[Disclaimer: Ghost Hunt n'est toujours pas à moi ! ]
Les deux filles restèrent ensuite à surveiller les moniteurs pendant un temps infiniment long sans que rien de suspect ne se passe, discutant de choses et d'autres jusqu'à ce que Mariya et Tomoda arrivent pour les remplacer, vers 9 heures .
Mai s'étira et se frotta les yeux. Masako, malgré la pâleur inhabituelle de sa peau, semblait en meilleure forme qu'elle.
- Tu n'es pas fatiguée? Lui demanda Mai tandis qu'elles entraient dans leur chambre (avec le hasard des répartitions, elles l'avaient pour elles seules) .
- Pas vraiment, lui répondit la jeune fille en époussetant son kimono. Je travaille à la télévision, alors, j'ai l'habitude de ce genre d'horaires...
Elle contempla la porte de la salle de bain avec envie.
- ... Mais je prendrait bien une douche.
- Ah oui, c'est vrai qu'ils ont enfin remis l'eau courante, j'avais oublié...Et...Comment on fait? Demanda Mai en secouant le ruban à son poignet.
- Oh, ça! Bon, on n'a qu'à le défaire le temps de se laver, non?
- Mais...C'est peut-être dangereux, objecta la brune en fronçant les sourcils.
Elle avait un très mauvais souvenir de la fois où elle avait laissé Masako seule dans un endroit hanté...
- On n'a pas le choix, non? Déclara la médium en haussant les épaules. De toutes façons, il n'y qu'une porte. Si un mauvais esprit me traîne ailleurs, tu n'auras qu'à me retenir!
Mai la contempla avec inquiétude, cherchant à voir dans son comportement une quelconque influence paranormale, mais, en fait, elle-même comprenait très bien son envie de se doucher.
- Très bien, céda-t-elle. Mais tu me dis si tu sens quelque chose de bizarre, hein?
L'autre soupira, mais ne protesta pas. Après être allée chercher des affaires, elle dénoua leur ruban, puis entra dans la salle de bain.
Inquiète, Mai s'assit sur le lit qu'elles avaient partagé (la faute au ruban) . Depuis son rêve, le château lui semblait plus glauque que jamais. La magnifique chambre qu'elle avait admiré quand elle y avait posé ses bagages lui laissait à présent une impression vaguement inquiétante, même si elle était toujours aussi propre.
- Une minute...
Mai se releva, s'avança vers sa table de chevet. Pas plus tard que la veille, elle y avait renversé une tasse de thé. Elle avait nettoyé tant bien que mal, mais ne s'y était pas vraiment attardé, et il aurait dû rester des marques noirâtres un peu partout.
Rien.
Mai recula rapidement, dirigea son attention vers le sol. Rien. Elle regarda les lits. Rien. Les fleurs. Rien. Les fenêtres: Rien. Rien. Rien ! Toute la poussière, toute la saleté, tout le désordre qui s'accumulait habituellement dans une maison...Tout cela était absent. Même le lit était fait. Si il n'y avait pas eu ses bagages, Mai aurait cru s'être trompé de chambre.
La jeune fille déglutit. Elle savait que ce n'était pas elle qui avait fait ça. Elle savait aussi que personne ne pouvait avoir le temps, ou l'envie, de nettoyer cet endroit. C'était donc...Autre chose. Mais quand? Et pourquoi n'avait elle rien vu sur les caméras? Bon, parce qu'ils n'en avaient pas mit dans les chambres qu'ils utilisaient (il ne fallait pas exagérer). Mais elle aurait au moins du voir les changements partout ailleurs...Pourquoi il n'y avait aucune baisse de température enregistrée?
Elle bâilla et se massa les tempes. Elle n'était pas en état de réfléchir pour le moment. De toutes façon, ça ne l'inquiétait pas trop. Elle trouvait ça presque...Normal. Quelque part, elle s'y attendait.
- Mai?
Masako sortit de la salle de bain, une serviette enroulée autour de la tête.
