Quand Mai ouvrit les yeux, elle était étendue par terre, sur la pierre. Il faisait noir. Perdue, elle se redressa, se demandant où elle était et pourquoi ce n'était pas dans son lit, jusqu'à ce que tout lui revienne soudain en mémoire. Elle se releva d'un coup, mais elle dût se tenir au mur, tellement la tête lui tournait. En grimaçant, elle attendit que la sensation de vertige passe. Cependant, à part ça, elle se sentait plutôt bien. Le château ne lui avait donc rien fait. Soulagée, elle laissa un sourire fugace s'étaler sur son visage.
Et puis, elle se rendit compte que tout, tout lui était revenu en mémoire.
- John...
Elle vacilla de nouveau. Son sourire s'effaça d'un coup. Elle se rappelait. Elle se rappelait parfaitement de lui, comme si elle ne l'avait jamais oublié. Comme s'il avait toujours été là, dans un coin de sa mémoire, mais qu'elle n'y avait simplement pas pensé. Qu'elle ne l'avait juste pas remarqué. Mais maintenant, elle le voyait. Son rêve lui revint en mémoire, mais différent. Là où elle n'avait rien distingué de plus qu'une porte, elle se souvenait à présent d'un visage rond, enfantin, couvert de saleté et de blessures, le corps coincé sous un amas de cadavres grimaçants et effrayants, et dont le regard exprimait un désespoir indicible. Et ça continuait. Maintenant, en plus du moment où ils avaient découvert la porte dans la réalité, elle voyait, comme superposée, l'image du corps de son ami, adossé contre le même mur de morts abominable. Mais cette fois, ses jambes étaient pliées dans une position affreusement improbables, ses vêtements tâchés de sang, et elle pouvait voir ses doigts crispés sur sa croix. Il était tourné contre le charnier, et elle ne pouvait pas voir son visage, juste ses cheveux salis, rougeâtres et en désordres. Quelque chose en lui paraissait recroquevillé, rétrécit, comme s'il s'était tassé sur lui-même. Et il ne bougeait pas. Pendant tout le temps où ils étaient restés à discuter, il ne bougeait pas.
Elle se laissa glisser contre le mur, et pendant un moment, immobile, les yeux ouverts, incapable de faire un geste, elle resta là. Elle ne voulait plus bouger. Elle ne voulait plus rien du tout. Elle resta là.
Mais il fallait se lever. Il fallait voir si tout le monde allait bien. Alors, elle se releva en chancelant, et, précautionneusement, à tâtons, tenta de deviner où se trouvait les escaliers, d'où elle avait dû tomber en perdant conscience. Elle finit par trouver une marche, et commença à l'escalader. Ses pas étaient d'une lenteur exaspérante, et elle avait l'impression qu'elle pourrait s'évanouir à tout moment, mais, peu à peu, elle s'avança jusqu'à ce que son pied bute sur un obstacle: la porte.
A tâtons, elle chercha la poignée et poussa. Mais rien ne se produisit. Avec un soupir énervé, elle la secoua. Toujours rien. La jeune fille hésita, puis, après une grande inspiration, elle se jeta sur la porte, dans le mince espoir de l'enfoncer. Mais le bois ne trembla même pas. C'est bizarre, se dit-elle. Normalement, le bois aurait au moins dû trembler, mais il était immobile, aussi immobile que si elle ne l'avait pas touchée. Elle sentit un frisson remonter dans son dos, tandis qu'elle pensait, de nouveau: C'est bizarre.
C'est alors qu'elle sentit l'odeur. Elle n'y avait pas fait attention avant, parce qu'elle respirait par la bouche, essoufflée par sa montée de l'escalier, et aussi parce qu'elle se sentait toujours un peu dans les vapes. Mais maintenant, elle la sentait clairement - en fait, ça la prenait à la gorge. Elle plaqua une main devant sa bouche. C'était cette horrible odeur doucereuse, sucrée, poisseuse, malsaine: l'odeur de la mort. Ou plutôt, celle des morts. Elle était si puissante qu'elle ne pouvait provenir que de centaines, non, de milliers de cadavres en décomposition. Comme dans son rêve.
Mais pourquoi elle sentait ça maintenant? Est-ce qu'elle rêvait? Non, elle savait bien qu'elle était elle-même, Mai Taniyama, et pas quelqu'un d'autre dont elle partagerais les souvenirs. Elle n'était pas non plus dans ce qu'elle en était venue à appeler "l'autre monde", parce que rien n'était transparent et qu'elle ne voyait aucun globe lumineux flotter autour d'elle. C'était la réalité. Et si elle sentait l'odeur de ces cadavres dans la réalité...Si elle entendait, aussi, un bourdonnement menaçant de l'autre côté de la porte, qui semblait provenir de milliers d'insectes, et si elle en percevait, maintenant qu'elle se concentrait, se faufiler sur les pierres autour d'elle... Et si, enfin, elle se rendait compte avec un frémissement de dégoût que ses habits étaient trempés et sentaient un peu de l'odeur horrible et métallique d'un sang bien trop pourri pour lui appartenir... Alors ça ne voulait dire qu'une chose. Maintenant, elle voyait le château tel qu'il était: à part ses fondations, un immense tas de cadavres.
