PDV Elena
Les rayons du soleil me tirèrent de mon sommeil alors que je n'avais que très peu dormis. J'ouvris les yeux tant bien que mal en me les frottant. Lorsque je fus enfin habituée à la lumière du jour, je vis que j'étais dans ma chambre, allongée dans mon lit. Damon avait dû m'amener ici lorsque je m'étais rendormie après l'arrivée de Eve et Jérémy. Damon dormait face à moi et avait une main posée sur ma hanche. La chose qui nous séparait était Rose, profondément endormie entre nous deux. Le visage de Damon était tellement proche du mien que nos fronts pouvaient presque se toucher. Je souris légèrement, j'aurais voulu me réveiller comme ça tous les matins. Malheureusement mon ventre criait famine et me poussa à descendre dans la cuisine. Très délicatement, je sortis du lit en reposant doucement la main de Damon sur le matelas. Je sortis silencieusement de la pièce et descendis dans la cuisine. Jérémy était là, grimaçant en se préparant du café.
-Gueule de bois ? Demandai-je en souriant.
Il acquiesça simplement en me faisant signe de rester silencieuse. Je ris légèrement et m'assis devant l'îlot de cuisine en lui faisant signe de me servir un café.
-Damon est encore là ? Demanda-t-il.
-Oui. Il dort dans ma chambre avec Rose, expliquai-je.
-Ça a l'air de bien se passer entre vous deux, dit-il en remplissant une tasse qu'il fit glisser vers moi.
-C'est pas facile, mais on progresse, dis-je avant de boire une gorgée.
Mon petit frère me fixa quelques instants. Je le remarquais très vite et fronçais les sourcils. Il fit comme si de rien était et regarda ailleurs.
-Pourquoi tu me regardes comme ça ? Demandai-je.
-Tu ne penses pas que vous devriez régler tous vos problèmes d'il y a quatre ans avant de vous relancer dans quelque chose ? Me demanda-t-il.
-On les a réglés, dis-je en haussant les épaules.
-Vraiment ?
Je le regardais avec de grands yeux, ne comprenant pas pourquoi il faisait ça. Où voulait-il en venir enfin ?
-Est-ce que vous avez parlé de cette histoire avec Caroline ? Demanda-t-il enfin.
J'ouvris la bouche, mais aucun son n'en sortit. J'avais complètement oublié toute cette histoire. Je baissai les yeux vers ma tasse de café et commençai à la faire tourner sur la table nerveusement.
-Écoute, je ne demande qu'une seule chose : que tu sois heureuse. Et si c'est avec Damon que tu l'es, alors ainsi soit-il, dit Jérémy. Mais je veux être sûr que vous avez réglé vos problèmes avant de recommencer quelque chose. Je ne veux plus que tu souffres, Elena.
Je levais lentement les yeux vers lui. Il me regardait avec plein d'inquiétude. Je finis par acquiescer simplement et il parut rassurer. Il but une gorgée de café pendant que je commençai à faire tourner ma cuillère dans ma tasse en réfléchissant. Je sentais le regard de mon frère qui pesait sur moi, mais je n'y prêtais pas attention.
-Qu'est-ce que tu penserais si je te disais que j'avais embrassé Eve hier soir ? Demanda-t-il soudainement, me sortant de mes pensées.
Je relevais la tête d'un seul coup, légèrement surprise par ce qu'il venait de m'apprendre. Il me regardait avec une petite grimace, comme s'il craignait ma réaction. Mais je n'étais pas choquée ou en colère, juste surprise. Surprise qu'il m'en parle aussi facilement pendant mon petit-déjeuner.
-Enfin je ne m'en rappelle pas vraiment... Ajouta-t-il.
Je continuai de le regarder avec de grands yeux. Je rêvais ou mon frère était vraiment en train de me demander s'il pouvait sortir avec l'une de mes amies ? Il n'avait revu personne depuis que Bonnie avait quitté la ville sans dire au revoir. Seulement des aventures d'un soir que j'avais vu s'échapper aux aurores par la porte d'entrée. Un petit sourire finit par apparaître sur mes lèvres.
-Pourquoi tu souris ? Demanda-t-il.
-Je suis contente que tu passes à autre chose, dis-je.
-Ça veut dire que ça ne te dérange pas ? Pour Eve et moi ?
