[ Disclaimer: Je ne sais pas si je vous l'ai déjà dit mais...Ghost Hunt ne m'appartiens pas. ]
Tout le monde se trouvait dans la chambre d'Aoko, un peu à l'écart du lit ou la blessée gisait, toujours inconsciente. Naru avait tenu à ce que chacun soit présent, même elle.
- Une disparition, répéta Nishimura.
Ses yeux clignèrent, comme s'il avait du mal à assimiler l'idée. C'était peut-être le cas: après tout, il avait passé la nuit aux côtés de Mariya pour tenter d'exorciser l'endroit. A présent, la lumière grisâtre de l'aube éclairait son visage épuisé, et qui n'aspirait sans doute qu'à dormir, mais le vice-président n'en oubliait pas son rôle pour autant. Et ses yeux où une lueur d'inquiétude s'alluma révélèrent que les paroles de Mai venaient de le réveiller.
C'était la même chose pour les autres. A présent, chacun regardait autour de lui, passant d'un visage à un autre, se demandant qui pouvait bien manquer. Cependant, une seule réponse semblait possible:
- Personne n'a l'air d'avoir disparu...Je sais, dit Mai. Mais on sait tous que ça ne veut rien dire, et, comme je vous l'ai dit, ce rêve...C'était une vision, et c'était pour dire que quelqu'un manque, j'en suis sûre!
Le vice-président hocha la tête sans marquer aucune hésitation. Il lui faisait confiance. Elle ne comprenait pas pourquoi, mais ça l'arrangeait. Elle ressentait toute l'urgence de la situation. Si quelqu'un avait disparu, ils n'avaient pas le temps de se demander si c'était vrai. Il fallait le retrouver au plus vite.
Nishimura, cependant, réfléchissait. Son visage concentré était immobile, jusqu'à ce que, soudain, un frémissement l'agite. Mai, qui ne l'avait pas quitté des yeux, se demandant ce qu'il pouvait bien penser, suivit alors son regard glisser sur les poignets ou pendaient des morceaux de rubans et de ficelle détachés, soit par accident, soit pour s'adapter à la suite des événements.
- Tout le monde se rappelle-t-il de la paire qu'il a formé, la première fois? Demanda-t-il finalement.
Chacun acquiesça vaguement. Mai jeta un regard à Masako, se demandant à quoi tout ça pouvait bien mener. Le vice-président, pour sa part, avait l'air assez bouleversé par cette réponse, alors qu'elle ne lui apparaissait pas spécialement utile. Si le partenaire de quelqu'un avait disparu, cette personne ne s'en souviendrait plus, de toute façon, non?
Mais Nishimura avait pensé à quelque chose.
- Quelqu'un a disparu, déclara-t-il d'un ton sans réplique. C'est certain.
- Pourquoi... Commença Mariya, mais il l'interrompit d'un geste.
- Répondez très précisément aux questions que je vais vous poser, s'il-vous plaît.
Personne ne protesta, probablement parce que, de toute façon, tout le monde avait très envie de dormir et ne voulait pas ralentir la chose.
- Narumi, avec qui te trouvait tu à ce moment-là?
- Lin, répondit immédiatement le jeune homme.
Mai le regarda, surprise. Pourquoi obéissait-il aussi facilement? Avait-il comprit ce qu'il se tramait?
- Et toi, Lin?
- Narumi, répondit l'homme de son habituel ton dénué d'émotions.
- Takigawa? Poursuivit Nishimura en se tournant vers le moine.
- Euh...Yasu, non? Répondit l'intéressé en se grattant la tête d'un air épuisé.
- Yasuhara, tu étais...?
- Avec lui.
Il fit un clin d'oeil au moine en répondant, et Mai ne pu s'empêcher de laisser un sourire s'épanouir sur son visage inquiet.
