PDV Elena
Plus d'une semaine était passée. Les choses n'avaient pas vraiment changées. J'étais toujours coincée en dehors de mon corps et avec un double qui devenait de plus en plus insupportable. Tous les jours mes amis passaient me voir et voir Damon. Il était encore à l'hôpital, mais il se remettait très vite. Stefan restait presque toute la journée avec Rose. La petite passait son temps à faire des allés-retours entre mon lit et celui de son père. Caroline et Klaus venaient tous les jours et chaque jour, ils étaient de plus en plus proches. Damon ne l'avait pas remarqué, mais moi je le voyais. Ça se voyait dans les yeux de Caroline. Bonnie était toujours là, elle venait de temps en temps. Et je mettrais ma main à couper qu'elle était sûrement la raison du soudain éloignement d'Eve et Jérémy. A présent, ces deux-là venaient séparément et d'après ce que j'avais compris, Eve était retournée chez ses parents. D'un côté, c'était une bonne nouvelle, elle avait repris contact, mais je ne voulais pas que Jérémy souffre à nouveau. Et de là où j'étais, je n'avais aucun moyen de savoir ce qu'il s'était passé. J'étais toujours couverte de bleus. Enfin, mon corps l'était toujours. Le fantôme que j'étais allait très bien et n'avait aucune blessure. J'étais assise contre le mur, attendant que quelque chose se passe. Il était encore tôt et pourtant, la porte s'ouvrit pour laisser entrer Stefan. Il avait un grand sourire sur les lèvres.
-Qu'est-ce qui te rends si joyeux ? Demanda Damon en fronçant les sourcils.
-Le docteur a dit que tu pourrais essayer de te lever aujourd'hui, dit Stefan en venant s'asseoir au chevet de son frère.
Damon haussa un sourcil, ne paraissant pas aussi réjouit que son cadet. Un petit sourire étira le coin de mes lèvres. Les rares fois où Damon avait essayé, contre l'avis du médecin, de se lever pour venir à mon chevet, il s'était rallongé en vitesse en gémissant de douleur. Si le médecin disait qu'il pourrait essayer, alors peut-être qu'il réussirait.
-Et il a dit que si tu arrivais à te déplacer tout seul, tu pourrais sortir d'ici demain soir, ajouta Stefan.
Mon sourire s'effaça aussitôt. Je me levai d'un coup. La panique s'était installée sur mon visage, ainsi que sur celui de Damon. Elena Bis accourut depuis l'autre bout de la pièce, dans le même état que moi. J'échangeai un regard avec elle. Nous ne voulions pas qu'il s'en aille. Il était notre seule distraction ici. Il était la seule chose qui ne rendait pas ces journées plus insupportables qu'elles ne l'étaient déjà.
-Stefan, je ne peux pas partir d'ici ! S'exclama-t-il. Je dois rester avec Elena !
-Mais tu reviendras la voir tous les jours, répondit son frère. Mais tu dois rentrer. Il y a quelqu'un d'autre qui a besoin de toi en ce moment.
Damon se figea et ferma les yeux. Je l'entendis soupirer alors qu'il se rendait compte qu'il devait rentrer à la maison. Il devait rentrer pour notre fille. Je le savais, Elena Bis le savait aussi. Damon hocha légèrement de la tête, montrant à Stefan qu'il avait raison. Stefan lui fit un petit sourire et je vis dans ses yeux combien il le comprenait. Je m'approchai du lit et regardai Damon. Je levai la main et tendis les doigts vers sa joue.
-Oh arrête ! Ça ne va pas marcher ! S'écria mon double. Ça n'a pas marché la dernière fois que tu as essayé et ça ne marchera pas aujourd'hui non plus !
Je tournais la tête vers elle, me retenant de me jeter sur elle et de lui arracher les cheveux. Je retournais m'asseoir sur mon lit en lui donnant un coup d'épaule au passage. Elle leva les yeux au ciel et vint s'asseoir à côté de moi. Stefan et Damon avaient commencé à discuter de mon état.
