[ Disclaimer: Et puis Ghost Hunt ne peut pas être à moi, parce que sinon... SINON IL SERAIT A MOI ! #logiquet'asvu ]


- Waaah!

Mai laissa ses bras retomber le long de son corps, après les avoir étirés longuement. Elle contempla le soleil au dessus de sa tête avec joie. C'était tellement bien d'être enfin dehors!

Bon, oui, elle n'était pas exactement restée enfermée pendant toute ces deux semaines. Mais c'était la première fois qu'elle sortait enfin de l'hôpital. Après des jours à devoir rester allongée ( parce que, même si elle ne se sentait pas fatiguée, son corps était d'un autre avis ) , et puis à ne sortir que de temps en temps dans une minuscule cour en béton déprimante, elle se sentait comme un prisonnier finalement libre.

- Bah, tu fais quoi, Mai? Demanda une voix derrière elle.

- Rien, répondit-elle en se tournant vers Bou-san. Je profitais du soleil, c'est tout.

Le moine hocha la tête, continuant néanmoins de la couver de ses yeux inquiets. Lorsqu'il s'était réveillé, quelques jours plus tôt, son premier mouvement avait été de demander aux infirmières si Mai était bien vivante. Normal: les derniers souvenirs qu'il avait d'elle concernaient sa disparition dans un château mangeur d'êtres humains... Et depuis lors, il paraissait craindre qu'elle ne disparaisse de nouveau à tout moment. Il n'était pas le seul: Mai avait remarqué que Masako venait la voir dans sa chambre vraiment très souvent, malgré les infirmières qui venaient la réprimander dans un français incompréhensible auquel elle ne pouvait pas donner de réponse.

Elles auraient pu se montrer beaucoup moins sévères, pourtant. A part Aoko, personne n'avait été sérieusement blessé. Un peu de repos avait suffit pour que tout le monde retrouve doucement son énergie. Mai avait eu plus de mal que les autres: même si elle avait recouvert ses forces psychiques très vite, son corps subissait encore les séquelles de ses multiples attaques cardiaques. Elle avait du mal à faire des efforts, et quand elle en faisait, elle avait si mal dans la poitrine qu'elle avait peur que son cœur ne lâche. Heureusement, le médecin lui avait dit (enfin, c'était sûrement ce qu'il avait dit: elle n'avait rien compris à son anglais. Il était pire qu'elle) qu'elle irait mieux rapidement. Et puis, il avait ajouté, l'air surpris, quelque chose comme: " Et je ne comprends toujours pas ce qu'il vous est arrivé" .

Ils ne lui avaient pas raconté une histoire trop bizarre, pourtant, même s'ils avaient tout de même inventé quelques détails. En fait, ils n'avaient eu qu'à lui servir une version un peu modifiée de la réalité: ils avaient prétendus être des personnes à la recherche de disparus s'étant aventurés dans la forêt, et ils étaient tombés sur les cadavres...Et sur l'installation électrique mystérieusement présente dans le charnier, qui, toujours alimentée en essence et en état de marche, les avaient blessés.

Ça n'avait pas été très difficile à croire: aux blessures prêt, c'était l'histoire des centaines d'étrangers arrivés autour de la forêt, éperdus, se souvenant soudain d'une personne qui s'était mystérieusement évaporée quelques temps plus tôt . Tout le monde avait retrouvé ses souvenirs des disparus, en même temps, mais tout le monde avait aussi oublié le château, comme s'il n'avait jamais existé (ce qui était après tout le cas) . Donc, personne ne comprenait ce qu'il se passait. Plusieurs scientifiques avaient avancé des hypothèses. On avait parlé de fumées toxiques qui avaient tué tout ceux qui passaient par là, embrumant la mémoire de leur entourage, ou bien d'un serial-killer aux pouvoirs hypnotiques, voire même de plusieurs, car, d'après les légistes qui s'étaient attelés à la lourde tâche d'identifier tout le monde, certains morts dataient de plusieurs centaines d'années... Complotistes, gouvernement, et tout le monde ne parlait que de ça...Et la SPR, aussi bien que la S.H.A. , n'avait pas cherché à éclairer leurs lanternes. Ils avaient en fait prit la décision de tout passer sous silence. En effet, ils doutaient que qui que ce soit allait les croire. Personne ne se souvenait du château, pour commencer. Et puis, ils n'avaient aucune preuve de ce qu'ils avaient vécu, puisque les caméras étaient fichues, écrasée sous le poids des cadavres qui leur était tombées dessus, et abîmées par le sang qui s'était infiltré dans leur circuits et les cassettes devaient probablement être dans le même état, puisque personne n'en avait parlé aux informations. " Tout ce qu'il va se passer, avait conclut Nishimura, c'est que les docteurs vont doubler notre dose de médicaments . "

