Bonjour,

Me revoilà (déjà ! Pour une fois ! ) avec un nouveau chapitre ! Direction la Coupe du Monde de Quidditch et le camping ! Oui oui,un Mangemort ça campe aussi ^^

Un grand merci pour les reviews ! Ca fait plaisir de voir que malgré la longue attente ma fic est toujours lue ^^

A bientôt et bonne lecture !

Chapitre 17 : Le Portoloin

Si mes souvenirs étaient bons, le départ avait été fixé à sept heures du matin. Il était six heures trente – la pendule du hall venait de sonner – quand je franchis la porte.

Dans le hall majestueux, l'elfe s'affairait à ensorceler un grand sac. En me voyant arriver, il s'inclina sans mot dire. Pas une parole ne s'échappa de ses lèvres fines lorsqu'il vit la mare de boue et de poussière qui se forma après mon passage.

D'un pas vif, je me dirigeai vers la salle à manger. Ils seraient sans aucun doute encore attablés là-bas. La porte s'ouvrit sans bruit et personne ne s'aperçut de ma présence. Un instant, mon regard les observa avec intensité : Théodore qui dévorait avec voracité son petit déjeuner, son père toujours aussi calme et posé … Je m'attardai plus longuement sur lui.

Cela faisait trois jours que j'avais fui et Richard avait fort changé : le temps semblait s'être abattu avec force sur lui et un pincement dans le coeur me rappela que j'en étais sans doute la principale responsable. En remettant les pieds ici, j'avais décidé de faire comme si j'avais jeté un Oubliette sur ce qui s'était passé dans cette même pièce et qui avait provoqué ma fuite.

Ce fut Théo en relevant les yeux qui m'aperçut le premier. Le sourire qui naquit sur ses lèvres se fana bien vite en voyant l'état dans lequel je me trouvai.

- Tante Charlotte !

A son tour, Richard lâcha des yeux la Gazette du Sorcier et nos regards se croisèrent. Je réservai mon seul sourire à Théo, préférant ignorer son père.

Sans mot dire, je me servis un thé que je sirotais debout, par égard pour les chaises au tissu délicat que la boue ne pourrait qu'abîmer.

- Père était prêt à revendre ta place au marché noir, me gronda Théo.

Je voyais bien que le jeune sorcier brûlait de me demander où j'étais passée et pourquoi mais qu'il n'osait pas, l'attitude de Richard et moi y étant sans doute pour quelque chose.

- Je peux repartir … marmonnai-je en réponse.

Mon regard glacé se posa sur Richard.

- Ce n'est pas ce que souhaite Théo, me répondit-il sur un ton qui faisait écho à mes yeux.

Je fis quelques pas et vins me planter près de l'ancien Mangemort.

- Et toi que souhaites-tu ?

Il soupira, une étincelle éteinte brilla dans ses yeux.

- Tu le sais très bien … murmura-t-il dans un souffle ténu.

Il me dévisagea des pieds à la tête avant de poursuivre un peu plus fort.

- Tu as tout juste le temps de prendre une douche. Dans le doute, Pipo avait tout de même préparé tes affaires … Le portoloin sera actif à sept précises ! Sois ponctuelle ! Nous ne t'attendrons pas.

Je hochai la tête sans mot dire et quittai la salle à manger, sous le regard interrogateur de Théo qui avait sans nulle doute senti le gouffre immense qui s'était creusé entre son père et moi.

Reprendre une allure plus humaine ne fut l'affaire que de quelques minutes. A sept heures moins dix j'étais dans le hall, devant un des miroirs en train d'attacher la fibule en argent de ma cape. Le reflet de Richard apparut dans mon dos.

- Où étais-tu ? Demanda-t-il de but en blanc. Je t'ai cherchée au cottage …

- Je sais … J'ai vu ton parchemin … quand je suis passée en coup de vent …

Il secoua la tête bizarrement avant de poursuivre.

- As-tu trouvé quelque chose ?

Je fit non de la tête.

- Rien, grognai-je. J'ai … abandonné …

Devant cet aveu, je baissai la tête. Un instant, l'envie de porter mes pas jusque Little Hangleton m'avait traversée l'esprit mais je n'avais pas mis cela à exécution … Qu'aurai-je vu là-bas ? La même maison délabrée qui n'avait pas bougé depuis plus de treize ans? La même couche de poussière sur le sol ? Les mêmes pièces vides ? Je n'avais plus de courage de remettre les pieds, le coeur battant, dans un ancien repaire pour me retrouver seule face au vide. Alors j'étais rentrée.