-Non pas du tout, répondis-je. C'est une fille en or. Tu mérite quelqu'un comme elle.
Jérémy baissa la tête en souriant et je crus même voir le rouge monter jusqu'à ses joues. Je ris légèrement et au même moment, Damon entra dans la pièce. Il avait de petits yeux et les cheveux complètement en bataille. Jer lui serra la main en sortant de la pièce, sûrement pour nous laisser seul à seul. Le grand brun vint déposer un baisé sur ma joue avant de se servir une tasse de café et de s'installer face à moi.
-Rose dort encore ? Demandai-je.
-Oui, répondit-il. Laissons-la dormir encore un peu.
Il fit une petite grimace, comme s'il n'était pas du tout pressé qu'elle se réveille.
-Elle est si horrible que ça ? Demandai-je.
-Disons qu'elle a beaucoup d'énergie et qu'elle arrive même à épuiser son vampire de père, répondit-il.
-Je vois... Dis-je en riant légèrement.
Un petit silence tomba sur la pièce. Je repensais à la conversation que je venais d'avoir avec Jérémy. Il n'avait pas tort, Damon et moi avions encore des choses à régler. Ce dernier remarqua aussitôt que quelque chose me tracassait. Je relevai les yeux et mon regard tomba dans ses grandes iris bleues. Il fronça légèrement les sourcils.
-Qu'est-ce que tu as ?
-Je me demandais... si … tu penses qu'on pourrait passer la journée rien que tous les deux ? Demandai-je.
Damon se redressa légèrement, comme surpris par ma demande. Je m'empressai de me rattraper, comprenant qu'il pouvait mal interpréter ma demande.
-Ce n'est pas que je n'ai pas envie de passer la journée avec Rose, dis-je. Je l'adore, elle a l'air géniale.
-« Elle a l'air » ? Répéta-t-il.
-Non... je... je m'exprime mal, balbutiai-je. C'est que... on a encore plein de chose à régler tous les deux. Il y a des choses dont je voudrais parler avec toi, seul à seul.
Il soupira légèrement. Je sentais que ça l'agaçais de laisser sa fille toute la journée, mais il finit par acquiescer en faisant même un léger sourire au coin des lèvres. Je le remerciais en lui souriant à mon tour et déposai ma main sur la sienne.
PDV Caroline
Cela faisait plus d'une heure qu'on se baladait avec Klaus. Nous étions au beau milieu de la nuit mais nous n'avions aucune envie de dormir, ayant fait une sieste en arrivant. Nous étions sur la plage, j'avais retiré mes chaussures et j'appréciais grandement le contact du sable sur mes pieds. J'aimais la plage. C'était sûrement la seule chose qu'il manquait à Mystic Falls.
-Raconte moi, dit soudain Klaus après un petit silence.
Je tournais la tête vers lui en fronçant les sourcils. Il resta incroyablement sérieux. Je ne comprenais pas de quoi il parlait et il s'empressa de préciser.
-Ta famille, que c'est-il passé ?
Je baissai la tête, à la fois surprise et touchée. Personne ne m'avait jamais demander l'histoire de ma famille. Mise à part les quelques personnes qui m'avaient soutenue dans cette épreuve, tout le monde s'en fichait. Personne ne voulait savoir ce qu'il s'était passé.
-Quand j'avais dix ans, mon père est devenu étrange, expliquai-je. Il n'était presque jamais à la maison et quand il rentrait, mes parents se disputaient violemment. A l'époque, ma mère m'envoyait dormir chez Bonnie ou Elena, pour ne pas que je sois témoin de tout ça. Je n'ai découvert que quelques années plus tard qu'il avait en fait quitté ma mère pour Steven. Ils ont essayé de rester sous le même toit pour m'éviter d'avoir à supporter un divorce, mais ça n'a pas vraiment marché.
Klaus écoutait avec attention. Il continuait de me regarder sérieusement tout en gardant cette étincelle qui me donnait l'impression d'être une pierre précieuse à ses yeux.
-Ça a duré plus d'un an, ajoutai-je. C'est à ce moment-là, que j'ai compris que Bonnie et Elena seraient toujours là pour moi... Même si finalement, notre amitié est tombée à l'eau. Enfin bref... Mes parents ont divorcé et ma mère a obtenu ma garde. Je ne voyais mon père que pendant les vacances. Et contrairement à ce qu'on pourrait penser, c'est ma relation avec ma mère qui s'est dégradée alors que celle avec mon père en est devenue plus forte.
