PDV Caroline
C'était la panique général. Tout le monde criait et courait dans tous les sens, se bousculant, se piétinant. Je ne comprenais pas ce qu'il se passait. J'entendais les coups de feu, mais je ne voyais pas les tireurs. Mais je savais qu'ils étaient tout autour du jardin. Klaus me tenait fermement la main et regardait tout autour, tentant de savoir ce qu'il se passait. Soudain, des hommes vêtus de noirs apparurent, venant de nulle part. Ils bousculaient les gens, les jetant par terre sans aucune merci. Tout à coup, au milieu de la foule, j'aperçus Alaric, portant Katherine dans ses bras. Cette dernière était inconsciente et je pouvais voir qu'elle avait reçu plusieurs balles. L'un des hommes se précipita vers eux et Ric dû lâcher Katherine pour se battre. J'allais me précipiter vers eux, mais Klaus m'attrapa le bras et partit dans l'autre direction.
-Klaus laisse-moi y aller ! Criai-je.
-Non certainement pas ! On s'en va d'ici tout de suite ! Hurla-t-il. Tu n'as pas remarqué ?! Ce sont des chasseurs de vampires ! Je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que se soit !
-Je ne les laisserais pas ici ! Criai-je. Je vais aider Alaric ! Occupe toi de Jérémy et Eve !
-Et Damon et Elena ? Demanda-t-il.
-Ils ne sont plus là, je les ai vu quitter la fête il y a des heures !
Je me retournais pour aller aider mes amis, mais Klaus me retint à nouveau. Il me tira vers lui et je me retrouvais blottis contre son torse. Avant que je n'ai le temps de faire quoi que ce soit, il passa sa main dans ma nuque et plaqua ses lèvres contre les miennes. Je fermai les yeux et posai ma main sur la sienne. Je savais qu'il fallait que j'aille les aider, mais rien qu'à l'idée de me séparer de lui, j'avais envie de pleurer. Je posai une main sur son torse et le repoussai délicatement. Je me plongeai quelques secondes dans ses grands yeux bleus, priant pour que ça ne soit pas la dernière fois que je le voyais.
-Occupe toi de Jer et Eve, dis-je.
Je me détournais et attrapai le pan de ma robe à deux mains avant de me mettre à courir. J'arrivais enfin au niveau d'Alaric qui continuait de se battre tandis qu'un autre homme tentait de prendre Katherine dans ses bras pour l'emmener. Je sautai au cou de ce dernier et lui arrachai la gorge sans aucune pitié. Je me précipitai ensuite vers l'autre homme en laissant le premier tomber au sol mollement. Je tuai le deuxième de la même manière et me tournais vers Alaric. Il me regarda avec de grands yeux horrifiés probablement parce que j'avais du sang partout. Il retira sa veste et me la tendit. Je m'en servis pour m'essuyer la bouche pendant qu'il reprenait sa compagne dans ses bras. J'entendis un nouveau coup de feu et une intense douleur me transperça le bras. Je lâchai un cri de douleur, mais ne m'y attardais pas trop. Ric et moi commencions à courir vers l'allée où étaient garées les voitures. Il déposa Katherine sur la banquette arrière et démarra en trombe.
J'ouvris la porte du manoir pour laisser passer Ric. Il se précipita dans le salon pour déposer Katherine sur le canapé. Klaus, Jérémy et Eve étaient déjà là. Cette dernière avait un bandage au cou et grimaçait de douleur. Stefan était assis à côté d'elle et rangeait des cotons imbibés de sang.
-Jérémy va me chercher du sang ! Cria Alaric.
-Mais on doit l'amener à l'hôpital ! S'exclama Eve en se levant.
Stefan posa une main sur son épaule, pour tenter de la rassurer. Je me précipitai vers elle et l'obligeai à se rasseoir. Je m'assis à côté d'elle et retirai délicatement son pansement. Je soupirai de soulagement en voyant qu'il ne s'agissait que d'une égratignure.
-Gardes-le bien appuyé contre la plaie, dis-je.
