[ Disclaimer: Mais si Ghost Hunt était à moi, en fait, je le rendrais à l'autrice originale. Pour qu'elle écrive enfin LA SUITE ]


- Relaxe-toi. Respire.

Mai obéit. Les yeux fermés, elle ralentit lentement le rythme de sa respiration, tout en laissant son corps se détendre lentement contre le moelleux du canapé. Elle compta dans sa tête. 1, 2, 3...10...30...Au bout d'un court moment, elle le sentit. Le changement.

Elle rouvrit les yeux et s'aperçut qu'elle avait vu juste. La pièce autour d'elle s'était effacée, et, à présent, devenue transparente, laisser passer une nuit sombre dans laquelle brillait des dizaines de milliers d'orbes lumineux. Cela ne la surprit pas. Au début, elle ne savait jamais vraiment à quel moment se produisait le "passage", comme elle l'appelait, et elle éprouvait toujours l'appréhension, juste avant d'ouvrir les yeux à nouveau, de se rendre compte que ça n'avait pas marché. Mais à force, elle pouvait sentir quand le basculement se produisait.

Elle se leva, sans même se retourner pour regarder l'étrange spectacle de son propre corps qu'elle laissait derrière elle, endormit . Sans attendre, elle se concentra, et sentit l'étrange réplique corporelle transparente qu'elle était maintenant s'élever dans les airs. En un clin d'œil, elle avait grimpé tous les étages, était sortie de l'immeuble, et s'élevait haut dans le ciel. Une fois qu'elle fût là, elle ne bougea plus, prenant le temps de reprendre sa respiration pour assurer sa concentration.

Et ensuite...

Elle laissa l'énergie bouillonnante qu'elle sentait comme une chaleur dans sa poitrine s'échapper. D'un coup, elle fusa, en une traînée lumineuse qu'elle vit descendre à toute vitesse sur le paysage. Bientôt, cependant, elle n'était plus seulement l'esprit tout là-haut dans le ciel: elle était aussi le filament qui s'étendait, se faufilait, se dépêchait. Elle effleurait les lumières qui l'entouraient, sans s'y arrêter, cherchant, sentant. Et là, devant elle, elle la perçut enfin. L'empreinte. Celle de sa proie.

Un sourire se dessina sur les lèvres de son corps astral, tandis que la lumière bondissait, filait...Atteignait. Elle effleura une lumière particulière, qu'elle savait être celle de sa cible. Elle sentit la chaleur l'envahir, elle trouva enfin ce qu'elle cherchait...

- Elle est devant l'aéroport

Elle ouvrit des yeux triomphants, pas étonnée d'avoir réintégré son corps. Elle contrôlait ça aussi.

- Où ça, exactement ? L'interrogea Bou-san.

Elle sourit. S'il croyait lui poser une question-piège !

- Voyons voir...Elle est juste dans l'entrée. D'abord, elle regarde les avions, et je sens qu'elle...Qu'elle s'interroge. Elle doit se demander quand est le sien... Oh, je ne savais pas qu'elle devait encore partir...Il faudra que je lui demande où. Et puis...Elle regarde un panneau publicitaire, tout prêt d'elle...Tu veux que je te le décrive? Demanda-t-elle, triomphante.

- Pas la peine. C'est exactement ce qu'elle m'a dit! Waouh, Mai, déclara Bou-san, impressionné. Tu as fais des progrès.

- Oh, pas tant que ça, dit Mai, modeste.

En fait, elle débordait de fierté. Elle avait réussi à retrouver Masako, sans deviner où elle pouvait bien être, et après ne pas l'avoir vue depuis deux semaines! Elle n'aurait jamais pensé être capable d'une chose pareille, il y a quelques jours. Et maintenant... Maintenant, elle pouvait reconnaître l'énergie de ses amis, et même d'inconnus, parmi toutes celles qui l'entouraient, si elle s'était concentré dessus jusqu'à deux semaines, maintenant, avant de le faire. Et elle était capable de suivre leurs traces et de les retrouver dans un rayon d'une trentaine de kilomètres autour d'elle. Elle pouvait vaguement sentir leurs sentiments, même si elle ne lisait pas dans leurs pensées. Elle pouvait les suivre tout en étant invisible, ou bien se montrer auprès d'eux, même si seuls ceux qu'elle "visait" pouvait la voir. Elle pouvait également prendre un peu de leur énergie psychique, et mesurer assez ce qu'elle prenait pour que personne ne s'en évanouisse. Elle pouvait percevoir les phénomènes paranormaux qui l'entouraient, toujours dans un rayon d'une trentaine de kilomètres. Et puis, elle pouvait plonger quand elle le voulait dans son "autre monde", du moins si elle se concentrait, et tant qu'elle avait assez d'énergie...

