Bonsoir,
Me revoilà avec un nouveau chapitre … Avec un petit retour en arrière dans les souvenirs de Caly.
En espérant qu'il vous plaise, bonne lecture.
Un grand merci à ceux qui ont laissé une petite review, ça fait chaud au coeur ! Un merci particulier à lapin d'Alice () à qui je n'ai pas pu répondre à la review ^^
A bientôt !
Chapitre 4 :
Cela faisait dix jours maintenant que j'étais chez les parents de Rabastan. J'avais beau ne plus être chez moi, la situation n'avait guère changé : j'étais toujours murée dans un ennui profond, incapable de faire quoique ce soit … Certes, je n'étais plus seule : Constance Lestrange me tenait compagnie, mais cela ne comblait en rien mon envie d'action … Il fallait avouer que je n'avais même pas la possibilité de m'échapper : ma belle-mère surveillait chacun de mes gestes, suivait le moindre pas que je faisais pour aller d'un canapé à un fauteuil, de la cheminée à la fenêtre. Je passais la plupart de mon temps dans un petit salon qui donnait sur le parc. Le chaud soleil de juin me narguait, la terrasse ombragée me faisait envie mais mes promenades à l'extérieur étaient réduites au minimum : la chaleur risquait de m'incommoder et de me fatiguer plus que nécessaire.
Richard venait tous les jours ou presque et il semblait un peu moins soucieux. Depuis que j'étais là, je n'avais plus maigri, j'avais même repris un peu de poids. Il fallait dire que la mère de Rabastan était aux petits soins pour moi …Elle savait ce que je vivais puisqu'elle était passée deux fois par mon état, même si ses grossesses à elle avaient été plus sereines.
Rabastan était venu l'avant-veille, le regard brillant comme je ne l'avais plus vu depuis bien longtemps. Il n'était pas resté longtemps, juste le temps de me dire au-revoir. L'air grave, il nous avait annoncé, à ses parents et à moi, que le moment était enfin arrivé. Une certaine agitation s'empara de moi, j'aurai tellement aimé être à ses côtés … A la place de quoi, je restai cloîtrée ici et c'était Croupty qui serait de la partie. Je n'avais guère apprécié cela, mais que pouvais-je y faire ? Ce fut donc avec une pointe d'inquiétude que je le vis partir.
Il faisait chaud ce matin-là. Je m'en souviens comme si c'était hier. J'avais passé une mauvaise nuit, entrecoupée de cauchemars. Le bébé bougeait beaucoup et je ne savais comment me mettre pour dormir. Chaque position finissait par être inconfortable. Le vent déjà chaud pour un mois de juin entrait par la fenêtre ouverte et faisait s'envoler le rideau. Pipo m'avait aidé à passer une fine robe bleue qui accentuait la courbe de mon gros ventre. Tout le monde me disait qu'elle m'allait à ravir mais en me voyant de cette couleur je trouvais que je ressemblais vraiment à une baleine.
Je quittais la chambre que les parents de Rabastan m'avait aménagée au rez-de-chaussée pour gagner la terrasse où habituellement se déroulaient les petits déjeuner dès les beaux jours.
Je remontais un couloir quand des éclats de voix attirèrent mon attention. Une discussion allait bon train dans le salon. Je reconnus sans peine les protagonistes : les parents de Rab. J'allais passer mon chemin, après tout s'ils se disputaient, cela ne me regardait pas, quand un nom attira mon attention : le mien. Un pincement me serra le cœur, j'eus alors un très mauvais pressentiment.
- … Calypso doit savoir, Constance ! Gronda Henry.
- Non !
Et ce fut un non clair et catégorique. Doucement, je poussai la porte, personne ne s'était encore aperçu de ma présence.
- Tu comptes le lui cacher longtemps ?
- Le temps qu'il faudra, Henry ! Elle doit se reposer, être au calme …
- Mais enfin, la coupa son époux.
Je bouillonnais et, n'y tenant plus, je manifestai ma présence.
- Me cacher quoi ? Demandai-je soudainement.
D'un seul bloc, mes beaux-parents se retournèrent et me dévisagèrent. Je vis soudain le visage de Constance se décomposer et blêmir.
- Calypso … murmura cette dernière.