- J'ai fait quatre cachettes … en vain … Je n'avais plus la force d'en faire … d'autres …

Richard esquissa un geste dans ma direction mais se retint au dernier moment de me prendre dans ses bras. Ses mains m'effleurèrent simplement une fraction de seconde avant de remonter vers mes épaules. Comme une excuse à son geste, il réajusta ma cape et remonta ma capuche sur ma tête.

- Je … commença-t-il.

Mais au même moment, la porte s'ouvrit et Théodore déboula excité par l'idée d'aller à la Coupe du Monde de Quidditch. Sans trop nous regarder, il se mit à hurler.

- On va être en retard ! Le portoloin ne nous attendra pas !

Richard acquiesça en silence. Puis il donna le signal de départ. Normalement pour cette Coupe du Monde Quidditch, c'étaient aux sorciers d'aller à la rencontre du portoloin, pas nous … C'était l'avantage de la position de Richard à Sainte Mangouste. Il nous fallait juste sortir de la propriété.

Quelques instants plus tard, nous entourions tous les trois une vieille théière ébréchée. Richard jeta un coup d'oeil à sa montre à gousset en or et fit signe qu'il allait être l'heure.

J'attrapai le bec tandis que Richard et Théo touchèrent l'anse. Il était temps. A peine eûmes-nous attrapé le vieil objet cassé que le portoloin fonctionna.

La sensation était toujours aussi désagréable : l'impression qu'un crochet attrapait le nombril pour nous happer.

Quelques secondes plus tard, nous étions arrivés à destination. Je retins de la main Théo pour qu'il ne tombe pas lourdement sur le sol. Le jeune sorcier n'était pas habitué à voyager ainsi. Il fit une drôle de grimace tandis que je remettais ma capuche sur mes cheveux. Richard était déjà en train de discuter avec deux sorciers. J'entraînai Théo un peu plus loin : il ne manquerait plus qu'une autre arrivée de portoloin nous tombe dessus. Du coin de l'oeil, j'observai Richard et les deux sorciers du Ministère. Celui qui était vêtu d'un kilt et d'un poncho récupéra la théière et la jeta avec les autres portoloins dans une boîte. En y regardant de plus près, je vis plusieurs vieux objets moldus : journaux, canettes, bottes, ballon crevé... Rien de bien reluisant mais il fallait bien cela pour protéger les portoloins de la curiosité des moldus.

Le sorcier au costume de tweed avait l'air épuisé, il regarda son parchemin et indiqua une direction à Richard.

Ce dernier nous rejoignit, il semblait avoir retrouvé un peu le sourire. Se tournant vers Théo, il lui expliqua notre destination.

- Premier champ. Il faut trouver un moldu du nom de Roberts …

Je fis la grimace en silence.

La brume montait doucement sur la lande déserte et bientôt des silhouettes de tentes dressées jusque l'horizon prirent des allures de fantômes torturés. Un petit bois sombre se dessinait aussi dans les bras mouvants de la brume.

Quelques sorciers se pressaient devant l'entrée du camping. Le propriétaire des lieux ne semblait plus en état d'accueillir les campeurs. Il était assis sur une chaise devant sa maisonnette de pierre, le regard dans le vide comme s'il avait stupéfixé. Il se balançait d'avant en arrière en marmonnant des paroles difficilement compréhensibles :

- Emplacement trente, emplacement dix-huit, pour une nuit …

Trois sorciers semblaient avoir pris sa relève et dirigeaient les arrivants vers leur emplacement de tente.

Tandis que nous patientions, Richard observait le moldu et soudain le médicomage reprit le dessus.

- Trop d'oubliettes, commenta-t-il.

Il leva les yeux au ciel.

- Comme s'il y avait besoin d'impliquer des moldus là dedans … continua-t-il à grommeler.

Mais il se tut bien vite car c'était à nous. Comme quelques minutes auparavant, je laissai Richard gérer tout cela, restant en retrait avec Théo. Ce dernier regardait avec un mince sourire son père se débattre avec l'argent moldu que lui réclamait le sorcier. En échange de petits morceaux de papier moldus, Richard récupéra un plan du camping. Il retourna vers nous, observa le plan où notre emplacement était marqué d'une croix avant de nous conduire non loin du petit bois.

- Nous ne sommes pas très loin du stade, expliqua-t-il. Un emplacement idéal.

