PDV Elena
J'étais allongée dans ma chambre, mon ordinateur sur les genoux, tentant une nouvelle fois de trouver de l'inspiration pour la suite de mon roman. Mais rien ne venait. A vrai dire, je n'arrivais à penser qu'à la conversation que j'avais eu avec Caroline et Damon le matin même. Enfin, plutôt la dispute que nous avions eu. Damon était repartis au manoir peu de temps après, ne semblant pas vouloir en parler tout de suite. Il voulait sûrement y réfléchir tout seul. Je n'avais rien fait de la journée. Jérémy et Eve étaient sortis je ne savais où et je m'étais retrouvée toute seule dans la maison. Je devais l'avouer, je m'étais peut-être un peu emportée. J'aurais dû faire comme Damon et en parler calmement avec Caroline. Essayer de la comprendre. Mais voir qu'ils étaient tous les deux compatissant envers l'homme qui me voulait morte... Je ne l'avais pas supportée. La nuit commençait à tombée quand quelqu'un sonna à la porte. Je me dépêchai de descendre les escaliers et ouvris la porte. Une petite fille aux cheveux noirs se jeta contre mes jambes et m'encercla de ses bras, manquant de me faire tomber. Je ris légèrement en serrant Rose contre moi. Je pris soin d'éviter le regard que me lançait Damon, qui était sur le pas de la porte.
-Elle avait envie de te voir, dit Damon en faisant une légère grimace, ayant compris qu'il n'était pas forcément la personne que je voulais voir tout de suite.
Je lui répondis par un petit sourire, lui montrant que ça ne faisait rien. Rose libéra enfin mes jambes et entra dans la maison. Je fis signe à Damon de la suivre, voyant qu'il hésitait légèrement.
-Je suis désolé d'être parti comme ça ce matin, dit-il. J'avais besoin...
-D'y réfléchir, terminai-je. Je m'en suis doutée.
Il me fit un petit sourire gêné. Rose s'approcha de moi et commença à tirer machinalement sur mon T-shirt pour que je me tourne vers elle.
-On en parlera tout à l'heure, me dit Damon en souriant.
J'acquiesçai simplement avant de baisser les yeux vers Rose en affichant un grand sourire.
-J'ai faim, dit-elle simplement.
Je ris légèrement et la soulevai du sol pour la prendre dans mes bras. Damon avait aussi rigolé devant la manière dont Rose avait demandé que l'on lui donne à mangé.
-Rose... Dit-il en lui faisant les gros yeux.
La petite fille rougit aussitôt et leva vers moi des yeux qui imploraient mon pardon, ce qui me fit sourire encore plus. Elle était tellement belle, tellement gentille.
-Est-ce que je pourrais manger ? Demanda-t-elle d'une petite voix. S'il te plaît ?
-Bien sûr ma puce, je vais te préparer quelque chose, répondis-je.
Je l'emmenai dans la cuisine et la déposai sur une chaise. Damon nous avait suivis et s'était assis face à elle. Je commençais à préparer quelque chose à manger quand je les entendis rire. Je me tournai vers eux et restai immobile devant ce que je voyais. Rose était à présent assise sur ses genoux et ils rigolaient tous les deux alors que Damon s'amusait à la chatouiller ou à faire n'importe quoi avec les cheveux de la petite fille. Cette dernière éclata de rire. Elle était tellement belle, et semblait tellement heureuse. Lorsque j'avais appris que j'étais enceinte, c'est cela que je voyais pour mon avenir. Moi préparant un bon repas pour mes deux amours qui attendaient patiemment en m'accordant la joie d'entendre leurs éclats de rire. Mais je n'aurais jamais imaginé le tiers de ce qu'il s'était vraiment passé. Je n'aurais jamais imaginé le tiers de ce que j'avais fait pour en arriver ici. Un pâle sourire apparut sur mes lèvres et après avoir profondément inspiré, je me remettais au travail.
PDV Caroline
Nous venions d'atterrir à Bordeaux avec Klaus. Et après onze heures de vol, nous avions encore presque deux heures de route pour arriver à Royan, la ville où mon père possédait une maison. Le pire dans tout ça, c'est que pour nous, nous étions en fin de journée. J'avais l'impression qu'il était presque minuit alors que le soleil commençait à se lever, ici, en France. Il était six heures du matin et malgré ces longues heures de vol que j'avais passé à dormir, j'avais l'impression de ne pas avoir dormis une seule seconde. Nous étions devant l'aéroport et essayions par tous les moyens d'attraper un taxi. Manque de bol, à chaque fois ils prenaient quelqu'un d'autre. C'était comme si on était invisible. Je levai le bras à nouveau en voyant un nouveau arriver. Mais il s'arrêta plusieurs mètres avant moi pour laisser monter deux jeunes filles habillées en mini-short.
