PDV Elena
Je me souvenais. Je me souvenais de tout. Je regardais le plafond en retraçant dans ma mémoire tous mes souvenirs. Un petit sourire apparut sur mes lèvres. J'étais enfin entière. Ce qu'il m'avait manqué durant ces quatre dernières années était revenu. Je me sentais bien. Même très bien. Ces quatre dernières années me paraissaient être une autre vie. Tout avait été tellement différent. J'avais été quelqu'un d'autre pendant tout ce temps, et maintenant j'étais enfin moi. Peu à peu je réalisais doucement tout ce que j'avais fait par le passé : quitter Damon de la manière la plus horrible qu'il soit, abandonner ma propre fille, tourner le dos à Alaric et Caroline... J'avais un bon paquet d'excuses à présenter. Soudain, je sentis le lit s'affaisser. Je tournais la tête et découvris Damon qui s'allongeait à côté de moi. Je le regardais avec de grands yeux, surprise qu'il vienne vers moi. Il s'allongea sur le dos et contempla le plafond, tandis que je le regardais sans rien dire.
-Comment tu te sens ? Demanda-t-il sans m'adresser un regard.
Durant quelques secondes, je restai silencieuse. J'aurais pensé qu'il m'éviterait maintenant que je me souvenais de tout. Après tout ce que je lui avais fait.
-Bien, dis-je. Je vais beaucoup mieux maintenant. Merci.
Il tourna lentement la tête vers moi en fronçant les sourcils. Il me dévisagea en se mordant la lèvre, comme s'il regrettait de m'avoir rendu ma mémoire.
-De rien... Murmura-t-il.
Un silence pesant s'installa dans la pièce. Je ne savais pas quoi dire. Pourtant j'avais tellement de chose à lui dire. Je soupirai et détournai le regard pour recommencer à regarder le plafond. Je sentais son regard qui pesait sur moi.
-Je suis désolée... Dis-je. Désolée de t'avoir abandonné.
Il ne répondit pas dans un premier temps, continuant de me regarder, sûrement surpris que je lui présente mes excuses. Je l'entendis soupirer légèrement.
-Ce n'est pas à moi qu'il faut que tu présentes des excuses, dit-il. Mais à ta fille.
Je tournais la tête vers lui, surprise qu'il emploie ce terme-là. J'aurais pensé ne pas mérité qu'elle soit appelée ainsi. J'aurais pensé ne pas mériter d'être sa mère après ce que je lui avais fait. Il me regardait droit dans les yeux d'un air déterminé. Je pouvais voir dans son regard qu'il m'en voulait encore.
Flash-Back
Quatre mois que j'avais quitté Damon de la pire manière possible. Quatre mois que je vivais à peine. Je m'en voulais tellement. Damon me détestait, ainsi que Caroline et Alaric. Je lui avais fait tellement de mal. Il avait mis plus d'un mois à revenir me voir. Et je ne l'avais vu que lors des échographies. Il était très investi dans ma grossesse même après ce que je lui avais fait. Et aujourd'hui, nous y étions enfin. Le grand jour. La douleur était insupportable. J'avais perdu les eaux il y a quelques minutes seulement, mais j'étais déjà dans la voiture, en route pour l'hôpital. Bonnie était avec moi sur la banquette arrière et me tenait la main. Ou du moins, je lui brouillais la main. Jérémy conduisait le plus vite possible tandis que je criais de douleur, oubliant complètement les techniques de respiration que j'avais apprise ces derniers mois. Bonnie me disait des mots réconfortants, que je n'entendais même pas, trop occupée par ma douleur. Je fermai les yeux et serrai les dents pour arrêter de hurler. Je gémissais et pleurais. Je n'en pouvais plus, je voulais que ça s'arrête. Enfin, la douleur s'apaisa. Je laissai ma tête tomber en arrière en pleurant. Je savais que la prochaine contraction ne tarderait pas à arriver.
-Tiens bon Elena, dit Bonnie. On y est bientôt.
