PDV Damon

Tout était flou autour de moi. Je savais que j'étais allongé, mais je sentais que je bougeais. J'arrivais à peine à garder les yeux ouverts plus d'une seconde. J'entendais des gens parler autour de moi. Des voix que je ne connaissais pas. Je sentais des mains sur moi, qui me procuraient une douleur insupportable. J'avais mal, j'avais mal partout. J'ouvris les yeux et cherchais Elena. Il me fallut quelques secondes avant de l'apercevoir enfin. Elle était aussi allongée et entourée de gens en blouse blanche. J'étais tellement mal que je ne compris même pas qu'il s'agissait de médecins. Je voulus tendre la main vers elle, mais une jeune femme me l'attrapa. Elle se pencha au-dessus de moi et commença à me parler. Je ne comprenais rien à ce qu'elle me disait, tout était trop vague. La jeune femme m'aveugla avec une petite lampe torche. Je fermai les yeux et détournais le regard avant de sombrer totalement dans l'inconscience.

J'entendais des voix chuchoter autour de moi. Toute la panique et la précipitation qui m'entourait un peu plus tôt avait disparu et le calme régnait dans la pièce. J'entendais un petit « bip » qui se répétait régulièrement. Je me sentais tout bizarre, comme si la moitié de mon corps était endormi. Je fis une grimace en commençant à sentir une légère douleur dans le bas de mon ventre. Autour de moi, les voix se turent. J'ouvris les yeux avec grande peine et découvris une chambre d'hôpital tout autour de moi. Des pas vinrent vers moi et Caroline et Stefan apparurent au-dessus de moi. Ils avaient un grand sourire sur les lèvres. Je luttai pour garder les yeux ouverts. Caroline posa sa main sur ma joue et je vis une larme au coin de ses yeux.

-Tu es réveillé, dit-elle en souriant toujours.

Stefan posa sa main sur mon épaule et je tournai la tête vers lui. Ils avaient tous les deux l'air tellement soulagés. Je sortais peu à peu des vapes et voulus me redresser. Mais Stefan m'en empêcha.

-N'essaie pas de jouer les durs, dit-il. T'es vraiment pas passé loin cette fois-ci.

Je le regardais dans les yeux quelques secondes et il me fit signe de rester tranquille. Je me redressai tout de même pour être assis, et grimaçant alors qu'une douleur me transperçait à nouveau le bas du ventre.

-Ça va tirer pendant quelques temps, dit Caroline. Tu as eu quelques points de sutures.

-Depuis... depuis combien de temps je dors ? Demandai-je.

C'était à peine si j'avais reconnu ma propre voix. Elle était totalement brisée et je n'avais réussi qu'à souffler mes paroles. Caroline et Stefan échangèrent un regard.

-Trois jours, finit par dire Stefan. Les médecins disaient que tu ne faisais que dormir, que c'était tout à fait normal vu dans quel état de fatigue tu étais arrivé ici.

-Où est Elena ? Demandai-je.

Soudain, les visages de mon frère et ma meilleure amie s'assombrir. Ils échangèrent un nouveau regard. L'espace d'une seconde, j'imaginais le pire. Mais avant que je ne panique vraiment, Caroline se décala sur le côté et je découvris un autre lit un peu plus loin. Dessus, Elena dormait paisiblement. Elle était mal en point. D'ici je voyais déjà quelques bleus sur son visage et ses bras, je ne pouvais imaginer ce que ça devait être de près.

-J'ai convaincu les médecins de vous mettre dans la même chambre, dit Stefan.

-Elle est très mal en point, dit Caroline. Quand elle est arrivée, elle avait plusieurs côtes cassées et plusieurs hémorragies internes. Ils l'ont emmenée au bloc et elle a failli les lâcher trois fois.

Un léger silence suivit sa dernière phrase. Je continuai de regarder Elena. Je voulais aller jusqu'à elle. Je voulais la prendre dans mes bras. Je voulais qu'elle revienne.

-Ils ne savent pas si elle va s'en sortir, ajouta Caroline.

J'attrapai le coin de la couette et l'enlevait. Je voulus sortir du lit, mais Caroline et Stefan m'attrapèrent et m'obligèrent à rester là où j'étais.

-Damon, Damon, s'exclama Stefan. Arrêtes... Tu ne peux rien faire pour elle... Tu ne dois pas te lever.