-Pourquoi t'a mère a-t-elle quitté la ville ? Demanda-t-il.
Je levai les yeux vers la mer et fixai l'horizon.
-Elle s'est trouvée un nouveau mari et la suivie jusqu'à New-York, dis-je.
-Et elle t'a laissée toute seule ? S'étonna-t-il.
J'acquiesçai silencieusement, ne voulant pas vraiment donner la vraie raison sur le départ de ma mère. Je ne l'avais jamais dit à personne, même pas à Tyler.
-Caroline... Dit Klaus en m'attrapant par le bras pour que je lui fasse face. Quelle est la vraie raison de son départ ?
Je baissai la tête, honteuse. Comment faisait-il pour savoir que je ne disais pas toute la vérité ? Il avait réussi à me cerner tellement vite, ça me déstabilisait.
-Elle a tout fait pour accepter ce que je suis devenue, dis-je d'une petite voix. Elle a vraiment essayé. Mais elle n'y arrivait pas. Quand son nouveau mari lui a demandé déménager à New-York, elle en a profité pour fuir et ne pas avoir à faire face à son monstre de fille. Elle... elle est partie à cause moi.
Klaus prit délicatement mon menton entre ses doigts et m'obligea à lever les yeux vers lui.
-Tu n'es pas un monstre Caroline, murmura-t-il. Ta mère a eu tort de s'en aller. Elle ne sait pas ce qu'elle rate. Tu es quelqu'un d'extraordinaire.
Les larmes étaient montées jusqu'à mes yeux. Je le regardai droit dans les yeux, il était tellement beau sous la lumière de la lune. Ses iris bleues brillaient et son visage reflétait toute la douceur qu'il était capable de montrer. Il approcha son visage du mien et avant que je n'ai le temps de faire un mouvement, il déposa ses lèvres sur les miennes. Ce baisé était plus doux que je ne l'aurais jamais imaginé. Plein de douceur et de tendresse. Étrangement, je me sentais bien ici, à cet instant avec lui. Mais soudain, tous les derniers événements me revinrent en mémoire et je me reculais doucement avec regret.
-Je... Excuse-moi... Tu, balbutiai-je.
-Non, non, c'est moi, me coupa-t-il. Je n'aurais pas dû faire ça. Excuse-moi.
-C'est rien, soufflai-je. On devrait continuer à marcher.
Il acquiesça silencieusement. Je pouvais voir dans ses yeux de la déception et de la peine. Nous reprenions notre route dans le plus grand silence.
-Et toi ? Demandai-je pour briser la glace. Raconte-moi ton histoire.
Il rit légèrement.
-C'est une très longue histoire, dit-il.
-On a toute la nuit, répondis-je en m'asseyant dans le sable.
Il resta immobile quelques secondes, hésitant puis finit par s'asseoir à côté de moi. Il resta silencieux quelques minutes, plongeant nerveusement ses doigts dans les grains de sable. Je le regardais sans rien dire, le laissant prendre son temps.
-Tout a commencé il y a environ mille ans, dit-il. Ma famille et moi vivions dans ce qui est aujourd'hui l'Angleterre. Ma mère et mon père avaient eu cinq enfants en plus de moi, trois garçons et deux filles. C'est à mes quinze ans que nous avons découvert que ma mère avait eu une liaison avec un autre homme et que j'étais son fils. Lorsque j'ai appris la vérité, il avait déjà quitté le pays sous les menaces de mon père. Je n'ai jamais pu le rencontrer.
Je le regardais en restant silencieuse. J'avais peur de faire quelque chose qu'il ne fallait pas. Je ne voulais pas qu'il se rétracte et décide de stopper son récit.
-Mais malgré tout ça, ma relation avec ma fratrie n'a pas ternie, ajouta-t-il. Nous étions tous soudés, peu importe ce qu'il se passait. Finn nous protégeait contre les dangers, Elijah nous faisait la morale, Kol l'intrépide qui faisait tout et n'importe quoi, Rebekah la malicieuse qui aimait nous jouer des tours et Luna, la petite dernière, la plus fragile. On était tous tellement différents et pourtant, nous étions tout le temps fourrés ensemble. Jusqu'à...
Il se tut soudainement et fixa un point dans le sable. Je fronçais légèrement les sourcils.