-Il faut que je me réveille, dis-je. Je ne peux pas les laisser tous seuls...
-Damon a élevé Rose quatre ans sans toi, crois-moi il s'en sortira très bien si tu ne te réveilles pas, répondit mon double.
Je tournais vers elle un regard choqué. Comment pouvait-elle me dire une horreur pareille ? Comme si je ne comptais pas pour Damon et qu'il se remettrait très bien de ma mort. Elle tourna les yeux vers moi et haussa les épaules.
-Quoi ? C'est la pure vérité ! S'exclama-t-elle. Bien sûr, il sera très triste, mais il s'en remettra. Et puis si tu n'es pas contente tu n'avais qu'à dire à ses chasseurs où étaient Klaus. Et tu ne pourras pas me dire que je ne t'avais pas prévenu sur ce coup-là !
Elle tourna à nouveau son regard vers Damon, tandis que je fronçais les sourcils. Qu'est-ce qu'elle voulait dire par là ?
-Qu'est-ce que tu veux dire ?
-Laisse tomber, dit-elle sans même m'adresser un regard. Tu ne comprendrais pas.
J'allais protester, mais la porte de la chambre s'ouvrit à nouveau. Une jeune femme aux longs cheveux bruns, portant une blouse blanche entra dans la pièce. Elle avait un grand sourire sur les lèvres. Je ne l'avais jamais vu ici, ce qui attira mon attention. Elle s'approcha de Damon, se plaçant en face de Stefan, de l'autre côté du lit.
-Bonjour, Mr Salvatore, dit-elle. Je présume que vous devez être Stefan, son frère, c'est bien ça ?
-Oui, répondit ce dernier.
-Je suis votre nouveau médecin, Meredith Fell, dit-elle. Enfin avec un peu de chance je ne serais pas votre médecin très longtemps. Mais je vais m'occuper de Mlle Gilbert à partir de maintenant.
-Qu'est-il arrivé à l'autre docteur ? Demanda Damon.
-Rien du tout, répondit la jeune femme en souriant. Je suis nouvelle en ville et dans cet hôpital alors il a bien fallu qu'on me donne quelque chose pour commencer.
Damon acquiesça simplement et tourna les yeux vers son frère. Je sentais que c'était trop pour Damon. Non seulement, il allait partir d'ici, mais en plus il me laissait dans les mains d'un docteur qu'il connaissait à peine. Je savais qu'il aurait préféré que ce soit l'ancien qui continue de veiller sur moi.
PDV Damon
Je me retenais de lui hurler dessus. J'aurais voulu lui crier de me ramener l'autre docteur. Lui, je le connaissais, je lui faisais confiance. C'était lui qui avait opéré Elena et l'avait stabilisée. Mais je me retenais. Ce n'était pas de sa faute à cette pauvre femme, et puis elle était sûrement très bien aussi. Elle lut quelques lignes dans le dossier qu'elle portait dans les mains avant de le déposer sur la table de chevet.
-Très bien, je vais vous emmener en salle de rééducation, dit-elle. L'ancien docteur m'a dit que vous aviez essayé de vous lever à plusieurs reprises depuis votre arrivée. Je dois vous prévenir, ça ne va pas venir d'un coup, vous devez y aller doucement Mr Salvatore. Vos points de sutures vont tirer et vos hématomes vous feront aussi souffrir. Alors, je veux que vous preniez votre temps.
J'acquiesçai en soupirant. C'était un discours que j'avais déjà entendu plusieurs fois. En fait, à chaque fois que j'avais essayé d'aller vers Elena et que mes points de sutures s'étaient arrachées. L'infirmière m'avait fait une centaine de sermons à ce propos. La porte de la chambre s'ouvrit et une infirmière entra en poussant un fauteuil roulant. Je levai les yeux au ciel, ce qui fit rire mon frère et le médecin.
