PDV Carol Lockwood

Je tombai de fatigue, tous les muscles de mon corps me faisaient souffrir le martyr et la faim me tiraillait. Mais je ne renoncerais pas, jamais. Cela faisait des heures, des jours que je parcourais tous les recoins de cette fichue ville, de cette fichue forêt. Mais toujours aucun signe de lui. Pourtant, je sentais qu'il était ici, dans ces bois. Il aimait traîner par ici. Normal pour un loup-garou. Oui, je le savais. Mon fils me l'avait annoncé quelques années plus tôt. Ça avait été difficile à accepter, mais au final, il restait mon fils.

-Madame, il n'est pas ici, dit l'un des officiers qui m'accompagnaient.

-Je sais qu'il n'est pas très loin, répondis-je en continuant d'avancer.

-Madame Lockwood, dit l'autre. Cela fait des jours que vous êtes dans cette forêt, vous devriez rentrer chez vous. On devrait tous rentrer chez nous.

Il posa une main sur mon épaule. Je me dégageai brutalement et me reculais le plus vite possible. Les deux officiers levèrent les mains vers moi comme pour me calmer.

-Madame, il faut vraiment que vous vous reposiez, dit l'un.

-Il faut que je retrouve mon fils ! Criai-je.

Je me retournai et partis en courant le plus vite possible. Il me fallut un petit temps avant de me rendre compte qu'ils ne me suivaient pas, ayant sûrement trop envie de rentrer chez eux, retrouver leur femme et leurs enfants. Je m'arrêtais et m'appuyais contre un arbre. Je devenais folle. Je n'en pouvais plus, j'avais besoin de mon fils. Je me laissai tomber au sol et fondis en larmes. Ça faisait des semaines qu'il avait disparu. Le shérif pensait qu'il avait tout simplement quitté la ville sans le dire à personne. Moi, j'étais persuadée qu'il était encore là, qu'il avait un problème. Seul les deux officiers que je venais d'abandonner avaient bien voulu me croire. Je plongeai mon visage dans mes mains en pleurant, quand soudain, j'entendis une branche craquer. Je relevai la tête. Quelques mètres devant moi, juste en face, se tenait un grand loup noir. Il avait une tâche blanche sur la patte avant droite. Cette tâche... Je ne la connaissais que trop bien.

-Tyler... Dis-je.

Je savais que c'était lui. Comment pouvait-il être un loup en plein milieu de la journée ? Je n'en savais rien. Mais je savais que c'était lui. Il s'approchait lentement, des grognements sortaient de sa gorge et il retroussa les babines, me laissant voir ses immenses crocs. Il n'était plus qu'à quelques centimètres de moi, je me collais au tronc de l'arbre. Je n'essayai pas de courir, ça ne servirait à rien.

-Tyler, répétai-je. C'est moi, c'est maman.

Il continuait de grogner. Je fermais les yeux, pensant que c'était la fin. Mais soudain, les grognements cessèrent. J'ouvris les yeux, il était toujours aussi proche de moi, mais il ne grognait plus et ses crocs avaient disparus sous ses babines. Il commença à couiner et s'approcha lentement pour me lécher le visage. J'eus à peine le temps de lui caresser le cou qu'il partit déjà en courant. Je me levais le plus vite possible, mais il était beaucoup trop rapide pour moi.

-Tyler ! Criai-je.

Quelques heures plus tard

J'avais cherché partout. J'avais passé cette maudite forêt au peigne fin. Mais rien. Je ne l'avais jamais retrouvé. J'en n'en pouvais plus, je voulais retrouver mon fils. Une seule personne pouvait m'aider et je savais de source sûre qu'il était de retour en ville depuis un bon moment. Je sonnais à la grande porte en bois. Cette dernière ne tarda pas à s'ouvrir, laissant apparaître Damon. Je restais sous le choc en ayant découvert qu'il portait une petite fille d'environ cinq ans dans les bras.