-Jusqu'à ? Demandai-je.
-Jusqu'à Tatia, déclara-t-il. Quand nous sommes devenus un peu plus grand, une famille a atterris dans notre village. Une autre famille nombreuse. Et l'aînée était la plus belle femme que je n'eus jamais vu. Elle était douce, gentille et généreuse. Mais d'un autre coté, elle restait forte et déterminée. Quand elle avait une idée en tête, personne ne pouvait la faire changer d'avis.
Soudain, je vis une larme couler sur sa joue. C'est alors que je compris combien cette femme avait compté pour lui.
-Tu es tombé amoureux d'elle, dis-je.
-Oui, répondit-il. Et elle m'aimait aussi. J'ai demandé sa main à son père, mais il me l'a refusée. Tatia et moi avions décidé de nous enfuir, de partir loin de sa famille, et de la mienne. Mes frères et mes sœurs nous ont aidé à tout mettre en place. Le soir du grand départ, ils nous ont accompagnés jusqu'à l'écurie. Mais là, les gens du village nous attendaient. Le petit frère de Tatia avait tout raconté. Le village tout entier était contre nous. Le père de Tatia nous a accusé, moi et ma fratrie de sorcellerie. Il pensait que nous avions ensorcelé sa fille. Bien entendu, l'avis publique l'a suivis.
Je me redressai légèrement en ouvrant de grands yeux pleins de surprise.
-Et la sentence pour la sorcellerie était la mort, dit-il.
-Mais Tatia, dis-je. Elle vous a défendu ?
-Même si elle l'avait fait, cela n'aurait rien changé, dit-il. Elle n'a rien dit. Elle n'a pas essayé de nous sauver. Sûrement à cause de son père ou de la peur.
Il se tut quelques secondes. Il avait dit ces derniers mots comme s'il essayait de s'en convaincre lui-même. La vérité était que Tatia les avait trahi. Elle était restée là sans rien faire.
-Bref, dit soudainement Klaus. Ma mère, qui était une puissante sorcière, a décidé qu'elle ne perdrait pas tous ses enfants le même jour. La veille au soir de notre exécution, elle s'est arrangé pour verser du sang humain dans notre repas. Dieu seul sait comment elle a fait. Personne n'a rien vu. Et dans la nuit, elle a invoqué différents esprits pour nous faire revenir à la vie. Elle a fait appel au soleil pour qu'on revienne d'entre les morts, et au chêne blanc pour nous donner l'immortalité. Le lendemain matin, elle a dû nous regarder nous faire pendre les uns après les autres. J'étais le dernier, pour que je puisse voir ce que subissait mes frères et mes sœurs à cause moi. Bien entendu, nous n'avions aucune idée de ce que notre mère avait fait. Nous étions persuadés que c'était la fin. Je peux encore voir leur corps se balancer au bout de cette corde. Je les vois se débattre, cherchant par tous les moyens de trouver ne serait-ce qu'une bouffée d'air. Je voir encore les brûlures autour de leur cou. Je peux encore sentir le manque d'air et la douleur de la corde serrée autour de ma gorge. Aujourd'hui encore, je déteste ne pas avoir les pieds sur la terre ferme. C'était les pires moments de ma vie.
Des larmes coulaient à présent sur mes joues ainsi que les siennes. Ça me faisait mal de le voir parler ainsi. Je ne pouvais imaginer combien ça avait été dur de vivre tout ça, d'avoir regardé ses frères et ses sœurs se faire pendre les uns après les autres, sans pouvoir les aider. Je ne pouvais imaginer la douleur et la culpabilité qu'il avait dû ressentir.
-La village a laissé à mes parents le droit de nous enterrer où bon leur semblaient. Ils ont emmené nos corps dans une petite maison, non loin de notre village. Luna a été la première à se réveiller. Mes parents nous ont tous forcé à boire du sang pour compléter la transformation. Nous n'avions aucune idée ce qu'il se passait. Très vite, les éléments que ma mère avait invoqués se sont retournés contre nous. Le soleil brûlait, les plantes au pied du chêne blanc brûlaient et empêchaient la contrainte, les habitants pouvaient nous garder hors de leur maison. Au problème du soleil, notre mère a trouvé une solution, mais le reste... On a dû apprendre à vivre avec. Mais le pire de tout restait...
-Le sang, terminai-je à sa place.
