PDV Damon

Flash-Back :

Katherine venait de quitter la pièce, nous laissant, Elena et moi, digérer sans plus d'explication le départ soudain de Stefan. Mais quel abruti celui-là. Il avait tout ici : des amis, une copine, une maison… Et pourtant il avait tout abandonné pour me sauver la vie. Tout ça parce que Tyler m'avait accidentellement mordu. J'avais du mal à y croire. Stefan qui disait tant me haïr pour ce que je lui avais fait, pour ce que j'avais fait à Elena. Voilà qu'il me sauvait la vie. Mon bras me faisait encore souffrir et je ne me rendais pas bien compte de ce qu'il se passait autour de moi. Le remède que Katherine m'avait rapporté mettait du temps à faire effet.

-Damon ?

C'était la voix d'Elena. Je la reconnaissais. Mais elle était lointaine, très lointaine. Je n'entendais que des échos. J'ouvris légèrement les yeux avec grande peine. Je ne voyais presque rien. Seulement des formes floues, ainsi que des ombres.

-Damon, accroches-toi, ça va passer, me dit-elle.

Elle passa sa main sous ma nuque et me souleva la tête. Je sentis qu'elle me mettait un flacon aux lèvres. Comprenant qu'il s'agissait du remède, je fis l'effort de boire une ou deux gorgées. Ça avait un goût affreux. Un goût de sang qui me rappelait amèrement le venin du loup-garou qui courait encore dans mes veines. Elena reposa délicatement ma tête sur l'oreiller avant de s'allonger près de moi. Elle posa sa tête contre mon torse. Je sentais à peine son contact contre moi. J'étais tellement dans les vapes, je ne me rendais compte de rien. J'étais sur le point de sombrer dans le sommeil, quand j'entendis à nouveau sa voix, résonnant dans ma tête.

-Je t'aime Damon…

Je sombrai dans les ténèbres, persuadé que j'avais imaginé ces derniers mots. J'étais dans un piteux état. J'avais entendu ce que je voulais entendre. Elena aimait Stefan. Ce serait toujours Stefan.

Fin Flash-Back.

J'étais assis sur les marches du perron de la maison de Caroline. Ces vieux souvenirs étaient revenus me hanter lorsque j'avais remis les pieds à Mystic Falls. Je m'en rappelais comme si c'était hier. La douleur, les hallucinations. Je pouvais encore les ressentir en me concentrant. J'avais l'impression que c'était tellement proche. Et pourtant, cinq années c'étaient écoulées depuis. Je remontai la manche de ma chemise et caressai la légère cicatrice que j'avais gardée dans le creux de mon coude. Derrière moi, la porte de la maison s'ouvrit et je reconnus la démarche de Caroline qui venait vers moi. Je replaçai ma manche normalement.

-Comment tu vas ? Demanda-t-elle en s'asseyant à côté de moi.

-Les vieux souvenirs refont surface, répondis-je.

Je vis un petit sourire étirer ses lèvres fines. Elle m'avait tellement manquée. Je me rappelais parfaitement l'époque où nous étions loin d'être des amis. Mais je me rappelais encore mieux du moment où nous nous étions rapprochés. Nous étions devenus des amis, de très bons amis. Puis un peu plus. Perdus dans nos problèmes de cœur, nous nous étions retrouvés tous les deux, en tant qu'amants, tentant désespérément de cacher notre étrange relation aux yeux des autres. Surtout aux yeux de Tyler, avec qui Caroline traversait une passe difficile. Aujourd'hui, je qualifierais Caroline de meilleure amie pour moi. Je n'en avais jamais eu avant, alors je ne savais pas vraiment ce que c'était. Mais je savais que je lui faisais confiance, que je pouvais tout lui raconter et que je mourrais pour elle. Alors oui, je dirais qu'elle était ma meilleure amie.

-Tu l'as vue ? Demanda-t-elle.