Ignorant tout cela, cependant, Nishimura se tourna vers le jeune homme à côté de lui, et lui montra son carnet sur lequel il était écrit: "Avec qui tu étais, toi?". Fujitaka griffonna immédiatement: "Toi". Après quoi, le vice-président poursuivit:
- Mariya...?
- Avec Aoko, répondit doucement la jeune femme, et ses yeux dérivèrent vers le lit où reposait la blessée.
- Elle ne peut pas répondre, répondit Nishimura avec la même douceur, mais je pense qu'elle dirait la même chose. Et...Hara, et toi? Poursuivit-il. Quelle est la personne avec qui tu t'es liée?
- J'étais avec Mai, répondit la médium en dissimulant à grande peine un bâillement.
- Et toi, Mai?
- J'étais avec Masako.
- Et...Ayako?
La prêtresse haussa les épaules avant de dire:
- J'étais avec Mai et Masako.
Mai acquiesça. Effectivement, Ayako s'était jointe à elles, elle s'en souvenait parfaitement. Mais elles avaient fait le lien plus tard, donc...
- Je le savais, déclara Nishimura.
Il se leva.
- Je le savais. Il y a une incohérence depuis le début. Nous sommes onze...Et pourtant...Nous avons fait des paires.
- Mais, on était trois, protesta Ayako, ce n'est pas une paire...
- Alors pourquoi Mai et Masako ont commencé par répondre qu'elles étaient ensembles avant de t'ajouter?
- C'est ta façon de poser la question, Nishimura, répondit Masako. Tu as dit: "la première personne". Ce n'est qu'une personne.
- Et tu n'as pas protesté.
Mai écarquilla les yeux, comprenant soudain.
- Le sort est moins puissant quand on sait qu'il est en place, murmura Masako à sa place.
- Exactement.
Nishimura passa une main dans ses cheveux, nerveusement.
- La première fois que j'ai parlé de paire, personne n'a réagit, et c'est là que j'ai comprit. Tout le monde se rappelait avoir formé une paire, malgré l'influence de ce qui se trouve ici. Personne ne se rappelait vraiment avoir formé un groupe de trois. Quand Ayako a réfléchit, c'est la réponse qu'elle a trouvé. Mais Masako et Mai ont commencé par répondre qu'elles étaient toutes les deux...Et vous avez toutes dit que vous aviez formé une paire, au début.
Il y eu un silence.
- Ce qui veut dire...
- Ce qui veut dire qu'il y a bien une personne qui a disparu. Et cette personne était avec toi, Ayako.
La prêtresse cligna des yeux, l'air ébranlée.
- Pourtant, je...Je ne m'en souviens pas...
- Moi non plus, répondit Nishimura. Personne ne doit s'en souvenir, maintenant.
- Mais qu'est ce qu'on peut faire?
- On ne sait même pas depuis combien de temps...
- On ne sait pas où...
- Et si...Si c'était trop tard?
Mai, qui était restée silencieuse, ne sachant pas quoi faire, sursauta. "Trop tard"... Ces mots lui rappelaient quelque chose. "Trop tard" . Eugène la regardait, le visage ternit par la tristesse. "Trop tard"...
Subitement, elle se redressa, et s'exclama d'une voix forte:
- On n'a plus le temps de discuter! Il faut chercher!
Tout le monde se tourna vers elle, surpris par l'énergie qu'elle dégageait (sauf Naru et Lin, qui se retournèrent vers elle sans avoir aucun air particulier, évidemment). Pour eux, cela n'avait pas autant d'importance que la nécessité de se sortir de là sans risque. Après tout, il s'agissait dans leur tête de chercher un inconnu, un disparu qui n'avait pour eux jamais existé. Mais Mai avait entendu son appel. Et elle ne pouvait pas ne pas y répondre.
- Très bien, répondit Nishimura après quelques minutes d'un silence songeur. On va commencer les recherches. On va se séparer en groupes de trois et chercher dans le château. Matsuzaki, tu peux rester avec Aoko?