-Appelle Damon... Soufflai-je.
-Je l'ai déjà fait, dit Jérémy. Il doit déjà être à l'hôpital.
Je sentis la voiture freiner et je lâchai un soupire de soulagement. Nous y étions enfin. Jérémy sortit de la voiture et vint ouvrir ma portière. Lui et Bonnie m'aidèrent à sortir, puis à entrer dans l'hôpital. Nous entrions dans le grand hall et Damon se précipita vers nous.
-Comment ça va ? Demanda-t-il.
-La prochaine contraction ne devrait pas tarder, dit Bonnie.
Jérémy était déjà parti chercher un médecin. Bonnie me fit m'asseoir tendit qu'elle rassurait Damon qui avait l'air légèrement paniqué. Je ne disais rien. Je m'étais habituée à ne rien dire à chaque fois que le grand brun était dans la même pièce que moi. Trop honteuse pour oser dire quoi que ce soit en sa présence. Je fermai les yeux et tentai de rester calme, de ne pas montrer dans quel état de panique j'étais. J'étais sur le point de mettre au monde une petite fille. Je n'étais pas prête. Je m'en rendais compte maintenant. Je n'étais pas prête à être mère. L'accouchement, la maternité, j'étais beaucoup trop jeune. Qui plus est, je n'aurais pas Damon pour m'aider tout le temps. Je serais seule avec ce bébé. Je ne pouvais pas... J'entendis le médecin arriver et il me demanda de m'asseoir dans le fauteuil roulant qu'il avait apporté. Je regardais Bonnie, Jérémy et puis Damon sans bouger. Puis, je cédai à la panique. Je secouai la tête et commençai à sangloter.
-Je ne peux pas... Dis-je. Je ne suis pas prête... Je ne peux pas ! Ramenez-moi chez moi !
Jérémy et Bonnie me forcèrent à me lever et à me rasseoir dans le fauteuil. Le médecin commença à me pousser, m'entraînant jusqu'à l'ascenseur. Bonnie restait à côté de moi en me faisant des sourires rassurants. Je tentai de retenir les larmes qui menaçaient de couler.
-Où est Damon ? Demandai-je alors que nous montions dans l'ascenseur.
-Il est resté avec Jérémy pour régler l'admission, dit Bonnie.
Je baissai les yeux, tentant de cacher combien j'aurais voulu qu'il soit ici avec moi. Mais je n'y pensais pas très longtemps. Très vite, la douleur reprit de plus belle, encore plus forte que tout à l'heure. Je me pliai en avant et commençai à hurler tandis que le médecin me répétait de respirer profondément.
PDV Damon
Cela faisait plus de quatre heures que nous étions là, à attendre. J'étais assis dans le couloir, devant la salle où avait été mise Elena. Tout était déjà prêt à l'intérieur, il ne restait plus qu'à attendre que ma fille veuille bien sortir. Je n'osais pas entrer, je ne voulais pas vraiment entrer. Je n'avais aucune envie d'être dans la même pièce qu'elle. Et pourtant je rêvais de voir ma fille prendre sa première respiration et pousser son premier cri. Je rêvais d'être présent à cet instant. Mais je ne pensais pas qu'Elena veuille de moi. Elle ne m'avait pas réclamer, alors j'attendais ici. Enfin, Bonnie sortit de la pièce. Elle me fit un léger sourire en refermant la porte.
-Elle commence à pousser, dit-elle.
J'inspirai profondément avant soupirer. Je m'enfonçais dans mon siège, prenant mon mal en patience. La jeune fille vint s'asseoir à côté de moi. Je fermai les yeux, tentant de faire abstraction des cris d'Elena que je pouvais entendre sans grande difficulté.
-Tout va bien se passer, dit Bonnie en posant sa main sur la mienne.
Je la regardais avec de grands yeux, surpris de son geste. Cela faisait des mois que je ne parlais presque plus à personne, mis à part Alaric et Caroline. Je ne voyais Elena que pour les échographies, sinon j'avais coupé les ponts avec tout le monde. Soudain, la porte de la pièce où était Elena s'ouvrit. Jérémy en sortit.