Et pourtant, malgré tous ces progrès, il manquait une chose: Eugène. Elle ne le voyait plus autour d'elle, maintenant, et elle ne sentait pas sa présence. Elle ne comprenait pas pourquoi. Il avait disparu, bien sûr, après l'avoir aidée à atteindre le château, mais ce n'était pas la disparition brutale et inquiétante qui avait suivit la découverte de son corps, et elle s'était dit qu'elle le reverrait peut-être maintenant qu'ils en avaient appris un peu plus sur les circonstances de sa mort. Cependant, ça n'avait pas été le cas. Et elle se demandait où il avait bien pu aller. Elle avait la sensation qu'il ne pouvait pas être partit pour de bon, malgré ce que Naru lui avait dit quand elle lui avait fait part de la nouvelle. Quelque part, elle ne pouvait pas croire qu'il soit partit sans lui dire au-revoir...

Mais, même si elle ne le voyait plus, elle continuait de s'entraîner, parce qu'elle voulait développer ses capacités dormantes. Un jour, alors qu'ils s'étaient réunis, elle et les intervenants occasionnels de la SPR, ils en étaient venus à aborder une nouvelle fois le sujet du château. Et, bien sûr, ils avaient à nouveau parlé de la SHA. Enfin, de ceux qui s'étaient faits passer pour la SHA.

- Franchement, ils nous ont bien eu, avait dit Yasuhara en haussant les épaules. Je n'aurais pas parié qu'ils nous cachaient une chose pareille...

"une chose pareille", c'était l'histoire que Mai et Naru avaient racontés à leurs amis quand ils les avaient retrouvés sur l'aire d'autoroute. Comme Nishimura le leur avait conseillé, ils avaient expliqué qu'ils s'étaient battus avec les meurtriers présumés d'Eugène, avant qu'on ne les jette hors de la voiture quelques kilomètres plus loin. Finalement, ils avaient rejoins à pied l'aire d'autoroute où ils avaient retrouvés les autres "par hasard" . Ils avaient eu de la chance de se trouver d'ailleurs: ils s'y étaient juste arrêté pour faire une pause, et ils s'apprêtaient à rejoindre la route en traversant la forêt. (c'était Naru qui avait inventé cette partie de l'histoire, et il avait fallu à Mai un moment pour comprendre qu'il faisait ça parce que ça aurait eu l'air trop étrange qu'ils se retrouvent tous sur cette aire sans s'être consultés ) . En résumé, ils avaient fait comprendre à tout le monde qu'ils étaient certains que la "SHA" avait essayé de les tuer, enfin, que c'était ce qu'il avait semblé à Naru et Mai. La jeune fille n'oubliait pas à qui elle servait réellement ce discours. Et elle n'ignorait pas qu'ils devaient savoir parfaitement qui était vraiment la "SHA", maintenant, et qu'ils comprendrait bien qu'aucun de ses membres n'aurait jamais essayé de les tuer.

Et pour faire croire au malentendu, elle était allée jusqu'à dire, comme elle le faisait chaque fois qu'ils abordaient le sujet:

- Si seulement on pouvait les retrouver...

- Tu veux vraiment les retrouver, Mai? Ils ont essayé de te tuer, avait déclaré Bou-san d'un ton inquiet.

- Mais enfin! Protesta la jeune fille. Ils ont tué Eugène...

Ayako posa une main sur l'épaule du moine, qui s'apprêtait à protester. Ils échangèrent un regard, et l'homme s'interrompit, l'air résigné. Mai avait compris leur dialogue silencieux: Eugène et elle se connaissaient, et il lui avait plusieurs fois pratiquement sauvé la vie. En plus, on ne savait pas s'il était partit pour de bon, puisqu'il était déjà réapparu après une longue absence. Retrouver ses meurtriers étaient peut-être ce qui lui permettrait enfin de reposer en paix. Il n'était pas possible qu'elle laisse Eugène comme ça. Alors, il ne servait à rien de la faire changer d'avis. Enfin, c'est ce qu'elle s'était dit qu'ils imagineraient quand elle avait réfléchit à rendre son mensonge plus crédible. Une chose était sûre: au moins, eux ne pensaient pas qu'elle était amoureuse de lui...