Et ressentir ça était une très mauvaise nouvelle, et pas seulement parce que l'odeur était abominable. Parce que les seules personnes qui sentaient ça, c'étaient...
C'est alors qu'elle entendit quelque chose - une voix! De l'autre côté de la porte! Malgré sa répugnance, et l'odeur abominable qui lui parvenait de l'autre côté, elle se plaqua contre le bois. Derrière, elle entendit des voix:
- Qu'est-ce qu'il s'est passé...
Mariya. Et elle n'avait pas l'air possédée.
- Problèmes...Exorcismes...
Ayako. Qui n'avait pas l'air possédée non plus. Le coeur de Mai fit un bon dans sa poitrine. Ça avait marché! Nishimura avait réussi!
- Tout le monde va bien...Heureusement...
Tout le monde va bien! Elle expira, soulagée...Avant de se rendre compte de ce que ça impliquait: ils n'avaient pas remarqué son absence.
Elle avait disparu.
Cependant, elle n'avait pas le temps de s'appesantir là-dessus. les voix s'éloignaient. Mai frappa immédiatement à la porte.
- Hé! Cria-t-elle. Il y a quelqu'un!
Mais personne ne sembla l'entendre. Elle, elle les entendait, pourtant. Tout le monde. Visiblement, ils venaient de rentrer de dehors, et s'était rassemblés dans le vestibule de l'entrée. Ils continuaient de discuter, se demandant ce qu'il s'était passé, puis ce qu'ils devaient faire ensuite. Si elle les entendait, et ce, malgré l'énorme bourdonnement d'insectes qu'eux-même ignoraient, ils ne pouvaient pas ne pas l'entendre crier! Et pourtant, si... Elle avait beau taper, crier, rien. Elle les entendait parler, tranquillement, comme si elle n'existait pas. Et puis, au bout d'un moment, elle les entendit s'éloigner... Affolée, elle laboura la porte de coups, mais c'était trop tard. En quelques instants, ils n'étaient plus là. Elle plaqua son oreille contre la porte, éperdue. Mais où étaient-ils tous passés...?
Soudain, elle sentit quelque chose de terrible. Comme si quelqu'un s'apprêtait à la tuer et qu'elle voyait la lame se rapprocher d'elle...Nishimura. En un éclair, elle comprit ce qu'il se passait. Il ne l'avait pas seulement oublié, elle: il avait aussi oublié leur conversation! Il utilisait à nouveau son pouvoir pour exorciser la carte au lieu de faire comme ils avaient dit! Alors qu'il lui restait si peu d'énergie...Et une fois que son pouvoir aurait disparu...Ils seraient fichus!
Mai tapa de nouveau sur la porte, de toutes ses forces.
- Non, non! Non, laissez moi! Laissez moi sortir!
C'est alors qu'elle perçu quelque chose. Elle avait l'impression d'être observée. Là, dans son dos. C'était dans son dos. Non, c'était pire qu'une impression. Parce qu'elle n'avait pas seulement l'impression qu'on la regardait, elle le savait.
C'est derrière moi, elle se dit, tout en tapant sur la porte de plus en plus fort. Elle essayait de faire comme si de rien n'était, comme si ça allait changer quelque chose, comme si ce qui était derrière elle allait ne pas la remarquer si elle faisait semblant de ne pas l'avoir vu. Comme quand elle était enfant, qu'elle avait peur d'un bruit dans le noir, mais qu'elle faisait semblant de dormir. C'était stupide. Ce n'était pas juste de la peur. Il y avait quelque chose. Et ça n'allait certainement pas partir. Mais elle ne voulait pas se retourner. Elle ne voulait pas rester là. Elle devait partir.
- Ouvrez moi! S'il-vous plaît! Ouvrez!
C'est là qu'elle la sentit. La main. Des doigts froids, glacés, qui s'agrippèrent à son épaule, et tirèrent d'un coup sec. Son pied glissa, se tordit. Elle hurla. Sa chute, inéluctable, lui fit dévaler les escaliers de nouveau. Elle atterrit sur le dos, heurtant violemment le sol. Étourdie, elle se redressa. Elle sentait un goût métallique dans sa bouche. Du sang. Le sien.
Mais elle n'eût pas le temps de faire plus: la main l'attrapa de nouveau. Ses doigts glacés s'accrochèrent à sa peau, s'enfonçant dans sa chair avec violence, et la traînèrent à toute vitesse dans l'autre direction. Elle tenta de résister à la pression, mais ça ne marchait pas. Cependant, elle savait qu'elle devait absolument faire quelque chose. Quand elle avait été dans la cave, auparavant, elle se rappelait avoir remarqué, tout au bout, une rangée de piques de fer plantées dans le mur, probablement pour supporter des étagères. Et c'étaient vers elles que la main la traînait.
- Non! A l'aide! A l'aide!
