Bonjour bonjour !

Me revoili me revoilà ^^

Un grand merci à Alexfr36 et Copa cabana pour leurs reviews !

J'espère que ce chapitre vous plaira ^^

Bonne lecture et à bientôt !

Chapitre 19 : Tempête dans le Wiltshire

Ce fut avec un sacré mal de tête que je me réveillais bien avant que les premiers rayons du soleil ne viennent caresser la lande. Un oeil à moitié fermé par la migraine lancinante qui pulsait dans mon crâne, le pas mal assuré et la bouche pâteuse, je déambulai dans les couloirs à la recherche de la cuisine. En maugréant à voix basse, je pestai contre le manoir Malfoy où tous les couloirs se ressemblaient. Je ne pouvais même pas me repérer aux tableaux : tous les ancêtres de Malefoy avaient la même tête, le même regard acier arrogant. Après avoir erré un bon moment, je finis par pousser la bonne porte. Faire du café ensuite fut un jeu d'enfant. Pour une fois, je dédaignais le thé pour le café. Il me fallait au moins cela pour avoir de nouveau les idées bien claires. Cela m'apprendrait à abuser du firewhisky … Rapidement la cuisine fut envahie par les effluves odorantes du liquide noir. Ouvrant tous les placards et fouillant les armoires, je recherchais un bol. Au même moment, la porte s'ouvrit sur Narcissa. Il devait être cinq heures et demi du matin et la sorcière était déjà impeccable. Elle portait une robe d'intérieur toute simple d'un beau rouge pourpre. Ses longs cheveux blonds étaient enserrés dans un chignon élégant. Aucune trace sur son visage ou dans son attitude ne venait témoigner de la beuverie de la veille. J'eus un petit sourire envieux.

J'attrapai deux bols.

- Café ? Marmonnai-je.

Elle me remercia d'un sourire tout en m'observant avec attention.

- Ne t'avise pas de me faire la morale, la prévins-je. Je ne suis pas d'humeur.

Narcissa ne dit rien. Je remplis son bol à ras bord, à moitié seulement pour le mien. Puis je me dirigeai vers un placard que j'avais repéré un peu plus tôt lors de ma fouille. J'en sortis une bouteille de firewhisky poussiéreuse. L'étiquette portait l'année 1942, un bon cru. Je débouchais l'alcool sous le regard médusé de mon hôte et terminai de remplir mon bol avec.

- C'était ça ou la potion infâme anti-gueule de bois, expliquai-je.

Le rire de Narcissa s'éleva doucement dans la cuisine.

- Termine ton bol et suis-moi. Je connais un autre remède !

Un peu curieuse, je m'exécutai en silence. Quand nous eûmes bu notre café, elle m'enjoignit à la suivre, ce que je fis en tentant de savoir ce qu'elle mijotait. Mais elle ne voulut rien me dire.

Rapidement, nous nous retrouvâmes dehors. La sorcière m'entraîna au loin dans la propriété. Le soleil venait de se lever et déversait ses rayons étincelants sur nous. Un peu éblouie, je clignai plusieurs fois des yeux. Les paons albinos s'étaient réveillés et leur cris désagréables saluaient l'arrivée du jour. Je les maudis, tandis que mon mal de tête, quelque peu chassé par le café-whisky revenait à la charge.

Narcissa finit par s'arrêter : nous étions arrivées à destination : les écuries. Je le regardai avec étonnement.

- Ca nous fera du bien ! Me proposa-t-elle.

Je haussai les épaules. Une balade à cheval ? Pourquoi pas ? Cela faisait tellement longtemps que je n'avais pas monté.

Cissy sourit, ravie de son idée. Elle poussa la porte des écuries et des hennissements nous accueillirent. Des têtes sortirent de box pour nous observer. Narcissa sortit sa baguette et une selle lévita jusqu'à elle. Elle répéta le sort et une selle me fut octroyée. Elle me désigna alors un box.

- Prends Pasiphae, me lança-t-elle.

C'était une jument au port de tête altier. Ses grands yeux noirs m'observaient tandis que je m'approchais d'elle. Du bout des doigts, je caressai sa robe blanche en souriant doucement. Le choix de Cissy s'était porté sur une jument baie qui piaffait d'impatience.