Mai n'avait pas osé le dire, mais pour elle, c'était déjà le cas. En plus des antidouleurs pour ses multiples contusions, elle prenait également des somnifères. Elle n'avait pas eu le choix: en trois jours après son arrivée à l'hôpital, elle n'avait pas dormit une seule fois. Elle ne parvenait pas à se laisser aller. Chaque fois qu'elle fermait les yeux, elle les revivaient, encore et encore. Ses morts.

En effet, même si c'était arrivé à son esprit et que son corps n'avait pas souffert, elle se rappelait parfaitement avoir été dévorée des dizaines, dizaines de fois. Elle ne pouvait pas oublier la sensation horrible de sa peau qui se détachait de son corps, de ces dents qui s'enfonçaient dans sa chair, de son cœur battant, enfin, qu'elle avait dû sentir se faire déchiqueter avant de pouvoir enfin perdre conscience... Tout cela avait été réel, trop réel. Et, même si elle s'efforçait de ne pas y repenser, elle ne pouvait pas s'en empêcher.

Et elle ne pouvait pas expliquer tout ce qu'il lui arrivait au médecin qui lui avait gentiment prescrit les somnifères, parce qu'en entendant son histoire, il risquait effectivement de lui diagnostiquer quelque chose qu'elle n'avait pas. Et elle refusait d'en parler aux autres. Ils s'inquiétaient déjà tellement pour elle ( ce qui était assez énervant, quand on pense que c'était elle qui s'était débrouillé pour les sauver, quand même). Et puis, à quoi ça aurait servit de tout leur dire? Ils ne pourraient pas l'aider, juste essayer de la réconforter un peu, et ça ne marcherait pas parce qu'elle y aurait repensé. Donc, mieux valait ne pas en parler. Parce que ça finirait bien par disparaître, hein? C'était ce qu'elle se disait quand elle venait de passer une heure la tête cachée sous son oreiller, à pleurer tandis que son esprit lui faisait revivre sa propre mort encore et encore...

Heureusement, elle parvenait quand même à se distraire. Elle passait le plus de temps possible avec les autres, ou alors devant la télévision française. C'était assez amusant, quand on connaissait la vérité, de voir les journalistes français se demander si la découverte morbide des restes du château n'étaient pas un signe de la fin du monde, d'une apocalypse zombie ratée, ou d'une manipulation scientifique particulièrement horrible...

Tout ça, Mai l'avait comprit grâce à Fujitaka et Aoko, qui parlaient français, et n'hésitaient pas à jouer les traducteurs. Cette dernière s'était réveillée avant tout le monde, mais été restée plus longtemps alitée, du fait de ses blessures. Cependant, elle avait expressément demandé à quitter l'hôpital aujourd'hui. " J'ai besoin de rentrer chez moi", avait-elle assené aux médecins inquiets, avant de signer une décharge qui avait fait fondre leur inquiétude comme neige au soleil. Elle voulait, surtout, partir avec tout le monde: car ils étaient tous prêts, maintenant. Nishimura avait commandé leurs billets d'avions, et, à présent, ils se préparaient à retourner à Paris. Finalement, ils n'avaient pas eu le temps de faire du tourisme, mais c'était le dernier souci de Mai. Elle aussi, elle avait besoin de rentrer chez elle.

