PDV Elena

Plus de deux semaines étaient passées depuis tous ces événements. Deux semaines. Je n'avais revu ni Caroline, ni Damon, ni Stefan. J'étais presque restée cloîtrée chez moi tout ce temps. Je n'avais vu que Jérémy et Eve. J'essayai de voir le moins possible cette dernière. Je me sentais mal par rapport à elle. Je l'avais connue à un moment où je n'étais pas vraiment moi-même et je ne savais pas comment me comporter envers elle. Je savais qu'elle avait remarqué que je m'éloignai, mais je faisais comme si de rien n'était quand elle abordait le sujet. Jérémy faisait tout pour que je m'adapte à tout ça, mais ce n'était pas tous les jours facile. J'étais tranquillement en train de lire un livre allongée sur le canapé dans le salon, quand mon téléphone se mit à sonner. Je le sortis de ma poche et découvris avec surprise qu'il s'agissait de Damon. Je finis par décrocher après quelques instants d'hésitation.

-Allô ? Dis-je en me redressant.

-Hey ! Comment tu vas ? Demanda la voix de Damon.

Un petit sourire apparut sur mes lèvres. Il m'avait tellement manqué. Rien que le son de sa voix m'aidait à aller mieux.

-Bien, bien, dis-je. Et toi ?

Je me levai et allai dans la cuisine pour me préparer un petit café, sentant que cette heure allongée sur le canapé m'avait quelque peu endormie.

-Je vais bien, dit-il. J'ai eu du temps, pour réfléchir... Repenser à tout ça...

-Et ? Demandai-je.

-Je pense... commença-t-il. Je pense qu'on devrait laisser le passé là où il est, et essayer d'avancer... Tous les deux.

Mon sourire s'élargit nettement. J'étais vraiment heureuse qu'il m'appelle. Ces derniers jours avaient été un vrai supplice sans lui.

-Tu es libre aujourd'hui ? Demanda-t-il après quelques secondes de silence.

-Oui, je ne fais rien de particulier.

-Alors, je voudrais que tu me retrouve au parc municipale, dit-il. J'y suis avec Rose.

Mon sourire disparut instantanément. Mon cœur se serra en repensant à tout ce que j'avais fait par le passé, à tout ce que j'avais manqué dans la vie de ma fille.

-Damon...

-Non, je veux que tu viennes, dit-il. J'ai beaucoup parlé avec elle et elle veut passer du temps avec toi. Je sais que ça ne doit pas être facile pour toi, mais Rose en a besoin. Et au fond de toi, tu sais que tu en as aussi besoin.

J'allai dire quelque chose, mais il raccrocha sans attendre que je ne réponde, ne me laissant pas le choix. Je soupirai en déposant mon téléphone sur la table. Je n'étais pas prête. Je m'en voulais encore pour ce que j'avais fait à ma fille. Je n'étais pas prête à jouer ce rôle de mère.

PDV Caroline

J'étais allongée sur la chaise longue, sur la terrasse, profitant du soleil de cette fin de mois de septembre. J'entendais l'eau de la piscine qui clapotait, seul bruit qui venait troubler le silence. J'avais revêtis mon maillot de bain et tentai de ne penser à rien. Soudain, mon téléphone sonna, me sortant de mon moment de détente. Je l'éteignis sans regarder de qui il s'agissait. Sûrement Elena ou Damon qui appelait pour savoir comment j'allais. Ils avaient appelé tous les jours depuis que j'étais venue vivre chez Klaus, mais je ne leur avais jamais répondu.

-Tu sais que tu devras bien finir par leur parler, dit Klaus.

Je tournai la tête vers la piscine, sachant très bien que Klaus se trouvait là. Il avait les pieds dans l'eau et son carnet de croquis sur les genoux. Il était concentré sur sa feuille de papier où il traçait des traits au crayon de papier. De temps en temps, il relevait les yeux vers moi, pour très vite les rebaisser sur son œuvre.

-Tu sais que tu devras bien arrêter de me dessiner un jour ? Demandai-je.

