PDV Caroline

J'arrivai enfin chez moi. J'entrai et allai directement dans la cuisine. Je m'arrêtai sous le choc. Il y avait encore des traces de sang partout. Une partie avait été nettoyée, sûrement par Damon ou Elena, mais il en restait tellement. Des flashs de l'attaque me revinrent alors. Les griffes, les crocs, le sang, la douleur... Les larmes commencèrent à couler sur mes joues sans que je ne puisse l'en empêcher. Je m'adossai au mur et me laissai glisser jusqu'à être assise sur le sol. Je repliai mes genoux contre ma poitrine et me recroquevillait sur moi-même. Tout ce sang. C'était le mien. Tyler m'avait complètement déchiquetée. Comment avait-il pu ? Lui qui disait m'aimer. J'essuyai mes larmes et me levai pour aller dans la salle de bain. Une bonne douche me ferait du bien. Je me déshabillai et me retrouvai en sous-vêtements, face au miroir. Je restai figée sur place, à nouveau. Je n'avais presque plus rien. De toutes ces blessures que Tyler m'avait infligée, il ne restait que quatre ou cinq cicatrices. L'une se trouvait sur ma hanche, une autre à la cuisse, une à mon bras, et la dernière sur mon épaule. Je savais que j'aurais dû me sentir heureuse d'être en vie. Mais de voir mon corps souillé de ces cicatrices et avec tout ce qu'il s'était passé, je ne me sentais pas vraiment au mieux de ma forme.

-Tu sais qu'elles ne disparaîtront pas... Dit une voix.

Je regardais vers l'entrée de la pièce et y vis Damon, appuyé sur l'encadrement de la porte qui me regardait. J'acquiesçai en silence et regardais à nouveau mon reflet.

-Je sais... Dis-je. J'ai vu cette cicatrice sur ton bras presque tous les jours pendant cinq mois. Je sais qu'elles ne partiront pas.

J'attrapai ma robe de chambre et l'enfilai. Je savais que Damon m'avait vue plus d'une fois dans cette tenue légère, mais là... Je ne sais pas... Je ne voulais pas qu'il voit mon corps comme ça. C'était immonde.

-Je t'ai appelée, mais tu n'as pas répondu, dit-il. Alors je suis venu voir si tu étais rentrée avant de débarquer chez Klaus en cassant tout.

-Sage décision, répondis-je en me forçant à sourire.

Il vint vers moi et me prit dans ses bras. Il resta ainsi quelques minutes, me serrant aussi fort que possible contre lui.

-J'ai eu tellement peur de te perdre, chuchota-t-il à mon oreille.

-Merci d'être allé chercher Klaus pour moi, répondis-je.

Il se recula alors en me faisant un petit sourire.

-J'espère qu'il ne t'a rien fait, dit-il.

-Non, il a été... incroyablement gentil, dis-je.

-C'est la moindre des choses après ce qu'il t'a fait, dit Damon en se retournant.

Je fronçais les sourcils, ne comprenant pas de quoi il parlait. Damon se tourna alors vers moi et en me regardant dans les yeux, je devinais alors qu'il croyait que Klaus était celui qui m'avait attaquée.

-Damon, Tyler est celui qui m'a attaquée, soufflai-je.

-C'est impossible Caroline. Klaus est le seul a être capable de se transformer en plein jour.

-Mais je te dis que c'est Tyler ! Dis-je en montant le ton.

-C'est impossible ! Cria-t-il.

Je soupirai et détournai les yeux en secouant la tête. J'en avais assez que personne ne me fasse confiance. Je relevai mon regard vers lui avec détermination.

-J'étais là quand il m'a attaquée, dis-je fermement. Je l'ai vu se transformer sous mes yeux. A toi de choisir si tu me crois ou non.

Il resta silencieux quelques secondes, me fixant, tentant de savoir si je lui mentais ou non. Mais pourquoi lui mentirais-je ?

-J'ai rendu sa mémoire à Elena, dit-il en baissant les yeux.