Il passa ses bras autour de mon torse et me maintint en place. Je tendis les bras vers Elena. Elle me semblait tellement loin, je voulais juste la sentir contre moi. Caroline tentait de me rassurer, mais rien n'y fit. Mais soudain, une petite voix me rappela à l'ordre. Je tournai la tête vers l'entrée de la chambre et je la vis. Elle était juste là et me regardait avec un grand sourire. Moi qui pensais ne plus jamais la revoir. Rose s'élança vers moi et sauta presque sur le lit pour venir se blottir dans mes bras. Stefan et Caroline me lâchèrent enfin. Je fermai les yeux et la serrai un peu plus dans mes bras, lui caressant les cheveux et la berçant lentement. Je plongeai mon visage dans ses doux cheveux et je l'entendis sangloter dans mes bras.

PDV Elena

Je regardais la scène sans bouger, assise sur mon lit d'hôpital, juste à côté de mon corps inconscient. Je regardais Damon tristement, il était tellement mal en point. Il avait plusieurs bleus sur les joues et sa lèvre était fendue. Pour avoir vu l'infirmière changer ses pansements ces derniers jours, je savais qu'il avait plusieurs hématomes à différents endroits du corps. Bien entendu, personne ne pouvait me voir. Ils ne voyaient que mon corps qui était plongé dans le coma. Moi ? Je n'étais pas dans un meilleur état. Ma lèvre et mon arcade étaient toutes les deux fendues et j'avais un hématome au sommet du crâne. Mes trois côtes cassées avaient entraîné deux hémorragies internes et j'avais de multiples bleus sur tout le corps, et je ne comptais même pas mon bras cassé. J'étais légèrement énervée. Pourquoi est-ce que j'étais celle qui était plongée dans le coma, hein ? Pourquoi moi ? Moi aussi je voulais prendre ma fille dans mes bras.

-Tu aurais dû tout leur dire, dit une voix derrière moi.

-Pour que ces abrutis puissent mettre la main sur l'homme que Caroline aime ? Demandai-je. Il en était hors de question.

Je me retournais vers la personne qui avait parlé et ne fus pas surprise de découvrir mon insupportable double qui me suivait partout depuis que j'étais arrivée ici. « Elena bis » me regardait avec un air malsain sur le visage.

-Tu n'en as pas marre de te sacrifier pour tout le monde ? Demanda-t-elle. Tu ne voudrais pas pour une fois être égoïste et ne penser qu'à ton propre bonheur ?

Je soupirai en levant les yeux au ciel. Elle était exaspérante. Je n'étais avec elle que depuis trois jours et j'avais déjà envie de l'étrangler. Elle était là, à traîner autour de moi, à me donner des leçons comme si j'allais vraiment les écouter.

-Tu ne le vois donc pas ?! Demanda-t-elle en haussant le ton. Tout ce que tu fais pour eux, ils ne le méritent pas et ils ne te le rendront jamais !

-Je ne les aide pas pour qu'ils me soient redevables ! Je le fais parce que j'en ais envie ! M'exclamai-je.

-Et tu t'étonnes de te retrouver dans le coma... Dit-elle en soupirant et en s'enfonçant dans le canapé.

Je soupirai d'exaspération et commençais à faire les cents pas dans la pièce, cherchant comment je pourrais faire pour me réveiller ou bien attirer l'attention d'un de mes amis. Je sentais la colère monter en moi et le tapotement des ongles de l'autre Elena sur la table n'arrangeait rien. Damon, Stefan et Caroline avaient repris leur conversation comme si je n'étais pas juste à côté d'eux, en train de me battre pour revenir vers eux. Je poussai un long cri et me mis à courir vers Stefan qui était placé au bout du lit de Damon. Je sautai en savant pour atterrir sur lui, mais à la place, je le traversais et m'écrasai violemment sur le sol. Une vive douleur envahit ma joue gauche qui était contre le sol. Je lâchai un grognement de douleur et me retournais pour être allongée sur le dos.

-Pourquoi ça fait autant mal ? Demandai-je. Je ne suis pas censée être un fantôme ou un truc dans le genre ?