Il tourna la tête vers moi pour la première fois depuis le début de son récit. Il acquiesça simplement avant de tourner à nouveau son regard vers l'océan.
-Lorsque j'ai tué mon premier humain, ça a déclenché la malédiction du loup-garou. C'était quelque chose que ma mère n'avait pas prévu. Elle n'avait jamais su ce que mon père était. Je suis très vite devenu violent et incontrôlable. J'ai finis par supplier ma mère de trouver une solution. Et elle l'a trouvée. Nous avons accomplis le rituel et sacrifier le premier double Petrova. Par la suite, nous nous sommes séparés et avons suivis des routes séparées.
Je sentais qu'il voulait arrêter de parler, mais j'avais encore tellement de question à lui poser qui me rongeaient de l'intérieur. Je ne pouvais pas me retenir.
-Et le chasseur ? Demandai-je.
-Quand nous avons commencé à parcourir le monde en répandant ce fléau, ma mère c'est rendu compte de l'erreur qu'elle avait faite. Elle a créé un nouveau vampire originel et l'a envoyé à nos trousses. L'une des nôtres est déjà morte de ses mains.
-Luna... Soufflai-je.
-Elle est la seule que je n'ai pas réussi à sauver et pourtant... Elle était ma préférée, dit-il.
-Quand a-t-elle été tuée ?
-Il y a neuf cents ans, répondit-il. Mais j'ai l'impression que c'était hier.
Je le regardais avec peine. C'était dur de penser que quelqu'un avait pu vivre autant de malheur dans sa vie. Son comportement s'expliquait plus que jamais.
-Et Tatia ? Qu'est-ce qu'elle est devenue ?
-Elle est morte, quelques temps seulement après notre transformation, dit-il froidement.
-Tu l'as tuée ? Demandai-je.
Il soupira légèrement et après quelques secondes, il finit par tourner les yeux vers moi. Il ne dit rien, et rien ne put me dire s'il était à l'origine de la mort de la jeune femme. Il me fit un pâle sourire et déposa sa main sur la mienne. Je compris aussitôt qu'il ne voulait plus parler de ça. Nous restions quelques minutes silencieux, à nous regarder droit dans les yeux. Il me caressait le dos de la main avec son pouce et je me laissai faire, trouvant cela agréable.
-Chante-moi quelque chose, dit-il soudainement.
Je fronçais les sourcils en souriant, ne le pensant pas sérieux. Il ne bougea pas d'un poil, gardant une expression déterminée sur le visage. Je ris silencieusement et baissai la tête en la secouant négativement.
-Allez, tu m'as dit que tu savais chanter, insista-t-il.
-Non, j'ai dit qu'il m'arrivait de chanter, rectifiai-je.
-Et j'ai répondu que j'aimerais beaucoup t'entendre.
Je secouai la tête à nouveau et sentis le rouge monter jusqu'à mes joues. Klaus afficha un grand sourire.
-Arrête de te moquer ! M'exclamai-je en plaquant mes mains sur mes joues.
-Je ne me moque pas, dit-il en continuant de sourire. Tu es belle quand tu rougis.
Je retirai mes mains et penchai la tête sur le côté en souriant. Il me fixait droit dans les yeux, comme s'il maintenait ce qu'il venait de dire.
-Je ne chanterai pas, déclarai-je.
-D'accord, dit-il en haussant les épaules. J'arriverais à te faire chanter un jour.
-Bonne chance, dis-je en rigolant.
Il rit légèrement, ce qui me fit sourire encore plus. J'aimais quand il riait ainsi, j'aimais faire ressortir cette partie de lui, j'avais l'impression de faire enfin quelque chose de bien. Et personne ne pourrait me convaincre du contraire. Son rire se tut doucement quand il se rendit compte que je le fixais. Un petit sourire étirait le coin de mes lèvres. Je m'approchai de lui et déposai un doux baisé sur ses lèvres. Il resta immobile, sûrement trop surpris pour faire quoi que ce soit. Je me reculais en souriant. Il avait les sourcils froncés et me regardait avec surprise. Lentement, un petit sourire apparut sur ses lèvres.
-Pourquoi as-tu fait ça ? Demanda-t-il.
Je haussai les épaules en souriant un peu plus.
-J'en avais juste envie, dis-je.