-Carol ? S'étonna le grand brun.

Je restais sans voix. Elle lui ressemblait tellement. Je savais qu'Elena était tombée enceinte de lui, mais d'après Tyler, l'enfant était mort à la naissance. Damon remarqua aussitôt que je fixais l'enfant. La petite me regardait droit dans les yeux, sans une once de peur.

-Entre, je t'en prie, dit Damon en s'écartant du chemin.

Je m'avançais dans la maison et je l'entendis fermer la porte, puis dire à la petite de rejoindre Stefan à l'étage.

-C'est une surprise de te voir ici, dit-il en me faisant signe de m'asseoir sur le canapé.

Il s'assit en face de moi et il ne me fallut que quelques secondes pour remarquer qu'il était anormalement stressé.

-Ne t'inquiète pas Damon, dis-je. Je ne suis pas venu pour ta fille, bien qu'elle soit supposée être morte d'après mon fils.

Il baissa les yeux, sachant très bien ce que je pensais de sa progéniture. A l'époque, lorsque j'avais appris qu'Elena était enceinte de lui, j'avais tout fait pour m'y opposer. Je ne voulais pas qu'une telle abomination vienne au monde. Le fait qu'elle soit morte née m'avait bien arrangée. Mais il était évident que mon fils m'avait mentis.

-Je suis ici pour mon fils, dis-je. Il a disparu depuis des semaines.

Damon leva les yeux vers moi et je compris tout de suite qu'il savait quelque chose de plus que moi.

-Je l'ai cherché partout et j'ai enfin fini par le retrouver, ajoutai-je. Dans la forêt. Mais le plus étonnant est qu'il était sous la forme d'un loup.

-Vous êtes sûre que c'était lui ? Demanda Damon.

-Je sais encore reconnaître mon fils quand je le vois Damon. Maintenant, dis-moi ce que tu sais.

Il me regarda en silence pendant quelques secondes avec hésitation, avant de soupirer, se rendant à l'évidence qu'il ne servirait à rien de mentir et que je ne partirais pas d'ici sans avoir eu une explication.

-Il y a un peu plus de deux semaines, Tyler et Caroline ont eu une énorme dispute, expliqua-t-il. Tyler est sorti de ses gonds et il s'est transformé sous ses yeux, en plein jour. Il l'a sauvagement attaquée, presque tuée. Au début, je ne l'ai pas crue quand elle m'a dit que c'était lui qui l'avait attaquée, mais maintenant je me rends compte qu'elle disait la vérité.

-Pourquoi est-il toujours un loup ? Demandai-je.

-Je n'en sais rien, répondit-il. Klaus dit que ça peut prendre un peu de temps avant qu'il ne reprenne sa forme humaine.

Je restai silencieuse quelques instants, essayant d'avaler tout ce que Damon était en train de me dire. Je n'en revenais pas. Tyler ? Attaquer Caroline ? Cela me semblait impossible, il l'aimait tellement.

-J'ai besoin de ton aide, Damon, dis-je finalement. J'ai besoin de toi pour sauver mon fils.

Damon hésita quelques secondes, mais il finit par acquiescer, comprenant sûrement qu'il n'avait pas vraiment le choix. Je me levai et m'apprêtai à m'en aller, mais il me rattrapa par le bras.

-Je suis désolé qu'on t'ai mentis à propos de Rose, dit-il. Mais elle est humaine, elle ne peut faire de mal à personne.

-Occupons-nous d'abord de mon fils, dis-je. Je verrais plus tard ce que je ferais de ta fille.

Je sortis de la maison et me tournais vers lui en voyant qu'il ne me suivait pas. Il soupira et prit sa veste avant de me suivre.

PDV Elena

J'étais seule dans la maison. Eve était partie chercher Jérémy au travail il y a quelques minutes seulement et Damon était rentré chez lui avec Rose. J'étais allongée sur le canapé et je lisais tranquillement un livre, quand soudain, j'entendis un bruit de vaisselle cassée venant de la cuisine. Je fronçais les sourcils alors qu'un grand frisson parcourait tout mon corps. Je me redressai et déposai mon livre sur la table basse.