Il rit légèrement, mais continua son œuvre sans prêter attention à ce que je lui avais dit. Depuis que j'étais arrivée, il passait son temps à faire ça. Il me dessinait. Que je sois en train de dormir, ou en train de lire un livre. C'était assez troublant au début, mais je m'y étais habituée. Mais là, je me sentais assez gênée. Mon maillot de bain laissait voir presque tout mon corps ainsi que ces affreuses cicatrices que j'avais gardées de mon attaque. J'attrapai une mèche de cheveux et la plaçait sur la cicatrice que j'avais dans le cou. Klaus me regarda en fronçant légèrement les sourcils. Je fis comme si de rien n'était. Ces deux dernières semaines avaient été assez tranquilles. Je n'avais pas peur ici et la compagnie de Klaus était loin d'être désagréable. Mais il y avait toujours ce malaise. Nous savions tous les deux que malgré notre rapprochement, nous suivions des objectifs différents. Il savait très bien que jamais je ne le laisserais tuer Elena. Et d'un autre côté, je pense que ma présence avait retardé la mort d'Elena. Klaus serait sûrement déjà passé à l'action si nous ne nous étions pas rapprochés.

-Il faudrait que je retourne chez moi, dis-je.

Klaus releva la tête d'un coup avec de grands yeux légèrement paniqués, qui me firent rire.

-Pour prendre le reste des mes affaires, terminai-je.

Un petit sourire apparut sur les lèvres du jeune homme alors que son visage se détendait instantanément. Il reprit son œuvre tout en souriant.

-Donc... Dit-il sans lever les yeux vers moi. Tu viens vivre ici... définitivement ?

-Je ne peux pas rester dans cette maison, dis-je sans lever les yeux vers lui. Elle me fait peur. Et puis, je préfère nettement vivre ici, dans ce grand palais, avec toi, plutôt que seule dans ma petite maison.

Le sourire s'agrandit sur ses lèvres de Klaus, ce qui me fit sourire. J'aimais bien son sourire. Ce sourire sincère qui me donnait l'impression qu'il était quelqu'un de normal. Quelqu'un de gentil.

-Tu as finis ? Demandai-je en désignant sa feuille de papier.

Il leva les yeux vers moi et acquiesça en souriant. Je me levai et allai vers lui, pressée de voir le résultat. Je m'assis à côté de lui et plongeai mes pieds dans l'eau fraîche. Je posai les yeux sur l'œuvre de Klaus et souris encore plus.

-C'est magnifique, dis-je.

-Beaucoup moins que l'originale, souffla-t-il.

Mon sourire disparut doucement et je levais les yeux vers lui. Il plongea son regard dans le mien. Il avait cette manière de me regarder, comme si j'étais la plus belle chose qu'il ait jamais vu sur Terre. Il déposa son matériel de dessin sur le sol sans me lâcher du regard. Des frissons parcoururent tout mon corps. Il était proche, tellement proche. Doucement, il posa sa main sur la mienne et approcha un peu plus son visage du mien. Je ne bougeai pas. Ce n'était pas la première fois que l'on se retrouvait dans cette situation. C'était déjà arrivé une fois, mais j'avais détourné la tête au dernier moment. Je me sentais attirée par lui, je ne pouvais pas le nier, mais il y avait tellement de choses qui ne marcheraient jamais. Son nez caressa le mien et ses lèvres n'étaient plus qu'à quelques millimètres des miennes. Je fermai les yeux, enivrée par son odeur et sa présence. Mais au dernier moment, à la dernière seconde avant que ses lèvres ne touchent les miennes, je dégageai ma main et le poussai dans l'eau. Après une fraction de seconde, il remonta à la surface et plaqua ses cheveux en arrière. Il me regarda avec un grand sourire que je lui rendis en me mordant la lèvre. Pendant une simple fraction de secondes, j'avais songé à le laisser m'embrasser.

-Tu vas me rejoindre ? Demanda Klaus en souriant malgré tout.

