Bien le bonjour en ce week-end pluvieux et maussade …
Un temps parfait pour lire et écrire;)
Voici donc un nouveau chapitre, très court … Mais l'entrevue ne pouvait durer …
En espérant que cela vous plaise !
Un grand merci à ceux qui cliquent sur le pitit bouton pour me laisser une review, ça fait super plaisir et chaud au coeur !
Bonne lecture et à très vite !
Chapitre 21 : Départ ...
En ce jour de rentrée, j'avais le coeur encore plus serré que d'habitude. Droite comme une baguette sur le quai, à quelques pas de Richard, j'observai la massive silhouette du train qui venait de quitter la voie 9 3/4. Théodore venait de partir pour une nouvelle année à Poudlard et j'appréhendais un peu cette année scolaire pour lui …
J'avais appris de Lucius que le Tournoi des Trois Sorciers allait être relancé à Poudlard … Une délégation de Durmstrang serait donc là … et donc Karkaroff allait errer dans le collège écossais … Ce sale petit traître avait eu de la chance que je ne le croise à la Coupe du Monde de Quidditch … Mais de savoir qu'il pourrait rencontrer Théodore, je n'aimais guère cela. Pour une fois, j'étais contente de le savoir dans la maison de Severus. Ce dernier veillerait sans nul doute au grain … Et puis il y avait Fol-Oeil … Apparemment les rumeurs étaient vraies, le vieux citronné avait sorti l'ancien Auror de sa retraite pour le nommer professeur de Défenses Contre les Forces du Mal. Une idée des plus stupides ! Théo allait le subir pendant une année et cette idée m'était insupportable. J'aurai presque préféré que ce cours soit donné par un sang-de-bourbe !
Mais ce n'était pas uniquement pour ces raisons-là que je voyais s'éloigner le train avec appréhension … J'allais devoir affronter Richard et cette confrontation me rongeait. Ma décision était prise … Cependant je voulais lui donner une dernière chance. Mon coeur battait à tout rompre dans ma poitrine tandis que je quittais la gare de King Cross sur les talons du sorcier. Nous n'avions échangé aucune parole depuis que le signal de départ avait été donné et que Théo était parti.
Il pleuvait toujours autant que ce soit aux alentours de la gare moldue qu'au manoir. Malgré ma lourde cape, j'étais gelée et trempée. Je m'en séparai avec joie, une fois rentrée à la maison. L'elfe de Richard récupéra nos affaires trempées avant de disparaître préparer du thé. Le maître des lieux, toujours silencieux ne m'adressa aucun regard et fila vers son bureau. Un instant, je restai là dans le hall, le regard fixé sur les tableaux qui m'étaient devenus familiers au fil des années. Puis sortant de mon hébétude, je secouai la tête et grimpai à l'étage, du côté de mes appartements.
Une fois dans ma chambre, je m'appuyai contre la porte et fermai les yeux quelques secondes. Je savais que je prenais la bonne décision. Mais je savais aussi que j'allais le regretter … et que cela ferait mal ...
En soupirant, je sortis ma baguette et les portes des armoires s'ouvrirent brusquement.
- Failamalle ! Marmonnai-je d'une voix blanche.
En quelques minutes, je remplis deux malles avec mes affaires, sans prendre le soin de les trier ou de plier correctement mes vêtements.
- Reducto !
Aussitôt mes affaires furent réduites et je pus les déplacer facilement. Je les redescendis dans le hall et les laissai dans un coin, non loin de la porte. Je venais de faire la partie la plus facile … Il me restait à affronter Richard.
Traînant les pieds, je me dirigeai vers son bureau. Il finissait de cacheter une lettre lorsque j'entrai sans frapper. Un coup d'oeil rapide m'apprit qu'elle était destinée à Lucius. Qu'avait-il de si important et confidentiel à lui dire, alors que nous l'avions croisé il y a peu ?
Richard me dévisageait en silence. Son regard noir me fixait avec intensité. Quelque part, très loin dans le manoir, une pendule sonna midi et ce bruit me fit sursauter. Ce son me sortit également de ma torpeur et de mon silence. Je fis un pas de plus vers Richard qui s'était levé pour aller se tenir devant la cheminée.
- Richard !
J'avais la voix presque brisée lorsque je prononçais son prénom. Son silence me répondit, mais son regard éteint n'avait cessé de m'observer. Il semblait si fatigué, le poids des années s'était abattu lourdement sur ses épaules.
Avec lenteur et une certaine théâtralité, je remontai ma manche. J'entendis le soupir s'échapper des lèvres du sorcier que je toisais. Il ferma les yeux.
- Tu peux m'ignorer, tu peux ne plus me parler … Mais CA ! Tu ne peux pas le nier !
Tout en parlant, je lui fourrai sous le nez mon bras. Sur ma peau trop pâle, se découpait très estompée, presque invisible ma Marque. Richard gardait les yeux fermés, refusant de voir l'évidence.
- Elle revient ! Richard ! Elle revient !
Je recouvrais mon bras avec ma manche et posai mes mains sur les bras du sorcier.