- J'ai finit. Tu veux y aller?
- Ok. Euh...
Mai fronça les sourcils. Elle ne devait pas lui dire quelque chose, déjà? Bah. Saisissant ses affaires de toilettes, elle partit à son tour dans la salle de bain.
C'était une grande pièce, avec le même mobilier ancien que partout ailleurs. La baignoire était même surélevée sur des sculptures de pattes d'animaux dorées. Après s'être déshabillée, Mai entra tranquillement dans la douche. Elle accueillit avec bonheur la sensation d'eau chaude sur sa peau fatiguée. Elle aurait dû faire ça dès qu'elle était arrivée! Elle saisit la bouteille de shampoing, prête à se laver les cheveux, et puis...Et puis elle interrompit son geste. Quelque chose n'allait pas. Elle se sentait mal à l'aise. Beaucoup trop mal à l'aise. Elle avait l'impression que quelqu'un était dans la pièce, avec elle. Que quelqu'un l'observait. C'était une sensation incroyablement puissante, comme si elle pouvait voir qu'on était en train de la regarder.
Elle tourna la tête vers le rideau de douche, mais il était trop opaque pour qu'elle puisse y voir quoi que ce soit. Elle hésita, à l'attraper et à l'ouvrir d'un coup...Et puis, elle se dit que c'était stupide. De toute façon, ça ne pouvait qu'être dans sa tête. Cela lui était arrivé depuis qu'elle était entrée ici. Et à chaque fois, rien du tout. C'était son imagination. Elle devait oublier ça.
Le shampoing dégoulinait dans sa main. Doucement, elle releva la bouteille, et la reposa sur le bord de la baignoire, les yeux fixés sur le rideau. Même si elle savait qu'elle avait tout imaginé...Elle ne pouvait pas s'en empêcher. Juste au cas où. Cependant, elle ne vit rien de particulier. Rassurée, elle se détendit un peu. J'aurais peut-être dû dormir, finalement, pensa-t-elle en leva sa main vers ses cheveux. Une nouvelle fois, cependant, son geste resta en suspens. Un bruit venait de résonner dans la pièce. Un claquement, sur le carrelage. Un bruit de pas.
Mai déglutit avec difficulté, nerveuse. Bon, on se calme, se dit-elle dans une tentative pitoyable pour se rassurer. Peut être était-ce encore son imagination. Peut-être était-ce de l'autre côté de la porte. Peut-être...La température n'a pas particulièrement baissé, non? En fait, elle ne savait pas. Elle tremblait de froid, mais sans doute était-ce simplement parce qu'elle s'était éloignée du flot bouillant de la douche qui continuait de s'écouler?
- Masako? Demanda-t-elle d'une petite voix. C'est...C'est toi? Tu as oublié quelque chose?
Aucune réponse. Mai sentit son cœur s'emballer sous l'effet de la panique. Le bruit de pas résonna de nouveau. Plus proche . Vers elle.
Elle recula, le dos plaqué contre le carrelage froid. Glacial. Un nuage de buée s'échappa de sa bouche, confirmant ce qu'elle pressentait. Avec désespoir, elle cria pourtant:
- Masako? Tu m'entends?
Les pas continuèrent vers elle, impitoyablement. Leur intensité faisait trembler la baignoire à chaque fois que l'un d'eux résonnait. Ce n'était pas Masako. Peu à peu, derrière le rideau, , se dessina une ombre. Une grande ombre, comme s'il y avait quelqu'un. Mai plaqua soudain la main sur son nez. Ça sentait...mauvais. Non, pas mauvais. Pire. Des larmes se mirent à couler de ses yeux ouverts, tandis qu'elle se plaquait contre le mur comme si elle pouvait s'y enfoncer. Elle savait exactement ce que ça sentait.
C'est alors que l'ombre s'arrêta. Juste en face d'elle. Alors, une main s'agrippa lentement au rideau de douche. Une main squelettique sur laquelle était tendue une peau noirâtre et purulente parcourue de moisissure et de sang. En s'accrochant, elle craquela comme si elle était prête à se disloquer, laissant une trace maronnasse sur la toile opaque.
