Pourquoi...

Mai regardait le visage de Nishimura, l'esprit en ébullition. Au départ, elle avait cru qu'il était possédé, lui aussi. Sauf que non. Il ne l'avait pas tuée. Il se contentait de regarder, elle, puis la porte, l'air hésitant. Mais il ne la lâchait pas, comme s'il attendait quelque chose.

Alors, d'autres pensées lui vinrent à l'esprit. Elle se souvenait son mauvais pressentiment à son propos. Combien il avait été intéressé par elle, depuis le début, et comme elle avait en même temps été la cible du château. Qu'il avait été celui qui les avaient entraînés dans cet endroit alors même qu'il n'y avait aucune preuve que rien ne s'y passait. Comment c'était lui qui les avaient entraînés sur des fausses pistes qui les avaient ralentis, comme quand il avait suggéré qu'il y avait deux forces en jeu ici, retardant le plus possible l'exorcisme du tsukumogami. Comment lui et toute son équipe avait contrôlé l'enquête, depuis le début. Elle se rappelait enfin ce que lui avait dit Gilberte: que le charme contre la possession qu'avait Naru lui avait été enlevé, et que ça ne pouvait être que par un être humain.

Mai sentit comme une pierre tomber dans son estomac, tandis qu'elle finissait par conclure ce que tout ça voulait dire. Plus de doutes possibles. C'est lui! C'est de sa faute!

Nishimura la lâcha soudain. Furieuse, elle s'écarta de lui et l'interrogea âprement:

- Pourquoi tu as fais ça?

Le jeune homme la regardait, l'air gêné:

- Je...je suis désolé. Je ne voulais pas te faire mal, mais je ne savais pas si tu étais possédée, et...

- Ne fais pas semblant! J'ai compris! Tu en a fais exprès! Depuis le début !

- Quoi?

- Inutile de jouer les innocents! Dit Mai avec colère. Je sais que tu es de son côté! Je sentais que tu faisais des choses horribles, et depuis le début, tu cherches à m'avoir, exactement comme ce tsukumogami, et c'est toi qui nous a entraîné là-dedans...Tu nous as entraîné sur une fausse piste...Depuis le début, tu voulais que tout cela arrive! Tu avais tout prévu! Depuis le début, tu voulais nous attirer ici, pour qu'on se fasse tuer, et...

En même temps, elle regardait autour d'elle, cherchant une sortie. Quand il l'avait attrapée, Nishimura l'avait poussée dans l'autre direction, si bien que c'était lui qui était dos à la porte. Mais ce n'était pas grave. La fenêtre derrière elle ferait l'affaire. Il était rapide, et elle connaissait sa faculté, mais il ne semblait pas décidé à lui faire du mal. Peut-être devait-il la livrer au château intacte. En tout cas, c'était un bon point pour elle. Si elle parvenait à détourner son attention suffisamment longtemps, elle pourrait profiter de l'effet de surprise pour s'enfuir. Elle recula lentement.

- Mai, répondit Nishimura d'un ton grave. Mai. Ce n'est pas moi.

Elle secoua la tête, continuant de reculer.

- Mais...

Soudain, ses yeux cillèrent. Mai voulut profiter de cet instant pour s'enfuir, mais, juste après, Nishimura se précipita sur elle et l'attrapa. Déséquilibrée, la jeune fille trébucha, mais ne pût l'empêcher de la pousser au fond, vers une pile de matelas derrière laquelle il se cacha, tenant fermement Mai. Elle essayait toujours de se débattre, mais elle n'arrivait plus à bouger. La course-poursuite de tout à l'heure l'avait épuisée, et il l'empêchait de faire le moindre mouvement.

La porte de la base s'ouvrit alors. Une jeune fille habillé d'un kimono entra doucement dans la pièce. Masako! Mai tenta d'attirer l'attention de la jeune fille, mais la poigne de Nishimura se resserra sur elle. Impuissante, elle ne pût que regarder la médium tournoyer lentement dans la pièce, son regard sautant d'un endroit à l'autre, comme si elle cherchait quelque chose. Mai sentit alors, dans un coin de son esprit, que quelque chose n'allait pas. Mais quoi? Et puis, elle comprit: Masako était seule. Normalement, elle aurait dû être accompagnée de quelqu'un d'autre. Sauf si...Sauf si elle ne pensait plus à se protéger. Parce qu'elle n'était plus Masako.