-Eve ? Appelai-je, pensant que la jeune fille était peut-être revenue parce qu'elle avait oublié quelque chose.

Seul le silence me répondit. Je me levai et avançai lentement vers la cuisine. Plus j'approchai plus je commençais à angoisser. Je passai la tête dans l'ouverture de la porte et remarquais qu'il n'y avait personne dans la pièce. Je fronçais les sourcils. Pourtant j'étais sûre d'avoir entendu quelque chose. Je m'avançais encore un peu et découvris une assiette cassée sur le sol. Au même moment, j'entendis une porte claquer à l'étage. Je sursautais et plaquai une main sur ma bouche pour ne pas crier. Je restai immobile quelques secondes, puis me déplaçai silencieusement jusqu'au placard du salon. Je l'ouvris délicatement et attrapai l'arbalète accrochée au mur. Je la chargeai avec une flèche et la pointai vers l'escalier. De nouveaux bruits se firent entendre, venant cette fois-ci de ma chambre. Avec beaucoup de prudence, je m'avançais vers les escaliers et commençais à monter les marches doucement, sans faire de bruit. Je faisais bien attention à ne pas baisser ma garde. A présent, un grand silence régnait dans la maison, rendant la situation encore plus effrayante qu'elle ne l'était déjà auparavant. J'arrivais enfin en haut de l'escalier et découvris que la porte de ma chambre était entrouverte. Ma respiration s'accélérait alors que je m'approchai de la pièce en question. Je commençais à être vraiment paniquée. Et si s'était Klaus ? S'il était enfin venu chercher ce qu'il voulait ? Du bout de mon arme, j'ouvris la porte en grand. La pièce semblait vide. J'entrai sans baisser l'arbalète et la pointais vers tous les coins de la pièce. D'un coup, j'entendis quelques choses derrière moi. Je me retournais au plus vite, mais toujours rien. Soudain, on m'arracha mon arme des mains qui alla s'écraser sur le sol quelques mètres plus loin. Mais je n'avais rien vu, et la pièce était toujours vide, il n'y avait que moi. Je voulus courir vers l'arbalète qui gisait sur le sol, mais je me sentis tirée vers l'arrière. Je fis un petit vol plané pour atterrir sur mon lit. Je me précipitai pour me relever, mais on me plaqua sur le matelas et je vis une forme se pencher sur moi avec un grognement. Je ne me retins plus et lâchai un énorme hurlement en tentant de me débattre. Soudain, la personne se redressa et j'entendis un rire. Ce rire. Je le reconnaîtrais entre mille. Mon propre visage apparut au-dessus de moi encadré par des cascades de boucles brunes. Katherine affichait un grand sourire amusé. Je posai ma main sur mon cœur et laissai retomber ma tête sur le matelas, soulagée.

-Bon sang, Katherine, tu m'as fichue la peur de ma vie ! M'exclamai-je.

-Roh, si on peut même plus s'amuser, dit-elle.

Je me redressai sur mes coudes et la regardais avec un regard accusateur. Elle haussa les épaules et me fit un petit sourire. Très vite, le même sourire apparut sur mes lèvres. Je l'attirai et la serrai contre moi.

-Tu m'as manquée Mini-moi, chuchota-t-elle.

Je souris, elle aussi elle m'avait manquée. Elle avait été la seule à connaître la vérité sur les raisons pour lesquelles j'avais quitté Damon. Et elle m'avait soutenue jusqu'à ce que ce dernier me fasse tout oublier. Ensuite, elle a tout simplement disparu. Probablement parce qu'elle ne pouvait pas rester étant donné qu'elle et moi étions pareilles physiquement. Je fermai les yeux, trop heureuse de l'avoir avec moi. Elle se redressa, assise à califourchon sur moi. Elle se pencha en avant pour déposer un bisous sur ma joue. Je lui souris un peu plus et elle commença à jouer avec mes cheveux du bout de ses doigts.