-Peut-être que tu devrais te dénuder un peu, dit Klaus avec un petit sourire en coin.
Je me tournais vers lui et lui fis un faux sourire qui disparut très vite. Il rit légèrement.
-Arrête de rire, dis-je. Ça fait vingt minutes qu'on est là !
-Détends-toi, c'est pas si grave que ça...
-Je suis fatiguée Klaus, dis-je. J'aimerais dormir...
Il me fit un petit sourire alors que du coins de l'œil, je vis un taxi approcher. Je décidai de prendre les choses en main et courus me placer au milieu de la route. La taxi freina d'un coup et le conducteur se mit à hurler, attirant les regards vers nous. Je m'approchai de la fenêtre du chauffeur qui était ouverte.
-Désolée de vous avoir fait peur, dis-je. Nous allons à Royan.
Le conducteur soupira mais finit par acquiescer. Klaus riait tandis qu'il chargeait la voiture de nos valises. Moi j'allai m'installer sur la banquette arrière. Il me rejoignit une ou deux minutes plus tard et le taxi démarra. Ça y est nous étions enfin en route pour Royan.
-Que va dire ton père en me voyant ? Demanda Klaus.
-Je n'en sais rien...
-Et qu'est-ce que tu vas dire quand il me verra ?
-Je n'en sais rien, répondis-je.
Non, je n'en savais rien. Comment le présenterais-je ? Comme un ami ? Non, Klaus n'était pas un ami. Mais je ne pouvais pas vraiment le présenter en tant qu'ancien ennemi juré qui était aujourd'hui un potentiel amant. Et puis... ça faisait tellement longtemps que je n'avais pas vu mon père, que je ne savais pas ce que je lui dirais tout court. Je n'avais jamais osé revenir depuis ma transformation. Je n'en avais jamais eu le courage.
PDV Elena
Il était dans les environs de minuit et Damon était toujours là. Rose était partie dormir dans ma chambre il y a déjà un bon moment et nous discutions de tout et de rien avec Damon. Nous étions en train de nous remémorer quelques bons souvenirs de l'époque où j'étais enceinte, ce qui nous faisait bien rire. Je venais d'éclater de rire et doucement je me calmais alors que Damon avait planté son regard dans le mien. Son sourire disparut doucement et il finit par baisser les yeux.
-Tu es différente... Souffla-t-il. Par rapport à avant. Tu as plus confiance en toi, tu as moins de tolérance, de compassion. Que c'est-il passé ?
-Tu es partis, répondis-je. Tu as quitté la ville en m'effaçant la moitié de ma mémoire. À partir de ce moment-là, je n'étais plus moi-même. C'est dernières années m'ont changée.
Damon soupira simplement et ne répondit rien.
-Toi aussi tu as changé, dis-je. À l'époque, tu n'aurais jamais défendu Klaus.
Il releva doucement les yeux vers moi et parut attristé par ce que je venais de dire. Je ne le comprenais vraiment pas.
-Ce n'est pas que je le défend Elena, dit-il. Si il tente de te tuer, je serais le premier à m'interposer.
-Alors pourquoi est-ce que tu lui montre de la compassion ? Demandai-je.
-Parce qu'il n'y a pas si longtemps que ça, c'était moi l'ennemi numéro un.
Je restai sans voix devant sa réponse.
-Quand je suis arrivé ici, je voulais détruire cette ville et la vie de Stefan, ajouta-t-il. J'aurais tout fait pour atteindre mon but et j'y suis presque parvenu. Jusqu'à ce que tu me donnes ma chance. Tu n'as pas arrêté de me pousser à ressentir quelque chose et tu as cru en moi à des moments où même mon frère était prêt à me tuer.
Je restai sans voix devant sa réponse. Je fronçais légèrement les sourcils et m'apprêtai à lui dire que c'était totalement différent, mais il ne me laissa pas le temps de parler.
-Ne me dis pas que c'était différent, dit-il. Tu sais au fond que j'ai raison. Après tout ce que j'ai fait, vous m'avez tous pardonné et toi, tu as cru en moi, dès le début. Alors, je pense que l'on pourrait laisser à Klaus le bénéfice du doute.