Il nous fallut grimper une petite pente. Nous étions à présent dans la bonne allée, à deux rangées du petit bois. Trouver notre emplacement fut un jeu d'enfant d'autant plus que le carré d'herbe vide arborait une petite pancarte où était inscrit « Nott ».

Les tentes qui nous entouraient étaient des plus extravagantes. On aurait dit des châteaux miniatures en tissu avec tours et tourelles violettes et vertes.

Richard soupira en examinant avec attention l'espace de gazon qui allait devenir notre chez-nous pour quelques heures.

Il sortit un minuscule paquet de sa poche et le posa au centre de l'herbe perlée de rosée. Puis il se saisit de sa baguette et la pointa vers le paquet. Trois sorts plus tard, notre « tente » était dressée.

- Où as-tu été dénicher ça ? M'exclamai-je en voyant la demeure luxueuse en tissu qui allait nous accueillir.

La tente n'avait de nom que la tente et sans doute juste le fait que la bâtisse était en toile. On aurait dit une petite maison : rien ne manquait : la porte, les fenêtres, un étage, un toit en toiles noire set même une cheminée. Devant la tente, se dressait une tonnelle envahie par le chèvrefeuille et la glycine. Une petite table en fer forgé et quatre chaises étaient à moitié caché par cette végétation odorante.

Je jetai un regard suspicieux à Richard.

- Tu n'as pourtant jamais fait de camping … Comment as-tu eu cette tente ?

- C'est Sainte Mangouste qui l'a mise à ma disposition. Ils ne m'ont pas uniquement fourni les billets. On m'a assuré qu'elle était confortable … Nous verrons bien et puis ce n'est que pour une nuit, normalement …

Sauf si la finale durait plus longtemps … Après tout, on savait très bien quand commençait un match de Quidditch mais jamais quand il terminait …

- Allons visiter, proposa alors Théo qui le premier s'engouffra à l'intérieur.

M'approchant à mon tour de la porte d'entrée, je remarquai alors le petit banc sous une des fenêtre et une cloche accrochée au-dessus de la porte, une chaîne descendait le long du chambranle. La toile qui formait les murs avait des motifs imitant la pierre. Ce n'était qu'en posant la main dessus qu'on se rendait compte que ce n'était pas du granit mais du tissu.

- Pas mal, concédai-je.

- Nous n'allions tout de même pas dormir à la moldu ! Rétorqua Richard avant d'entrer à son tour à l'intérieur.

Je le suivis en silence. Sainte Mangouste n'avait pas menti. Nous avions là tout le confort dont on pouvait rêver : une cheminée dans le salon, une cuisine avec tout l'équipement nécessaire à un elfe pour faire à manger. Une salle à manger avec un impressionnant lustre en cristal. A l'étage il y avait trois chambre, un bureau et une salle de bain avec baignoire.

Nous venions à peine de finir le tour du propriétaire que l'elfe arriva avec nos bagages. La petite créature s'occupa d'installer nos affaires avant d'investir la cuisine. Quelques instants plus tard, il revint avec un plateau en argent sur lequel il avait disposé le service à thé.

Comme la brume se levait lentement, chassée par les premiers rayons du soleil,nous décidâmes d'investir la tonnelle.

Tout en sirotant le liquide ambré, Richard nous avertit.

- Je dois retrouver Lucius, nous annonça-t-il.

Il se tourna vers moi.

- Peux-tu rester avec Théo ? L'accompagner s'il veut faire un tour … Je préférerai qu'il ne se promène pas tout seul ici...

Théo allait protester qu'il était sans doute assez grand pour se débrouiller tout seul, mais Richard le fit taire avant qu'il ne commence à parler d'un geste sec de la main. Il darda son fils d'un regard sévère.

- Il y a tellement de monde et des sorciers pas forcément fréquentables … donna-t-il comme explication au jeune adolescent.

J'opinai du chef en silence. Richard avait raison, le camping n'abritait pas malheureusement que des sang-purs, bien au contraire !

L'ancien médicomage termina son thé et prit congé de nous.

Théodore était pressé d'aller se promener aussi m'obligea-t-il à finir rapidement ma tasse. Je n'étais guère enchantée de me mêler à la foule. J'avais toujours cette petite crainte que quelqu'un me reconnaisse … Mais c'était un risque infime à courir.

Le visage dissimulée dans l'ombre de ma capuche, j'emboîtai le pas à Théo qui m'entraîna dans les allées du camping.

