Bonjour,

C'est avec plein de retard que je reviens avec ce chapitre … Désolée …

J'espère que ma fic vous plaira toujours autant ^^

Bonne lecture,

Le bouton review est toujours à la même place ^^

A bientôt !

Chapitre 9 :

L'été avait ramené une chaleur de plomb, pourtant officiellement, il n'avait débuté que depuis quinze jours à peine. Pas un souffle n'agitait l'herbe presque jaunie par une semaine de grosse chaleur. Personne ne se serait risqué à faire un tour dehors à cette heure-ci, alors que le soleil était à son zénith. Les fleurs des massifs courbaient leur tête entourée de pétales assoiffés. Même la terrasse ombragée était désertée tant la chaleur était étouffante.

Theodore était rentré la veille de Poudlard. Sa première année passée loin de nous l'avait changé : il avait encore pris quelques centimètres et paraissait encore plus efflanqué qu'auparavant. Il était aussi beaucoup plus réfléchi. L'an passé, il aurait affronté la chaleur sans souci pour aller essayer son nouveau balai. Mais là non : Richard, pour le féliciter de ses bons résultats, lui avait offert un Nimbus 2001 qui venait à peine de sortir, le balai restait pour l'instant rangé dans un des placards du hall, attendant que la météo soit plus clémente. Theo était enfermé dans sa chambre, un livre avec lui.

Moi aussi j'étais dans ma chambre. Mais plus pour longtemps. Je venais de prendre ma décision. Le pas pressé, le regard un peu noir, je quittai mon antre. Il fallait que je mette tout ceci au clair. Je marchai vivement pour redescendre. J'étais arrivée dans le hall quand une porte s'ouvrit.

- Tu sors ? Me demanda Richard.

- Je vais voir Lucius … répondis-je en ouvrant la porte d'entrée.

- Mais …

Je n'entendis pas le reste, j'avais déjà filé.

Il faisait aussi chaud dans le Wiltshire, pourtant je pouvais apercevoir sur l'horizon de gros nuages sombres s'amonceler. Le vent s'était levé sur la lande, emportant les pétales dorés des genêts. Bizarrement, en franchissant la grille du parc, je trouvai tout à coup la température bien plus agréable : nulle doute qu'un sort avait été jeté pour protéger la propriété de la vague de chaleur. Je secouai doucement la tête, tout ceci était légèrement grotesque … Tout à fait typique de Lucius … Tout comme les paons albinos qui se pavanaient sur les pelouses. Ces oiseaux étaient, certes, magnifiques, mais par Salazar que leur cri était désagréable …

L'imposante demeure se dessina devant moi et je l'atteignis rapidement. Je n'eus pas à ouvrir la porte : Dobby m'attendait, il s'inclina bien bas devant moi.

- Je dois voir Lucius ! Lui ordonnai-je.

- Dobby va vous conduire à son Maître …

L'elfe s'inclina une nouvelle fois, son nez frôlant les carreaux de marbre noir. Puis, il m'escorta jusqu'au bureau de Lucius. Il ouvrit la porte et s'effaça pour me laisser entrer avant de disparaître. J'en conclus que j'étais attendue … Lucius était assis derrière son bureau. Il reposa son parchemin et se leva à mon arrivée. Il fit le tour de l'imposant meuble aux pieds dorés sculptés.

- Je pensais que tu viendrais plus tôt … me lança-t-il pour m'accueillir, un sourire énigmatique sur les lèvres.

- Lucius, le saluai-je.

Il inclina la tête et me sourit de nouveau, un sourire plus franc, cette fois. D'un geste de la main, il m'invita à m'asseoir dans un des deux fauteuils de cuir qui étaient placés devant la cheminée. Il sortit sa baguette et fit apparaître deux verres.

- Liqueur d'armoise ?

Je souris à mon tour.

- Je n'ai pas oublié … poursuivit le sorcier blond.

- C'est ce que je constate, lui répondis-je en attrapant mon verre.

Je jetai un coup d'œil au sien : le liquide ambré qui y clapotait témoignait que ses goûts n'avaient pas non plus changé : firewhisky … J'avalai une gorgée et sans traîner, j'entrai dans le vif du sujet.