-Rose a eu la merveilleuse idée d'aller lui offrir une rose, expliquai-je avec un petit sourire.

-Raconte, dit-elle simplement, se doutant que ma nouvelle rencontre avec Elena devait sûrement me trotter dans la tête depuis la veille.

-Rose a disparu pendant que je rangeai un truc dans le coffre de ma voiture et je l'ai retrouvée en train de discuter avec une jeune femme dans le Grill, dis-je. Je n'ai pas réfléchis et j'ai foncé. J'ai d'abord dit à Rose de ne plus jamais me refaire une peur pareille et puis, j'ai relevé les yeux. C'est alors que je me suis rendu compte que c'était elle.

Caroline me regardait en silence. Écoutant avec attention chaque mot que je prononçais.

-Elle m'a regardé tellement bizarrement, repris-je. Je te jure Caroline, j'ai vraiment cru qu'elle se souvenait de moi. C'était comme si elle me reconnaissait et qu'elle était choquée de me voir là.

Je vis la blondinette faire une légère grimace. Je fronçais les sourcils et lui fis un petit mouvement de tête, l'incitant à me dire ce à quoi elle pensait.

-Voilà, dit-elle. Depuis ton départ, Elena fait ce rêve, tous les soirs.

-Quel rêve ?

-Elle court dans la forêt. Elle est poursuivie par un homme. Un homme rapide qui a un rire démoniaque, expliqua-t-elle.

-Klaus, soufflai-je.

-C'est aussi ce que j'ai pensé, répondit Caroline. Puis elle tombe et un autre homme l'aide à se relever. Elle n'arrive jamais à voir son visage en entier. Elle ne peut voir que ses yeux. Deux grands yeux bleus azurs.

Je haussai un sourcil en me redressant légèrement. Caroline pinça ses lèvres en acquiesçant un peu, me montrant qu'il ne s'agissait que de la vérité.

-Vraiment ? Demandai-je. Toutes les nuits ?

-Toutes les nuits. Je me suis renseignée et j'ai lu que ça arrivait souvent lorsqu'on effaçait une grande partie de la vie d'un humain. En gros, son subconscient se rappelle encore de tout et veut refaire surface.

-Or lorsqu'on dort, c'est là que le subconscient prend le dessus sur le conscient, terminai-je.

Elle acquiesça. Je soupirai en priant pour que tout ce que j'avais fait pour m'éloigner d'elle n'ait pas servis à rien.

-Damon… souffla Caroline.

Je levais les yeux vers elle. Elle me regardait avec un regard plein de peine.

-Tu lui en veux encore ? Demanda-t-elle d'une voix presque éteinte.

-Je la déteste Caroline, répondis-je sans hésitation. Je ne pourrais jamais lui pardonner ce qu'elle m'a fait.

La blondinette acquiesça simplement, comprenant mon choix. Elle avait été là lorsqu'Elena m'avait brisé le cœur, elle avait été là pour ramasser les morceaux. Elle m'avait accompagnée dans ces longs mois de souffrance. Elle seule savait ce que j'avais enduré.

PDV Elena

Je venais de finir de me préparer. Depuis mon réveil, j'avais un étrange pressentiment. Je n'avais fait aucun rêve cette nuit. Aucun. C'était la première fois en quatre ou cinq ans. Je ne me souvenais plus quand ce rêve avait commencé à me hanter, mais je m'y étais habituée. Il faisait partie de ma vie. Et maintenant qu'il avait disparu, je me demandais pourquoi. Je n'arrêtais pas de penser à Damon, l'homme que j'avais rencontré hier au Grill. Il avait exactement les mêmes yeux. Était-ce possible que ma rencontre avec lui ait fait cesser mes rêves ? Que mon « sauveur » soit enfin arrivé ? Non. C'était impossible. Ce genre de choses n'existait pas. Je n'y croyais pas. Mais il continuait de me hanter. Il était tellement beau. Il fallait que je le revoie. Oui, je sais, il a une fille et un homme de ce genre ne devait certainement pas être célibataire. Mais qui ne tente rien n'a rien. Je devais en avoir le cœur net avant d'abandonner. J'attrapai mon sac et sortis de chez moi pour rejoindre Eve sur la place de Mystic Falls. Je fermai la porte à clef et quand je me retournai, je tombai nez à nez avec cet homme qui m'avait presque attaquée en me disant d'étranges choses au Mystic Grill. Je failli crier de peur, mais je me retins. Je ne comptais pas lui montrer que j'avais peur de lui.

