PDV Elena
Je m'étais enfin calmée. Combien de temps étais-je restée ainsi à pleurer dans les bras de Stefan ? Je n'en avais aucune idée. Tout ce que je savais, c'est que déjà le soleil se levait. J'étais assise sur l'un des canapés dans le salon. Je n'avais pas décroché un mot depuis des heures. Personne ne parlait. La maison était tellement silencieuse, j'avais l'impression que c'était un cauchemar. Tout ça, ça ne pouvait pas être réel. Pourtant, je n'arrivais pas à me réveiller. J'avais l'impression qu'on m'avait arraché le cœur, je n'avais juste plus envie de vivre. S'il s'en allait, je voulais partir avec lui. Je n'arrivais pas à croire que ça arrivait là, maintenant qu'on s'était enfin retrouvé. On me l'arrachait à nouveau. C'était comme si on voulait me punir pour tout ce que j'avais fait. Quand les rayons du soleil vinrent m'aveugler, je décidai enfin de bouger. Le moindre mouvement me parut être un effort surhumain, comme si j'étais restée assise là depuis des années. Sous le regard de Stefan, je me dirigeai avec lenteur vers les escaliers. Je gravis les marches une par une, allant puiser dans mes dernières ressources d'énergie. J'étais complètement vidée. J'arrivais enfin devant la porte de sa chambre après ce qui me parut être des heures d'efforts intenses. Je posai ma main sur la poignée, mais m'arrêtais en plein mouvement. Je sentais les larmes qui menaçaient de couler à nouveau. Je ne voulais pas qu'il me voit comme ça. Je ne voulais pas qu'il garde ce souvenir de moi. Je voulais qu'il sache que je serais forte pour notre fille. J'inspirai profondément et actionnai la poignée. J'ouvris doucement la porte et me faufilai dans la chambre sans faire de bruit. Damon et Rose étaient blottis l'un contre l'autre. Je m'adossai au battant de la porte que je venais de refermer et les regardai avec un petit sourire en coin. Ils étaient tellement beaux tous les deux. Rose dormait paisiblement, mais Damon avait ouvert les yeux et me regardait à présent. Je m'approchai lentement, ne voulant faire aucun bruit. Le silence qui régnait dans la maison était bien trop lourd pour que je n'ose le rompre. Lentement, Damon caressa la joue de Rose qui émergea de son profond sommeil. Il lui fit un léger sourire et la serra contre lui. Puis, comme s'il lui avait demandé de partir, elle se leva et quitta la pièce sans un mot. Je la suivis du regard, puis me retournai vers Damon. Il me fit un petit sourire en fermant les yeux. Il avait l'air tellement fatigué. Je m'allongeai sur le lit, face à lui et pris ses mains dans les miennes. Je n'arrivais pas à détourner mon regard de son visage. Je voulais me rappeler de lui, de ses traits. Je ne voulais pas que son image s'efface. Il rouvrit les yeux et j'eus l'impression qu'il puisait dans ses dernières forces pour le faire.
-Tu es tellement belle, souffla-t-il.
Je reconnus à peine sa voix. Elle était tellement brisée que j'entendis à peine ce qu'il venait de me dire et il n'avait même pas rompus le silence qui planait dans la maison. Un petit sourire étira le coin de mes lèvres, sans que je puisse l'en empêcher. Je m'approchai lentement de lui et délicatement, je pressai mes lèvres contre les siennes. Il ne bougea pas, sûrement trop faible pour faire n'importe quel mouvement. Lui seul savait s'il se rendait même compte de ce qui était en train de se passer. Je me reculais et posai ma tête juste en face de la sienne, voulant restée le plus proche possible de lui.
-Merci... Souffla-t-il.
Je souris en me disant que cette scène me donnait une impression de déjà vu. Je posai une main sur sa joue et mon sourire disparut alors qu'elle me paraissait glacée. Je me mordis la lèvre, retenant mes larmes qui tentaient de franchir mes yeux. Lentement, Damon ferma les siens, laissant disparaître ses grandes iris bleues que j'aimais tant.
-J'ai froid... Susurra-t-il.