- Est-ce vrai ? Lui demandai-je.

Seul son rire me répondit. Ses yeux gris aussi froids que l'océan gelé me dévisagèrent longuement. Il fit tourner son whisky dans son verre, sans cesser de me dévisager. Ses bras reposaient sur les accoudoirs du fauteuil et en cet instant son petit air de supériorité le rendit détestable. Il prit une rasade d'alcool. Ce silence m'insupportait.

- Lucius !

Il rit de nouveau.

- Ton impulsivité n'a pas disparu …

Son rire mourut et il redevint soudain sérieux.

- Cela dépend de ce que tu as entendu … me marmonna-t-il évasivement.

- Je suppose que le récit de Theo ne doit guère être différent de celui de Drago …

Seul le silence me répondit. Lucius me dévisageait froidement, réfléchissant sans doute à quoi me répondre. J'étais à peu près certaine qu'il essayait de deviner quelles seraient mes réactions en fonction des réponses.

- Alors ? Insistai-je.

Il se leva brusquement, croisa les mains derrière son dos, il marcha en silence jusqu'à la fenêtre. Me tournant le dos, il regarda au-dehors. Sans se retourner, il daigna enfin me répondre.

- A dire vrai, je n'en sais pas plus que toi …

Cette fois, ce fut mon rire qui s'envola dans le bureau où le temps semblait s'arrêter.

- Je ne te crois pas, Lucius ! Tu as toujours eu un don pour en savoir plus que les autres …

Je m'interrompis le temps de porter le verre à mes lèvres et repris.

- Te connaissant, tu n'as pas dû te satisfaire de la seule version de ton fils … Je suis prête à parier ma baguette que tu as aussitôt contacté … Rogue …

Je crachai le nom de Severus avec dédain.

- Le brave toutou de Dumbledore, complétai-je. Tu as aussi du faire jouer tes sources au Ministère, mais là, tu n'as rien dû apprendre. Soit ils ne sont pas courant, soit ils ont transformé ce qui s'est passé en banal incident … Après tout, depuis fort longtemps, il est de notoriété publique que le poste de Défenses Contre les Forces du Mal est un poste maudit où personne ne reste plus d'une année …

Je repris mon souffle et finis par mettre des mots précis sur ma question.

- Potter a-t-il vraiment affronté le Seigneur des Ténèbres ?

Je vis Lucius frémir à la mention du Maître. Avec lenteur, il se retourna. Son regard acier me lançait des éclairs.

- Je vais te dire ce que je sais … ce qui est certain !

Il se remit en mouvement et vint se planter devant moi.

- Effectivement il y a eu une histoire avec Potter … Le vieux fou avait caché la Pierre Philosophale à Poudlard qui à l'heure qu'il est doit être détruite ou en passe de l'être. Quelqu'un a effectivement essayé de la dérober … Potter y a mis son grain de sel, Quirrell est mort ! C'est tout ce qui est sûr et certain … Severus me l'a confirmé... Le reste … Le reste n'est que pure conjoncture et ragots de couloirs … Tu sais comme moi comment une rumeur anodine est déformée, répétée et amplifiée à Poudlard !

A mon tour, je me levai.

- Et ?

Lucius me regarda avec étonnement.

- Et quoi ?

- C'est tout ?

- Oui, c'est tout …

- Mais …

- Il n'y a pas de mais … C'est tout !

Le Mangemort avait conclu ses paroles avec un grand geste de la main.

- Lucius ! M'insurgeai-je. Potter débarque à Poudlard, il y a des … incidents … où on reparle du maître ; son nom n'ayant plus été prononcé depuis si longtemps et cela ne te mets pas le doxy à l'oreille ?

- Et bien non justement … Quoi de plus normal au fond ! Dans l'esprit des sorciers, le nom de Potter est intimement lié à Tu-Sais-Qui …

Je plissai les yeux en entendant parler Lucius ainsi … Tu-sais-qui dans sa bouche était tellement incongru ! Lucius était tombé bien bas … Sans se rendre compte des sentiments qui m'agitaient, il poursuivit, imperturbable.