-Laissez-moi tranquille, dis-je en passant à côté de lui pour rejoindre ma voiture.

Il m'attrapa par le bras, mais cette fois-ci, il fut d'une grande délicatesse. Il me tira légèrement pour que je me tourne vers lui. C'est alors que je le remarquais : la lueur sombre dans ses yeux avait diminuée. Il avait un léger sourire sur les lèvres et ses yeux me demandaient pardon d'eux-mêmes.

-Je suis désolé pour l'autre jour, c'était un malentendu, dit-il en me faisant un petit sourire.

-Pourtant vous connaissiez mon nom et celui de mon amie, répliquai-je en penchant légèrement la tête sur le côté, cherchant à savoir s'il était sincère ou non.

-J'ai connu Caroline il y a un petit moment, dit-il. J'avais quelques comptes à régler avec elle.

-Et pour cela vous avez décidé de m'attaquer en disant des choses assez étranges ?

-Encore une fois, je suis désolé, répéta-t-il. Je n'aurais jamais dû me comporter de la sorte.

J'hésitais quelques secondes avant de hocher de la tête pour lui montrer que ce n'était pas grave. Il me fit un autre petit sourire. Je m'étonnais alors de le trouver extrêmement beau avec ce petit sourire et ses grands yeux verts qui brillaient grâce au soleil. Il prit ma main dans la sienne et la porta jusqu'à ses lèvres pour y déposer un petit baisé. Je fronçais les sourcils, me disant qu'il avait de très étranges manières et il s'en alla après m'avoir adressé un dernier sourire. Je soupirai d'exaspération et montai en voiture. Qu'est-ce que j'en avais à faire ? Je ne reverrais jamais cet homme. En quelques minutes, j'étais arrivée sur la place de Mystic Falls. Je vis Eve, allongée dans l'herbe, en train de lire un de ses magasines préférés, comme d'habitude.

-Salut toi ! M'exclamai-je en m'installant à côté d'elle.

-Hey Elena ! Répondit-elle. Alors tu as rêvé de ton bel homme aux yeux bleus cette nuit ?

Je restai figée sur place quelques minutes, me demandant comment elle avait su que je faisais ce rêve toutes les nuits. Je mis quelques secondes à comprendre qu'elle ne parlait en fait que de Damon.

-Malheureusement non, dis-je en faisant une petite tête triste qui nous fit rire toutes les deux.

Je m'allongeai comme elle et nous commencions à discuter de tout et de rien. Surtout des vacances en fait. Nous voulions aller passer quelques jours dans ma maison au bord du lac avec quelques amis. Ça allait être super sympa.

-Tu pourrais même inviter Caroline ! Dit mon amie en me faisant un grand sourire, tandis que le mien avait disparu. Oh allez Elena ! C'est ta meilleure amie ! Tu ne peux pas lui en vouloir indéfiniment !

-Je relève le défi, dis-je d'un ton sec.

J'entendis mon amie soupirer face à mon entêtement. Je devais l'avouer, j'étais une vraie tête de mule. Plus têtue que moi, il n'y avait pas.

-Ben tien, ça ne serait pas ton beau brun d'hier avec la blonde là-bas ?