La main tirait, tirait. Mais elle attrapa, de justesse, quelque chose à quoi s'accrocher de ses deux bras: une colonne. Elle s'y arc-bouta de toute ses forces. Cependant, ce n'était qu'un contretemps dérisoire. Elle sentait la pierre froide qui glissait sous ses ongles, menaçant de la laisser à tout instant à la merci de la main qui s'enfonçait méchamment dans sa peau. Elle n'allait pas y arriver. Alors, elle sût ce qu'il lui restait à faire. Elle ferma les yeux, et se concentra de toutes ses forces. Et puis...
A l'aide!
Elle rouvrit les yeux avec espoir. Mais rien. Rien. Ça n'avait pas marché. Brusquement, elle sentit une brûlure. A l'épaule. Quelque chose de pointu. Elle hurla...
Alors, plusieurs choses se passèrent en même temps. Un craquement éclata, la lumière s'alluma, un claquement retentit, Mai ferma les yeux, éblouie, et la main disparu, la déséquilibrant, si bien qu'elle tomba en arrière. Hébétée, elle demeura là quelques secondes, incapable de rouvrir les yeux, essoufflée. Et puis, elle entendit un pas se rapprocher d'elle, et elle écarta ses paupières avec difficulté, jusqu'à distinguer une forme floue qui devenait de plus en plus nette, jusqu'à ce qu'elle puisse parfaitement distinguer tous les traits de son visage. Elle murmura:
- Naru...
Évidemment, il était venu. Il venait toujours, pensa-t-elle. Elle avait réussi. Elle l'avait appelé, et il était arrivé. Elle avait réussi!
Et puis elle se souvint qu'il ne la connaissait pas. Peut-être allait-il la prendre pour un fantôme. Elle recula, les bras croisés devant son corps, en geste de protection.
- Qu'est-ce qu'il te prend? Tu crois que je vais te faire mal? Alors que je suis venu t'aider? Quel manque de reconnaissance, déclara une voix dédaigneuse qu'elle connaissait bien.
Soulagée, Mai laissa retomber ses bras, un sourire idiot sur le visage malgré ce qu'il venait de dire. Oh, elle le détestait, bien sûr, mais quelque part, détester quelqu'un de cette façon-là lui avait manqué. C'était si bon de le revoir, en sachant qu'il n'était pas possédé!
- Tu m'as reconnue! Comment ça se fait? Je pensais que...Que...
Elle n'ajouta rien, parce que cette idée était trop désagréable pour être dite à voix haute.
- Je n'en sais rien, répondit Naru. Je me rappelle effectivement t'avoir oubliée. Ensuite, j'ai sentit que quelqu'un m'appelait ici, et je suis venu.
- Ça aurait put être un fantôme, nota Mai.
- Non, la contredit le garçon d'un ton sentencieux. C'était différent.
Mai sentit ses joues rougir ( Pourquoi ? ) . Malheureusement, elles avaient mal choisi leur moment, puisque Naru la regardait fixement. Son expression indéchiffrable n'indiquait cependant pas s'il avait remarqué quoi que ce soit, et puis, il n'en profita pas pour la taquiner:
- Alors, pourquoi tu avais besoin d'aide?
- Oh, répondit Mai, il y avait une chose qui me tirait...Là, dit-elle en désignant les pointes qui brillaient d'un éclat métallique derrière elle. Eh, d'ailleurs...
Elle regarda autour d'elle, tous les sens en alerte, s'attendant à voir une quelconque créature effrayante, prête à leur sauter dessus, mais il n'y avait rien.
- Ce n'est plus là, dit Naru, qui avait suivit son regard.
Il avait raison. Elle pouvait même le sentir. Elle ne se sentait plus aussi observée qu'avant.
- Mais pourquoi? Questionna-t-elle en secouant la tête. Ça n'a pas de sens...
- En fait, si. Le tsukumogami désire être admiré. C'est pour ça qu'il n'a pas besoin de se construire pour de bon, et que des illusions suffisent. Cependant, cela veut dire qu'il ne peut pas terrifier les êtres qui l'admirent ni se montrer facilement sous sa vraie nature. C'est pour ça qu'une seule personne à la fois peut être attaquée. De cette manière, il n'y a pas de témoins de ce qu'il se passe. Nous sommes deux, il ne peut plus attaquer à présent. Ce serait entrer en contradiction avec lui-même. C'est du moins ce que j'ai compris. Bref, je pense que nous serons en sécurité tant que nous ne sommes pas séparés.
Mai le regarda, bouche bée. Quand avait-il eût le temps de comprendre ça? Peut importe combien il pouvait être vexant, énervant, congelant: il fallait bien le reconnaître, il était doué. Cependant, Naru ne remarqua rien de son admiration. Assis contre un pilier, il observait avec attention la pièce, maintenant éclairée par une rangée d'ampoule nues pendues au plafond. Elle attendit un peu, avant de demander timidement, comme toujours, parce qu'elle était sûre de dire une énorme bêtise:
- Euh...On devrait peut-être y aller?
- Évidemment, répondit Naru sans prendre la peine de lui jeter un regard.