- En tout cas, avait gravement poursuivit Yasuhara, ce sera difficile. J'avais fait des recherches sur eux pour le patron, avant, et tout était en en ordre. Bien sûr, quand vous êtes revenus, j'ai essayé de les contacter, mais... c'est d'autres personnes qui ont répondu. Cette fausse organisation s'était approprié leurs identités... Ils avaient même accès à leurs compte bancaires... Je me demande comment ils ont réussi à faire ça sans que personne ne s'en rende compte.

Mai haussa les épaules en signe d'incompréhension, mais en fait, elle en avait une petite idée. Elle se rappelait parfaitement ce que le regard de "Mariya" pouvait faire...

- Et le plus incroyable, c'est qu'ils ressemblaient exactement aux gens dont ils ont volé les identités! Ça veut dire qu'ils ont cherché leurs sosies et se sont fait passer pour eux... C'est impressionnant, tout ce qu'ils ont fait, juste pour atteindre Naru. Ils voulaient vraiment se débarrasser de lui... A croire que ce sont ses anciens employés.

Tout le monde sourit, sauf Masako, même si cet acte était un peu inutile: comme d'habitude, ni Lin, ni Naru, n'étaient là.

- Et le pire, c'est qu'il n'a pas retenu la leçon, reprit Ayako. Après tout ça, il n'a même pas engagé de garde du corps...

Mai dû se retenir de lever les yeux au ciel. Comme si c'était possible d'engager un garde du corps comme ça! Dès fois, Ayako était tellement... riche !

- En tout cas, il n'est pas possible de les retrouver, avait conclut Masako. Il ne reste plus que... Toi.

Et elle avait coulé un regard vers Mai.

- Ah, mais je n'y arrive pas, avait répondu la jeune fille.

- Tu ne peux plus, tu sais... T'approcher de l'âme des gens? Avait demandé Yasuhara.

Car elle leur avait expliqué. Peut-être parce qu'elle se sentait coupable de devoir leur cacher la vérité, elle leur avait raconté en détail ce qu'il s'était passé dans le château.

- Eh bien, si, mais... C'est difficile, et je ne peux pas aller trop loin. Juste dans un rayon d'une dizaines de mètres, et il faut aussi que je reconnaisse l'âme de la personne, et... Je ne peux pas. Je suis limitée à ce niveau là. Et Eugène n'est plus là pour m'entraîner.

- Mais au fait, et si tu entraînais tes capacités toi-même?

C'était Ayako. Tout le monde s'était tourné vers la prêtresse, ébahit par la justesse de son intervention. Cette dernière avait haussé les épaules.

- Eh bien quoi? Vous n'y aviez pas pensé?

- C'est vrai, avait ajouté lentement Bou-san. Je n'ai jamais eu de grandes habiletés psychiques avant de devenir moine, c'est à dire, de les travailler. Et maintenant, je peux exorciser...Même si Eugène t'aide, je suis sûr que tu peux développer tes pouvoirs avec d'autres méthodes.

Mai les avait regardé alternativement, se demandant comment elle avait pu ne pas avoir l'idée avant.

Et maintenant, ils s'entraînaient régulièrement, après avoir mis au point une méthode en accord avec ce qu'ils savaient de ses capacités. En fait, ils s'entraînaient même presque tout le temps. Elle avait fait en sorte que quelqu'un passe la voir à chaque fois qu'elle avait un moment de libre, même si c'était une simple pause au bureau, comme maintenant. Et ce n'était pas seulement dans le but de développer ses facultés.

C'était aussi pour voir tout le monde avant que ce ne soit plus possible.

- Bon! J'ai rendez-vous avec le groupe, alors, commença Bou-san, amorçant un geste vers sa sacoche qui traînait sur le canapé à côté de lui.

