Bonsoir,

Me voilà vite de retour ^^

Merci pour les reviews ^^ En espérant que ce chapitre vous plaira ! Avec une Cissey un peu délurée ;)

Bonne lecture

Chapitre 18 : La Troisième Mi-Temps

Le stade se vidait lentement. Les sorties étaient encombrées par les sorciers qui acclamaient à haute voix les joueurs Irlandais qui venaient de remporter la victoire. Les supporters bulgares n'étaient pas en reste : malgré la défaite de leur équipe, toutes les lèvres chantaient les louanges de Krum dont la prouesse éclipsait quelque peu le goût amer de voir la nation du trèfle brandir la coupe.

Théodore exultait. Des étincelles illuminaient son regard habituellement si grave. Il avait entamé un débat avec son père sur les actions du match qu'ils repassaient encore et encore, les commentant chacun de leur point de vue.

Je les observai en silence un peu en retrait, un petit sourire sur les lèvres en voyant le jeune sorcier aussi heureux. Pour le moment, il semblait avoir oublié les projets qui avaient agité son esprit en fin d'après-midi et cela était tant mieux ! La perspective de relancer la conversation autour des Impardonnables ne m'enchantait guère … J'avais l'impression que la potion tournait à l'envers : Théodore qui soudain s'intéressait à la magie noire tandis que son père voulait s'en éloigner définitivement. C'était à ne plus rien comprendre.

Perdue dans mes pensées, je ne me rendis pas compte que Richard s'adressait à moi.

- … Lucius … un verre … soirée …

Voyant que je ne l'avais pas écouté, il me lança un regard noir.

- Si on te dérange, dis-nous le … soupira-t-il. Nous pouvons t'épargner notre présence !

Je préférerai ne rien répondre à cette pique injustifiée... Mais c'était dans le caractère de Richard. Il pouvait se montrer désagréable, froid et rancunier ...C'était cependant la première fois que je faisais les frais de cette facette colérique. Un frisson glacé me saisit et je resserrai contre moi ma cape pour tenter de chasser ce froid qui n'avait rien à voir avec la nuit d'été qui était tombée depuis longtemps.

Théo, lui, nous regardait en silence, son regard noir se posant successivement sur chacun de nous. Je secouai simplement la tête en faisant la moue.

- Visiblement c'est plutôt moi qui dérange … marmonnai-je. C'est moi qui vais vous laisser !

- Non ! S'exclama Théodore. Viens avec nous chez Lucius, tante Charlotte !

Ce fut uniquement pour le Serpentard que j'acceptais de rester un peu. Je pourrai toujours leur fausser compagnie un peu plus tard, si Richard ne changeait pas d'attitude.

Ce dernier grommela quelque chose que je ne compris pas. Théodore non plus à en juger par l'expression qui traversa son visage.

Tout en parlant nous avions descendu les marches recouvertes de pourpre des gradins et nous nous dirigions maintenant vers la sortie la plus proche. Une fois dehors, la foule se dispersa rapidement. Les lanternes vertes et rouges qui avaient étincelé dans le petit bois s'éteignaient une à une, signe que la nuit devait reprendre ses droits après la manifestation magique de Quidditch. Pour autant,le calme n'était pas revenu dans le camping, bien au contraire : ça chantait, ça criait, ça riait et ça buvait. Les supporters des deux équipes commentaient à tout va le match, chacun trouvant que les joueurs qu'ils supportaient avaient été les meilleurs. Au milieu des tentes illuminées, s'agitaient les sorciers du Ministère qui essayaient en vain de maintenir le calme pour éviter tout débordement magique qui pourrait alerter les moldus.

Nous passâmes près d'une sorcière en robe orange qui agitait sa baguette vers le ciel. Elle essayait de faire disparaître les trèfles lumineux étincelants qu'un groupe surexcité d'Irlandais faisait voler jusqu'aux étoiles.

- Arrêtez ! Hurlait-elle pour rien.

Mais c'était peine perdue, surtout qu'un peu plus loin c'était au tour des supporters bulgares de manifester leur joie en illuminant le ciel avec de petits feux d'artifices représentant des vifs d'or, en hommage à la prouesse de Krum.