Je ris légèrement face à ce soudain changement de sujet qui en disait long sur sa réponse. Je soupirai et me frottai le visage avec mes mains. Je n'en pouvais plus. Je m'avançais vers lui et l'attrapai par le bras pour l'entraîner jusqu'à la sortie, mais au moment où je voulus lui fermer la porte au nez, il posa la main dessus. Je ne me battis pas, je savais qu'il était bien plus fort que moi.

-Qu'est-ce que tu fais ? Demanda-t-il en me regardant avec les sourcils froncés.

-J'en ai marre ! Je passe l'une des pires journées de ma vie ! M'écriai-je. Si tu ne me crois pas alors dégage !

Il parut surpris que je lui cris dessus ainsi. Doucement, il retira sa main en se mordant la lèvre. Je soupirai et détournai les yeux, voyant bien qu'il ne me croyait pas, qu'il ne voulait pas me croire. Je fermai la porte doucement et me laissais tomber sur le sol pour fondre en larme.

PDV Damon

Je rentrais au manoir, pas vraiment fier de moi. Je savais que je devrais la croire, mais c'était impossible. Tyler n'aurait jamais eu la capacité de faire cela. C'était Klaus, j'en étais sûr. A peine avais-je fait trois pas dans le manoir que Rose courut vers moi. Je me baissai et la pris dans mes bras avant de me redresser alors qu'elle s'accrochait à mon cou. Stefan arriva à son tour, semblant être de mauvaise humeur.

-Ta fille est un vrai monstre, dit-il.

-Qu'est-ce qu'elle a fait ? Demandai-je.

-Elle ne voulait pas que je l'approche, dit-il. Et quand j'ai fait un pas vers elle, elle m'a frappé.

-C'est tout ? Lançai-je à moitié amusé.

-J'ai tapé là où tu m'as dit, papa, dit Rose dans mes bras.

Je regardais la petite fille quelques secondes, puis Stefan qui fit une légère grimace. J'éclatais de rire, réalisant que ma fille avait donné un coup très bien placé dans les parties sensibles de son oncle.

-Arrête de rire, dit Stefan. Plus jamais je ne la garde pour toi. Elle est insupportable.

-Tu n'avais qu'à pas la menacer, dis-je avec un grand sourire.

Il ne répondit même pas et alla s'asseoir dans le salon. Je le suivis et m'installai sur le canapé d'en face. Rose se décala pour s'asseoir à côté de moi.

-Alors, tu as vu Caroline ? Demanda Stefan.

-Oui, elle va beaucoup mieux, dis-je en faisant un petit sourire à Rose. Mais elle est persuadée que Tyler lui a fait ça.

-Mais c'est...

-Impossible, coupai-je mon frère. Je pense que c'est Klaus qui lui a retourné le cerveau.

-Qu'est-ce que tu comptes faire ? Demanda Stefan.

-Chercher Tyler, dis-je. Il est le seul à qui je puisse demander ce qu'il s'est réellement passé.

Soudain, quelqu'un toqua à la porte. Je soupirai et allai me lever, mais la porte s'ouvrit toute seule, laissant apparaître Elena. Je la regardais en fronçant les sourcils. Elle s'avança timidement vers nous en croisant les bras autour d'elle.

-Je dérange ? Demanda-t-elle.

-Bien sûr que non, dit mon frère avec un grand sourire.

Ce dernier se faisait une énorme joie à l'idée qu'Elena ait retrouvé la mémoire. Il se leva et s'avança vers elle pour la prendre dans ses bras. La brunette ne bougea pas d'un poil, se laissant faire mais ne rendant pas son étreinte à mon frère.

-C'est bon de te retrouver, chuchota Stefan.

Il se recula enfin et fit un énorme sourire à la jeune femme qui se força pour le lui rendre. Je détournai le regard. Qu'est-ce qu'elle n'avait pas compris dans « j'ai besoin de temps » ?

-Damon, je voudrais te parler, dit-elle. Tu sais de ce truc dont je voulais te parler. Mais j'en ai pas vraiment eu le temps...