Quelques minutes plus tard, Mai se retrouvait avec Bou-San et Masako, avec pour ordres de fouiller l'intérieur du bâtiment principal.
Ils commencèrent par fouiller les chambres, à la recherche d'un indice sur le disparu. Cependant, ils ne virent rien d'autres que leurs affaires. Enfin...
- Eh, mais c'est les affaires d'Ayako!
Bou-san observait avec surprise les valises de la jeune femme, empilées dans une chambre qui aurait du être vide.
- Ayako n'avait pas la place de mettre ses bagages dans notre chambre, donc, elle les a mit là, murmura Masako. Enfin...C'est ce dont je me souviens, se reprit-elle.
- C'est sans doute la chambre qu'elle partageait avec...avec qui que ce soit que nous avons oublié. Répondit Mai.
Mais ils eurent beau retourner les meubles, rien d'autre d'intéressant ne leur apparu. Ils se dirigèrent ensuite vers la tour au bout du couloir. Au fur et à mesure que le temps passait, Mai sentait son cœur s'affoler. Elle était terriblement angoissée. Mais ils ne trouvaient rien. Rien au rez-de-chaussée, ni au premier étage, ni au grenier. Rien non plus dans l'église, ni dans le bâtiment annexe. Rien dans la forêt. Rien nulle part, alors qu'ils avaient passé la journée à fouiller, et que la nuit tombait.
- Il faut chercher encore! Supplia Mai après que les autres aient terminé leurs comptes-rendus désespérément négatifs.
Nishimura la regarda. Son visage avait une expression triste, mais résignée :
- Je suis désolé, mais je pense que...Que ça ne sert à rien, Taniyama.
La jeune fille le contempla, affolée. Elle ne s'était pas attendue à ce que lui la laisse tomber, alors qu'il lui témoignait une telle confiance depuis le début. Elle s'exclama:
- Non! Nishimura...Je ne mens pas...Quelqu'un a bien disparu, je le jure!
- Mai, nous ne doutons pas que quelqu'un a disparu, répondit doucement Mariya, l'air désolée. Mais...On ne peut plus rien faire.
- On a du passer à côté de quelque chose! Répliqua Mai. On devrait essayer...De demander aux esprits...
- Mai.
Masako posa sa main sur son épaule, et murmura doucement:
- Je ne peux rien faire. Personne ne peut rien faire.
- Il faut d'abord que l'on pense à notre propre sécurité. Nous avons une blessée avec doit comprendre ce qu'il se passe et trouver comment sortir d'ici, poursuivit Nishimura. Et vu que nos recherches n'ont rien données, je pense que...
- On ne peut pas faire ça! Dit Mai. On ne peut pas l'abandonner!
Mais personne ne répondit à ses protestations . Personne ne fit attention à elle. Tout le monde était occupé à discuter de façons de sortir, d'énigmes, de solutions. Tout le monde était déjà passé à autre chose.
La jeune fille sentit des larmes se mettre à couler sur son visage. Ils ne l'aideraient pas. Et c'était normal...Pour eux, il n'y avait plus rien à faire. Mais... Et si...
Et puis, sa tristesse se transforma en résolution. Si plus personne ne voulait essayer de trouver la personne qui avait disparue...Elle allait le faire. C'était aussi simple que ça. Elle allait agir.
Mais comment...? Elle fronça les sourcils, cherchant à résoudre cette question si insurmontable que tout le monde avait renoncé à y répondre...
Et soudain, la solution lui apparu, claire et nette. C'était si simple qu'elle se demandait pourquoi elle n'y avait pas pensé plus tôt. En fait, c'était peut-être le cas, mais elle avait dû écarter l'idée inconsciemment. Parce qu'elle savait très bien que personne ne la laisserait faire ça.
Mais personne ne pourrait l'empêcher de le faire.
Elle leva lentement la tête. Tout le monde continuait de débattre sur la nature de ce qui les attaquait et sur une façon de sortir d'ici. Personne ne faisait attention à elle.