Au même moment, ils entendirent un bruit de porte. Tous deux se retournèrent pour voir entrer un jeune homme vêtu de noir, sa tenue s'accordant à ses cheveux, et même à son visage à l'air sombre et dénué d'émotion ou d'une quelconque sympathie. Malgré la beauté qu'on devait lui reconnaître, il n'était pas le genre de personne vers qui on avait envie d'aller. Cette impression se confirma d'ailleurs immédiatement lorsqu'il déclara d'un ton cassant, en guise de bonjour:

- Mai, je ne te paies pas pour t'amuser.

- Mais c'est ma pause! S'insurgea la jeune fille, bien décidée à ne pas se laisser faire.

- Pas depuis...une minute et deux secondes, fit le garçon en inclinant la tête en direction de l'horloge.

Mai souffla, irritée. Bon sang!

- C'est rien du tout, une minute et deux secondes!

- Non, ce n'est pas rien du tout, la contredit Naru. C'est un certain temps. Un certain temps où je te payes, et dont tu profites pour ne rien faire.

- Bon, ben, j'y vais, déclara Bou-san d'une petite voix, l'air gêné.

Et il profita de la porte ouverte pour s'éclipser.

- Ah au revoir! Dit Mai. Et toi, dit elle, revenant à Naru, tu sais bien que je ne fais pas rien. Je prend sur mon temps libre pour être plus efficace dans les cas que l'on va avoir. Tu devrais plutôt me remercier...

- Je te remercierais plutôt quand tu auras effectivement réussi à être efficace sur les prochaines affaires. Ce qui, si tu continues à négliger ton travail de cette façon, n'arrivera pas.

C'était le ton cassant habituel, accompagné d'une remarque au taux de sympathie aussi bas que la profondeur d'un gouffre marin. Et pourtant, à quelque chose dans son regard, elle pouvait voir qu'il n'était plus moqueur, mais sérieux. Elle comprit alors que la conversation avait changé. Il n'en était plus à la critiquer, il lui parlait d'autre chose. Quelque chose qu'ils ne pouvaient pas évoquer à voix haute. Quelque chose qu'ils n'avaient pas évoqués du tout, depuis qu'ils s'étaient retrouvés sur cette aire d'autoroute, trois mois plus tôt.

Ce n 'était pas comme si Mai n'avait pas eu envie d'en parler. Mais elle n'avait pas oublié les paroles de Nishimura, ou quel que soit son nom. Et, à présent qu'elle savait quoi chercher, elle avait remarqué plusieurs choses bizarres. Par exemple, tous ses vêtements avaient de petits renflements entre les coutures. De quoi y cacher de tout petits objets noirs. Et puis, pourquoi y avait il trois détecteurs de fumée chez elle, un dans chaque pièce? Elle ne se rappelait pas les avoir installés, et ça n'avait pas de sens: il y en avait beaucoup trop. Il y avait aussi cet incident avec le miroir: il y a presque un an, un objet lui avait échappé des mains, et l'avait heurté, laissant une légère éraflure. Du moins, elle avait cru la voir, puisque quand elle était rentrée chez elle le soir-même, le miroir était en parfait état. Et il n'y avait pas que chez elle. A la SPR, il y avait, en plus d'un trop grand nombre de détecteurs de fumées, beaucoup trop de bouches d'aération. A l'école, elle avait remarqué que certains des clous sur son bureau étaient un peu épais, comme si on avait collé quelque chose dessus. Son cartable avait quelques bosses bizarres dans son matériau qui ne s'expliquaient pas.

Et elle avait aussi remarqué d'autres choses, grâce à ses facultés. Elle avait commencé à espionner les énergies autour d'elle, celles qu'elle retrouvait fréquemment autour de chez elle. En se concentrant assez, elle pouvait observer ce que leurs propriétaires faisaient, comme si elle les suivait, tout en étant invisible. Elle avait d'abord sentit une énergie toujours présente autour d'elle, dès qu'elle se retrouvait hors de chez-elle, ou du lycée. Il s'agissait d'une femme, assez jeune, et avec surprise, elle s'était aperçu que son visage lui était familier, même si elle ne savait pas vraiment qui elle était. Elle avait finalement conclut qu'elle la connaissait, parce que celle-ci la suivait depuis si longtemps qu'elle la voyait toujours dans son champ de vision, même sans y faire attention. Et elle avait remarqué que ses voisins, deux charmantes personnes âgées, passaient vraiment beaucoup de temps devant leur télévision. En fait, celle-ci était toujours allumée, et ils se relayaient pour la regarder. Et en se penchant sur leur épaule, elle avait sursauté: son visage s'était reflété sur l'écran! Elle était repérée! Et puis, elle avait bougé, et pas son reflet, et alors, elle avait comprit que ce n'était pas son reflet. C'était encore pire. C'était elle. Elle, adossée au mur de son appartement, les yeux fermés pour pouvoir sortir de son corps. Ce sympathique couple dont elle croisait les partenaires dans les escaliers de temps à autre et qui la saluaient gentiment passaient leur temps à la surveiller sur leurs écrans. Le choc de se voir filmée, observée par ces deux adultes silencieux qui la regardait fixement l'avait immédiatement renvoyée dans son corps. Dès qu'elle l'avait réintégré, avait dû résister à l'envie d'aller se cacher sous sa couverture et de ne plus jamais en ressortir pour qu'ils ne suspectent pas qu'elle les avaient repérés.