Il y avait beaucoup de monde. Des sorciers du monde entier s'étaient donnés rendez-vous là. Des brides de conversation dans différentes langues se mêlaient pour former un brouhaha désagréable. Les tentes multicolores partaient à l'assaut du moindre espace vide et leurs propriétaires affichaient tout en couleur leur équipe préférée. Il fallait reconnaître que les Irlandais avaient fait fort : un véritable champ de trèfle semblait être sorti du sol.

Des marchands ambulants transplanaient un peu partout et les économies de Théodore fondirent rapidement. Le jeune sorcier fit l'acquisition de Multiplettes en prévision du match de ce soir, il s'acheta aussi une rosette aux couleurs de l'Irlande ainsi que d'autres gadgets arborant tous ou le vert ou le trèfle irlandais. L'adolescent était comme sur un nuage, me parlant sans cesse du match à venir, des joueurs et du possible résultat. Bien qu'étant hermétique au Quidditch, son enthousiasme m'arracha quelques rires et sourires.

Fatigués, nous retournâmes à notre tente. L'après-midi était déjà bien avancé : nous n'avions pas vu le temps passer. L'elfe avait préparé quelques sandwichs froids que Théo engloutit avec appétit. Profitant d'un chaud rayon de soleil, il sortit une couverture, la déplia et s'allongea dessus. Le regard perdu dans le ciel sans nuage, il croisa ses bras derrière la tête. Je m'assis à côté de lui sans mot dire. Pour ma part, je regardais, sans vraiment les voir, les sorciers qui s'agitaient autour de nous. Au loin, les gratte-papiers du Ministère s'agitaient vers le petit bois, préparant sans doute fébrilement la finale qui débuterait dans quelques heures.

Théo bougea et se retourna sur le ventre. Son menton s'appuyait sur ses mains croisés. Il leva les yeux vers moi, pensif.

- Tante Charlotte ?

- Oui ?

- Père et toi ? Vous vous êtes disputés ? C'est pour cela que tu as disparu pendant ces trois jours ?

Je hochai la tête en silence, la gorge un peu nouée. Nullement impressionné par mon silence, le Serpentard poursuivit.

- A propos de quoi ?

J'émis un petit rire désabusé. Je ne savais plus vraiment pourquoi j'avais fui … Pour la réaction de Richard, ces paroles indignes de lui ou pour le baiser … Sans doute un peu des deux …

Penchant la tête sur le côté, je dévisageai le sorcier.

- Une divergence d'opinion, dirons -nous …

Autant jeter un Oubliette sur la deuxième cause …

Machinalement, ma main droite avait frotté mon avant-bras gauche, là où j'en étais certaine ma Marque était réapparue un bref instant. Ce geste n'échappa pas à Théodore. Il fit claquer étrangement sa langue dans sa bouche et se redressa soudain. Il s'assit en tailleur face à moi et planta son regard noir dans le mien. Il resta de longues minutes ainsi à me sonder en silence, l'air grave. Je voyais bien que des questions lui brûlaient les lèvres mais qu'il n'osait pas me les poser. Il finit par baisser le regard qui s'arrêta quelques secondes sur mon avant-bras que je me tenais toujours.

Il inspira alors bruyamment comme s'il prenait son courage à deux mains. Il croisa de nouveau mon regard interrogateur. Les mots sortirent alors à toute vitesse.

- Tu as lancé beaucoup d'Impardonnables ?

Un nouveau rire désabusé m'échappa de nouveau.

- Plus qu'on pourrait le compter …

Le regard grave du petit sorcier ne me lâchait pas.

- Tu … tu as tué beaucoup de gens ?

- Oui, soufflai-je.

Il hocha de la tête. Je ne faisais que confirmer ce qu'il savait déjà.

- Et … et Père ?

- Je ne peux pas répondre à sa place …

Voyant alors son regard insistant, je soupirai et lui offris une demi-réponse.

- Tu dois bien connaître la réponse à ta question, Théodore …

Il ne dit rien. Le sorcier baissa la tête un moment, comme s'il méditait ce que je venais de dire.

- Et … et ça fait quoi ? De lancer un Doloris … ou un Avada ?

Il avait nommé ce dernier sort dans un souffle comme s'il en craignait le nom. Sa question me surprit et je le regardais avec étonnement.