Et il n'ajouta rien. Mai se releva péniblement, grimaçant en sentant les blessures diverses sur son corps, en particulier une profonde coupure à l'épaule dont elle ne parvenait pas à ignorer la douleur insistante. Puis, voyant qu'il ne partait pas vers les escaliers, elle insista:
- On y va ?
Et elle pointa son doigt en direction des marches, retenant un "Aïe!" après avoir accidentellement utilisé son bras blessé.
Naru daigna enfin lui accorder son attention, teinté comme toujours d'une lassitude arrogante:
- Mai, si l'on pouvait sortir par là, on serait déjà dehors. Tu n'as pas entendu la porte claquer? Elle s'est reformée toute seule dans mon dos quand je suis entré. On ne pourra pas sortir par là.
Reformée? Mai le regarda avec surprise. Comment ça, reformée? Elle avait donc été déformée? Mais par quoi? Et puis, le souvenir d'un craquement, comme du bois éclaté, lui revint en mémoire. Naru avait-il utilisé son Qi...? Mais pourquoi n'avait-il pas tout simplement enfoncé la porte ? Et puis, elle songea que ce n'était pas une porte ordinaire...Néanmoins, le Qi ne l'était pas non plus.
- On peut peut-être la déformer de nouveaux? Tenta-t-elle.
- Si je le pouvais, je l'aurais fait, répliqua-t-il, l'air agacé. On doit trouver une autre sortie.
Vexée, Mai ne répondit rien. Elle avait trop mal pour songer à une réponse de toute façon. Un clou, ou quelque chose de pointu avait dû s'enfoncer dans son épaule, parce qu'elle sentait que la blessure était vraiment trop profonde pour être simplement due à la pierre. A moins que ce ne soit la main...? Elle frissonna au souvenir de son contact.
Et puis, elle sentit le regard de Naru sur elle. Il allait sûrement la réprimander s'il la voyait ne rien faire, et c'était la dernière chose dont elle avait envie pour le moment (enfin, peut-être pas la dernière, quand même ) . Elle se força donc à concentrer son attention sur la pièce, mais ses yeux fatigués eurent beau fouiller les coins et les recoins, elle ne distinguait aucune sortie. Finalement, elle se laissa tomber par terre, incapable de tenir debout plus longtemps. Elle avait soif, faim, envie de dormir, et puis mal... Doucement, plus pour elle-même qu'autre chose, elle murmura:
- Ça ne sert à rien. Il n'y a pas de sortie.
Ça lui semblait beaucoup moins tragique que tout à l'heure. Elle était trop fatiguée pour s'inquiéter. Elle se sentait toujours aussi observée, mais c'était comme si ça c'était un peu estompé, éloigné par l'écran de la présence de quelqu'un d'autre dans la pièce.
- On doit en trouver une, cependant, objecta Naru.
Elle haussa les épaules.
- Les autres...Ils vont essayer de te trouver, non? Dit-elle soudain.
- Ils m'ont vu partir, mais vu que je ne les entend pas essayer d'entrer, j'en déduis qu'ils m'ont aussi oublié. De plus, je perçois maintenant la vraie nature du château, même si nous en sommes protégés dans cette pièce. Enfin, je me rappelle de...Certaines choses.
Certaines choses...? Elle le regarda sans comprendre, avant que la vérité ne la frappe: John. Elle baissa les yeux. Pendant un moment, avec tout ce qu'il s'était passé, elle avait presque oublié...Et maintenant, ça lui revenait en pleine figure. John était mort. Elle secoua la tête. Elle ne devait pas y penser. Pas maintenant. Il fallait chercher une solution. Elle se força à poursuivre:
- Donc, on a disparu. Ça veut dire qu'on ne peut compter que sur nous-même. Et Gilberte...J'imagine qu'elle doit savoir ce qu'il se passe, mais elle ne peut pas passer le message, si les autres ont à nouveau leurs charmes...Masako pourra peut-être la sentir, mais j'ai l'impression que, comme elle n'est pas tout à fait libérée, ça ne marche pas, puisqu'elle ne la sentait pas avant, alors, et...
- Attends, attends, qui ça? L'interrompit-il.
Et Mai lui expliqua tout. Elle raconta sa tentative de meurtre quand il avait été possédé (omettant de raconter la partie où il essayait de...Non, ça, elle ne le dirait jamais à personne). Puis elle lui raconta son autre possession par Gilberte. Elle lui décrivit enfin ce qu'il s'était passé avec Nishimura, sauf la partie où il révélait la nature de ses pouvoirs, comme convenu. Cela prit plusieurs minutes, pendant lesquelles Mai vit le visage de son ex-patron aborder une expression de plus en plus fermée. Quand elle eût terminé, il ne répondit rien. Silencieusement, il détourna la tête pour fixer le sol. Au bout d'un moment, Mai finit par demander:
- Mais...Qu'est ce que tu fais?
- Rien, daigna finalement lui dire le garçon, laconique.
Rien? Alors qu'ils étaient coincés ici, il avait décidé de faire...Rien? Et puis, elle se souvint qu'il détestait commettre des erreurs. Et il en avait commit une belle: il s'était trompé dans son interprétation. En plus de ne pas remarquer qu'on lui avait enlevé son charme, ce qui l'avait conduit à se faire posséder par deux entités différentes. Et donc...Il boudait.