-Comment tu vas ? Demanda-t-elle.

-Je vais bien, dis-je.

Elle se leva et commença à faire le tour de la chambre en observant attentivement chaque recoins. Elle faisait déjà ça quatre années plus tôt. Elle aimait bien farfouiller dans mes affaires, et moi, je la laissais faire.

-J'étais dans le coin et j'ai appris que tu n'avais plus de trou dans ta mémoire, alors je suis venue, dit-elle sans me regarder.

Néanmoins, je pouvais très bien distinguer le petit sourire qui s'affichait sur ses lèvres.

-Je me souviens de tout, dis-je en me redressant souriante. Je suis à nouveau moi !

-Contente de l'apprendre, dit-elle. Tu m'as vraiment manquée.

Elle s'était retournée vers moi et me souriait à pleines dents. Elle vint s'asseoir à côté de moi. Elle me regarda et son sourire disparut petit à petit. Elle paraissait soudainement sérieuse, sans que je puisse comprendre pourquoi.

-Qu'est-ce qu'il a ? Demandai-je.

-Je ne suis pas revenue seule, dit-elle. Alaric est avec moi.

-Alaric ? Répétai-je.

Ce qu'elle venait de me dire m'était arrivé en pleine figure comme une gifle. Je n'arrivais pas à croire qu'il était revenu. Je pensais sincèrement que je ne le reverrais jamais.

-Oui, dit-elle. Tu te rappelle de lui ?

-Comment l'oublier... Soufflai-je en baissant les yeux.

-Et tu te rappelle de la manière dont tu l'as chassé de chez toi ?

Je plongeai mon visage dans mes mains en soupirant. Bien sûr que je m'en rappelais. Comment l'oublier ? J'avais été odieuse avec lui. Je sentis Katherine me frotter le dos avec sa main pour me réconforter.

-Ça va aller Elena...

-Non... Dis-je. J'ai été horrible avec lui... Qu'est-ce que je vais bien pouvoir lui dire ?

Flash-Back

J'étais allongée dans le canapé en train de regarder un film. Mon énorme ventre m'empêchait presque de me déplacer. Je n'avais qu'une envie : que cette enfant sorte de là. Je n'en pouvais plus, je voulais la voir, je voulais la serrer dans mes bras. Soudain, Alaric apparut dans la pièce.

-Salut Ric ! M'exclamai-je en souriant.

-Salut, répondit-il froidement.

Je soupirai. Il me parlait comme cela depuis que j'avais quitté Damon. Et ça empirait de jour en jour. Je n'en pouvais plus de cette situation. J'avais déjà perdu Damon et Caroline, je ne voulais pas le perdre aussi. Je ne pouvais pas le perdre. J'avais besoin de lui. Il attrapa sa veste et se dirigea vers la porte d'entrée.

-Où tu vas ? Demandai-je.

-Chez Damon.

-Pardon ?

Il arrêta tout mouvement et baissa la tête en soupirant. Il referma la porte et se tourna vers moi. Je pouvais voir dans ses yeux toute la colère qu'il ressentait.

-Crache le morceaux, dit-il.

-Quoi ? Demandai-je en fronçant les sourcils, ne comprenant pas de quoi il parlait.

-J'en ai marre qu'on tourne autour du pot, que tu me fasses des remarques à chaque fois que je vais chez Damon, dit-il. Alors, réglons ça ici et maintenant. Dis ce que tu as à me dire.

Je le regardais avec de grands yeux ébahis.

-Alaric, dis-je. Caroline a trompé Tyler avec lui ! Il a ruiné leur couple !

-Et alors ? Il n'en serait pas là si tu n'avais pas jouer avec lui comme tu l'as fait, répondit-il.

-Jouer ? Qu...