Et la main tira.
La respiration de Mai se bloqua. Derrière le rideau se trouvait une abomination. Un corps. Décomposé. Immense, plus grand qu'elle. Sa peau était entièrement rongée, sombre et desséchée quand elle n'était pas blanche et flasque, couverte d'asticots qui s'agitaient sur toute sa surface. Des pans entiers s'étaient déchirés, révélant des muscles dévorés, pourris, et des os souillés. Le ventre était béant, laissant échapper les intestins qui traînaient sur le sol, laissant derrière eux des vers et des traces sanglantes. Le visage était presque réduit à l'état de crâne, où se collaient encore des morceaux de peau. De rares cheveux s'y accrochaient encore. Un seul œil restait dans l'orbite, et il tremblait, affolé, comme prêt à se détacher. Soudain la créature ouvrit la bouche, et un gargouillis immonde résonna dans la pièce.
Mai hurla. Son corps se contracta instinctivement, et elle glissa violemment dans la baignoire. Elle réussit à se rattraper avant de se faire vraiment mal, mais elle était couverte de bleus. Immobile, la chose la contemplait, son œil tournoyant dans son orbite avec un crissement répugnant. Sa bouche s'ouvrit de nouveau, des filaments de chair tournoyant entre ses dents, et le gémissement recommença. Affolée, Mai plaça ses mains devant elle et s'écria:
- Ri...rin pyou tou sha kai jin retsu zai zen !
La chose recula, comme si elle venait de prendre un coup, et tomba par terre dans un craquement mouillé. Mai se redressa, relevant doucement la tête par-dessus le bord de la baignoire, parcourue de tremblements incontrôlables, à la fois à cause de l'adrénaline et de la température. Le cadavre ne bougeait plus. Une main devant son visage pour éviter de trop sentir l'insupportable odeur, l'autre se tenant prudemment au bord de la baignoire, elle souleva une jambe, puis l'autre, jusqu'à se retrouver sur le carrelage gelé. Le cœur au bord des lèvres, elle attrapa une serviette posée tout prêt, qu'elle enroula autour d'elle dans une tentative de se réchauffer, puis, lentement, évitant le plus possible de poser le pied sur les traces sanguinolentes qui recouvraient presque entièrement le carrelage, elle se dirigea vers la porte. Enfin, elle posa la main sur la poignée. Silencieusement, pour ne pas risquer de réveiller la chose, elle la poussa.
Rien ne se passa.
Mai sentit son estomac se contracter. Elle appuya de nouveau sur la poignée. Encore, et encore. Elle la secoua de toutes ses forces. Rien!
- Ghhhhrrrr...
La jeune fille se figea. Derrière elle, elle entendit un bruit effrayant, plein de craquements et de chuintement. La chose émit un nouveau grondement, presque plaintif, comme si elle souffrait. Mai se retourna lentement, le visage couvert de larmes, désespérée. Le cadavre se relevait, dans un état encore pire que tout ce qu'elle pouvait imaginer. Son corps en décomposition s'était brisé dans la chute et tenait à peine debout. La chose ne ressemblait même plus à un être humain. On aurait juste dit une bouillie monstrueuse d'os et de chair pourrie, dégoulinante de sang et d'asticots. Ce qui restait de sa bouche s'ouvrit, et un râle guttural retentit tandis que son œil unique roula à toute vitesse sur lui même, jusqu'à ce qu'il s'arrête brusquement sur Mai.
- Non! AU SECOURS! RIN PYOU TOU SHA KAI JIN RETSU ZAI ZEN!
La chose tremblota vaguement, mais poursuivit sa route vers elle, impitoyable. Mai pouvait sentir son odeur insupportable, malgré la main qu'elle avait plaqué devant sa bouche. Elle avait terriblement envie de vomir. Malgré cela, elle se remit à crier:
- AU SECOURS! A L AIDE! MASAKO! QUELQU'UN! A LAIDE!