Je me redressai légèrement et découvris, un peu plus loin, Damon qui discutait avec une blonde qui était dos à nous. La petite Rose était dans les bras de la jeune femme et jouait avec ses longs cheveux. Mais… Je plissais les yeux, pensant reconnaître cette personne.

-Caroline ? Appelais-je.

La jeune femme se retourna et en effet, il s'agissait bien de ma « meilleure amie ». Je vis Eve hausser un sourcil tandis que je restai figée sur place. Caroline et Damon se connaissaient ? Et apparemment ils ne s'étaient pas rencontrés hier. Ils avaient l'air plutôt proches même. Je la vis faire une légère grimace et me levais pour aller vers eux, Eve sur mes talons.

-Salut Elena, dit Caroline d'un ton hésitant.

-Salut, lui dis-je en m'arrêtant à côté d'elle.

Dans ses bras, Rose me fit un grand sourire que je lui rendis. Je levai ensuite les yeux vers Damon. Ce dernier me fit un bref sourire, ce qui me laissa perplexe.

-Je vous présente Eve, une amie de l'université, dis-je en me rendant compte qu'aucun des deux ne connaissaient mon amie.

Ils se saluèrent tous les trois et un étrange silence commença à flotter entre nous. Je sentais que Caroline était gênée. Pourquoi ? Je n'en savais rien. Habituellement, lorsque l'on se disputait, elle faisait tout pour qu'on se réconcilie, alors que là, elle ne faisait rien. J'hésitai quelques secondes avant de me lancer.

-Comment vous vous connaissez tous les deux ? Demandai-je.

Caroline et Damon échangèrent un regard avant de répondre. Mais avant même que mon amie n'ouvre la bouche pour me répondre, je savais déjà qu'elle allait me mentir. Et apparemment ça ne dérangeait pas Damon. Pourquoi voulait-il me cacher la vérité ? On ne se connaissait pas. Qu'avait-il à me cacher ?

-On s'est connu l'an dernier, dit Caroline. Tu sais, durant l'été où tu es partie en Europe avec Jérémy.

Je haussai un sourcil et regardais Damon. Ce dernier me fit un petit sourire qui se révéla ne pas être sincère. Je ne le connaissais pas, mais je savais qu'il n'était pas sincère. Eve, qui se sentait sûrement un peu seule au milieu de cette étrange conversation, décida de détendre l'atmosphère.

-Ça vous dit d'aller manger un morceau au Grill ? Demanda-t-elle en faisant un grand sourire.

Je fronçais les sourcils, ne voulant pas vraiment rester plus longtemps avec ces deux menteurs. Mais face au petit sourire qu'elle arborait à présent, je compris qu'elle comptait bien me caser avec Damon. Je réfléchis quelques secondes. Après tout, peut-être que je me faisais des films. Pourquoi me mentiraient-ils sur la manière dont ils s'étaient rencontrés ? Je fis un grand sourire à mon tour.

-Bonne idée ! M'exclamai-je.

Je me tournai vers Caroline, qui après avoir fait une légère grimace, finit par acquiescer avec un petit sourire gêné. Damon me fit un bref sourire à son tour et nous nous mettions en chemin pour rejoindre le restaurant.

PDV Damon

Non mais, ce n'est pas vrai. Dans quoi est-ce qu'on m'embarque encore ? Je lançais un regard noir à Caroline qui me fit une petite tête désolée en haussant les sourcils. Je soupirai alors que nous entrions dans le Grill. Nous nous installions à une table et Caroline laissa Rose s'asseoir sur mes genoux.

-Papa j'ai faim, dit-elle.

-Oui on va manger mon ange, lui dis-je en souriant.

-Alors Damon, dit Elena. Parles-nous un peu de toi.

-Elena, je ne pense pas que… commença Caroline.

Je l'interrompis d'un geste de la main, lui montrant que ça ne me dérangeais pas de répondre à la question d'Elena, même si, naturellement, j'y répondrais par un mensonge.