- Que vas-tu faire ? Lui demandai-je doucement.
Il ne me répondit rien.
- Richard, insistai-je.
Il ouvrit les yeux et plongea son regard dans le mien. Il refusait toujours de me parler et plus les secondes s'égrenaient, plus cette absence de réponse me terrifiait.
- Viendras-tu avec moi ?
Il laissa alors échapper un petit rire.
- Pour aller où ?
Je secouai la tête.
- Je ne sais pas, avouai-je. Quand la Marque m'a brûlée cette nuit, j'ai essayé de transplaner … Mais ça n'a rien donné … L'appel est trop faible …
- Alors pourquoi partir ?
- Parce que je dois le faire ! Il faut retrouver le Maître !
Je m'interrompis quelques secondes avant de poursuivre d'un ton plus calme et posé.
- Il se passe quelque chose ! On ne peut plus le nier ! Notre Marque, elle va et vient, parfois elle brûle ! Et puis toutes ses rumeurs qui courent dans la nuit et le vent …
J'entendis un soupir s'échapper de ses lèvres. Le Mangemort se détourna de la cheminée et gagna un des fauteuils pour s'y laisser tomber. Il passa une main sur son visage fatigué, le regard éteint.
- Ce ne sont que des histoires qui vont et viennent cela fait douze ans … alors pourquoi y aurait-il quelque chose de nouveau ? Pourquoi maintenant ? Et ces rumeurs enflent de nouveau sans doute à cause de notre bête histoire à la Coupe du Monde … la Marque a été lancée et cela fait une nouvelle fois parler … Et puis ensuite il n'y aura plus rien … Il faut juste que cet événement se tasse … Lucius est d'accord avec moi, il n'a rien à faire, rien à chercher !
A mon tour, je me mis en mouvement pour le rejoindre. Je me plantai devant lui en secouant la tête.
- Ca n'a rien à voir avec la Coupe du Monde de Quidditch, tu le sais très bien et Lucius aussi ! Vous essayez juste de vous convaincre du contraire !
Je posai ma main sur mon avant-bras.
- Ma marque est apparue bien avant que quelqu'un ne lance le Morsmordre !
Richard fit un petit geste de la main comme pour balayer mes paroles.
- Soit … Laissons de côté les incidents de la Coupe du Monde … Qu'avons-nous ? Presque rien : une Marque qui nous brûle de manière si discrète qu'on la sent à peine …
Il se releva et souleva ma manche.
- Regarde ! M'ordonna-t-il d'un ton tranchant. Le dessin est à peine visible !
D'un geste brusque, je me défis de son étreinte.
- Justement ! Rien ne s'était passé pendant près de treize ans ! Quelque chose est en train de se passer ! Et il n'y a pas que la Marque ! Le vieux citronné a ressorti l'Auror de sa retraite ! Il est de nouveau sur le qui-vive.
- Fol-Oeil est le seul qui ait bien voulu du poste … essaya de rétorquer Richard.
- Severus aurait pu le prendre ! Mais Dumbledore a préféré Maugrey, c'est un signe !
Le rire de Richard résonna dans la pièce.
- Un signe ? Un signe qu'il devient totalement sénile …
Je secouai la tête.
- Et le tournoi qui va être lancé à Poudlard ?
- Quel est le rapport ?
- Tous les yeux du monde magique vont être pointés sur Poudlard, ce serait une occasion parfaite …
- Une occasion parfaite pour quoi ?
- Pour que le Maître revienne !
- Et comment pourrait-Il revenir ? Il est …
- NON ! Ne dis pas cela !
Richard ne tint pas compte de mes protestations tonitruantes.
- Il est mort ! Quand l'accepteras-tu enfin ?
Je faisais des grands signes de tête.
- Non, non non … Tu te trompes, vous vous trompez tous !
Puis je tournai les talons, le regard plein de larmes, je fis quelques pas vers la porte. Avant d'entrer ici, je savais très bien que je perdais mon temps à essayer de convaincre Richard. Je venais d'en avoir la confirmation.
Je posai ma main sur la clenche dorée en forme de tête de dragon. Sans me retourner, préférant observer les nervure du bois, je parlais en détachant chaque mot.
- Je m'en vais, Richard … Je pars … et … je … je … je ne reviendrai pas … quelque soit l'issue de mes recherches …
Je secouai la tête tandis que mes larmes roulaient sur mes joues. Je l'entendais derrière moi se rapprocher mais je ne pouvais pas affronter son regard.
J'abaissai la poignée de la porte.
- Je … je ne pourrai jamais assez te remercier pour tout ce que tu as fait pour moi, pendant toutes ses années … Mais … je … je ne peux plus … rester … Je … je suis désolée.
Richard était tout près de moi, je le sentais là dans mon dos. Il fallait que je parte car si je croisai son regard, si je le laissai parler peut-être arriverait-il à me faire rester et je ne pouvais pas … Il fallait que je sache …
Alors à toute allure j'ouvris en grand la porte et m'enfuis en courant dans le couloir.