- C'était le dernier? Demanda Ayako, en déposant une grande sacoche dans le coffre du van.

C'était le même que celui qui les avait emmené au château, et c'était d'ailleurs la seule chose, avec l'autre van, leur vêtements déchirés et à l'odeur persistante de mort dont ils s'étaient empressés de se débarrasser, ainsi que quelques papiers d'identités et porte monnaies qu'ils avaient heureusement laissés dans les véhicules, qui leur restait de ce qu'ils avait ramené . Tout le reste était resté là bas, enfoui sous les morts. Aucun d'entre eux ne s'était présenté pour récupérer les caméras détruites et les moniteurs crevés, ni même les valises défoncées. Une fois à l'hôpital, ils avaient achetés des affaires, ceux d'entre eux qui allaient assez bien pour le faire étaient sortis faire quelques courses dehors, et c'était maintenant la seule chose qu'ils rapportaient.

Et puis, aussi, il y avait quelqu'un qu'ils ne rapportaient pas. Personne n'avait encore trop parlé de John. Ceux de la S.H.A., ne connaissant pas bien le prêtre, avaient pu surmonter l'idée assez aisément, mais pour les autres, c'était difficile. Ils n'en avaient pas encore vraiment discuté, et Mai ne savait pas s'ils le feraient un jour. Pour l'instant, elle n'en avait pas envie. Chaque fois que quelque chose lui rappelait la mort de l'exorciste, elle se sentait si mal qu'elle n'avait qu'une envie: penser à autre chose. Et comme il y avait beaucoup, beaucoup trop de moments où elle voulait juste penser à autre chose, elle avait finit par s'efforcer de ne penser à rien et de faire comme si tout allait parfaitement bien. Elle ne savait pas combien de temps ça allait marcher. Mais ça aussi, elle essayait de ne pas y penser.

- Le dernier, Ayako, merci, dit Bou-san.

La femme au cheveux rouges hocha la tête, puis referma le coffre en un claquement vibrant.

- Pas si fort, se plaignit Yasuhara en se massant la tête.

- Oh, là, là, tu n'es même pas blessé, répliqua la prêtresse en levant les yeux au ciel.

- Ben, je t'ai portée, quand même, expliqua le jeune homme. C'était un sacré effort...

Bou-san commença à rigoler. Furieuse, Ayako rétorqua:

- Si tu n'es même pas capable de me porter, je me demande à quoi tu sers dans l'équipe!

- Mais je porterais Takigawa jusqu'au bout du monde! Protesta Yasuhara, les yeux pleins d'une candeur feinte.

- Eh, commença ledit Takigawa, Ayako, si j'étais toi, je ne parlerais pas d'utilité, vu que...

Mai se détourna de leur dispute avec un soupir las, mais elle se surprit à sourire. Tout ça était si familier...

Et c'est là qu'elle croisa le regard de Naru. Surprise, elle se détourna avec très peu de naturel et énormément de gêne. En fait, depuis qu'elle avait comprit qu'elle était bien amoureuse de Naru, et certainement pas de son frère, chaque fois qu'elle le voyait, c'était encore pire qu'avant. Elle n'avait cessé de l'éviter pendant toute la semaine, mais, en même temps, elle avait tellement envie de le voir qu'elle finissait toujours par venir dans sa chambre sous n'importe quel prétexte. Heureusement, le thé de l'hôpital...N'existait pas, et elle lui en avait fait quelques litres. Mais ça ne pouvait plus durer...Surtout parce qu'elle avait été renvoyée, et que, désormais, elle ne le verrait probablement plus jamais...Non, elle ne devait pas y penser.