Mais derrière la porte, elle n'entendait aucun bruit. Je suis toute seule ici, pensa-t-elle avec un terrible pressentiment. Je suis seule et je vais mourir. Avec désespoir, elle se tourna vers la porte, qu'elle frappa de toutes ses forces, ignorant le monstre qui s'avança maladroitement vers elle, ralentit par son état. Je ne veux pas, je ne veux pas! Alors qu'elle allait hurler de nouveau, elle sentit une sensation terrible sur son épaule nue. La chose venait de la toucher. Des hauts de cœur l'agitèrent, et elle repoussa instinctivement le cadavre avec une grimace écœurée.
Mais la chose ne s'arrêta pas là. Ses deux appendices, glacials, dégoulinants de saletés, se posèrent sur son cou, et se mirent à serrer. Non! Non! L'adrénaline parcouru son corps, et, malgré sa répulsion, elle s'agrippa aux deux mains pourries de toutes ses forces, essayant de les détacher de son cou, mais c'était impossible. La créature était dotée d'une force insoupçonnée. Elle n'arrivait pas à se dégager. Elle commençait à sentir la tête lui tourner. Non! Elle hoqueta, cherchant l'air, se débattant de toutes ses forces, mais rien ne fonctionnait. Elle enfonça encore plus ses doigts dans la chair molle. Peine perdue. Au secours ! Ses poumons brûlaient. A l'aide! Pitié! Je ne veux pas...Son instinct de survie prit le relais dans son esprit embrumé par la panique. Son corps saturé d'adrénaline donna des coups, dans tous les sens, essayant par n'importe quel moyen de regagner un peu d'air. Mais ses forces l'abandonnaient, et ses membres retombèrent, ses bras seuls s'agrippant aux mains de la chose. Des points noirs virevoltaient devant ses yeux, tandis qu'un son de plus en plus lancinant résonnait dans ses oreilles. Elle perdait connaissance.
Soudain, alors qu'elle sentait ses dernières forces la quitter, la chose la lâcha. Mai tomba violemment par terre, et se mit à tousser, les mains autour de la gorge, essayant de retrouver son souffle. La tête lui tournait et ses poumons la brûlaient. Elle n'avait plus la force de bouger. A peine celle de garder les yeux ouverts.
Elle pouvait voir, au dessus d'elle, le cadavre. Il ne l'attaquait plus. Immobile, il semblait livrer un combat intérieur. Son bras droit était encore dirigée là où, quelque secondes plus tôt, se tenait le cou de la jeune fille. Mais son bras gauche tirait dans l'autre direction avec des crissements douloureux. De même, une jambe tirait dans une direction, l'autre dans la direction opposée. Tout le corps était parcouru de convulsions, tandis que les membres tiraient, chacun de leur côté, de plus en plus fort.
Brusquement, en un craquement définitif, le corps décomposé, incapable de résister plus longtemps à la pression, éclata. Des projectiles s'écrasèrent partout sur la surface de la pièce, y comprit sur Mai qui ferma les yeux, dégoûtée. Au même moment, elle entendit un grand fracas, et une porte s'ouvrit. Elle rouvrit ses yeux, pour croiser un regard qu'elle connaissait bien.
- N...Na...Naru...Croassa-t-elle, mais, prise d'un quinte de toux, elle dû s'interrompre.
Elle tenta de se redresser, mais la tête lui tourna, et elle serait retombée sur le carrelage si un bras ne l'avait retenu. Elle ferma ses yeux, sa vue se mettant à tanguer dangereusement..
Elle entendit la voix de Naru s'exclamer pour quelqu'un d'autre:
- Je vais la sortir de là. Poussez-vous.