-Tu n'as pas fait les mêmes choses que Klaus, dis-je.
-Non c'est vrai, affirma-t-il. Lui au moins est allé au bout de ce qu'il voulait faire. Elena... J'ai fait bien pire que ce qu'il n'a fait. J'ai tué Lexi, Tanner. Vicky est morte à cause de moi. J'ai essayé de tuer Stefan, Caroline, Bonnie, Jérémy, Alaric. Et mon plus grand rêve à l'époque était de te faire du mal.
-Mais tu as changé ! M'exclamai-je.
-Mais ça ne change rien au fait que j'ai essayé de tous vous tuer au moins une fois. Et pourtant vous m'avez tous pardonné. Alors si je peux donner à Klaus la même chance que tu m'as donné à moi, je la lui donnerais.
Je soupirai et baissai les yeux. Je devais l'admettre, il marquait un point. J'aurais tellement aimé trouver un argument pour le contredire, pour lui prouver que Klaus ne méritait pas qu'on lui laisse une chance. Mais si je lui en avais laissé une à lui, alors je devais faire pareil avec Klaus.
-Ce n'est pas juste, dis-je en commençant à pleurer.
-Je sais...
-Il a tué Jenna...
Damon me tira contre lui alors que j'éclatai en sanglots.
-Je sais... Je suis désolé... Dit-il. Mais ce ne serait pas juste non plus de le condamné alors qu'il a peut-être du bon en lui...
-Je ne peux pas oublier ce qu'il a fait à Jenna.
-Je ne te demande pas d'oublier, dit-il. Tout comme je n'ai jamais demandé à Stefan d'oublier ce que j'ai fait à Lexi. Et pourtant, il me l'a pardonné.
-Vous êtes frères, dis-je en me reculant.
-Et toi, dit-il. Tu me l'as pardonné ?
Je reniflais légèrement alors que de nouvelles larmes coulaient sur mes joues. Oui... Je lui avais tout pardonné. Je lui avais pardonné la mort de Lexi, Tanner et Vicky. Je lui avais pardonné d'avoir fait du mal à Jérémy, à Caroline, à Bonnie, et même à moi.
-La Elena que je connaissais, elle aurait tout fait pour raisonner Klaus, dit-il. Pour qu'il n'y ait aucun blessé. Surtout en sachant qu'il fait ça pour sauver sa famille. Tu ne peux pas lui en vouloir pour ça Elena. Si les rôles étaient inversés, je tuerais n'importe qui pour te sauver ou sauver Rose ou encore Stefan. Et j'espère que tu en ferais de même.
Je ne répondis rien à tout ce qu'il venait de me dire. Bien sûr que j'en ferais de même. Je tuerais bien plus qu'une seule personne pour protéger les gens que j'aimais. Il avait raison, comme la plupart du temps. Je finis par relever les yeux vers lui et par acquiescer. Il me fit un petit sourire qui se voulait rassurant et s'enfonça légèrement dans le canapé. Je m'allongeais et posai ma tête sur ses genoux. Je sentais la fatigue qui me gagnait alors que mes yeux se fermaient lentement. J'eus à peine me temps de sentir une main me caresser les cheveux avant de m'endormir.
PDV Caroline
L'arrêt de la voiture me réveilla et je me rendis compte que ma tête était posée contre l'épaule de Klaus. Je me redressai rapidement en passant mes mains sur mon visage pour me réveiller, faisant comme si de rien n'était. Je descendis de la voiture sans adresser un regard à Klaus qui était en train de payer le chauffeur. Je me plaçais face à une grande maison blanche. Un léger sourire apparut sur mes lèvres. Cet endroit m'avait tellement manqué. Je n'étais pas venue ici depuis le divorce de mes parents, sept années plus tôt. La porte d'entrée s'ouvrit soudainement, laissant apparaître un grand homme aux cheveux clairs qui devait avoir la quarantaine. Il resta immobile quelques secondes en me regardant avec incompréhension. Puis il vint vers moi et me prit dans ses bras.
-Caroline... Dit-il. Ça fait si longtemps. Tu m'as tellement manqué.
-Toi aussi papa... Soufflai-je.