Mai fronça les sourcils. Non mais c'est pas vrai! La situation était suffisamment désespéré comme ça, et maintenant, en plus, elle devait gérer un adulte qui boudait! Super!
- Eh, insista-t-elle, tu ne penses pas qu'on devrait trouver une solution, au lieu de...Rien?
L'autre l'ignora, évidemment. Cela l'énerva encore plus. Elle sentait qu'elle aurait pu faire n'importe quoi - lui crier dans les oreilles, le bousculer, où pousser la précieuse caméra qui trônait à quelques mètres de là -, il n'aurait pas réagit. Pire: il lui aurait jeté un de ces regards méprisants dont il avait le secret, avant de lui demander, d'un ton excédé, ce que c'était que ces enfantillages. Alors que c'était lui qui boudait!
Avec un soupir excédé, elle se détourna pour regarder le mur de la cave. Peu à peu, alors, la situation s'imposa à elle. Ils étaient coincés ici. Ils étaient seuls. Personne ne les cherchait. L'énergie de Nishimura avait relâché sa prise depuis longtemps. Il devait avoir vidé son énergie. Et bientôt, le château réagirait. Bientôt, il trouverait un moyen de les séparer. Ils ne pourraient pas tenir indéfiniment, sans eau ni nourriture, de toute façon. Et ce serait finis. Ils rejoindraient John...
Elle baissa la tête vers ses genoux, et regarda sans les voir les larmes qui s'y écrasaient. Elle n'arrivait toujours pas à le croire...John était mort...Et elle n'avait rien pu faire...Elle l'avait entendu appeler à l'aide, mais elle n'avait rien pu faire...Non, ce n'était pas possible...Il devait y avoir une solution...Il devait y avoir quelque chose à faire...John ne pouvait pas être mort...Ce n'était pas possible! Pas encore...Pas encore un membre de sa famille... Pourquoi, pourquoi, pourquoi...
- Qu'est-ce qu'il y a?
Elle releva les yeux, surprise: Naru lui parlait. Elle ne s'attendait pas à ça. Elle eût fugitivement l'idée de l'ignorer, mais cette idée disparu aussi vite qu'elle était venue. D'une voix rauque, elle répondit:
- C'est...John.
Elle eût du mal à prononcer son nom, comme si ça allait rendre les choses plus réelles. Naru la regarda, puis, détourna la tête.
- Oh, murmura-t-il.
Il n'ajouta rien. Mai ne lui en tint pas rigueur. Elle n'avait pas envie de parler. Il n'y avait rien à dire. Elle baissa de nouveau la tête, tressaillant quand elle sentit une vive douleur dans son épaule.
- Tu as mal? Demanda Naru.
Elle le regarda, étonnée qu'il l'ait remarqué.
- Hein? Oh, ça?
Elle haussa les épaules, et fut immédiatement contredite par la grimace de douleur qu'elle ne pût s'empêcher de faire.
- Laisse moi regarder ça, insista le garçon.
Mai soupira, mais hocha la tête. Elle avait envie de penser à autre chose que sa blessure. Même si c'était difficile: elle avait vraiment mal.
Naru se pencha vers elle, et, sans la toucher, observa son épaule. Elle ne pu s'empêcher de déglutir en réalisant combien il était proche. Elle avait rarement vu le visage de Naru d'aussi prêt. Elle pouvait presque contempler combien chacun des grains de sa peau était parfait, combien ses cheveux devaient être doux au toucher, combien...Combien elle commençait à rougir. Elle détourna la tête, gênée par ses propres pensées. Heureusement, Naru ne tarda pas à reculer.
- Ce n'est pas très profond, commenta-t-il, songeur. Mais il faudrait soigner ça.
- Il faudrait, répéta Mai.
Elle recula, laissant son épaule blessée toucher la pierre glacée, ce qui la soulagea un peu.
- Il faudrait plein de choses, Naru...Il faudrait aussi sortir d'ici...Mais c'est trop tard! Nishimura a terminé son exorcisme, ou son je-ne-sais-quoi avec sa capacité, et bientôt, les autres vont se retrouver sans protection...Et nous, on est coincé là...Mais même si on pouvait sortir, on ne pourrait rien faire, parce que sans lui, on ne peut pas essayer d'ouvrir la barrière ! C'est fichu, tu comprends?
Des larmes coulèrent sur ses joues de nouveau, dégoulinant le long de son menton, se perdant dans ses vêtements tâchés du sang de personnes mortes depuis longtemps, mais elle s'en fichait. Plus rien n'avait d'importance, maintenant. C'était finit. Ils étaient finis. Tous.
- Ce n'est pas finit, déclara brusquement Naru, en écho à ses pensées. C'est du moins ce que tu me dirais d'habitude...Au lieu d'abandonner aussi facilement.
Elle ne releva pas la tête. S'il voulait la critiquer, qu'il s'amuse. Ce serait probablement sa dernière distraction avant de mourir, alors, elle pouvait bien lui offrir ça, pas vrai?
