Chapitre 12 : saleté de Serpentard !
Harry enfonça son visage dans le cou de son ami, ses larmes perlant sur ses joues, mouillant l'épaule du Serpentard. Blaise resserra ses bras autour d'Harry et lui souffla les mots apaisants à l'oreille.
Quand le Gryffondor avait vu Draco Malfoy apparaître là où se tenait, juste avant, celui qu'il aimait, il l'avait, par réflexe, repoussé avant d'attraper ses vêtements, de s'habiller et de sortir en courant dans la chambre. Comme il ne regardait pas où il allait, il était rentré dans quelqu'un et le hasard avait choisit que ce soit Blaise.
- Harry, calme toi et dit moi ce qui se passe.
Voyant que les rares personnes passant dans le coin les regardaient étrangement, Blaise grogna et tira Harry dans une pièce avant de le faire asseoir sur une chaise et de s'agenouiller devant lui. Harry releva la tête et posa ses mains sur le visage de Blaise avant de l'embrasser désespérément. Le Serpentard sentait la peine d'Harry mais ne savais que faire. Celui-ci s'effondra au sol et Blaise le serra contre lui. Harry inonda son épaule de larmes.
- Raconte moi. Qu'est-ce qui se passe ?
- C'est... Malfoy, il... il m'a trompé.
- Il t'a trompé ? Comment ça ? demanda Blaise, confus.
- Il a pris la place de Gabriel. Je ne sais pas comment il a su pour lui et moi. Je ne sais pas comment il a pu... Gabriel va me détester ! Il va me haïr pour avoir fait ça avec Malfoy. J'ai toujours su qu'il était vil et mesquin, mais je n'aurais jamais cru que Malfoy soit capable de faire une chose pareille !
- Tu penses vraiment que... Écoute Harry, soupira Blaise, Draco n'est pas aussi méchant que tu semble le croire.
- Ah ouai, dit rageusement Harry en s'éloignant de lui, se faire passer pour Gabriel simplement pour s'envoyer en l'air avec moi... comment tu considères ça, toi ?
- C'est pas ce que je veux dire. Vu sous cet angle, c'est vrai que ce n'est pas très joli. Mais tu ne crois pas que tu te trompes ? Que les choses ne se sont pas... exactement passées ainsi ?
- Qu'est-ce que tu veux dire par là ? demanda Harry les paupières plissées, les joues rougis par les larmes.
- Tu devrais parler avec Draco. Laisse lui une chance de s'expliquer.
- Mais...
- Crois-tu sincèrement que j'aimerais Draco à ce point, que je serais près à donner ma vie pour lui s'il le fallait si c'était un mec comme ça ? C'est ça que tu penses ?
- Non, mais peut-être que tu te trompes sur lui, que tu fais une erreur !
- Et toi, alors ?
- Moi je sais ce que j'ai vu, Malfoy est un salaud ! s'écria Harry en se redressant.
Blaise soupira et plongea son regard dans le sien. Il détestait le voir dans cet état, et le fait que ce soit de la faute de Draco l'énervait encore plus. Le blond ne pouvait-il pas faire comme tout le monde pour une fois ? Pourquoi ne pas avoir tout dit à Harry depuis le début ? Pourquoi se compliquait-il la vie ça ce point ? Et en plus de ça, Harry puait le sexe. Allait-il encore falloir qu'il arrange le coup ? Draco ne pouvait-il pas se débrouiller tout seul pour une fois ? Après tout, le Serpentard n'était pas amoureux, ça ne devait pas lui poser tant de problèmes que ça. Sauf que si Harry était dans cet état, à cause de Draco en plus... Le Serpentard eut une soudaine envie de taper sur quelque chose. A la place, il se contenta de soupirer.
- Je suis désolé, Harry, aller, vient là.
oOo
Après s'être consciencieusement essuyé le visage pour en enlever toute trace de larmes et après avoir vérifié que ses yeux n'étaient plus rouges, Harry retourna dans sa salle commune et fut immédiatement tiré par la manche par une certaine rouquine qui augmenta sa rage, mais il préféra ne rien montrer.
- Mais où est-ce que tu étais ? Je t'ai cherché partout !
- Pas partout puisque tu ne m'as pas trouvé, répondit-il sèchement en lui jetant un regard froid.
- Oh, pas la peine de prendre ce ton là.
Elle le regarda de travers puis soupira comme s'il était un cas désespéré.
- Ron n'est pas d'accord qu'on sorte ensemble, tu dois...