Mai cessa de se débattre, effarée. Le château! Masako, ou plutôt, la chose qui possédait Masako, s'approchait à présent de leur cachette, et Mai pu s'apercevoir combien elle paraissait froide et effrayante. Elle s'efforçait désormais de ne plus faire un mouvement. Heureusement, après avoir tourné près de l'endroit où ils se trouvaient un moment, elle se contenta de repartir, laissant le battant de la porte se refermer derrière elle.

Ils attendirent un instant, mais la porte ne se rouvrit plus. Nishimura laissa enfin échapper Mai, qui s'écarta en massant ses bras meurtris.

- Excuse moi, murmura le jeune homme en la voyant faire, embêté. Mais...Je ne pouvais pas te laisser attirer son attention...

- Pourquoi? Demanda Mai, qui ne comprenait plus rien. Pourquoi tu m'as cachée? Tu es de son côté, non?

- Eh bien, justement, non. Je n'ai rien à voir avec tout ça, je te le jure. Écoute, ça n'a aucun sens que je te cache si c'est le cas, si?

Mai baissa les yeux. Il avait raison: ça ne tenait pas debout. Pourtant...Chaque fois qu'elle le regardait, elle le sentait. Quelque chose la gênait chez Nishimura. Et c'était son intuition qui le lui disait. Inutile de dire que, maintenant qu'elle savait ce que cette intuition était, elle lui faisait confiance. Et comme elle ne voyait pas quoi faire d'autres pour la comprendre enfin, elle murmura:

- Alors pourquoi...Pourquoi j'ai peur de toi?

Nishimura sembla un peu ébranlé, puis il eut un petit sourire assez triste.

- Ah, ça...C'est ma capacité, tout simplement.

Il s'adossa au mur.

- Je ne pouvais pas l'expliquer à tout le monde, pour certaines raison, et nous ne nous sommes plus retrouvé seuls depuis que c'est arrivé, donc...Bref, c'est la nature de mon pouvoir qui te fait ça, Mai. Ma capacité est un peu spéciale...C'est en fait une capacité négative. Sa nature est la destruction de tout ce qui est surnaturel.

Il pointa un doigt vers elle.

- Toi, au contraire, tu es très puissante. Tu possède une quantité impressionnante d'énergie psychique. Donc, naturellement...Elle se sent menacée par moi. Et elle réagit.

Il se gratta la tête et eût un sourire un peu gêné:

- Quand à la fausse piste...Je me suis trompé. J'avais déjà affronté quelque chose d'apparemment similaire, et j'en ai conclu trop vite que c'était la même chose.

Mai baissa la tête: effectivement, ça collait. Ce qui ne collait pas, c'était son idée. Elle se sentit coupable d'avoir soupçonné Nishimura.

- Je suis désolée, s'excusa-t-elle.

- C'est rien. Je comprends tes doutes. Après tout, je n'étais pas possédé alors que tout le monde l'est. C'est normal que tu aies eu peur...

- Attends, tout le monde est possédé?! Fit Mai en plaquant une main sur sa bouche.

Nishimura soupira.

- Oui. Sauf toi et moi, visiblement. Je m'en suis aperçu quand ils ont commencé à essayer de me tuer. Alors, je suis partit en courant...Mais ils ne m'ont pas suivit. Et j'ai compris qu'ils étaient à ta recherche, vu comme ils avaient voulu nous séparer. J'en ai déduit que tu n'étais peut-être pas possédée, ou alors, que je devais essayer de t'en sortir si c'était le cas. Alors, je suis allé voir si tu étais sur les moniteurs, dans la base. Ensuite, tu es entrée...Et voilà.

- Pourquoi tu n'es pas possédé, alors ?

- Je ne sais pas. Mais...Mon charme contre la possession a disparu. J'en déduis que c'est ce qu'il a dû arriver aux autres. Quand à toi...Je ne comprends pas...

- Moi, je sais pourquoi, mais...Attends, tu n'as plus ton charme, et ça va? Comment ça se fait?

- Oh, ça, c'est simple, répondit Nishimura. La possession ne peut pas marcher sur moi. Si un esprit essayait, il se ferait détruire automatiquement.

- Mais pourquoi tu as accepté le charme, alors?

Il se rembrunit.