Quelques minutes plus tard, nous trottions dans la propriété. Mon amie ouvrait la marche, nous faisant progresser sur un petit sentier de graviers blancs qui serpentait entre les arbres. Le vent soufflait doucement et faisait danser délicatement les branches des bouleaux aux feuilles délicates. Lorsque les chevaux sortirent du petit bois et posèrent leurs sabots sur la lande, l'allure s'accélera et bientôt le rythme du galop résonna.

La sorcière avait eu raison de me faire sortir. Ma gueule de bois avait disparu, emportée par le vent qui soufflait sur mon visage. L'air vivifiant me revigora et je me sentis beaucoup plus légère, penchée sur l'encolure de ma monture.

A l'approche d'un petit ruisseau, nous ralentîmes l'allure. L'eau glougloutait entre des rochers moussus. Les chevaux à présent avançaient au pas côté à côté. Regardant soudainement Narcissa avec sérieux, je pris la parole.

- Je vais partir ! Déclarai-je soudain l'air grave.

Interdite, Narcissa me dévisagea à son tour, ne comprenant pas où je voulais en venir. Ses yeux gris m'interrogèrent en silence.

- Richard, soufflai-je alors.

De nouveau, seul le silence étonné et curieux me répondit. Un soupir s'échappa de mes lèvres.

- J'attends que Théo retourne à Poudlard et je partirai …

- Mais, finis par balbutier la sorcière. Pourquoi ? Et où iras-tu ?

- Ca ne peut plus durer, avouai-je.

Je secouai doucement la tête.

- Je vais retourner chez moi … Le manoir de mon père ou le cottage... Je ne sais pas encore …

Je baissai les yeux en silence, observant les rênes de cuir que j'enserrai avec force.

- Je ne le comprends plus … continuai-je d'une toute petite voix. Si c'est pour faire déborder le chaudron à chaque parole, je préfère partir …

Je m'interrompis quelques secondes, perdant mon regard sur l'horizon. Je n'arrêtai pas de penser à l'échange que nous avions eu, quelques jours avant la Coupe du Monde de Quidditch cette conversation qui m'avait fait fuir …

Le vent s'était renforcé et soufflait avec un peu plus de force que tout à l'heure. Il réunissait en une sombre troupe de lourds nuages noirs annonciateurs de pluie et de mauvais temps. Ma capuche était retombée depuis longtemps sur mes épaules et mes cheveux détachés s'envolaient derrière moi, chassés par le souffle frais pour cette journée d'été. Malgré moi, un frisson remonta le long de mon dos, mais ce n'était pas à cause de la météo. Narcissa m'observait toujours sans mot dire. Les lèvres pincées, le visage fermé, le regard presque dur, elle m'écoutait avec attention. Je levai les yeux vers elle puis poursuivis.

- Chaque mot qu'il prononce me trahit chaque parole qu'il laisse échapper c'est un Doloris qu'il me lance … Je … je … je ne comprends pas … Je ne comprends plus … Comment peut-il tout balayer d'un Expelliarmus ? Comment peut-il renier tous nos idéaux ? Pourquoi maintenant ? Cette brûlure à l'avant-bras, je ne l'ai pas rêvée ! Il la sentit, lui aussi, mais préfère le nier !

Je vis Narcissa tressaillir à mes paroles. Je plissai les yeux un instant,les sourcils froncés.

- Lucius l'a sentie, lui aussi ? N'est-ce pas ? Sinon tu n'aurais pas réagi ainsi !

Son regard bleu s'embua quelque peu avant qu'elle ne se ressaisisse.

- Il n'en était pas certain … Mais si tu me dis que Richard et toi …

Un peu piteusement, elle baissa la tête et tins closes ses paupières. Elle inspira plusieurs fois un peu bruyamment comme pour faire refluer son chagrin et ses craintes.

Je savais bien que Narcissa n'était pas la sorcière la mieux placée pour discuter de cela, mais c'était la seule à qui je pouvais me confier.