- On ne sort pas ensemble, je te rappel. Tu m'as fait du chantage !
- Ça revient au même.
- Pas du tout.
- Peut importe. Je veux que tu convainques Ron que c'est une bonne chose.
- Comment je vais faire si je n'y crois pas moi même ? dit-il moqueusement.
- Oh, tu vas y mettre du tien, crois moi, parce que tu n'as aucune envie que des photos de toi et de Zabini circulent dans les couloirs de Poudlard, et encore moins dans tout le pays.
- Tu n'es qu'une peste, siffla-t-il entre ses dents serrées.
- Oui, je sais que tu aimes ça, mon cœur.
Elle attrapa sa cravate mal attachée et lui colla un profond baiser sur les lèvres. Harry dut se forcer pour ne pas la frapper mais ses doigts le démangeaient fortement. Il entendit quelques élèves siffler dans la salle commune et sa rage augmenta. Alors qu'il sentait sa main partir malgré lui, elle s'écarta avec un sourire satisfait. Que le regard glacial d'Harry effaça.
Dégoûté, il l'a contourna et préféra aller s'enfermer dans son dortoir, qui n'était, malheureusement pour lui, déjà occupé. Quand il le vit entrer, Ron se redressa et le fixa de son regard suspect. Soupirant, Harry s'affala à plat ventre sur son lit, la tête enfouit dans l'oreiller.
- Alors, tu m'expliques ? C'est quoi cette histoire avec Ginny ? Je croyais que tu étais gay.
- Je le suis ? Et je te l'ai déjà expliqué.
- Mais je n'y comprends rien, si tu es gay, qu'est-ce que tu fais avec elle ? Je sais qu'elle t'aime mais je préfère que tu ne lui donne pas de faux espoirs et que tu sois honnête avec elle. Ça ne serte à rien de sortir avec ma sœur si c'est simplement pour lui faire plaisir !
Harry faillit s'étouffer dans son coussin et fut donc obligé de relever la tête. Lui faire plaisir ? Comment ça lui faire plaisir ? se dit-il. Il s'assit en tailleur, faisant face à son meilleur ami.
- Je l'aime, c'est pour ça que j'ai accepté de sortir avec elle, dit-il d'un ton vraiment pas crédible.
- Tu te fiches de moi ? s'énerva Ron. T'as pas intérêt de la faire souffrir, Harry. Meilleur ami ou pas, je te le ferais payer !
- Je n'en doute pas, répondit Harry sincèrement. Seulement, c'est elle qui m'a dit de te dire ça, alors si tu ne comprends pas, va lui demander à elle des explications.
Il se leva et sortit de la pièce, laissant là un Ron complètement perdu.
oOo
- Tu dois m'aider, Blaise, j'ai complètement merdé sur ce coup là !
- Je sais. Je t'avais prévenu, tu aurais dû lui en parler avant, il aurait peut-être pris du temps à comprendre et à accepter, mais au final, c'est toi qu'il aime, alors il serait revenu. Mais là, tu vois, comme tu ne m'écoutes pas, ça te retombe dessus. Et j'avoue que ce n'était peut-être pas le meilleur moment pour lui de découvrir la vérité, ajouta-t-il avec amusement.
- Oh, ça va ! Je ne te demande pas de te moquer de moi mais de m'aider à trouver une solution.
Draco se remit à faire les cent pas en marmonnant des choses inintelligibles. Blaise hésita un instant avant de soupirer, c'était peut-être sa dernière chance de se rattraper.
- J'ai peut-être une idée.
Le blond s'immobilisa d'un coup avant de pivoter vers son ami, toute attention captivée. Blaise sourit de cette réaction.
- Il ne sait pas que tu es Gabriel.
- Comment ça ? demanda Draco perplexe.
- Eh bien, il pense que tu as simplement pris l'apparence de son chéri pour te moquer de lui, du coup il n'est pas très content. En fait, il se sent plutôt sale et mortellement coupable. Je pense même qu'il compte retrouver Gabriel ce soir pour se faire pardonner et plaider sa cause.
Une lueur brilla soudain dans les yeux orage.
- Oui, c'est bien ça. Je n'ai qu'à redevenir Gabriel, accepter ses excuses et tout ira de nouveau très bien.
- Et quand il saura que tu l'as trompé, deux fois, il te tuera lentement et de la façon la plus horrible du monde.
- Quoi ?
- Tu comptes vraiment te moquer de lui encore une fois, Draco ? Tu penses vraiment que c'est la meilleure option ?