Je ris légèrement en détournant les yeux. Quand je les rebaissai vers lui, il me regardait avec un regard plein de défi. Je lui fis un petit sourire et me laissai tomber dans l'eau. Je remontai à la surface et rabattais mes cheveux en arrière. Klaus me regardait en souriant, encore avec ce regard. Celui dont j'avais du mal à me détacher. Je l'éclaboussai pour qu'il soit obliger de détourner les yeux. Il rit légèrement alors que je sortais de l'eau. J'attrapai une serviette et l'enroulai autour de mon corps.

-Je vais allez chez moi, chercher mes affaires, dis-je.

-Attends, dit-il en sortant de l'eau. Je viens avec toi.

Je lui fis un petit sourire et acquiesçai. Il retira son haut et commença à l'essorer sous mes yeux. Des frissons me parcoururent à nouveau en découvrant son torse musclé comme il le fallait. Ni trop, ni pas assez. Je détournai les yeux et remontai dans ma chambre pour m'habiller. Ma relation avec Klaus me préoccupait beaucoup. J'étais attirée par lui, je le savais. Mais je ne pouvais pas oublier tout ce qu'il avait fait. Il avait tuer Jenna et Elena. Et il allait la tuer à nouveau. Je me séchai rapidement et m'habillai avant de prendre mon sac. Je descendis les grands escaliers de marbres et attendis que Klaus me rejoigne. Après cinq bonnes minutes d'attente il arriva enfin. Il avait changé de vêtements, mais ses cheveux étaient encore mouillés, lui donnant un air incroyablement sexy. Il me fit un sourire et nous sortions du manoir pour ensuite monter dans ma voiture.

PDV Stefan

Je sonnai à la porte de Caroline. À la demande de Damon, j'étais venu la voir. Il était persuadé qu'elle ne voulait pas le voir et que peut-être elle voudrait bien me parler à moi. Je soupirai en attendant que la jeune fille vienne m'ouvrir. Mais elle ne vint pas. J'allai m'en aller, pensant qu'elle n'était pas chez elle. Mais quand je me retournais, je vis sa voiture s'arrêter devant la maison. Je me figeai sur place en voyant Klaus descendre du véhicule. Je fronçais les sourcils, alors que lui affichait un grand sourire.

-Stefan ! Dit-il. Qu'est-ce qui t'amène ici ?

Caroline et lui s'approchèrent de moi. Je tournai la tête vers Caroline, l'interrogeant silencieusement sur la présence de Klaus ici. Elle me regarda avec un petit air de panique, puis détourna les yeux.

-Qu'est-ce que tu fais là ? Me demanda-t-elle.

-On avait pas de nouvelle de toi, dis-je. Alors je suis venu voir si tu étais encore en vie.

-Je vais bien, dit-elle.

Elle me dépassa et alla jusqu'à sa porte, suivie de près par Klaus. Je les regardai, encore sous le choc. Mais qu'est-ce qu'elle faisait avec lui ?! Ils entrèrent dans la maison et je m'empressai de les suivre. Je refermai la porte derrière moi et les suivis jusque dans la chambre de la jeune fille. Elle sortit une valise et commença à la remplir alors que Klaus s'allongeait tranquillement sur le lit, ce qui lui valut un regard noir de la part de la blondinette. Je fronçais les sourcils en voyant qu'il y avait un petit jeu entre eux deux.

-Je peux savoir ce que tu fais ? Demandai-je à Caroline.

-Elle déménage, dit Klaus.

-Pour aller où ? Demandai-je.

-Chez moi, répondit le vampire.

-Klaus ! S'exclama Caroline en se tournant vers lui.

Je regardais la scène, encore sous le choc. Caroline soupira, comme si elle était exaspérée du comportement de l'un de ses amis avant de lever lentement les yeux vers moi.

-Dis-moi que c'est une blague ! M'exclamai-je.

-Non, ça n'en est pas une, dit-elle calmement. Je ne peux pas rester dans cette maison. J'ai... trop peur ici.

-Dans ce cas-là, tu va venir au manoir !

Je m'approchai dans l'intention de prendre sa valise, mais elle me poussa en arrière. Je la regardais avec de grands yeux. Mais à quoi elle jouait ?

-Je vais chez Klaus ! Déclara-t-elle.

-Mais à quoi tu joues ?! Est-ce qu'il t'a menacée ? C'est ça ?! Il t'a menacée.