-J'ai grandi en voyageant beaucoup, étant né dans une bonne famille, mentis-je en faisant un petit sourire à Elena, qui me le rendit. On ne restait jamais au même endroit très longtemps.

-Ça doit être cool ça, dit la dénommée Eve.

-Pas vraiment, répondis-je. On n'a pas le temps de s'attacher et au bout de deux ou trois déménagements, on arrête de s'attacher, parce qu'on sait qu'on va repartir. De plus, je n'ai pas vraiment de maison. Je n'ai pas de ville qui représente toute ma vie, mon enfance. Je n'ai aucun point de rattache.

Un serveur arriva alors et nous passions la commande. Je sentais Rose qui trépignait de faim sur mes genoux.

-Enfin bref, j'en ai tiré une grande ouverture d'esprit, dis-je.

-Qu'est-ce que tu as fait comme études ? Demanda Elena.

-J'ai un peu touché à tout, répondis-je. Mais comme mes parents étaient milliardaires, je n'ai pas eu à trouver un travail.

Le petit sourire d'Elena avait soudainement disparu et elle se redressa légèrement sur son siège.

-« Étaient » ? Demanda-t-elle.

-Oui, dis-je. Ils sont morts il y a quelques années.

-Je suis désolée.

-Ce n'est rien, dis-je. Je m'en suis remis.

Je sentais que les trois filles me regardaient. Discrètement, j'échangeai un regard avec Caroline qui semblait inquiète pour la suite des événements. Craignait-elle que je ne tue Elena en plein restaurant juste parce que celle-ci m'avait brisé le cœur quelques années plus tôt ?

-Enfin bref, repris-je. Il n'y pas grand-chose à raconter sur ma vie. Je n'ai rien fait d'extraordinaire.

-Et Rose alors ? Demanda la brunette.

Un grand sourire apparut sur mes lèvres. Elena venait de toucher le point sensible. Je resserrai mon étreinte autour de ma fille.

-Elle est la seule chose extraordinaire que j'ai faite, répondis-je en replaçant l'une des mèches brunes de Rose.

-Et sa mère ?

Je relevai les yeux vers Elena, prit de court par cette question. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle soit aussi directe. J'échangeai un nouveau regard avec Caroline. Sur mes genoux, Rose avec soudainement prêté attention à notre conversation.

-Papa n'en parle jamais, dit-elle.

Je baissai les yeux vers ma fille. Non. Je ne lui avais jamais parlé de sa mère. Tout simplement parce que le peu qu'il y avait à raconter ne la ferait que trop souffrir, encore plus que ça ne m'avait fait souffrir moi.

-Elle est morte peu après la naissance de Rose, dis-je en plantant mon regard dans celui d'Elena. Mais ne soit pas désolée, elle ne valait pas la peine qu'on souffre pour elle.

Elena fronça légèrement les sourcils, se demandant sûrement d'où venait toute cette haine que je portais pour la mère de ma propre fille. Un lourd silence s'installa sur la table. Je sentais le regard de Caroline peser sur moi tandis que je ne lâchais pas Elena des yeux. Ce ne fut que lorsqu'elle détourna le regard que je tournais le mien vers la blondinette. Le serveur du Grill revint alors avec nos plats et nous commencions à manger en changeant de sujet.

Flash-Back :

Ce fut la soif qui me réveilla. Ma gorge était sèche et je sentais la faim qui me tiraillait. J'ouvris avec grande peine les yeux et regarda autour de moi. Mes yeux mirent quelques secondes à s'habituer à la lumière du jour. Je voulus me redresser, mais la porte de ma chambre s'ouvrit laissant apparaître Elena qui se précipita vers moi.

-Doucement, doucement, me dit-elle. Tu es encore très faible.