Elle acquiesça avec un air effrayé. La pauvre, elle devait encore moins comprendre que nous ce qu'il venait de se passer. Nous tournions toutes les deux les yeux vers Ric qui s'affairait à retirer les balles du corps de Katherine. Il se tourna vers Klaus et lui en tendit une. Il l'examina quelques secondes en fronçant les sourcils. Je m'approchai de lui.
-Des balles en bois... Souffla-t-il.
Il leva les yeux vers moi. Je voyais qu'il était inquiet, et je lui fis un petit sourire pour tenter de le rassurer. Mais à la place, ses yeux se posèrent sur le haut de mon bras. Il me força à me tourner.
-Klaus se n'est rien, dis-je.
-Ce n'est par rien ! S'exclama-t-il. On t'a tiré dessus !
-Il a raison, il faut la retirer, dit Stefan.
Il m'examina quelques secondes alors que Jérémy revenait de la cave avec plusieurs poches de sang. Je vis les yeux d'Eve s'agrandir avec horreur, mais elle ne bougea pas. Elle faisait sûrement confiance à Jérémy pour savoir qu'elle pouvait rester ici sans rien craindre. Ric donna une poche à Kat qui commençait à se réveiller.
-La balle est à l'intérieur, il faut que je la retire, dit Klaus.
-Je vais bien, dis-je.
Il ne répondit rien et m'entraîna pour me forcer à m'asseoir sur l'un des fauteuils. Je soupirai d'agacement. Il alla prendre la trousse de secours qui était posée sur la table basse. Il revint à mon niveau et s'agenouilla devant mon bras. Il attrapa une pince et je détournais les yeux, ne voulant pas voir ça. C'est alors que je m'en rendis compte.
-Où sont Damon et Elena ? Demandai-je.
Les autres relevèrent les yeux et regardèrent tout autour d'eux. La panique s'emparait de moi petit à petit. Je voulus me lever, mais Klaus m'en empêcha. Une intense douleur me transperça le bras.
-Arrête de bouger, dit-il.
-Mais je dois les retrouver Klaus ! Ils sont peut-être blessés ! Criai-je.
-Laisse-moi finir ça et on ira les chercher ensuite, déclara-t-il d'un ton autoritaire.
Il avait planté son regard dans le mien et à cet instant, je compris que je n'irais nulle part tant qu'il n'avait pas retiré cette balle. Je soupirai et me renfonçais dans mon fauteuil. À cet instant, Rose apparut dans l'encadrement de la porte. Elle portait un petit pyjama gris et ses cheveux étaient en bataille. Son regard affichait une grande terreur.
-Où est papa ? Et maman ? Demanda-t-elle au bord des larmes.
Je restai quelques secondes muette face à sa question. D'une part, je ne savais pas quoi lui répondre. Et d'autre part, je ne l'avais jamais entendu appeler Elena « maman ». Stefan se leva d'un bond et la prit dans ses bras en lui cachant le visage pour ne pas qu'elle voit tout ce sang. Il disparut de mon champ de vision et je l'entendis monter les escaliers.
-J'ai entendu quelque chose, dit Katherine d'une voix faible.
Nous nous tournions tous vers elle. Ric la regardait avec une grande inquiétude et semblait plus inquiet pour elle que pour Damon et Elena. Katherine se redressa lentement avec l'aide de son compagnon.
-Juste avant que je ne me fasse tirer dessus, ajouta-t-elle. J'ai entendu Elena appeler à l'aide.
-Mais je croyais qu'ils étaient partis ! M'exclamai-je.
-Faut croire que non, dit-elle. Je m'apprêtai à aller les aider, mais je n'ai pas eu le temps.
Klaus retira enfin la balle en bois de mon bras et la douleur s'arrêta enfin. Je tournai les yeux vers la plaie et la regardait disparaître lentement. Eve le vit aussi et ses yeux s'écarquillèrent plus que je ne le pensais possible.
-Il faut qu'on les retrouve, dis-je.