Je fus obligé de lever les yeux vers elle. Stefan se tenait dos à elle et me regardait avec des yeux noirs de jalousie. Rose était là, assise à côté de moi, immobile. Je lui avais dit qu'Elena se souvenait de tout, mais elle n'avait pas l'air de vraiment vouloir retrouver une mère qui l'avait abandonnée à la naissance. Je me levai en soupirant et fis signe à Elena de me suivre. Nous sortions dans le jardin et nous éloignons un peu, ne voulant pas vraiment que Stefan écoute tout.

-Je t'écoute, dis-je une fois assez loin.

Elena inspira profondément, elle se tordait les mains dans tous les sens, signe d'un grand stresse. Je fronçais les sourcils. De quoi voulait-elle me parler pour qu'elle se mette dans un tel état ? Je m'arrêtai de marcher et me mis face à elle. Elle s'arrêta et baissa très vite les yeux.

-Tu as fait tout ce chemin pour ne rien me dire ? Demandai-je en haussant les sourcils.

-Si, si ! Dit-elle en relevant la tête. J'ai quelque chose à te dire. Ce n'est juste pas facile.

-Elena... Dis-je. Tu m'as fait croire pendant des mois que tu étais amoureuse de moi pour ensuite m'annoncer que tu aimais toujours mon frère, et enfin abandonner ta propre fille. Comment ça pourrait être pire ?

-Parce que je n'ai aucune idée de comment tu réagiras à tout ça, dit-elle.

-Dis-moi...

-Ça remonte au jour où je t'ai quitté...

Flash-back

PDV Elena

Je rentrai tout juste de cours. J'allai m'affaler dans le lit de Damon, tentant de ne pas penser à cette horrible journée. Depuis quelques temps, dès que je sortais de cette maison, je me sentais mal. Les gens me regardaient de travers et se disaient des choses à l'oreille. C'était encore pire au lycée. J'étais devenue la victime des nouvelles moqueries du lycée, alors qu'il y a quelques mois j'étais encore la fille populaire qui sortait avec le plus beau garçon du lycée. J'avais tenté de sécher les cours, mais Alaric et Damon m'étaient tombée sur le dos avec leurs grands sermons. Je soupirai en admirant le plafond. Je n'en pouvais plus d'être la risée de toute l'école. Seul mes amis me soutenaient, et je les embarquais avec moi en bas de l'échelle sociale. Je me sentais vraiment mal. Je n'avais qu'une envie, que tout s'arrête. Parfois, j'en arrivais même à regretter ce petit être qui grandissait en moi. Mais au fond, je savais que je l'aimais. Cette petite fille. Elle me rendrait tellement heureuse. Je savais que dans quelques mois, le pire serait passé et je n'y penserais même plus. Je caressai mon gros ventre en retrouvant le sourire petit à petit.

-Je trouve que tu as pris du ventre, dit une voix.

Je me redressai aussi vite que possible et restai figée sur place. Klaus était appuyé contre l'encadrement de la porte qui menait à la salle de bain. Je me levais et courus vers la sortie, mais Klaus apparut devant moi. Je me reculais doucement, ne le quittant pas des yeux.

-N'est pas peur, dit-il. Je ne te veux aucun mal.

-Vraiment ?!

-Vraiment, répondit-il. Vois-tu, j'ai un petit problème. Je n'arrive pas à créer de nouveaux hybrides.

Il s'avançait lentement vers moi tout en parlant.

-J'ai deux solutions, dit-il. Soi tu m'aies indispensable dans le processus de transformation d'un loup-garou en hybride, soi le fait que tu sois en vie est le problème.

Je le regardais, ne sachant pas ce qui m'attendait. Qu'allait-il me faire ? Je glissai mes mains sur mon ventre, comme pour protéger mon enfant.

-Je ne te ferais rien, dit Klaus avec sérieux. Et je ne ferais rien à ton bébé. Jusqu'à ce que je sache quoi faire pour régler mon problème. Je te le jure.

-Pourquoi es-tu ici, alors ? Osai-je demander.

-Imaginons une minute, que ton sang soit la clef de la transformation pour devenir un hybride, dit Klaus en commençant à faire les cent pas. Le fait que tu sois avec Damon me pose un problème. Je ne peux pas risquer qu'il te transforme en vampire avant que je ne sache ce que je dois faire.