Même si, après tout, cela ne leur aurait peut-être pas semblé bizarre. Elle n'était pas allée à l'hôpital, tout simplement parce qu'elle n'en avait pas les moyens. Et maintenant, elle avait du mal à dormir. Beaucoup de mal. Souvent, elle faisait des cauchemars, d'horribles cauchemars qui la réveillaient en sursaut. Et ensuite, elle était tellement effrayée qu'il lui fallait allumer la lumière, et regarder quelque chose de stupide à la télévision, jusqu'à ce que ses mains arrêtent enfin de trembler. Et quand c'était le cas, il était 6 heures et il était temps de s'habiller pour aller en cours.

Elle avait finit par s'habituer à s'endormir en pleine journée, dès qu'elle avait un moment de libre. Ces siestes lui permettait de continuer à garder suffisamment d'énergie pour aller au lycée, travailler, s'entraîner, et faire comme si tout allait bien. Et, de cette façon, la vie continuait.

Enfin, presque. Il y avait autre chose qui avait changé. Maintenant, elle avait tout le temps envie de se cacher. Elle avait tout le temps l'impression d'être observée, et le pire, c'était que ce n'était pas qu'une impression. Elle s'était aperçu que c'était très dur de faire comme si de rien n'était. Chacun de ses gestes lui semblait difficile, bizarre, maintenant qu'elle savait qu'on la regardait faire. Elle se demandait tout le temps si elle ne passait pas sa main dans ses cheveux trop nerveusement, si elle ne tenait pas ses baguettes bizarrement, si quoi que ce soit n'allait pas la trahir. Elle avait toujours peur de lâcher une parole malheureuse dès qu'elle ouvrait la bouche. Et surtout, elle bouillait de ne rien pouvoir faire. Comme elle aurait voulu piétiner les caméras et les micros installés chez elle, aller rendre une petite visite à ses voisins avec la police, et parler avec tout le monde! Mais si elle faisait ça, on viendrait la chercher, ses voisins la voyant alerter la police dissimuleraient tout avant leur arrivée, si la police ne l'arrêtait pas avant car ils étaient de leur côté. Quand à ses amis...Elle détestait devoir l'admettre, mais elle ne savait plus qui croire. Elle avait, en suivant l'énergie d'une fille avec qui elle parlait souvent au lycée, vu qu'elle avait discrètement prit son vêtement de sport pour y coudre un petit objet d'un noir brillant. Après ça, elle n'avait plus osé activer sa capacité à l'école. Elle ne voulait pas savoir...Elle ne pourrait pas tenir si elle savait.

Les seuls dont elle ne doutait pas, c'étaient Naru, bien sûr, et puis les autres, Lin, Masako, Yasuhara, Bou-san, Ayako...Et puis John, bien sûr. John. Il avait été enterré il y a quelques mois, maintenant. L'enterrement avait eu lieu au Japon, malgré la nationalité australienne du garçon. En fait, ils avaient découvert que sa famille, ou plutôt, ce qu'il en restait, y vivait depuis un certain temps. En fait, il ne restait que des jumeaux âgés d'une dizaine d'années, ainsi que leur mère, dans le coma depuis le massacre qui avait décimé presque toute sa famille, et dont on ne savait pas par qui ( ou quoi ) il avait été commis. Les deux enfants, qui se trouvaient à présent dans un orphelinat, n'avait cependant pas besoin de son aide pour savoir quoi faire. D'un air très sérieux, ils leur avaient donné une lettre que leur grand frère leur avait apparemment remis avant de devenir exorciste à plein temps.

