

« Je viens justement de découvrir quelque chose à son sujet. Dis-moi, ta tante a bien acheté cette ferme ? »

« Oui, pourquoi ? »

« Il se trouve qu'elle est bâtie sur une terre appartenant à des lutins particulièrement malveillants. Regarde. »

Il tendit le cristal à Sarah. Celle-ci vit alors un visage hideux apparaître dedans. On aurait dit un gobelin, mais son visage était plus buriné, couvert de rides noirâtres et poilu. Il ouvrit la bouche, révélant des crocs sanglants.

« Cette ferme… est maudite ? »

« Oui. Tant que des humains demeureront ici, la magie des lutins se déchaînera. Et l'épouvantail dehors ne se rendormira pas. »

Sarah réfléchit rapidement.

« Et ma tante ? Est-ce qu'elle est… ? »

« Je ne sais pas, Sarah. Désolé, je n'ai pas envie de sortir pour le vérifier. Sans compter qu'avec la tempête, je ne peux pas voler. »

Sarah se laissa tomber dans la paille. Elle voyait bien où Jareth voulait en venir. Ils devaient quitter la ferme, mais l'idée d'abandonner sa tante à son triste sort lui était insupportable !

Non, il fallait agir autrement. Une chose à la fois. Déjà, quitter cette grange, ils ne pouvaient pas y rester. Tobby était en danger ici.

« Bon, alors comment on sort ? » demanda Sarah.

« Je peux ouvrir un passage, mais… »

« Oui ? »

« Je vais avoir besoin de l'aide… de notre enfant. »

Sarah écarquilla les yeux. Comment comptait-il s'y prendre ?

« Très bien… » dit-elle, inquiète malgré tout.

Jareth hocha de la tête, puis tendit une main qu'il posa avec tendresse sur le ventre de Sarah. Il ferma les yeux. La jeune fille sentit l'enfant remuer à l'intérieur de son ventre.

Soudain, la pluie se fit moins forte dehors. Les bruits de l'orage résonnaient toujours, mais plus lointains.

Jareth rouvrit les yeux et passa la main sur son front. Ce qu'il venait de faire l'avait épuisé.

« Réveille vite ton petit frère et allez-y. »

« Mais… et toi ? »

« Je ne risque rien, je ne suis pas humain. Les lutins ne peuvent rien contre moi. Allez ! »

Sarah courut réveiller Tobby, puis l'entraîna vers la porte. Dès qu'elle l'eut ouverte, elle vit que l'espace avait changé.

Il pleuvait toujours, il y avait toujours de l'orage, mais un chemin sec et ensoleillé s'était formé au milieu. On pouvait voir une fine ligne de ciel bleu s'étendant droit devant, avec deux bandes de gros nuages pluvieux et zébrés d'éclairs à droite et à gauche.

Une fois la surprise passée, Sarah et Tobby se mirent en route, marchant aussi vite que possible.

Lorsqu'ils eurent franchi la barrière délimitant le terrain de la ferme, le chemin magique tracé pour eux disparut, et la tempête se déchaîna sur eux.

Sarah aperçut soudain une forme recroquevillée juste de l'autre côté de la barrière.

« Tante Gabrielle ! » cria Tobby.

Il lâcha Sarah et courut près d'elle.

« Tobby, non ! » cria Sarah.

Soudain, elle vit quelque chose remuer dans les buissons derrière l'enfant. L'épouvantail surgit derrière l'enfant et le saisit par la taille.

Tobby hurla de terreur.

« SARAAAAAAAAH ! »

« NON ! »

Sarah se jeta sur l'épouvantail et roula au sol avec lui. Elle se redressa en gémissant. Elle n'aurait pas dû tomber ! Son bébé en souffrirait-il ?

Elle n'eut pas le temps de se poser la question, elle vit l'épouvantail se tourner vers elle et l'attraper par la gorge.