- Tu vois, je te fais confiance, dit-il alors.
Tirée malgré elle de sa léthargie, elle tourna la tête vers lui, se demandant où il pouvait bien vouloir en venir. Qu'est-ce que c'était que ça? On aurait dit quelque chose...de gentil...
- Je sais que, quelle que soit la situation, tu fais quelque chose...Même si c'est la chose la plus stupide de l'univers...Tu voudras faire quelque chose. Si tu te précipites dans le mur, eh bien...Tu continueras à le pousser, même si ça ne sert à rien.
Mai soupira intérieurement. Elle n'était même pas déçue: elle s'y attendait. La présence de traces de gentillesse sur la planète Naru est toujours incertaine, pensa-t-elle gravement. Elle baissa les yeux vers le sol, écoutant distraitement la suite:
- En fait, tu essaies toujours, même quand tout semble sans espoir. Même si il n'y a plus aucune solution. Je sais que tu continues toujours à croire que quelque chose est possible, et à tout faire pour trouver quoi. Pour cela, je te fais confiance. Ais-je tort?
Mai desserra ses bras, l'observant avec incrédulité. Il n'avait pas l'air de mentir. Est-ce qu'il lui disait vraiment de telles choses? Est-ce qu'il lui disait vraiment que tout ce qui était pour lui un défaut, son entêtement permanent et son optimise, c'était quand même quelque chose de digne de confiance? Essayait-il de l'encourager, malgré sa rudesse habituelle?
Et elle était peut-être stupide, mais ça marchait. Elle se sentait un peu moins mal. Elle n'allait quand même pas se faire tuer par un château , d'abord! C'était une mort beaucoup trop stupide! Elle n'allait pas laisser ça se produire.
Alors, d'un geste décidé, elle essuya les larmes de son visage. Enfin, elle répondit, avec un sourire:
- Pfff...Évidemment, que tu as raison. Je dois bien l'admettre, même si ça va nourrir ton narcissisme. Je ne peux pas tout laisser tomber alors qu'il y a une solution. Il y en a forcément une. Mais cette solution, ajouta-t-elle lentement...Je ne la connais pas encore.
Naru ne répondit rien, pensif, puis finalement, il murmura:
- En fait, c'est assez simple...Il suffit que l'on donne notre énergie à cette chose, et son souhait sera réalisé. Et comme elle n'est qu'un souhait, elle disparaîtra.
- Bien sûr, mais nous, on mourra! Répliqua Mai, impatientée.
- C'est tout le problème . Il faudrait lui donner sans que l'on puisse mourir.
- Mais...C'est impossible, répondit Mai, perplexe.
- Cette fille, Tomaru...Elle s'est séparée de son énergie psychique quand elle a rompu le lien, non? L'on devrait essayer de faire quelque chose du genre. Et de trouver ensuite comment lui donner cette énergie, au lieu de l'attaquer avec.
- Mais comment?
Naru la regarda.
- Moi, je ne sais pas...Mais je connais quelqu'un qui pourrait savoir. Quelqu'un qui en sait plus que nous sur les capacités psychiques, et qui l'a déjà prouvé en étant ton guide.
Mai mit quelques secondes à comprendre:
- Eugène?
- Oui. Tu as rêvé de lui, donc, il est bien là. Tu pourrais essayer de le contacter?
Mai hésita. Elle ne savait pas si elle le pourrait. Elle avait mal, et elle était affaiblie. Mais elle allait quand même essayer, évidemment.
- Ok.
Elle ferma les yeux, et essaya de se concentrer sur sa respiration, mais elle tremblait tellement qu'elle n'y arrivait pas. Froid, panique, douleur? Elle ne savait pas très bien.
- Ne t'inquiètes pas, dit Naru, qui avait apparemment remarqué son état. Je vais faire en sorte que tu ne te fasses pas attaquer. Même si cela risque d'être difficile, l'informa-t-il en toute honnêteté.
Quelles paroles rassurantes! Pensa-t-elle, et un sourire narquois éclaira son visage fatigué.
- C'est bon... Je te fais confiance, le taquina-t-elle.
Il n'y eût aucune réponse. Alors, elle ralentit encore sa respiration, encore et encore...
Au bout d'un moment, elle rouvrit les yeux, se demandant si elle avait échoué. Elle n'avait rien sentit de différent. Mais pourtant, quand elle pût regarder autour d'elle, elle comprit que c'était arrivé. Les murs, si solides, étaient maintenant flous et transparents, et elle pouvait voir au-dessus d'elle des montagnes répugnantes de cadavres - elle déglutit avec difficulté, dégoûtée -, mais surtout, ce qu'elle voyait le mieux, c'étaient les centaines de points lumineux flottants un peu partout, loin au-dessus d'elle...Des étoiles? Il y en avait beaucoup trop...
Elle se redressa pour mieux les voir, et c'est alors qu'elle sentit quelque chose de vraiment bizarre: elle était sortie de son corps! Elle pouvait le voir, au-dessous d'elle, endormi...
- Ça fait drôle, hein?
