PDV Elena
J'étais assise devant mon bureau, tentant désespérément de travailler sur le roman que j'écrivais. Il était sept heures du matin, un samedi de 5 juillet, et au lieu de m'amuser avec mes amis, je restais ici, tentant de trouver une suite idéale pour mon livre. Je n'avais presque pas dormi de la nuit, torturée par mon manque d'inspiration. La seule fois où j'avais réussi à m'assoupir, un cauchemar m'avait réveillée. Mais j'étais habituée, cela faisait des années que je faisais le même cauchemar toutes les nuits, sans exception. Je restais donc plantée là, devant mon ordinateur, fixant sans espoir les derniers mots que j'avais écrits. Jérémy toqua à ma porte, me faisant sursauter.
-Désolé, je ne voulais pas te faire peur, dit-il avec un léger sourire amusé.
Je lui fis un petit sourire pour le rassurer et l'observais avec attention comme chaque matin, tentant de deviner quelle soirée il avait eu. Il avait deux énormes cernes sous les yeux et les traits tirés de son visage me montraient qu'il avait encore trop bu la veille.
-Dure soirée ? Demandai-je, tentant une énième fois de l'inciter à se confier à moi.
-Je voulais juste te prévenir que je partais pour le travail, déclara-t-il en ignorant complètement ma question comme chaque matin.
Je lui fis un petit signe de la main avec un léger sourire et il referma la porte de ma chambre. Je n'insistai plus, j'avais arrêté de me battre avec Jérémy depuis plusieurs mois. Avant, je tentai par tous les moyens de le faire parler. Aujourd'hui, j'avais un peu perdu espoir. De plus, il était assez grand pour se prendre en main et je devais m'occuper de moi-même, sinon qui le ferait ? Je devais arrêter de le faire passer avant moi, comme je l'avais fait depuis la mort de nos parents. Je devais vivre ma vie. Justement en parlant de ça… Mon téléphone, posé sur ma table de chevet, se mit à sonner. Je me levai et décrochai sans regarder de qui il s'agissait. À cette heure-là, ça ne pouvait être que Caroline.
-Hey ! S'exclama celle-ci avec joie.
-Salut la blondinette ! M'exclamai-je. Dis-moi tout, qu'est-ce qui t'amène ?
-Elena c'est le début de l'été ! Nos cours sont finis, répondit-elle. Je te propose de passer la journée avec moi plutôt que de rester assise devant ton ordinateur.
Je levai les yeux au ciel en souriant légèrement. Elle me connaissait par cœur. Mais elle avait raison, comme d'habitude. Je soupirai et laissai un petit sourire apparaître sur mes lèvres. Après tout, ça ne pourrait pas me faire de mal de sortir un peu.
-Pas de problème, dis-je. On se retrouve à 13 heures au Grill.
Je n'attendis pas qu'elle me réponde et raccrochais directement. Je souris et retournais me coucher. J'avais encore un peu de temps pour rattraper ma nuit avant de retrouver Caroline.
Je descendis de ma voiture et me dirigeais vers l'entrée du Grill. J'entrais et repérais tout de suite Caroline qui me faisait des grands signes depuis le fond de la pièce. J'allais vers elle en souriant et la pris dans mes bras pour la saluer, avant de m'asseoir en face d'elle.
-Alors quoi de neuf ? Demanda-t-elle en commençant à lire le menu bien qu'elle le connaisse déjà par cœur.
-Je suis complètement à cours d'inspiration, soufflai-je. Je n'ai pas réussi à dormir de la nuit à cause de ça !
Pas la peine de parler du cauchemar. Quand j'en avais parlé pour la première fois à Caroline un an plus tôt, elle avait voulu m'envoyer voir un psy. Mais je n'étais pas folle, ce n'était qu'un petit cauchemar de rien du tout.
-À mon avis, tu as besoin d'une pause, dit-elle. Tu travailles beaucoup trop ! Tu es toujours en train de travailler pour la fac ou sur ton bouquin !
Je soupirai. Après tout, elle n'avait pas tort. Je travaillais d'arrache-pied, j'avais peut-être besoin de vraies vacances.
-Tu sais quoi ? Tu as raison, dis-je en lui souriant. Je vais me prendre deux mois de vacances jusqu'en septembre. Je vais m'occuper de moi et de mon petit frère.