Je me redressai, laissant couler une larme qui avait réussi à passer, et attrapai la couverture qui était repliée au bout du lit. Je la ramenais sur lui et le recouvrais presque entièrement en le plaçant sur le dos. Je me collai à lui, tentant de lui donner un peu de chaleur dans ses derniers instants. Je fermai les yeux et déposai ma tête sur son épaule. Je pouvais sentir à quel point il avait du mal à respirer, j'entendais un râle dans sa poitrine, comme si l'air avait du mal à passer. Au bout de quelques minutes, j'eus moi-même froid tellement il était glacé.
Combien de temps suis-je restée là, blottie contre son torse, attendant la mort avec lui. L'accompagnant dans son dernier voyage. Attendant qu'on m'arrache une partie de moi-même. Je ne sais pas. Une heure peut-être deux. Tout ce que je savais, c'est que lorsque la mort l'avait emporté, il avait souris. Comme si il était soulagé. J'avais juste remarqué que sa respiration s'était arrêté, et quand j'avais relevé la tête, il était déjà parti. Il m'avait quittée. Je l'avais regardé pendant plusieurs minutes, sans bouger, laissant les larmes couler silencieusement. Je regardais ce sourire, avec le sentiment que plus jamais je ne pourrais en faire de même. Que plus jamais un sourire ne foulerait mes lèvres et que plus jamais je ne serais heureuse. Mon rire ne résonnerait plus jamais, tout comme le sien. Je déposai un dernier baisé sur ses lèvres froides et me levai lentement. Je mis du temps à sortir de cette chambre. Je n'arrivais pas à partir, je n'arrivais pas à le quitter. Mais j'avais finalement réussi à refermer la porte derrière moi après avoir lancé un dernier regard vers lui. Je m'adossais contre le battant et les larmes redoublèrent. Je me laissai glissée contre la porte jusqu'à me laisser tomber sur le sol. J'avais envie de hurlé, de faire sortir toute cette tristesse et cette rage. Mais rien ne sortit de ma gorge. Je restai là à pleurer en silence, attendant désespérément que quelqu'un arrive. Que quelqu'un vienne me porter secours. Mes prières furent exaucées lorsque Stefan arriva face à moi. Il se figea sur place en me voyant assise par terre, comprenant que son frère n'était plus. Puis, lentement, il vint s'asseoir à côté de moi et passa son bras autour de moi. Toujours en sanglot, je posai ma tête sur son épaule, cherchant un réconfort que je ne trouverais jamais. Je m'accrochai à lui, comme si ça allait changer quelque chose, comme si ça pourrait le ramener. Il pressait sa joue contre mon front, se retenant de fondre en larme à son tour, tentant de rester fort devant moi.
Puis, soudain, je ne sais pas pourquoi, j'avais éprouvé le besoin d'être le plus loin possible de cette pièce. J'avais besoin de m'éloigner. Je me dégageai de l'étreinte de Stefan, qui tenta de me retenir. Mais j'étais beaucoup trop déterminée. Je voulais m'éloigner. Je traversais le couloir en m'appuyant sur le mur alors que mes jambes menaçaient de me laisser tomber. Je commençais à descendre les escaliers et soudain, c'est comme si le sol se dérobait sous mes pieds. Mes jambes me lâchèrent complètement et je dévalais les escaliers la tête la première. J'arrivais enfin en bas des escaliers. La douleur était tellement intense que je ne pus même pas pousser un cri. J'avais le souffle complètement coupé. Je grimaçai de douleur. Mon dos, mes jambes et mon visage me faisaient souffrir. J'ignorai la douleur et me relevai avec détermination. J'avais besoin d'air, il me fallait de l'air. J'étouffais. Je me précipitai dans le jardin en boitant et une fois dehors, je m'arrêtai. Je baignai dans les rayons du soleil. Je fermai les yeux, profitant de la chaleur qu'ils me procuraient. Une nouvelle douleur me fit grimacer lorsque mes genoux tombèrent au sol. Les larmes avaient finalement cessées de couler et je me sentais vidée. Vidée de tout. Je n'avais plus d'énergie, je n'avais plus le goût de la vie... Plus rien. Je rouvris les yeux et d'un coup, j'ouvris la bouche et poussai un cri strident. Un cri qui me déchira les cordes vocales. Un groupe d'oiseaux perchés dans un arbre à proximité s'envola par peur. Ma voix s'éteignit toute seule alors qu'une douleur me transperçait la gorge. J'y plaquai ma main en grimaçant de douleur. Mais qu'importe... Il était mort et n'importe quelle douleur ne pouvait surpasser celle que je ressentais déjà. La boule que j'avais dans la gorge depuis plusieurs heures s'était enfin dissipée. Je me sentais mieux, soulagée d'un poids. Mais la peine était toujours là, constante, ne voulant pas s'en aller. Je m'assis sur mes talons alors que j'étais à genoux dans l'herbe. Soudain, quelqu'un s'agenouilla face à moi. Je levai les yeux et découvris Caroline, qui me regardait simplement. Elle ne semblait ni bouleversée ni même triste. Je pouvais deviner un petit sourire au coin de ses lèvres.