- Cissy … essayai-je de la rassurer. Je ne sais pas ce que cela veut dire … J'ai … cherché … mais je n'ai rien trouvé … j'ai suivi quelques rumeurs, en vain … Je sais très bien, que toi, tu préférerais que la Marque retombe dans l'oubli, je peux le comprendre … mais venant de la part de Richard … Je … je …

Mes paroles se brisèrent, je secouai la tête sans rien ajouter d'autre.

- J'en suis désolée … conclut simplement Cissey.

Au loin, un grondement résonna dans les cieux gris. Sentant l'orage qui arrivait, les chevaux devenaient nerveux. Leurs naseaux frémissaient dans le vent et ils piétinaient le sol de la pointe de leurs sabots.

- Nous ferions mieux de rentrer, marmonnai-je.

La sorcière à mes côtés m'approuva et tourna bride.

Les premières gouttes de pluie s'abattirent sur le sol lorsque l'écurie se dessina devant nous. Les chevaux forcèrent le pas et bientôt rejoignirent l'abri. Le déluge se déchaîna alors que nous mettions pied à terre. Le vent faisait trembler le toit de l'écurie, la pluie se fracassait avec force dans un bruit assourdissant que les hennissements des chevaux ne pouvaient couvrir. Un éclair zébra le ciel et peu de temps après le tonnerre gronda.

Narcissa me regarda avant de reporter son regard au dehors, par la porte que nous avions laissée ouverte. Le vent faisait entrer la pluie qui forma rapidement une mare devant les box. Le ciel fut de nouveau déchiré par une lumière éblouissante.

- Que faisons-nous ? Lança soudain Cissy. On brave la pluie pour rentrer au chaud ou on attend que cela se passe ?

- Rentrons !

J'étais prête à affronter l'orage plutôt que de patienter des heures dans l'écurie. Le manoir n'était pas si loin que cela et un Impervius nous protégerait quelque peu. Un sourire éclaira le visage de Narcissa qui visiblement était du même avis que moi.

Nous nous jetâmes le sort d'imperméabilité et filâmes sous l'orage. La pluie martelait le sol avec force, faisant même rebondir les fins cailloux blancs du sentier. Le vent soufflait avec violence et contre nous. La tête penchée en avant, nous tenant par le bras, nous avions un peu de mal à avancer. Pourtant nous arrivâmes à destination en riant de la situation. Une fois à l'intérieur, nos capes trempées atterrirent sur le sol en marbre du hall. Le sort avait toutefois bien agi car personne n'aurait pu deviner que nous venions de dehors.

- Je crois que nous avons mérité une bonne tasse de thé ! S'exclama Narcissa.

Je ne pus qu'approuver son idée.

La sorcière m'entraîna vers le petit salon. Elle poussa la porte avant de s'arrêter si brusquement que je faillis la percuter. Nous étions attendues : Lucius et Richard se tournèrent aussitôt vers nous. Les deux sorciers avaient le regard noir des mauvais jours. Le maître des lieux tenait dans ses mains un exemplaire chiffonné de la Gazette du Sorcier.

- Tu t'es bien amusée ? Gronda soudain Lucius.

- A quoi pensais-tu ? Renchérit Richard, en croisant les bras sur son torse.

Tous deux me dévisageaient avec colère. Narcissa, elle, me regardait les yeux écarquillés par la surprise, ne comprenant pas ce qui se passait.

- Mais de quoi parlez-vous ? Les interrogeai-je.

Pour toute réponse, Lucius me balança l'exemplaire du journal sorcier. Je le défroissai et observai, incrédule, la une. Mon visage blêmit légèrement et mon regard se troubla. Je sentis sans la voir vraiment que Narcissa s'était rapprochée pour lire avec moi la première page.

Les mots me sautèrent à la figure.

« SCENES DE TERREUR LORS DE LA COUPE DU MONDE DE QUIDDITCH »

Mais ce fut la photo qui fit s'échapper de mes lèvres une exclamation. On voyait très nettement une Marque des Ténèbres qui scintillait au-dessus des arbres du petit bois que nous avions traversé la veille.

- Mais, répétai-je interloquée, qu'est-ce que c'est ?

- N'est-ce point évident ?

Je fusillai Richard du regard.

- Bien sûr que c'est évident, marmonnai-je. Qui a eu la brillante idée de lancer ce sort ?