J'entendis un petit rire malsain venant du fond de la pièce. C'était comme un petit rire moqueur qui me fit vaguement penser à celui de Katherine. Je jetai un regard de tueuse à mon double qui fit semblant d'être effrayée avant de rire de plus bel. Je me relevai et allai me rasseoir en tailleur sur mon lit d'hôpital. Cet à ce moment que la porte de la chambre s'ouvrit, laissant Bonnie apparaître. J'étais là depuis trois jours et pourtant s'était la première fois qu'elle revenait depuis que j'avais été emmenée au bloc opératoire. Le silence s'installa dans pièce. Les trois personnes présentes s'étaient retournées vers elle et la regardait. Caroline et Stefan souriaient simplement tandis que Damon regardait notre vieille amie avec un air ébahis.

-Ferme la bouche ou tu vas gober les mouches, dit Bonnie en riant avant de s'avancer un peu plus dans la pièce.

Un sourire finit par apparaître sur les lèvres de Damon. Je regardais la scène attentivement. Bonnie s'approcha du lit, tandis que Caroline et Stefan quittaient la pièce en emmenant Rose avec eux.

-Je suis contente que tu ailles bien, dit-elle.

-C'est grâce à toi Bonnie, dit Damon. Si tu n'étais pas arrivé à temps... on serait mort à l'heure qu'il est.

Bonnie soupira et tourna les yeux vers mon corps, montrant qu'elle ne pensait pas avoir réussi à nous sauver. C'était tout elle ça. Elle allait s'en vouloir de ne pas être arrivée plus tôt.

-Elle se réveillera, dit Damon avec une grande conviction qui me fit sourire. Ne t'en fais pas pour elle, elle est forte. Elle s'en sortira.

Bonnie se força à sourire un peu plus et finit par tourner son regard vers la porte de la chambre.

-Elle a beaucoup grandi, dit-elle.

-La dernière fois que tu l'as vue, elle venait à peine de naître, dit Damon avec un petit sourire en coin.

-Et bien... Dit ma vieille amie en s'asseyant sur le lit de Damon. Tu as quitté la ville tellement vite... Aucun de nous ne savait où tu allais ni comment te contacter...

Le beau brun fit une légère grimace, montrant qu'elle n'avait pas tort.

-Comment as-tu su qu'on avait besoin d'aide ? Demanda Damon en reprenant son sérieux.

Bonnie perdit son petit sourire instantanément et soupira en baissant les yeux. Je fronçais les sourcils et descendis de mon lit pour avancer vers eux. « Elena bis » en fit de même, apparemment tout autant intéressée que moi.

-Je l'ai juste... sentis... Souffla-t-elle.

Mon double, Damon et moi, affichions la même expression confuse. Bonnie fit une légère grimace et compris aussitôt qu'elle avait du mal à se l'expliquer à elle-même.

-Je ne sais pas comment te l'expliquer, dit-elle. Depuis un petit moment, j'avais un mauvais pressentiment, et soudain, j'ai sentis qu'il fallait que je revienne. C'était comme si j'étais obligée de venir. Et je me suis retrouvée dans cette cave. Je vous ai vu et j'ai compris ce que j'avais à faire.

-Mais pourquoi ? Demanda Damon. Pourquoi est-ce que tu aurais pressentis ce qu'il allait se passer ici ? Demanda-t-il.

-Peut-être que... peut-être que je devais revenir ici ? Dit Bonnie en haussant les épaules.

Je restais assez perplexe. Ça n'avait aucun sens. Pourquoi l'aurait-elle senti ? Et pourquoi est-ce qu'elle aurait dû revenir à Mystic Falls ? Cela faisait longtemps qu'elle était partie et il n'y avait plus rien pour elle ici. Oui, nous étions ses amis, mais elle était lâchement partie sans rien dire à personne et n'avait plus jamais donné de nouvelles. Elle avait beau m'avoir sauvé la vie et avoir sauvé celle de Damon, elle nous avait quand même abandonné, Jérémy et moi.

PDV Jérémy

Je me garai sur le parking de l'hôpital. J'échangeai un regard avec Eve qui me fit un petit sourire en essayant de me réconforter. Nous sortions de la voiture et alors qu'on se dirigeai vers l'entrée du bâtiment, elle glissa sa main dans la mienne et entrelaça nos doigts. Je resserrai les miens autour de sa main. Je n'avais aucune envie d'y retourner. Je n'avais aucune envie de revoir ma sœur dans cet état, ça me faisait mal. Mais Caroline m'avait convaincu qu'il fallait que je sois présent pour Elena. Alors j'étais revenu. Nous entrions dans le grand hall et c'est alors que je la vis. Je me figeai sur place, obligeant Eve à s'arrêter à son tour. Elle me regarda avec les sourcils froncés et me demanda ce qui n'allait pas. Mais je ne faisais plus attention à elle. Mes yeux étaient fixés sur la jeune fille qui se tenait de l'autre côté du grand hall. Je pouvais voir ses grands yeux noirs qui m'avaient tellement manqués.