-Ton meilleur ami vient de mourir Caroline, crachai-je. Tu pourrais au moins ravaler ton sourire.
Alors que ces mots sortaient de ma bouche, ma gorge me brûlait encore plus et ma voix était totalement brisée. J'avais seulement soufflé mes paroles alors qu'il me semblait les avoir prononcé normalement. Caroline continuait de me regarder avec cette petite étincelle dans les yeux, comme si je ne venais pas de lui annoncer la mort de son meilleur ami. Son sourire ne fit que s'agrandir de plus en plus. Elle posa ses mains sur mes épaules et je vis des larmes perler dans ses yeux.
-Il n'est pas mort, Elena, dit-elle.
PDV Damon
J'ouvris lentement les yeux, comme si je me réveillais simplement après une nuit de sommeil. Je fronçais les sourcils et tournai les yeux vers la droite, puis la gauche. Tout avait l'air normal. Je me trouvai toujours dans ma chambre, mais Elena avait disparu. J'étais seul. Le plus étrange était que je me sentais bien. Je n'avais mal nulle part et je me sentais en pleine forme. Je me redressais en douceur et m'assis contre la tête de lit. Je continuai de regarder autour de moi, cherchant s'il s'agissait là d'une sorte de paradis ou si j'étais vraiment encore en vie. Avec hésitation, je tirai sur la manche de ma chemise et découvris mon épaule. J'écarquillai légèrement les yeux. Plus une seule marque. Plus de morsure. Elle avait tout simplement disparu. Il ne restait même pas une petite cicatrice comme celle que j'avais dans le creux de mon coude. Mais il y avait autre chose d'étrange. Je me sentais bizarre, comme si... comme si quelque chose avait changé. Je me levai de mon lit et allais dans la salle de bain tout en cherchant ce qui n'allait pas. Car je le sentais, quelque chose n'allait pas. Je m'appuyai sur le lavabo en me regardant dans le miroir, cherchant ce qui avait changer. Pourtant tout semblait normal, beaucoup trop normal. Je me touchai le visage, cherchant ce qui aurait pu changer. Mais rien. Je me redressai légèrement et posai ma main sur mon torse. Et là, je compris. J'ouvris de grands yeux et restai figé quelques secondes. Sous ma main, je pouvais sentir de légers battements. Les battements de mon cœur. Cela faisait plus de cent cinquante ans que je ne l'avais pas senti battre. Les larmes montèrent jusqu'à mes yeux, quand soudain, j'entendis des cris venir du jardin. Je ne pouvais pas distinguer clairement, mais il me semblait qu'il s'agissait d'Elena qui hurlait mon nom. Sa voix était complètement cassée, comme si quelqu'un était en train de l'étrangler alors qu'elle m'appelait. Je tentai de me concentrer, mais je n'arrivais à l'entendre mieux. Je faillis tomber, mais me rattrapai de justesse au lavabo. Les cris se rapprochaient et très vite, j'entendis des pas qui couraient vers moi. Un bruit fracassant me laissa comprendre qu'on venait d'ouvrir violemment la porte de ma chambre. Elena apparut dans ma chambre en courant. Lorsqu'elle me vit, elle faillit tomber à la renverse. Je levai mes yeux pleins de larmes vers elle et découvris ses yeux rouges et bouffis ainsi que ses joues recouvertes de larmes.