-Ne joue pas les innocentes, me coupa-t-il. On sait très bien ce qu'il s'est passé, tout le monde le sait. Tu avais perdu Stefan, alors tu t'es rabattue sur Damon, jusqu'à ce que le peu de d'amour que tu avais pour lui ne te rappel à l'ordre. Tu me dégoûte. Comment as-tu pu faire ça ? A Damon ? Après tout ce qu'il a fait pour toi !

Je restai sous le choc de tout ce qu'il venait de me dire. Je me levai avec difficulté. Il s'était approché de moi et je voulais être à sa hauteur.

-Je n'ai pas joué avec lui ! M'exclamai-je. Je me suis... Perdue dans mes sentiments...

-Pas avec moi Elena, dit Alaric.

Il se retourna et se dirigea vers la porte à nouveau. Une vague de panique me parcourut. J'étais en train de le perdre. Je ne pouvais pas. Je ne pouvais pas vivre sans lui. Jérémy et moi avions besoin de lui.

-Si tu passes cette porte pour aller voir Damon, ce n'est pas la peine de revenir ! M'exclamai-je.

Il s'arrêta net et resta face à la porte.

-C'est lui ou moi, Ric, déclarai-je.

Je l'entendis inspirer profondément, puis il se retourna vers moi.

-Tu es un monstre, dit-il en pointant le doigt sur moi. Tu ne vaux pas mieux que Damon lorsqu'il avait éteint son humanité. Tout d'abord tu joues avec lui comme s'il n'était qu'un vulgaire jouet et ensuite tu le jettes ! Et après, tu retournes tous ses amis contre lui ! Mais qu'est-ce qu'il te prend ?! Qui es-tu ?!

Les larmes montaient déjà jusqu'à mes yeux. Si seulement je pouvais lui expliquer pourquoi je faisais tout ça. Si seulement... Il me soutiendrait, j'en étais sûre.

-Tu ne mérites pas tous les amis que tu as, dit-il. Tu ne mérites pas Damon. Et tu ne mérites pas l'enfant que tu portes en ce moment. Le mieux pour ce bébé serait de partir loin de toi et de cette ville. De partir avec son père et de ne jamais revenir.

Il se retourna et frappa dans le mur avec son poing, me faisant sursauter. Le mur s'affaissa sous son coup. Alaric sortit de la maison en claquant la porte d'entrée. Je restai immobile, les larmes coulaient sur mon visage. Ce qu'il venait de me dire m'avait éclaté en plein visage. Tout à coup, je me sentis toute bizarre, j'avais l'impression d'être plus légère, au sens propre du terme. Soudain, la porte d'entrée s'ouvrit, laissant apparaître Bonnie et Jérémy. Ce dernier me vit tout de suite et vint vers moi en fronçant les sourcils.

-Elena ? Est ce que ça va ? Me demanda-t-il. Tu pleures...

-Je...

-Elena, ça va ? Demanda Bonnie. Tu es toute pâle.

-Je crois que je viens de perdre les eaux... Murmurai-je.

Fin Flash-Back

J'avais été odieuse avec lui. J'avais essayé de le retourner contre son meilleur ami. Et c'était la dernière fois que je l'avais vu. Par la suite, il était parti avec Damon et je n'avais plus jamais eu de nouvelles de lui. Katherine était en train de farfouiller dans ma penderie, regardant chacune des robes que je possédais avec attention.

-Où est-il ? Demandai-je.

-Dans son ancien appartement, répondit-elle sans même me regarder. Il ne l'a jamais vendu, alors il a pu s'y installer en revenant.

-Comment se fait-il que vous reveniez en même temps ?

Elle fit comme si elle n'avait pas entendu la question. Je soupirai, mais n'insistai pas. Si Katherine ne voulait pas répondre, alors il n'y avait rien que je puisse faire pour qu'elle change d'avis. Je me levai et allai vers elle. Elle avait pris l'une de mes robes et la tenait devant son corps en se regardant dans le miroir. Elle finit par reposer la robe dans la penderie et me regarda quelques secondes. Elle soupira en voyant que je n'étais pas au mieux de ma forme et me tira vers elle. Je me blottis contre elle en soupirant à mon tour.