-Jérémy ? M'appela Eve.

Je lui lâchai la main et m'avançai vers Bonnie sans rien dire à l'autre jeune fille. Je m'arrêtai face à elle une fois avoir traversé toute la pièce. Elle n'avait pas bougé d'un poil. À son regard, je compris qu'elle avait eu l'intention de partir avant que je n'arrive ici. Je savais qu'elle était celle qui avait sauvé Damon et Elena, mais tout nous avait laissé penser qu'elle s'était à nouveau enfuie après le coup de téléphone qu'elle avait passé à Caroline. Elle me regardait droit dans les yeux et je crus y déceler une pointe de tristesse. Elle baissa les yeux, comme si elle n'osait pas me regarder en face.

-Où étais-tu passée ? Demandai-je.

Elle inspira et se mordit la lèvre sans lever le regard vers moi.

-Jer...

-Où étais-tu ? Demandai-je en haussant le ton.

Elle leva enfin les yeux vers moi et je pus voir à quel point elle était désolée de ce qu'elle avait fait. Je pouvais le lire sur son visage comme je l'aurais lu dans un livre. Elle resta silencieuse quelques secondes, avant de prendre la parole.

-A Duke... Murmura-t-elle.

-Et ils n'ont as le téléphone à Duke ? Demandai-je. Ou les mails ? Tu n'as même pas pu trouver un bout de papier et un stylo pour m'envoyer une misérable lettre ?!

Je sentais la colère qui montait en moi alors que je me rappelais de toutes ces années de souffrance parce qu'elle s'était enfuie. Je soufflai lentement, tentant de me calmer.

-Qu'est-ce que tu fais ici ? Demandai-je lus calmement.

-Je suis venue voir Damon, dit-elle.

-Bien, dis-je. Alors tu peux t'en aller maintenant, et repartir à Duke.

Eve arriva à côté de moi. Elle me regardait étrangement, ne semblant pas comprendre ce qu'il se passait. Je plaçai une main dans son dos et la poussa délicatement vers l'ascenseur. Je la suivis de près, mais après seulement quelques pas, je me retournais vers Bonnie.

-Hey Bonnie ! L'appelai-je.

La jeune femme se tourna vers moi. Je soupirai légèrement.

-Merci, dis-je simplement.

Elle me fit un petit sourire avant d'acquiescer. Elle se retourna et je la regardais quitter le bâtiment sans se retourner. J'entrai dans l'ascenseur qu'Eve avait retenu pour moi. J'ignorai le regard interrogatif qu'elle me lançait et restai silencieux. Je sentais qu'elle hésitait à me poser la question qui la rongeait de l'intérieur. Elle savait qui s'était, elle n'avait juste pas envie d'en avoir la confirmation. Et elle avait peur. Peur que le retour de Bonnie change quelque chose entre nous. Et moi aussi. Si Bonnie restait, je ne savais pas ce que je devrais faire. Les portes s'ouvrirent enfin et nous nous dirigions vers la chambre de Damon et Elena. Je m'arrêtai devant la porte quelques secondes, prenant le courage dont j'avais besoin pour voir à nouveau ma sœur dans cet état pitoyable. J'inspirai profondément et toqua légèrement contre la porte avant de l'ouvrir.

PDV Elena

Je tournais la tête vers l'entrée de la chambre et je découvris Jérémy entrer dans la pièce. Un léger sourire apparut sur mes lèvres. C'était mon moment préféré de la journée, le moment où Jérémy venait me voir. Bien sûr, je savais qu'il souffrait de me voir ainsi, mais moi, ça me faisait du bien. Il s'approcha de Damon avec un grand sourire.

-Caroline m'a appelé, dit-il.

Les deux hommes se serrèrent la main amicalement et se regardèrent en souriant. Eve restait en retrait. De ce que je savais, elle était encore choquée par toute cette histoire de vampire. Jérémy se tourna vers mon corps et Damon en fit de même.

-J'attends toujours qu'un médecin me dise ce qu'il se passe, dit Damon.

