PDV Damon

Elena tendait vers moi la photo que j'avais gardée d'elle et moi lorsqu'elle était enceinte. Elle me regardait avec de grands yeux pleins de larmes qui montraient à quel point elle était perdue. Je ne supportais pas de la voir comme ça. Je n'avais qu'une seule envie : la prendre dans mes bras pour la réconforter, lui chuchoter que tout irait bien. Je fis un pas vers elle, mais elle recula brusquement. Aussitôt, je levais les mains en l'air.

-Je ne te veux aucun mal, dis-je tout bas. Je ne te ferais aucun mal.

-Qui est cette fille ? Demanda Elena.

Je me mordis la lèvre, hésitant quelques secondes avant de lui dire la vérité.

-C'est toi, soufflai-je.

-C'est impossible, dit-elle en secouant la tête. Je ne me souviens pas de ça ! Comment pourrais-je oublier un truc pareil ?!

-Chuuuut... Soufflai-je. Calmes-toi... Tout ira bien...

Sa respiration était rapide et brève, et je pouvais entendre son cœur qui battait extrêmement fort. Je m'approchai doucement d'elle alors que les larmes commençaient à couler sur ses joues.

-Je ne te ferais aucun mal, répétai-je.

-Pourquoi je te ferais confiance ? Demanda-t-elle en sanglotant.

Elle recula à nouveau, remettant de la distance entre nous. Je ne supportais pas qu'elle me fuit, je voulais être auprès d'elle. Je devais le lui dire, je devais tout faire pour la rassurer. J'ouvris la bouche, mais rien ne sortit. Je grimaçais légèrement. Je voulais le lui dire, j'avais besoin de lui dire, il fallait que ça sorte.

-Parce que je t'aime, soufflai-je. Je ne pourrais jamais te faire de mal.

Elle arrêta de reculer et un sanglot secoua son corps. Elle me regardait avec ses grands yeux noisette qui avaient rougis à cause des larmes. Je m'approchai encore, doucement. J'étais tout près d'elle à présent. Je déposai délicatement mes mains sur ses épaules, en prenant soin de ne pas lui faire peur. Je lui fis un petit sourire, tentant désespérément de la rassurer.

-Qu-quoi ? Balbutia-t-elle. Mais tu me connais à peine ! Et tu n'arrêtes pas de m'éviter !

-Je te l'ai dit, murmurai-je. Il y a énormément de choses que tu ne sais pas.

-Qu'est-ce que c'est que cette photo Damon ? Demanda-t-elle à nouveau avec un regard déterminé qui m'indiquait qu'elle voulait avoir une réponse.

J'ouvris la bouche, mais aucun son n'en sortit. Ce que je m'apprêtai à dire allait tout changer. Tout ce que nous avions fait pour la garder hors de tout ça n'aurait servis à rien. Elena était sur le point de retrouver sa mémoire, et je l'aurais perdue pour toujours. Elle retournerait avec Stefan et je ne serais plus rien pour elle que le père de sa fille. Mais peut-être qu'il y avait encore une chance pour elle et Rose. Peut-être qu'elles pourraient avoir une vraie relation mère-fille.

-Elena... Soufflai-je. Tu es la mère de Rose.

La jeune fille resta figée sur place. Elle ne dit rien, ne fit pas un geste. Elle resta juste comme ça, à me regarder droit dans les yeux. Elle ne semblait pas vraiment comprendre ce qu'il se passait autour d'elle. Délicatement, je pris sa main dans la mienne et retirai le petit bracelet qu'elle portait et je le déposai sur le meuble à côté de nous. Je l'avais contrainte à toujours garder ce bracelet sur elle, pour éviter toute autre hypnose.

-Non ! Je ne peux pas l'enlever ! S'exclama-t-elle.

-Tout va bien, murmurai-je.

Elle allait protester, mais je pris son visage entre mes mains et la forçai à me regarder droit dans les yeux. Son visage se détendit aussitôt et elle n'essaya même pas de se débattre, étant déjà sous mon emprise.

-Tu vas aller te coucher, dis-je. Et lorsque tu te réveilleras, tu te souviendras de tout ce que je t'ai fait oublier il y a quatre ans.

Elena acquiesça avec un air vague. Je lâchai son visage et la jeune fille sortit de la pièce en silence, me laissant seul. Je restai quelques secondes immobile, puis mon regard se posa sur le bracelet que je venais de lui retirer. Un petit sourire apparut au coin de mes lèvres. Je le pris dans le creux de ma main et une foule de souvenirs me revint.