- Il nous a dit que si il était mort, il fallait le donner aux gens qui viendraient l'annoncer, déclara le petit garçon.

- Alors voilà, avait conclut la petite fille, et elle leur avait remis le message.

Mai avait sentit son coeur se briser en voyant les deux enfants, qui avaient déjà perdu presque tous les membres de leur famille réagir aussi placidement à l'annonce de la mort de leur grand frère. Parce qu'elle savait exactement ce que ça voulait dire: ils avaient tellement souffert que maintenant, ils n'y arrivaient plus. Mais elle n'avait pas pleuré.

Elle l'avait seulement fait pendant l'enterrement. C'était la première fois qu'elle parvenait à pleurer en public depuis très, très longtemps. Et elle n'avait pas été la seule. Tous ses amis qu'elle avait vu vaillamment garder le sourire, avaient craqués. Même Lin avait paru ébranlé. Quand à Naru... Même s'il n'avait pas eu l'air très touché, il n'abordait pas son air vaguement méprisant habituel. Et même si ça avait été très loin d'être joyeux, c'est comme si à ce moment là, enfin, la tension invisible qui planait sur leur groupe s'était dissipée. Après quoi, ils s'étaient retrouvés pendant quelques heures, où ils avaient enfin pu parler de John. Et alors, pour la première fois depuis longtemps, ils avaient pu vraiment parler de tout. Enfin, de presque tout.

Oui, elle leur faisait confiance. Mais elle ne pouvait pas leur parler, parce qu'elle savait qu'elle serait observé au moment de le faire, au moins par ce qu'il se cachait dans ses affaires, de toute façon. Et elle ne pouvait pas parler à Naru non plus. Elle se demandait comment il avait pu tenir avec tous ses secrets, lui, pendant tout le temps où il se faisait passer pour "Kazuya Shibuya". Elle n'en pouvait plus au bout de quelques mois, et lui, il avait tenu une année... Il avait Lin, à l'époque, cependant. Et il n'avait pas tous ces micros... Et maintenant? Maintenant, il ne semblait pas avoir de difficultés. En fait, il se comportait tellement comme si rien ne s'était passé que Mai oubliait parfois qu'il avait vraiment été dans ce van. Mais, de temps en temps, il y avait des moments comme ceux-là, où il la regardait, et, parce qu'elle le connaissait bien, elle savait qu'il voulait dire autre chose.

Et là, maintenant, c'était comme ça. On aurait dit qu'il se moquait d'elle, comme à son habitude, mais ce n'était pas le cas. Il lui faisait passer un autre message de manière détournée, elle en aurait mit sa main à couper. "ce qui n'arrivera pas" ... Les cas n'arriveraient plus. Les affaires étaient terminées. Ainsi, lui aussi, il avait pris sa décision pour de bon. Celle de partir. Elle-même n'avait pas envie d'abandonner son ancienne vie, au départ, mais elle avait eu le temps de se rendre compte, ces dernières semaines, que son ancienne vie était déjà partie. La pression de son mensonge quotidien était insupportable, même si ça voulait dire rester avec tout le monde. Quelque part, elle se disait qu'elle pourrait toujours les revoir, plus tard. Après tout, elle possédait son propre moyen de communication intégré... Alors, dans un mois, elle renverserait le sang d'Aoko - ou quel que soit son vrai nom - par terre, ainsi que le sien, avant de plonger la main dedans. Et ensuite, elle quitterait son ancienne vie pour de bon.

Mais en attendant...

- Ça va, je me remet au travail, c'est bon. Mais j'aurais déjà commencé si tu ne m'avais pas fait perdre... (elle regarda sa montre) ... Trois minutes et vingt secondes.

Naru soupira, puis s'éloigna vers son bureau.

- Retourne au travail, Mai, ajouta-t-il avant de fermer la porte. Au lieu de rester là à me regarder.

- Je ne ... Protesta-t-elle, mais il ne pouvait plus l'entendre.

Elle secoua la tête en direction de la porte fermée, même si elle savait qu'il avait parfaitement raison. Elle le regardait. Elle le regardait beaucoup trop. Encore un problème à régler. Sa vie ressemblait de plus en plus à un gros patchwork de problèmes, maintenant qu'elle y pensait. C'était vraiment décourageant.