-Damon...
Sa voix était complètement brisée, ce n'était plus qu'un murmure. J'avais toujours la main posée sur mon torse et j'avais sentis mon cœur s'emballer à l'instant où elle était entrée dans la pièce. Puis, lentement, un petit sourire apparut au coin de ses lèvres parfaites. Elle s'élança vers moi et se jeta dans mes bras. Je l'enlaçai aussi fort que je le pus et nichai mon visage dans le creux de sa nuque en fermant les yeux. Je l'entendis sangloter... Ou peut-être rire... Je ne savais pas exactement. Elle redressa la tête et m'embrassa sans que je le vois venir. Mes bras se resserrèrent instinctivement autour de sa taille pour resserrer notre étreinte. Notre baisé s'approfondit. Je n'arrivais plus à la laisser partir, je voulais rester comme ça pour toujours. Mais soudain, deux mains nous séparèrent. Se fut seulement à cet instant que je me rendis compte que je manquais d'air. Caroline forçait Elena à s'éloigner un peu. Elle aussi semblait un peu essoufflée.
-Ok, laisse-le respirer un peu, dit la blondinette. Tu vas finir par le tuer.
Elena inspira profondément et baissa les yeux. Caroline se tourna vers moi et posa ses mains sur mes épaules en me souriant. Je la fixai, sans vraiment savoir pourquoi elle souriait. Je ne comprenais toujours pas ce que je faisais encore en vie. J'entendis des pas et vis Stefan, Alaric et Katherine entrer dans la pièce avec de grands sourires. Je tournai à nouveau les yeux vers Caroline.
-Comment tu te sens ? Demanda-t-elle.
-En vie... Répondis-je tout bas.
Son sourire s'agrandit encore plus, laissant apparaître ses dents blanches.
-Co-comment... Balbutiai-je.
-Tu es humain ! Déclara une voix qui m'était familière.
Je relevai la tête, à la recherche de son propriétaire. Une silhouette s'avança vers moi lentement. Elena s'était aussi tournée vers lui et le regardait avec méfiance. Klaus ne lui adressa qu'un bref regard avant de tourner les yeux vers moi.
-La morsure d'un loup-garou n'est pas fatale, dit-il. C'est un remède pour les vampires. Ça leur permet de redevenir humain. Ce n'était qu'une légende, destinée à « contrôler » les vampires.
-Mais... Mais lorsque j'ai été mordu la dernière fois, dis-je. Tu m'as donné ton sang pour me sauver parce que Stefan l'avait demandé. Et les sorcières, elles disaient que j'allai mourir.
-Je ne t'ai donné mon sang que parce que j'avais besoin de Stefan, dit-il. Et les sorcières font tout pour préserver la légende. Si je ne t'avais guéris, elles auraient sûrement trouvé un moyen de te tuer avant que tu ne redeviennes humain.
Je baissai les yeux et respirais profondément. J'avais comme un vertige, la situation était assez difficile à accepter. Caroline posa une main sur mon épaule.
-Damon, ça va ? Demanda-t-elle.
-J'ai besoin de m'asseoir, murmurai-je.
Elle m'accompagna jusqu'à mon lit où je m'assis avant de plonger mon visage dans mes mains. J'avais des frissons sur le corps. J'avais oublié tellement de sensation maintenant que je les ressentais toutes, j'étais légèrement dépassé.
-Papa ?
Je relevai la tête d'un coup en entendant cette petite voix que j'aimais tant. Et elle était là, dans l'encadrement de la porte de ma chambre, me regardant avec de grands yeux perplexes. Lentement, un sourire apparut sur mes lèvres. Qu'est-ce qu'on s'en fichait que j'étais humain à nouveau ? J'étais en vie, voilà ce qui importait. Je pourrais voir ma fille grandir comme je l'avais tant souhaité. Je pourrais vivre avec elle et mieux encore, je pourrais vivre comme tout le monde. Je me levai et m'agenouillai pour l'accueillir dans mes bras alors qu'elle courait vers moi. Je la serrai contre moi aussi fort que possible. Je fermai les yeux et plongeai mon visage dans ses cheveux, laissant son odeur m'envahir et me rassurer.