- Il suffit qu'il y ait un ou deux incidents autour de Potter pour que toute une histoire incroyable soit inventée …

Il se rapprocha un peu plus de moi, son regard se fit plus perçant et plus dur. Il attrapa brutalement mon bras et releva ma manche gauche, dévoilant mon avant-bras.

- Dis-moi, ta Marque est-elle revenue ? As-tu senti une brûlure, un appel, même infime ? Non ! Moi non, Richard non plus, Severus non plus …

- Severus n'est qu'un traître ! Grognai-je. La Marque pourrait bien réapparaître, cela ne lui ferait rien !

Lucius raffermit un peu plus sa prise sur mon bras, ses yeux lançaient des éclairs.

- Il n'y a rien ! Rien du tout ! Et il n'y aura plus jamais rien ! Enfin …

Il suspendit sa phrase et me jaugea du regard. D'un geste, il m'invita à me rasseoir tout en se laissant tomber dans le fauteuil. Je plissai les yeux. La porte qui s'ouvrit sur Dobby n'attira même pas mon attention, j'étais tout à fait attentive aux paroles de Lucius. Il sourit, ravi de voir qu'il avait ma totale attention.

- Il se peut … qu'il y ait … hum … de l'animation … à Poudlard à la prochaine rentrée …

Ménageant son effet, il fit une petite pause, mais je ne lui fis pas ce plaisir de l'inviter à poursuivre. Il me connaissait bien et moi aussi. Je savais très bien qu'il allait continuer, il avait cette lueur dans le regard que j'avais vue si souvent, auparavant.

Alors qu'il venait de s'asseoir quelques secondes auparavant, il se releva d'un bond et alla à son bureau. Du coin de l'œil, je le vis sortir sa baguette et marmonner quelques incantations pour déjouer des sorts de protections. Il finit par y avoir un petit déclic, il ouvrit un compartiment secret, sans doute. Quelques instants plus tard, il revint avec quelque chose enveloppé dans un morceau de tissu. Sans rien dire, il me tendit cet objet rectangulaire.

Lucius avait aiguisé ma curiosité, je devais bien le reconnaître. Pas un geste, pourtant, ne trahit mon impatience, je déballai le tissu pour découvrir une sorte de carnet.

Je relevai le regard, curieuse de trouver Lucius en possession de cet objet.

- Comment se fait-il que ce soit toi qui l'ait ? Lui demandai-je.

Dans ce regard, je lus l'étonnement : ce n'était pas la question à laquelle il s'était attendu … Il pensait sans doute que j'allais lui demander ce qu'était ce cahier, à la couverture usée. Mais cet objet , je le connaissais bien.

Le sorcier fronça les sourcils.

- Tu en connais l'existence ? Laissa-t-il échapper médusé.

Je souris. Mes mains se posèrent sur la couverture noire si miteuse … Je caressai doucement le cuir usé.

- Je l'ai connu, il y a fort longtemps … Je suis simplement étonnée qu'il soit entré en ta possession !

Lucius éluda cette question.

- On me l'a confié, répondit-il laconiquement.

Mon regard se reposa sur le cahier. Je le rendis à Lucius.

- Et que vas-tu en faire ?

J'étais intriguée, même si les soupçons qui me venaient à l'esprit n'étaient pas de bon augure.

- Tu ne vas quand même pas le mettre entre les mains d'un élève de Poudlard ?

Je vis son sourire soudain se faner. Ma réaction n'était visiblement pas celle qu'il attendait. Je secouai la tête.

-Rouvrir la Chambre des Secrets, marmonna Lucius.

Ses yeux brillèrent d'une lueur un peu insensée.

- Ce serait un bon coup porté à tous ces sang-de-bourbe qui infestent l'école, commença-t-il

Et alors je vis où il voulait en venir.

- Et à Dumbledore, n'est-ce pas ? Tu espères quoi ? Qu'il soit renvoyé ?

Son regard pétilla un peu plus, rendant le gris de ses yeux encore plus froid.

- Effectivement, cela pourrait être une conséquence … intéressante …

Je laissai échapper un sifflement entre mes lèvres. Je ne trouvai pas cela hautement intelligent … Aussi, ne lui répondis-je rien. Mon silence sembla le gêner car soudain, il me demanda mon avis.