Et pourtant, se dit-elle en se laissant tomber sur sa chaise, la situation n'était aussi désespérée que ça. Elle allait s'en sortir.

N'est-ce pas ?


Et voilààààà!

Bon, je sais que cet épilogue annonce une suite, mais je ne sais pas quand je la publierais. En fait, je suis déjà en train de l'écrire, mais je n'ai que des fragments, et rien de finit, donc, je ne pense pas qu'il y aura quoi que ce soit de publié jusqu'aux vacances de Nöel. En fait, cette expérience était surtout un moyen de savoir si je pouvais finir un écrit. Et la réponse est... OUI! Vous voyez sur votre écran le premier travail d'écriture qui ne soit pas un OS que j'ai jamais finit en dix-neufs d'existence! xD

J'espère que ça vous a plu, parce que moi, je me suis plutôt bien amusé!

Merci à vous d'avoir lu, commenté, favorisé et followé ! Vous m'avez boosté pour écrire la suite, en particulier si vous avez manifesté votre présence (ben oui, sinon, je pouvais pas trop deviner si ça vous plaisait xD ) Bref MERCI !

A bientôt j'espère !

Bisous!

Réponses ( Tous les commentaires qui sont ajoutés, à partir de maintenant, j'y répondrais ici ^^ ) :

FrenchCirce : xD Ta surprise m'a amusé, parce que j'avoue, c'est ce genre de réaction que je voulais décrocher avec ce chapitre!
Pour savoir comment je m'en sors, on verra plus tard ^^ Mais il y a effectivement toute une fic ( et peut-être plusieurs ? ) de prévue sur le sujet :D
Ok ! Merci pour l'info! ( n'empêche que pour quelqu'un qui écrit une fic sur son oeuvre, je connaissais même pas le genre de l'autrice, la honte ... Merci de m'avoir renseigné, maintenant je pourrais faire genre je le savais xD )
Non, mais il avait un plan, j'en suis certain! Mais il n'a pas eu l'occasion de le mettre en pratique, c'est tout! Et on ne le connaîtra jamais, parce que l'auteur est trop stupide pour deviner quel plan a bien plus émerger dans la tête de ce petit génie X)
Aww, merci ^^ ! T'inquiète, j'ai prévu une suite qui ne devrait pas t'ennuyer ( mais comme elle est vraiment plus gore, je ne sais pas si ça te plaira. X) J'ai commencé à écrire un passage l'autre jour en cours et mon voisin m'a regardé,

Pompom : xD Merci ! ^^

Eclipse1995 : J'suis content que ça fonctionne ;^; !
xD
J'avoue, Naru est vraiment très leeent sur ce coup là (m'enfin c'est Naru X) )
Bye :) !

FrenchCirce: Merciiii 3 ! Merci à toi de m'avoir suivi d'ailleurs, c'était super sympa, je crois que tu as commenté tous les chapitres aha ^^ Bref ça m'a beaucoup encouragé et je suis content que ça t'ai plu! ;w;
Omg, je vais devoir faire attention en écrivant la suite... Faut pas que je tues Lin. xD

Eclipse1995 : Aha, oui, mais honnêtement, je vois pas Naru embrasser quelqu'un. Sauf par accident. Et par accident, je veux dire, une météorite tombe sur la terre et l'explosion le projette sur quelqu'un avant qu'il ait eu le temps d'activer sa PK . X)
Grave, j'aimerais pas être à leur place xD Enfin, pour un narcissique, se faire filmer H24 doit être assez plaisant X)))

Bye !

Pompom : Merci à toi pour tous tes commentaires 3 ! Et oui il y aura une suite, j'ai finit le prologue et ... J'espère que tu aimes le gore. xD

liz : Mercii ! ^^
Et, ouais, y'a pas assez de fic en français quoi... ALLEZ LES FRANCOPHONES, AU BOULOT ;_;

[b]enigma84[/b] : Merci ^^

La suite est en préparation ^^ Comme j'ai une horrible fin de semestre + un jury après les vacances, je sais pas quand la préparation sera finie par contre. Mais on y croit! xD
Merci encore ^^

Merci aussi à Tanyama Mai et fanfics-manga52 pour le follow, et le fav! ^^