-Tout va bien, chuchotai-je. Je vais bien, je suis là. Je n'irais nul part. Je reste là avec toi.
J'entendis des pas autour de moi, me laissant deviner que les autres quittaient la pièce pour nous laisser seul. J'ouvris les yeux et au moment où Elena passait à côté de nous, je lui attrapai la main. Elle planta son regard dans le mien et je la tirai vers nous. Elle s'agenouilla à côté de moi et je passai mon bras autour d'elle. Je les serrai toutes les deux contre moi. Mes deux trésors. A combien de reprises avais-je failli les perdre ? J'avais arrêté de compter. Mais maintenant, tout ça était terminé. Je ne les perdrais jamais. Nous allions vivre. Nous allions vivre une vie normale.
PDV Caroline
Nous étions descendus dans le salon, laissant Damon, Elena et Rose seuls dans la chambre. Nous n'étions pas la priorité du grand brun aux yeux bleus et nous devrions attendre notre tour avant de pouvoir le serrer dans nos bras. Klaus restait à mes côtés, tandis que les trois autres nous faisaient face. Katherine, elle restait en retrait, cachée derrière Alaric. Je fronçais les sourcils en remarquant que celui-ci avait pris une attitude protectrice en restant devant elle. Stefan nous regardait, les bras croisés et le regard sérieux.
-Qu'est-ce qu'il fait là ? Demanda-t-il.
-Nous sommes venus vous avertir que Damon n'était pas mort, dis-je.
-Un coup de téléphone aurait suffit, répondit-il.
-J'ai essayé de te joindre un millier de fois ! M'exclamai-je.
Il soupira et jeta un regard noir à Klaus. Un petit rire sarcastique franchit mes lèvres.
-Tu n'es pas sérieux, dis-je. On a quitté la France en catastrophe ! On a pris le premier avion qui nous ai tombé sous la main pour venir ici !
-Il n'a rien à faire ici ! Cria Stefan.
J'ouvris la bouche, mais Klaus posa sa main sur mon bras. Je tournai les yeux vers lui et il me fit un petit sourire, me montrant que ce n'était pas grave. Je soupirai et croisai mes bras.
-Je vais y aller, souffla Klaus.
-Aller où ? Demandai-je tout bas. Dois-je te rappeler que Finn t'a mis dehors ?
Il soupira et grimaça, me prouvant qu'il n'avait pas vraiment pensé à ce petit détail. Je secouai légèrement la tête. Il avait beau être un vampire d'un millénaire, il était tête en l'air comme tous les hommes.
-T'a qu'à aller chez moi, dis-je. Je te rejoins tout à l'heure.
Il acquiesça en souriant légèrement. Il déposa un léger baisé au coin de mes lèvres. Je sentis le regard choqué de mes amis sur moi alors que je suivais des yeux Klaus qui quittait la maison. Je me tournai à nouveau vers Stefan qui me regardait encore avec de grands yeux surpris. Pourtant, je ne fus même pas gênée ou quoi que ce soit. Katherine était enfin sortie de sa cachette, mais restait toujours étrangement collée à Alaric.
-C'était quoi ça ? Demanda Katherine.
-Quoi ça ? Répliquai-je sèchement.
-Mais enfin ce baisé ! S'exclama Alaric.
J'ouvris la bouche en grand voulant répondre quelque chose, mais la seule chose qui sortit de ma gorge fut un petit rire. Je n'en revenais pas.
-Je ne vais pas m'expliquer là-dessus, répondis-je en me dirigeant vers la porte qui donnait sur le jardin.
-Et pourquoi pas ? Demanda Stefan.
Je m'arrêtai et soupirai. Je commençais légèrement à m'énerver. Je me retournais vers lui et cette fois-ci, je ne rigolais plus du tout.
-Tout simplement parce que ce que vous venez de voir est la seule raison pour laquelle vous êtes tous encore en vie, bande d'idiots, crachai-je.
PDV Katherine
Caroline se retourna, énervée et sortit dans le jardin. Je haussai les sourcils, quelque peu obligée de reconnaître qu'elle avait raison. S'il y avait bien une raison pour laquelle j'étais toujours en vie, alors que Klaus venait de passer plus de dix minutes dans la maison que moi, c'était sûrement grâce à elle. Stefan s'apprêtait à la suivre.