-Vous n'en avez pas marre de parler de moi ? Demanda une voix grave.
Je me tournai et vis Jérémy, un plateau sous le bras et un calepin à la main, qui me regardait. Il était serveur au Grill depuis plus d'un an maintenant. Je ne savais pas comment il avait fait pour garder ce travail plus longtemps que les autres, mais il l'avait fait et je devais l'admettre, j'étais fière de lui. Nous passions nos commandes et il repartit, nous laissant seules.
-Il a l'air d'aller assez bien, déclara Caroline en suivant mon frère du regard.
-Ce n'est qu'une façade, dis-je. Il a encore bu hier soir.
Mon amie haussa les sourcils, habituée à ce que je lui dise cela tous les jours. Puis elle soupira en commençant à s'amuser avec son couteau avec une expression d'ennui sur le visage.
-Cette ville manque sérieusement d'action, souffla-t-elle.
Je fronçais les sourcils. Cela faisait plusieurs années que Caroline était étrange. Elle avait soudainement changé quatre ans plus tôt. Elle se plaignait souvent de l'inactivité de notre ville, alors qu'auparavant, elle adorait la tranquillité qui régnait ici. Elle participait à un tas de clubs et d'associations. Puis, du jour au lendemain, elle avait tout arrêté. J'avais essayé de savoir pourquoi, en vain. Elle n'avait jamais répondu à mes questions.
-Comment va Tyler ? Demandai-je, essayant de ne plus penser au comportement étrange de mon amie.
-Bien, répondit-elle sans même lever les yeux vers moi.
Je fronçais à nouveau les sourcils. Rares étaient les journées où Caroline ne parlait pas de Tyler et de leur merveilleuse relation qui durait depuis cinq ans déjà, malgré quelques petits accidents qu'ils avaient eu en cours de route.
-Caroline ?
Elle me regarda, tentant d'éviter toute explication. Je lui fis un regard plein de détermination, lui montrant que je ne lâcherais pas l'affaire et pour la pousser à parler.
-On s'est disputé, déclara-t-elle.
Je ne fus pas tellement surprise à cette annonce. Caroline et Tyler était un couple explosif. Ils se disputaient souvent et j'avais quelques fois assisté à leurs altercations. Il m'était arrivé de devoir m'interposer pour ne pas qu'ils en viennent aux mains. J'avais même essayer de convaincre Caroline de quitter Tyler, de peur qu'il n'aille trop loin et qu'il ne lui fasse du mal. Je connaissais le tempérament violent de Tyler, et j'étais inquiète pour Caroline.
-À propos de quoi ? Demandai-je, gardant mes inquiétudes pour moi-même.
-Il veut quitter la ville, dit-elle en baissant les yeux. Que nous quittions la ville.
J'ouvris de grands yeux et me redressai sur ma chaise. Caroline était ma meilleure amie depuis des années, je n'avais aucune envies qu'elle s'en aille. Je ne la laisserais pas partir.
-Mais moi je ne veux pas, ajouta Caroline pour me rassurer voyant que je n'étais pas du tout enchantée à l'idée de la voir partir à son tour.
-Pourquoi voudrait-il quitter Mystic Falls ? M'exclamai-je un peu trop fort, attirant quelques regards vers nous.
Mon amie me fit une légère grimace, me montrant qu'elle ne pouvait pas m'en parler, qu'elle ne voulait pas m'en parler. Je soupirai, déçue et vexée. Des secrets, toujours des secrets. J'avais l'impression qu'elle ne serait jamais honnête avec moi. Elle me cacherait toujours quelque chose.
-Je suis désolée Elena, dit-elle. Je n'ai pas vraiment envie d'en parler.
-Depuis quand tu n'as pas envie de parler de Tyler ? Demandai-je d'un ton sec.
Elle ouvrit légèrement la bouche, mais aucun son n'en sortit, me prouvant que j'avais marqué un point. Je la regardais quelques secondes froidement. Elle détourna les yeux, ne voulant sûrement pas affronter mon regard.
-Je vais aux toilettes, soufflai-je alors que Jérémy revenait avec nos plats.