Tout en parlant je tapotai de la main la photo. Narcissa, elle, avait poursuivi sa lecture et quelques mots lui échappaient de temps à autre.

- « Nombreuses bévues …Coupables … Des mages noirs se déchaînent ... » Lucius ?

Sans attendre la réponse de son mari, elle m'arracha la Gazette des mains et fit quelques pas tout en tournant les pages pour lire les différents articles de Rita Skeeter sur les événements de la nuit dernière. Et plus elle lisait, plus son visage se défaisait et l'effroi et l'angoisse transparaissait dans son regard clair. De temps en temps, elle laissait échapper le nom de son époux. Elle froissa soudain avec rage le journal et sortit sa baguette qu'elle pointa en direction de Lucius. La colère fit étinceler ses yeux.

- Lucius Malefoy ! Gronda-t-elle. Qu'as-tu fait après notre départ ?

Le sorcier passa sa main dans ses cheveux et esquissa un sourire comme pour désarmer la situation. Mais cela n'arrangea en rien l'humeur de Narcissa qui agitait maintenant avec hargne son artefact magique. Elle avait fait un pas en direction du sorcier.

- Alors ?

Tel un enfant pris en flagrant délit, il se faisait réprimander. Il bredouilla quelques excuses.

- Mais rien, Cissy ! Allons calme-toi !

- Rien ? Répéta-t-elle.

Elle brandit la gazette sous le nez de Lucius.

- Rien ? Ne te moque pas de moi !

- Nous avons simplement continué à discuter et à boire … Il se peut qu'à un moment … comme nous nous ennuyions … nous … nous … avons trouvé de quoi … nous … occuper … un … peu comme avant … en souvenir … du bon vieux temps ... Tu … tu comprends ? On … on … s'est un peu amusé avec … les … moldus du camping …

Si les circonstances avaient été autres, nul doute que j'aurai trouvé la situation plus que comique : Lucius se faisant sermonner comme un enfant. Mais je sentais toujours le regard noir de Richard poser sur moi.

Le ton monta soudain.

- Lucius ! Par Salazar, tu es complétement inconscient ? ! Et si le Ministère avait réagi ? Et Drago dans tout cela ? Ne me dis pas que tu l'as entraîné dans cette histoire ! ?

Je pris soudain la parole.

- Ne revenons pas sur le côté totalement abruti de cette histoire … Je suis entièrement d'accord avec Cissey. Mais j'ai une question ! Pourquoi semblez-vous en colère contre moi ?

Cette fois, ce fut Richard qui intervint.

- Pourquoi as-tu lancé le Morsmordre ?

Je n'en revenais tout simplement pas. A croire que l'histoire se répétait et que j'étais revenue près de vingt ans en arrière à Poudlard.

- Attendez ! Vous pensez que c'est moi ?

Incrédule, je me mis à rire. Je repris mon sérieux.

- C'est n'importe quoi … Je suis rentrée avec Narcissa et je n'ai pas bougé d'ici de toute la nuit. Certes, nous avons beaucoup bu mais pas au point que j'en oublie ce que j'ai fait !

- Ce n'est pas toi ? S'étonna Lucius.

Je restai silencieuse,le fusillant simplement du regard.

- Mais alors qui ? Demanda Richard.

- Sans doute quelqu'un qui a trouvé votre petit jeu totalement idiot ! Mais à quoi avez-vous pensé ?

Je n'en revenais pas. Je me tournai vers Richard.

- Tu as beau jeu ! Tu … tu me fais la … morale … Et il suffit de quelques verres de firewhisky pour que tu fasses n'importe quoi ! Hop ! Envolées tes belles paroles ! Car tu en faisais partie, n'est-ce pas ?

A mon tour, je repris les paroles de Narcissa.

- Et Théodore dans tout cela ?

Richard était visiblement mécontent de la tournure que prenait la discussion.

- Ne t'en fais pas pour lui, il n'a rien à voir dans toute cette histoire.

J'eus un petit sourire moqueur.

- Au moins tu n'avais pas l'esprit totalement embrumé par l'alcool … commentai-je laconiquement. Sur ce …

Je me tournais vers Narcissa et la saluais. Puis sans un regard de plus pour Lucius ou Richard, je tournai les talons et partis.