Coucou,
Me revoilà déjà avec un nouveau chapitre. Un grand merci à ceux qui ont pris le temps de me lire et de laisser une review. Ca m'a fait chaud au coeur !
Voilà donc la suite ...avant … le GRAND RETOUR !
En espérant qu'elle vous plaise !
A bientôt,
Chapitre 24 : Face à face
Il flottait une drôle d'odeur dans l'air : un mélange de noisettes et de décoction de saule. Le genre d'odeur qui pourrait flotter dans les couloirs de Sainte-Mangouste. Un froufrou discret me tira de mon sommeil et je voulus ouvrir les yeux, mais la soudaine clarté me força aussitôt à refermer mes paupières. Je me sentais sans force et une douleur lancinante à la tête me donnait la nausée. Il y eut un autre bruit, un claquement un peu plus sec suivi d'un frottement de tissu et d'un cliquetis. Lorsqu'une nouvelle fois, je tentais d'ouvrir les yeux, je fus un peu moins éblouie. Les rideaux venaient d'être tirés et empêchaient le soleil d'entrer à flots dans la chambre. J'essayais de m'asseoir mais la douleur lancinante s'attaqua à mes tempes je laissai échapper un petit cri de douleur.
- Ne bouge pas ! M'ordonna la voix de Richard. Tu es encore trop faible.
Le souvenir de la veille me revint en mémoire et je grognai quelques imprécations contre Richard et sa bienveillance trop présente.
- Je ne suis pas faible, je suis fatiguée avec une grosse migraine.
Le rire du sorcier résonna dans ma chambre et m'arracha une grimace de douleur.
- Je ne vois pas ce qu'il y a de si amusant …
Il alla devant la fenêtre et tira de nouveau le rideau, inondant la pièce de soleil avant d'ouvrir la fenêtre. Une brise estivale chargée des senteurs florales des rosiers et glycines envahit la pièce.
Le parc n'avait plus le même aspect que hier : boueux, froid, presque gelé.
- Qu'est-ce que …
Richard m'interrompit en me lançant sur le lit la Gazette du Sorcier. La Une arborait fièrement une photo de Potter et d'autres gamins avec un titre qui clamait « Dernière tâche pour les quatre Champions ». Mon regard s'arrêta sur la date : « 24 Juin ».
- Richard ?
Je ne comprenais rien.
Le sourire du sorcier s'effaça.
- Tu as été malade, résuma-t-il brièvement. Un accès de fièvre particulièrement maligne, des grosses bouffées de délire … ton petit séjour en Albanie a failli t'être fatal … Tu es tombée dans le coma …
Les mots du sorcier mirent quelques secondes à m'atteindre. Je le dévisageai en silence.
- Du délire ?
Un instant un gros poids s'ôta de ma poitrine.
- La Pensine ? C'était donc … faux …
Richard secoua la tête.
- Malheureusement, non … Ce que tu as vu, tu ne l'as pas inventé, de même ce qui s'est passé ensuite, à Londres … Le bus et … le reste … C'est ensuite que tu as commencé à être malade …
- Je .. Je ne m'en souviens pas …
Mes doigts se refermèrent sur les draps que je serrais avec force. Je fermais les yeux. J'aurais tant aimé que le voyage dans le passé de ma belle-mère n'ait été qu'une illusion …
- C'est souvent ainsi, le malade oublie sa phase de délire … Et ce n'est pas plus mal …
Le médicomage avait pris le dessus, une nouvelle fois. Pourtant il ne m'abreuva pas de termes médicomagique pour expliquer ce qui m'était arrivé et je l'en remerciai. Il me tendit alors un gobelet.
- Bois, m'ordonna-t-il.
J'avalais la potion sans discuter. J'avais perdu presque six mois … Il me fallait me lever et rattraper le temps perdu.
- Qu'ai-je raté ? Interrogeai-je Richard en me redressant dans mon lit.
Son visage se ferma d'un coup et il baissait furtivement les yeux.
- Rien, déclara-t-il d'une voix blanche.
Je voulus me lever mais la tête me tourna et je faillis tomber du lit.
- Tu n'as jamais su me mentir ! Aide-moi à me mettre debout et raconte-moi tout !
Il soupira et un instant je crus qu'il allait me demander de garder le lit, prétextant que j'étais encore trop faible pour faire quoique ce soit.
