En retard pour cause d'anniversaire de soeur, mais bon. J'ai eu le temps de penser à de l'angst, ça vous dit comme je me suis amusée :3


Hisagi n'allait pas se vanter d'être celui qui connaissait le mieux Akon parmi toutes les personnes qui avaient pu le croiser. Il se doutait que malgré leur relation, il n'avait fait qu'érafler la surface de l'être particulièrement complexe qu'était son amant. Ils étaient tous secrets dans cette division en particulier, les passés peu glorieux et les choses qui restaient sous silence en étaient pour une très grande partie, et également parce que personne n'était du genre à parler des années "d'avant". Ils étaient les scientifiques du SDRI, les ombres blafardes et myopes qui n'avaient pas de vie avant d'avoir été récupérés par leur capitaine dans des cellules ou des lieux encore moins agréable.

Hisagi le savait...et pourtant, lorsqu'ils étaient au creux de la nuit, tous les deux à moitié en train de somnoler, parfois certains aspects du passé d'Akon ressurgissaient. Difficile de croire que cet homme parfaitement sûr de lui avait pu être un enfant effrayé, mais pourtant la vérité était là. Et parfois encore, quand la nuit était assez noire et le silence assez invitant, Akon parlait, se laissait aller à ses souvenirs et à de vieilles peurs.

Hisagi ne savait pas jusqu'à quel point ses souvenirs avaient pu être distordus par le temps, et le fait d'avoir été si jeune dans une prison aussi horrible avait peut-être contribué à rendre tout plus sombre et plus glauque. Mais il ne dit jamais rien, ce n'était pas la peine; il avait également des doutes sur les exactitudes de certains souvenirs, mais ça ne l'avait jamais empêché de se confier. Et plus rarement encore, dans les moments où le noir était subitement trop étouffant et le silence trop pesant quand Akon sentait le besoin presque physique d'allumer la lumière et qu'il regardait autour de lui avec des yeux presque effrayés, Hisagi comprenait parfaitement et le tenait plus fort. Ce genre de moment présageait une confidence douloureuse, celles qui laissaient un goût amer dans la bouche de celui qui parlait, comme de celui qui écoutait.

Les mots coulaient comme un poison épais, glaçant l'air autour d'eux, et dépeignaient des scènes qui n'auraient jamais dû sortir de cauchemars profonds. Hisagi avait toujours envie de le secouer, de lui dire que tout allait bien, qu'il ne craignait plus rien et que plus personne n'oserait lui faire du mal, mais il n'y avait rien à faire. Quand Akon ressassait "ces" souvenirs en particulier, il n'en ressortait d'une honte profonde, une envie de vomir et un désir sourd d'oubli.


8/31

Dieux que j'aime ce pairing...