PDV Klaus

Nous étions au beau milieu de l'après-midi et nous nous préparions pour aller à la plage. Un soleil éclatant rayonnait dans le ciel. J'avais déjà enfilé mon maillot de bain et je mis un T-shirt avant d'aller dans la chambre de Caroline. Je toquai à la porte, mais elle ne répondit pas. J'ouvris un peu la porte et la découvris en maillot de bain, face à son miroir. J'entrai et refermai la porte derrière moi.

-Tu es prête ? Demandai-je.

-Je ne peux pas y aller, dit-elle.

-Mais de quoi tu parles ? On va juste à la plage, dis-je.

Elle se tourna vers moi, comme si elle était énervée. Je voyais bien qu'elle se sentait mal. D'un signe de la main elle désigna ses cicatrices. Je la regardais de haut en bas, admirant chaque parcelle de son corps. Elle était tellement belle. Sa peau était parfaite, ses formes tout simplement magnifiques. Elle soupira et s'assit sur le lit.

-C'est immonde, dit-elle. Qu'est-ce que je vais dire à mon père ?

Je m'assis à côté d'elle et pris sa main dans la mienne. Elle leva les yeux vers moi et je lui souris légèrement pour tenter en vain de la rassurer.

-Ces blessures, elles font parties de toi maintenant. Tu dois les accepter.

-Mais comment je vais expliquer ça à mon père ?

-Ton père ne sait pas ? Demandai-je en fronçant les sourcils.

Elle secoua la tête en silence. Je réfléchissais quelques secondes, cherchant un moyen de parler de ces blessures à son père sans qu'il ne découvre qu'elle était un vampire.

-Mon père a été élevé dans la haine contre les vampires, dit Caroline me sortant de mes pensées. Quand il avait cinq ans, on lui a mis un pieu en bois dans les mains en tant que jouet. Quand il a quitté ma mère et Mystic Falls, il a aussi mis toutes ces histoires derrière lui... Alors... Je ne veux pas le faire replonger là-dedans.

-C'est ton père Caroline...

-Et ma mère est partie à cause de ce que je suis, dit-elle. Imagine que mon père me tourne le dos lui aussi... Je ne peux pas le perdre. J'ai déjà perdu assez de gens. Tous les êtres que j'aime disparaissent les uns après les autres.

Je vis une larme couler sur sa joue. Je pris son visage entre mes mains, l'obligeant à me regarder. J'essuyai sa larme avec mon pouce et posais mon front contre le sien.

-Moi, je ne disparaîtrais jamais, dis-je. Mais si un jour je le fais, ce sera parce que tu me l'auras demandé.

Elle ferma les yeux et je l'imitai. J'aurais pu rester toute la journée comme ça, ou même toute l'éternité. Sans jamais bouger. Être juste là, avec elle. Loin de nos problèmes et de nos différences. Je caressai lentement ses cheveux, appréciant leur douceur. Soudain, Caroline bougea, mais ne se recula pas comme je crus qu'elle le ferait. Elle fit lentement glisser son visage contre le mien et alla le nicher dans le creux de mon cou. Je l'encerclai de mes bras pour la serrer contre moi.

-Tu me le promets ? Demanda-t-elle.

-Je te le jure... Soufflai-je.

Je sentis qu'elle resserrait son étreinte autour de moi. J'adorais la sentir contre moi. Je profitai un maximum de cet instant, le gravant à jamais dans ma mémoire ainsi que ma promesse. Malheureusement, elle finit par se reculer en essuyant ses larmes.

-Merci, dit-elle en me souriant.