Je traversai le restaurant et entrai dans les toilettes. Je m'appuyai sur le lavabo en soupirant. J'étais fatiguée de toutes ces cachotteries. Ça durait depuis des années maintenant. Trop concentrée sur mon chagrin et celui de mon petit frère, je n'avais jamais rien dit et n'y avait pas plus prêté attention que ça. Mais je commençais à en avoir assez. Elle était ma meilleure amie, je ne supportais pas qu'elle me mente à longueur de temps. Je retournais dans la grande salle pour tenter de finir le repas tranquillement, mais en sortant des toilettes, je heurtais quelqu'un.
-Oh, je suis désolée, dis-je en me reculant légèrement pour faire face à l'inconnu.
Il était assez grand et très séduisant, je devais l'admettre. Un visage fin, de grands yeux verts et des cheveux presque blonds en bataille. Il était très beau, mais il avait cette lueur au fond des yeux. Une noirceur qui lui donnait un air de psychopathe et qui poussait tout mon corps à vouloir fuir. Il me regardait avec un petit sourire pervers, qui me rendait extrêmement mal à l'aise. Il me détailla de bas en haut et son regard me donna l'impression qu'il arrivait à voir à travers mes vêtements. Je lui fis un petit sourire, dans l'espoir qu'il me laisse tranquille et fis un pas en avant pour rejoindre Caroline. L'inconnu n'était apparemment pas cet avis. Il me saisit le bras et m'empêcha de m'éloigner. Je voulu protester, mais il parla le premier.
-Alors Elena, on ne dit plus bonjour ? Demanda-t-il d'une voix froide avec un petit sourire en coin des lèvres.
Je me figeai sur place. Comment pouvait-il connaître mon nom ? Je me dégageai d'un geste sec, ce qui le fit sourire. Je reculai d'un pas ou deux, voulant mettre le plus de distance entre lui et moi.
-Je ne vous connais pas, dis-je en le dépassant.
Je m'éloignai de lui le plus vite possible, mais il me rattrapa à nouveau. Il me prit par le bras et m'entraîna dans une pièce isolée des autres. Je n'eus ni le temps de me défendre ou de crier. Il me plaqua contre le mur et posa ses mains dessus, de chaque côté de ma tête. J'avais tellement peur que je ne pouvais ni bouger, ni crier. Mon corps tout entier tremblait de peur.
-Pas de ça avec moi Elena, dit-il en me caressant la joue. On sait tous les deux que tu ne m'as pas oublié. Je suis même presque sûr que tu m'aimes toujours, même après toutes ces années.
-De quoi est-ce que vous parlez ? Demandai-je. Je ne vous ai jamais vu de ma vie !
-Lâche-la ! Cria une voix que je connaissais bien.
L'inconnu et moi tournions la tête en même temps vers Caroline qui venait d'entrer dans la pièce. Elle avait un air confiant et menaçant sur le visage, que je ne lui connaissais pas. Je vis l'homme sourire en la voyant.
-Caroline ! S'exclama-t-il en s'éloignant légèrement de moi.
J'ouvris de grands yeux et regardais mon amie et l'inconnu à tour de rôle. Il la connaissait aussi ?! Je ne comprenais rien à ce qu'il se passait.
-Laisse-la tranquille espèce de malade ! Dit Caroline en m'attrapant par le bras pour me tirer vers la sortie.
-Alors on ne se souvient plus de son bon vieux copain Stefan ?! Cria l'homme alors que nous sortions de la pièce.
Il ne nous suivit pas. Caroline me tenait pas le bras et m'entraînait jusqu'à notre table. Elle me tenait tellement fort, qu'elle m'en faisait mal. Elle avait l'air en colère et très perturbée.
-Prends tes affaires, dit-elle. On s'en va.
-Quoi ?!
Elle soupira et attrapa mon sac avant de me reprendre par le bras pour me traîner hors du restaurant. Une fois sur le parking, je m'arrêtai et me dégageai de son emprise en grimaçant de douleur. Elle se retourna vers moi.
-Elena, on s'en va ! Cria-t-elle dans tous ses états.
-Tu m'as fait mal, Caroline ! M'écriai-je en me massant le bras.
Je vis un air plein de culpabilité s'installer sur son visage et elle recula de quelques pas. Elle détourna les yeux, ne semblant pas vouloir affronter mon regard.
-Qui s'était ? Demandai-je.
-Je n'en sais rien, dit-elle. Sûrement un malade qui veut nous faire peur. Viens, on s'en va.