Flash-Back

Tous les invités étaient repartis. La nouvelle de la grossesse d'Elena avait fait l'effet d'une bombe nucléaire et nous avions dû en parler pendant plus de deux heures pour faire comprendre à nos amis que nous ne changerions pas d'avis. Je devais l'avouer, ça aurait pu être pire. Je m'attendais à ce qu'Alaric me saute à la gorge et tente de me tuer mais finalement, il était sagement resté assis sur sa chaise pour me crier dessus. Je montai dans ma chambre, rejoindre Elena. Je m'arrêtai à l'entrer de la pièce et m'appuyai sur l'encadrement de la porte. Elena était devant le miroir, elle avait remonté son haut et regardait son petit ventre qui n'avait pas grossis d'un poil. Un petit sourire apparut sur mes lèvres alors que nos regards se croisèrent dans le reflet du miroir. Je m'approchai d'elle et glissai mes mains sur son ventre en posant ma tête sur son épaule.

-Il faudra attendre encore un peu avec que ça se voit... Murmurai-je.

-Je sais... Répondit-elle avec un petit sourire. J'ai hâte...

-Vraiment ? Demandai-je. Tu n'as pas peur ? Je veux dire, tu es encore jeune et on ne sait pas vraiment ce que va être ce bébé...

-Mais on est ensemble, me coupa-t-elle. Peu importe ce qu'il arrive, on sera ensemble. Pour toujours.

Je la regardais, me demandant ce que signifiait 'toujours' pour elle. Que se passerait-il lorsqu'elle devrait choisir entre sa vie d'humaine ou une éternité avec moi ? J'acquiesçai simplement en esquissant un petit sourire.

-J'ai un cadeau pour toi, murmurai-je.

Un grand sourire apparut sur son visage alors que je déposai un baisé au creux de son cou. J'allai jusqu'à ma commode et ouvris le premier tiroir. Je retirai tous les vêtements qui y étaient avant d'enlever le double fond, laissant apparaître une vingtaine d'objets en tout genre. Elena s'approcha à son tour.

-Qu'est-ce que c'est que tout ça ? Demanda-t-elle.

-Tout ce que j'ai gardé à travers ce dernier siècle. La plupart datent de 1864 et ont une grande valeur sentimentale pour moi.

-Toi ? Le grand Damon Salvatore ? Tu as des objets qui ont une valeur sentimentale ? Se moqua-t-elle.

-Et bien oui mademoiselle, dis-je. Je garde certaines choses parce qu'elles me rappellent les bons moment de ma vie. Mais...

Je sortis une petite boîte en bois de tout ce bazar et l'ouvris sous les yeux d'Elena en souriant.

-Ce bracelet est le plus important à mes yeux, dis-je. Il appartenait à l'une des femmes les plus importantes de ma vie. Et je voudrais que tu le portes.

Elena me regardait avec de grands yeux pleins de surprise et de tendresse. Elle ne semblait pas s'attendre à ce que je lui offre cela. Je sortis le petit bracelet de sa boite et l'accrochai autour du poignet de la brunette.

-Et en plus, il contient de la verveine, ajoutai-je, perturbé par le regard qu'elle me lançait. Alors, il te protégera contre...

-Quand tu dis qu'il appartenait à l'une des femmes les plus importantes de ta vie... Me coupa Elena. Tu veux dire... Katherine ?

-Non ! M'exclamai-je voyant d'ici son inquiétude. Non... Il n'appartenait pas à Katherine.

Le sourire réapparut sur ses lèvres.

-Alors à qui ? Demanda-t-elle.

J'ouvris la bouche pour lui répondre, mais aucun son n'en sortis. Je me mordis la lèvre alors qu'Elena continuait de me fixer en fronçant les sourcils, attendant une réponse. Je baissai les yeux.

-Une personne à qui je tenais énormément, répondis-je d'une voix tremblante.

Elena s'apprêta à dire quelque chose, voyant que je fuyais la question. Mais je déposai un baisé sur ses lèvres avant de partir sans rien ajouter, me dépêchant d'aller faire autre chose.