Je le regardais, ayant peur de comprendre où il voulait en venir. Les larmes commençaient à monter et bientôt elles coulaient sur mes joues.

-Tu as deux choix, dit-il. Soi, tu le quitte définitivement, et assez clairement pour qu'il lâche l'affaire, ou alors, je le tue.

Je laissai échapper un petit cri. Ma respiration se fit rapide et haletante. Je continuai de reculer, mais je me retrouvai dos au mur et Klaus vint aussi près de moi qu'il le pu.

-A toi de choisir Elena, dit-il.

-Je préfère le savoir loin de moi plutôt que de le savoir mort, dis-je en lui lançant un regard noir, plein de haine.

Un petit sourire naquit au coin des lèvres de Klaus. Il acquiesça sans rien dire, ne semblant pas vraiment surpris par mon choix puis, doucement, il recula. Je me décollai légèrement du mur.

-Je le saurai si tu ne m'obéis pas Elena, dit-il. Dans ce cas-là, je reviendrais et le tuerais. Tu as ma parole.

Fin flash-back

PDV Damon

-Je savais que tu ne me laisserais jamais partir comme ça, dit Elena. Je devais trouver quelque chose pour te convaincre.

-Alors tu as choisi de me faire croire que tu aimais encore Stefan... Soufflai-je.

-Je savais que ça marcherait, répondit-elle. J'aurais tellement aimé te dire la vrai raison, mais si je l'avais fait, tu ne serais jamais parti. Je l'ai fait pour te protéger.

Je restai sans voix. Tout ce pourquoi je l'avais maudite durant toutes ces années... Je m'étais trompé. Elle avait fait tout cela pour me protéger. Elle m'avait poussé à quitter la ville pour me sauver la vie. Et en retour, je l'avais détestée.

-Et tout ce que tu as fait ? Demandai-je. A Caroline ? A Alaric ? Tu leur as tourné le dos, tu leur as dit des choses horribles, Elena. Pourquoi ?

-J'ai tout fait pour te pousser à me détester, à me haïr, dit-elle. C'était le seul moyen. Je voulais que tu pense que j'étais devenue quelqu'un d'autre, quelqu'un que tu n'aimais pas.

-Ce que tu as dis à Caroline...

-Je la détestai, me coupa-t-elle en me regardant droit dans les yeux, sans aucune hésitation. Quand j'ai appris pour vous deux. Je l'ai tellement détestée.

Je baissai les yeux. Tout ce en quoi j'avais cru ces dernières années, tout était faux. Je voulus m'éloigner, mais Elena prit mes mains dans les siennes. Je relevai les yeux, pour planter mon regard dans le sien.

-Je suis désolée, souffla-t-elle. Pour tout ce que je t'ai fait endurer. Je te demande pardon et je demanderais pardon à toutes les personnes que j'ai offensé. Et je sais que ça ne doit pas être facile pour toi d'apprendre tout ça maintenant. Je sais que tu m'as détestée tout au long de ces années. Je le sais, j'en suis consciente. Mais malgré tout, je ne pourrais jamais assez te remercier d'avoir élevé notre fille comme tu l'as fait.

Un petit sourire apparut au coin de ses lèvres, malgré les larmes qui baignaient dans ses yeux. Elle baissa les yeux le temps d'une fraction de secondes, laissant les larmes couler doucement sur ses joues. Elle releva ensuite le regard vers moi, avec un petit sourire sur les lèvres.

-Je sais que tu penses le contraire, dit-elle. Mais je t'aime. C'est toi que j'aime, pas Stefan. Je ne t'avais pas mentis.

Elle se dressa sur la pointe des pieds et déposa un baisé sur ma joue. Je fermai les yeux et baissai la tête, puis sentis qu'elle me lâchai les mains. Lorsque j'ouvris les yeux, elle était déjà repartie vers le manoir. Je la regardais marcher sans bouger. J'étais vraiment trop bête. Comment avais-je pu la croire ? J'étais tellement persuader que personne ne me choisirait jamais que je n'avais même pas vu qu'elle me mentais. Je m'asseyais sur le sol et plongeai mon visage dans mes mains.