Je la vis s'avancer à grands pas vers moi et attraper ma main. Elle me força à m'asseoir dans le premier fauteuil. Constance s'assit sur l'accoudoir – encore une chose inhabituelle chez elle et leva les yeux sur son mari.
- Il faut qu'elle parte d'ici ! Commanda-t-elle.
Henry ne répondit que d'un signe de tête. Mon regard allait de l'un à l'autre, tentant de comprendre ce qui se passait. Une boule énorme étreignait ma gorge soudain asséchée. Quelque chose de grave s'était passée… J'en avais la certitude. Constance se releva et Henry s'approcha de moi. Il me tendit la main pour m'aider à me relever à mon tour.
- Il ne faut pas traîner !
Machinalement, je pris la main qu'il me tendait et me retrouvai sur mes pieds. Puis soudain, alors que j'allais les suivre, je stoppai net. Tous deux se retournèrent, surpris.
- Je ne bougerai pas d'ici !
- Calypso, me supplia presque Constance.
- Je veux savoir ce qui se passe …
Une nouvelle fois, je vis cette lueur dans le regard de la mère de Rabastan. De la peur … et cela ne me plût pas du tout.
- C'est … c'est Rabastan ? Osai-je enfin demander.
Car pour quelle autre raison agiraient-ils ainsi ? Et le silence qui me répondit me confirma cela. Je tournai la tête vers Henry, me sentant tout à coup très mal.
- Il … il lui … est arrivé quelque chose ?
Je vis que Henry allait me répondre, mais Constance l'interrompit avant même qu'il ne prononce un mot.
- Elle n'est pas en état …
J'avais vu juste. Quelque chose était arrivée à Rabastan !
Le coeur battant, je fis un pas en arrière. Ma vision se brouilla soudain et je me rendis compte que je pleurais.
- Que … que s'est-il passé ? Répétai-je d'une voix éteinte.
- Ils se sont faits arrêtés !
La voix d'Henry avait résonné dans le salon, pourtant cela n'avait été qu'un murmure. Je sentis à peine que Constance avait saisi mon bras. Je secouai la tête, ne voulant pas y croire.
- Non … murmurai-je. Non … non … Non !
Je fis un nouveau pas en arrière, manquant de peu de tomber : mes jambes refusaient de me porter. Si Constance ne m'avait pas soutenue, je crois que je me serai affalée.
J'avais l'impression d'être en plein cauchemar. Une douleur fulgurante traversa alors mon bas-ventre. Je portai la main sur le ventre en laissant échapper un petit cri.
- Calypso, tout va bien ?
La voix inquiète de Constance me parvint de très loin. Je n'eus la force que de faire une grimace, pliée en deux par la douleur.
- M'asseoir … réussis-je à marmonner.
Quelques instant plus tard, je me retrouvai assise dans un canapé. La tête me tournait, la douleur et la peur à l'état pure me brouillaient les idées.
Et cette nouvelle qui me tordait le ventre et enserrait mon cœur me rappela un événement que j'avais tenté en vain d'oublier.
C'était alors l'été … Juillet était entamé depuis deux semaines environs. J'avais passé la soirée seule, mon père était sorti je ne savais où ni pourquoi. J'avais fait une longue promenade sur la plage au clair de lune. Lorsque je m'étais enfin décidée à retourner à la maison, la lune avait parcouru un long trajet au-dessus des flots gris de l'océan endormi. Alors que je remontai le sentier qui menait au manoir, je levai les yeux vers ma maison. Une lumière brillait à une fenêtre : celle du bureau de mon père. Il était rentré … Sans bruit, je me glissai à l'intérieur et regagnai ma chambre qui, elle aussi donnait sur l'océan. Ce fut un sommeil rapide qui m'emporta.
Un bruit ou plutôt un fracas me tira de mon sommeil. Il était tôt : le soleil pointait à peine ses rayons dans le ciel. Un instant, je crus que je rêvai puis le même bruit se répéta. Ce n'était pas un rêve : on aurait dit que quelqu'un essayait d'enfoncer la porte. D'un bond, je me levai. Les cheveux en bataille, encore en chemise de nuit, j'attrapai ma baguette posée sur mon chevet. Puis j'ouvris en grand ma porte et sortis dans le couloir. J'avais à peine fait deux pas à l'extérieur de ma chambre que des voix résonnèrent et elles n'avaient rien d'amical … Je me figeai sur place, tentant de comprendre ce qui se passait … Et puis la voix de mon père se fit entendre. Je ne compris pas ce qu'il disait, j'étais trop loin, mais je sentais qu'il se passait quelque chose d'anormal. Je courus jusqu'aux escaliers. Par-dessus la rambarde, j'avais un point de vue idéal pour regarder deux étages plus bas dans le hall d'entrée et ce que j'y vis me glaça le sang. Une petite dizaine de sorciers, baguette à la main, arborant l'emblème du Ministère de la Magie.