Fin Flash-Back

PDV Caroline

Mon corps me faisait encore souffrir, mais beaucoup moins. La douleur s'atténuait avec le temps. Mais je n'arrivais toujours pas à rester consciente. J'étais allongée dans un lit qui n'était pas le mien, je ne savais plus où j'étais ni avec qui. Je sentais quelqu'un tout près de moi qui me tenait la main tendrement. J'ouvris légèrement les yeux. Tout ce que je voyais était flou et il me fallut une petite minute pour distinguer les formes et les couleurs. J'étais dans une grande chambre que je n'avais jamais vue, mais qui était très chaleureuse. Je tournais légèrement la tête et découvris Klaus qui me regardait avec un petit sourire au coin des lèvres. Tout me revint : Damon était allé le chercher, et Klaus m'avait emmenée avec lui parce que mes blessures étaient trop graves. Je voulus me redresser, mais il posa délicatement ses mains sur mes épaules et me força à rester allongée.

-Reste tranquille, dit-il. Tu es encore très faible.

-Je veux partir, soufflai-je en tentant de me relever malgré tout.

-Tu as encore besoin du remède, expliqua Klaus. Tu as été salement amochée.

J'abandonnais la lutte et m'allongeais en soupirant et grimaçant de douleur. Klaus posa sa main sur mon front.

-La fièvre est retombée, dit-il. C'est bien...

-Qu'est-ce que tu me veux ?

Son sourire disparut dès que j'eus prononcé ces mots. Il semblait vexé et baissa les yeux en soupirant.

-Ai-je vraiment besoin de vouloir quoi que ce soit pour te sauver la vie ?

-Après tout ce que tu as fait, j'ai du mal à imaginer que tu puisse faire quoi que ce soit de bien sans rien demander en échange, dis-je.

-Tu dis ça comme si tu me connaissais vraiment...

Il avait relevé les yeux vers moi et avait plongé son regard dans le mien. Je fus absorbée par ses grands yeux bleus qui me fixaient. Je pouvais y voir tellement de choses : colère, tristesse... tendresse. Je n'arrivais pas à m'en détacher, c'était comme si j'étais attirée. Je me forçais à détourner les yeux avant de céder à cette attirance.

-C'est Tyler qui t'a fait ça ? Demanda Klaus, comme s'il avait compris que je ne voulais pas m'attarder sur ce moment gênant.

J'acquiesçai sans rien dire, sans même relever les yeux vers lui.

-Il était en colère après moi, expliquai-je après quelques secondes de silence. J'ai voulus sortir de la maison et tout à coup, il se transformait. Je n'ai rien pu faire face à lui, il était bien trop fort sous sa forme de loup... C'était en pleine journée...

-J'ai déjà vu ça auparavant, dit Klaus.

Je relevais les yeux vers lui, voulant comprendre comment Tyler avait pu se transformer sans l'aide de la pleine lune.

-C'est extrêmement rare, ajouta-t-il. Mais il arrive, lorsqu'un loup-garou éprouve une intense colère, qu'il se transforme en loup sans la pleine lune.

-Je ne comprends pas...

-Imagine qu'à l'intérieur du corps d'un homme, un loup soit enfermé dans une cage, dit Klaus en se rapprochant légèrement de moi. Lorsque la lune est pleine, la cage s'ouvre, laissant le loup prendre le contrôle. Ce loup ne désire qu'une seule chose : être libre. Il essaye en permanence de sortir de la cage. Alors parfois, lorsque l'homme éprouve un immense colère, le loup arrive à sortir de la cage en tirant de la force de cette colère. Il prend alors le dessus.

-Pour combien de temps ? Demandai-je.

-Cela dépend, répondit Klaus. Certains restent ainsi toute leur vie et d'autre reprenne forme humaine après un certain temps. Tout dépend de la volonté de l'homme.

J'acquiesçai. Il me fit un petit sourire. Ce sourire... Il semblait sincère et dénue de toute méchanceté. Un léger frisson me parcourut le corps. Une question me brûlait les lèvres. J'hésitai quelques secondes avant de me lancer.

-Et toi ? Demandai-je. Comment fais-tu pour te transformer quand tu le veux ?

-Je suis totalement différent d'eux, dit-il. Un loup-garou est deux choses à la fois : un homme et un loup. Ils sont deux dans le même corps et n'ont pas les mêmes désirs ni le même caractère. Lorsqu'ils se transforment en loup, ces hommes ne sont plus eux-mêmes, ils ne contrôlent plus rien et n'ont plus conscience de rien. Ce n'est plus eux, c'est le loup qui prend leur place. Moi, je ne suis qu'un. Je suis Klaus, le vampire à qui tu parles en ce moment, mais aussi le loup qui sommeil en moi. Lorsque je me transforme, je suis conscient de ce que je fais et je contrôle tout.