Jérémy tourna les yeux vers Damon en fronçant les sourcils. Damon me regardait tristement et je pouvais voir à quel point il était perdu. Je le reconnaissais à peine comme ça. Où était passé l'homme courageux qui aurait donné sa vie sans avoir peur ? Je ne le savais pas. Il avait disparu, tout simplement. Il ne restait plus que Damon, le jeune homme effrayé qui n'avait aucune idée de ce qu'il était en train de se passer.

-Elle va revenir Damon, dit Jérémy avec une grande conviction. Tu dois y croire.

Damon acquiesça simplement en se mordant la lèvre et détourna les yeux. Eve s'approcha de mon lit et prit la main de mon corps.

-Il ne manque plus qu'une chanson triste et on pourrait faire un très bon film, dit Elena Bis, toujours assise sur le canapé.

Je levai les yeux au ciel avant de les tournés vers elle. Elle me regardait avec un air blasé. Je finis par me lever et aller m'asseoir à côté d'elle sur le canapé. Après tout, elle était la seule personne qui pouvait me voir. Je posai mes pieds sur la table basse en soupirant et retournais à la contemplation de la scène qui se déroulait sous mes yeux.

-On aurait jamais dû s'éloigner de la fête, dit Damon alors que Jérémy s'était rapproché de mon corps. Si nous n'étions pas partis, rien de tout cela ne serait arrivé. Elena irait bien.

-Ce n'est pas de votre faute Damon, dit mon frère. Il n'y a que ces chasseurs qui sont responsables.

-En parlant de chasseur... Dit Eve d'une voix pleine d'hésitation. L'un d'eux, un très jeune est venu ici. Il dit qu'il était avec Bonnie quand elle vous a ramené ici.

Elle regardait Damon, lui demandant confirmation. Damon fronça les sourcils, comme s'il avait du mal à se souvenir de ce qu'il s'était passé.

-Oui, oui, dit-il ensuite. Il n'était pas en accord avec le reste du groupe. Il disait que nous étions humains et que ce n'était pas leur travail de tuer des humains. Le chef du groupe l'a assommé pour pouvoir nous tuer. Quand Bonnie est arrivée, il est venu avec nous.

Je soupirai et me renfonçai un peu plus dans le canapé. Je devais bien l'avouer, je m'ennuyais à mourir ici. Il n'y avait rien d'intéressant à faire. Nous ne pouvions même pas sortir de cet hôpital. Nous étions coincées ici sans aucun divertissement. Qui aurait cru qu'être invisible serait aussi barbant ?

-Tu s'est ce qui est vraiment nul ? Demanda mon insupportable double.

Je tournais la tête vers elle en lui faisant un signe négatif de la tête.

-On ne peut rien faire ! S'exclama-t-elle. On ne peut pas sortir de ce fichu hôpital, on ne peut pas faire peur aux gens, on ne peut communiquer avec personne ! C'est l'enfer ! Je suis sûre que même la mort est plus intéressante que ce qu'on est en train de subir.

-T'a raison, dis-je en haussant brièvement les sourcils. Si seulement on pouvait trouver quelque chose pour nous occuper.

PDV Caroline

Je déposai Rose sur le sol et la petite fille partie en courant. Elle monta les escaliers à grande vitesse pour aller se réfugier dans sa chambre. C'était comme ça tous les jours depuis que Damon et Elena étaient à l'hôpital. Elle restait dans sa chambre et ne parlait presque plus. Aujourd'hui, elle devait sûrement nous en vouloir d'être partis alors que Damon était réveillé. Mais elle aurait tout le temps de le voir demain et les jours qui suivraient, Damon avait besoin de se reposer et de digérer le fait qu'Elena ne se réveillerait peut-être pas. Stefan partit à la suite de la petite fille comme à chaque fois. Il ne voulait pas la laisser seule, jamais. On n'était jamais trop prudent. Si Tatia trouvait la maison, elle s'en prendrait sûrement à la petite. Je me dirigeais vers la cuisine, entendant une légère respiration provenant de cette pièce. Je savais que c'était Klaus. J'entrais et il se tourna vers moi avec un grand sourire. Il me tendit un verre de sang que j'acceptais en souriant. Je m'assis au bout de la table à manger et il s'installa à ma gauche. Je bus quelques gorgées de sang. Je reposai la tasse sur la table en soupirant.

-Alors ? Demanda Klaus.