Elle sentit des bras sous elle, et quelques minutes plus tard, elle eu la sensation d'être soulevée dans les airs. Elle mit quelques instants à comprendre ce qu'il se passait. Naru la portait! Elle rougit instantanément. Mon dieu! Elle ne pouvait pas s'empêcher de sentir ses bras ( il était vraiment plus musclé qu'il en avait l'air ) et son torse ( elle pouvait entendre son cœur qui battait. Naru avait donc bien un cœur! ) et même son odeur ( son cerveau gela à cette idée. L'odeur de Naru! C'était l'odeur de Naru! ). C'était tellement gênant! Et pourtant, malgré ça, elle ne voulait pas que ça se termine.
Mais évidemment, cela se termina et il la posa sur le lit. Elle pu distinguer au-dessus d'elle les visages de Lin et de Masako. Lin, après l'avoir regardée rapidement avait poliment détourné le regard. Quand à Masako, et bien...Si Mai avait été un esprit, Masako aurait probablement pu l'exorciser avec son simple regard. En même temps, un semblant d'inquiétude transparaissait derrière ses envies de meurtres très apparentes. Mai se fit la réflexion qu'elle devait vraiment avoir une sale tête. Mais qui n'aurait pas eu une sale tête après avoir faillit se faire étrangler par un monstre ?
Maintenant qu'elle y réfléchissait, Naru n'aurait sûrement pas eu une sale tête. Il semblait tellement indifférent en toutes circonstances...Par exemple, malgré ses vêtements trempés, il se contentait de rester pensivement debout dans sa posture habituelle, comme si de rien n'était. Une minute... Pourquoi il était trempé? Et puis, elle comprit que c'était elle qui l'avait trempé pendant qu'il la portait dehors. Normal: elle sortait de la douche, quand même. Zuuut! Elle avait complètement oublié sa tenue...Et Naru l'avait portée! Mai sentit ses joues se mettre à brûler tandis qu'elle n'éprouvait plus qu'une envie: disparaître. A quoi lui servaient ses rêves bizarres et ses appels à l'aide télépathique? La seule vraie capacité psychique intéressante, c'était clairement la téléportation.
Heureusement, Masako lui apporta une couverture, prenant sans doute la mesure de la situation. Mai s'y enroula avec gratitude.
- Tu vas mieux ? Lui demanda la médium. On dirait que tu as fais un rêve encore pire qu'hier.
- Ce...Ce...N'était pas...Un rêve...toussa-t-elle en réponse.
Elle avait encore mal à la gorge.
- Mai, intervint alors Naru. Qu'est ce qu'il s'est passé?
La jeune fille raconta, d'une voix engourdie et entrecoupée de quintes de toux:
- J-J'ai été attaquée...Par une chose...Une chose vraiment...Horrible...Un cadavre...Et qui m'a...Qui a essayé de m'étrangler...Et je ne pouvais pas...Sortir...Et je n'entendais personne d'autres dehors...Il n'y avait personne...Et j'ai cru...J'ai cru que...
Elle s'interrompit, ressentant le besoin de reprendre sa respiration à nouveau.
- Bref, reprit-elle d'un ton un peu plus assuré, juste avant que la porte...la porte s'ouvre...Ça a explosé. Je ne sais pas...Pas pourquoi. Et...Et voilà.
- Explosé? Demanda Naru, un sourcil levé. C'est à dire ? Je ne vois rien.
- Quoi?!
Mai se leva, toujours enroulée dans sa couverture, et se précipita sur la porte de la salle de bain qu'elle ouvrit toute grande, prête à y retrouver le spectacle répugnant qu'elle se souvenait avoir entraperçu. Mais il n'y avait rien. Rien du tout. Pas même une goutte d'eau sur la faïence de la baignoire. On aurait dit une salle de bain d'exposition, dans un magasin. La jeune fille resta debout, interloquée devant ce spectacle. Elle sentit ses joues rougir de honte: avait-elle encore rêvé? Et elle avait cru que c'était réel au point de se donner en spectacle? Mais elle sentait encore la douleur! Ce n'était pas possible! Elle protesta, presque sans conviction cependant tant la propreté de la pièce était évidente:
- Non...Il y avait quelque chose...Je te jure qu'il y avait quelque chose! Et...Et ça a essayé de m'étrangler...