Elle se retourna pour voir...Deux Naru! Oui, il y en avait bien deux, l'un assis en face d'elle, qui la regardait silencieusement, et l'autre, debout entre eux deux, qui souriait...Puis Mai remarqua la consistance transparente du deuxième Naru, et son sourire, et elle comprit:
- Eugène!
Le jeune homme acquiesça, et s'éloigna un peu de son frère, s'approchant d'elle.
- Tu me cherchais.
Ce n'était pas une question.
- J'ai besoin de ton aide, expliqua-t-elle. Je dois...Je dois savoir comment se séparer de son énergie.
- Eh bien, il te suffit de faire ce que tu fais maintenant.
- Non, pas l'utiliser! Je veux...Je veux m'en séparer, et puis, la donner...
Mais le garçon secoua la tête.
- Je ne sais pas comment une telle chose est possible.
Mai ouvrit la bouche puis la referma, ne sachant pas quoi ajouter. Elle avait cru qu'Eugène saurait...C'était leur dernier espoir.
- Il...Il n'y a pas de solution, alors? C'est finit?
Malgré elle, elle sentit des larmes couler sur son visage. Avec surprise, elle vit alors Naru se redresser, les sourcils froncés, et se rapprocher de son corps, disant quelque chose qu'elle n'entendait pas. Elle remarqua alors que les larmes coulaient aussi sur son visage réel. Elle avait vraiment un air inquiétant, avec les larmes qui coulaient sur son visage couvert de poussière et de sang...
- Si, la contredit Eugène, l'arrachant à cette vision. Il y a une solution, mais c'est le contraire.
- Le contraire...?
- Au lieu de te séparer de ton énergie, je peux t'apprendre à la renforcer.
Mai reprit espoir. Ça ressemblait effectivement au début d'une solution, même si elle n'en voyait pas encore la fin.
- Et...Et comment je fais ça? Demanda-t-elle précipitamment.
- C'est simple. Tu dois attirer celle des autres à toi.
- Tu peux m'apprendre? Le supplia-t-elle.
Eugène secoua cependant la tête, le visage désolé.
- Je ne peux pas. J'ignore comment faire.
- Mais...Mais tu sais que c'est possible! Protesta Mai. Tu dois savoir quoi faire!
- Je ne sais pas comment je le sais, expliqua doucement le jeune homme, apaisant. Je sais seulement...Que c'est en toi. Je le sens.
Elle hésita. Elle lui faisait confiance, mais...
- Je ne l'ai jamais fait avant...
- Peut importe. Il faut bien commencer quelque part. Mai...C'est en toi. Tu as juste à le déclencher...C'est comme faire ses premiers pas. Tu dois juste apprendre...Tu dois juste faire le geste. Aïe...
Aïe ?
- Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda Mai, oubliant momentanément ses autres problèmes.
- C'est...Ce château...Je sens qu'il essaie de m'enfermer quelque part...Ça tire, compléta le garçon avec une grimace. Tu ne le sens pas?
Maintenant qu'il le disait, oui. Mais ça ne lui faisait pas aussi mal. Peut-être parce qu'elle n'était pas totalement un esprit...? Pas encore , se dit-elle sombrement. Elle devait se dépêcher d'agir avant qu'il ne soit trop tard.
- Je ne sais pas comment faire ça, Eugène, dit-elle. Je ne sais pas.
- Tu en as l'impression. Mais c'est tout. Il faut juste que tu veuilles le faire, et...Ça viendra. Je te fais confiance, ajouta-t-il.
Mai sourit. Drôle de coïncidence...C'était étrange, mais les paroles d'Eugène, quoique les mêmes que son jumeaux, sonnaient différemment à ses oreilles. Il y avait quelque chose...Voilà, quelque chose qui manquait. C'était normal, c'était deux personnes différentes, après tout. Et elle le savait...En fait, elle l'avait toujours su, réalisa-t-elle soudain. Même quand elle le prenait pour Naru, elle pensait, quelque part, que ce n'était pas vraiment lui. Ce serait peut-être lui, un jour...Mais elle savait que ce n'était pas lui, pas le Naru de maintenant. Oui, elle le savait! Depuis le début!
Pourquoi lui avait-il fallu aussi longtemps pour le constater? Ça avait toujours été en elle...Mais elle ne l'avait pas vu. C'était seulement maintenant qu'elle s'en rendait compte. Elle se détendit, comme si cette vérité cachée avait été un poids sur ses épaules. A présent, il lui semblait qu'elle comprenait ce qu'Eugène voulait dire, et c'est pourquoi elle lui répondit finalement:
- Tu as raison. Je vais essayer.
- Très bien...
Il fronça les sourcils.
- Oh...Je n'ai plus le temps. J'avais beaucoup de choses à te dire, mais...Oh, ajouta-t-il, c'est vrai, ce n'est pas la peine. Vous avez rencontré les personnes qui pourront tout vous révéler.
- Hein ? Hé, ne pars pas! Protesta Mai. Tu ne m'as pas dit quoi faire de cette énergie! Comment je lui donne? Je...Je fais quoi?
