PDV Elena

J'étais assise sur la terrasse, installée à la table de jardin avec Katherine. Nous discutions de tout et de rien en feuilletant quelques magazines dans l'espoir de trouver une robe correcte pour le bal que Carole Lockwood organisait dans quelques jours dans sa demeure. Elle prétendait le faire par simple plaisir sur le carton d'invitation, mais nous savions tous ici qu'elle célébrait en fait le retour de son fils qu'elle aimait tant. Cela faisait seulement deux jours que Tyler était rentré chez lui et Carole était déjà plus occupée que jamais avec l'organisation de cette soirée.

-Oh regarde celle-là ! S'exclama Katherine.

Elle me tendit l'un des catalogues. Je regardais la photo pendant quelques secondes, mais finis par lui faire un signe négatif de la tête, lui montrant que la robe ne lui irait pas. Enfin, Caroline apparut, venant du salon. Je lui fis un grand sourire alors qu'elle venait déposer un baisé sur ma joue. C'était étrange. Depuis que Damon était redevenu humain, entre elle et moi, ça allait beaucoup mieux. Nous nous étions rapprochées dans l'inquiétude que nous avions pour lui et nous avions finis par retrouver notre bonne vieille amitié. Elle fit un petit signe de la main à Katherine et s'installa avec nous.

-Tu es en retard, lui fis-je remarquer.

-Oui je sais, dit-elle. Mais je suis passée devant une boutique et j'ai trouvé la robe qu'il me fallait pour le bal. Il ne me manque plus que les bijoux, les chaussures et bien sûr un sac assortis.

Katherine et moi échangions un regard, ce que Caroline ne manqua pas de remarquer. Elle fronça les sourcils et lorsque nous faisions mine de feuilleter nos catalogues, elle nous les arracha des mains.

-Quoi ? Demandions-nous en même temps.

Katherine et moi nous regardions et riions légèrement. Au fil des mois que nous avions passé ensemble il y a quatre ans, nous nous étions rendues compte que nous n'étions pas si différentes que ça. Quand Katherine n'était pas la garce que j'avais rencontré un peu plus tôt, elle était vraiment adorable et je comprenais à présent pourquoi Damon et Stefan étaient tombés sous son charme.

-Pourquoi vous vous regardez comme ça ? Demanda Caroline. Vous savez que j'aime pas ça, ça fait effet miroir.

Je laissai un nouveau petit rire échapper de ma gorge, en même temps que mon double. Je me penchai légèrement vers Caroline, reprenant mon sérieux au plus vite.

-Tu es sûre que tu veux y aller ? Demandai-je alors que Katherine restait plongée dans son magazine. Il y aura Tyler là-bas et...

-Mais oui, me coupa la blondinette. Je vais bien. Tyler fait parti de mon passé et je lui ai pardonné tout ce qu'il m'a fait. Et je veux qu'il comprenne que tout est terminé entre nous, alors je vais y aller... Et je vais y aller accompagnée.

-Accompagnée de qui ? Demandions Katherine et moi en même temps.

Caroline ouvrit de grands yeux, montrant à quel point Katherine et moi étions bizarres lorsqu'on se retrouvait dans la même pièce. J'échangeai un rapide regard avec mon double et soupirai en me retournant vers ma meilleure amie.

-Je... Je...

Stefan entra dans le jardin en nous souriant. Je levai les yeux vers lui et Caroline se tourna vers lui à son tour. Elle le regarda de haut en bas, puis se tourna à nouveau vers nous avec un grand sourire.

-J'irais avec Stefan ! S'exclama-t-elle.

J'ouvris la bouche en même temps que Stefan qui allait lui aussi protester, mais Caroline se leva et s'avança vers lui. Elle se plaça à ses côtés et s'accrocha à son bras, comme un couple.

-De quoi on a l'air ? Demanda-t-elle.

Je vis Stefan faire une grimace, ce qui me fit rire, ainsi que Katherine. Stefan prit délicatement la main de Caroline qui était posée sur son bras et l'obligea à sans défaire.

-Je ne vais pas au bal, Caroline, dit-il.

-Quoi ? Mais pourquoi ? S'exclama la blondinette.

-Il fait du baby-sitting pour nous, dit la voix de Damon qui venait de sortir du manoir.