Elle se dépêcha d'aller accueillir Masako qui descendait les marches à son tour, accompagnée d'Aoko et Fujitaka. Mariya, qui venait ensuite, commença à discourir rapidement sur la dernière théorie en date des journaux français sur le mystérieux charnier - toutes les familles des victimes mentiraient, et seraient en vérité les meurtriers, et auraient tous feint l'oubli pour cacher leur culpabilité jusqu'à ce que l'un d'eux craque - ce qui permit à Mai de prétendre ignorer la présence de Naru, à quelques centimètres, qui parlait à voit basse avec Lin.

- Bonjour, vous tous , fit Nishimura, en arrivant alors.

Tout le monde répondit à son salut.

- Bon, écoutez, dit le vice-président immédiatement, j'ai oublié de vous prévenir, mais...

Il agita les papiers de confirmation pour l'achat de leurs billets d'avions qu'il tenait dans la main.

- On n'a pas été tous mis sur le même vol, en fait. Il y a juste deux heures de différence entre les deux, mais il ne faudrait pas tarder.

Tout le monde se regarda, confus (sauf...vous savez qui). Quelques voix s'élevèrent, se demandant ce qu'il allait se passer.

- Eh, dit Nishimura en levant les mains pour dissiper leurs inquiétudes, tout va bien, il n'y a pas de souci à se faire. C'est juste que les membres de la SHA, ainsi que Mai et Narumi...On a été enregistré sur le premier. Et, si on ne veut pas le manquer, on ferait mieux de partir tout de suite. C'est tout simple. Des questions?

Personne n'en avait. Après quelques au-revoir , et la promesse de Lin de s'occuper des diverses formalités que leur demandaient l'hôpital, la SHA, avec Mai et Naru, s'engouffra dans l'un des van et s'éloigna rapidement sur l'autoroute en direction de Paris.

Mai, qui s'était assise à côté de la fenêtre, regardait le paysage en bâillant, un peu fatiguée à cause de ses antidouleurs. Pendant un moment, elle ne bougea pas, se contentant d'observer les champs qui défilaient, en se disant que les français aimaient vraiment beaucoup les vaches...

- Pourquoi on prend cette sortie? Paris était dans l'autre direction.

Mai se détourna de la fenêtre, surprise par la voix de son ex-patron, qui venait de briser le silence.

- Ben... Quelqu'un a dû se tromper, répondit-elle en haussant les épaules.

- Non, dit alors Mariya, qui conduisait. Non, on ne s'est pas trompé.

Elle se tourna vers eux avec un sourire.

- Le vice-président voulait seulement discuter.

Mai marqua un arrêt. Hein? Cette pensée fût immédiatement suivie d'une deuxième: C'est bizarre.

- Qu'est-ce que vous faites? Demanda Naru.

- Rien, répondit Nishimura, assis à côté de lui. On vous l'a dit, on veut juste discuter. Du calme.

- Mais...Mais, et l'avion? Protesta Mai. On va le manquer!

- Oh...Cette petite histoire, c'était juste pour écarter les gêneurs, fit le garçon en haussant les épaules. Plutôt bien trouvé, pas vrai?

Mai avala sa salive. C'était plus que bizarre. C'était inquiétant. Qu'est-ce qu'il se passait? Ils les avaient éloignés de l'équipe exprès? Et maintenant, ils les emmenaient vers une direction inconnue..?

Depuis ce qu'ils avaient traversé ensemble, elle ne doutait plus du tout de Nishimura. Même s'il lui avait demandé de garder le secret sur ses capacités, elle ne s'était pas posé plus de questions que ça. Après tout, Naru aussi avait eu ses secrets...Mais à présent, elle sentait tous ses vieux soupçons refaire surface. Et vu le comportement de ses acolytes, sa méfiance rejaillissaient sur eux également. Et s'ils leur avaient mentis depuis le début? Et s'ils n'étaient pas aussi gentils qu'ils en avaient l'air?