La jeune fille gémit. À l'endroit où l'épouvantail l'avait touchée, un froid semblait se répandre dans son corps. La dernière chose qu'elle vit avant de perdre connaissance fut une forme blanche qui vola devant l'épouvantail, puis plus rien.

XxXxXxXxXxXxX

Sarah ouvrit péniblement les yeux. Elle avait mal. Elle vit qu'elle était dans un endroit qu'elle détestait : les oubliettes du Labyrinth.

Elle se redressa, ne comprenant rien à ce qui se passait. Pourquoi l'avoir amenée ici ?

Soudain, elle s'aperçut d'une chose : son ventre était moins gros qu'avant. Elle vit Jareth, debout à quelques mètres d'elle. Il semblait furieux et ravagé par le chagrin.

« Jareth ? »

« Tu es vivante », dit-il d'une voix tremblante.

Sarah frémit. Sa voix semblait sinistre !

« Tobby ? Est-ce qu'il… »

« Lui va bien, comme ta tante, ils ont été sauvés ! » dit sèchement le roi des Gobelins.

« Et… le bébé ? »

Jareth détourna le regard.

« Non… » dit Sarah.

« Tu as tué notre enfant. Je t'avais dit de fuir, mais tu n'as fait qu'à ta tête, comme d'habitude ! » cria le roi, avant de se détourner sans lui accorder un regard.

« JARETH ! » hurla Sarah.

Elle voulut se précipiter vers lui pour l'arrêter. Elle voulait qu'il lui laisse le temps de l'écouter, qu'il comprenne qu'elle n'avait pas voulu ça, mais ce fut trop tard. Il avait disparu.

Restée seule, Sarah se mit à pleurer toutes les larmes de son corps. Elle l'avait perdu !

Comment ? Sa chute, sans doute. Quelle idiote ! Irresponsable ! Pourquoi n'avait-elle pas obéi ?

Anéantie, elle se roula en boule et continua de pleurer. Elle ne voulait plus voir personne maintenant. Elle était seule, seule, seule !

Soudain, un rire retentit. Sarah se figea. Qui pouvait rire alors qu'elle sombrait en plein désespoir ?

Elle se redressa et vit alors une petite forme tapie dans l'obscurité, devant elle.

Effrayée, Sarah recula.

« Qui est là… ? Hoogle ? »

La mystérieuse forme s'avança. Sarah vit qu'il s'agissait d'une fillette. On aurait dit… elle ! Oui, c'était pratiquement elle enfant.

« Viens », dit son double enfant.

Sarah hésita. Elle n'était guère tentée, tout ça lui semblait bizarre. Et elle avait encore du chagrin, elle voulait qu'on la laisse seule, à sombrer dans son désespoir.

Mais cette version d'elle l'attirait de manière inexplicable. Elle se mit donc à la suivre à travers les ténèbres.

À mesure qu'elles avançaient, Sarah se sentit bizarre. Elle se sentait moins triste. Pourtant, elle avait toutes les raisons de l'être. Pourtant, il faisait moins froid.

Bientôt, elles arrivèrent devant trois portes, toutes semblables.

« Choisis en une pour sortir. Mais choisis bien », dit la petite Sarah.

« Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il y a derrière ? »

L'enfant allait répondre, quand le froid revint. Et avec lui, une odeur de roses pourries.

Sarah vit la Reine des Poisons apparaître.

« Allons, ne la fais pas attendre ! Choisis ! »

« Que faites-vous encore là ? » dit Sarah.

« Oh, mais je suis déjà venue dans ton esprit, ma chère Sarah ! »

« De quoi parlez-vous ? On est dans le Labyrinthe ! »

La reine émit un ricanement.

« Stupide humaine ! Je me demanderai toujours ce que Jareth te trouve. »

Sarah serra les poings. Cette reine avait toujours le don pour l'énerver.

Elle regarda la petite Sarah près d'elle. Tout ça… n'était qu'une illusion ? Elle ne comprenait pas.