Elle se trouvait assise contre le mur, par terre car ils n'avaient pas pensé à ramener des chaises dans la chambre d'Aoko. Elle était tout prêt de la porte.
Elle se leva doucement.
Aucune voix n'interrompit son geste. Ni ne lui demanda ce qu'elle faisait. Elle souffla doucement. Tout le monde était près. Si près.
Mais elle pouvait le faire.
Discrètement, elle se coula contre le mur, et poursuivit son chemin vers la porte, sans faire aucun bruit.
Soudain, elle entendit un cri. Elle s'interrompit, le sang battant à ses oreilles...Mais ce n'étaient que Bou-san et Ayako qui se disputaient un peu plus loin, accaparant l'attention de la pièce. Mai se détendit. Puis, elle les remercia silencieusement. Ouvrit la porte. Et sortit.
Une fois dehors, après avoir lentement refermé la porte derrière elle, elle soupira de soulagement. Elle n'en revenait pas d'avoir réussi à sortir sans que personne ne s'en rende compte, mais elle était fière d'elle. Enfin...Même si, quelque part, elle trouvait ça un peu vexant. Ainsi, personne ne remarquait sa présence?
Cependant, elle avait plus important à penser que sa cote de popularité. Elle était seule dans un château habité par une force qui, selon toute vraisemblance, voulait sa mort. Quoiqu'elle soit résolue, elle devait admettre que cette idée la mettait extrêmement mal à l'aise. Elle avança lentement dans le couloir, les yeux grands ouverts pour distinguer ce qu'il se passait dans la frêle lueur crépusculaire qui passait par les portes ouvertes (elle n'avait pas allumé la lumière pour éviter d'attirer l'attention) . Il faisait cependant si sombre qu'elle voyait à peine. Le couloir était noyé d'ombres, bien assez, lui répétait son esprit affolé, pour que quelque chose s'y cache sans qu'elle ne le remarque...Son cœur battait à toute vitesse. Cependant, finalement, elle franchit sans encombre ce couloir, traversa le hall, et se retrouva dans celui d'en face.
Elle poussa alors une porte. Celle du salon. Celui où elle ne s'était rendu qu'après beaucoup d'hésitations depuis son rêve. Celui qui lui faisait plus peur que tout le reste du château, aussi inquiétant soit-il. Celui où il devait forcément se passer quelque chose.
Elle n'attendit pas avant de mettre son plan à exécution. Elle ne savait pas de combien de temps elle disposait avant qu'on ne se rende compte de son absence. Avec hésitation, elle se rapprocha de la cheminée. Dans la lumière ténue du début de matinée, elle la distinguait à peine. Avec hésitation, elle s'allongea sur le tapis, comme la fille qui avait disparu. Son cœur battait très vite, et pas seulement à cause de la course. Elle était terrorisée. Mais... Elle savait ce qu'il lui restait à faire. Elle ferma les yeux en tremblant, et attendit.
Un grincement.
Le cœur de Mai bondit dans sa poitrine, au point qu'elle eût l'impression d'avoir une crise cardiaque. Tétanisée, elle ne bougea pas. Quelque part, malgré le fait qu'elle s'y attendait, elle continuait de se dire que c'était son imagination. Que ce n'était rien. Qu'il n'y avait pas de bruit. Qu'il ne pouvait pas y avoir de bruit.
Tap.
Un bruit de pas.
Tout son corps se contracta, malgré elle. Elle voulait fuir. Elle devait fuir...Non. Elle devait trouver où les disparus allaient. Elle devait trouver la personne qui appelait à l'aide. Elle ne bougea pas.
Un autre pas. Un autre. Et puis un autre.
Elle ne bougea toujours pas, même pas un frémissement. Non, Mai. C'est la seule solution.
Un pas. Encore. Le dernier. C'était tout près d'elle, maintenant. Elle sentait la présence mystérieuse, qui l'observait. Elle sentait aussi la peur lui nouer l'estomac, mais elle ne bougea pas.