-Damon s'est réveillé, dis-je. Il... il va bien.

Il glissa sa main dans la mienne en me souriant, comme si tout irait mieux maintenant. Je me mordis la lèvre, tentant de retenir mes larmes. Son sourire disparut aussitôt.

-Elena est toujours dans le coma... Dis-je. Je ne sais pas quoi faire...

-Et bien...

-Oublie tout de suite, l'interrompis-je. Damon ne me laissera jamais lui donner de mon sang. Si les choses tournent mal, elle deviendrait un vampire. Et on sait tous qu'elle préférerait être morte.

Klaus fronça les sourcils. Il ne semblait pas comprendre ce que je lui expliquais. Je devais l'avouer, je n'étais pas sûre de comprendre moi-même. Mais je savais que je ne lui donnerais de mon sang qu'en qu'à d'extrême urgence, lorsque je n'aurais plus le choix. Mais une chose était sûre : je ne la laisserais pas mourir. Jamais.

-Il faut qu'on parle... Dit Klaus en baissant la tête.

Je le regardais quelques secondes, puis finis par soupirer, sachant très bien de quoi il voulait parler. Nous n'en avions toujours pas parlé, de ce qu'il s'était passé à cette soirée. Tout ce temps que nous avions passé à danser l'un contre l'autre, et puis, ce qu'il m'avait dit lorsque les chasseurs étaient arrivés et ce baisé. Oui, il m'avait déjà embrassée auparavant, mais ce soir-là, au milieu de ce massacre, c'était la première fois que j'avais répondu à son baisé. Et je savais qu'il voulait m'en parler, mais j'avais toujours évité la conversation.

-Je sais... Dis-je.

-Ce que tu as fait l'autre soir... Dit-il. Quand tu es partie au secours de tes amis et que tu m'as demandé d'aller aider Jérémy... Je ne veux plus que ça se reproduise.

Je fronçais les sourcils. Je ne pensais pas qu'il voudrait parler de ça. Il leva les yeux vers moi. Je vis qu'il savait très bien qu'il parlait dans le vide, car ça se reproduirait forcément. Mais je voyais aussi qu'il avait besoin de le dire, il avait besoin que je sache ce qu'il pensait.

-Si il y a un danger, je veux être là avec toi, dit-il en me serrant un peu plus la main. Je ne veux plus jamais ressentir la peur de te perdre, d'accord ?

Je soupirai et m'apprêtai à répliquer, mais il reprit la parole avant que j'ai le temps de dire quoi que ce soit.

-Je sais que tu ferais n'importe quoi pour sauver tes amis, dit-il. Et je le comprends. Ils sont ta famille. Mais ça me fait peur. J'ai peur que tu ne te sacrifies pour eux. Et sans toi... Je n'ai plus rien. Alors, ne me demande plus jamais de me séparer de toi dans une telle situation. On restera tous les deux.

Je restai sans voix devant ce qu'il venait de me dire. Je pensais que mes sentiments n'étaient pas partagés. Que je n'étais qu'un petit coup de cœur sans importance et qu'il me laisserait seule à n'importe quel moment. Klaus me regardait en attendant que je réponde quelque chose. Je baissai la tête.

-Je... D'accord, finis-je par dire.

-Merci, dit-il.

Il leva la main et me caressa délicatement la joue. Je levai les yeux vers lui. Je me mordis la lèvre, me retenant de lui avouer que cet instant à la soirée, lorsque nous nous étions séparés, avait été l'un des pires instants de ma vie. De savoir qu'il aurait pu m'être enlevé ou être blessé. Cette peur aurait pu me paralyser si je l'avais laissée faire. Je lui fis un petit sourire et resserrai ma main autour de la sienne.

-A propos de ce baisé... Dis-je.

-Pas besoin d'en parler, dit-il avec un petit sourire en coin. On a tout le temps. Prends le temps qu'il te faudra.

Il se leva et déposa un baisé sur le sommet de mon crâne avant de sortir de la pièce. Je restai bouche bée. Il avait dit ça, comme s'il pensait que je n'étais pas sûre de vouloir m'engager là-dedans. Mais ce n'était pas vrai. Ça n'était plus vrai. Je n'avais plus peur. Je n'avais plus peur de ce que je ressentais pour lui et j'étais prête à me jeter corps et âme dans cette nouvelle aventure.

Voilà le nouveau chapitre ! Dites-moi ce que vous en avez pensé !