Je me levai avec un grand sourire et allais jusqu'à lui pour l'entourer de mes bras et l'embrasser tendrement. Il avait été absent toute la matinée. Stefan, Alaric et lui étaient partis avec Rose pour qu'ils achètent leur smoking. Je tournais la tête vers Caroline qui nous regardait comme si on avait commis un meurtre.

-Vous n'avez pas le droit de l'empêcher d'aller au bal !

-On ne l'en empêche pas, dis-je. Il nous a proposé de garder Rose pour qu'on puisse y aller et passer une soirée romantique rien que tous les deux, dis-je.

Je vis Damon sourire du coin de l'œil et il se rapprocha à nouveau pour m'embrasser. Je ne pus m'empêcher de sourire. J'entendis simplement Caroline soupirer et retourner s'asseoir à la table où Katherine était toujours assise.

-Je peux savoir ce que tu as fait de ta fille Damon ? Demanda cette dernière. Et ce que vous avez fait de mon homme au passage ?

Damon se recula légèrement à mon plus grand regret. Je râlais un peu, ce qui le fit sourire. Il leva les yeux vers Katherine. Mais la réponse arriva toute seule alors que Rose vint se coller à nous tandis qu'Alaric se dirigeait vers Katherine. Il se pencha vers elle et l'embrassa tendrement. Je devais l'avouer, au début j'avais eu du mal avec leur relation. Je trouvais ça beaucoup trop étrange. Spécialement le fait que Katherine était mon sosie parfait, et rien que l'idée que Ric connaissent tout mon corps... ça me donnait des frissons dans le dos, rien que d'y penser. Mais ils étaient heureux ensemble, c'est tout ce qui comptait. Je me détachai de Damon pour prendre Rose dans mes bras. Elle s'accrocha à mon cou, ce qui me fit sourire.

-Bon... Dit Damon. On va vous laisser faire vos recherches pour vos robes et on va aller continuer notre journée entre hommes.

Je vis Katherine faire la grimace alors que Ric s'éloignait déjà d'elle. Elle le rattrapa par le bras et le tira vers elle pour l'embrasser tendrement.

-Et moi ? Je peux venir ? Demanda Rose.

-Mais bien sûr, dit Damon. Que serait notre journée entre homme sans toi ?

Damon tendit les bras et prit Rose après que j'ai déposé un long baisé sur la joue de la petite fille. Il m'embrassa rapidement sur mes lèvres et les garçons retournèrent à l'intérieur. Je retournais m'asseoir avec les filles, le sourire aux lèvres. Caroline avait, en revanche, perdu le sien. Elle grattait nerveusement la table de ses ongles en faisant la grimace.

-Bon alors, dis-je en reprenant un magazine et en commençant à tourner les pages. Avec qui est-ce que tu vas aller au bal, puisque Stefan le bouche-trou n'est pas disponible ?

Elle leva des yeux innocents vers moi.

-Ce n'était pas un bouche-trou...

Katherine et moi la regardions toutes les deux avec un regard insistant, lui montrant que nous n'étions pas stupides et que ça ne marcherait pas avec nous. Elle nous regarda chacune notre tour pendant quelques secondes avant de soupirer.

-Bon peut-être un peu, dit-elle. Mais j'ai vraiment besoin d'un cavalier sinon Tyler va venir me voir avec plein d'espoir.

-Demande à Klaus, dit Katherine toujours concentrée sur son catalogue. Je suis sûre qu'il sera ravi de t'y accompagner.

Je regardais mon double quelques secondes avant de baisser les yeux sans rien dire. Caroline, elle, ma fixait avec de grands yeux. Je levai les yeux vers la blondinette et remarquait très vite que quelque chose n'allait pas. Nous n'avions pas revu Klaus depuis que Damon était redevenu humain et Caroline n'en avait jamais reparlé. Je pensais que c'était juste parce qu'elle savait que nous n'étions pas totalement confortable avec la relation qu'elle entretenait avec lui. Mais à présent, j'en étais sûre, il y avait quelque chose d'autre.

-Caroline ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Demandai-je.

La blondinette soupira et détourna les yeux, ce qui attira le regard de Katherine qui laissa enfin son catalogue de côté. Nous la regardions toutes les deux, la poussant à cracher le morceau.