- Des Aurors … m'entendis-je marmonner à voix basse.
Sans réfléchir plus, je dévalais en courant les escaliers, manquant de peu de me tuer en ratant une marche. Je ne sais comment je me rattrapai à la rampe en marbre blanc. Mes cheveux volaient derrière moi et j'entendais mon cœur battre à tout rompre à mes tempes.
Par Salazar, que faisaient des Aurors ici ? Et surtout pourquoi étaient-ils aussi nombreux . Je finis par arriver en bas. Sur l'avant dernière marche, je m'arrêtai. Personne ne faisait attention à moi. Était-ce volontaire ou non ? Impossible de le dire. Du regard, je cherchai mon père. Tout à l'heure, j'avais pourtant clairement entendu sa voix, mais maintenant, je ne le voyais nulle part.
Soudain, un mouvement attira mon regard, la porte du couloir de l'aile est s'ouvrit en tapant contre le mur, mon père apparut alors, encadré par trois Aurors. Une goutte de sueur coula dans mon dos et me fit frissonner de peur. J'étais glacée par l'angoisse et pendant un instant, je crus que je ne pourrai pas bouger. Cela ne dura qu'une seconde, mais pour moi, il me sembla que c'était une éternité. Puis lentement, comme détachée de mon propre corps, je me vis lever ma baguette.
- Père ! Hurlai-je soudain.
Cette fois, ma présence ne pouvait plus passer inaperçue. Tous les regards convergèrent vers moi. J'avais sauté les dernières marches et je me tenais à présent au milieu du hall, sur les carrés noirs et gris de marbre. Je pointai toujours ma baguette en direction des Aurors. La détermination se lisait dans mon regard, mais cela n'impressionna guère les sorciers bien plus âgés et aguerris que moi. Un rire s'échappa soudain d'un des hommes du Ministère.
- Oh oh ! S'exclama-t-il alors. Mais c'est qu'elle ferait presque peur, la petite avec sa baguette.
Je l'ignorai superbement et ne cessai de fixer mon père. Je voulus l'interpeller mais mes mots moururent dans ma gorge et aucun mot ne parvint à sortir.
Un autre Auror prit alors la parole, se tournant vers un sorcier d'un certain âge, aux cheveux grisonnants.
- Que fait-on d'elle ? Demanda-t-il.
L'homme haussa les épaules, indifférent.
- Rien … Tant qu'elle ne tente rien …
Ils parlaient comme si je n'étais pas là et cela m'énervait au plus haut point. L'homme imperturbable continua.
- C'est une sorcière de premier cycle, si elle fait usage de magie hors de Poudlard, on peut l'embarquer elle aussi.
Cela fit soudain réagir mon père. Le regard noir, il se tourna vers le sorcier qui venait de parler.
- Si vous touchez à un seul de ses cheveux, vous allez le regretter ! Gronda-t-il tout à coup.
Sa remarque fit rire les hommes.
-Ah oui ? Sans baguette, tu vas faire quoi ?
Les ignorant, mon père se tourna vers moi.
- Caly ma chérie, commença-t-il alors.
Je sentis mes yeux s'embuer de larmes.
- Ne t'en fais pas, tout ira bien …
Cette fois, les larmes coulèrent sur mes joues. Car je n'étais pas dupe... Ce n'était qu'un mensonge et rien n'irait bien …
Les Aurors embarquèrent mon père et ce fut la dernière fois que je le vis ...
La porte claqua dans un silence assourdissant. Je tombais à genoux sur le sol glacé et je me mis à pleurer. Combien de temps je restai là, j'étais incapable de le dire. Ce fut Richard et son père qui me trouvèrent là et me ramenèrent chez eux …
Encore une fois, j'eus l'horrible impression que l'histoire se répétait … Et de nouveau, je me sentis impuissante. Je ne pouvais faire deux pas … alors comment sortir Rabastan de là ?