Elle jeta un coup d'oeil à son voisin. Naru regardait autour de lui, l'air impénétrable, mais elle devinait que, s'il n'agissait pas, c'était pour une bonne raison, et pas parce qu'il n'avait pas remarqué ce qu'il se passait. N'est-ce pas? Indécise, elle baissa les yeux sur ses genoux, se demandant quoi faire. Elle savait cependant une chose: mieux valait faire comme si de rien n'était. Comme ça, si jamais quelque chose se passait vraiment, elle pourrait au moins compter sur l'effet de surprise.

- Tu l'as, Aoko? Demanda alors Nishimura avant qu'elle ait pu prendre une véritable décision quand à ce qu'elle ferait dudit effet.

- Oui, bien sûr, répondit la jeune femme, et elle lui tendit une machine assez petite qui ressemblait à une sorte d'arme -jouet couverte de tas de boutons, avec un canon large et allongé couvert d'un morceaux de plastique au lieu d'être creux.

- Hé! Ne put s'empêcher de s'écrier Mai, affolée. C'est quoi, ça?

- Rien, rien, je veux juste qu'on parle, dit Nishimura d'un ton qui se voulait apaisant, une intention quelque peu contrebalancé par l'objet qu'il avait dans la main.

- On ne dirait pas, rétorqua Naru.

Il regardait son interlocuteur fixement, ignorant complètement l'étrange arme qu'il tenait.

- Ah oui? Tu penses qu'on a rien à te dire? Et pourquoi tu nous as cherchés, alors ? Demanda son interlocuteur, un petit sourire aux lèvres.

Naru ne démentit pas, se contentant de croiser les bras silencieusement, les sourcils froncés. Mai le regarda, perdue. C'était vrai? Il les avait cherché ? Remarque, il s'était beaucoup absenté ces derniers temps...Et puis, la façon dont il avait absolument tenu à enquêter sur la S.H.A. ... En fait, c'était logique. Bon sang! Et comme d'habitude, il n'avait rien dit!

- Inutile de nier, poursuivit le jeune homme en jouant avec l'objet qu'il tenait dans les mains. On sait même pourquoi tu as fait ça. C'est à cause de ton frère, n'est ce pas? Je savais qu'il avait dû laisser quelque chose derrière lui, quelque chose à propos de nous. Parce que oui, c'est bien de nous qu'il s'agissait, quoi que tu aies découvert. Félicitations. Tu nous as trouvé. Et tu ne l'as pas fait pour rien. En effet, nous savons ce qui est arrivé à ton frère. En fait, nous connaissons même la personne qui l'a tué.

Mai se figea, stupéfaite. Ils savaient qui avait tué Eugène?!

- Pourquoi... Comment... Mais, vous n'avez rien dit! Vous n'êtes pas allé voir la police! Pourquoi?

- A cause de...Qui on est, répondit lentement Nishimura.

- C'est à dire? La S.H.A ? Demanda Naru d'un ton impassible, comme si la situation n'était pas absolument pas inquiétante.

- C'est vrai, nous sommes la S.H.A, répliqua Nishimura. Enfin...Si la S.H.A existait vraiment. Ce qui n'est pas le cas. Nous l'avons inventée pour pouvoir nous rapprocher de vous. Tout comme nos noms, d'ailleurs. Ils sont faux. Difficile à croire, pas vrai? Si on fait des recherches, on dirait bien que ce sont les nôtres, mais bon, on ne les aurait pas utilisés si on n'avait pas été capables de se rendre crédibles. Après tout, on savait que tu allais faire des recherches. On te connaissais. Ce qui nous a surpris, c'est que tu nous cherches, en soi, parce que, comment aurait tu pu savoir des choses sur nous? Et puis on a fait le lien avec ton frère, et on a compris. Lui aussi il avait fait des recherches, et même si on pensait qu'il n'en restait plus rien, après sa mort, tu avais du tomber sur quelque chose. En tout cas, on ne s'y attendait pas. Mais quand on a vu ce que tu cherchais... Oh, ne sois pas étonné, on a des gens capable de surveiller ce que tu fais, tu sais. Le fait que tu sois le célèbre professeur Davis rendait les choses plus faciles, bien sûr. Tu aurais dû te couvrir un peu plus si tu voulais essayer de nous pister. Parce que franchement, c'était trop facile.