-Non mais franchement, je peux aller jusqu'à la salle en marchant ! M'exclamai-je. Comme ça je n'aurais plus besoin de la séance et je pourrais tout simplement faire demi-tour et revenir ici !
-Non ! Vous montez dans ce fauteuil et tout de suite, Dit le docteur Fell strictement.
Je soupirai en grimaçant. Elle retira la couverture du lit et Stefan se leva. Il fit le tour du lit et vint m'aider à me lever. En réalité, il me portait presque, mais il faisait tout pour que ça ait l'air naturel. Il me déposa dans le fauteuil et me fit un petit sourire. Le docteur commença à me pousser vers la sortie.
-Attendez... Dis-je en tournant le regard vers Elena.
Je levai les yeux vers le docteur Fell.
-S'il vous plaît, dis-je. Ils ne m'ont toujours pas laissé l'approcher.
La jeune femme me fit un léger sourire et avança le fauteuil jusqu'à ce que je sois au chevet d'Elena. Je l'entendis reculer de quelques pas pour me laisser un moment seul. Je me redressai légèrement sur le fauteuil pour voir un peut mieux son si beau visage. Elle était tellement belle. Je pris sa main dans la mienne et de l'autre, je lui caressai le visage. Le contact de sa peau contre la mienne m'apaisa. J'avais attendu ce moment depuis tellement longtemps. J'aurais voulu la prendre dans mes bras, mais je savais que je n'arriverais pas à me lever tout seul. J'entendis des pas revenir vers moi.
-Damon, il faut qu'on y aille, dit la voix du docteur Fell. Le kiné vous attend.
Je regardais encore quelques secondes le visage d'Elena, avant de retirer mes mains et d'acquiescer légèrement. Elle déplaça mon fauteuil et quelques minutes plus tard, je me retrouvais dans une grande salle où se trouvait pleins de tapis et d'appareils de musculature. Le docteur Fell quitta la pièce après avoir échangé quelques mots avec un homme, qui devait sûrement être le kiné. Il n'y avait pas grand monde étant donné qu'il était encore très trop. Stefan était juste à côté de moi et avait sa main posé sur mon épaule, comme si j'étais un enfant qui allait pour la première fois à l'école. L'homme de la trentaine, avec qui le docteur Fell venait de discuter, s'avança vers nous avec un grands sourire. Il était énormément musclé, mais malgré son corps imposant, on pouvait voir qu'il était très aimable.
-On va commencer, dit-il. Vous allez d'abord essayer de vous lever, d'accord ?
Je levai les yeux au ciel et soupirai. Je n'avais pas envie de passer par toutes ces étapes. Je voulais me lever et marcher tout simplement. Je voulais redevenir un homme fort qui pouvait protéger sa famille. Quelque part, certains avantages d'être un vampire me manquaient. Je me redressai légèrement et posai les pieds sur le sol. Je posai mes mains sur les accoudoirs du fauteuil avant de pousser sur mes bras. Mes jambes étaient toutes engourdies à cause de tout ce temps que j'avais passé dans ce lit. Mes points de sutures me tirèrent et j'eus mal à plusieurs endroit de mon corps. Je rassemblai toute la force que j'avais en moi et me hissai sur mes deux jambes. Je me rendis très vite compte que mon équilibre était bancal. Je posai une main sur l'épaule de mon frère pour me stabiliser.
-Très bien, c'est très bien, dit le kiné. Maintenant, essayez de tenir tout seul. Ça peut prendre quelques minutes, prenez votre temps. Il ne faut pas vous précipiter.
Je me retenais de soupirer à nouveau. Je ne devais pas me défouler sur ce pauvre homme, il ne faisait que son travail. Je soufflai un peu, tentant d'oublier la douleur qui me lançait dans tout le corps. Lentement, je lâchai l'épaule de Stefan. Je me sentis partir en arrière, alors je le rattrapai aussitôt et repris mon équilibre. Je réessayai au moins cinq ou six fois avant de réussir à me tenir tout seul.