Elle me força à me rallonger alors que mes souvenirs de la veille me revenaient. Le baisé, Katherine, le remède… Et ces derniers mots qu'elle n'avait peut-être même pas prononcés. Je n'avais aucune idée s'ils avaient été dits ou non, j'aurais aimé en avoir le cœur net. Mais comment ? Elena était assise sur le bord du lit et me regardait avec un petit sourire. Elle posa sa main sur la mienne, un geste qui ne manqua pas de me surprendre.

-Elena, dis-je d'une voix que je reconnus à peine tellement elle était faible. J'ai soif.

-Je vais te chercher du sang, ne bouge pas.

Elle me fit des gros yeux pour me persuader de lui obéir et se leva. Elle disparut dans le couloir. J'avais encore le bras endoloris, mais beaucoup moins que la veille. Je regardais autour de moi, tentant de savoir quelle heure il était. Je me redressai légèrement et Elena entra à nouveau dans la pièce.

-Je t'ai dit de ne pas bouger ! S'exclama-t-elle.

Elle s'assit à côté de moi et m'aida à ma redresser pour m'adosser contre la tête de lit. Elle me tendit ensuite une tasse d'où se dégageait une délicieuse odeur de sang.

-Je l'ai fait chauffer, dit-elle avec un petit sourire. Je sais que tu le préfère à température humaine.

Je restai légèrement choqué face à une telle attention. Après quelques secondes à la regarder en fronçant les sourcils, je finis par la remercier d'un signe de la tête avant de boire un peu de sang. La chaleur du liquide se répandait dans mon corps, me redonnant des forces à grande vitesse. Elena commença à remettre en ordres mes mèches brunes avec un petit sourire au coin des lèvres. Ce sourire… C'était celui qu'elle n'accordait qu'à Stefan. Celui dont je mourrais d'envie qu'elle me fasse un jour. Devant ce geste plein de tendresse, je fronçais légèrement les sourcils et la fixai avec surprise. Elle le remarqua et retira sa main en détournant les yeux en vitesse. Son sourire avait disparu, mais j'étais toujours sous le choc.

-Salut les amoureux !

Je tournais la tête vers l'entrée de la chambre et y découvris Katherine, appuyée contre l'encadrement de la porte avec un petit sourire sur les lèvres.

-Tu n'es pas encore partie ? Demandai-je en plissant les yeux.

-Non, j'ai décidé de rester un peu, dit-elle. Klaus n'est plus en ville alors je n'ai rien à craindre.

-Tu as décidé de rester ? M'étonnai-je. Mais comment ? Je te rappelle qu'Elena et toi vous vous ressemblez comme deux gouttes d'eau !

J'avais déjà repris assez de force pour me redresser et hausser le ton.

-On a déjà trouvé une solution au problème, répondit-elle.

Je tournai les yeux vers Elena qui pinça ses lèvres, confirmant ce que venait de dire son double. « On » ?

-Depuis quand tu veux qu'elle reste ici ? Demandai-je en la regardant avec de grands yeux.

-Que je le veuille ou non, elle restera si elle en a envie, répondit Elena. Tout ce que je peux faire c'est m'assurer qu'elle ne s'amuse pas à se faire passer pour moi à tout bout de champs.

Je soupirai, bien forcé d'admettre que sur ce point-là, elle n'avait pas tort.

-On aura qu'à dire que nous sommes jumelles, expliqua Katherine.

-Presque toute la ville est déjà au courant que j'ai été adoptée, ça ne sera pas difficile de leur faire croire que j'ai retrouvé ma sœur jumelle en faisant des recherches sur mes parents biologiques.

Je soupirai à nouveau, pas vraiment emballé par l'idée que Katherine reste vivre au manoir. Mais je finis par acquiescer, comme l'avait dit Elena, on n'avait pas vraiment le choix. Katherine me fit un petit sourire en haussant les sourcils avec malice avant de s'en aller, me laissant seul avec Elena. Je tournai les yeux vers cette dernière, qui évita mon regard en se mordant la lèvre. Je me demandai ce qu'il lui prenait. Elle agissait étrangement, ça se voyait.