Je le serrai dans mes bras aussi fort que je pouvais. J'avais presque oublié la façon dont je me sentais auprès de lui. Je me sentais en sécurité. J'avais l'impression d'être à nouveau moi-même. D'être la petite fille qui avait grandi auprès de ses parents dans le bonheur. Pas la jeune vampire qui c'était mise à dos presque tous ses amis. Mon père se recula et prit mon visage entre ses mains. Il me détailla du regard durant quelques secondes tout en continuant de sourire.
-Tu ne m'as même pas dit que tu venais, dit-il. J'aurais préparé quelque chose si j'avais su.
-Je voulais te faire la surprise, répondis-je en souriant.
Il rit légèrement et soudain, ses yeux s'arrêtèrent sur quelque chose derrière moi. Son sourire avait légèrement disparu et il paraissait confus et étonné. Je n'avais pas besoin de me retourner pour savoir qu'il regardait Klaus qui avait sûrement déjà finis de sortir les valises du coffre du taxi. Je l'entendis d'ailleurs s'approcher de nous. Je me reculais légèrement, rompant l'étreinte avec mon père.
-Papa, je te présente Klaus, dis-je. C'est un... ami. Klaus, voici Bill, mon père.
J'avais quelque peu hésité sur le terme a employé. Klaus avait tourné les yeux vers moi durant quelques secondes, paraissant surpris que je le présente comme tel. Après quelques secondes, le sourire de mon père réapparu et les deux hommes se serrèrent la main. Mon père attrapa l'une de mes valises et se dirigea vers la maison. Je le suivais du regard tandis que Klaus me fixait. Je finis par tourner les yeux vers lui.
-Pourquoi tu me regardes comme ça ? Demandai-je.
-Je ne pensais pas que tu me présenterais en tant qu'un ami, dit-il avec un petit sourire. Ça me fait plaisir.
-Comment aurais-je pu te présenter autrement ? Je n'allais pas dire que tu étais mon ennemi juré, mais que je t'appréciais tout de même malgré ton côté tueur sanguinaire.
Il me fixa quelques secondes avec un léger sourire au coin des lèvres.
-Tu aurais pu ne rien dire du tout, déclara-t-il.
Il me fit un grand sourire avant d'attraper deux valises et de s'éloigner vers la maison. Je restai figée sur place, me rendant compte qu'effectivement, j'aurais pu ne rien dire du tout. Je soupirai devant ma stupidité et finis par attraper la dernière valise. Je me dirigeai ensuite vers la maison. Vers cette maison. Ce lieu me rappelait tellement de choses, tellement de souvenirs. J'étais venue plus d'une centaine de fois ici accompagnée de mes parents, quand ils s'aimaient encore et que notre famille était unie. Les choses avaient bien changées depuis cette époque. J'avais bien changé. Je n'étais plus la même personne. Et je devais bien l'avouer, j'avais peur de trouver cet endroit différent. J'avais peur de ne plus me sentir aussi heureuse qu'avant ici.
PDV Elena
Je me réveillais en plein milieu de la nuit, toujours la tête posée sur les genoux de Damon. Sa main était toujours en train de me caresser les cheveux délicatement, ce qui m'indiqua qu'il ne dormait pas. J'ouvris les yeux et vis qu'il avait déposé sa tête contre le dossier du canapé et avait fermé les yeux, tentant sûrement de s'endormir.
-Tu ne dors pas ? Demandai-je tout bas.
-Je n'y arrive pas, chuchota-t-il en gardant les yeux fermés.
Après quelques secondes de silence, il ouvrit enfin les yeux me laissant admirer ses iris bleues que j'aimais tant. Il releva la tête et me regarda en souriant.
-J'avais peur que tu partes pendant mon sommeil, dit-il.
-Pourquoi est-ce que je serais partie ?
Son regard quitta le mien pour se fixer ailleurs. Il regardait dans le vide, sûrement pour repenser au passé, à tout ce qu'il s'était passé entre nous deux. Je n'eus pas besoin de plus pour comprendre que ce que j'avais fait il y a quatre ans le blessait encore, le faisait encore souffrir. Il avait peur. Il avait peur que je refasse la même chose. Je me redressai et m'assis à côté de lui. Je glissai ma main dans la sienne, ce qui lui fit relever les yeux vers moi.
-Parle-moi, dis-je.
Il soupira doucement et resta silencieux quelques secondes. Je pouvais voir la peur dans ses yeux. La peur de souffrir. La peur de me perdre. La peur de me blesser en avouant ce qu'il pensait vraiment.