- Je te crois, répondit Naru, qui l'avait suivie. Regarde, dit il en lui montrant le miroir.
Mai obéit, et se figea, impressionnée. Son corps avait été complètement lavé de toute trace de pourriture ou de sang, mais il restait, sur son cou, deux hématomes rougeâtres en forme de main. Elle toucha nerveusement la peau gonflée, et ne pût retenir un gémissement de douleur.
- Oh, Mai, dit Masako dans son dos, qui avait également aperçu la blessure. Je suis désolée...Je n'aurais pas dû te laisser toute seule.
- Oh, ce n'est pas de ta faute, répondit Mai avec un temps de retard.
Elle continuait de regarder son reflet, déconcentrée. Waouh...Pour le coup, elle avait vraiment une sale tête. En plus de ses blessures au coup, elle avait beaucoup d'égratignures et de bleus.
- Les exorcismes n'ont pas du tout marché, murmura la médium. Cette chose a pu apparaître aussi facilement..
- Tu disais... que ce qui t'a attaqué a disparu? Demanda Lin avec une relative douceur.
- Oh, euh, oui, bredouilla Mai en se concentrant sur la discussion. Oui, ça a disparu...On aurait dit...Que son corps se battait contre lui-même? Et finalement, ça l'a coupé en deux. Enfin...En plein de morceaux,grimaça-t-elle avec un frisson de dégoût.
- En tout cas, il est toujours là, murmura Masako.
- Tu sens quelque chose?
- Non, mais quoi que ce soit qui t'ai attaqué, ça a apparemment juste possédé un cadavre...Je ne crois pas que ça ait suffit à le détruire. Et, bien sûr, ça a eu la force de tout nettoyer...
- Je me demande ce qui m'a aidée, murmura Mai d'une voix songeuse, s'arrachant enfin au miroir. C'était bizarre. Et je suis sûre que je n'ai rien à voir là-dedans. Mais...
- Tu dois partir, intervint Naru.
- Quoi?
Mai se retourna vers son patron, interloquée, ne comprenant même pas à qui il parlait. En même temps, comme d'habitude, son altesse Naru-chan n'avait pas prit la peine de suivre la basse conversation que menait leurs esprits inférieurs, donc, forcément...
- J'ai dit: tu dois partir, déclara Naru, et c'était elle qu'il regardait. Cette chose t'as attaqué, et je ne pense pas que c'était un hasard. Sans doute en raison de ton rêve, tu es sa cible. Pour ta propre sécurité, il faut que tu partes.
- Mais...Je ne veux pas! Protesta Mai après un instant de silence. Je ne vais pas reste à attendre dehors les bras croisés alors que tout le monde prend des risques!
Elle savait une chose: si elle sortait d'ici, elle n'était pas sûre de revoir ses meilleurs amis un jour. Ils pouvaient disparaître à n'importe quel moment, et elle ne saurait même pas qu'elle devait partir à leur recherche. Elle regarda Naru, résolue. Elle avait déjà perdu une famille. Elle n'allait pas laisser cela se reproduire.
- Shibuya, intervint Masako. Même si elle part, la chose qui l'a attaquée risque juste de changer de cible.
Mai regarda la jeune fille avec surprise. Elle ne s'attendait pas à l'avoir de son côté. Encore moins à la voir critiquer le point de vue Naru. Encouragée, elle insista:
- Je refuse de partir, Naru. Si cette chose se sent menacée par moi, eh bien, ça veut dire que je peux lui faire du mal, non? Raison de plus pour que je reste.
Mais son patron secoua la tête, définitif.
- Fais tes bagages. Lin va t'emmener ailleurs. Nishimura peut te trouver un hôtel, et ensuite, pour l'avion...