Contrairement à Richard, je ne savais pas où se trouvait la tente de Lucius, mais bizarrement je n'eus aucun mal à deviner que nous étions arrivés à destination … Il suffisait de voir l'exubérante construction éphémère de toile : un vrai palais digne des contes des Mille et uns chaudrons. Impossible de compter combien de tours, tourelles et cheminées il y avait. Une palissade en fer forgé entourait l'emplacement pour le délimiter, une porte monumentale frappée d'un M tout en fioritures barrait l'accès. Et pour parfaire le tableau, un couple de paon albinos était attaché dans ce qui faisait office de jardin.

J'esquissai un petit sourire teinté de moquerie.

- C'est bien Lucius, marmonnai-je tout bas.

Les grilles s'ouvrirent pour nous laisser entrer. Je fis un pas dans la propriété avant de me figer. L'invitation n'avait pas été donnée uniquement à Richard. Il y avait foule autour d'un feu de camp. Les rires et les conversations bruissaient dans la nuit.

A la lueur des flammes, je reconnus quelques visages familiers … La plupart des anciens, en fait, étaient là ... du moins tout ceux qui le pouvaient encore.

Richard remarqua mon arrêt et se retourna.

- Tu comptes rester plantée là ? Me railla-t-il.

- … Pas une bonne idée … grommelai-je.

J'allais faire demi-tour, mais Cissey nous vit et nous invita à venir la rejoindre. Elle vint même à notre devant et m'attrapa par le bras pour m'attirer vers le feu.

- Cissey, grognai-je en guise de protestation.

Elle balaya mes récriminations d'un geste de la main tout en riant. Je l'observai d'un regard suspicieux.

- Le Quidditch ne te réussit pas … constatai-je. A combien de verres de firewhisky en es-tu ?

Je n'eus qu'un rire pour réponse. En soupirant, je remontai ma capuche sur mes cheveux, tentant de masquer mon visage dans l'ombre du tissu.

Richard avait disparu. Je l'aperçus bien plus loin en pleine discussion avec Lucius et Walden. MacNair ne semblait avoir guère changé. Je savais qu'il travaillait maintenant pour le Ministère, comme bourreau … Une manière comme une autre de garder la main.

Narcissa m'avait forcée à m'asseoir par terre, auprès d'elle. Théo était resté à côté de moi et s'installait à son tour. Il ne disait mot, observant les sorciers et sorcières qui étaient présents. Notre hôte me regarda en souriant. Puis elle fit léviter une bouteille de firewhisky et me servit généreusement un verre.

- Détends-toi ! M'ordonna-t-elle. Tout va bien se passer.

A son tour, elle se servit ou plutôt se resservit et fit tinter son verre contre le mien.

- A la tienne Charlotte !

Puis renversant délicatement la tête en arrière, elle avala deux gorgées d'alcool. Je soupirai et finis par l'imiter mais en ne laissant rien dans mon verre.

Cissey allait reposer la bouteille plus loin, mais je l'interrompis.

- Laisse-là ici, je sens que je vais en avoir bien besoin …

Je ponctuais mes paroles en remplissant une nouvelle fois mon verre que je vidais aussitôt. L'alcool me brûla la gorge et fit éclore une larme au coin de mes yeux. Il valait mieux pour moi que je n'aies pas les idées trop claires pour côtoyer mes anciens compagnons de baguette.

Au bout d'un troisième verre, j'osai enfin parcourir du regard la petite assemblée bruyante d'anciens Mangemorts. Que des têtes connues qui, au final, n'avaient guère changé. De l'autre côté du feu, les Carrows toujours inséparables discutaient à vive voix avec Avery. Crabbe et Goyle étaient un peu plus loin. De ma place, je les entendais commenter à vive voix le match tout en faisant de grands gestes.

Je fus interrompue dans mon examen silencieux par Narcissa qui nous resservait un nouveau verre. Je finis par rire.

- La dernière fois que je t'ai vue boire ainsi tu venais de fêter tes vingt ans … commençai-je. On avait passé toute la nuit à faire la fête dehors, sur la plage …

Elle fit une petite grimace tandis que je poursuivais.