- Ne force pas trop … capitula-t-il simplement.
Il s'interrompit quelques secondes, le temps que mes deux pieds retrouvent le contact avec le parquet de chêne.
- Quant à te raconter … Je n'ai pas vraiment menti, soupira-t-il. Tu n'as rien raté …
Alors qu'il parlait, je fis quelques pas hésitants jusqu'à la fenêtre. Un instant mon regard se perdit sur la pelouse puis je me retournai avec lenteur la douleur à la tête se raviva et je faillis perdre l'équilibre. Je me retins à la commande. Richard me faisait face. Il ne fit aucun geste pour m'aider. Il laissa échapper un nouveau soupir.
- Alors ? Insistai-je.
Avec lenteur, il porta sa main à sa manche gauche et il la fit remonter. Mes yeux s'agrandirent de stupéfaction. Je détournai aussitôt le regard pour observer mon propre avant-bras.
La Marque !
- Elle est de plus en plus nette, chaque jour qui passe … ajouta Richard … mais c'est tout …
Avec ravissement, je laissai courir mes doigts sur le serpent et la tête de mort. Un fin sourire de contentement se dessina sur mes lèvres.
- Je le savais, murmurai-je. J'avais raison.
Je quittais avec regret l'examen de ma Marque.
- Il faut qu'on parle ! Décrétai-je tout à coup, le regard sérieux et déterminé.
Je crus que Richard allait éviter la conversation, mais il acquiesça.
- A mon retour, ajouta-t-il cependant. Je dois récupérer une potion – pour toi. Nous en discuterons lorsque je reviendrais, je n'en ai pas pour longtemps.
Croyant à une énième excuse du sorcier, je ne voulus pas le laisser filer.
- Je t'accompagne !
Il soupira.
- C'est Severus qui me la fournit, précisa-t-il.
- C'est parfait ! M'exclamai-je.
Richard ne me répondit que par un soupir. Je fus prête en un instant. Et peu après les rues de Pré-Au-Lard se déroulèrent sous nos pieds. Malgré la chaleur, je remontai ma capuche sur ma tête lorsque je vis que nous devions retrouver Severus au Trois Balais.
Les élèves étaient encore en cours, pourtant l'endroit n'était pas désert et pour cause, ce soir aurait lieu la dernière tâche du tournoi.
Severus était déjà là et s'il parut surpris de me trouver là, il n'en laissa rien paraître. Je pris place dans un coin, dos à l'entrée de telle sorte que personne ne puisse me voir. Il passa commande de trois firewhisky auprès de madame Rosmerta et tandis qu'elle préparait les commandes, il poussa vers Richard un flacon en me montrant de la tête.
- Pour ta convalescente.
Nos boissons furent apportées et j'avalais mon verre d'un trait sous le regard réprobateur du Maître des Potions de Poudlard.
- Tu n'es pas censée faire doucement ? Me demanda alors Severus. D'après ce que Richard a laissé filer, tu as failli y rester.
- Depuis quand te préoccupes-tu de moi, Severus ?
Il haussa les épaules, ne voulant pas entrer dans ce genre de conversation. Son regard noir me darda un long moment.
- Que fais-tu ici ? Finit-il par me demander. Il y a beaucoup de monde par ici, n'as-tu donc pas peur qu'on te reconnaisse ? Ou que Fol-Oeil croise ton chemin ?
Je me mis à rire doucement.
- Peut-être suis-je venue ici précisément pour cela …
- Et que vas-tu faire ? Réitérer ton exploit de Londres ? Ricana l'ancien Mangemort. Richard m'a raconté ce que tu as fait … Tu as beaucoup fait jaser … On pense que c'est toi qui a semé la panique et à Londres et à la Coupe du Monde de Quidditch l'été dernier.
- Il n' y a bien que toi pour penser que je suis innocente dans l'histoire du camping …
De nouveau le rire de Severus s'envola.
- Cela ne te ressemble pas … C'était trop … grossier.
Le silence s'installa quelques minutes. Aux tables voisines, les sorciers riaient trop forts et mon mal de tête était en train de revenir.
Richard se mit alors à interroger Severus.
- La Marque est de nouveau revenue, presque aussi nette qu'avant.
Severus hocha de la tête en silence.
- Qu'en pense Dumbledore ?