Il y eut encore un bruit, comme si quelque chose se baissait sur elle, et alors, elle entendit :
- Mai?
Elle sursauta, surprise et effrayée...Puis elle ouvrit les yeux, et elle le vit.
- Naru?
Le jeune homme la contemplait, l'air passablement ennuyé.
- Qu'est-ce que tu fabriques, exactement?
- Et toi? Répondit-elle, honteuse d'avoir eu peur et de ce fait plutôt en colère. On peut savoir pourquoi tu rentres comme ça sans allumer la lumière? Tu veux me faire peur ou quoi?
- Ce n'est pas très difficile de faire peur à une idiote.
Elle se redressa, vraiment en colère, cette fois. Non seulement il ne perdait pas de temps pour se moquer d'elle, mais en plus, il était là. Donc, ils étaient deux dans la pièce. Les conditions n'étaient plus réunies. C'était fichu! Il avait tout fait rater! Jamais la chose n'allait venir ici pour l'emporter là où elle emportait les autres! Elle répliqua rageusement:
- Tu veux savoir ce que je faisais vraiment ici, Naru? Eh bien, tu ne fais rien pour la personne qui a disparu. Pour notre ami. Enfin, notre...Je ne pense pas que tu aies un seul ami en ce monde!
Elle s'en voulut immédiatement de lui avoir balancé ça à la figure. Mai, ce que tu peux être puérile! Tu te fiches de Naru, tu te souviens? Mais elle ne pouvait pas s'en empêcher.
- Ce qui est vrai, répondit calmement le jeune homme, c'est que tu agis encore de façon totalement stupide. Tu te met en danger sans raison, et maintenant, tout le monde est obligé de te chercher. Tu nous fait tous perdre du temps.
- Perdre du temps pour quoi ? Réplique Mai. Vous aviez abandonné les recherches, de toute façon!
- Mai...C'est parce que c'est trop tard, maintenant.
Était-ce son imagination? Elle avait l'impression que le visage de Naru, un visage qu'elle avait toujours vu limité à l'expression sincère de l'indifférence, la moquerie, et la colère, s'était fait plus triste. Plus...Désolé. Troublée, elle n'en oublia cependant pas ce qui la préoccupait:
- Mais comment tu peux le savoir? Si ça se trouve, cette personne est encore...
Elle avait voulu dire "encore en vie" , mais elle ne parvenait pas à l'exprimer. Parce que cela l'amenait penser à l'autre possibilité. La seule autre possibilité, elle le savait, tout au fond d'elle-même.
Qu'elle était morte.
- Dans ton rêve, la fille a été tuée peu de temps après avoir été capturée, répondit Naru. Il n'y a aucune raison pour que ce soit différent ici. Et cela fait déjà une journée que nous cherchons.
- Mais c'est possible.
Elle se raccrochait encore à cet espoir.
- Naru, dit elle en le regardant avec détermination, c'est possible. On a encore une chance de trouver quelque chose. J'en suis sûre.
Le garçon la contempla sans rien répondre, comme s'il réfléchissait, et puis il secoua la tête et déclara:
- Allons rejoindre les autres, maintenant. On a assez perdu de temps comme ça.
Mai ouvrit la bouche pour protester, mais elle devinait déjà que son obstiné ex-patron ne la laisserait de toute façon plus seule. Mais au fait:
- Comment tu m'as retrouvée?
- Hein?
Il était déjà devant elle, poussant la porte du couloir. Patiemment, elle répéta:
- Comment tu as fait? Pour savoir où j'étais?
Naru tourna la tête vers elle. Son visage avait retrouvé sa froideur habituelle, mais, bizarrement, elle fût tout de même troublée par le regard qu'il lui adressa alors.
- C'est très simple. Je te connais.
Et il ouvrit la porte, ignorant Mai qui resta planté là une seconde, le visage en feu. Bon sang, pourquoi je rougis? Je le déteste, pas vrai? Oui, c'est ça...Je suis rouge de colère! De colère!