- La seule, répondit la blond fermement, le nez relevé.
Blaise secoua la tête en soupirant, décidément, Draco enchaînait bêtises sur bêtises.
- Alors qu'est-ce que tu proposes ?
- Tu vas le voir ce soir en grand blond aux yeux gris et tu lui expliqueras la situation. Tu lui feras bien comprendre que tu n'avais aucunement l'intention de le blesser ou de te moquer de lui. Après tout, c'est lui qui est tombé amoureux de toi, vous vous " connaissiez " depuis un moment déjà.
Draco réfléchit un instant avant d'hocher négativement la tête.
- C'est pas un peu trop Gryffondor comme idée, ça ?
- Ah oui, excuse-moi, toi, tu es plutôt du genre trouillard.
- N'importe quoi ! s'indigna le blond.
- Écoute Draco, reprit Blaise tout à fait sérieusement, je sais que tu tient à lui, plus que tu veux bien l'avouer, même. Si tu ne veux pas le perdre, dis lui tout, maintenant. Si tu le reportes à plus tard, ça fera bien plus mal. Et ne compte pas sur le " plus il sera attaché, plus il aura du mal à me lâcher ", ça ne marchera pas. Mieux vaut être honnête et en finir.
- Je ne sais pas trop... et s'il me déteste encore plus après ? Hein ? S'il m'ignore ? S'il déprime ? S'il se suicide ?...
- Pourquoi se suiciderait-il ? Hé oh, ça va tes chevilles ? Pas trop enflées ?
oOo
Cela faisait une demie-heure qu'il attendait dans le froid et Harry commença à penser que, peut-être, Gabriel ne voulait pas le voir. Ou qu'il s'était trouvé quelqu'un d'autre... Où qu'il avait tout découvert et qu'il ne voulait plus le voir... Où qu'il... Harry secoua fermement la tête. Non, Gabriel ne savait rien et s'était bien comme ça. Devait-il lui dire ? Mieux valait être honnête, non ? Ou peut-être que s'était mieux de le lui cacher. Après tout, qui sais comment le vampire allait réagir à ça. Il le détesterait surement. Oui, mieux valait ne rien dire... pour l'instant du moins.
Il soupira et glissa le long du tronc d'arbre, les jambes repliées sur sa poitrine, ses bras les serrant fortement.
- J'aurais mieux fait de prendre une cape, je vais geler.
- Oui, ça aurait été plus intelligent, murmura une voix dans la nuit.
Harry se redressa d'un coup, alerté par la voix. Mais il avait beau regarder, il ne voyait personne.
- Qui est là ?
- Moi.
La voix était moqueuse mais Harry sentit néanmoins une hésitation, un léger tremblement. Ce n'était pas la voix de Gabriel, mais elles pouvaient parfaitement se confondre. Celle-ci était légèrement plus grave, plus trainante... Il eut soudain un doute et se figea. Le Serpentard aurait-il osé se montrer pour l'humilier plus qu'il ne l'avait déjà fait ? Peut-être. Harry l'en croyait tout à fait capable.
Il entendit un bruissement de tissus avant qu'une silhouette apparaisse devant lui. Le rouge lui monta soudain au visage ; autant de honte que de rage. Alors comme ça Malfoy était venu enfoncer le clou ?
- Salut, murmura le blond.
- Qu'est-ce que tu veux, Malfoy ? cracha rageusement le brun.
Draco soupira mais n'avança pas.
- Je suis venu te voir. J'ai... certaines choses à te dire.
- Comme quoi ? Que tu as vraiment adoré te foutre de moi ou que c'était pas assez, peut être ? Peut-être même que tu as demandé à quelqu'un de prendre des photos de moi à poil pour m'humilier encore plus, qui sait, ça a l'air d'amuser certaines personnes en ce moment.
- Eh, me confond pas avec la rouquine, c'est pas mon genre.
- Et qu'est-ce que c'est ton... attends une seconde. Comment... comment tu sais pour Ginny ?
Draco le regarda un moment sans répondre.
- Est-ce que tu m'écouterais jusqu'au bout sans m'interrompre ?
- Non, répondit fermement Harry, les lèvres serrées d'agacement, j'attends quelqu'un, va-t'en.
- Et si... et si je te disais que c'est moi que tu attends ?
- Arrête tes bêtises et fiche moi la paix.
Les sourcils froncés, le Gryffondor croisa ses bras sur sa poitrine et lui lança un regard froid.