- Je-ne-partirais-pas! Insista Mai, furieuse qu'il ne l'écoute pas. Tu n'as pas le droit de faire ça! Je ne suis pas une gamine! Je suis une médium employée à la SPR, et...
- Alors je te renvoies.
- Quoi?!
Naru s'écarta du mur où il s'était adossé, et répéta, l'air d'en avoir assez :
- Je te renvoies. Si tu ne te prépare pas à partir tout de suite, tu es virée. Je t'aies engagée pour être mon assistante, pas pour mourir stupidement.
Mai sentit la colère l'envahir. Après toutes ces protestations comme quoi il ne voulait pas se débarrasser d'elle, voilà ce qu'il faisait! Mais pour qui il se prenait, au juste? Oui, il essayait de faire en sorte qu'elle ne meure pas, mais pourquoi fallait-il qu'il agisse comme si elle était la gamine idiote et lui le pauvre adulte obligé de s'en occuper? Elle non plus ne voulait pas le voir mourir, et elle ne l'enfermait pas dans une voiture en partance pour la maison en l'attachant sur un rehausseur! C'était à elle de faire son choix. Pourquoi ne comprenait-il pas ça?
- Très bien, déclara-t-elle.
Elle croisa les bras.
- Très bien. Je démissionne.
Masako, qui avait assisté à la suite de l'échange silencieusement, laissa échapper un "Quoi ?!". Naru la regarda, le visage dénué d'expression, puis, il déclara:
- Dans ce cas, tu ferais mieux de préparer ton départ immédiatement avant que la police ne s'en charge. Tu ne fais pas partie de l'équipe engagée ici, et cet endroit est une propriété privée.
Mais Mai se contenta de hausser les épaules.
- Je ne crois pas, non. Je fais toujours partie de l'équipe. Puisque...J'ai été invitée à rejoindre la S.H.A .
Naru secoua la tête, l'air passablement exaspéré.
- Ça suffit. Tu ne te rends pas compte du danger? Tu vas continuer à jouer les idiotes encore longtemps?
- C'est toi, l'idiot, Naru, répliqua Mai rageusement. Et tu ne comprends rien. Rien !
Et, sans laisser à son désormais ex-patron le temps de répondre, elle sortit de la salle de bain à grand pas énervés, avant de déclarer:
- Bon, chers collègues ! Vous pouvez sortir d'ici ? Si ça ne vous dérange pas, j'aimerais bien pouvoir m'habiller.
Qui vote pour que Naru soit diplomate? Pas moi...
Réponses:
FrenchCirce : Merci beaucoup pour ton commentaire, waouh, il m'a fait super plaisir ! C'est super gentil de prendre le temps de laisser des avis aussi détaillés , merci encore!
Par rapport au Naru "romantique"... Dans ma tête, il l'est seulement quand il ne le fait pas exprès xD Je l'imagine très très mal en faire plus! D'ailleurs, l'auteur avait apparemment prévu de le mettre en couple, mais comment ça peut arriver? Avec lui...? Je ne sais pas xD
Et moi aussi, j'aime bien Masako ! ^^ Ca me rendait triste de voir les fanfics où elle était un genre de démon...Elle est juste un peu jalouse! (ok: beaucoup _ )
Quand aux détails scientifiques, il y en aura sûrement d'autres! Ghost Hunt est vraiment une œuvre sur les enquêtes en fait, donc...je suivrais son exemple ^^
Bon, du coup je te laisse une réponse encore plus longue X) Mais c'est cool de pouvoir parler de Ghost Hunt avec quelqu'un! Y'a pas assez de fanbase en France pour que je puisse le faire sinon X)
HarukaN : xD C'est vrai, y'a presque pas de fans français ;_; Pourquoi? Pourquoi le monde ne succombe-t-il pas au charme de Naru-chan? ... Non, en fait, je sais pourquoi _
Pompom : xD J'espère que ça t'as fait peur, sinon, le tag "horror" est mensonger...;_; Et voilà la suite, j'espère que tu aimes ^^ !
A lundi prochain ~