PDV Elena
Douleur. C'est la seule chose qui me vint à l'esprit quand je repris conscience. Mes bras me tiraient au point que j'avais l'impression que quelqu'un me les arrachaient. Je sentais un liquide chaud qui coulait depuis mon front, à l'endroit où l'homme m'avait frappée. Doucement, j'ouvris les yeux en grimaçant. J'avais tellement mal.
-Elena...
Je reconnus aussitôt la voix de Damon. Mais elle n'était qu'un souffle. Et je pouvais sentir qu'il souffrait aussi. Je me forçais à me réveiller un peu plus vite. Je devais revenir à moi. Je levai légèrement la tête et découvris que nous nous trouvions dans une cave. Damon était en face de moi, enfermé dans une cage. Il avait une main posé sur un torchon qui était imbibé de sang et posé sur le bas de son ventre. Il était conscient et ne semblait pas trop mal en point. Je levai les yeux vers mes bras qui étaient accrochés à des chaînes reliées au plafond. Mes bras étaient la seule chose qui me faisait tenir debout. Je m'efforçais de me tenir sur mes jambes, mais j'étais dans un tel état de fatigue, que ça me parut impossible. Une fois enfin debout sur mes pieds, mes bras furent soulagés de tout ce poids qu'ils avaient soutenus pendant une durée indéterminée.
-Comment tu vas ? Demandai-je à Damon.
-Je vais bien, ils ont retiré la balle, dit-il. C'était une balle en bois.
-Ce sont des chasseurs... Soufflai-je.
Un bruit sourd me fit sursauter. Un grincement de ferraille. Je tournais les yeux vers les escaliers et découvris des ombres qui venaient de l'étage. Je fronçais les sourcils alors que des hommes apparurent. Ils étaient tous vêtus de noir. Je reconnus deux d'entre eux. C'était celui qui avait emmené Damon et celui qui m'avait assommée.
-La furie est réveillée ! S'exclama ce dernier.
Je voulus lui sauter dessus pour le massacrer, mais les chaînes m'empêchèrent de faire plus de deux pas. Nos deux visages se retrouvèrent à seulement quelques centimètres l'un de l'autre. Je lui lançais le regard le plus noir, ce qui le fit sourire.
-Elena... Dit Damon. Elena arrête !
-Non laisse-la ! S'exclama un autre. Ça nous amuse de les voir se battre pour survivre.
-Qui êtes-vous ? Demandai-je.
Celui qui m'avait assommée continuait de sourire. Il prit mon visage dans sa main alors que son sourire malsain continuait de s'agrandir.
-Nous sommes des chasseurs, ma belle, dit-il. Des chasseurs de vampires.
-Lâchez là ! S'écria Damon derrière lui.
Il se leva malgré sa blessure et se laissa tomber contre les barreaux de sa cage. Il s'y accrocha pour ne pas tomber sur le sol.
-La ferme ! Cria l'un des hommes en lui donnant un coup de bâton à travers les barreaux.
Damon tomba en arrière en criant de douleur. Je tentai de ne pas laisser l'inquiétude paraître sur mon visage alors que j'étais toujours à quelques centimètres du chasseur. Ce dernier finit par me lâcher et s'éloigna. Je retournais contre le mur en vérifiant que Damon allait bien.
-Nous avons été engagé par Tatia, annonça-t-il avec un grand sourire.
Je fus interpellée par ce prénom, tout comme Damon. Je regardais mon agresseur avec de grands yeux pleins de surprise, ce qui le fit rire.
-Vois-tu, Tatia veut Niklaus, expliqua-t-il. Malheureusement, il s'est lâchement enfui de la soirée et nous n'avons pas pu l'attraper. Mais, nous vous avons vous deux. Et quelque chose me dit, que vous allez nous dire où Niklaus se trouve.
-Va en enfer, dis-je sèchement.
Il fit une grimace de mécontentement et revint vers moi. Je me plaquai contre le mur et se colla à moi. Je le regardais avec mépris et tentai de ne pas céder à la panique.
-Vois-tu, Tatia est déterminée à tuer ce Niklaus, dit-il. Et elle n'en a rien à faire de combien de personne devront mourir pour qu'elle parvienne à ses fins. Alors, je te conseillerais de parler.