-Non, il ne m'a pas menacée, dit-elle.

-Oh non... Dis-moi, qui est-ce qu'il a menacée ? Demandai-je calmement.

-Mais personne ! S'écria la jeune femme.

Elle soupira et arrêta tout ce qu'elle était en train de faire. Elle regarda Klaus quelques secondes, puis me prit par le bras et m'entraîna dans une autre pièce. Elle se mit face à moi.

-Écoute, dit-elle. Je sais que ça paraît étrange et...

-Stupide ! M'exclamai-je. Ça me paraît stupide !

-Calme-toi ! Cria-t-elle.

Je soupirai et détournai les yeux en me mordant la lèvre, me retenant de la prendre sur mon épaule et de l'emmener loin de lui.

-Je n'attend pas que vous compreniez, dit-elle. Mais après l'attaque, j'étais terrorisée, je ne savais pas vers qui me tourner. Je m'étais disputée avec Damon et Elena et il n'y a qu'avec lui que je me sentais en sécurité.

-Tu aurais pu au moins appeler ! Criai-je. On était super inquiet ! On a appelé des centaines de fois !

-Je sais, répondit-elle.

Elle baissa les yeux en soupirant. J'étais tellement énervé. Et attendez de voir la réaction de Damon quand je le lui dirais. Et celle d'Elena... Elle nous trahissait.

-Écoute, je pense que c'est une bonne chose, dit-elle. Aujourd'hui, j'arrive mieux à le comprendre, j'ai appris des choses sur lui que je n'aurais jamais soupçonner.

-Quoi ? Demandai-je, soudainement intéressé.

-Je ne peux pas le dire.

-Tu as des secrets avec lui maintenant ?!

-Bon ! S'énerva-t-elle. Je propose que tu rentre chez toi ! Je vais bien, pas la peine de s'inquiéter pour moi !

Elle retourna dans sa chambre et claqua la porte avec une telle violence que l'un des tableaux accroché au mur tomba sur le sol. Je soupirai et quittai la maison, énervé. J'appelai instantanément Damon pour le mettre au courant. Il n'allait vraiment pas être content.

PDV Elena

Je me garai sur le bord de la route, devant l'entrée du parc municipale. Je coupai le contact et soupirai. Je regardai alors les gens qui étaient présents dans la rue. La plupart était des couples avec leurs enfants. Ils étaient heureux, en famille. J'avais mal au ventre, rongée par le stresse de revoir ma fille. C'était la première fois que j'allais passer du temps avec elle, en sachant qui elle était. Je pris mon courage à deux mains et sortis de ma voiture. Je passai les grilles du parc et m'avançais, cherchant du regard le grand brun aux yeux bleus et la petite fille qui lui ressemblait tant. Soudain, je les aperçus. Un peu plus loin dans l'herbe. Ils étaient là à se chamailler, se courant après en riant. Je n'avais jamais vu Damon sourire comme ça. En le voyant ainsi, qui aurait pu croire qu'il s'agissait là d'un vampire sanguinaire ? Il était juste un père qui jouait à chat avec sa fille dans l'herbe d'un parc. Je restai sur place. Je n'arrivais pas à bouger, je n'osais pas m'approcher. Après tout ce que j'avais fait, peut-être que je ne méritais pas ce bonheur. Le bonheur d'avoir une famille. Damon attrapa la petite fille par la taille et la souleva dans les airs, sous les rires de Rose. Il la reposa ensuite délicatement sur le sol. Il tourna alors la tête vers moi, comme si il savait que j'étais là. Il me fit un petit sourire et alors, je n'avais plus le choix. Je devais y aller. Je commençais à m'avancer vers eux, me disant que je faisais une erreur. Je n'aurais jamais dû venir, mais il était trop tard pour faire demi-tour. Je m'approchai avec un petit sourire gênée, Rose ne m'avait toujours pas vue, mais Damon lui fit un petit signe de la tête vers moi. La petite fille se tourna vers moi, plantant ses grands yeux bleus dans les miens. Je m'arrêtai et durant quelques secondes, nous nous regardions simplement, attendant chacune que l'autre fasse quelques choses, que l'autre fasse le premier pas. Soudain, elle se leva et vint vers moi. Elle s'arrêta à quelques mètres de moi et me regarda à nouveau. De loin, Damon nous regardait avec un petit sourire au coin des lèvres. Puis, tout à coup, Rose s'approcha et se colla à moi. Elle ne m'arrivait qu'à la hanche et encercla mes jambes de ses petits bras. J'hésitai quelques secondes avant de m'agenouiller et de la serrer contre moi.