- Je veux seulement que tu m'écoutes, si tu le fait, je te promets de te foutre la paix, comme tu dis. Tu es d'accord ?
- Non, je t'ai dit que j'attendais quelqu'un, alors s'il te plait, va t'en !
Draco soupira, exaspéré et s'avança vers le brun qui, méfiant, décroisa ses bras, les doigts tout près de la poche où était glissée sa baguette. Le blond l'ignora et, le tenant par les épaules, le plaqua contre l'arbre derrière lui. Sans qu'Harry ne puisse réagir, Draco l'embrassa.
Ce n'était pas doux mais sauvage, ce n'était pas tendre mais agressif. Et Harry répondit bien malgré lui. Ses mains s'accrochèrent à la fine chevelure blonde tandis que le Serpentard plaquait son corps contre le sien. Ses yeux se fermèrent d'eux même. Il savait que c'était Malfoy et sa tête lui répétait de le repousser, mais son corps et son cœur n'en avaient que faire. C'était Malfoy, oui, mais c'était aussi le baiser de Gabriel contre ses lèvres. C'était les mains de Gabriel autour de sa taille. C'était son corps contre le sien. C'était ses gémissements. C'était ses lèvres... sa langue... non... Non... NON... Harry le repoussa aussi fort qu'il put et le blond tomba durement au sol.
C'est Malfoy... C'est Malfoy... C'est Malfoy... Pas Gabriel !
Draco se redressa tant bien que mal, s'appuyant sur l'arbre. Il avait faillit le heurter, bon sang ! Il jeta un regard furieux au brun mais tout son corps se raidit lorsqu'il rencontra les yeux émeraude. Les yeux d'Harry qu'il trouvait si fascinant... exprimaient à ce moment là... non, pas de la peur, ni même de la colère... non, c'était autre chose, plus fort, un mélange de haine et de déception qui transpercèrent le cœur du blond. Pourquoi ? Il n'en savait rien. Ce qu'il savait, en revanche, c'est qu'il avait fait mal à Harry, très mal, même.
- Harry...
- Alors c'est vrai... tu... Gabriel ? Mais... Pourquoi ?
La gorge serrée, Draco ne put répondre. Il le devait pourtant, il le savait. Il essaya de parler mais aucun son ne voulait sortir. Les yeux brillants de larmes mal contenus, Harry secoua la tête et s'en alla d'un pas chancelant. Draco tomba à genoux, le cœur serré, mais aucune larme n'accepta de couler.
oOo
- Harry, où étais-tu bon sang, tu...
Ginny n'eut pas le temps d'ajouter quoi que ce soit que la bouche d'Harry recouvrit la sienne. Quand Harry s'éloigna, elle vit clairement ses yeux rougis et les traces humide de ses joues mais... il souriait.
- Harry ? Est-ce que ça va ?
- Tu m'aimes, Ginny ? demanda Harry dédaignant sa question.
- Euh... oui.
- Vraiment ? Pour de vrai ?
- Oui.
- Alors tout va bien. Bonne nuit.
Elle le regarda monter les escaliers menant aux dortoirs des garçons sans rien y comprendre.
oOo
Ginny ne put fermer l'œil de la nuit, se tournant et retournant dans ses draps, le sommeil la fuyant visiblement. Elle ne pouvait s'empêcher de penser à ce qu'avait dit Harry. Ça n'avait aucun sens. D'abord il revenait tard d'elle ne savait où, les yeux rougis d'avoir, à ce qui semblait, beaucoup pleuré, et ensuite, il lui disait que si elle l'aimait, tout allait bien. Quelque chose clochait. Que lui était-il arrivé pour le mettre dans un état pareil ? Pourquoi l'avait-il embrassé alors que le matin même il la repoussait ? S'était-il disputé avec Zabini ? Si c'était ça, c'était une bonne chose pour elle, un rival de moins. Elle soupira et enfouit sa tête sous sa couverture. Dire qu'elle ne savait toujours pas pourquoi l'autre cinglé de Serdaigle lui avait donné ces photos. D'ailleurs, pourquoi les lui avait-il données à elle ? Était-ce par vengeance ? Qu'avait fait Harry pour se le mettre à dos ? Comment s'était-il procuré ces clichés ? Les avait-il prises lui même ? Dans quel but ? Cela faisait trop de questions sans réponses, bien trop. Elle soupira et ferma les yeux, suppliant silencieusement le sommeil de la prendre.