-Tu peux ouvrir la cage quand tu en as envie, dis-je.

Un petit sourire apparut sur ses lèvres et il rit légèrement. Il se pencha un peu au-dessus de moi, toujours avec son petit sourire au coin des lèvres.

-Je n'ai pas de cage, Caroline, dit-il.

PDV Damon Le lendemain matin

Le soleil commençait à filtrer à travers les rideaux. Je ne bougeais toujours pas. Je n'avais pas bougé depuis des heures. La nuit m'avait parue longue, très longue. Mais pas assez encore, je n'étais pas prêt. Elena ne tarderait pas à se réveiller et je n'étais pas encore prêt à l'affronter. J'étais assis sur le fauteuil, au fond de la chambre de Caroline. Je regardais la jeune femme dormir paisiblement. Je ne l'avais pas quittée des yeux depuis que je m'étais assis là. Je n'avais pas dormis de la nuit, mais je n'étais pas fatigué. J'étais beaucoup trop anxieux pour ça. Elena et moi ne nous étions jamais expliqué sur ce qu'il s'était passé entre nous, sur ce qu'elle m'avait fait. Je n'avais jamais eu les explications qu'elle me devait. J'avais peur de la retrouver. C'était une chose de retrouver une Elena qui ne se souvenait de rien, mais retrouver celle qui se souvenait de tout... C'était une autre affaire. J'allais retrouver la vraie Elena. Celle qui m'avait fait souffrir.

Flash-Back

Cinq mois. Cinq mois étaient passés depuis que nous avions découvert qu'Elena était enceinte. Son ventre s'était beaucoup arrondi et à présent nous pouvions sentir le bébé donner des coups. Le bébé... Une petite fille, se serait une petite fille. Le médecin nous l'avait dit. Bonnie, avec ses pouvoirs de sorcière, nous avait assuré que l'enfant serait totalement humain. Un grand soulagement, puisqu'Elena pourrait être suivie par un médecin comme n'importe quelle femme enceinte.

Je rentrai enfin à la maison. J'avais passé toute la journée avec Katherine hors de la ville. Vous comprenez, mademoiselle allait faire du shopping et avait besoin de quelqu'un pour porter ses sacs. Et comme je ne faisais rien de ma journée, puisqu'Elena était en cours, elle m'avait emmené avec elle. C'était un vrai calvaire. Cette fille allait finir par me tuer. Je déposai tous ses sacs dans sa chambre et elle me fit un grand sourire que je lui rendis à peine. Bon, je devais bien l'avouer, Katherine était devenue une bonne amie pour Elena et moi. Elle nous avait beaucoup soutenu dernièrement et on lui devait pas mal de choses. Je sortis de sa chambre et allai dans la mienne. Enfin, celle d'Elena et moi. Elle avait presque emménagé à la maison, à cause du bébé. J'entrai dans la chambre et fermai la porte derrière moi. Je m'arrêtai en voyant Elena qui farfouillait dans notre commode. Elle en retira quelques paquets de vêtements et se déplaça rapidement jusqu'au lit où étaient posées plusieurs valises. Elle rangea sans grand soin les habits dans le sac de voyage et retourna de l'autre côté de la chambre sans même faire attention à moi. Je restai figé sur place, la regardant faire ses bagages sans rien comprendre. Au bout que quelques secondes, après avoir ranger un nouveau tas de vêtements, elle s'arrêta de bouger et je l'entendis soupirer.

-Qu'est-ce que tu fais ? Osais-je enfin demander.

Elle tourna lentement la tête vers moi et me regarda droit dans les yeux. Je pus voir de la tristesse et de la culpabilité dans son regard.

-Je m'en vais Damon, dit-elle. Je retourne vivre chez moi, avec Alaric et Jérémy.

-C'est ce que j'ai cru comprendre, dis-je toujours très calmement. Mais pourquoi ?

Un court silence suivi ma question. Elena se mordit la lèvre en fermant les yeux. Je n'y comprenais rien, j'étais paralysé par la peur. J'aurais voulu aller jusqu'à elle, défaire ses valises et l'obliger à rester. Mais je n'arrivais pas à bouger. La brunette rouvrit les yeux et s'approcha lentement de moi. Je posai mon regard quelques secondes sur son gros ventre, me disant que ce que je craignais était arrivé et que je n'aurais plus l'occasion de le voir tous les jours.