-Je suis désolée... Soufflai-je.

La petite fille ne répondit rien. Je levai les yeux vers Damon. Son sourire avait disparu et il nous regardait avec peine, se rappelant sûrement de ce jour où j'avais fait la plus grave erreur de ma vie. Soudain, il sortit son téléphone de sa poche et s'éloigna un peu en collant le combiné à son oreille. Je me décollai légèrement de Rose et la regardai en lui caressant la joue. Elle était tellement belle. Elle ressemblait tellement à Damon, j'avais du mal à reconnaître quoi que ce soit de moi en elle. Elle n'avait que de lui. Je lui fis un petit sourire qu'elle me rendit sans hésitation. Elle me prit par la main et m'entraîna jusqu'à l'endroit où ses affaires avec celle de Damon était posées. Je m'asseyais dans l'herbe et elle en fit de même.

PDV Damon

Je raccrochai alors que Stefan venait de m'annoncer ce qu'il venait de voir. Caroline, vivant chez Klaus, notre ennemi numéro un. Celui qui voulait tuer Elena. Celui qui l'avait forcée à me quitter quatre ans plus tôt. Je soupirai et me tournai vers elle. Elle était tranquillement assise dans l'herbe en train de discuter avec Rose qui arborait un sourire que je n'avais jamais vu sur son visage. Comment Elena le prendrait-elle ? L'une de ses plus proches amies la trahissait en ce moment même, sans aucune hésitation. Je n'arrivais pas à le croire. Caroline ne pouvait pas faire ça. Après quelques instants, Elena leva la tête vers moi et vit que quelque chose n'allait pas. Je détournais les yeux, mais je n'avais plus vraiment le choix, il fallait que je lui en parle. Je me rapprochai des filles et m'assis avec elle en souriant malgré tout. Elena me regardait en fronçant les sourcils, je ne pouvais rien lui cacher, elle me connaissait par cœur. Je sortis un peu d'argent de ma poche et le tendis à Rose.

-Pourquoi tu n'irais pas te chercher quelque chose à manger ? Lui proposai-je en désignant le camion de glace qui se trouvait quelques mètres plus loin.

Ma petite fille déposa un baisé bruyant sur ma joue et partie en courant. Je la quittai à peine des yeux, ayant trop peur qu'elle ne se fasse enlever ou autre chose. Je sentais le regard d'Elena qui pesait sur moi, attendant que j'explique ce qu'il se passait.

-J'ai un truc à t'annoncer, dis-je sans tourner les yeux vers elle. Et ça ne va pas te plaire.

Je sentais ses yeux sur moi, mais je n'arrivais pas à la regarder en face. Tout comme ces mots n'arrivaient pas à franchir mes lèvres. Je devais le lui dire, mais elle allait tellement souffrir.

-Damon... Dit-elle. Dis-moi.

Je levai lentement les yeux vers elle. La jeune femme me regardait avec de grands yeux plein d'inquiétude. Je soupirai légèrement et me mordis la lèvre, m'apprêtant à tout lui révéler.

-Stefan est allé chez Caroline, dis-je.

Elena ouvrit un peu plus les yeux d'inquiétude. Cela faisait deux semaines que son amie n'avait donné aucune nouvelle.

-Qu'est-ce qu'elle a ? Demanda-t-elle.

-Elle va bien, dis-je aussitôt pour la rassurer.

Elle soupira de soulagement, mais très vite, voyant que je n'en devenait pas moins sérieux, elle fronça les sourcils et me regarda avec insistance.

-Elle était en train de faire ses bagages, déclarai-je. Elle part vivre chez Klaus.

