Merci à Mearra, Cihanethyste et Melanie et pour leurs reviews. Et merci à Arynluna, Naralack et MissJ0K3R d'avoir mis la fic en Alert et Favoris.
Comme certains d'entre vous s'en doutent, la fic devait avoir une suite, "Le pouvoir d'un nom". Mais j'ai perdu l'inspiration que j'avais à l'époque sur le sujet, aussi ai-je remanié la fin de cette histoire pour que cela se termine bien malgré tout.
J'espère que vous n'êtes pas trop déçus…
Bonne lecture !
DISCLAIMER : Aucun personnage ne m'appartient, tout est à Jim Henson.
Chapitre 19 :
Épilogue
« Je retiens ton frère. Si tu veux le revoir, bois dans la coupe et viens me voir dans ma dimension. Seule, sans Jareth ni escorte. Tu as jusqu'à ce soir, au coucher du soleil. »
Sarah relut plusieurs fois le mot, s'attendant à y découvrir une faille, quelque chose qui prouverait que tout ça n'était qu'une mauvaise farce. Mais non. Ce mot était authentique.
Ce n'était pas possible ! Comment cela avait-il pu arriver ? Elle réfléchit rapidement. Si elle prévenait Jareth, il interviendrait et cela enfreindrait les conditions exposées dans ce message. Mais si elle y allait seule, elle serait vulnérable, et la reine s'en prendrait à elle et son enfant !
Quel horrible dilemme ! Que pouvait-elle faire ? Furieuse, elle serra les poings. La reine ne la laisserait-elle donc jamais tranquille ? Pourquoi en avait-elle après elle, pour commencer ?
Après ma mère, tu veux me prendre mon frère ? pensa la jeune fille en sentant des larmes couler le long de ses joues.
Finalement, elle n'avait pas le choix. Au moment même où elle prit sa décision, elle sentit le bébé s'agiter en elle. Mais cette fois, ce fut violent. Rien à voir avec les nausées quotidiennes. Elle sentit pratiquement une onde magique frapper son corps et la faire tomber à genoux. Il n'était pas d'accord et tentait de l'arrêter !
Sarah tomba au sol en gémissant, les mains crispées sur son ventre.
D'accord, tu as gagné ! Mais je t'en prie, arrête ! C'est trop pour moi !
Elle sentit la douleur refluer peu à peu. La jeune femme inspira profondément. C'était la première fois qu'elle sentait son bébé s'énerver ainsi ! Bon, elle n'avait plus le choix. Elle allait attendre que Jareth vienne et lise le mot. Il agirait en conséquence.
Soudain, elle sentit le bébé recommencer.
Oh non ! Ce n'est pas juste, j'ai rien fait, cette fois ! Arrête !
Mais elle comprit qu'il ne le faisait pas à cause d'elle. C'était la coupe. Des ronces sortaient de l'objet et rampaient vers elle.
Sarah essaya de se relever, mais son ventre pesait une tonne et elle avait mal ! Impuissante, elle regarda les ronces ramper vers elle et s'enrouler autour de ses bras. Elle gémit. Les épines se plantaient dans sa peau ! Mais soudain, elle sentit une nouvelle onde de magie la traverser. Celle-là n'était pas désagréable. Elle vit les ronces se rétracter jusqu'à rentrer dans la coupe.
Celle-ci prit une méchante couleur rouge, puis du liquide en jaillit, éclaboussant le sol. Une forme en sortit. La reine ! La reine en personne venait la voir.
« Bonsoir, Sarah. Je suis déçue ! Tu n'es donc pas venue me voir ? Oh… »
Sarah vit clairement ses lèvres afficher une forme évoquant la surprise. Puis ses lèvres s'étirèrent pour former un sourire carnassier.
« Quelle joie ! Je n'aurais jamais espéré ça, même dans mes rêves les plus fous ! C'est donc pour ça que tu n'as pas mordu à l'hameçon. »
« De… de quoi tu parles ? » haleta Sarah.
« Tobby n'est pas avec moi. Je ne l'ai pas enlevé. Par contre, je pense que je vais bientôt enlever ton bébé. »
« QUOI ?! »
« Oui ! Je voulais juste t'appâter, mais j'ignorais que tu étais enceinte ! Et cet enfant va bientôt naître, je le sens. Tu ne vois donc pas que tu as rendu les eaux ? »
Sarah s'aperçut soudain qu'elle avait raison. La douleur n'était pas juste due par la magie de son enfant, elle avait mal maintenant parce que le bébé commençait à bouger !
Elle sentit soudain une force invisible la soulever puis la déposer sur le lit. Impuissante, elle regarda la reine s'approcher puis écarter sa robe de façon à lui faciliter l'accouchement.
« Ce n'est pas possible… je ne peux pas accoucher maintenant ! Pas maintenant ! » gémit Sarah.
« Allons, Sarah, ne fais pas ta mauvaise tête ! Tu vas contrarier le bébé », ricana la reine.