-Stefan, dis-je. Laisse-la.
Il s'arrêta et se retourna vers moi. Il me regardait en grimaçant, ne comprenant pas pourquoi je lui disais ça.
-Elle a raison, dis-je. Elle est la seule raison pour laquelle nous sommes encore en vie, et pour laquelle Elena est encore en vie.
Il soupira et quitta la pièce à son tour en se dirigeant vers la cuisine. Je levai les yeux au ciel. Comme toujours , mes chers amis avaient des problèmes. Le jour où ils seraient enfin tranquille, les poules auront des dents. Alaric se tourna vers moi. Je levai les yeux vers lui en lui faisant un petit sourire.
-Tu vas bien ? Demanda-t-il. J'ai sentis que tu avais peur quand il est arrivé.
-Oui, ça va... Répondis-je. Il me fiche la trouille c'est tout.
Il me tira vers lui et je me blottis contre lui.
PDV Caroline
Mon corps tout entier me faisait souffrir. Ma tête était complètement embrouillée. Tout ce dont je me rappelais, c'était m'être fait attaquer quand j'étais sortie du manoir des Salvatore. Quelqu'un m'avait attrapée par derrière en plaquant sa main sur ma bouche et m'avait injecté de la verveine. Ça m'avait assommée en quelques secondes. J'avais juste eu le temps de sentir qu'on me soulevait et qu'on m'emmenait. Je commençais tout juste à reprendre des forces. Je me battais pour ouvrir les yeux et bouger, faire quelque chose. Mais rien que le fait de penser me semblait être un effort physique. J'allai puisée au plus profond de moi-même et eus enfin la force d'ouvrir les yeux. Je découvris que j'étais allongée sur un lit, dans une chambre d'hôtel. Je tentai de bouger, voulant m'enfuir. Je ne voulais pas rester ici, peu importe qui m'y avait amenée, tout ce que je voulais était rentrer chez moi. Soudain, une main se posa sur moi et me força à rester allongée. Je levai les yeux vers son propriétaire et découvris Elena, penchée au-dessus de moi, me souriant étrangement.
-Elena ?
Je fis une légèrement grimace alors que j'avais l'impression que j'allais à nouveau m'évanouir. Son sourire s'élargit légèrement, me rassurant quelque peu.
-Je ne suis pas Elena, chérie, dit-elle en me souriant un peu plus.
Je me redressai et m'adossais contre le mur en grimaçant. J'étais encore un peu dans les vapes et je ne comprenais pas vraiment ce qu'il se passait.
-Quoi ? Marmonnai-je. Elena, ce n'est pas drôle...
-Mon nom est Tatia, dit-elle. Je crois que nous avons un petit-ami en commun.
Je restai figée sur place, n'y croyant pas un mot. Il m'avait dit qu'elle était morte. Je la regardais avec de grands yeux. Je n'osais rien dire.
-Oh, laisse-moi deviner, dit-elle. Il t'a dit que j'étais morte.
-Non... Soufflai-je. Il ne m'aurait pas mentis. Il ne m'aurait pas mentis.
-Et dans ce cas-là comment serais-je ici en train de te parler ? Demanda-t-elle en devenant sérieuse.
Elle paraissait être agacée par tout ça. Je baissai les yeux, repassant en boucle le discours que Klaus m'avait fait sur son passé. Mais il n'y avait aucun doute, il m'avait bien dit qu'elle était morte. À ce moment, j'avais même cherché à savoir s'il l'avait tuée lui-même et je n'avais jamais eu la réponse. Je relevais les yeux vers elle et la détaillai. L'exacte copie d'Elena. C'est alors que je compris toute l'histoire. Tatia. Elle était le premier double Petrova et était morte durant le sacrifice pour enfermer le côté loup-garou de Klaus.
-Tu es le premier double Petrova, dis-je.
-Woaw, jolie et intelligente ! S'exclama-t-elle.
Elle se leva et s'éloigna du lit. C'est alors que la différence avec Elena me sauta aux yeux. Elle portait un pantalon en cuir ainsi qu'un corset avec des lacets. Ses grosses bottes noires faisaient craquer le parquet sous ses pas. Je la suivais du regard.