-Je ne veux pas vous embêter avec ma relation avec « le monstre », dit-elle en faisant de grands yeux.

-Caroline... Il s'agit peut-être de Klaus, mais c'est surtout un problème de garçon, dis-je. Nous sommes tes amies, nous sommes là pour t'aider à régler ces problèmes, dis-je en posant une main sur la sienne.

-Vraiment ?

J'acquiesçai simplement. Au fond, je savais que je devrais m'y faire. Si elle tenait vraiment à lui, alors je devais faire un effort et essayer de le connaître un peu mieux. Pour ma meilleure amie.

-Le jour où Damon est redevenu humain, quelque chose s'est passé, dit-elle. Vous vous rappelez j'ai mystérieusement disparue ce jour-là.

-Oui, tu as dit que tu étais partie parce que tu avais eu quelque chose d'urgent à faire, répondis-je.

-Et bien, en fait, j'ai été... kidnappée, dit-elle avec une légère grimace.

Katherine et moi restions silencieuse, ne comprenant pas vraiment de quoi elle parlait. Elle ne nous avait jamais parlé de cela et nous n'avions même pas remarqué qu'elle avait disparu ne serait-ce qu'une journée.

-Lorsqu'il était encore humain, Klaus est tombé amoureux de cette jeune femme... Tatia, continua-t-elle. Je vous passe les détails, mais c'est en gros à cause d'elle que lui et ses frères et sœurs sont devenus des vampires. Il m'avait dit qu'elle était morte peu de temps après... Mais... L'autre jour, quand je suis sortie du manoir pour prendre l'air, quelqu'un m'a injecté de la verveine et je me suis réveillée dans une chambre d'hôtel.

Katherine et moi l'écoutions attentivement. Je ne voulais pas l'interrompre, de peur qu'elle refuse ensuite de finir son récit. Elle avait les yeux rivés sur la table et ne leva pas une seule fois le regard vers l'une de nous deux.

-Et je me suis retrouvée face à une jeune femme, dit-elle. Au début, j'ai cru que c'était toi, Elena. Et très vite elle m'a avouée qu'elle s'appelait Tatia.

J'ouvris de grands yeux, comprenant petit à petit qui était réellement Tatia. Katherine en revanche, ne semblait pas autant surprise que moi. Elle avait sûrement déjà entendu parler de Tatia lorsqu'elle avait côtoyée Klaus quelques siècles plus tôt.

-J'ai alors compris qu'elle était celle qui avait servi au premier sacrifice pour poser la malédiction sur Klaus, ajouta Caroline.

-C'est un vampire alors ? Demandai-je.

-Par n'importe lequel, répondit la blondinette. Tu te rappel du chasseur qui veut tuer Klaus et sa famille ?

-Oui, c'est la raison pour laquelle Klaus voulait tant créer tous ces hybrides.

-Et bien... Le chasseur, c'est Tatia, dit-elle.

Je restais encore plus choquée parce cette révélation et Katherine sembla surprise aussi. Je me reculais légèrement. Je ne pouvais imaginer comment Klaus devait se sentir. C'était comme imaginer que Matt ou Stefan voulait me tuer, moi et tous mes proches. Ça paraissait surréaliste.

-Elle m'a relâchée, dit Caroline. Elle voulait juste semer le trouble en Klaus et moi, je suppose. Et ça a marché... Il m'avait caché qu'elle était toujours en vie... Et qu'elle était le premier double Petrova... Je suis rentrée chez moi et il était là... On a eu une grosse dispute.

Je ne dis rien, j'étais encore bloquée sur le fait que le premier amour de Klaus voulait le détruire. Je trouvais ça tellement horrible. J'en arrivais à être triste pour lui. J'entendis Katherine soupirer, ce qui me sortit de mes pensées.

-Vous vous en remettrez, dit-elle.

Caroline et moi la regardions avec de grands yeux, ne comprenant pas comment elle pouvait savoir ça. Elle haussa les sourcils.

-Quoi ? Dit-elle. C'est comme ça dans une relation. Il y en a forcément un qui cache quelque chose à l'autre et lorsque tout est révélé, vous vous disputez, mais ensuite vous vous expliquez et tout va mieux. Comme toi et Stefan !