J'entendis un petit bruit de métal et l'homme leva une main en me présentant un petit couteau. J'entendis Damon crier, mais l'un des chasseurs lui donna un nouveau coup, ce qui l'obligea à rester à terre.
-Je ne sais pas où il est, dis-je. Comme tu l'as dis, il s'est enfui comme un lâche.
-Mais tu sais où est Blondie, dit-il en haussant les sourcils.
Je savais très bien qu'il parlait de Caroline, pas besoin d'être sur-douée pour comprendre ça. Je continuai de le regarder droit dans les yeux, mais je ne dis rien. Il était hors de question que je vende l'homme que Caroline aimait. Mon agresseur sourit à nouveau. Il m'attrapa à la gorge, m'empêchant presque de respirer. J'entendis à nouveau les cris de Damon qui tentait de venir à mon secours. L'homme me força à tourner la tête et je sentis une grande douleur dans le creux de mon cou. Je sentis un filet de sang couler le long de ma peau. Je retenais des gémissements de douleur autant que je pus. Il était hors de question que je lui montre ma souffrance. Il me força ensuite à le regarder à nouveau.
-Alors ? Où est-elle ?
-Va en enfer. Je préférerais mourir plutôt que de te dire où elle est.
J'entendis quelques rires dans la pièce. Il me lâcha enfin en rigolant et se recula. Damon était accroché aux barreaux et me regardait avec impuissance.
-Vous êtes tous pareils, dit le chasseur. « Je préférerais mourir », « Va en enfer ». Mais voilà... Au fil des années, on a appris comment détourné ces envies de suicides.
Il se tourna vers moi. Je me concentrai sur Damon, le regardant droit dans les yeux. L'idée de notre futur parfait et de notre petite fille me donnait espoir. Nous sortirions d'ici. Nous survivrions, comme toujours.
-Alors voilà, reprit le chasseur. Nous pensions que ton copain était un vampire. C'est ce que Tatia pensait aussi. Mais surprise, nous avons retiré la balle et il n'a pas guéris. Je ne sais pas comment c'est possible, mais il est de nouveau humain.
Je levai les yeux vers lui, laissant cette fois-ci mes émotions paraître sur mon visage. Je connaissais déjà la suite.
-Alors nous allons vous laisser une petite heure pour réfléchir à tout ça, ajouta-t-il. Et quand je reviendrais, si tu ne me dis pas où est Blondie... Je le torture sous tes yeux.
Il désigna Damon de la main. Une larme coula sur ma joue malgré tous mes efforts pour la retenir. Je vis un sourire de satisfaction apparaître sur son visage.
-Détachez-la, dit-il.
Deux hommes vinrent vers moi et retirèrent mes chaînes. Je me laissai tomber contre le mur en me massant les poignets douloureux. Tous les hommes sortirent de la cave et refermèrent la porte derrière eux. Je rejoignis Damon à quatre pattes et passais mes mains à travers les barreaux pour prendre les siennes.
-Est-ce que ça va ? Demanda-t-il.
Il passa une main à travers les barreaux pour caresser la plaie que j'avais sur le front.
-Je vais bien, ne t'en fait pas pour moi, dis-je. Damon je...
-Tu ne dois rien dire Elena, me coupa-t-il.
J'ouvris la bouche, mais aucun son n'en sortit. Je sentais les sanglots qui m'envahissaient. J'avais retenu mes émotions tellement longtemps, que maintenant, je ne pouvais plus les contrôler.
-Elena, tu ne peux pas leur dire où est Caroline, dit-il.
-Mais ils vont te tuer...
-Ils nous tueront de toute manière, me coupa-t-il à nouveau. Et ils tueront Caroline dès qu'ils auront Klaus. Et si les autres tentent de se mettre sur leur chemin, ils les tueront aussi. Et Rose sera toute seule.
Je baissai la tête en lâchant un sanglot. Damon m'obligea à relever la tête pour le regarder droit dans les yeux. Il avait l'air tellement déterminé. Je pouvais voir dans ses yeux qu'il ne reculerait devant rien pour protéger notre fille et nos amis.