- Qu'est-ce que tu fais? Demanda la voix de Naru au loin. A par nous faire encore perdre du temps, bien entendu.
Après quoi il lui fût beaucoup plus facile de se souvenir qu'elle devait être rouge de colère.
Ils remontèrent silencieusement l'allée pour retrouver tout le monde. Apparemment, ils avaient cru que Mai était partie dehors, et l'appelait à grand cris.
- Je suis là, répondit-elle, un peu gênée.
- Oh, Mai! S'exclama Ayako.
S'ensuivit un torrent de reproches, d'inquiétude, et de demande de bilan de l'état de santé.
- Mais oui, je vais bien, répondit Mai pour la deuxième fois à Bou-san.
- Ne refais plus jamais ça, c'est compris? Répliqua le moine en lui décoiffant affectueusement les cheveux.
- Oui, Oui...Eh...
Le regard de Mai venait de se poser sur le bâtiment annexe. Et elle l'entendit.
- Mai ?
Ses yeux s'écarquillèrent. Sans réfléchir, elle courut dans la direction de la voix.
- Qu'est-ce que tu fais? Demanda Nishimura qui la suivait, l'air assez réveillé pour quelqu'un qui n'avait pas dormit de la nuit.
Mais elle ne l'écoutait plus. Elle s'arrêta sur le perron, là d'où venait la voix. La voix qu'elle se rappelait avoir entendue. Et, même si elle ne s'en souvenait pas, elle avait compris. Cette voix n'était pas une voix: c'était un souvenir. Un souvenir de son rêve.
- C'est là, déclara-t-elle en se tournant vers le groupe.
- Là quoi?
- Là que se trouvait la personne. J'en suis sûre.
- Là? Répéta Nishimura en fronçant les sourcils. Tu l'as vue à l'entrée d'ici? Et après, où est-elle allée?
- Non, non, c'était là, répliqua Mai. Elle était là.
- Elle ne bougeait pas? Elle n'essayait pas de s'enfuir?
- Non, elle ne pouvait pas...Elle ne pouvait pas bouger.
Elle ne savait pas exactement comment elle le savait. Mais elle en était certaine.
- Attendez...
C'était Yasuhara. Le jeune homme s'avança avec hésitation, avant de regarder la porte. Mai suivit son regard, étonnée. Quoi, la porte? Cependant, il s'expliquait déjà:
Il n'y avait rien ici, hier. Pas de porte. Juste une ouverture. C'est nous qui avions fouillé cet endroit. J'en suis sûr.
Maintenant que Mai y pensait...Elle sentit une drôle de sensation l'envahir. Un certain malaise.
- C'est logique, non? Fit Ayako, qui avait apparemment laissé Fujitaka surveiller Aoko. Le tsukumogami reconstruit la maison, et après, la force contraire va probablement tout détruire.
- Mais pourquoi là ? Demanda Mai.
Elle regarda la porte. C'était une simple entrée, un battant d'un bois épais et une poignée d'argent avec un lourd heurtoir de fer, sobre et sans grandes décorations. Une simple porte. Et pourtant...Quelque chose n'allait pas. Parce que, plus elle la regardait, et plus le souvenir de la voix mystérieuse de son rêve lui revenait à l'esprit. Elle l'entendait résonner, un peu en écho, non pas comme si on l'appelait maintenant, mais plutôt comme si elle s'en souvenait.
"Mai."
De plus en plus de mystère pour vous faire réfléchir...
...Jusqu'à lundi prochain bien sûr!
Réponses:
FrenchCirce: Et revoici donc du suspens :) ! Eugène saura forcément se rendre utile, quand à Naru...Même s'il n'agit pas beaucoup pour l'instant, on sait très bien qu'il a toujours une idée derrière la tête...Donc ne t'inquiète pas xD
Pompom: ^^ Et merci pour ton commentaire...Comme d'habitude! : D