Elle fit un signe de la main vers moi en disant cette dernière phrase. Je réfléchis quelques secondes, puis haussai rapidement les sourcils, avouant qu'elle n'avait pas tort. Caroline en revanche, ne semblait pas vraiment convaincue. Elle regardait Katherine en tirant une sale grimace.

-A quel point tu tiens à lui ? Demandai-je.

Elle tourna les yeux vers moi en fronçant les sourcils, comme si elle y réfléchissait.

-Je ne sais pas... Dit-elle.

Katherine soupira à nouveau comme si ce que la blondinette disait était complètement ridicule. Elle se redressa légèrement et attrapa le bras de Caroline. Cette dernière se tourna vers mon double.

-Réponds sans réfléchir, dit-elle. Tu aimes le sang ?

Je vis Caroline faire une autre grimace, en même temps que moi. Des fois, je me demandais vraiment si Katherine suivait ce qui se passait autour d'elle. Elle donna un coup dans l'épaule de Caroline pour la forcer à répondre.

-Oui ! S'exclama la blondinette.

-Elena est ta meilleure amie ?

-Oui !

-Tu n'es plus amoureuse de Tyler ?

-Non, répondis Caroline.

-Est-ce que tu es amoureuse de Klaus ?

Caroline se figea quelques secondes et eut soudainement le regard dans le vide. Katherine laissa passer une dizaine de secondes et frappa légèrement Caroline sur la joue. Cette dernière plaqua sa main sur joue en sursautant.

-Oui ! S'écria-t-elle. Mais t'es malade ou quoi ?! Ça va pas de frapper les gens comme ça !

Caroline gardait sa main sur sa joue, sans sembler se rendre compte de ce qu'elle venait de dire. Katherine, elle, affichait un grand sourire plein de satisfaction et se réinstalla confortablement dans sa chaise en attrapant son catalogue. Je tournai les yeux vers Caroline qui continuait de se frotter la joue. Soudain, elle ouvrit de grands yeux qu'elle leva vers moi, comme si elle venait de se rendre compte de ce qu'elle venait de dire. Je lui fis un petit sourire en pinçant mes lèvres, lui montrant qu'elle n'avait pas rêvé.

-Mais...

-Tu es amoureuse de lui, dit Katherine sans lever les yeux vers nous.

Caroline me regarda, comme si elle cherchait mon approbation ou quelque chose comme ça. Je lui fis un petit sourire et posa mes mains sur les siennes.

-Tant que tu es heureuse, ça me va, dis-je.

Un grand sourire apparut sur ses lèvres.

-Qu'est-ce que je dois faire ? Demanda-t-elle. Aller le voir ?

-Oui, répondis-je. Mais surtout, ne lui pardonne pas trop vite, ok ? Il doit comprendre que ce qu'il a fait est mal et il doit ce racheter.

Caroline prit un air déterminé et se leva en nous faisant un signe de la main avant de s'en aller, presque en courant. Je ris légèrement avant de tourner mon regard vers Katherine. Elle leva les yeux vers moi et un petit sourire apparut au coin de ses lèvres.

-Tu sais ce que ça veut dire ? Demanda-t-elle.

Je fronçais les sourcils et secouai la tête négativement. Elle posa son catalogue sur la table et se pencha en avant vers moi.

-Toi et moi, on est officiellement en sécurité, dit-elle.

-Comment sais-tu qu'il est aussi amoureux d'elle ?

Un petit rire amusé sortit de sa gorge et elle leva les yeux au ciel sans rien répondre. Elle se leva et rassembla tous les magazines avant de se diriger vers le manoir. Je la suivis sans rien ajouter. Après tout, elle connaissait Klaus mieux que moi, elle avait peut-être raison. Nous entrions dans le salon et découvrions que les hommes étaient encore là. Katherine alla s'asseoir sur Alaric qui était assis dans un fauteuil.

-Hey, on devait faire une journée entre mecs tu te rappelle ? Dit-il.

-Tu me manquais trop, répondit Katherine en faisant une tête triste.