Il lui dit:
- Tu y vas.
Et il disparu.
Elle sursauta. Même s'il avait prévenu qu'il devait partir, elle ne pouvait pas s'empêcher d'en être surprise. D'abord, où est-ce qu'il devait aller? Comment pouvait-il avoir un emploi du temps chargé, alors qu'il était...un fantôme?
Enfin, ce n'était pas son problème le plus important. Elle ne parvenait pas à comprendre ses derniers mots. Qu'avait-il voulu dire par " Tu y vas " ? Aller où? Sortir d'ici, peut-être? Maintenant qu'elle était un esprit...
Et puis, soudain, elle su.
Elle prit une profonde inspiration. Ce qu'elle allait avoir à faire était risqué. Très risqué. C'était effrayant...Mais...Est-ce qu'elle avait le choix? C'était sa dernière chance...Non, c'était leur dernière chance. Évidemment, qu'elle allait le faire.
Alors, elle se concentra, comme la dernière fois dans l'école. Elle pouvait les sentir...Les autres. Tout autour d'elle. Elle voyait une lumière blanche les illuminer au milieu du charnier qu'ils parcouraient sans le voir. Elle les compta, doucement, pour réaliser avec soulagement qu'il ne manquait personne. Tout le monde était conscient, sauf Aoko, toujours léthargique, et Nishimura, évanouit. Il avait dû utiliser le peu de force qui lui restait pour essayer de détruire la carte...Mais elle sentait que sa vie n'était pas pour autant en danger.
Pour l'instant, ils étaient dans ce qui était pour eux le salon. Elle pouvait sentir leur inquiétude. Ils ne savaient pas encore pour les disparus, mais ils sentaient que quelque chose était sur le point de se produire...La température avait chuté. Elle devina ce qu'il allait se passer. Le château allait attaquer.
Mai sentit son cœur s'emballer, ou plutôt, comme elle n'avait pas réellement de cœur pour l'instant, son âme irradier. Non! Cependant, c'était trop tard. Elle sentit l'inquiétude des autres se changer en confusion, alors que la température augmentait...Tandis que l'attention du château se fixait sur elle. Mince! Elle se concentra pour reprendre le contrôle de son esprit. Heureusement, cela fonctionna. Il se désintéressa d'elle...Pour se concentrer à nouveau sur les autres. Que faire?
C'est alors que Mai sentit quelque chose...Elle était attirée. Le château ne s'était pas déconcentré d'elle: il commençait à la dévorer! Elle tenta de se raccrocher à quelque chose, mais cette fois, ses mains transparentes n'agrippaient rien. Elle traversait les murs, filait en direction du toit, puis des étoiles...Non, ce n'était pas des étoiles! Les sphères lumineuses étaient beaucoup trop grosses, trop brillantes. C'était les esprits enfermés...
Et elle allait les rejoindre!
Est-ce que Mai va s'en sortir? Est-ce qu'elle a vraiment compris ce que voulait dire Eugène? Est-ce que ce dernier dévoilera enfin le contenu mystérieux de son emploi du temps? Et est-ce que Naru cessera de vouloir imiter le congélateur? Est-ce que l'auteur cessera d'essayer de placer ses blagues pourries à n'importe quelle occasion? Pour le savoir, rendez vous au prochain épisode!
Qui sera...Je ne sais pas. Une avalanche de devoirs s'est rappelé à mon bon souvenir. Et ce n'est pas que les dessins d'ellipse ça prenne des heures, mais en fait pour moi si, et je dois faire cinq rendus avec ces charmantes formes géométriques. Bref. Si vous n'avez de publication avant, ce sera maximum lundi, mais j'essaierai de trouver du temps avant.
Réponses:
FrenchCirce: Tu vois, il n'y avait pas de quoi s'inquiéter, tout a bien marché...Ou presque! Heureusement que Nishimura n'a pas pris le PK de Naru, sinon celui-ci serait resté coincé à la porte, le pauvre X)
Désolé d'avoir mésinterprété tes intentions sur la nature chevaleresque de Naru. Honnêtement, j'adore ne pas le prendre au sérieux, donc j'ai tendance à voir des blagues sur lui partout, même si ce n'est pas vrai. xD C'est vrai que pour moi qui n'ait toujours pas trouvé le temps de lire tous les livres, Naru fait l'effet d'un robot (ou plutôt, d'un congélateur, mais bon, ça, tu as du le remarquer X) ) . Mais qui sait, les robots-congélateurs peuvent quand même tomber amoureux, surtout que Naru est probablement humain (enfin, cette information n'est pas encore prouvée) ! X)
Je te comprends tellement xD ! J'ai avancé de... Un chapitre sur mon livre. En un an. Par contre, cette fanfic, pas de problèmes x)
Ah, si je te suis, tu veux corriger mon texte une fois qu'il est publié? Dans ce cas, je t'en prie ! xD C'est super sympa de te proposer pour cette tâche pas forcément marrante! Merci beaucoup.
A...plus tard! QwQ
Pompom : De rien : D Et merci de commenter et d'apprécier ma fanfic! ^^