Elle me prit à nouveau par le bras, mais je me dégageai tout de suite. Je voulais des explications. Cette fois-ci, je ne la laisserai pas s'en sortir comme ça.
-Caroline, il connaissait nos noms ! M'exclamai-je.
-On est connu en ville ! Il a pu demander nos noms à n'importe qui !
Je n'en revenais pas, elle me mentait. Je pouvais le voir dans ses yeux. Elle dût voir que j'avais compris puisqu'elle se mordit la lèvre inférieure en grimaçant légèrement.
-Tu sais quoi ? J'en ai marre que tu me mentes !
Je lui arrachais mon sac des mains et partis vers ma voiture sans ajouter un mot, je devinais l'expression choquée sur son visage pâle alors que je sentais son regard qui me suivait. Je montai dans ma voiture et démarrai en trombe. Je manquai d'écraser Caroline, mais continuai mon chemin sans même me retourner.
PDV Caroline
Elle faillit m'écraser avec sa voiture, mais je me reculai juste à temps. Elle ne se retourna même pas et partit. Je regardais sa voiture s'éloigner en me mordant la lèvre. Cette fois-ci, nous étions au bord de la catastrophe. Une vague de colère m'envahit et j'entrai dans le Mystic Grill. Je m'arrêtai et le cherchai du regard. Enfin, mon regard se posa sur lui. Il était accoudé au bar et me regardait avec un sourire mesquin. J'allai vers lui d'un pas déterminé.
-Qu'est-ce que tu fais ici ? Demandai-je en croisant les bras autour de ma poitrine.
-Ah, ça y est, tu te souviens de moi ? Dit-il avec le même petit sourire.
Je le reconnaissais à peine. Il avait tellement changé depuis la dernière fois que je l'avais vu. Il avait ce regard de psychopathe qui avait remplacé la gentillesse qu'il inspirait aux autres auparavant. Le Stefan que j'avais connu, que nous avions tous connu, était parti. Étouffé par l'homme qui se trouvait en face de moi.
-Réponds à ma question Stefan ! M'exclamai-je attirant quelques regards vers nous.
Son sourire disparut aussitôt. Il regarda autour de nous, me montrant qu'il y avait trop de monde pour cette conversation. Il se dirigea vers la sortie arrière du Grill. J'hésitai quelques secondes, puis finis par le suivre. Nous atterrissions dans une petite ruelle sombre, malgré le beau temps de ce mois de juillet. Il s'arrêta et se tourna enfin vers moi. Il avait une lueur noire dans les yeux que je ne lui connaissais pas.
-Réponds à ma question, répétai-je plus calmement.
-Je suis revenu pour elle, dit-il. Pour Damon, pour ma famille.
J'eus un mouvement de recul et je fronçais les sourcils. Il n'était pas au courant ? Comment ne pouvait-il pas être au courant ? Après tout ce temps...
-Tu ne sais pas ? Demandai-je.
-Je ne sais pas quoi ?
Je soupirai en baissant les yeux.
-Caroline, je suis revenu pour que tout redevienne comme avant, mais je ne suis PLUS comme avant, dit-il d'un air menaçant. Je m'énerve très vite maintenant, tu ferais mieux de tout me dire avant que je n'arrache ta jolie petite tête.
Je le regardais droit dans les yeux, m'apprêtant à lui raconter tout ce qu'il s'était passé ici depuis son départ. Je savais que ça n'allait pas lui plaire. Surtout qu'il n'était plus le gentil Stefan que j'avais connu. Il était Stefan l'Éventreur maintenant, comme on aimait l'appeler. Il me regardait, attendant que je parle.