Ric rit légèrement et la serra contre lui. J'allai m'asseoir sur le canapé à côté de Damon qui passa son bras autour de mes épaules. Stefan était assis par terre et regardait Rose qui était à nouveau en train de dessiner. Elle allait sûrement nous pondre une nouvelle œuvre d'art qui nous blufferait tous.

-Où est partie Caroline ? Demanda Damon. On n'a pas eu le temps de lui demander, elle s'est presque enfuie en courant.

-Elle est allée dire à Klaus qu'elle est amoureuse de lui, répondit Katherine.

Damon et Ric ouvrirent de grands yeux tandis que Stefan releva la tête d'un coup et parut soudainement énervé. Damon tourna la tête vers moi, comme pour me demander confirmation.

-Elle est plutôt allée lui faire payer la première erreur qu'il a faite, dis-je. Mais elle finira par lui pardonner... Parce qu'elle l'aime...

-Et tu n'as rien contre ça ? Demanda Damon.

J'inspirai profondément et finis par lui faire un petit sourire.

-Je... je vais essayer de m'y faire et peut-être qu'après avoir essayé de mieux le connaître, je l'apprécierais, dis-je. Ou du moins... Je pourrais essayé de ne pas le haïr.

-Ça c'est mon Elena, dit Damon en m'embrassant sur la joue ce qui me fit sourire encore plus.

Il se tourna ensuite vers Stefan qui n'avait pas bougé.

-Toi, dit Damon. Tâches de ne pas te mêler de leurs affaires.

Stefan fit une petite grimace, comme celle que les enfants font quand leurs parents les grondent. Je ris légèrement alors qu'il se reconcentrait sur le dessin de ma fille. Damon resserra son étreinte et je m'assis entièrement sur lui en lui souriant. Il me tira vers lui et déposa un long baisé sur mes lèvres. Je m'installais confortablement contre lui et nous commencions à discuter de tout et de rien, enfin surtout du bal, avec Katherine et Ric.

PDV Caroline

Je me garai devant la maison de Klaus et coupai le contact. Le silence s'installa dans la voiture et je tournai les yeux vers la grande demeure. Je me mordis la lèvre, me demandant si je ne m'étais pas un peu trop précipitée là-dedans. Je tapotai nerveusement le volant avec mes mains, ne sachant pas si je devais y aller ou non. Je soupirai en me maudissant déjà et sortis de mon véhicule. Je me dirigeai avec détermination vers le pallier, sans m'arrêter. Je frappai à trois reprises contre la porte et attendis qu'on vienne m'ouvrir. J'entendis des éclats de voix venant de l'intérieur, ainsi que des pas venant vers la porte. Le battant s'ouvrit enfin et je découvris Klaus. Il se figea instantanément en me voyant. Je le regardais de la tête aux pieds, me rendant compte à quel point sa silhouette fine m'avait manquée ces derniers jours. Je me plongeai dans ses grands yeux bleus que j'aimais tant. Il paraissait tellement surpris de me voir.

-Que... Qu'est-ce que tu fais ici ? Demanda-t-il soudain.

Sa voix me rappela que je n'étais pas venue ici pour me réconcilier avec lui. Pas encore. J'entrais à l'intérieur en le bousculant légèrement. En haut des grands escaliers, je découvris sa sœur, Rebekah. Elle me lança un petit regard amusé et se retourna pour disparaître dans le couloir qui menait aux chambres.

-Ne t'inquiète pas, dit Klaus. Kol n'est pas là, alors il ne pourra pas te harceler comme il a l'habitude de le faire avec les jolies femmes. Il ne reste que Rebekah et Elijah. Les autres sont partis.

Je le regardais en silence. Je n'avais pas besoin de demander pourquoi. Ils avaient fuis Tatia. Un lourd silence gênant s'installa dans la pièce. Klaus me regardait, attendant sûrement que je prenne la parole, ce que je tardai pas à faire.

-Je te déteste, dis-je, tentant d'être convaincante.

Klaus fronça les sourcils toujours en me regardant. J'inspirai profondément, voulant être la lus crédible possible.

-Tu n'aurais jamais dû me cacher autant de choses et je te déteste à cause de ça, ajoutai-je.

-Je suis désolé, dit-il simplement.