oOo
Ginny fut extrêmement surprise de voir qu'Harry l'attendait dans la salle commune lorsqu'elle sortit de son dortoir le lendemain matin. Et il souriait en plus, même si son sourire n'atteignait pas ses yeux, mais elle ne le remarqua pas. Elle le rejoignit et ils sortirent tous deux pour se diriger vers la Grande Salle en discutant de tout et de rien. Ça faisait un moment qu'elle ne l'avait pas vu rire ni même sourire avec elle et cela lui réchauffa le cœur. Même s'il ne l'aimait pas encore, il finirait bientôt par elle fou d'elle. Elle en était certaine. Elle répondit à son sourire à continua joyeusement son chemin jusqu'à la table de Gryffondor. Elle s'assit tout contre lui sans remarquer son léger trouble n'y le fait que pour la première fois depuis le début de l'année, il s'asseyait dos aux tables des autres Maisons et se mit à discuter énergiquement avec Parvati et Lavande.
De l'autre côté de la salle, à la table de Serpentard, Draco ne desserrait pas la mâchoire. Il avait à peine dormit la nuit précédente et avait une mine affreuse. Enfin, pas exactement bien sûr, il ne se serait jamais permis de sortir de son dortoir sans s'être vêtu et coiffé correctement, mais de légères cernes qu'il n'avait pas eu le temps d'effacer pendait sous ses yeux. Son teint naturellement pâle devint carrément livide quand il vit Harry sourire à la Weasley fille en entrant dans la grande salle. Si Blaise ne l'avait pas retenu, il se serait levé et aurait frappé la Gryffondor, il en était certain. L'air aux anges de la jeune fille l'écœura mais la goutte d'eau fut quand il l'a vit déposer un baiser sur la joue du brun après lui avoir chuchoté quelque chose à l'oreille.
- Draco, calme toi, tu grognes.
Blaise posa une main apaisante sur la cuisse du blond et sentit ses muscles raidit. Il soupira et secoua la tête.
- Alors, qu'est-ce que tu vas faire ? souffla-t-il pour n'être entendu que de son ami.
- Lui sauter dessus, lui raser le crâne, lui déchiqueter la tête pour ensuite renvoyer le corps à sa famille...
Blaise faillit s'étouffer et se mit à tousser, recrachant le chocolat chaud qu'il avait avalé de travers.
- Qu... quoi ? Simplement parce qu'il te fuit ? Tu trouves pas ça un peu dur ?
- Mais non, espèce de crétin, je te parle de la rouquine ! répondit Draco avec un regard méprisant envers ladite rouquine.
- Ouf, tu me rassures. Pendant deux secondes, j'ai vraiment cru que s'en était fini pour Harry-chéri, mais ça va, la rouquine t'en fait ce que tu veux, celui qui m'intéresse, c'est plutôt son frère.
Draco lui envoya un regard écœuré mais Blaise ne le remarqua pas, les yeux rêveurs.
- Tu sais, quand il ne joue pas à idiot il est plutôt mignon avec ses tâches de rousseur, et à un certain degré, il est carrément sexy quand il rougit. Et puis, il est des yeux vraiment superbes. Clairs et toujours si expressifs...
- La ferme ,Blaise, si tu continues, je vais avoir la nausée et rejeté sur toi mon petit déjeuné.
- Oh, je t'en fais moi des commentaires quand tu me parles d'Harry-chéri ?
- Non, parce que tu l'as déjà eu dans ton lit, crétin... et arrête de l'appeler comme ça.
- Comment ? Harry-chéri ?
- Blaise... susurra Draco d'une voix menaçante.
- Ouais, c'est bon, j'arrête... dit, t'as remarqué que la Weasley à l'air particulièrement heureuse ce matin ?
- Blaise ?
- Oui ?
- La ferme !
oOo
Harry passa toute la journée à éviter Draco. Aussi bien pendant les cours qu'entre. Il n'avait plus qu'une chose en tête à présent : Pré-au-Lard. Plus qu'une journée à passer et il pourrait enfin revoir son parrain. Il voulait oublier Gabriel... Malfoy et continuer comme avant. Sauf qu'au contraire de ce qu'il montrait, il n'était pas heureux. Loin de là, à chaque fois qu'il croisait le Serpentard, il repensait à la nuit précédente, au baiser et ça le rendait triste. Tristesse qu'il préférait transformer en colère. Il refusa de voir qui que ce soit, même Blaise et passa la journée la tête dans ses cours, ou avec Ginny qui semblait plus heureuse que jamais. Tant mieux pour elle. Il ne l'aimait toujours pas et ne l'aimerait jamais, il le savait, mais si elle lui permettait d'oublier Gabriel... Malfoy... ne serait-ce qu'un peu, alors pourquoi pas ?