- Je me souviens surtout du lendemain matin et de tes jérémiades. Tu avais fini dans l'océan glacé avant que Bella ne te fasse ingurgiter sa potion miracle contre la gueule de bois … Ca t'a encore plus rendu malade et tu as juré sur les caleçons de Merlin, de Salazar et de Gryffondor que plus jamais tu ne boirais … Jusqu'à maintenant tu avais bien tenu ta promesse, la taquinai-je.

Narcissa ne me répondit que par un petit rire. Cela me faisait bizarre de la voir ainsi, se comporter comme une jeune Serpentard écervelée … Mon petit discours sur le passé ne l'empêcha pourtant pas de vider une nouvelle fois son verre. Chose que je fis aussi.

Mon amie sembla soudain s'intéresser à Théodore. Elle se pencha vers lui.

- Drago est parti faire un tour du côté du stade et du petit bois avec quelques autres amis, si tu veux le rejoindre.

- Tu as laissé Drago se balader tout seul ? Ne pus-je m'empêcher de m'exclamer.

Cissey haussa les épaules.

- Il a sa baguette, il ne craint pas grand chose …

Je secouai la tête.

- Dois-je te rappeler qu'en principe il ne peut pas encore s'en servir, ce n'est qu'un sorcier de Premier Cycle … et puis quand on pense qu'il n'y a pas que des sorciers de sang-pur …

- Tante Charlotte, souffla le jeune homme en m'interrompant. On n'est plus des bébés …

Je finis par hausser les épaules.

- Va retrouver Drago si ça te chante …

Théo n'attendit pas son reste et se leva. Quelques instants plus tard, je me retrouvais seule avec Narcissa.

- Après tout, ce n'est peut-être pas plus mal qu'il aille faire un tour, grommelai-je en remplissant nos verres.

Je ne savais pas trop quel spectacle serait le plus pitoyable : Narcissa et moi à boire sans interruption ou les sang-de-bourbe.

Des éclats de voix retentirent soudain. Tous les yeux se tournèrent vers Lucius et Richard. Walden, lui avait rejoint le feu et parlait à présent avec Amycus. Le ton semblait avoir monté et Richard faisait de grands gestes. Pleine de rancoeur, je me demandais s'il ne cherchait pas à se mettre à dos tout le monde. Lucius voyant que tous les regardaient, posa sa main sur l'épaule de Richard cherchant sans doute à le calmer. Il lui murmura quelques paroles et la pression sembla retomber aussitôt. Les deux sorciers burent ensemble comme si rien ne s'était passé.

J'inspirai brutalement en secouant la tête. Je sortis soudain ma baguette que je pointais vers la terre. Je m'amusai à faire apparaître puis disparaître de petites étincelles argentées. Narcissa observa mon manège un long moment sans rien. Puis elle finit par se jeter à l'eau.

- Un problème Charlotte ?

Je haussai les épaules. Un regard autour de moi m'apprit que personne ne faisait attention à Cissey et moi.

- Je ne sais pas, finis-je par lui répondre.

Je rangeai ma baguette et repris mon verre – vide. Mes mains tremblaient légèrement lorsque je saisis le firewhisky. Le goulot de la bouteille tinta contre mon verre lorsque je me servis une généreuse rasade. J'avalai une nouvelle fois tout le contenu de mon verre d'un trait.

Levant les yeux vers Narcissa, je décidai de me confier un peu à elle. Peut-être qu'en parler me ferait du bien.

D'un mouvement de la tête je montrai Richard qui sirotait son verre.

- On s'est disputé …

La sorcière parut soudain avoir les idées beaucoup plus claires, elle s'installa un peu plus confortablement à côté de moi et me força à poser mon verre. Elle attrapa mes deux mains et les serra fort.

- Ca arrive à tout le monde, tenta-t-elle de me consoler.

Je secouai la tête, faisant tomber ma capuche que j'omis de remonter.

- Sans doute … mais là … je crois … je crois que … c'est irréversible … Un fossé … Un gouffre plutôt s'est creusé entre nous …

- Que s'est -il passé …

- Toujours la même chose ou presque … Le … le Seigneur des Ténèbres … soufflai-je dans un murmure.