Son sourire s'agrandit et il acquiesça légèrement. Il se leva et retira le sable qu'il avait sur le pantalon. Il tendit ensuite la main vers moi.
-On ferait mieux de rentrer, dit-il. Il vaudrait mieux qu'on soit là quand ton père se réveillera.
En effet le soleil commençait à pointer le bout de son nez à l'horizon. Dans quelques heures, mon père et Steven se réveilleraient. J'attrapai la main de Klaus et il m'aida à me lever. Nous commencions à marcher et il entrelaça ses doigts aux miens. Je lui souris légèrement. Je me sentais bien ici avec lui, loin de Mystic Falls. J'avais l'impression qu'il était un simple mec qui me plaisait et moi une jeune fille qui avait peur parce qu'elle sortait tout juste d'une relation compliquée, mais malgré tout qu'elle savait qu'elle était en train de tomber follement amoureuse.
PDV Elena
Nous avions quitté la maison depuis un petit moment maintenant. Nous étions assis à une table au Mystic Grill et nous venions à peine de commander à manger. Nous avions laissé Rose à la maison avec Eve puisque Jérémy travaillait.
-De quoi voulais-tu qu'on parle ? Demanda Damon.
-De tout, répondis-je. Je pense qu'il faut qu'on en parle, avant de commencer autre chose.
Il acquiesça après une légère réflexion, montrant qu'il comprenait et qu'il était d'accord avec moi.
-Par quoi on commence ?
-Le début... Dis-je. Quand je t'ai quitté parce que Klaus me l'avait demandé. Je ne t'ai plus revu pendant plus d'un mois suite à ça. J'aimerais savoir ce qu'il c'est passé.
-Quand Katherine t'a chassée du manoir, dit-il. J'ai complètement perdu les pédales. Je suis partis en courant et d'une certaine manière, je me suis retrouvé sur le perron de Caroline.
Flash-Back
Je n'arrivais pas à me calmer, les larmes coulaient et coulaient, j'avais l'impression que ça ne s'arrêterait jamais. La peine s'était transformée en douleur physique et j'étais comme paralysé. Soudain la porte d'entrée s'ouvrit.
-Damon ? Appela la voix de Caroline.
Je relevai la tête et quand elle vit dans quel état j'étais, elle se précipita auprès de moi. Elle s'agenouilla près de moi et prit mon visage entre ses mains.
-Damon qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Je voulus lui expliquer, mais tout ce qui sortit de ma gorge fut de nouveaux sanglots. Je replongeai mon visage dans mes mains. Je me sentais comme un petit garçon qui venait de se faire mal.
-Chut... chut... Calme-toi... Me chuchota Caroline.
Me calmer ? Comment le pourrais-je ? On venait de m'arracher le cœur, de me retirer le sens de ma vie.
-C'est Elena ?! S'exclama Caroline. Quelque chose est arrivé à Elena ?!
Je fis « non » de la tête, mais aucun son ne sortait de ma bouche. Je n'arrivais pas à lui expliquer et j'avais l'impression que je n'y arriverais jamais.
-Viens, rentre à l'intérieur.
Elle m'aida à me lever et me porta presque jusqu'au salon. On s'assit sur le canapé et elle me serra contre elle, tentant de me calmer. Mais rien ne marchait. Je finis par m'allonger sur ses genoux et lorsque enfin les larmes cessèrent de couler, je m'endormis.
Fin Flash-Back
-J'ai dû mettre deux ou trois jours avant de pouvoir lui dire ce qu'il s'était réellement passé, dit-il. Je suis resté chez elle plus d'une semaine avant de retourner au manoir. A partir de là, je passai le plus clair de mon temps avec elle et peu à peu, tout le monde s'est tourné contre nous. Un soir, tout ça est devenu trop oppressant. On a dérapé. On s'était promis de ne jamais recommencer, mais...
-Mais ça c'est reproduit, dis-je avec amertume.
Je détestai savoir qu'ils avaient été ensemble pendant tous ces longs mois. C'était pour cela que je m'étais disputée avec Caroline quelques temps avant mon accouchement.
Flash-Back
Quelqu'un sonna à la porte, me tirant de mon sommeil. Je soupirai et me levai du canapé. Par réflexe, je posai ma main sur mon ventre. Comme pour vérifier qu'il était toujours là. J'ouvris la porte et découvris Caroline sur le pallier. Je restai sans voix. Je ne lui parlais plus depuis que j'avais appris par Tyler il y a quelques jours qu'elle avait une aventure avec Damon depuis des mois. J'aurais pensé qu'il mettrait plus de temps pour se remettre de notre rupture. Moi-même je n'en étais pas remise. Mais apparemment, il m'avait oublié en vitesse.