- Pourquoi ai-je l'impression que cette idée ne te plaît guère ?

Je soupirai ; l'émeraude de mon regard affronta l'acier du sien.

- Je … Je ne trouve pas cela … comment dire …

Je m'interrompis, essayant de trouver le mot qui convenait le mieux. Je secouai la tête.

- En fait, c'est puéril … et ridicule …

Ma réponse le prit au dépourvu, un moment, il me dévisagea, se demandant sans doute s'il avait bien compris mes paroles, puis il finit par se reprendre.

- Ridicule ? Vraiment ?

Je lus dans la colère dans son regard, pourtant son visage resta impassible. Mais cet énervement apparut rapidement dans ses paroles blessantes.

- En quoi est-ce ridicule ?

Il ne me laissa pas le répondre, c'était une question purement rhétorique, aussi poursuivit-il avec la même animosité dans la voix et le même ton glacial.

- C'est peut-être comme tu le dis ridicule … Mais pas autant que de finir à Azkaban pour avoir poursuivi des chimères …

Je serrai soudain les poings. Lucius s'était levé et moi aussi, d'un même bond.

- Comment oses-tu ? Lui hurlai-je à la figure.

Il ne me dit rien, mais eut simplement un petit sourire moqueur.

- Sois réaliste ! Ouvre les yeux ! Les choses ont changé … Tu devrais passer à autre chose …

Mes yeux s'écarquillèrent en entendant les paroles de Lucius qui lui aussi avait haussé le ton. Nous nous affrontâmes du regard un long moment : ni lui ni moi ne souhaitions baisser les yeux ou détourner le regard en premier.

Au final, Bellatrix avait eu raison, il y a bien longtemps quand elle avait reproché à Lucius d'avoir rapidement retourné sa cape, à la Chute du Maître. J'émis un petit rire désabusé dans un rictus de haine.

- - Comme toi ? Lui crachai-je d'un ton sec. Offrir cette mascarade d'une vie maintenant bien propre ?

Je laissai échapper un petit rire et poursuivit.

- Et bien, je constate que tu es fort content de cette petite vie bien rangée, Lucius, que cette situation ne te déplaît guère ! Tu te contentes de peu, tes petites magouilles à deux noises au Ministère ou à Poudlard et c'est tout … Tu avais plus d'ambition avant …

A son tour, il me rit au nez.

- Oui, mais tu viens de le dire toi-même, c'était … avant ! Maintenant j'ai d'autres priorités ! Ma famille ! Ma petite vie bien rangée, comme tu le dis si bien ! Parce que, moi, contrairement à toi, j'en ai encore une de vie et de famille, Charlotte !

Il avait craché ce nom avec dédain et mépris. Je sursautai violemment et serrai les poings pour tenter de faire partir ma colère, mais là, il avait été trop loin et pourtant il n'avait pas fini.

- Comment fais-tu pour vivre avec ce nom qui n'est même pas le tien … Ricana-t-il. Comment …

Il s'interrompit, brutalement arrêté par la gifle que je lui infligeai en silence.

- Je t'interdis, Lucius ! Comment oses-tu ! J'en avais une de famille ! Lui hurlai-je. Mais contrairement à toi, j'ai eu le courage de mes opinions !

Je le menaçai une dernière fois de mon index accusateur. Le regard noir, en même temps empreint de larmes et de tristesse, mais pas question que je lui fasse cette joie de pleurer devant lui. Je lui tournai soudain le dos et allai me planter devant la fenêtre. Je ne m'étais même pas rendu compte qu'il s'était mis à pleuvoir. Au loin, je pouvais voir par intermittence des éclairs zébrer le ciel.

J'entendis alors des pas résonner derrière moi et quelques instants plus tard, j'aperçus le reflet de Lucius dans la vitre. Je vis le sorcier esquisser un geste vers moi, la main tendue, comme s'il allait la poser sur mon épaule avant qu'il ne fasse retomber son bras, faisant avorter son geste.

- Excuse-moi, lança-t-il soudain.

Je tressaillis.