Je baissai le regard, penser aux paroles qu'avaient eu Richard me fit mal. Mes mains se dégagèrent de l'étreinte de la sorcière et je repris un verre. Quand je l'eus consciencieusement vidé, je jouais un instant avec avant de le reposer.

- Il … il … m'a … embrassée, avouai-je également.

Je vis l'étonnement se former sur le visage de Narcissa.

- Et … tu as fais quoi ?

Je ris doucement, un rire désabusé.

- J'ai fui ! M'exclamai-je. Que voulais-tu que je fasse ? !

Ma main se porta à mon cou et mes doigts jouèrent un instant avec mon alliance que je portais constamment à une chaîne tout près de mon coeur.

- J'ai fui, répétai-je tout doucement.

Je soupirai dans un sanglot. Une larme naquit au coin de mes yeux.

- Il … il … me manque tellement … continuai-je piteusement.

Et une larme coula doucement. Ce soir, j'avais l'alcool triste, mais à qui la faute ? Cissy ne dit rien. Elle me regarda doucement et semblait totalement dégrisée.

- Charlotte …

D'une main tremblante, j'essuyai les larmes qui pointaient au coin de mes yeux.

- Comment pourrai-je l'oublier ? Comment a-t-il pu croire que … je … pourrai … tourner la page … Il avait Apollonia, je pensais qu'il pouvait comprendre …

Je plongeai mon regard dans celui de la sorcière.

- Il a fait le vide, continuai-je soudain. Richard a enlevé les derniers souvenirs d'elle … Il n'y a plus une photo d'elle dans sa chambre ! Comment fait-il ?

Je secouai la tête, faisant voler mes cheveux aussi noirs que la nuit. Narcissa sourit doucement et reprit ma main.

- Ce n'est pas pareil … Apollonia est morte … C'est … C'est plus facile … Enfin … moins difficile, plutôt ... de … penser … à … autre chose …

Je ne répondis rien. Je me resservis juste un autre verre.

- Tant mieux pour lui, alors … grognai-je.

Je fouillai les invités du regard, le cherchant. Mais Lucius et lui avaient disparu. Malgré ma peine, je me sentis un peu plus légère. Etait-ce le fait d'en avoir parlé avec Narcissa ou le nombre impressionnant de friewhisky que j'avais bu ? Difficile à dire.

Je perdis mon regard un long moment dans les flammes dansantes. Narcissa ne disait plus rien. Elle aussi était perdue dans ses pensées. Lui arrivait-il encore de songer à sa soeur ? Impossible à savoir, elle savait bien garder ses secrets et ses pensées douloureuses …

Le feu faisait danser les ombres. Cela avait quelque chose d'apaisant.

Un regard croisa alors le mien. Alecto Carrow m'observait avec attention. Impossible de dire depuis combien de temps elle me regardait. Je vis distinctement la surprise se peindre sur ses traits. Nul doute qu'elle venait de me reconnaître. Elle esquissa un geste en direction de son frère, sans me lâcher des yeux. Lui souriant doucement, je posai mon index sur mes lèvres, lui intimant le silence avant de lui destiner un petit clin d'oeil complice. Elle fit aussitôt retomber sa main. Elle me regarda encore quelques minutes puis se leva brusquement.

Elle fit le tour du feu et se dirigeait clairement vers Cissey et moi. Cette dernière voulut sans doute empêcher Alecto d'avancer plus vers moi. A mon tour, je me remis debout.

- Laisse tomber Cissy.

Narcissa me regarda avec étonnement.

- Mais ?

Au point où j'en étais, à quoi cela servait-il de me cacher. Et puis Alecto n'était pas du genre à aller le crier sur tous les toits … Depuis la chute du Maître, son frère et elle se faisaient oublier … Et puis une petite voix me soufflait que de toute façon, au pire, un aller simple pour Azkaban avait quelque chose de séduisant …

Je fis donc un pas en avant vers la Mangemort.

- Alecto ! La saluai-je.

Elle allait prononcer mon prénom, mais je l'interrompis.

- Charlotte … Nott …

Je butais sur les mots.

- Une cousine de Richard, mentis-je en me présentant comme si c'était la première fois que je la voyais.