Davis! Ils savaient qui était Naru! Remarque, s'ils savaient qui était Eugène, c'était logique. Et ce n'était pas la chose la plus bizarre de toute façon. Qui étaient vraiment ces gens? Pourquoi cachaient-ils leur identité? Et pourquoi espionnaient-ils Naru?

- Bref, on a vu ce que tu cherchais. SHA! Incroyable! Notre code! Mais ce code... Il nous mettait en danger. Nous savions que tu étais intelligent. Tu ne tarderais pas à retrouver notre trace. Ce n'était qu'une question de temps. Nous avions pensé à t'envoyer sur une fausse piste pour que tu arrêtes d'y penser, et puis... Les choses ont changé. Nous avons vu qui était avec toi. ( A ces mots, il coula un regard vers Mai ) Alors nous avons décidé de faire autrement. Nous sommes allé à ta rencontre avant que tu ne nous trouve pour de bon. Pour ça, on a essayé d'attirer ton attention. Pour que tu sois bien sûr de nous avoir trouvé, et que tu arrêtes tes recherches. On savait que quelque chose de trop évident te rendrait soupçonneux, alors on s'est contenté d'un petit détail, en espérant que ça t'intriguerait. On s'est appelé "SHA". Et ça a marché! Tu as couru vers nous! Presque aucune information, quelques lettres, et te voilà à notre poursuite. Et avec raison. Impressionnant. Digne de ton frère, je dirais. Il était intelligent...Trop intelligent. Il n'aurait pas dû essayer de nous trouver.

Il fit une pause.

- Il en est mort.

Mai le regarda, horrifié. Ils avaient tué Eugène? Eux?

Et puis, plus elle y pensait, plus cela avait du sens. Ça expliquait ce qu'il se passait maintenant. Ils avaient voulu attirer Naru, qui recherchait activement la personne qui avait tué son frère. Et maintenant, ils les détenaient à leur merci, loin des autres...Avec la possibilité de le tuer pour l'empêcher de continuer son enquête. Même si elle ne comprenait pas son propre rôle dans tout ça, elle savait au moins une chose: elle était en colère. Très en colère.

- Comment avez-vous pu...

Au même moment, elle sentit, prêt d'elle, quelque chose vibrer. Elle se tourna vers son origine. Naru était assis, immobile, le visage fermé, l'air impassible. Mais elle sentait quelque chose, et elle sentait que ça venait de lui. En fait, elle connaissait même cette sensation...Et puis elle comprit. C'était son énergie. Non seulement elle parvenait à la sentir, mais en plus, elle savait qu'il était prêt à l'utiliser.

Et il regardait "Nishimura" .

Le garçon, qui avait suivit le regard de Mai, fronça les sourcils et ouvrit la bouche:

- Une minute...

Au même moment, le corps de Naru fût entouré d'un halo éclatant, et soudain, il y eût un grand "BANG", provoqué par la déformation de la camionnette, là où se trouvait Nishimura, comme si un énorme rocher avait dévalé à l'intérieur du véhicule avant de s'écraser contre la portière. La ceinture du garçon lui avait été arraché. Mais il était indemne. Naru le regarda, l'air vaguement perplexe. Visiblement, le vice-président n'était pas censé s'en tirer aussi facilement.

- Joli tour, mais ça ne marchera pas sur moi, répliqua calmement Nishimura. Maintenant, si tu pouvais prendre en compte le fait qu'on roule à 130 kilomètres heures et te calmer un peu...

- Et eux, fit Naru en désignant de la tête Aoko et Fujitaka qui le fixaient, abasourdis, ça ne leur fera rien non plus?