-Je repensais à ce qu'il s'est passé quand tu étais prête à te sacrifier pour nous sauver, dit-il. Quand Klaus voulait faire son rituel.
Je détournai les yeux. Je m'en rappelais parfaitement. J'étais tellement dévouée à mes amis et ma famille à ce moment-là. Je serais morte pour les sauver. J'étais morte pour les sauver. Mais aujourd'hui les choses avaient changées. J'en avais marre de vivre pour les autres. Je voulais vivre pour moi. Je voulais être heureuse.
-Et je ne sais pas... Ajouta Damon. Je suis partagé entre le fait d'être heureux que cette fois-ci je sais que tu ne te jetteras pas dans la gueule du loup et le fait que tu sois peut-être devenue une personne égoïste. Et je ne sais pas quoi en penser parce que ce que j'aimais énormément ça chez toi ! Le fait que tu sois prête à n'importe quoi pour les gens que tu aimes. Ça faisait partie de toi, et j'aimais ça même si je n'approuvais pas toujours les décisions que tu prenais.
-Tu es en train de me dire que tu es content de savoir que je ne laisserais pas Klaus me tuer, mais qu'en même temps tu n'es pas sûr d'aimer la personne que je suis devenue ? Demandai-je.
Il tourna les yeux vers moi en se pinçant les lèvres, me montrant clairement que c'était exactement ce qu'il était en train de me dire. Je baissai la tête en soupirant. Je me mordis la lèvre, retenant les larmes qui menaçaient de couler. Je n'avais pas envie de le perdre. Pas encore. Damon m'obligea à relever la tête pour lui faire face et une larme coula lentement sur ma joue. Je tentai de sourire pour faire bonne figure, mais je ne pouvais pas lui mentir, pas à lui. Il me connaissait par cœur.
-Je ne dis pas que je ne t'aime plus Elena, dit-il. Je t'aime toujours. Je n'ai jamais cessé de t'aimer. Je dis juste que je suis un peu confus en ce moment. Avec toutes ces histoires.
J'acquiesçai simplement en souriant, lui montrant que je comprenais totalement ce qu'il ressentait. Il me fit un petit sourire et mes yeux se posèrent sur ses lèvres. Elles me manquaient tellement. J'arrivais à peine à me souvenir de la sensation que leur contact me procurait à l'époque. Je relevai mon regard vers les yeux de Damon avant de succomber à la tentation. Je ne voulais pas précipiter les choses. Je remarquai alors qu'il me regardait droit dans les yeux. Il se rapprochait lentement de moi. Je restai immobile, ne voulant pas faire de mouvement trop brusque. Si je m'étais écoutée, je me serais sûrement jetée sur lui. Il posa délicatement sa main sur ma joue. Le contact de sa peau contre la mienne fit remonter des milliers de souvenirs. Le souvenir de moments comme celui-ci. La seule différence était qu'à l'époque notre relation était cent fois moins compliquée qu'elle ne l'était maintenant. Il continuait de s'approcher lentement de moi et mon cœur s'accélérait de plus en plus. J'avais l'impression que j'allais exploser de l'intérieur. Mais soudain, la porte d'entrée s'ouvrit et des éclats de rire vinrent briser le silence qui régnait dans la maison. Damon se recula d'un coup et nous nous tournions vers l'entrée. Jérémy et Eve étaient là, tous les deux morts de rire et apparemment loin d'être sobres. Eve était allongée par terre tandis que Jer se tenait à la porte pour ne pas tomber.
-Jer ? Appelai-je pour faire remarquer notre présence.
Mon amie et mon frère levèrent la tête vers nous et parurent étonnés de nous voir ici. Ils tentèrent de retenir leur fou rire et Eve se releva avec difficulté en s'aidant de la rambarde de l'escalier.
-Euh... Dit Jérémy. Désolé, on pensait que tu serais couchée à cinq heures du mat'.
-Y'a pas de problème, dis-je.
-On va monter se coucher, dit-il en vacillant légèrement.
-Bonne idée, dis-je en riant à moitié. Ne faites pas trop de bruit, Rose dort dans ma chambre.
Ils me sourirent tous les deux et montèrent les escaliers en recommençant à rire plus doucement. Je levais les yeux au ciel en riant légèrement. Je regardais à nouveau Damon qui semblait un peu confus.
-Quoi ? Demandai-je.
-J'aurais pensé que tu allais lui faire un sermon, dit-il légèrement amusé. Ou au moins qu'il serait punis. Tu es devenue moins stricte qu'avant.