-Salut, dit la blondinette avec hésitation. Je peux entrer ?
J'acquiesçai sans grand enthousiasme et la laissai passer. Elle s'avança un peu dans le salon, mais ne s'assit pas. Elle tournait ses mains dans tous les sens, semblant nerveuse. Je remarquais très vite qu'elle avait les yeux rouges et pleins de larmes.
-J'ai vraiment besoin de parler à quelqu'un, dit-elle d'une voix brisée. J'ai hésité à venir ici.
-Pourquoi ça ? Demandai-je en soupirant légèrement.
-Parce que quand tu as quitté Damon, je n'ai pas vraiment été là pour toi. J'étais tout le temps avec lui et je t'ai délaissée.
J'acquiesçai légèrement, lui montrant qu'elle n'avait pas tort.
-Et je sais que tu m'évites depuis quelques temps, mais j'ai vraiment besoin de parler à quelqu'un et Bonnie ne veut plus me voir, tout comme Matt...
-Ça t'étonne ?! Demandai-je froidement.
Elle ouvrit de grands yeux surpris et lâcha un sanglot. Elle ne semblait pas comprendre pourquoi j'étais comme ça avec elle. La vérité était que je ne supportais pas de la savoir avec Damon. Rien que l'idée de les imaginer ensemble me donnait envie de la tuer. Et je l'aurais sûrement fait si je n'étais pas enceinte de presque neuf mois.
-Ne me regarde pas avec ces yeux-là, dis-je. À quoi tu t'attendais en trompant Tyler ? A une médaille ?
-Non, mais...
-Non tais-toi, la coupai-je. Tu es une garce ! Comment est-ce que tu as pu faire ça ?! à Tyler ?!
Ses sanglots s'intensifièrent de plus en plus.
-Tu m'étonnes que plus personnes ne veut de toi !
-Elena...
-Et avec Damon en plus ?! M'écriai-je. Mais à quoi tu pensais ?! Tu n'aurais pas un peu oublié que je suis là moi aussi ! Je porte son enfant je te rappel !
Soudain, son expression changea tu tout au tout. Elle cessa de pleurer et fit plusieurs pas vers moi. Je ne bougeai pas d'un poil, je n'avais pas peur, pas de Caroline.
-Ne t'avises pas de jouer les petites-amies jalouses, dit-elle. Pas après ce que tu lui as fait. Il aurait fait n'importe quoi pour toi, et il l'a fait ! Tu étais tout pour lui. Et toi, tu l'as utilisé pour remplacer Stefan. S'il y a une garce dans cette pièce, je pense que tu gagnes de loin. Si je ne m'abuse, il n'y a pas qu'à moi que Matt et Bonnie ne parlent plus. Ce qui est arrivé entre Damon et moi est entièrement ta faute. Si on en est là c'est à cause de toi.
-A cause de moi ?! M'exclamai-je. Je ne vous ai pas forcé à coucher ensemble à ce que je sache ! La vérité... C'est que tu es une pute.
Je ne vis pas sa main venir. Elle m'atterrit en pleine joue. Elle dût y mettre toute sa force puisque je tombais sur le sol et glissai sur plusieurs mètres. Je me cognai contre la bibliothèque et quelques livres me tombèrent dessus. Je fis une grimace et me redressai tant bien que mal. Ma joue était en feu, mais mon premier réflexe fut de poser mes mains sur mon ventre. Je fus tout de suite rassurer en sentant des petits coups contre mes paumes. Je levai les yeux vers Caroline qui n'avait pas bougé. Elle me regardait avec une expression partagée entre la colère et la culpabilité.
-Elle va bien ? Demanda-t-elle.
J'acquiesçai en silence.
-Je suis désolée.
Elle sortit de la maison sans ajouter un mot. Je restais assise par terre, sans bougée. Je n'en revenais pas. Mais qu'est-ce que j'avais fait ? Je m'étais laissée emportée. Je ne le pensais pas, je ne pensais pas un seul mot que j'avais prononcé. Je rabattais mes genoux contre ma poitrine et plongeai mon visage dans mes bras pour fondre en larme.