-On ne peut pas la laisser sans famille, dit-il. Tu ne diras rien.
Je finis par acquiescer et il déposa un baisé sur ma main. J'en fis de même avec la sienne et nous déposions nos fronts l'un contre l'autre à travers les barreaux.
-Je t'aime... Soufflai-je.
-Moi aussi je t'aime... Dit-il.
PDV Caroline
Je devenais complètement folle. Nous n'avions pas avancé. Pas du tout. Nous n'avions aucune idée d'où se trouvait Damon et Elena. Tout ce que nous savions c'est que Tatia était sûrement derrière tout ça. Mais il n'y avait rien de certain. Je tournais en rond dans le salon. Rose n'arrivait pas à dormir. Stefan était en haut et tentait de la calmer depuis plus d'une heure. Katherine était partie se reposer en attendant que l'on trouve quelque chose et Jérémy était dans une chambre avec Eve, pour tenter de tout lui expliquer. Enfin... Pour tout lui raconter. Seul Klaus était avec moi dans le salon. Il me regardait faire des ronds sans rien dire.
-Il faut qu'on les trouve, dis-je. Plus on attend, plus les chances de les retrouver en vie sont minces.
-Caroline, calme-toi, tu n'arriveras à rien en tournant en rond comme ça, me dit-il.
-Je ne peux pas me calmer, Klaus ! Mes deux meilleurs amis ont disparu ! M'exclamai-je. Leur fille est là-haut et ne fait que de les demander ! Qu'est-ce que je suis supposée faire ?!
Il vint jusqu'à moi et posa ses mains sur mes épaules pour que je me calme. Instantanément, je me sentis mieux, comme si je me sentais plus légère.
-Si Tatia est derrière tout ça, alors c'est moi qu'elle veut, dit-il. Je vais me rendre.
N'importe qui dans cette maison l'aurait sûrement poussé dehors pour qu'il y aille, pour récupérer Damon et Elena. Mais moi, je tombais dénue. Mon cœur manqua un battement.
-Il en est hors de question, dis-je d'un ton déterminé.
-Caroline...
-NON ! Criai-je. Tu ne te rends pas à cette folle ! Fin de la conversation !
Je refusais d'avoir à choisir entre mes meilleurs amis et l'homme que j'aimais. Il devait bien y avoir une autre solution. C'était obligé. Après tout ce qu'on avait vécu, ça ne pouvait pas se terminer comme ça.
PDV Elena
Nous n'avions toujours pas bougé d'un poil lorsque la porte s'ouvrit à nouveau. Je serrai les mains de Damon dans les miennes et fermais les yeux, sachant que nous serions bientôt séparés. Bientôt, je sentis deux bras m'attraper et me tirer en arrière. Je resserrai mes mains autour de celle de Damon et commençais à hurler. L'un des hommes donna des coups de bâtons à Damon qui fut obligé de me lâcher. On me rattacha aux chaînes contre le mur, mais je continuai d'essayer de le rejoindre. Je tirai de toutes mes forces sur mes chaînes, tentant de les déloger du mur.
-Je suppose que tu ne parleras pas, hein ? Demanda celui qui m'avait assommée.
J'arrêtai de me débattre alors que Damon me fit signe de me calmer. Les larmes coulaient à flot sur mes joues sans que je puisse rien y faire. Je le regardais droit dans les yeux. Je ne pouvais pas arrêter de le regarder en sachant que nous serions bientôt morts. Le chasseur fit un signe de tête à un autre. Ce dernier ouvrit la porte de la cage et entra à l'intérieur. Damon se recula jusqu'au fond, mais très vite, le bâton s'abattit sur lui. Je commençais à hurler en tentant d'aller vers lui, mais les chaînes m'en empêchèrent à nouveau. Je sentais la peau de mes poignets qui se déchiraient tellement je tirais dessus. Mais je n'en avais rien à faire de la douleur. Tout ce que je voulais, c'était le protéger. Damon tentait de se protéger de ses bras, mais rien ne pouvait empêcher le bâton de s'abattre sur lui. Le chasseur frappait de plus en plus, et de plus en plus fort.