« Toi, tu… Si tu fais du mal à mon bébé, je jure de t'arracher le cœur ! » hurla Sarah.
« Du mal à ton bébé ? Quelle idée ! Au contraire, j'en ferai mon égal, il sera mon héritier. En tant que descendant du roi d'Underground, il me permettra d'accéder au pouvoir du Labyrinthe ! »
« Non… JARETH ! HOOGLE ! »
La reine claqua des doigts. Un cliquetis résonna près de la porte, signe qu'elle venait d'être verrouillée.
Sarah se tordit de douleur en gémissant. Non ! Elle ne pouvait pas accoucher ! Pas avec l'aide de ce monstre ! Et pourquoi son bébé ne faisait-il plus rien pour l'aider avec sa magie ? Il était trop occupé à naître, évidemment !
Soudain, des cris résonnèrent à la porte. Elle reconnut la voix de Jareth, puis des gobelins. Ils essayaient de forcer la porte !
Sarah reprit espoir, quand elle sentit la reine poser une main sur son ventre. Elle sentit alors une douleur encore plus atroce dans sa chair. Qu'est-ce que la reine faisait ? Il lui semblait soudain que le bébé bougeait de manière anormalement rapide.
Elle accélère l'accouchement !
Sarah sentit l'odeur du sang avant même de le ressentir physiquement. La reine allait la tuer, elle en était sûre. Son bébé naîtrait orphelin de mère et ne connaîtrait jamais son père ni tous ses amis.
« Qu'est-ce que c'est ? Allez-vous-en ! »
Sarah ouvrit faiblement les yeux et vit que la reine semblait occupée à chasser des insectes.
Non, pas des insectes… des fées !
En effet, les fées voletaient autour d'elle en poussant des cris. Elles tiraient les cheveux de la reine, la griffaient, la mordaient sans aucune pitié.
Commençait à s'énerver, la reine se lever et fit de grands gestes pour les repousser. Elle marcha sur la coupe et perdit l'équilibre. Elle tomba dans la flaque de liquide et disparut à l'intérieur.
Les fées se penchèrent alors vers celle-ci et la touchèrent en murmurant d'étranges paroles. Elle disparut.
La porte s'ouvrit avec fracas. Jareth entra, suivi par Hoogle, Ludo, Didimus et Ambrosius.
« On a rien loupé ? » demanda Didimus.
« OH SI ! TOUT ! » hurla Sarah.
Jareth ouvrit de grands yeux lorsqu'il comprit ce qui se passait, puis ordonna aux gobelins d'aller chercher une sage-femme.
Il courut ensuite près de Sarah et lui prit la main. Elle la saisit avec joie et se mit à la torde tout en continuant de gémir.
« Pitié, fais de la magie, achève-moi, fais quelque chose, mais aide-moi ! » dit Sarah.
« Tiens bon, la sage-femme va venir… »
« Il est presque né, je le sens ! Elle a accéléré l'accouchement, elle… AAAAAAAAAAAH ! »
Jareth se tourna vers la porte et fut soulagé de voir une gobeline corpulente en tenue de paysanne entrer. Elle se dirigea vers Sarah, repoussa Jareth puis ajusta la position de la jeune femme avant de se mettre devant elle et l'encourager.
Tous les gobelins, qui se tenaient sur le pas de la porte, l'encourageaient aussi.
Sarah obéit et se mit à pousser lorsqu'elle le lui ordonna. Au bout de quelques minutes, la jeune femme sentit la douleur diminuer. Elle entendit des vagissements.
Elle rouvrit les yeux et vit que la sage-femme enveloppait quelque chose dans un lange. Une lumière d'un bleu incroyablement pur en émanait, comme une étoile.
« Ça y est, votre enfant est né ! » dit la sage-femme.
Les gobelins poussèrent des cris de joie. Jareth se tourna vers Sarah. Son sourire disparut lorsqu'il vit que la jeune fille avait les yeux fermés. Sa tête reposait sur l'oreiller, ses cheveux collaient à son visage baigné de sueur. Il tendit la main et prit son pouls. Plus rien. Elle venait de mourir.
Figé d'horreur, Jareth la regarda quand il sentit quelque chose contre sa poitrine. Clignant des yeux, il vit la sage-femme lui mettre le bébé dans les bras.
C'était une petite fille. Elle avait une jolie frimousse et regardait son père de ses magnifiques yeux vairons, comme les siens. Il s'efforça de sourire, mais son regard revint vers Sarah.
Comme si elle avait compris, la petite tourna aussi la tête puis tendit ses menottes vers sa mère. Jareth s'approcha de Sarah et repoussa une mèche sur le front de sa bien-aimée.
Il vit soudain une lueur jaillir de ses doigts. Une lueur bleue. Il regarda sa fille. Elle lui tenait le bras avec l'air concentré.
Il vit la lumière se détacher de ses doigts pour se répandre sur le visage de Sarah puis descendre le long de son cou et entrer dans son cœur.
La tête de la jeune fille remua, puis elle ouvrit les yeux. Stupéfait, ému, joyeux, Jareth regarda Sarah se redresser pour regarder autour d'elle avec l'air perdu.