PDV Elena

Je retournai dans le manoir sans me retourner. Je savais qu'il aurait besoin de temps pour se faire à tout ça. J'entrai dans la salon, où il ne restait plus que Stefan. Rose était sûrement montée dans sa chambre, ne voulant pas me voir. Je ne pouvais pas vraiment lui en vouloir. Stefan se leva et vint vers moi avec un grand sourire. Il me prit dans ses bras. Cette fois-ci, je lui rendis son étreinte. J'étais amoureuse de Damon, mais je tenais encore à Stefan. Il occupait une grande partie de ma vie. C'était lui qui m'avait redonné l'envie de vivre après la mort de mes parents, et je lui en serais éternellement reconnaissante. Il se recula et prit mon visage entre mes mains pour me regarder dans les yeux.

-Tu m'as tellement manquée, souffla-t-il.

Je me sentis aussitôt extrêmement gênée. Je me dégageai doucement et m'éloignai de lui en évitant son regard.

-Je te demande pardon Stefan, dis-je.

-Mais non, tu n'as pas à t'excuser, tu n'as rien fait de mal, dit-il en revenant vers moi.

Il voulut prendre mes mains dans les siennes, mais je me dégageais à nouveau, voulant mettre le plus de distance entre nous. Je sentais son regard plein d'incompréhension peser sur moi.

-Damon... Commença-t-il. Damon... Il... Il m'a dit que tu n'avais jamais cessé de m'aimer.

Je me mordis la lèvre, et lentement, je relevai les yeux vers lui.

-Il avait tort... Soufflai-je.

-Non... Tu as dit que... Tu avais dit que tu m'aimais ! Tu l'as dit ! Et tu as dit que ça serait toujours moi !

Je sentais qu'il commençait à s'énerver. Il s'approcha de plus en plus de moi. La peur montait en moi, je n'avais aucune idée de quoi il était capable. Ce n'était pas le Stefan que je connaissais, c'était une toute autre personne que j'avais en face de moi.

-Je suis désolée ! M'exclamai-je.

-Tu avais dit que j'étais l'amour de ta vie !

Il s'approcha encore et me plaqua contre le mur, m'arrachant un cri de douleur alors que le coin du mur me rentrait dans le dos. Je regardais dans ses yeux et n'y retrouvais que de l'obscurité. Ce n'était pas Stefan. Il n'avait rien à voir avec le Stefan que j'avais connu.

-Je t'en prie calme-toi...

-Est-ce que tu as au moins essayé de me retrouver, ou alors tu t'es tout de suite rabattue sur Damon ? Demanda-t-il.

-Stefan...

-Réponds !

Je le regardais droit dans les yeux. J'étais rongée par la culpabilité et la peur. Je savais que je lui faisais du mal. Mais je n'avais jamais voulu ça. Si j'avais pu tout recommencer, j'aurais probablement fait les choses autrement.

-Non... Soufflai-je. Non, je n'ai pas essayé de te retrouver.

Autour de mes bras, je sentis les mains de Stefan se resserrer jusqu'au point de me faire mal. Je lâchai un cri de douleur, et soudain, Stefan disparut et j'entendis un grand fracas à l'autre bout de la pièce. Damon se tenait maintenant devant moi et son frère avait atterris dans la bibliothèque, faisant tout tomber avec lui. Damon se tourna vers moi et posa une main sur ma joue.

-Ça va ? Demanda-t-il.

J'acquiesçai légèrement en tentant d'arrêter de trembler. Stefan se relevait déjà, et Damon se plaça devant moi pour me protéger. Mais son frère ne bougea pas. Il nous regardait simplement, avec ce regard qui me faisait mal. Il était tellement blessé. Je n'osai même plus le regarder tellement je me sentais coupable. Je l'entendis quitter la pièce et Damon se tourna vers moi à nouveau.

-Il s'en remettra, dit-il.