-Elle te réclame, dit-il.
Je restai quelques secondes immobile, n'étant pas vraiment sûr d'avoir bien entendu. Sous le regard insistant des deux jeunes gens, je compris qu'il fallait que je me lève et que j'aille rejoindre Elena. Je pris mon courage à deux mains et me levai pour m'approcher de la salle. Je m'arrêtai devant la porte et pris une profonde respiration avant d'entrer dans la pièce. Je restai quelques secondes figé sur place. Elena était là, allongée sur le lit, hurlant plus que jamais. Toute la douleur qu'elle ressentait pouvait se lire sur son visage. Ses larmes se mêlaient à la transpiration qu'elle avait sur le visage dû à l'effort. Je me ressaisis et allai me placer à côté d'elle. Elle attrapa tout de suite ma main et la serra aussi fort qu'elle le pu. Le simple contact de sa main dans la mienne me donnait envie de vomir. Je tentais malgré tout de rester près d'elle et la soutenir dans cette épreuve. Enfin, après plusieurs minutes de hurlement et de pleur, je l'entendis enfin. Ce petit cri résonna dans la pièce. Pour n'importe qui il n'aurait s'agit que du cri strident d'un bébé, mais pour moi, il s'agissait d'une musique mélodieuse. Le cri de ma fille, de mon bébé. Je lâchai la main d'Elena et me dirigeai directement vers le médecin qui enveloppait délicatement le poupon dans un drap. Il leva les yeux vers moi et la déposa dans mes bras.
-Félicitation, dit-il. C'est un très beau bébé.
Les cris du bébé cessèrent. Je regardai ma fille, réalisant doucement ce qu'il venait de se passer. J'étais un père. Je n'en revenais pas. Je restai quelques secondes immobile, puis relevai les yeux vers Elena qui me regardait avec de grands yeux. Je pouvais y lire de la peur et de la douleur. Je m'approchai lentement en lui souriant légèrement. Au moment où je me penchai pour lui donner notre fille, elle détourna la tête en fermant les yeux. Mon sourire disparut aussitôt et je me redressai lentement. Quelques sanglots secouèrent le corps de la jeune fille.
-Je suis désolée... Souffla-t-elle. Je ne peux pas...
Je la regardais sans rien dire, sous le choc de ce qu'elle venait de me dire. Le médecin s'approcha de nous et tenta de convaincre Elena de prendre sa fille dans ses bras. Mais la jeune femme continuait de refuser. Elle ne cessait de pleurer en secouant la tête, refusant d'accepter son rôle de mère.
-Mademoiselle, dit le médecin. C'est votre fille...
-Je n'en veux pas ! Cria Elena, faisant sursauter le médecin.
Ma fille commença à pleurer à son tour, comme si elle avait senti le rejet de sa mère. L'une des sages femmes posa sa main sur mon épaule. Je me tournai vers elle après avoir regardé Elena une dernière fois. La brunette n'osait même pas affronter mon regard, consciente de ce qu'elle était en train de faire. Je me tournais donc vers la sage femme qui me demanda gentiment de la suivre, comprenant l'état dans lequel j'étais. Je venais non seulement de devenir un père, mais aussi un père célibataire. Je n'aurais pas de compagne pour m'aider dans cette nouvelle aventure.
Une heure plus tard, je pus enfin rejoindre Bonnie et Jérémy avec ma fille. La sage femme avait fini de la peser et de la mesurer. Je sortis dans le couloir, comme on m'avait indiqué que les deux jeunes gens y attendaient toujours. Lorsque je m'approchai d'eux, ils se levèrent d'un coup et vinrent vers moi avec de grands sourires. Je leur rendis, tentant d'oublier ce qu'Elena venait de faire.
-Je vous présente Rose, dis-je.