- Est-ce que ça va ?
Harry releva la tête, surpris pour rencontrer les yeux noisette de Sebastian. Le garçon s'assit en face de lui, un grand sourire aux lèvres.
- Tu n'as pas l'air dans ton assiette, je peux t'aider ?
- Euh... non, tout va bien, c'est juste que... j'ai un peu de mal à retenir la leçon.
- Rien que ça ? Tu es sûr de ne pas vouloir me parler de se qui te traquasse vraiment ?
- Ça va je te dis.
- Voyons... est-ce que j'ai raison de penser qu'il s'agit d'une histoire de cœur ?
- Hum... grogna le Gryffondor sans le regarder.
- Est-ce que j'ai raison de penser que tu ne l'aimes pas tant que ça la jolie rouquine ?
- Hum...
- Et enfin, ai-je raison de penser que tu es amoureux d'un mec qui t'a brisé le cœur ?
Harry releva les yeux, surpris avant de jeter un regard affolé autour de lui. Il ne tenait pas vraiment à ce que tout le monde le sache. Il revint au visage souriant de Sebastian et ses sourcils se froncèrent. Comment se faisait-il qu'il le savait ? Était-ce à cause de Ginny ?
- Comment... ?
- Ne t'inquiète pas, Harry, je ne dirai rien, c'est pas mon genre. Mais je vais te donner un bon conseil : abandonne. Il t'a trompé et s'est bien fichu de toi, il ne te mérite pas. A quoi sert-il de continuer à l'aimer ? Tu vaux bien mieux que ça, crois moi.
Il leva une main et caressa doucement sa joue. Harry s'apprêtait à reculer mais ferma les yeux et baissa la tête, appréciant malgré lui le contact de ses doigts. Sebastian ne put s'empêcher de sourire, il le trouvait adorable et pathétique à la fois. Ne pouvait-il pas simplement laisser Draco tranquille ? Ne pouvait-il pas simplement se contenter de l'autre cinglée ?
Harry rouvrit les yeux et le fixa un moment avant de lui poser la question qui le taraudait.
- Comment sais tu ? Qui... je... je comprends pas.
- Comment je sais que tu es tombé amoureux de Draco Malfoy et que ce sale bâtard s'est fichu de toi ? C'est simple, je peux savoir tout ce qui m'intéresse sans trop d'effort. Au fond, ce n'est pas si dur, il suffit de remettre les pièces du puzzle à leur place. J'ai surpris une conversation entre Zabini et Malfoy. Le blondinet ne cessait de se vanter de t'avoir fait pleurer, ça avait l'air de beaucoup l'amuser.
- Et... et Blaise ?
- Je ne m'en souviens plus.
- S'il te plait, je dois savoir. Qu'est-ce qu'il a dit ?
- Hum... il riait, il me semble. Oui, c'est ça, il riait.
Harry baissa la tête et ferma les yeux. Alors comme ça, ça avait non seulement amusé Malfoy mais Blaise aussi ? Dire qu'il l'avait considéré comme son ami ! C'était un Serpentard au fond, à quoi s'était-il attendu ? Il se sentait tellement bête.
Pauvre crétin, la naïveté te tuera ! Enfin bon, t'es mignon.
- Ecoute Harry, essai d'oublier. Malfoy ne vaut pas la peine que tu pleures pour lui. Il y a une personne qui t'aime, je suis sûr que si tu y mets du tien, tu finiras par l'aimer aussi.
Harry garda les yeux fermés, retenant tant bien que mal ses larmes de couler. Il ne pleurerait pas. Pas dans la bibliothèque. Pas devant tout le monde... Pas à cause de Malfoy.
- A plus tard.
Harry acquiesça mais ne répondit rien. Il ne devait plus penser à cette histoire. Malfoy et B... Zabini s'étaient moqués de lui, ils avaient bien rigolé mais maintenant, s'était fini, il ne se laisserait plus faire. Il avait des amis, il avait Ginny, il avait Sirius, et s'était amplement suffisant. Plus que quelques heures et il pourrait enfin revoir son parrain, 'était à ça et à rien d'autre qu'il devait penser.
A suivre...
Reviews ?