Je levai les yeux vers lui et plongeai mon regard dans ses grands yeux bleus. J'avais l'impression que je n'avais pas fait ça depuis une éternité.

-Merci... Soufflai-je.

-De rien.

Je m'avançais vers lui et me blottis dans ses bras. Il me serra contre lui. J'avais besoin de ça. Ça faisait tellement longtemps. Son étreinte me remonta le moral. Je me décollai ensuite de lui doucement et lui fis un petit sourire avant de sortir du manoir. Il me restait une autre personne à voir.

PDV Caroline

Je venais de finir de nettoyer toute la cuisine. Il n'y avait plus une seule tache de sang. Je passai une dernier coup d'éponge sur la table, puis je soupirai en jetant un regard global sur la pièce. Certes le sang avait disparu, mais les souvenirs étaient toujours là. Je me sentais mal ici. Les flashs refaisaient surface et j'avais l'impression de revivre l'attaque encore et encore. Soudain, la sonnette retentit, me faisant sursauter. Je jetai l'éponge dans l'évier et allai dans l'entrée. J'ouvris la porte et fis un léger sourire à Elena qui me sauta littéralement au cou. Je refermai la porte tout en la serrant contre moi.

-Je suis tellement heureuse que tu ailles bien, dit-elle.

Je ne répondis rien. Doucement, je l'obligeai à me lâcher et lui fis un petit sourire qu'elle me rendit. Un petit silence tomba sur la pièce, je ne savais pas quoi dire. Après tout ce qu'elle avait vu, elle allait exiger des explications et je n'avais vraiment pas la tête à ça.

-Damon m'a rendu ma mémoire, souffla-t-elle en regardant le sol.

Sa déclaration m'atterrit en pleine face, comme une gifle. Je ne m'étais vraiment pas attendu à ça. La dernière fois que j'avais abordé le sujet avec Damon, il avait dit qu'il préférerait la laisser mourir plutôt que de lui rendre ses souvenirs. Elena leva les yeux vers moi et me fit un petit sourire.

-Je suis vraiment désolée, pour tout ce que je t'ai dit il y a quatre ans. Je n'aurais jamais dû m'en prendre à toi.

Je ne répondis rien. Les souvenirs du comportement d'Elena était encore douloureux. Suite à leur rupture avec Damon, j'avais été la seule, avec Damon je restais avec lui. J'avais tourné le dos à Elena, jugeant ce qu'elle avait fait à Damon inacceptable. Elle me l'avait fait payer quelques mois plus tard en me crachant mes quatre vérités en face. Elle m'avait insultée de mots que je n'aurais jamais osé utiliser contre elle. Je la regardais quelques secondes, sans rien dire, puis allai m'asseoir dans le salon. Après un instant d'hésitation, Elena me suivit sans rien dire. Elle s'assit en face de moi.

-Je suis vraiment désolée... Souffla-t-elle.

Je ne dis toujours rien. Je regardais le sol, priant pour qu'elle s'en aille, qu'elle me laisse tranquille. Que tout le monde me laisse tranquille. Je n'avais qu'une envie : rester seule. Avec tout ce qu'il s'était passé aujourd'hui et hier, je n'avais vraiment pas besoin qu'on vienne me rappeler les mauvais souvenirs.

-Je t'en prie dis quelque chose, dit Elena.

Lentement, je relevai les yeux vers elle en fronçant les sourcils. Que je dise quelque chose ? Elle continuait de me regarder avec peine.

-Tu veux que dise quelque chose ? Bien ! M'exclamai-je en me levant. Je voudrais rester seule ! Je veux que tout le monde me laisse tranquille ! Je viens de passer les deux pires jours de ma vie ! J'ai été attaquée par l'homme que j'aime et il m'a laissée à moitié morte au beau milieu de ma cuisine ! Je viens de passer trois heures à nettoyer chacune des tâches de sang ! Mon sang ! Et à chaque fois que je rentre dans cette fichue pièce, je revois cette horrible attaque ! Je revis la scène à chaque fois ! La douleur, la peur ! Je ressens tout comme si il était encore là, à s'acharner sur mon corps ! Alors franchement, je n'en ai rien à faire que tu sois désolée pour ce que tu as fait il y a quatre ans. Je n'en ai rien à faire. Je veux être seule.