J'avais décidé de la nommer ainsi en l'honneur de la jeune femme que j'avais rencontrée quelques mois plus tôt et qui avait succombé à la morsure d'un loup-garou. Bonnie et Jérémy regardèrent Rose avec de grands sourires. Jérémy posa une main sur mon épaule en levant les yeux vers moi.
-Elle est magnifique, dit-il.
J'acquiesçai en regardant à nouveau mon petit ange.
-Tu devrais la ramener auprès d'Elena, dit Bonnie.
Je levai les yeux vers elle et ouvris la bouche pour dire quelques choses, mais rien ne sortit. Je me mordis la lèvre et baissa à nouveau les yeux, ce qui alarma le jeune couple.
-Damon... Dit Jérémy. Qu'est-ce qu'il se passe ?
J'inspirai profondément. Une fois que ces mots seraient sortis, tout ceci deviendrait réel. Je serais vraiment seul.
-Elena n'a pas voulu la prendre dans ses bras, dis-je. Elle n'a pas voulu de sa fille.
Fin flash-back
Ces souvenirs me faisaient encore mal. Je détournais les yeux et regardais à nouveau le plafond. Je lui en avais plus voulu d'avoir abandonné notre fille que de m'avoir abandonné moi. Elle n'avait pas le droit de lui avoir faire ça. Abandonner son propre enfant...
-J'avais peur Damon, dit-elle. Nous n'étions plus ensemble et je n'étais qu'une ados... J'avais tellement peur.
-Tu crois que je n'avais pas peur moi ?! Demandai-je sèchement. Je me suis retrouvé seul là-dedans !
-Damon... Dit-elle. J'ai quelque chose à te dire. Il y a un truc que tu ne sais pas...
J'attendais qu'elle parle, qu'elle me dise ce que j'ignorais, mais j'entendis la porte d'entrée claquer. Je soupirai et me levai pour aller voir de qui il s'agissait. A peine étais-je entré dans le couloir que je vis Rose courir vers moi. Je m'agenouillai pour la prendre dans mes bras. Par-dessus l'épaule de ma fille, je regardais Stefan en haussant les sourcils.
-Elle n'arrêtait pas de te réclamer, dit-il. Alors je suis venu ici.
Je fis reculer Rose et lui fis un petit sourire en lui caressant la joue. Elle me rendit mon sourire, à mon plus grand plaisir. Cela faisait des jours qu'elle refusait de me parler, depuis qu'elle avait appris qu'Elena était sa mère. En parlant d'Elena. Cette dernière sortit de la chambre de Caroline et s'arrêta en regardant Rose. Elle restait immobile et je pus voir qu'elle tremblait légèrement.
-Ma puce, dis-je en regardant Rose à nouveau. Pourquoi tu n'irais pas dans le salon avec Stefan ?
La petite acquiesça sans rien dire. Je déposai un baisé sur son front avant de la regarder s'éloigner. Je fis signe à Stefan de garder un œil sur elle et entraînai dans la chambre de Caroline. La jeune femme ne disait toujours rien.
-Tu vas toujours bien ? Demandai-je.
-Oui... Oui, c'est juste... Je vais bien, dit-elle.
Je la regardais quelques secondes en silence, voulant être sûr qu'elle n'avait rien à ajouter. Je finis pas hausser les sourcils et m'apprêtai à quitter la pièce quand elle reprit la parole.
-Tu l'as laissée avec Stefan ? Demanda-t-elle. Je croyais qu'on ne pouvait pas lui faire confiance. Après tout, il a passé cinq ans avec Klaus, qui nous dit qu'il n'est pas dans son camp.
Je me retournais lentement vers elle en fronçant les sourcils. Je devais l'admettre, elle marquait un point. Cette idée ne m'avait même pas effleuré l'esprit.
-C'est mon frère, dis-je. Et il t'aime toujours. Il ne ferait jamais rien qui puisse te blesser.
Je voulus sortir de la pièce. Je n'avais qu'une envie : récupérer ma fille et partir loin d'Elena. J'avais besoin de temps pour réfléchir à tout ce qu'il s'était passé aujourd'hui.