- C'est parce que...Mai, écoute, pour certaines raisons, je dois garder mes capacités secrètes. Je te fais confiance, alors, je peux t'en parler, mais pas aux autres. Tu pourrais le garder pour toi?

Mai hésita. A la base, ils faisaient une enquête sur lui...Cependant, en voyant son regard suppliant, elle décida que l'enquête attendrait. Et de toutes façons, elle ne travaillait plus à la SPR.

- Ok, dit elle.

L'air soulagé, il lui sourit.

- Au fait, comment tu t'en es sortie? Demanda-t-il. Et pourquoi tu n'es pas possédée?

Alors elle lui raconta tout, jusqu'à sa rencontre avec Gilberte. A la fin, le vice-président fronça les sourcils, préoccupé.

- Les exorcismes, inefficaces?

- Oui, c'est trop puissant, même si on les dirige vers le bon endroit. Et donc...Tu sais ce qu'on doit faire...?

Elle avait dit ça avec espoir. Après tout, Nishimura était le vice-président. Il devait forcément savoir quoi faire.

Et, effectivement, le jeune homme avait eu une idée:

- Elle a dit qu'on ne pouvait pas le détruire par les exorcismes?

- Oui.

- Mais on peut le détruire autrement, non? Par exemple...On pourrait le brûler . On a ramené de l'essence pour le générateur, elle est toujours en bas. On pourrait s'en servir.

Mai fronça les sourcils:

- On est tous enfermés ici...On ne pourrait pas échapper à l'incendie!

- C'est vrai, mais on n'a qu'à pas l'incendier entièrement...Juste de quoi l'abîmer sérieusement. Peut-être assez pour que la barrière faiblisse et que je vous fasse sortir...

- Quoi? Tu peux faire ça? Mais pourquoi tu ne l'as pas proposé avant?

- Parce que c'est une idée très dangereuse. Et très incertaine. Je ne suis pas sûr qu'on puisse affaiblir cette chose suffisamment. Je ne suis pas sûr d'avoir l'énergie pour faire quoi que ce soit. Et puis...Ça implique de détruire des âmes. Ce n'est pas le genre de chose que je fais de gaîté de cœur. Cette idée n'est pas bonne. Mais c'est la seule que j'ai pour le moment.

Silence. Mai réalisa ce que ses propres paroles montraient: qu'elle doutait encore de lui. Elle n'en avait pas l'intention, pourtant. Mais elle sentait encore, diffuse, son inquiétude vis-à-vis de Nishimura. Et, avec ce qu'il avait dit, elle pouvait effectivement mieux la comprendre. Elle se sentait menacée par lui. Pas comme un genre de vision de l'avenir, comme si elle avait pu prévoir qu'il lui voulait du mal et allait lui en faire, par exemple. Plutôt le genre de sensation que l'on peut avoir quand on se retrouve face à quelqu'un d'armé. C'était exactement ça, maintenant qu'elle y pensait: Nishimura tenait une arme dirigée vers elle, et même s'il n'en faisait pas exprès, même s'il n'allait jamais tirer, elle ne pouvait pas s'empêcher d'avoir peur. Et c'était pour ça qu'elle ne pourrait jamais lui faire vraiment confiance. Se sentant de nouveau coupable, elle hésita un peu avant d'ajouter:

- Mais, pour le feu... C'est une énergie psychique, non? Comment tu pourrais l'abîmer avec un feu?

- C'est plutôt le tsukumogami qui va s'abîmer tout seul...Si on brûle ce qui le soutient, il devra dépenser de l'énergie pour se reconstruire. Et comme c'est ce qui l'intéresse...Ce sera sa priorité.

- Mais s'il pense que nous attaquer pour retrouver son énergie est une bonne idée...? Avança Mai avec une grimace.

- Il y pensera, répondit Nishimura d'un ton las. Comme je te l'ai dit, ce plan comporte énormément de problèmes...Par exemple, comment on va emmener tout le monde vers la sortie...Et puis...Mais avant toute chose, il faut qu'on sorte d'ici. N'importe qui pourrait nous trouver. Ce sera plus facile de se cacher dans la forêt. De là, on pourra réfléchir à quelque chose.

Mai acquiesça, mais, au fond d'elle même, son angoisse n'avait pas diminuée. Ils étaient piégés, ici. Tôt ou tard, on les retrouverait.