Je lui rendis son sourire et déposai un baisé sur sa joue. Je pris sa main et me levai en la forçant à faire de même. J'observai avec attention son corps. Je vis que le rouge montait à ses joues et elle voulut croiser ses bras pour se cacher, mais je pris ses mains dans les miennes pour l'en empêcher.

-Klaus, arrête, dit-elle en se débattant.

-Tu es magnifique, dis-je.

-Arrête, ne dis pas de bêtises. Ces cicatrices sont horribles et...

D'un coup, je lâchai ses mains et pris son visage entre les miennes. Je la tirai vers moi et plaquai mes lèvres contre les siennes, la coupant en plein milieu de sa phrase. Je sentis qu'elle voulut se reculer, mais cette fois-ci, je ne la laissais pas s'enfuir. J'intensifiais notre baisé et la sentis hésiter pendant quelques secondes. Elle finit par se laisser faire. Je descendis ma main dans son dos et la serrai un peu plus contre moi. J'avais envie d'aller plus loin, de voir jusqu'où elle me laisserait aller. Mais je finis par mettre fin à notre baisé avec un grand regret. Je posai à nouveau mon front contre le sien et soupirai légèrement.

-Tu es magnifique, répétai-je.

Elle ouvrit enfin les yeux et me fixa avec ses grandes iris bleus que j'aimais tant. Je pouvais sentir qu'elle tremblait légèrement. Un léger sourire naquit sur mes lèvres.

-Je vais parler à ton père pour les morsures, dis-je.

Je me reculai à contre cœur et sortis de la pièce sans me retourner. Avant de refermer la porte, je regardais une dernière fois dans la chambre par la petite ouverture que j'avais laissé. Caroline était toujours debout, plantée au milieu de la pièce. Elle posa le bout de ses doigts sur ses lèvres et je vis un mince sourire apparaître sur son visage. Je souris un peu plus et me dirigeai vers la cuisine d'où j'entendais Bill et Steven discuter.

PDV Damon

Nous nous tenions à l'entrée de la forêt, Carol Lockwood et moi. J'étais face à elle. Ça faisait déjà plusieurs minutes qu'elle avait sorti son pistolet. Elle l'avait pointé vers moi et depuis, je me tenais face à elle avec les mains en l'air. Je savais bien qu'elle l'avait chargé avec des balles en bois. Je n'étais pas assez stupide pour tenter quoi que ce soit. Je voyais bien que Carol était complètement déboussolée et qu'elle n'hésiterait pas à tirer.

-J'ai besoin de toi Damon, dit-elle.

-Carol, tu sais ce que je risque si je rentre dans cette forêt, dis-je. Si je me fais mordre, je suis foutu !

-Si tu n'entres pas dans cette forêt, je te tuerais moi-même et j'utiliserais ta fille comme appât ! S'exclama-t-elle.

Je me mordis la lèvre. Dans l'état où elle était, je savais qu'elle en était vraiment capable. Elle faisait ça pour son fils et quelque part je la comprenais.

-D'accord... Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Demandai-je.

-Je veux que tu ailles là-dedans, dit-elle en désignant la forêt. Je veux que tu attires mon fils pour qu'il te suive jusqu'à la cave qui se trouve sur notre ancienne propriété.

-Comment je saurais que c'est bien lui ?

-Parce qu'il n'y a qu'un seul loup dans cette forêt ! Cria-t-elle. Et il a une patte blanche !

-Et si je me fais mordre ?

-Tu n'auras qu'à demander à Klaus de te guérir.

Elle avait haussé les épaules en disant ça, comme si ça n'avait pas vraiment d'importance. Elle s'en fichait que je me fasse mordre. Tout ce qu'elle voulait, c'était retrouver son fils. Je ne pouvais que la comprendre.

-Je t'en prie Damon, dit-elle. Je ne sais pas quoi faire d'autre.