-Ce que tu as dit... Dit Elena, m'empêchant de partir à nouveau. Quand tu as dit que... que...
Elle n'arriva pas à terminer sa phrase, mais je voyais très bien de ce qu'elle voulait parler. Je me retournais lentement vers elle.
-Quand j'ai dit que je t'aimais ? Demandai-je.
Elle planta son regard dans le mien en se mordant la lèvre. Elle acquiesça doucement et baissa les yeux.
-Tu le pensais vraiment ? Demanda-t-elle. Ou ça n'était que pour me rassurer ?
Je détournais les yeux. Je savais très bien qu'elle poserait cette question. Et j'en avais la réponse. Je n'étais juste pas vraiment sûr de vouloir la lui donner. Je soupirai doucement et finis par me rapprocher d'elle. Elle releva les yeux vers moi. Ils étaient plein de larmes.
-Toi et moi, on a encore plein de choses à régler, dis-je. Oui, je t'aime toujours. Et pourtant je me suis battu contre mes sentiments, tous les jours pendant quatre ans. Je pensai te haïr. Mais au fond... L'amour, la haine... C'est presque la même chose.
-Damon...
-Mais j'ai besoin de temps pour réfléchir... Pour en discuter avec Rose... Dis-je.
Elle baissa à nouveau les yeux et acquiesça. J'allais m'en aller, mais je m'arrêtai et me mordis la lèvre. Je me retournais vers Elena et pris son visage entre mes mains. Je posai mon front contre le sien et fermai les yeux.
-Je sais que tu aimes Stefan... Dis-je. Et pourtant je continue d'espérer qu'un jour tu m'aimeras autant que je t'aime.
J'ouvris les yeux et découvris qu'elle me regardait avec ses grands yeux noisette. Je me reculais légèrement et après une seconde d'hésitation, je déposai un baisé sur son front. Je me reculai à nouveau et cette fois-ci, je sortis de la pièce sans lui adresser un regard.
PDV Caroline
Les rayons du soleil qui filtraient à travers les rideaux me sortirent de mon profond sommeil. J'ouvris les yeux et mis quelques secondes à me rappeler où j'étais et comment je m'étais retrouvée ici. Je me levai doucement, étant encore un peu engourdie à cause de toutes ces morsures de loups garous. Je fis lentement le tour de la chambre et compris très vite qu'il s'agissait d'une simple chambre d'ami. Il n'y avait rien de personnel et tout était parfaitement bien rangé. Je découvris une petite salle de bain rattachée à la chambre. J'y entrai et me passai un peu d'eau sur le visage. Je fus étonnée de voir que je portai mon pyjama, sûrement Damon et Elena qui me l'avaient mis avant que Klaus ne m'emmène. Après quelques secondes d'hésitation, je décidai de sortir de la chambre et d'aller visiter un peu la demeure du grand vampire. Je traversais un long couloir et arrivai sur le balcon du premier étage. Je me tenais au sommet d'un gigantesque escalier. De la où j'étais, je pouvais voir l'énorme et magnifique hall d'entrée de la maison. Enfin... Du palais devrais-je dire. En tentant d'être la plus silencieuse possible, je descendis le majestueux escalier de marbre qui était recouvert d'un tapis rouge. J'arrivais enfin en bas et levai la tête vers le haut, admirant la beauté du lieu. Tout était parfait. Chaque détail avait été soigneusement travaillé. Je caressai du bout des doigts le bois de la rampe de l'escalier qui était magnifiquement bien sculpté. Je levai les yeux vers le plafond et découvris un ciel étoilé à travers le grand vitrail. Un léger sourire apparut au coin de mes lèvres. C'était tout simplement magnifique. Je n'aurais jamais cru pouvoir entrer dans une maison comme celle-ci. Je continuai ma visite en portant attention à chaque détail, ne voulant rien rater. J'entrai alors dans une grande pièce très chaleureuse. Elle était légèrement en désordre, ce qui contrastait avec le reste de la maison, pourtant elle paraissait être la pièce la plus intéressante. Je m'approchai d'une des tables qui étaient là. Elle était recouverte de dessins, de croquis, de pinceaux, crayons et bien d'autre. Je pris l'une des feuilles entre mes doigts. Il s'agissait de moi. Un dessin de moi. Je dormais paisiblement.