Ils vérifièrent les moniteurs pour connaître la position des autres. Ils aperçurent quelques personnes fouiller les étages, l'église, l'annexe. Personne de leur côté, apparemment. Alors, Mai alla ouvrir la porte.

Elle appuya doucement sur la poignée, pour ne faire aucun bruit qui pourrait alerter les autres. Et puis, elle poussa la porte...Mais celle-ci buta sur quelque chose. Intriguée, Mai tourna la tête vers l'ouverture...Et deux yeux lui renvoyèrent son regard.

Elle poussa un cri de terreur. Immédiatement, Nishimura la tira en arrière. Juste à temps. Une main venait de s'introduire dans la pièce. Une petite main fragile, couverte de blessures, et dont l'un des doigts pendait dans un angle bizarre, visiblement cassé. Une main qui tenait un large couteau de cuisine.

- Aoko, murmura Nishimura.

C'était elle en effet. Ils n'avaient pas pu vérifier la chambre de la blessée, qui, apparemment, avait elle aussi été possédée. Et maintenant, son corps entrait dans la pièce, lentement, ralentit par ses contusions, mais ignorant la douleur, comme l'indiquait son sourire triomphant. Mai se rappela alors que personne n'avait vérifié, après son agression, si la jeune femme disposait toujours d'un charme contre la possession. En un éclair, elle comprit tout. C'était le corps d'Aoko qui leur avait, discrètement, retiré leur charmes. Et ils ne s'étaient rendus compte de rien, probablement grâce aux illusions du château.

Cependant, Nishimura saisit le bras de Mai pour attirer son attention ( bon sang, ce que c'était désagréable! Même maintenant qu'elle savait pourquoi, elle n'arrivait pas à s'y habituer) et il lui chuchota à l'oreille:

- J'ai une idée. Quoi que je fasse, ne t'inquiètes pas, d'accord?

Elle acquiesça presque imperceptiblement, et alors, d'une voix forte, le garçon déclara à la chose qui était en Aoko:

- Ne t'approche pas. Ne t'approches pas!

Il saisit le bras de la femme et s'entailla le poignet avec sa lame. Perplexe, la créature l'observa lever le bras en l'air et l'agiter, puis soudain, son visage fût déformé par une grimace affreuse et elle hurla. Mai remarqua alors qu'une goutte de sang était tombée sur sa peau blessée.

- Toi! S'écria-t-elle avec rage. Cesses tout de suite ou bien tu connaîtras une mort pire que toutes les autres!

Sans réagir à la menace, Nishimura aborda un sourire aussi calme que si lui et le monstre étaient tranquillement assis à boire le thé.

- Tu as peur de mon sang, déclara-t-il tranquillement. Tu sais ce qu'il peut faire à ce corps, qui y est sensible, n'est ce pas? Enfin... Ce qu'il peut te faire à toi.

La chose ne répondit rien, mais lui adressa un regard venimeux.

- Regardes, maintenant, dit-il.

Et, sans prévenir, il saisit le bras de Mai, assez durement pour rouvrir une de ses nombreuses écorchures de la veille. Elle ne pût retenir une grimace de douleur. Nishimura lui adressa un regard désolé, mais elle haussa doucement les épaules: elle lui faisait confiance. Même si elle en avait marre que son bras ressemble de plus en plus à une peinture abstraite.

- Dehors, repris le garçon à l'adresse du corps d'Aoko. Ou bien... J'utilise mes facultés sur elle ...( il désigna Mai d'un signe de tête) . Et elle perdra le sien. Elle perdra tout.

Mai ne pût s'empêcher de sentir un frémissement de terreur à cette idée. En fait, ce n'était pas seulement cette idée: le contact de Nishimura la faisait littéralement frissonner. C'était même plus que ça. Son corps tremblait de façon incontrôlable, comme s'il essayait, instinctivement, de s'échapper. Et, en sentant un petit peu de l'impression qu'elle avait eu dans les bois, elle comprit enfin: il avait activé son pouvoir.

- Tu n'oserais pas faire ça, cracha la créature. Cette fille (elle désigna son propre corps) sait... elle sait que tu as besoin de ses capacités...

Mai lui jeta un regard curieux. Hein?

- Cette fille sait aussi que, si elle meurt, je n'aurais rien du tout, déclara le garçon. Et cette fille sait, ajouta-t-il, et son regard étincelait, elle sait aussi que je ne laisserais plus jamais mourir l'un des nôtres.