Son magnifique visage se décomposa. Son regard se détacha du mien et ses yeux se tournèrent dans toutes les directions, comme si elle cherchait quelque chose du regard. Sa respiration se fit plus rapide et je vis que ses yeux commençaient à briller alors que les larmes s'y installaient. J'entendis les pas rapides de Rose qui revenait une glace à la main. Elle s'arrêta et nous regarda avec surprise, ne comprenant pas ce qu'il se passait.

-Elena ? Appela-t-elle de sa petite voix angélique.

Je levai les yeux vers ma fille. Elle regardait sa mère avec inquiétude. Je lui fis signe de venir vers moi et elle vint s'asseoir sur mes genoux. Je retournai ensuite les yeux vers Elena. Elle fixait un point sur le sol sans bouger.

-Elena... Soufflai-je.

Elle releva très vite la tête vers moi et afficha un grande sourire qui faisait contraste avec la larme qui coulait lentement sur sa joue. Elle ne voulait sûrement pas inquiéter Rose.

-Tout va bien, tout va bien, répondit-elle rapidement. Et si on se baladait un peu ? Pour se dégourdir les jambes..

J'acquiesçai sans hésitation, comprenant qu'elle avait besoin de se changer les idées. Nous nous levions et commencions à avancer. Je pris la main de Rose et au bout de quelques minutes, je glissai ma main dans celle d'Elena. J'entrelaçais mes doigts au sien en la regardant. Elle fixait un point droit devant elle sans m'adresser un regard. Je la voyais se mordre la lèvre pour s'empêcher de pleurer. Je détestai la voir comme ça. Je me sentais inutile. Je ne pouvais rien faire pour elle, à part lui prendre la main. J'étais tellement en colère contre Caroline. Comment pouvait-elle lui faire ça ?

PDV Caroline

Je déposai deux de mes valises sur mon lit tandis que Klaus déposait les autres dans un coin de la pièce. Je soupirai et me tournai ensuite vers lui. Il me regarda avec un petit sourire. Pas le sourire sincère que j'aimais voir sur son visage, mais le petit sourire mesquin qui montrait à quel point il était diabolique.

-Ça t'a plu, hein ? Demandai-je. Ça t'a plu de lui annoncer personnellement que j'emménageai chez toi ! Tu ne pouvais pas me laisser lui dire en douceur ?!

Doucement, son petit sourire disparu et il plissa les yeux avec un regard noir. Je voyais bien qu'il n'était pas habitué à ce qu'on lui parle ainsi. Je restai là, à le regarder, attendant qu'il me remette à ma place. Mais il resta silencieux.

-Tu ne vas rien dire ? Demandai-je.

-Qu'est-ce que je pourrais dire ?

-J'en sais rien... T'énerver... Me remettre à ma place... Faire ton grand méchant loup.

Il baissa les yeux , ne semblant plus vouloir me regarder, ou n'assumant pas la réalité de mes propos. Je le regardai en silence, attendant qu'il réagisse, qu'il me réponde. Je m'assis sur le lit en soupirant et il vint me rejoindre. Un petit silence plana sur la pièce avant qu'il ne prenne la parole.

-Oui, dit-il. Ça m'a plu de lui annoncer personnellement. Je n'y peux rien, je suis comme ça. Stefan m'a blessé lorsqu'il s'est enfui. Je pensais que nous étions devenus amis et il est parti à la première occasion. Alors oui... ça m'a plu de lui annoncer ça. Je... je suis désolé.

Je relevai la tête vers elle en fronçant les sourcils. Je m'attendais à tout, sauf à ça. Des excuses de la part de Klaus. Si il y a bien quelque chose que je pensais ne jamais entendre, c'était bien ça. Il planta ses grands yeux bleus dans mon regard et je pus voir qu'il était sincère. J'étais perdue, j'avais devant moi une personne complètement différente de celle que j'avais vue chez moi un peu plus tôt dans la journée. J'avais l'impression de connaître deux Klaus. Le Klaus démoniaque qui voulait tué mon amie, et le Klaus qui était gentil, drôle et protecteur que j'avais rencontré il y a quelques temps. Klaus se leva et s'avança vers la sortie de ma chambre.