Elle me regardait avec de grands yeux pleins de surprise. Je lui fis signe de partir. Elle hésita quelques secondes, puis se leva lentement et partit sans rien dire. Je soupirai et allai dans ma chambre. Je commençai à avoir sommeil, même s'il n'était pas tard. Sûrement des séquelles de ces morsures de loup-garou. Je m'allongeai sur mon lit et fermai les yeux, voulant m'endormir. Au bout de quelques secondes seulement, j'entendis un grognement. J'ouvris les yeux et me redressai d'un coup. Je regardais tout autour de moi, mais il n'y avait rien. Voilà que je devenais parano. Je soupirai et me rallongeai. Je tombai de fatigue, j'avais vraiment besoin de dormir. Je fermai à nouveau les yeux, mais encore une fois j'entendis un grognement. Mais cette fois-ci, il fut accompagné d'un flash de l'attaque. J'ouvris les yeux en criant. Je me redressai et allumai la lumière, en pleine panique. Je m'assis contre ma tête de lit et regardais tout autour de moi, sans savoir quoi faire. J'étais morte de peur. Mes mains tremblaient et je peinais à respirer. Je restais là sans rien faire, mais plus le temps avançait, plus la fatigue se faisait sentir. Mes yeux étaient tellement lourds, qu'ils finirent par se fermer tous seuls. Mais à nouveau, je vis un flash, ce qui me réveilla instantanément. Je me rendis alors compte que la nuit était tombée, ce qui ne fit qu'accroître ma peur. Je finis par me lever de mon lit. J'enfilai quelques vêtements et pris un sac que je remplis que quelques affaires ainsi que tout ce dont j'avais besoin dans la vie de tous les jours. Je ne pouvais pas rester dans cette maison. J'attrapai ma veste et mes clefs de voiture avant de sortir en vitesse de là. Je montai dans le véhicule et démarrai en trombe. Sur le chemin, je luttai contre le sommeil. Je n'avais vraiment pas besoin d'un accident de voiture en plus de tout le reste.

Je me garai enfin. J'étais enfin arrivée à ma destination après ce qui m'avait paru être une éternité. Je pris mon sac et sortis de la voiture. Je m'arrêtai et regardais tout autour de moi. Je serrai mes bras autour de moi. La nuit était noire, et j'étais terrorisée. Je m'avançais jusqu'à la porte du manoir et toquai à trois reprise, priant pour qu'il ne dorme pas encore et qu'il m'entende. Je soupirai, tentant en vain de contrôler ma peur. Enfin, la porte s'ouvrit laissant apparaître Klaus. Il parut surpris de me voir ici.

-Je suis désolée de venir comme ça, dis-je. Mais tu as dit que ta porte serait toujours ouverte, et je suis... je suis morte de trouille toute seule chez moi

-Ce n'est pas grave, dit-il en souriant légèrement. Mais je ne pensais pas que tu viendrais.

-Je me suis disputée avec tous mes amis... Et je me sentirais plus en sécurité ici, murmurai-je en baissant les yeux.

Je relevai les yeux vers lui. Il me regardait avec un petit sourire. Puis, il s'écarta du passage et me fit signe d'entrer. Je le remerciai d'un petit sourire et fis quelques pas à l'intérieur, me retrouvant dans le gigantesque hall que j'avais découvert un peu plus tôt dans la journée. Klaus vint se placer à côté de moi. Nous échangions un regard et je lui fis un petit sourire. C'était vrai. Je me sentais en sécurité ici. Probablement parce que Klaus était l'être le plus puissant du monde. Mais il y avait autre chose. Il m'avait énormément touché ce matin. J'avais réalisé à quel point il se sentait seul. J'avais entrevu une partie de lui dont je n'avais même pas soupçonné l'existence. Et je mourrais d'envie de le connaître mieux.

Voilà le nouveau chapitre ! Dites-moi ce que vous en avez pensé !