- Mes mots ont dépassé mes paroles …

Tu parles, il les avait pensés ces mots qui m'avaient blessée. Je ne dis rien. Je fis demi-tour, sans même le regarder puis je quittai la pièce, en prenant bien soin de faire claquer la porte lorsque je sortis de son bureau.

J'allai quitter le manoir quand la porte du petit salon s'ouvrit. Je me figeai. Narcissa passa par l'entrebâillement, Drago sur ses talons.

- Charlotte ? Que se passe-t-il ? J'ai entendu les échos d'une dispute …

Je levai ma main.

- Pas maintenant Cissey !

Sans rien prononcer d'autre, je sortis. Tandis que je remontai l'allée du parc, je ne décolérai pas. Lucius n'était qu'un crétin ! Mais au fond, qu'avais-je attendu de cette entrevue ? Qu'il me prenne par la main et que nous partions ensemble essayer de comprendre le fin mot de cette histoire avec Potter, que nous tentions de retrouver le Maître ? J'avais été ridicule de croire je ne savais plus quoi maintenant. Le temps que je sorte du domaine, j'étais trempée et frigorifiée par cette pluie d'orage glacée.

Je transplanai. Le décor avait changé, mais là aussi l'orage grondait. Le tonnerre résonna au moment même où j'arrivai. Je n'avais plus remis les pieds ici depuis une bonne dizaine d'années. Le lieu était toujours le même : la même maison à deux étages, à l'aspect sinistre et délabré. Le jardin n'en était plus un depuis longtemps, les mauvaises herbes avaient tout envahi, les ronces s'étaient étendues sur le sentier autrefois fort bien entretenu qui serpentait entre les massifs à l'abandon pour mener à la demeure. La pluie tombait bruyamment sur les ardoises du toit. Les sept cheminées semblaient toujours autant pencher et nul doute que la magie seule faisait encore tenir l'édifice debout. Sans prendre garde aux ronces dont les épines tentaient d'arracher le bas de ma robe, je gravis le sentier et me retrouvait rapidement sur le perron. Il manquait toujours la deuxième marche de bois. Je fis attention de passer par dessus. Comme je m'y attendais, la porte était verrouillée. Mais en lançant les bons sorts, cela ne fut pas un obstacle infranchissable. Je fis un pas à l'intérieur, en franchissant le seuil, mon cœur s'était mis à battre d'une étrange manière. Le hall était désert,le sol recouvert d'une épaisse couche de poussière, signe que personne n'était venu là depuis … depuis fort longtemps. Les araignées avaient étendu leur domaine : les boiseries sculptées des murs s'étaient ajoutées à leurs propriétés recouvertes de toiles si fines et pourtant si solides.

A quoi m'étais-je attendu ? Je secouai la tête, réprimant un tremblement de froid. Pourtant, je ne me lançai pas de sort pour me sécher. Je savais que le repaire du Maître était désert, que personne n'était venu là depuis qu'il avait disparu. Pourtant, une à une, j'explorai les pièces, à la recherche de Salazar seul savait quoi. Mais rien, pas un signe, pas une trace qu'il y ait du vrai dans les racontards des élèves de Poudlard sur les exploits de Potter …

Deux jours … Je passai deux jours dans l'ancien repaire … A attendre, à réfléchir … Finalement, je m'en retournai, sans aucune réponse à mes interrogations ...

J'avais une mine affreuse quand je franchis le seuil du manoir de Richard. Bien qu'il ne me dit rien, je vis qu'il était soulagé de me voir revenir. Il ne me demanda rien. Et je ne lui dis rien. Il me fit préparer un thé et je le sirotai assise sur le canapé.

- Tu t'es disputée avec Lucius ? Finit-il par demander.

Je quittai ma tasse des yeux.

- Comment le sais-tu ?

- Il t'a fait envoyer des fleurs …

J'éclatai de rire.

- C'est bien Lucius, ça … marmonnai-je.

- Un énorme bouquet … une grosse dispute …

- Il a eu quelques mots de trop …

Richard ne dit rien. Il m'observa en silence finir mon thé. Je m'apprêtai à faire un détour par ma baignoire quand il me posa une dernière question.

- Tu as trouvé quelque chose ?

Ma main sur la poignée de porte se figea. Lentement je me retournai vers le sorcier.

- - Rien du tout ...