Je lui souris doucement, un peu douloureusement aussi.

- Cela faisait longtemps, finis-je par ajouter.

Elle hocha la tête sans rien dire. Je voyais bien que mille questions lui brûlaient la langue mais qu'elle n'osait les poser et en silence je l'en remerciais.

J'avais la gorge nouée et la nausée me saisit soudain. Narcissa dut s'en apercevoir. Elle me prit par le bras et s'excusa auprès de la Mangemort.

- Nous … nous allions prendre congé, commença-t-elle. Je crois qu'il est temps pour … Charlotte … et moi de rentrer, tu … comprends ?

Alecto acquiesça.

- Je comprends, nous rassura-t-elle.

Elle m'adressa un grand sourire.

- Je … je suis … contente de … te … savoir …

Elle s'interrompit pour chercher les mots qu'elle n'arrivait à formuler.

- enfin … tu m'as … compris … conclut-elle maladroitement.

Je hochais de la tête, voyant parfaitement ce qu'elle voulait dire. Puis je remontais ma capuche sur ma tête. Je préférai me cacher de nouveau.

Narcissa m'entraîna plus loin. Nous nous arrêtâmes quelques minutes, elle me dévisagea des pieds à la tête.

- Viens ! Rentre avec moi au manoir. Tu ne devrais pas rester ici … ni rentrer toute seule … Pas … ce soir !

Encore une fois, la sorcière avait raison.

- Mais Théo ? Protestai-je.

- Il est avec Drago, ils reviendront ici et Richard s'en occupera !

Le gravier crissa soudain et des silhouettes apparurent. En les voyant Narcissa rit doucement.

- Tu vois, tu n'as même pas à t'inquiéter : les garçons sont de retour !

Drago fit un signe de tête à sa mère et sans plus s'en préoccuper, il rejoignit le feu, Crabbe et Goyle sur ses talons. Théodore, lui s'arrêta.

- Tu t'en vas ?

La voix un peu éteinte et enrouée, je lui répondis.

- Je rentre avec Narcissa. Veux-tu rester ici ou venir ?

- Si cela ne t'embête pas, je rentrerai avec Père.

- Soit.

Le jeune Serpentard nous souhaita une bonne nuit et repartit vers le feu. Mais il s'arrêta brusquement au bout de quelques pas. Il se retourna.

- Tante Charlotte ! S'écria-t-il, comme s'il avait oublié quelque chose.

Cissy et moi stoppèrent.

Il courut alors vers nous, sans prendre garde puisque jaillissant de l'ombre une silhouette s'interposa entre lui et moi. Le jeune homme dans son élan ne put s'arrêter à temps et percuta l'homme.

- Tiens, tiens, gronda l'ombre massive.

Je tressaillis en reconnaissant la voix. Laissant Narcissa, je vins me porter au devant de Théo, baguette au poing. Le jeune sorcier avait levé les yeux vers celui qui venait de parler.

- De la chair fraîche, ricana l'homme.

En un clin d'oeil, je fus aux côtés de l'adolescent, ma baguette tendue comme pour le défendre.

- Bas les pattes, Greyback !

La colère transparaissait dans ma voix et instinctivement Théodore vint se placer en retrait.

- C'est le fils de Richard, continuai-je du même ton sec et froid. Alors passe ton chemin ! Va plutôt t'occuper de moldus ou de sang-de-bourbe !

Le loup-garou éclata de rire. Il faisait une bonne tête de plus que moi et semblait s'amuser de la situation. Je ne pus m'empêcher de constater qu'il puait le firewhisky à plein nez. Je fis signe à Théo de partir et il s'exécuta sans broncher.

Je faisais face à un lycan passablement ivre et totalement amusé par la situation. Impossible de savoir ce que cela allait donner...

- Vraiment ? Gronda-t-il de sa voix caverneuse. Et qui es-tu pour me donner des ordres ?

Ce fut à mon tour de rire doucement. Je fis glisser ma capuche et je vis nettement le regard de Greyback s'écarquiller.

- Et bien, Fenrir ? On a vu un fantôme ?

Et sans attendre de réponse, je tournais les talons pour rejoindre Narcissa et transplaner loin d'ici.