Je soupirai et acquiesçai. Je m'avançais lentement vers la lisière de la forêt et y entrai. Je me retournais et vis que Carol avait baissé son arme. J'aurais pu en profiter. J'aurais pu m'enfuir à ce moment-là, prendre ma fille et quitter la ville. Mais mon regard croisa le sien. Elle avait les yeux pleins de larmes et de détresse. Elle était au bout du rouleau. Ses yeux étaient soulignés par des cernes qui étaient témoins des longues recherches qu'elle avait menées. Je ne pouvais pas la laisser comme ça. Je ne pouvais pas ne rien faire. Je devais l'aider à retrouver son fils. Je me détournai et m'enfonçai un peu plus dans les bois.

PDV Elena

La nuit était tombée. Katherine était toujours là. Nous avions passé une bonne soirée avec Eve et Jérémy. Ça m'avait fait du bien de rire un peu et d'oublier tous mes problèmes. Katherine avait cet effet là sur moi. Elle me détendait, elle me faisait m'évader. Elle et moi étions assises dans le salon en train de discuter joyeusement quand la sonnette retentit. Je fronçais les sourcils en tournant la tête vers la porte d'entrée. Il était très tard et je n'attendais pas de visite. Je soupirai en me levant et m'avançais jusqu'à la porte, suivie de près par Katherine. J'ouvris le battant de bois et fut autant surprise que la personne qui se trouvait sur le seuil. Stefan nous faisait face, tenant dans ses bras Rose, endormie. Il nous regardait avec de grands yeux choqués, faisant des allés-retours entre Katherine et moi.

-Katherine ?! S'étonna-t-il tout en restant silencieux.

-Salut Stefan, dit la vampire sans grand enthousiasme.

-Stefan, qu'est-ce que tu fais ici ? Demandai-je.

Il soupira et entra sans que je lui donne la permission. D'un mouvement de la tête, il m'indiqua qu'il allait coucher la petite dans ma chambre. Je le suivis du regard pendant qu'il montait les escaliers. Une fois qu'il eut disparu de ma vue, je tournais la tête vers Katherine. Elle m'interrogea du regard, mais je haussai les épaules, lui montrant que je n'avais aucune idée de ce qu'il faisait ici à cette heure si tardive. Après quelques secondes d'attente, Stefan réapparut enfin. Il descendit les escaliers en vitesse et s'approcha de nous.

-Qu'est-ce qu'elle fait là ? Demanda-t-il en désignant Katherine.

-Relax Stefan, je ne vais manger personne, répliqua mon double.

-Stop vous deux ! M'exclamai-je. Stefan, dis-nous plutôt qu'est-ce que tu fais là ?

Il regardait Katherine d'un air mauvais et attendit quelques secondes avant de me regarder. Il soupira. Je voyais bien qu'il était énervé et à cran.

-Damon a disparu, dit-il.

Sa déclaration vint me frapper en plein visage. Je sentis Katherine qui se tendit autant que moi à mon côté. Je regardais Stefan avec de grands yeux. Je n'en revenais pas.

PDV Damon

La nuit était complètement noire et je n'y voyais presque plus rien. Je devais à présent me fier à mon ouïe. Cela faisait un moment que j'étais là et je n'avais toujours pas croisé la route d'un loup. Je sentais la peur et l'anxiété monter peu à peu en moi. Je me mettais à courir au moindre craquement de branche et ne m'arrêtais qu'une fois sûr que je n'étais pas suivis. Quand enfin j'entendis un grognement derrière moi. Je me retrouvais paralysé par la peur. Je cessai totalement de respirer, espérant que peut-être, si je ne bougeais pas d'un poil, il ne me verrait pas et s'en irait. Mais je l'entendais encore. Je me retournais lentement vers lui. Il était juste là, à quelques mètres seulement de moi. Il me regardait avec ses grands yeux jaunes qui brillaient dans le noir. Je restai immobile. J'aurais dû courir, mais aucun de mes muscles ne voulaient bouger.

Voilà enfin la suite ! Désolée pour l'attente j'étais pas mal occupée dernièrement ! Dites-moi ce que vous en avez pensé !