L'un des nôtres... ? Il parlait de leur équipe?

La chose qui habitait Aoko, en tout cas, paru convaincue par cet argument. D'un seul coup, elle recula, et partit en courant.

- Qu'est-ce qu'il fait? Demanda Mai, incertaine.

- Je ne sais pas. Mais on ferait mieux de bouger, répliqua Nishimura. On ne peut pas sortir par ici, ils savent où nous sommes.

Au grand soulagement de Mai, il écarta son bras du sien. Puis ils sortirent de la base, en jetant des coups d'œil inquiets autour d'eux, mais personne ne semblait là.

- On va essayer de sortir par une fenêtre, chuchota le vice-président. Ils s'attendront à ce qu'on parte par la porte...

Ils entrèrent dans la pièce d'en face, et s'approchèrent lentement de l'ouverture qui se dessinait en face d'eux. Dehors, le clair de lune était si lumineux qu'on voyait presque comme en plein jour. Cette fois, Nishimura était devant. Il ouvrit la fenêtre. Mai pu voir, alors, son visage se figer, effaré.

- Nishimura...? Murmura-t-elle.

Le garçon tourna la tête vers elle, défait:

- Ils sont tous là.

Elle le rejoignit, et regarda à son tour. Effectivement, toute leur équipe se tenait dans la cour. Même Naru, dont Gilberte avait dû perdre le contrôle. Chacun était debout, immobile dans le clair de lune, l'air dépourvu d'émotions. On aurait dit un rassemblement de statues. Seul le vent qui agitait leurs vêtements et leurs cheveux rappelait leur véritable nature.

Et surtout, chacun tenait un couteau sous sa propre gorge.

- Non...Dit Mai d'un ton suppliant. Non, non, non!

- C'est ma faute, murmura Nishimura en secouant la tête. J'aurais dû y penser avant de parler...Merde!

- Vous deux...

C'était les autres qui leur avaient parlé. Tous les autres. Leur voix, atone, avait prononcé ces mots exactement en même temps, d'une seule voix.

- Je sais que vous m'entendez. Je sais que vous me voyez. Je sais aussi que vous tenez à ces personnes.

Un large sourire s'étala sur les visages des possédés.

- Si vous faites perdre ses pouvoirs à la fille, c'est finit.

Brusquement, ils se tournèrent, tous en même temps, vers la fenêtre d'où Nishimura et Mai les regardaient, pétrifiés. La brune ne put s'empêcher de sursauter.

- Rendez vous, criaient les voix. Rendez vous, ou alors, ce sera finit. Pour eux.

Et alors, les mains se levèrent, rapprochant la lame de la peau de leurs cous exposés, vulnérables.

- Non! S'écria Mai. Arrêtez!

Mais les autres se contentèrent de lui renvoyer un regard inexpressif.

- Une minute, murmurèrent-ils. Cinquante-neufs secondes...

- On y va! Dit Mai, et elle sauta sur le rebord de la fenêtre.

- Non! Répliqua Nishimura en la retenant par la taille.

- On a pas le choix S'écria-t-elle, affolée. Il va les tuer!

- Mai, il va les tuer de toute façons. Gilberte te l'a dit...Il a besoin d'énergie

Il la secoua pour l'obliger à se concentrer sur ce qu'il disait, tandis que résonnait un "trente-sept".

- Tu es très puissante, je l'ai sentit à de nombreuses reprises...Mais ce n'est pas suffisant. Elle te l'a dit! Elle t'a dit qu'il allait devoir tuer tout le monde, de toute façon.

La jeune fille sentit un poids lui tomber sur l'estomac. Il avait raison.

- Mais alors...On est coincé? Dit-elle avec désespoir.

- Non, la contredit Nishimura. Il n'y a pas que toi qui ait beaucoup d'énergie psychique, ici. Moi aussi, en fait. Si j'utilise ma capacité sur les autres, je peux détruire ce qui les possède, et les en protéger pendant un moment, assez pour qu'on fasse de nouveaux charmes. Par contre, je n'aurais pas assez d'énergie pour nous faire sortir...

- C'est pas grave, le pressa Mai. On ne pourra plus sortir, si on est tous morts. Fais le.