-Laissez le ! Criai-je. Je vous en pris arrêtez !
-Alors dis-moi où il est ! Hurla celui qui était le plus près de moi.
Mais l'autre n'arrêtait pas. Il continuait, encore et encore, sans s'arrêter. Damon ne bronchait pas. On n'entendait aucun cris de douleur. Il résistait et gardait tout pour lui pour ne pas les satisfaire. Mais moi, je ne pouvais pas m'empêcher de pleurer. C'était plus fort que moi.
-Arrêtez ! Ordonna une voix.
Je tournais la tête vers les escaliers alors que tout le monde se figeait dans la pièce. Elle était là, en bas des marches. Tatia. Elle était vêtue entièrement de cuir et la froideur de son visage marquait une grande différence physique entre nous. Elle s'approcha de moi en faisant claquer ses bottes contre le sol. Elle s'avança jusqu'à moi en me détaillant.
-Pourquoi est-ce que tu le protège ? Demanda-t-elle. Après tout ce qu'il t'a fait.
Je ne répondis rien. Je me contentai de la fixer avec le regard le plus dur possible. J'entendais Damon gémir de douleur un peu plus loin.
-Dis-moi où ils sont, et je te promets que je ne toucherais à aucun des êtres que tu chéris, dit-elle.
Je serrais les mâchoires, me rappelant ce que Damon m'avait dit un peu plus tôt. Que je le lui dise ou non, ça ne changerait rien à notre destin. Autant sauver celui des autres.
-Si tu ne me dis pas tout de suite où est Klaus, je te jure que j'arracherais la gorge de ta petite fille et je la ferais souffrir jusqu'à ce qu'elle meure, dit-elle en me plaquant contre le mur.
La colère semblait monter en elle. Je détournais le regard, tentant de ne pas céder à ses menaces. Je me convaincus qu'elle ne réussirait jamais à mettre la main sur Rose, qu'elle ne la trouverait jamais et qu'elle ne pourrait jamais mettre ses menaces à exécution. Je l'entendis soupirer et elle s'éloigna.
-Faites ce que vous avez à faire, dit-elle avant de remonter les escaliers.
Trois hommes de plus armés de bâtons entrèrent dans la cage où se trouvait Damon. J'entendis à nouveau les coups s'abattre sur lui et cette fois-ci, il ne put s'empêcher de crier de douleur. Je me mordis la lèvre pour retenir mes sanglots, mais les larmes coulaient tout de même. L'un des chasseurs m'attrapa les cheveux et me les tira en arrière pour m'obliger à regarder vers Damon. Je lâchai un cri de douleur et les sanglots m'échappèrent. Je voyais leur bâton s'abattre les uns après les autres, ne lui laissant aucun répit.
-JE VOUS EN PRIE ! Hurlai-je.
Un autre vint jusqu'à moi et m'asséna un coup de poing au ventre qui me coupa la respiration. Mes jambes me lâchèrent et je me retrouvais pendu par mes bras. Le chasseur me détacha et me laissa tomber violemment sur le sol pour ensuite me donner un nouveau coup, puis un autre. J'encaissai les coups, me retenant de hurler à la mort. J'ouvris les yeux et croisai le regard de Damon à travers les jambes des chasseurs. Je le vis tendre la main vers moi alors que nous recevions de nouveaux coups. Je refermai les yeux, ne voulant plus voir ça.
Les minutes, les heures passaient. Les coups s'enchaînaient. J'étais tellement épuisée. La douleur était devenue habituelle et j'avais l'impression de ne plus rien ressentir. J'étais toujours allongée sur le sol et j'arrivais à peine à respirer. Je crachai du sang et je devais sûrement avoir un bras cassé. Damon était dans le même état que moi, mais aucun de nous n'avait parlé. Depuis combien de temps étions-nous ici ? Je n'en savais rien. Une journée ? Où peut-être deux ? Je savais que les autres nous recherchaient. Mais au fond, j'espérai qu'ils fassent leurs valises et qu'ils partent. J'espérai que la mort vienne nous chercher et que ce cauchemar se termine. On me donna une claque sur la joue alors que j'étais sur le point de m'endormir.