Fin Flash-Back
-Tu as été odieuse avec elle, dit Damon sans me regarder.
-Je sais, dis-je. Mais je t'aimais et je n'aimais pas te savoir avec une autre.
-Tu m'avais quitté.
-J'y ai été forcé, répliquai-je.
-Mais je n'en savais rien ! Dit Damon en haussant le ton.
Je levai légèrement les mains, lui faisant signe de se calmer. Il soupira et s'enfonça dans son siège. Je voyais bien qu'il n'aimait pas parler de ça.
-Avoir cette aventure avec Caroline, dit-il. Je sais que c'était une erreur. On a blessé Tyler, et maintenant on sait qu'on t'a aussi blessé toi. Mais on ne l'a pas fait dans ce but. J'allais mal. Très mal. J'étais dans une spirale infernale. Je buvais de plus en plus, je me nourrissais à peine, je cherchais les ennuies. Et Caroline m'a remis sur le droit chemin, elle m'a montré qu'il y avait encore des choses qui comptaient.
-Comme quoi ? Demandai-je curieusement.
-Ma fille, dit-il. Les quelques amis qu'il me restait. Elle a tout fait pour me faire sourire à nouveau. Et elle a réussi. Quand on s'est mis « ensemble », ça a été comme une bouffée d'air frais après des mois sous terre. On était tellement bien. On ne se prenait pas la tête en se disputant comme les vrais couples, on profitait seulement des avantages de la vie à deux.
Je sentis les larmes qui me montaient au yeux en le voyant parler de ses moments avec Caroline comme ça.
-Pourquoi tu pleures ? Demanda-t-il.
Je relevai la tête en m'empressant d'essuyer mes larmes.
-C'est que... Quand tu parles comme ça... Et comme tu m'en avais parlé au dîner chez moi... ça me fait un peu mal. On dirait que c'était un vrai petit paradis. Et tu l'as dit, ces moments ont été les plus beaux de ta vie. Et je continue à me dire que tu étais plus heureux avec elle qu'avec moi. Et ça me fait mal, parce que les plus beaux moments de ma vie, à moi, c'est ceux que j'ai passé avec toi, bon ou mauvais.
Damon resta silencieux quelques secondes, me fixant avec de grands yeux. Je pouvais voir de la tristesse dans les siens. Je voyais bien qu'il comprenait ma douleur. Il se redressa et prit mes mains dans les siennes.
-Ces moments avec Caroline ont été comme le paradis, déclara-t-il. Mais seulement parce que je venais de passer par l'enfer. Elle m'a redonné goût à la vie. Et malgré son comportement étrange des dernières semaines, elle sera toujours importante à mes yeux...
Il s'arrêta de parler, ce qui montrait qu'il était en plein hésitation.
-Je l'aime, finit-il par dire.
Un sanglot m'échappa et je voulus retirer mes mains, mais il les tenait fermement et m'obligea à rester là, sans bouger.
-Pas de la manière dont je t'aimes toi, dit-il. Mais... Peu importe jusqu'où elle ira avec Klaus, je serais là pour tenter de comprendre. Je ne l'abandonnerais pas. Et tu ne devrais pas non plus. Je sais que les choses ont changé aujourd'hui, mais elle a été ton amie autrefois, ta meilleure amie. Tu ne peux pas l'abandonner comme ça.
-Pourquoi ? Demandai-je d'une voix à peine audible.
-Parce que même après tout ce que tu lui as fait, tout ce que tu nous as fait, elle est restée ici pour te protéger. Elle te détestait et pourtant, elle est restée à tes côtés toutes ces années.
Je restai silencieuse, ne voulant pas admettre qu'il avait entièrement raison. Il soutenait mon regard, me suppliant de lui faire confiance et de le suivre sur ce coup-là.
-Tu as raison... Dis-je tout bas. Je ne devrais pas l'abandonner, je lui fais confiance. Si elle pense pouvoir faire de Klaus quelqu'un de bien... Alors je crois en elle.
Damon me fit un grand sourire. Il souleva mes mains et déposa des baisés sur mes doigts à plusieurs reprises. Je souris légèrement et tentais de cacher mon scepticisme. Nos plats arrivèrent et nous commencions à manger.
Voilà le nouveau chapitre ! Dites-moi ce que vous en pensez !