-Arrête, dis-je en lui tapant l'épaule. Je n'étais pas si terrible que ça. Et puis il est majeur maintenant, je n'ai plus vraiment mon mot à dire. L'important c'est qu'il soit heureux.
-Et est-ce qu'il l'est ? Demanda Damon.
Mon sourire disparut et je fronçais les sourcils en me mordant la lèvre.
-Ça a été dur, dis-je. Il a eu une mauvaise passe, mais ça va mieux. Je pense que passer du temps avec Eve lui fait du bien.
-Est-ce qu'il voit toujours les fantômes d'Anna et Vicky ?
Sa question me frappa en pleine figure. Je n'en savais rien. Je ne lui avais pas demander. J'avais été tellement occupée par cette histoire avec Caroline, que je n'avais même pas pris le temps de discuter avec mon petit frère qui avait du traverser ce truc de fantômes tout seul.
-Je n'en sais rien, dis-je en baissant les yeux. Je n'ai pas eu le temps d'en discuter avec lui pour l'instant.
Damon acquiesça simplement. Je sentais son regard peser sur moi tout comme le poids de la culpabilité. J'avais été une mauvaise sœur ces dernières années. Je me faisais la promesse de me rattraper très vite.
PDV Jérémy
Je m'affalai sur le lit toujours en riant. Eve alla s'asseoir dans le fauteuil et retira ses chaussures. Nous avions passé une superbe journée. Nous avions traîné et fait quelques magasins en discutant de tout et de rien. Puis, on avait finis dans un petit restaurant sympa et nous avions enchaîné les verres. On s'était vraiment amusé, et pour la première fois depuis longtemps, je me sentais vraiment bien. Mon rire se tut petit à petit et je tournais mon regard vers Eve. Elle avait posé sa tête contre le dossier du fauteuil et semblait être fatiguée. Mais elle était toujours aussi belle.
-J'ai passé une très bonne journée, dis-je.
Elle releva la tête vers moi et après quelques secondes, un petit sourire apparut au coin de ses lèvres, ce qui me fit sourire à mon tour.
-Je vais aller me coucher, dit-elle.
Elle se releva avec quelques difficultés et avança en vacillant jusqu'à la porte de ma chambre. Au dernier moment, je me levai et courus jusqu'à elle du mieux que je pus. Je lui attrapai la main et la tournai vers moi. Avant que je n'ai le temps de réfléchir, je plaquai mes lèvres contre les siennes. J'en avais eu envie toute la journée. Et toute la journée hier, ainsi que la journée d'avant. Je passai mes bras autour de ses hanches et la serrai contre moi. Elle ne bougeait pas d'un poil. Sûrement trop surprise pour réagir. Je me reculais, mettant fin au baisé. Elle me regardait avec de grands yeux stupéfaits.
-Pourquoi tu as fait ça ? Demanda-t-elle.
-Parce que j'en avais envie.
Un petit sourire apparut au coin de ses lèvres. Un sourire timide que je ne lui connaissais pas. Ses joues étaient devenues légèrement roses et elle se mordit la lèvre tout en souriant, ce qui me fit rire.
-Bonne nuit Jérémy, dit-elle.
-Bonne nuit... Soufflai-je.
Elle sortit de la chambre, toujours le sourire au lèvre. Elle referma doucement la porte derrière et j'allai m'allonger sur mon lit. Je fermai les yeux et repensai à ce baisé. Contrairement à ce que je pensais, ça m'avait fait du bien. Ça m'avait libéré d'un poids. Je venais de m'en rendre compte. Je devais arrêter de m'attacher au passé, je devais aller de l'avant. Je me déshabillai et ne gardai que mon caleçon pour ensuite me glisser dans mon lit. J'éteignis la lumière et m'installai confortablement. J'étais sur le point de m'endormir quand la porte de ma chambre s'ouvrit à nouveau. Je ne mis pas longtemps à deviner qu'il s'agissait d'Eve. Elle ne portait qu'un débardeur et un mini-short qui me laissait admirer ses longues et fines jambes. Un petit rire m'échappa quand elle monta sur mon lit pour venir vers moi à quatre pattes. Elle vint se glisser sous la couette à côté de moi. Je passai mon bras autour d'elle et elle se blottit contre mon torse.
Voilà le nouveau chapitre ! Dites-moi ce que vous en avez pensé !