Que pouvais-je lui répondre ? Sûrement pas la vérité ! Théo n'était qu'un gosse je n'allais pas lui avouer qu'il n'y avait que peu de sensations qui pouvaient égaler celles qu'on avait lorsqu'on pointait sa baguette sur quelqu'un sachant qu'on avait le droit de vie ou de mort sur celui qui nous faisait face … Qu'il n'y avait nulle musique plus agréable que les cris de souffrance qui vrillaient les oreilles lorsque l'éclair du Doloris venait à toucher sa cible …

En songeant à cela, un frisson nullement désagréable me traversa la colonne vertébrale et une lueur longtemps éteinte se ralluma un bref instant dans l'émeraude de mes yeux.

Je me penchai lentement vers Théo. Mes lèvres frôlèrent sa joue avant de s'approcher de son oreille pour lui souffler quelques paroles presque inaudibles.

- C'est quelque chose qu'on n'oublie jamais, Théodore. Une sensation qui te marque au fer rouge à jamais … Aussi séduisante que dangereuse, conclus-je.

Je me reculai lentement le dévisageant avec intensité. Une petite voix me murmurait que Bella n'aurait pas mieux résumé la chose tandis qu'une autre voix – plus raisonnable - hurlait dans ma tête que Richard allait me tuer s'il avait écho de cette conversation. Mais je savais très bien que Théo ne lui en parlerait jamais …

- Me … me … montreras-tu ? Lança-t-il soudain.

Sa question me figea soudain. Interdite je me demandais soudain si c'était bien mon Théo que j'avais devant moi. J'avais été à cent lieues de m'imaginer que cette part de la magie aurait pu autant le fasciner. Dans ma tête,Théo ressemblait bien plus à sa mère qu'à son père. Même si les convictions d'Appolonia étaient fortes, ce n'était pas au point qu'elle passe à l'acte et pour moi Théo suivrait sa voie et non celle de son père.

- Me montreras-tu ? Insista-t-il avec une pointe plus sèche dans la voix.

- Ton père me tuera si je fais cela, lui rétorquai-je.

Un petit rire moqueur s'échappa de ses lèvres.

- Et depuis quand écoutes-tu mon père ?

Il n'avait pas tort.

- La question n'est pas là,Théodore Nott, répliquai-je sèchement. Je parle de respect et de confiance...

Le regard de Théo se durçit.

- Dois-je demander au père de Drago?me nargua-t-il.

Ce fut à mon tour de lui lancer des yeux noirs.

- Vas-y ! Lucius te fera la même réponse que moi …

Théo éclata de rire.

- Quelle réponse ? Tu n'as dit ni oui ni non …

Le jeune homme venait de marquer un point.

- Pourquoi ? Lui demandai-je tout à coup. Pourquoi veux-tu que je te montre cela ?

Je devais avouer que j'attendais sa réponse avec une certaine impatience. Il haussa des épaules et reprit la parole d'un air désinvolte.

- Par curiosité … Pour comprendre aussi …

Pour comprendre … là je reconnaissais mon Théo … Je ne dis rien.

- Alors ?

-Tu es trop jeune, Théodore … Tu n'es encore qu'un enfant …

Ma réponse le vexa, je le vis dans ses yeux. Il serra ses poings ce fut sa seule marque de colère car lorsqu'il me parla de nouveau, ce fut d'un ton très calme et détaché.

- Et toi ? Quel âge avais-tu ? Et Père ?

Un léger soupir d'agacement s'échappa de mes lèvres presque closes.

- Ce n'était pas pareil, Théo … Les circonstances étaient différentes …

- Et alors ?

- De toute façon, ce ne sont pas des sorts que tu peux « essayer » comme cela, répliquai-je. Tu ne pourrais pas les jeter !

- Alors pourquoi refuses-tu de me montrer …

Un nouveau soupir s'échappa de mes lèvres … Seul mon silence lui répondit. Car si je lui disais le fond de ma pensée, nul doute que je le vexerai. Théodore n'était pas fait pour la magie noire … Il n'avait pas assez de noirceur, pas assez de ténébres en lui … Je n'arrivais tout bonnement pas à m'imaginer le jeune sorcier lancer un jour un Impardonnable.

Soudain, avant qu'il ne repose sa question, son visage changea. Il se leva brusquement et disparut. Je tournai la tête : Richard venait d'arriver.

- Je vais chercher mes affaires ! Cria Théo déjà presque rentré dans la tente.

Car le retour de Richard ne voulait dire qu'une seule chose : il allait être temps de se diriger vers le terrain de Quidditch. La finale allait débuter !