-Pourquoi est-ce que tu fais ça ? Demandai-je alors qu'il était sur le point de sortir.

Il se tourna vers moi en fronçant les sourcils, ne comprenant pas de quoi je voulais parler.

-Pourquoi est-ce que tu agis comme ça ? Je sais qu'il y a du bon en toi, je l'ai vu. Mais d'un autre côté, tu reste cet être détestable.

Il me regardait avec incompréhension.

-Pourquoi tu fais tout ça ? Tu pourrais avoir tellement plus si tu restais cette personne !

-Quelle personne ? Demanda-t-il.

-L'homme gentil, attentionné, drôle et protecteur que j'ai rencontré ici ! M'exclamai-je.

-Tu le sais... Souffla-t-il.

-Pour ta famille ? Demandai-je.

Il me lança un regard plein de tristesse, mais incroyablement déterminé. Il ferait n'importe quoi pour sa famille, je le savais. Il aimait sa famille plus que tout, il n'y avait aucun doute là-dessus.

-Tu n'as qu'à les réveiller ! M'exclamai-je. Réveilles-les et explique leur pourquoi tu leur as fait ça ! Ils comprendront ! A vous cinq vous ne risquez rien ! Peu importe qui est ce chasseur, il ne pourra rien contre vous !

-Tu ne sais pas de quoi tu parles ! S'exclama-t-il commençant à s'énerver.

-Je t'en prie ! Réveilles-les et renonce à tuer Elena, dis-je en m'approchant de lui. Je t'en supplie. Je t'aiderais ! Je t'aiderais à protéger ta famille et Damon aussi ! Je le convaincrais !

-Tu ne peux pas comprendre ! Si je les réveille ils ne comprendront pas !

-Mais bien sûr que si ! Ils sont ta famille ! Rien n'est plus fort que les liens d'une famille.

Il s'approcha de moi et je reculai de plusieurs mètres. Il me plaqua contre le mur et me regarda avec colère.

-Tu vas trop loin, dit-il. Tout cela ne te regarde pas.

-Je t'en prie... Renonce à tuer Elena...

Il me regarda droit dans les yeux, mais aucune pitié, aucun doute n'habitait son regard. Il continuerait quoi qu'il arrive. Il se recula lentement et quitta la pièce. Je posai ma tête contre le mur. Je ne pouvais rien faire pour l'arrêter. Soudain, j'entendis une voiture démarrer et s'éloigner. Je restai à l'écoute quelques instants et face au silence qui régnait dans la maison, je compris que Klaus était parti. Une idée me vint alors en tête. Une idée qui me vaudrait les foudres de Klaus. Il me le ferait payer, s'en était sûr. Et rien ne disait que j'y survivrais. Mais c'était le seul moyen de sauver Elena. Je sortis de ma chambre et me dirigeai tout au bout du couloir. Je m'arrêtai devant la porte. J'entrai dans la pièce complètement sombre. Je n'étais pas revenu depuis que Klaus m'avait montré cette pièce. Des fois, je le voyais y entrer et rester là-dedans durant des heures. Il se confiait à eux m'avait-il dit. Je n'avais jamais écouté ce qu'il leur disait. Il avais beau être Klaus, il avait le droit à son intimité. J'allai ouvrir les rideaux et le soleil envahit toute la pièce. Les quatre cercueils étaient toujours là, à leur place. Je m'approchai de celui d'Elijah. Il serrait le plus facile à convaincre et il pourrait me protéger contre les autres qui me tueraient sûrement. J'ouvris le couvercle et sans aucune hésitation, je retirai la dague qui était planté dans son cœur. Puis j'allai m'asseoir à la fenêtre, attendant qu'il se réveil. Je savais qu'à présent, lorsque Klaus reviendrait tout aurait changé. En faisant cela, je disais au revoir à ce lien que j'avais créé avec lui. Il allait me détester. Et quelque part, même si c'était Klaus, j'étais triste de le perdre. Je n'avais pas envie de le perdre.

Voilà le nouveau chapitre ! Dites-moi ce que vous en avez pensé !