-Je vois que tu es sortie du lit, dit la voix de Klaus derrière moi, me faisant sursauter. Désolé... je ne voulais pas te faire peur.
Je posai ma main sur mon cœur et soupirai doucement, me calmant. Il m'avait vraiment fait peur. Il me fit un léger sourire, comme pour se faire pardonner.
-Ce n'est rien, dis-je.
-Tu aurais dû rester au lit, dit-il en s'approchant. Tu as besoin de repos après une telle attaque.
Il me regardait avec tellement de tendresse, c'était perturbant. Je détournais les yeux, les baissant à nouveau vers le dessin. Un petit sourire étira le coin de mes lèvres.
-C'est toi qui a fait ça ? Demandai-je en relevant les yeux vers lui.
Il acquiesça en silence, alors qu'un petit sourire apparut sur ses lèvres.
-Il est très beau. Ils sont tous très beaux, dis-je en désignant toutes les autres feuilles de papier.
-Ce ne sont que des croquis, dit-il en regardant ses œuvres.
-Je ne dirais pas ça, répondis-je. Je ne serais pas capable de faire le tiers de tout ce qu'il y a ici. Je dessine comme un cochon.
Il rit légèrement. Je fus étonnée d'entendre un tel rire. Il était complètement différent de son rire diabolique que j'avais déjà eu l'occasion d'entendre. Il s'agissait d'un rire sincère. Un très beau rire, qui résonna à mon oreille comme une douce mélodie.
-Tu dois bien avoir un talent caché, dit-il.
Je baissais les yeux en souriant, sentant le rouge monter à mes joues.
-Il m'arrive de... chanter... dis-je timidement.
-J'aimerais énormément t'entendre chanter, répondit Klaus.
Je relevai les yeux vers lui, un peu perturbée. Personne n'avait jamais été comme ça avec moi. Personne n'avait jamais portée autant d'attention sur moi. Je n'y étais pas vraiment habituée. Je lui fis un petit sourire qu'il me rendit.
-Je trouve ta maison... ton palais magnifique, dis-je. C'est dans un endroit comme celui-ci que je rêvais de vivre lorsque j'étais petite...
-Si tu le veux, tu peux rester, dit-il.
Je le regardais quelques secondes sans rien répondre. Je plongeais mon regard dans ses beaux yeux bleus. Il semblait tellement différent de d'habitude.
-Tu es en train de me demander d'emménager ? Demandai-je.
-Je dis simplement que la porte de cette maison te sera toujours ouverte, répondit-il. Jour et nuit. Peu importe l'heure, tu peux venir ici si tu en as envie.
-Merci... murmurai-je.
Je savais que j'étais en train de découvrir une partie de lui que peu de gens connaissaient. Je ne savais pas pourquoi, mais il m'inspirait confiance. Je savais que je pouvais rester ici sans avoir peur qu'il ne m'arrive quoi que ce soit. Il ne me ferait aucun mal, je le voyais dans ses yeux.
-Tu vis ici... seul ? Demandai-je.
Il me regarda quelques secondes en fronçant les sourcils.
-Puis-je te confier un secret ? Demanda-t-il.
Je restai quelques instants immobile et silencieuse face à cette question. Klaus ? Avoir un secret ?
-Bien sûr, répondis-je. Je ne dirais rien, à personne.