Je fis une légère grimace. C'est tout ce qu'il comptait dire ? « Je suis désolé » ? Où était donc passé le long discours romantique qu'il était censé faire pour que je lui pardonne ? Je soupirai, déçue. Klaus n'était vraiment pas comme les autres hommes.

-Tu vas m'accompagner au bal des Lockwood, déclarai-je.

Un petit rire amusé sortit de la gorge de Klaus alors qu'il pensait sûrement que je plaisantais. Je croisai les bras et le regardai avec le regard le plus sérieux du monde. Son sourire disparut aussitôt.

-Attends, tu viens jusqu'ici pour me dire que tu me détestes, mais que je viens avec toi au bal ? Demanda-t-il en fronçant les sourcils.

-Exactement, dis-je. Vois-tu, ça fait maintenant trois jours que je n'ai aucune nouvelle de toi. Tu ne m'as pas appelée, tu ne t'ai toujours pas excusé, alors j'essaye de faire un peu bouger les choses en ta faveur.

Il resta immobile quelques secondes avec une légère grimace sur le visage. Il me détaillait en plissant les yeux, comme s'il essayait de lire en moi. Petit à petit, un léger sourire apparut au coin de ses lèvres.

-Je vois... Dit-il.

-Quoi ? Demandai-je, un peu désemparée.

-Tu ne peux plus te passer de moi.

J'ouvris la bouche pour protester, mais aucun son n'en sortit. Je la refermai et pris un air en colère. Son sourire s'agrandit, m'énervant encore plus.

-Non, dis-je. Je suis venue te demander de m'accompagner, parce que Tyler sera là-bas et je ne peux pas y aller toute seule. Il me faut un cavalier. Tu étais ma dernière option.

-Oh allez ! Dit-il. Admet-le. Deux jours sans moi et tu ne peux déjà plus tenir en place.

Je laissai un espèce de grognement sortir de ma gorge et lui frappai l'épaule. Il rit légèrement et me tira vers lui. Je me retrouvais collée contre son torse et mon regard fut instantanément plongé dans le sien. Lentement, son sourire disparut et il devint incroyablement sérieux.

-Caroline, je suis désolé de t'avoir mentis, dit-il. Je n'aurais pas dû te cacher tout ça.

Il s'approcha encore un peu et posa son front contre le mien. Je ne me dégageai pas, je n'en avais pas vraiment la force.

-La vérité... C'est qu'à mes yeux, Tatia est morte, dit-il.

-Elle ne l'est pas Klaus, répondis-je tout bas. Elle est bel et bien en vie et elle est ici pour te tuer.

-Je sais... Mais je ne partirais pas. Je reste ici avec toi.

Je le regardais droit dans les yeux, ne comprenant pas vraiment pourquoi il faisait tout ça, pourquoi il risquerait sa vie pour une fille comme moi. Je ravalais mes questions et fermais les yeux. Nous étions tellement proches. Nos fronts étaient toujours collés l'un à l'autre et mon nez touchait presque sa joue.

-Je t'accompagnerais à ce bal si c'est ce que tu veux, dit-il.

J'acquiesçai légèrement, ne voulant pas rompre notre étreinte. Je savais que je ne devrais pas, que je devais le pousser à se battre pour moi, mais je n'avais pas la force de lui résister. J'étais tout simplement, accro à lui. Je restai là quelques instants, avant de me ressaisir. Je me séparai lentement de lui et m'éloignai vers la porte d'entrée. Je me retournais vers lui et découvris qu'il affichait un grand sourire satisfait.

-Je te déteste toujours, dis-je en haussant les épaules.

Il rit légèrement et baissa la tête. Il savait bien que ce n'était pas vraiment vrai. Soudain, il apparut devant moi, souriant toujours. En une fraction de seconde, il m'embrassa tendrement et disparut complètement. Je me retrouvais seule dans le grand hall, mais je savais très bien qu'il était allé se réfugier dans son atelier de dessin.

-Je te déteste toujours ! M'écriai-je en sachant pertinemment qu'il m'écoutait.

Je soupirai et caressai mes lèvres du bout de mes doigts. Je ne pus empêcher un petit sourire de faire son apparition au coin de mes lèvres. Je secouai légèrement la tête, me disant que j'étais irrécupérable et quittai la maison.