-Comment peux-tu être en vie ? Demandai-je. Tu es morte durant le sacrifice.
-Lorsque Esther a compris l'erreur qu'elle avait faite...
-Esther ? La coupai-je.
Tatia se retourna vers moi.
-La mère de Klaus, déclara-t-elle. Lorsqu'elle a compris qu'elle n'aurait jamais dû transformer ses enfants, elle a décidé de former un nouveau vampire originel, bien plus fort que ses enfants ne l'étaient déjà. Peu avant le rituel pour enfermer le côté loup-garou de Klaus, elle est venue me voir. Me suppliant de l'aider à tuer ses enfants.
-Et tu as accepté ? Demandai-je. Ils sont morts pour t'aider à fuir avec l'homme que tu aimais !
-Elle avait besoin de quelqu'un qui connaissait ses enfants, dit-elle en haussant le ton. Et j'étais celle qui les connaissais le mieux.
-Pourquoi as-tu accepté ?
-Parce qu'ils n'étaient plus les mêmes, ma belle, répondit-elle. Ils étaient devenus des monstres en quelques semaines seulement. J'ai accepté parce qu'ils n'étaient plus ceux que je connaissais.
-Et tu as accepté de devenir un monstre à ton tour... Soufflai-je.
Elle leva ses yeux noisette vers moi d'un air froid. Elle me fixait, mais ne répondit pas. La réponse était évidente. Rien qu'avec ce que Klaus m'avait dit sur elle, je pouvais voir qu'elle avait bien changé. La jeune fille dont Klaus était amoureux, n'était plus là, remplacée par une femme froide, dont le seul désir était de tuer. Elle remarqua que je la détaillais et un petit sourire apparut au coin de ses lèvres.
-Il ne te l'avait pas dit, n'est-ce-pas ? Demanda-t-elle. Que son premier amour était le sosie de ta meilleure amie, hein ?
Je ne répondis pas, la réponse était évidente. Je retenais les larmes qui menaçaient de couler. Je ne voulais pas montrer de trace de faiblesse devant elle. J'avais été stupide. Je n'aurais jamais dû lui faire confiance. Il n'était qu'un menteur et un manipulateur.
-Je ne te veux aucun mal, dit Tatia. En fait, si tu veux t'en aller, tu le peux.
Elle s'avança jusqu'à la porte et l'ouvrit. Elle me fit un signe du bras, me montrant la sortie. Je ne bougeai pas, trouvant cela beaucoup trop étrange.
-Pourquoi me laisserais-tu partir ? Demandai-je.
-Je n'ai rien contre toi, Caroline, dit-elle. Tout ce que je veux c'est Klaus et ses frères et sœurs.
-Alors pourquoi...
-Je voulais te parler, m'interrompit-elle. Je me doutais que Klaus ne t'avait dit toute la vérité. Je voulais... mettre les choses au clair.
-Tu voulais me monter contre lui... Soufflai-je.
-Appelle ça comme tu veux, dit-elle en souriant. Sache juste... Que quand je passerais à l'attaque, peu importe qui se retrouva sur mon chemin, je l'écraserais. Tu m'as bien comprise ?
Je restai immobile quelques secondes avant d'acquiescer légèrement. Doucement, je sortis du lit et me levais. J'allais lentement, m'attendant à ce qu'elle me saute dessus au dernier moment. Elle se recula en souriant et leva les mains en l'air. Je n'attendis pas une seconde de plus et partis en courant le plus vite possible. Je savais exactement où je devais aller. Je voulais des réponses, maintenant. Après seulement quelques secondes de courses folles, j'entrai dans ma maison, arrachant presque la porte. Je m'arrêtai dans le couloir et j'entendis ses pas venir par ici. Il apparut dans la pièce, venant du salon. Il me regarda avec inquiétude, interpellé par la fracassante entrée que j'avais faite.
-Caroline...
-Elle est en vie ! Criai-je.
Il eut un mouvement de recul, surpris par le ton que je venais d'employer. En une fraction de seconde, je l'attrapai par le col de sa chemise et le plaquai violemment contre le mur, faisant tomber les tableaux qui y étaient accrochés. Derrière lui, le mur s'affaissa et un grincement m'indiqua qu'il menaçait de tomber sous le choc. Les larmes coulaient sur mes joues.