Il me fixa, tentant sûrement de savoir si j'étais sincère. Je n'avais pas peur, car je ne mentais pas. Il me fit un petit sourire et glissa sa main dans la mienne avant de m'entraîner hors de la pièce. Je me laissai faire sans rien dire, le suivant simplement. Nous remontions l'escalier en marbre et il m'emmena tout au fond du long couloir. Nous nous retrouvions devant une porte qu'il ouvrit et nous entrions dans une pièce où il faisait complètement noir. Klaus lâcha ma main et je restai soudainement immobile en l'entendant s'éloigner. N'importe qui aurait été terrorisée dans une pièce sombre en compagnie d'un vampire sanguinaire. Mais je n'avais pas peur. Je n'étais même pas inquiète. Soudain, la lumière envahit la pièce alors que Klaus ouvrait les rideaux. Je regardais autour de moi et découvris quatre cercueils disposés tout autour de moi. Je levai les yeux vers Klaus.
-Je ne vis pas seul ici, dit-il en s'approchant de l'un des cercueils.
Je m'approchai à mon tour, en silence. Il ouvrit la boîte noir et je découvris une jeune fille de mon âge allongée à l'intérieur. Elle avait une longue chevelure blonde et un magnifique visage pâle. Qu'elle était belle. Elle portait des vêtements assez anciens. Une dague, que je reconnus comme étant la dague pour tuer un originel, était plantée dans son cœur, la maintenant dans un profond sommeil.
-Je te présente Rebekah, dit Klaus. Ma petite sœur.
-Pourquoi tu ne la réveilles pas ? Demandai-je.
-Nous, les originaux, nous sommes traqués par de nombreux chasseurs. Mais un en particulier est une menace, expliqua Klaus. J'ai juré de protéger ma famille. C'était le seul moyen que j'ai trouvé.
-Tu vas les garder longtemps ainsi ? Demandai-je.
-Dès que j'aurais éloigné le danger, je pourrais les réveiller, dit-il.
Du bout des doigts, il caressa la joue de sa sœur, puis referma le cercueil, avant de s'avancer vers le suivant et de l'ouvrir. Je m'avançais et découvris un jeune homme qui ressemblait étrangement à Elijah, en plus jeune. Il ne devait être plus jeune de Rebekah que d'une année ou deux.
-Voici Kol, dit Klaus. Lui et Rebekah sont les deux infernales de la bande. Ils n'en font qu'à leur tête. Je te laisse imaginer les dégâts que font deux jeunes vampires enfantins.
Je ris légèrement avec lui. Je pouvais lire combien il tenait à eux dans ses yeux. Il m'avait expliqué pourquoi il les gardait ainsi, mais je n'arrivais pas à comprendre. Nous nous dirigions vers un autre cercueil et cette fois-ci je découvris un homme beaucoup plus âgé. Il avait l'air sage et calme.
-Finn, l'aîné. Celui que je préfère le moins, chuchota-t-il en se penchant vers moi comme s'il ne voulait pas que son frère l'entende. Il est celui qui a eu l'idée de tout ça.
-Tout ça ? Demandai-je en fronçant les sourcils.
-C'est lui qui m'a demandé de tous les tuer et de les garder ainsi jusqu'à ce que j'ai réglé ce problème de chasseur.
Ce fut tout de suite plus clair. Klaus avait fait une promesse à son frère. Il lui avait promis de protéger leur famille. Quelque part, je l'admirais. Ça ne devait pas être facile de les garder ainsi. Il devait sûrement vouloir les réveiller. Klaus referma le cercueil et nous nous dirigions vers le dernier.
-Et enfin, dit Klaus en ouvrant le couvercle.
-Elijah, terminai-je.
Le fameux vampire que j'avais déjà rencontré quelques années plus tôt apparut sous mes yeux. Même endormis, il avait gardé tout son charisme et la classe qu'il dégageait.
-Lui et Rebekah sont ceux que je regrette le plus, dit Klaus. Souvent je viens ici, et je me confis à eux. Je sais qu'ils m'entendent, même de là où ils sont.
-Depuis combien de temps sont-ils ainsi ? Demandai-je.
-Finn depuis plus de neuf cents ans, dit-il. J'ai réussi à attraper Kol et Rebekah il y a cinq cents ans alors qu'ils me fuyaient, ne comprenant pas que je le faisais dans notre propre intérêt. Et Elijah...