PDV Elena
Je rentrai à la maison et claquai la porte de toutes mes forces. J'étais tellement en colère que je jetai mon sac à travers la pièce sans même regarder où il atterrissait. Mais un bruit de verre cassé m'indiquait que l'une des photos posées sur la table de l'entrée devait être tombée. J'allais dans la cuisine, avec tout ça je n'avais toujours pas mangé moi. Je sortis quelques trucs pour me faire un sandwich. Je voulus prendre un couteau dans un tiroir. Non, dans LE tiroir. Celui qui coinçait tout le temps et sur lequel je m'énervais sans cesse. Une fois de plus, il resta coincé. Je m'énervais dessus encore plus que d'habitude, étant déjà en colère à cause de Caroline. Je tirai dessus le plus fort possible et le secouai dans tous les sens dans l'espoir de le décoincer, mais rien y fit. Je finis par le lâcher et donner un violent coup de pied dans le meuble. Je poussai un cri alors qu'une forte douleur s'empara de ma cheville. Je m'asseyais par terre, contre la cuisinière et me massai le pied en tentant de me calmer. Je sentis mon téléphone vibrer dans ma poche. Je le sortis et découvris que c'était Caroline qui m'appelait. Je restai figée, à regarder son nom à l'écran. Après une minute, je finis par ignorer son appel et posai mon téléphone sur le sol. Je plongeai mon visage dans mes mains. Je ne savais plus quoi faire. Ma meilleure amie, celle à qui je disais tout, me mentait encore. Elle me cachait quelque chose depuis des années et je ne le supportais plus. Je restai assise là, sans bouger. Et qui était cet étranger qui disait me connaître ? Il avait dit que je l'aimais. Qui était-il ? Soudain, la sonnette résonna dans toute la maison, me faisant sursauter. Je m'aidai des meubles de cuisine pour me relever et allai jusqu'à la porte d'entrée en boitillant. J'ouvris la porte et voulu la refermer aussitôt en voyant Caroline sur le perron. Mais elle posa sa main sur le battant et le rouvris avec une telle force, que j'eus un mouvement de recul, soudain effrayée par mon amie.
-Je t'en prie, écoute-moi, dit-elle.
-Non ! M'écriai-je, ne portant plus attention sur sa force inexplicable. Je n'en peux plus Caroline ! Tu me mens ! Tu n'arrêtes pas de me mentir ! Depuis des années !
-C'est totalement faux ! S'exclama-t-elle.
-Ose me regarder dans les yeux et me dire que tu ne me caches pas quelque chose depuis que Jenna est morte, dis-je d'un ton sec.
Elle ouvrit la bouche pour se défendre, mais la referma aussitôt, sachant pertinemment que j'avais raison. Elle soupira et baissa les yeux en faisant un léger pas en arrière.
-Je te laisse une dernière chance Caroline, dis-je. Dis-moi ce que tu me caches.
-Elena, je ne peux pas, déclara-t-elle en relevant les yeux vers moi. Tu ne peux pas savoir ça.
Une nouvelle vague de colère m'envahit. Elle me prenait pour une petite fillette fragile ou quoi ?
-Je sais que j'ai été assez fragile quand mes parents et ma tante sont morts, qu'il fallait me ménager, mais plus maintenant ! Je suis assez grande pour supporter les choses !
Elle resta figée sur place. Je la vis déglutir et je voyais dans ses yeux qu'elle cherchait un moyen de se sortir de cette situation, qu'elle cherchait un nouveau mensonge. J'eus un petit rire amer et soupirai.
-Je ne veux plus te voir Caroline.
Elle ouvrit la bouche, mais je lui fermai la porte au nez. Je ne voulais plus rien entendre, je ne voulais même plus la voir. Je montai les escaliers et allai m'effondrer sur mon lit.
PDV Caroline
Elle me claqua la porte au nez. Je soupirai et retournai dans la rue. Je me mordis la lèvre. Là, j'étais vraiment dans une mauvaise situation. Je ne m'en tirerais pas seule cette fois-ci et ce n'était certainement pas un mensonge qui allait m'aider. Et avec le retour de Stefan, c'était encore plus compliqué. J'avais essayé de le faire partir, mais il avait refusé. Je ne voulais pas m'opposer à lui, pas dans l'état où il était. J'inspirai profondément avant de prendre une décision dangereuse, une décision qui changerait tout. Je sortis mon téléphone et composai son numéro. Il décrocha très vite.
-Caroline ?! S'exclama-t-il à l'autre bout du fil. Pourquoi tu m'appelles ?
-J'ai besoin de toi ici, dis-je. Stefan est revenu et les choses s'aggravent avec Elena, elle sait que je lui cache quelque chose, je t'en prie viens.
Il resta silencieux pendant quelques secondes. Je savais qu'il ne voulait pas revenir après tout ce temps, après tout ce qu'il avait vécu ici. Mais il le devait, je ne pouvais pas gérer ça toute seule, j'avais besoin de lui.
-Je t'en prie Damon, dis-je d'une petite voix. Reviens à la maison.