-Réveilles-toi ma belle, dit le chasseur penché au-dessus de moi. Tu ne pourras dormir que lorsqu'on aura ce qu'on veut.
Je toussai et crachai encore plus de sang qu'avant. Je reçus un autre coup dans le ventre. Je me laissai rouler sur le côté pour être allongée sur le ventre. J'avais la joue écrasée contre le sol et à chaque fois que l'un des chasseurs bougeaient, il remuait une énorme quantité de terre que je me prenais en plein visage. Je m'efforçais d'ouvrir les yeux et regardais vers Damon. Il était aussi fatigué que moi, je pouvais le lire sur son visage. Son bras était toujours tendu vers moi. Je fis glisser ma main sur le sol avec mes dernières forces, priant pour que je puisse attraper la sienne, même si je savais que nous étions bien trop loin l'un de l'autre. Damon me regarda et commença à ramper vers moi lentement. L'un des chasseurs le vit et lui donna un nouveau coup pour l'arrêter.
-Je vous en prie... Soufflai-je d'une voix rauque. Je vous en prie arrêter...
L'un des chasseurs se pencha pour être le plus près de moi possible.
-Qu'est-ce que tu as dit ? Demanda-t-il.
-Arrêtez...
Je sentais la fatigue qui m'envahissait, abattant mes dernières volontés et me faisant lâchement céder face à toute cette douleur.
-Dis-moi où il est, dit le chasseur. Dis-moi où il est et je te promets que nous vous laisserons partir.
Je plongeai mon regard dans le sien. Je le reconnaissais. Il semblait être le plus jeune d'entre eux. Il n'avait porté aucun coup sur nous. Ni sur moi, ni sur Damon. Et là tout suite, je vis dans ses yeux qu'il était sincère.
-Dis-moi juste où il est, murmura-t-il. Et je peux vous faire sortir d'ici en vie.
Une larme coula sur ma joue alors que mes dernières volontés menaçaient de s'effondrer. Je me mordis la lèvre alors que je sentais que j'étais sur le point de cracher le morceau. Mais même si je le croyais quand il disait cela, je n'avais aucune confiance en ces chasseurs.
-Laissez-le partir... Murmurai-je. Laissez Damon partir et je vous dirais tout. Je te le promets.
Il acquiesça et sembla soulagé par mon choix. Il se redressa en soupirant de soulagement. Damon me regardait avec de grands yeux, se demandant ce qu'il venait de se passer.
-Laissez-le partir, dit le chasseur à qui je venais de parler.
-Quoi ?! S'exclama celui qui devait sûrement être le leader.
-Elle m'a promis de tout nous dire si on le laissait partir, dit l'autre.
-Tu sais, ton côté « gentil chasseur » est souvent très utile, mais je pense qu'aujourd'hui, on va s'en passer. Elle ne dira rien. Une fois qu'il sera assez loin, elle nous demandera de la tuer et on aura plus rien pour retrouver Niklaus.
Le « gentil chasseur » soupira et baissa les yeux vers moi. Je le vis serrer les mâchoires, s'en voulant de ne rien pouvoir faire de plus.
-Ils ne nous diront rien de toute manière, dit le leader. Ça fait des heures qu'on les travaille, ça ne mène à rien. Tuez-les.
Déjà certains d'entre eux se dirigeaient vers Damon et moi pour suivre les ordres. Mais le plus jeune leur hurla de s'arrêter. Tout le monde se figea dans la pièce alors qu'il se précipitai vers le leader.
-Tu ne peux pas les tuer ! S'exclama-t-il. Se sont des humains !
-Il était un vampire auparavant, il le mérite bien ! Cria l'autre. Et elle n'a rien fait pour l'en empêcher ! Ils méritent tous les deux de mourir.