-Je ne peux pas rester avec toi Damon, dit-elle. Je ne peux pas continuer à me mentir comme ça.

-De quoi tu parles ? Demandai-je en connaissant très bien la réponse.

Elle baissa les yeux, comme si elle n'arrivait plus à me regarder en face. Elle resta silencieuse quelques secondes, puis releva la tête en prenant son courage à deux mains. Je vis alors que ses yeux avaient légèrement rougis et commençaient à être mouillés.

-Je suis désolée Damon, dit-elle. Je t'ai mentis... Depuis le début... J'ai toujours aimé Stefan. Se sera toujours Stefan.

Je sentis mon cœur me lâcher, comme s'il avait explosé. Je restai figé sur place. Je n'aurais jamais dû la croire. J'aurais dû partir à la recherche de Stefan comme je l'avais dit.

-Pourquoi ? Demandai-je d'une voix brisée.

-J'avais besoin de me sentir aimée Damon, dit-elle. Je ne pouvais pas partir chercher Stefan, je me serais faite tuée. Mais je n'arrivais pas à rester seule. Et quand je me suis retrouvée enceinte de toi, je me suis retrouvée piégée. Je ne pouvais plus faire marche arrière. Mais maintenant c'est trop, je ne peux plus faire semblant.

Une larme coula sur sa joue et elle se retourna pour aller jusqu'au lit. Je ne bougeais pas. J'aurais peut-être dû la retenir, la convaincre qu'elle pouvait m'aimer. Mais je n'y croyais plus. Elle ne m'aimerait jamais. Elle m'avait utilisé pour remplacer Stefan, elle n'en avait rien eu à faire de ce que je ressentais. J'entendis la porte de la chambre s'ouvrir et Katherine entra dans la pièce. Elle alla jusqu'à Elena, l'attrapa par le bras pour qu'elle se tourne vers elle et lui donna une énorme gifle. Je ne bougeai pas d'un poil.

-Tu prends tes affaires et tu pars, dit Katherine.

Elena ne bougea pas, la main posée contre sa joue qui était déjà devenue rouge. Elle regardait son double avec tristesse.

-Maintenant ! Cria Katherine.

Elena sursauta légèrement et eu un mouvement de recul. Elle me regarda quelques secondes, puis, elle prit ses bagages. Elle passa à côté de moi, mais je ne lui adressai pas un seul regard. Je restai silencieux jusqu'à ce que j'entende la portière de sa voiture se fermer et le véhicule démarrer. Le bruit du moteur s'éloigna de plus en plus, jusqu'à ce que je ne puisse plus l'entendre. Katherine s'approcha lentement de moi.

-Damon... Souffla-t-elle.

Elle posa une main sur mon bras, mais je me dégageai d'un geste brusque. Je partis en courant à vitesse vampirique. Je ne faisais même pas attention à où j'allais. J'allais là où mes jambes me portaient sans me poser de question. Je ne ressentais plus rien à part une immense tristesse. Je ne saurais même pas l'expliquer. J'avais mal. Tellement mal. Ça en devenait physique. Je n'avais qu'une envie, que tout cela se finisse, que quelqu'un m'achève. S'il vous plaît... Que quelqu'un mette fin à cette souffrance. Soudain, dans ma course, je trébuchai sur quelque chose. Je tombai sur le sol avec une telle violence que tout mon corps me fit souffrir. Je poussai un léger cri de douleur, puis, je regardai autour de moi. J'étais sur le perron de Caroline. J'avais trébuché sur les marches, ne regardant pas où j'allais. J'étais à moitié allongé sur le sol, je rampai jusqu'au mur et m'adossai contre lui. Je restai quelques secondes silencieux, sans bouger. Quand soudain, les larmes envahirent mes yeux et coulèrent sur mes joues. Je plongeai mon visage dans mes mains, priant pour que cette douleur s'en aille. Pour que quelqu'un fasse que ça s'arrête.

Fin flash-back

Je regardais toujours Elena sans bouger. Ces souvenirs me paraissaient tellement proches, mais ils étaient tellement loin. Tellement de choses avaient changées depuis ce jour-là. Le pire jour de ma vie. Soudain, je la vis bouger. J'inspirai profondément, sachant que le moment était venu. Elle était en train de se réveiller, et je reverrais la vraie Elena pour la première fois depuis la naissance de ma fille. Elle se tourna sur le dos et je la vis ouvrir les yeux.

Voilà le nouveau chapitre ! Dites-moi ce que vous en avez pensé !