-Elle est en vie !
-Qui ?! Cria-t-il.
Un sanglot m'empêcha de répondre. Je me laissai pleurer quelques secondes, puis je relevai la tête et plongeai mon regard dans le sien. Il restait figé face à moi, pouvant lire toute la colère que je ressentais dans mes yeux.
-Tatia... Soufflai-je.
Je sentis qu'il se figeait complètement sur place. Sachant désormais la raison de mon état. Il baissa les yeux et laissa retomber ses mains qu'il savaient posé un peu plus tôt sur les miennes.
-Je suis désolé... Murmura-t-il.
-Tu m'as mentis, dis-je d'une voix brisée que je ne reconnus même pas. Tu ne m'as même pas dit qui elle était vraiment.
-Je suis dé...
-Elle est son sosie parfait ! Criai-je en le cognant à nouveau contre le mur. Tu aurais dû me le dire ! Tu aurais dû me le dire !
Je n'arrêtais pas le cogner contre le mur en répétant la même phrase sans cesse. Soudain, il dût en avoir mare de se faire frapper et me poussa en arrière. Je me reculais un peu plus en sanglotant. J'avais été tellement stupide, je m'en voulais à moi-même.
-Je suis désolé, répéta-t-il en s'approchant de moi.
Je me reculais rapidement de lui, ne voulant plus qu'il s'approche.
-C'est moi qui suis désolée, soufflai-je. Pour avoir pensé ne serait-ce qu'une seconde que tu aurais pu changer pour moi.
Je vis dans ses yeux que ma phrase lui avait vraiment fait mal. Il s'approcha précipitamment et attrapa mes mains dans les siennes. Je me débattais pour me dégager, mais il faisait tout pour que je reste là.
-Je peux changer, je te le jure, dit-il. Je t'en prie, pardonne-moi. Je n'aurais pas dû te mentir. Je vais changer je te le promets !
-Non !
Je criai en me dégageant de son étreinte. Je reculais de plusieurs pas en sanglotant. Il me regardait m'éloigner de lui avec tristesse. Je pouvais voir dans ses yeux qu'il était vraiment désolé. Qu'il voulait se racheter.
-Tu ne peux pas... tu ne peux pas changer, dis-je en pointant le doigt vers lui. Tu... tu es un menteur et un manipulateur. Tu... tu es un monstre. Je n'aurais jamais dû croire en toi.
Je vis une larme couler sur sa joue alors qu'il détournait le regard, comme s'il ne voulait pas affronter les conséquences de ses actes.
-Je veux que tu t'en ailles, soufflai-je.
-Je ne partirais pas, dit-il fermement.
-Tu ferais mieux de quitter la ville, dis-je. Tatia est ici. Et elle veut ta mort et celle de toute ta famille.
Il ne répondit rien, comprenant qu'il devait quitter la ville au plus vite avec ses frères et sa sœur. Il baissa la tête et s'avança vers la sortie en passant près de moi. Il s'arrêta à quelques centimètres de moi et plongea son regard dans le mien. Je détournai le regard en reniflant.
-Je ne partirais pas de cette ville, dit-il. Mes frères et ma sœur feront ce que bon leur semble, mais je ne partirais pas d'ici sans toi.
Je continuai de regarder le sol, attendant qu'il s'en aille. Lorsque enfin, j'entendis la porte se refermer derrière lui, je fermai les yeux, laissant de nouvelles larmes couler. Je m'appuyai contre le mur et me laissai glisser jusqu'au sol. Je ramenai mes genoux contre ma poitrine et restai là, assise sur le sol, e répétant un millier de fois que j'avais été trop stupide de croire en lui. De croire qu'il pourrait être un meilleur homme, de croire qu'entre lui et moi s'était possible. Les secondes, les minutes, les heures passaient. Et la nuit tomba sans que je puisse bouger ou faire quoi que ce soit. Je restai simplement là, assise avec mes regrets et me blessures.
Voilà le nouveau chapitre ! Dites-moi ce que vous en avez pensé !