-Il y a cinq ans, terminai-je.
-Oui...
Je le regardais droit dans les yeux. J'avais de la peine pour lui, peu importe ce qu'il avait fait par le passé, personne ne méritait d'être séparé de sa famille comme cela. Tout à coup, quelque chose fit 'ting' dans ma tête.
-C'est pour ça que tu veux créer plus d'hybrides, dis-je.
-Les hybrides sont les créatures les plus puissantes sur terre, expliqua-t-il. Si j'arrive à en transformer quelques uns, je pourrais réveiller ma famille. Ils seraient en sécurité.
Il me regarda quelques secondes et baissa les yeux. Je le comprenais. Je comprenais qu'il veuille protéger sa famille, mais nous savions tous les deux que je ne le laisserais pas tuer Elena.
-Tu peux t'en aller, si tu le désires, dit-il sans relever les yeux vers moi.
Je soupirai légèrement et m'apprêtai à sortir de la pièce. Mais je m'arrêtai en cours de route et me retournai vers Klaus. Le grand blond me regardait sans rien dire, sans rien faire.
-Je comprends mieux maintenant, dis-je. Tout ce que tu as fait depuis le début. Tu ne faisais que protéger ta famille. Mais je ne peux pas te laisser tuer Elena. Elle est ma famille. J'espère que tu le comprends.
Il acquiesça simplement et je sortis de la pièce sans rien ajouter. Je sortis du manoir complètement perturbée. Klaus m'avait touchée, j'étais vraiment triste pour lui et ce qu'il vivait. Je n'arrivais pas à imaginer ce que ça devait être pour lui. Je rentrai chez moi à vitesse vampirique.
PDV Elena
Je refermai la porte de ma maison en soupirant. A peine avais-je fait quelques pas, que Jérémy et Eve descendirent les escaliers en courant.
-Elena où étais-tu ?! S'exclama Jérémy.
-J'étais chez Caroline, tout va bien, dis-je.
-On t'a appelé une centaine de fois ! S'écria Eve.
-Je suis désolée, d'accord ! M'exclamai-je à bout de nerfs.
Je me dirigeai jusque dans la cuisine, sans prêter attention aux regards que Jer et Eve me lançaient. Je pris une bouteille de tequila dans le placard et allai m'asseoir à la grande table en buvant une gorgée. J'étais complètement perdue. Au bout de quelques minutes, Jer vint s'asseoir en face moi.
-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Demanda-t-il.
-Où est Eve ?
-Elle est montée à l'étage, dit-il. Raconte.
Je ne dis rien, je n'avais pas vraiment envie de parler de toute cette journée. Je le fixai droit dans les yeux. Soudain, il tourna légèrement la tête vers la droite. Je savais qu'il s'agissait de Vicky. Anna avait arrêté de lui parler sans arrêt, elle avait très vite compris que ça l'énervait plus qu'autre chose. Mais apparemment, Vicky avait continué.
-Qu'est-ce qu'elle dit ? Demandai-je.
Mon petit frère tourna les yeux à nouveau vers moi. Il me regardait avec surprise, se disant sûrement qu'il avait dû mal entendre.
-Quoi ?
-Qu'est-ce qu'a dit Vicky ? Répétai-je.
Ses yeux s'écarquillèrent alors qu'il comprenait doucement que je me rappelais de tout. Nous restions ainsi, face à face. Sans rien dire. Lui, réalisait que tous ces mensonges n'avaient servis à rien. Et moi, j'étais plongée dans mes souvenirs. Mais mauvais souvenirs. Réalisant toutes ces horreurs que j'avais faites, que j'avais dites. Je ne savais plus où j'en étais. J'avais l'impression de ne plus avoir ma place ici. Tout le monde avait avancé, mais moi je me retrouvais au même point.
Voilà le nouveau chapitre ! Dites-moi ce que vous en avez pensé !