- Pour le moment, il ne sait pas trop quoi en penser … Karkaroff, lui, est paniqué … S'il n'y avait pas la dernière tâche ce soir nul doute qu'il aurait déjà fui bien loin …
Je me mis à rire doucement.
- Comme à son habitude … ne pus-je m'empêcher d'ajouter. C'est la seule chose qu'il sache faire correctement fuir et vendre les nôtres …
Mon regard se posa longuement sur Severus.
- Et toi ? Vas-tu fuir aussi ?
- Pourquoi devrai-je prendre la fuite ? Le Seigneur des Ténèbres n'est pas réapparu à ce que je sache …
- Ce n'est qu'une question de temps … J'ai trouvé des choses … en Albanie …
Je ne pus continuer, interrompue par le directeur des Serpentards.
- Oui, ricana-t-il. Une belle Aconia aïgue qui a failli avoir raison de toi …
Je ne répondis rien à cette pique totalement puérile.
- Ris tant que tu le peux encore, Severus … Nous en reparlerons dans quelques temps …
Je me levais brusquement pour prendre congé, persuadée que Richard allait faire de même. Mais le sorcier tourna la tête vers moi.
- Je dois encore discuter de quelques affaires avec Severus …
Je fis un geste de la main.
- Je t'attends dehors … Je ne l'ai que trop supporté …
Sans un salut pour Severus, je quittai le pub.
L'air chaud soufflait doucement, emportant parfois quelques pétales d'un cerisier en fleurs non loin de là. Je fis quelques pas, préférant les allées secondaires de Pré-Au-Lard, sans pour autant trop m'éloigner des Trois Balais. Bien mal m'en prit …
Sa silhouette massive et cliquetante se dressa soudain devant moi. Mon sang ne fit qu'un tour et en une fraction de secondes, j'avais sorti ma baguette.
- Toi … Marmonnai-je dans un grognement trollesque.
Une seconde seulement, la surprise se lut sur son visage. Il resta interdit le temps d'un battement de coeur avant de se reprendre.
- Tu ne devrais pas être ici ! S'exclama-t-il avec vigueur. Ils … ils ont dit que tu étais morte !
Je laissai échapper un petit rire moqueur.
- Eh bien, Maugrey ! Aurais-tu peur d'un fantôme ? Ricanai-je.
Il ignora ma pique.
- Comment-as-tu fait ?
Je pris un air désinvolte et haussai les épaules.
- Peut-être ai-je réussi là où personne n'avait jamais réussi … peut-être ai-je réussi, soufflai-je doucement, à vaincre les chemins de la Mort.
Mes paroles le mirent dans une fureur incroyable. Il poussa un rugissement de dragon blessé et chargea. Il fonça droit sur moi et alla me plaquer contre le mur d'une maisonnette. Mon dos entra violemment en contact avec le granit noir de la façade. Je laissai échapper un petit cri autant de douleur que de surprise.
- Comment oses-tu te vanter ainsi ! Gronda-t-il. Seul le Seigneur des Ténèbres a ce pouvoir ! Tu n'es qu'une insignifiante petite sorcière ! Tu oserais te comparer à Lui ?
Ses propos m'arrachèrent une exclamation de surprise étouffée. Je tentais en vain de me libérer de son emprise en lui assénant un violent coup de pied, mais le vieil Auror était un adversaire coriace et il fallait plus qu'un coup à la moldu pour s'en débarrasser.
- Et depuis quand oses-tu prononcer le nom du Maître, saleté d'Auror ?
Il éluda ma question et je n'eus pour réponse qu'un éclat de rire étrange. J'étais plutôt en mauvaise posture, mais bizarrement je n'étais nullement effrayée. Après tout, j'attendais depuis tellement cette rencontre. Quelque en serait l'issue, j'aurai une des choses que je souhaitais : venger les miens ou me retrouver à Azkaban, là où j'aurais dû me retrouver depuis longtemps.
- Et maintenant ? le narguai-je.
- Maintenant quoi ? Tu espères peut-être que je vais t'arrêter et t'envoyer à Azkaban ? C'est ce que tu souhaites, non ?
Il se mit alors rire. Je sentais la rage bouillonner dans mes veines.
- Lâche-moi ! Bats-toi !
D'où lui venait cette manie pour la discussion maintenant. Autrefois, les sorts auraient déjà fusés ! Il fit celui qui ne m'avait pas entendu.
- Aller à Azkaban, continua-t-il, et le retrouver ?