Elle vit son double lever les yeux vers elle. Sarah se figea. Ses yeux… n'étaient pas les mêmes. Ils étaient vairons. Comme Jareth. Et elle avait de fines oreilles pointues.

Cette enfant… était son bébé ! Une matérialisation de son enfant. Saisissant sa pensée, la petite fille lui sourit, les yeux brillants d'un amour infini.

Sarah se mit à genoux et la regarda.

« Je ne t'ai pas perdu ? » souffla Sarah d'une voix tremblante.

L'enfant fit « non » de la tête.

« Je tiens ça de papa, je suis plus résistante qu'un humain. Mais j'ai besoin que tu prennes soin de moi. J'ai besoin de toi aussi, maman. Alors, fais attention, d'accord ? »

Sarah acquiesça, trop émue pour répondre. Elle serra fort l'illusion contre elle. Qu'importe qu'elle ne fût pas réelle, son esprit l'était, Sarah pouvait sentir sa présence.

Elle leva les yeux vers la Reine, qui affichait l'air contrarié. L'ignorant, Sarah se tourna vers les portes. Elle savait laquelle choisir :aucune.

Car la vraie porte, c'était le réveil.

XxXxXxXxXxXxXxX

Sarah s'éveilla et vit que Jareth se bagarrait toujours avec l'épouvantail sous sa forme de chouette.

Saisissant l'occasion, Sarah courut près de Tobby et le traîna jusqu'à la barrière. Elle le fit passer de l'autre côté, puis courut près de sa tante.

Son corps était plus lourd, mais elle parvint à la traîner jusqu'à la sortie. Là, elle se laissa tomber au sol, épuisée.

Elle vit alors la chouette cesser le combat puis voler jusque près d'elle.

Sarah fouilla alors les poches de sa tante et sortit son téléphone. Tandis qu'elle composait le numéro des urgences, la tempête cessa.

XxXxXxXxXxXxXxX

Debout au sommet de la colline, Sarah regarda la camionnette des urgences qui repartait,arrivait, puis les hommes en sortir pour s'occuper de Gabrielle et Tobby.

Elle s'était cachée avant leur arrivée.

« Tu ne vas pas avec eux ? »

Sarah se retourna pour faire face à Jareth.

« Non. Je crois que… je sais ce que je veux, maintenant. »

Jareth fronça des sourcils. La jeune fille avait changé. Elle affichait une assurance et un calme qu'il ne lui avait jamais vus.

« Quand j'ai découvert que j'étais enceinte, j'étais effrayée. Tout allait trop vite pour moi. Et en un sens… je crois que ça va toujours trop vite. Mais je sais maintenant que j'ai eu de la chance. »

« De la chance ? »

« Oui. Parce que c'est ce que je voulais. Je veux cet enfant. Et je veux être avec toi. J'aurais aimé que ça se passe moins vite, c'est tout. »

« Sarah, je ne veux pas que tu te sentes obligée de… »

Sarah le fit taire en posant un doigt sur ses lèvres.

« Tu ne m'obliges à rien. Je sais que c'est la bonne chose à faire. Et c'est ce que je veux faire. Je veux être avec toi. »

Jareth fixa la jeune humaine, essayant de sonder son âme. Qu'avait-elle bien pu vivre pendant ces derniers instants passés à la ferme pour en ressortir ainsi métamorphosée ?

Il l'ignorait. Sarah le regarda, attendant sa réponse. Elle ne tarda pas à venir. Il la prit dans ses bras et l'embrassa tendrement.

Tobby s'éveilla à bord de la camionnette, sur un siège. Alors qu'elle se mettait en marche et prenait la route, l'enfant aperçut sa sœur sur la colline. Jareth l'enlaçait avec tendresse.

Un arbre passa devant la fenêtre, les masquant un moment. Lorsque Tobby put à nouveau voir, ils avaient disparu.