Les yeux nerveusement posés sur les otages, il poursuivit:

- D'accord, je vais sortir. Si je sors, même seul, il ne va pas les tuer. Ce qu'il veut, c'est nous séparer. Il ne se méfiera pas. Il ne pense pas que je peux faire une chose pareille, sinon, il m'aurait tué en priorité.

- Alors, vas-y! Sauve les! Le pressa Mai, tandis que dans son dos résonnait le nombre: "quarante-et-un"

- Attends...Hésita Nishimura. Si j'attaque les autres, comme ils sont inconscients, mon pouvoir les épargnera, parce que leur capacités sont endormies. Mais pas les tiennes. Si tu viens avec moi...Ce sera beaucoup plus violent que mon sang. Je vais utiliser mes dernières forces. Tu ne pourras pas résister. Tu seras attirée, et tu vas te faire tuer. Tu dois t'éloigner d'ici.

- C'est ce que je vais faire! Dit Mai en haussant les épaules.

- Exactement. Toute seule. Dans le château. Tu pourrais te faire...

Nishimura se mordit la lèvre et n'ajouta rien. Il n'en avait pas besoin: Mai avait très bien compris ce qu'il avait voulu dire. Cependant, au même moment, ils entendirent "vingt-et-un". Il la regarda:

- Il devrait être affaiblit par mon pouvoir...Ça devrait te laisser le temps de...Fais attention à toi. Cours! Dit-il soudain.

Puis, il sauta.

- Ahhh! Firent les voix, l'air heureuse, mais Mai n'écouta pas la suite.

Elle se mit à courir, de toute ses forces. Elle s'éloigna en direction du couloir où se trouvait le salon...Au dernier moment, en s'en approchant, cependant, elle changea d'avis, et piqua vers la porte la plus proche: la cave. Elle l'ouvrit rapidement et s'y engouffrait quand elle la sentit. La mort...C'était comme si son corps était poussé par les mains de meurtriers qui se jetaient sur elles, prêts à la tuer. La pression était si forte qu'elle dû s'accrocher au bort de l'ouverture pour tenir bon. En même temps, elle sentait quelque chose en elle sursauter, brûler, et elle poussa un cri de douleur. Cela lui sembla durer des heures, puis des années.

Et puis, en même temps, elle éprouvait autre chose...C'était une sensation complètement différente, et elle sentait qu'elle n'avait pas la même origine, mais elle n'en était pas pour autant plus agréable.

On lui enlevait quelque chose.


Pauvre Mai...Il ne cesse de lui arriver malheur...

Sinon, je pense vous donner la suite mardi, et puis ensuite, je ne sais pas...On verra? Dites moi un jour dans les commentaires! (pas "mercredi" , attention xD)

Oh, et puis, ça y est, j'ai écrit l'épilogue. Il y a en tout dix-huit chapitres, plus lui. Je vous laisse faire le calcul...

Réponses:

FrenchCirce: Alors, que penses-tu de Nishimura après ce chapitre? ^^ Toujours des soupçons? Quelle que soit ta réponse, attends toi à des retournements de cerveau par la suite. Il me reste encore quelques chapitres pour proposer quelques beau virages à la situation...Héhé :)
C'est moi, où il y a un légère moquerie du Naru chevaleresque dans ton propos xD ? Parce que plonger dans une bouche d'égout, honnêtement, c'est pas très très classieux... Surtout pour l'odeur xD Enfin bon, c'est pour ça que ce personnage est assez intéressant je trouve...C'est plutôt un antihéros j'ai l'impression ce qui est toujours marrant à manier, même s'il est assez difficile à comprendre. Et puis, pour le mettre dans une histoire d'amour, bon courage. xD Pauvre Mai. En fait, elle aurait mieux fait de tomber amoureuse d'Eugène... Ca aurait été plus facile avec lui. Même s'il est mort. xD
^^ En fait, tu as de la chance. C'est la première chose que j'écris qui ne soit pas un OS que je finis. xD Pour les abandons de fic...Je plaide coupable _
Et merci pour tous les compliments que tu fais à ma fanfic d'ailleurs, elle est heureuse! :')
Merci également pour ta proposition, mais je préfère le faire moi-même...Parce que je risque de changer un détail significatif cinq secondes avant la publication, comme à chaque fois xD Néanmoins c'est sympa de proposer donc merci encore ^^ !
A mardi !