Il s'interrompit quelques secondes comme pour laisser le temps de lui répondre, mais voyant que je gardais le silence, il se pencha un peu plus vers moi et me murmura quelques paroles à mes oreilles. Décidément, je ne reconnaissais plus l'Auror paranoïaque que j'avais affronté et croisé autrefois.
- Sais-tu ma chère Calypso que chaque nuit, ton cher et tendre Rab ne cessait de pleurer et d'hurler ton nom ?
- LA FERME ! Lui hurlai-je soudain au visage. Je t'interdis de parler de lui ! Comment oses-tu l'évoquer, espèce de raclure !
Je tentai en vain de le repousser, pour libérer ma main et faire cesser ce petit manège. Fol-Oeil n'avait que trop parler, il était temps de lui clouer le bec, définitivement. Je ne m'attardais même pas sur le fait que Maugrey puisse savoir cela, pour moi, ce n'était que des mensonges, des paroles dans le vent uniquement lancée pour me blesser un peu plus.
- LA FERME ! Répétai-je mi criant, mi pleurant. Je vais te faire ravaler tes paroles. Par Salazar, je ne te laisserai plus faire de mal à ma famille.
Dans un nouvel élan de rage, je réussis à me défaire légèrement de son emprise. Cela fut suffisant. D'un sort cuisant, je repoussai l'Auror et un autre sort le projeta au sol, au milieu de la rue. Un sourire cruel et satisfait sur les lèvres, je m'avançai vers lui. Je savais que j'aurai dû profiter de sa chute pour le stupéfixer ou lui lancer un autre sort, mais ma haine et mon envie de vengeance aveuglait ma raison. Je me contentais donc de le menacer avec la pointe de ma baguette.
- Je sais ce que tu as fait, ou plutôt ce que tu voulais faire, pourriture de véracrasse. Tu as été assez fou pour vouloir mettre tes menaces à exécution et ça … Julius n'aurait pas mérité pareil traitement !
Le souvenir de ce que j'avais dans la Pensine de Constance me revenait en pleine figure, décuplant encore plus ma fureur.
J'aurai dû en finir immédiatement, mais j'avais besoin de déverser ma rage et ma colère. Le rire de Fol-Oeil suspendit mon geste. Il se remit sur ses pieds.
- Ton père n'était qu'un imbécile, à se faire prendre comme un sorcier de premier cycle.
Sa réponse me figea, un stupéfix n'aurait pas mieux fait. De surprise, je faillis même en lâcher ma baguette.
- Mais enfin, parvins-je à balbutier … De quoi … De … quoi … parles-tu ?
Un éclair étrange passa dans le regard de l'Auror. Comme de l'énervement … Je n'eus pas le temps de m'appesantir là-dessus car sa baguette me plaqua de nouveau contre le mur de la même maisonnette.
- Je … je ne faisais nullement allusion à mon père …
Je fronçais les sourcils. Et une évidence me traversa soudain.
- Tu … tu … tu n'es pas Fol-Oeil !
Depuis le début j'avais trouvé son comportement étrange. Le vieux fou n'aurait pas agi ainsi. Même s'il avait raccroché sa baguette d'Auror depuis longtemps, il n'en aurait pas perdu ses réflexes. Jamais il ne se serait lancé dans une discussion. Il aurait agi sans réfléchir.
- Tu n'es pas Fol-Oeil ! Répétai-je.
Sa baguette qu'il appuyait contre ma gorge se recula légèrement. Il éclata alors de rire. Puis il recula de deux pas.
- Qui … qui es-tu ? Marmonnai-je en massant la gorge.
- Je t'ai sous-estimée, Calypso. Tu es la seule à avoir réussi à me percer à jour, en peu de temps ...
- Qui es-tu ? Répétai-je.
Il rit de nouveau.
- Tu devras le deviner comme une grande fille … Je ne te ferais pas le plaisir de te le dire et … puis … tu ne me croirais pas …
Il me dévisagea longuement. Je ne bougeai pas, le seul mouvement était celui de mes jambes qui flageolaient.
Un sourire féroce se dessina sur les lèvres du faux Auror.