Puis elle aperçut Jareth et leur bébé.
« C'est une petite fille », lui dit le roi.
Émue, Sarah prit l'enfant dans ses bras. Celle-ci lui sourit.
« Oh… Bonjour, ma puce. »
Dans l'encadrement de la porte, les gobelins regardèrent la scène avec l'air ému. Certains avaient les yeux larmoyants, d'autres se mouchaient bruyamment dans un mouchoir ou la cape d'un voisin.
« C'est un miracle ! » dit le chapeau-autruche sur la tête du vieux gobelin érudit.
« Snif ! Tais-toi, s'il te plaît ! » dit son propriétaire.
« On va fêter ça ! » dit un danseur de feu.
Hoogle finit par se retourner pour repousser les autres. Il était temps de laisser un peu d'intimité aux nouveaux parents. Alors qu'il fermait la porte, il s'aperçut que le plancher était vierge. Il n'y avait plus de vilaine tache magique, la coupe reposait sur le plancher.
Jareth finit par laisser Sarah se reposer dans le lit avec le bébé, puis prit la coupe et sortit avec le gobelin.
XxXxXxXxXxXxXxXxX
Depuis la naissance du bébé, Sarah avait l'impression de vivre un rêve.
Sa petite fille était en parfaite santé, Jareth et elle jouaient leur rôle de parents et aucun problème n'était survenu au Labyrinthe.
De nombreuses choses avaient pourtant changé. La première, la plus frappante, était que le bébé grandissait vite. En un mois, elle avait pris un an. Le mois suivant, elle en affichait trois. Au bout de trois mois, elle avait pris le physique d'une enfant de cinq ans. Sarah avait été troublée, le premier mois. Mais son enfant avait développé un don : la télépathie. Et grâce à ce don, elles avaient pu communiquer. Sarah savait combien son enfant l'aimait, tout comme elle l'aimait.
Jareth réussissait toujours à consacrer du temps à Sarah et sa fille. Les gobelins étaient toujours aussi turbulents et bruyants, mais leur roi était tellement heureux et comblé avec sa famille qu'il n'en éprouvait plus un véritable agacement ni l'envie de se montrer cruel.
Sarah avait espéré trouver un nom pour son enfant, mais cette dernière lui avait dit que ce n'était guère nécessaire. Chaque créature magique avait un nom dès son enfance, qui faisait partie d'elle. Ce nom était la clé de son âme, et il était secret. Ce nom était très long, mais en général, tout le monde ne connaissait que les premières syllabes, pour avoir un moyen de l'appeler.
Mais Sarah avait insisté : sa fille étant à moitié humaine, elle méritait d'avoir aussi un nom humain. La petite s'appelait donc Faye, par égard aux fées qui avaient sauvé Sarah de la Reine des Poisons au moment de l'accouchement.
Les pouvoirs de Faye ne s'étaient plus tellement manifestés. Elle semblait s'efforcer à jouer le rôle d'enfant normal, par égard pour sa mère. Certains après-midis, son père la prenait souvent à part dans une pièce du château où il lui enseignait la magie.
Un dimanche, alors que la fillette sortait de sa chambre pour profiter de sa journée de liberté, elle vit ses parents dans une salle dont la porte n'était qu'entrouverte.
Curieuse, elle se glissa près de l'ouverture et tendit l'oreille.
« Tu es sûr que plus rien de mauvais n'en sortira ? » dit Sarah.
« La coupe est scellée, j'ai utilisé toute ma magie pour cela. Et cette salle est sécurisée. »
« Et Faye ? Elle ne risque rien ? »
« Rassure-toi. Notre enfant pourrait la tenir dans ses mains que rien ne se produirait. Et lorsqu'elle sera suffisamment grande, nous lui raconterons toute l'histoire. »
Faye se dépêcha de s'éloigner avant que ses parents ne sortent.
Tout en s'interrogeant sur ce qu'elle avait entendu, elle prit le chemin des jardins. Là, elle vit Ludo qui se tenait assis dans l'herbe et regardait des papillons se poser sur lui sans réagir.
La fillette s'approcha de lui pour jouer, quand une voix l'interpella dans son dos.
« Faye ! Tu vas bien, ma chérie ? » dit Sarah.
« Oui, maman ! J'allais jouer avec Ludo, c'est tout. »
« Tu veux bien que je me joigne à vous ? »
« Oh oui, chic ! »
Souriante, la jeune femme courut vers sa fille et la souleva dans ses bras en la faisant tournoyer.
Resté en retrait près de l'entrée des jardins, Jareth regarda la scène en souriant.
Jamais il n'aurait cru que cela serait possible un jour. Sarah à ses côtés, une fille qui hériterait un jour de la couronne…
Avec un sourire serein, le roi des gobelins regarda le soleil se lever sur le Labyrinthe.
Comme quoi, la magie pouvait accomplir des miracles pour chacun, humain ou créature magique…
FIN