-Non ! Ce n'est pas notre rôle ! Nous sommes des chasseurs de vampires ! Nous sommes là pour tuer les vampires ! Pas les humains !
Le leader le regarda pendant quelques secondes, et soudain, il le poussa violemment contre le mur du fond de la cave. La tête du jeune homme se cogna brutalement contre la pierre et il tomba au sol en grimaçant de douleur. Les chasseurs reprirent leur mouvement. Deux d'entre eux me prirent chacun un bras et me forcèrent à me mettre à genoux. Je puisais dans les dernières forces qu'il me restait pour lever la tête et regarder droit dans les yeux le leader. Il se tenait face à moi et pointait un revolver vers moi. Je ne le quittai pas des yeux, affrontant la mort avec courage. Mais soudain, alors qu'il s'apprêtait à appuyer sur la détente, j'entendis un horrible craquement et son bras se tordit d'une manière atroce. Les deux autres chasseurs eurent un mouvement de recul alors qu'il tombait à genoux en criant de douleur. Lorsqu'ils me lâchèrent, je tombai sur le sol, mangeant à nouveau de la terre. J'entendis de nouveau cris et de nouveaux craquements d'os. Je ne me demandais pas ce qu'il était en train de se passer. Tout ce que je savais, c'est qu'une silhouette se dessina en bas des escaliers de la cave. Il faisait trop sombre et l'individu portait une capuche, ce qui m'empêcha de savoir qui il était. Je commençais à ramper. Mon bras gauche me faisait souffrir le martyr, ce qui me confirma qu'il devait être cassé. Je rassemblai les dernières forces qu'il me restait et rampai jusqu'à entrer dans la cage qu'ils avaient laissée ouvertes. Arrivée près de Damon, je m'appuyai contre le mur pour me relever. Je pris son bras et l'aidai à se relever à son tour. Nous passions chacun un bras autour de la taille de l'autre et nous nous aidions l'un l'autre à marcher. Alors que nous sortions de la cage, je vis que l'individu se dirigeait vers le plus jeune des chasseurs qui le regardait avec de grands yeux horrifiés.
-Non ! Criai-je.
L'inconnu se figea sur place.
-Il a essayé de nous aider, dis-je.
Le jeune homme leva des yeux reconnaissant vers moi. Il ne lui fallut que quelques secondes pour se lever et venir nous aider, Damon et moi, à tenir debout.
-Je vais vous emmener à l'hôpital, dit-il.
J'acquiesçai, puis me tournais à nouveau vers l'inconnu qui se tenait toujours dos à nous.
-Qui êtes-vous ? Demandai-je.
Je savais qu'il fallait qu'on parte au plus vite pour aller à l'hôpital, mais je ne voulais pas partir d'ici sans savoir qui venait de nous sauver la vie. L'individu se retourna en baissant la tête, ne me laissant pas voir son visage. Lentement, il porta ses mains sur les rebords de sa capuche et la laissa basculer en arrière. De longs cheveux noirs comme la nuit tombèrent en cascade sur ses épaules et je reconnus aussitôt ce visage. Elle avait pris quelques années qui la rendait encore plus sage qu'elle ne l'était déjà auparavant.
-Bonnie... Soufflai-je.
Elle vint vers moi en me souriant, les larmes aux yeux. Je n'y comprenais rien. Comment pouvait-elle être ici ? Comment avait-elle su que nous étions là ? Je m'apprêtai à lui poser toutes ces questions, mais elle passa son bras autour de ma taille pour me soutenir.
-On doit aller à l'hôpital Elena, dit-elle.
Je ravalai toutes mes questions et acquiesçais. J'étais soulagée. Je passai un bras sur les épaules de ma vieille amie et me séparai de Damon à regret. La fatigue et la douleur me rattrapèrent en quelques secondes seulement. Comme si, maintenant, mon corps savait qu'il pouvait s'effondrer parce qu'il était avec quelqu'un de confiance. Le jeune chasseur et Bonnie nous aidèrent à monter les marches et ils nous installèrent dans une voiture. J'entendis à peine le moteur démarrer que je sombrais déjà dans les ténèbres.