- Que vais-je faire de toi ? Se demanda-t-il à haute voix. Car s'il y a bien une chose que je déteste par-dessus c'est de voir les traîtres comme toi, aller et venir librement … Comment peux-tu te pavaner librement alors que le Maître …
Il n'en dit pas plus. Une nouvelle lueur presque démente s'alluma dans son regard. Il réduisit l'écart qui nous séparait. La pointe de sa baguette glissa doucement le long de sa joue alors qu'il réfléchissait. Cela ne dura qu'une seconde. Puis il reprit le fil de son discours.
- Je pourrais te tuer, certes … Après tout, ça ne serait que justice … Tout ceci est arrivé par ta faute … Mais … ce ne serait pas amusant. Et puis, peut-être m'en voudrait-Il … Peut-être voudrait-Il régler Lui-même leur compte aux petits traîtres comme toi …
Il haussa les épaules. Une brise se leva doucement, annonçant que la journée toucherait bientôt à sa fin.
- Je vais te laisser repartir, Lestrange. De toute façon, pour le moment, j'ai d'autres choses plus importantes à faire … Et puis, je crois que tôt ou tard, je vais te voir tomber et c'est un spectacle que je ne veux pas manquer …
Il faillit tourner les talons, mais se ravisa. Une nouvelle fois, celui qui avait pris l'identité de Maugrey se pencha vers moi et glissa quelques derniers mots à mon oreille.
- Il ne te pardonnera pas … Comment pourrait-Il le faire, tu L'as lâchement abandonné … Mais moi …
Son rire s'envola de nouveau dans le ciel sans nuage.
- J'ai hâte d'assister à ta chute …
Puis à peine eut-il prononcer ces paroles, il transplana.
Je mis un long moment à me rendre compte qu'il était bel et bien parti. Ses paroles résonnaient encore et encore dans ma tête. Je n'osais croire ce que je pensais comprendre entre les mots qu'il avait prononcés.
Mes jambes tremblaient de plus belle et je me laissai glisser lourdement au sol. Le regard perdu sur les cailloux de la ruelle poussiéreuse, je sentis la nausée m'envahir. Je finis par recracher un flot de bile qui brûla ma gorge et ma bouche. De nouveau, la douleur allait et venait dans ma tête comme les flots déchaînés de l'océan.
Un moment je me demandais si tout ceci avait vraiment eu lieu, peut-être était-ce encore un symptôme du mal qui m'avait rongée pendant ces longs mois, mais les marques à mes bras témoignaient du contraire.
Je pris soudain appui sur les pierres de la façade et réussis à me relever tant bien que mal. Il fallait que je bouge, je ne pouvais pas rester là. Non pas que j'avais peur que ce Mangemort – car nul doute pour moi que celui qui avait pris la place de Fol-Oeil faisait partie de notre camp, il suffisait de l'entendre parler du Maître- revienne. Non, il fallait que je fasse quelques pas, histoire de réfléchir, de m'éclaircir les idées …
Au début j'eus du mal tant je tremblais, mais je réussis finalement à regagner le bout de la rue. Au même moment, Richard apparut dans mon champ de vision. Voyant sa mine se décomposer, je compris que je devais vraiment avoir une sale tête. Il s'avança vers moi à grandes enjambées, l'inquiétude se lisant sur son visage.
- Que s'est -il passé ?
Il m'attrapa par le bras.
- Que t'est-il arrivé ?
Je secouai doucement la tête comme pour sortir d'un mauvais rêve.
- Je … je … je suis tombée sur Fol-Oeil, balbutiai-je.
- Fol-Oeil, répéta alors Richard. Que t'a-t-il fait ? Où est-il ? Il t'a laissée partir comme ça ? Tu es blessée ?
Je ne sus quoi répondre à son flot de questions. Je hochais simplement dans la tête.
- Je … je vais bien … Ne t'en fais pas … Enfin … non … euh … oui …
Richard semblait tout autant perdu que moi.
- Ce n'était pas lui ...finis-je par avouer.
- Je ne comprends pas, tu es tombée sur Maugrey oui ou non ?
Je laissai échapper un soupir d'incompréhension.
- Oui … mais c'était quelqu'un d'autre. Quelqu'un qui a pris l'identité de l'Auror, Richard. Quelqu'un qui semble au courant de plein de choses … Un … un des nôtres …
Je vis le visage du sorcier blêmir et ses épaules se voûter un peu plus.
- Rentrons, ne restons pas ici. Ce … n'est pas ...prudent. Je te raconterai tout …
Et c'est ce que je fis lorsque nous regagnâmes le manoir Nott.