- Eh! Arrête ça! S'écria Aoko, soudain furieuse. Bon sang, Takeshi. Je t'avais bien dit qu'on n'aurait pas dû s'embarrasser de cet imbuvable petit prétentieux... Vous avez déjà ouvert un bouquin de Davis? Il parle comme s'il était...

- Hé!

C'était Mariya. Elle se retourna vers eux, lentement, et ses yeux s'agrandirent.

- Mais qu'est-ce que...

- Arrête cette voiture, ordonna Naru. Arrête-là, où bien je recommence.

Mariya le contempla, mais n'esquissa pas un geste. Elle se contenta de le regarder fixement.

Et soudain, Naru se figea, immobile.

Mai plaqua une main devant sa bouche.

- Qu'est-ce que vous faites? Demanda-t-elle, terrorisée. Laissez-le tranquille!

- On ne fait rien du tout. On se contente de calmer cet idiot avant qu'il nous fasse tous avoir un accident, déclara Nishimura. Merci, Mari...

- Elle aussi, non? Demanda la jeune femme en fixant Mai.

- Eh bien, oui, je vais avoir besoin qu'ils arrêtent de bouger...

Mai voulu se détourner, mais avant qu'elle ait pu y penser, elle se trouva prise au piège dans le regard de Mariya...Et alors, son corps se figea, lentement, comme s'il se solidifiait. Elle ne pouvait même plus parler. Juste contempler, impuissante, Nishimura s'avancer vers Naru, et pointer sur lui l'objet qu'il tenait dans la main. Celui qui ressemblait à une arme.

Puis il appuya sur un bouton.


A tous ceux qui trouvaient Nishimura et ses amis louches depuis le début...
Vous voici récompensés xD

Ben oui, j'avais tout fait pour rendre ces personnages soupçonneux, je n'allait pas les laisser s'en tirer aussi facilement...

Allez, à lundi pour la suite!

Réponses:

Merci chibi-kotori pour le follow !

FrenchCirce:

J'ai tout fait pour rendre la scène de John triste donc... Ravi que ça ait fonctionné. xD
Non mais ne t'inquiète pas voyons! Je vous laisse Lin! ( pour combien de temps ;) ... /PAN/ ) Et, oui, j'ai effectivement "tué" John parce que c'était le plus mignon, il y a de ça... MAIS c'est pas tout! Ne me jetez pas de briques! ;_;
Moi aussi ça m'a fait rire d'imaginer la scène xD Dans ma tête, Mai était tellement embarrassée qu'elle ne pouvait pas réagir autrement... D'ailleurs, je me demande comment je pourrais faire en sorte que ce soit autrement sans devenir OOC ;_; Et puis sinon c'était drôle, de voir Naru se prendre un vent, pour une fois X)
Disons que Yasu m'avait paru le genre de perso à cacher sa tristesse... Après je ne le connais pas assez pour ça, je n'ai que des souvenirs vagues de lui car il apparaît assez tard dans le manga... Je changerais peut-être ça plus tard du coup. Merci de me le signaler en tout cas ^^
Pour le tourisme, on repassera... Pauvres personnages, ils s'en sortent à peine qu'ils sont replongés dans les péripéties. xD
A lundi prochain ! :)

Eclipse1995 : Pauvre Eugène, il doit se retourner dans sa tombe en les voyant... Enfin non vu qu'il est dans le monde des fantômes il doit s'y retourner tout seul... En fait c'est assez marrant comme image xD
;w; Honnêtement John me manque aussi même si c'est ma faute s'il a disparu dans l'histoire... Il m'arrive encore de le rajouter par erreur dans des dialogues alors qu'il n'est plus là, c'est terrible!
xDDD Même Yasuhara ne résiste pas au charme de Naru!
Bisous :D

Pompom : C'est vrai que c'était triste... J'espère que l'update du jour l'a été un peu moins ^^

Guest : Je te reconnais mais j'ai oublié ton pseudo xD Et je ne m'arrête pas d'écrire en fonction des commentaires, en effet... Ca dépend plutôt de mon inspiration. Je suis assez égoïste, en fait X)