-Bien, c'est bien... Continuez comme ça et vous serez de retour chez vous demain soir.
Un petit sourire étira le coin de mes lèvres. Le kiné vint se placer en face de moi et tendit ses bras vers moi.
-Maintenant, vous allez vous tenir à mes bras et vous allez faire un pas, dit-il. Un seul, pas plus, d'accord ?
J'acquiesçai vaguement. Je posai mes mains sur ses bras musclés et baissai le regard vers mes pieds. Je levai légèrement une jambe et l'avançais avant de la reposer sur le sol. Ça me semblait tellement facile par rapport au simple fait de se lever de cette chaise. Je souris et voulus me lancer pour un deuxième pas, mais il buta contre le sol et le tombai au sol. Je lâchai un gémissement de douleur alors que ma blessure me tira violemment. Stefan et le kiné s'agenouillèrent à côté de moi.
-Je vous avais prévenu, dit le kiné.
-Tu vas bien ? Demanda Stefan.
-Ne vous inquiétez pas, ils le font tous, répondit l'autre. En général, ça leur sert de leçon et ils vont plus doucement par la suite.
Le kiné souleva mon T-shirt, sûrement pour vérifier que mes points de sutures ne s'étaient pas arrachés. Il me fit signe que tout allait bien et m'aida à me relever. Il tendit à nouveau les bras et me fit signe de réessayer. J'inspirai profondément et repris.
PDV Caroline
J'étais complètement épuisée, la fatigue pesait sur mes yeux, mais je tentais à rester éveillée. J'étais assise sur le canapé et je regardais Rose qui était en train de dessiner, installée à la petite table. Je profitai de cet instant de tranquillité. Depuis que Stefan était parti à l'hôpital, deux heures plus tôt, tout ce qu'elle avait fait était crier et pleurer parce qu'elle voulait y aller aussi. J'avais finis par la calmer en lui proposant une simple feuille de papier et un crayon. Cette gosse était épuisante. Je sentis que je commençais à m'endormir sur le canapé. Mes yeux étaient tellement lourds, j'avais grande peine à les garder ouverts. Soudain, le bruit de la porte d'entrée s'ouvrant et se fermant me sortit de mon semi-sommeil. Quelques secondes plus tard, Klaus apparut à l'entrée du salon. Je le regardais avec un petit sourire en coin. Il vint déposa un baisé sur ma joue et se tourna ensuite vers la petit fille.
-Woaw... Souffla-t-il en posant ses yeux sur le dessin que Rose était en train de réaliser.
Il alla s'asseoir sur le sol à côté d'elle et regarda un peu plus en détail son chef-d'œuvre. La petite fille avait arrêter son activité et regardait l'homme avec un petit sourire.
-Tu es très douée, dit-il en lui souriant.
La petit fille sourit et rougit légèrement. Je souriais en les regardant tous les deux.
-Tu sais moi aussi je dessine, dit Klaus.
-Vraiment ?
-Oui, je te montrerais un jour si tu veux.
Le sourire de Rose s'agrandit et elle recommença à dessiner. C'est vrai. Je n'avais jamais réalisé qu'ils avaient une passion en commun. Klaus resta à côté d'elle et la regardait simplement avec un regard émerveillé. Moi, je le regardais. La semaine qui s'était écoulée n'avait fait qu'amplifier ce que je ressentais pour lui. J'en étais sûre et certaine à présent, peu importe ce qu'il avait fait par le passé ce qu'il se passerait, je voulais quelque chose avec lui. Je voulais qu'on se lance là-dedans. J'étais consciente qu'il s'agissait de Klaus et que tout pourrait s'effondrer du jour au lendemain, mais je voulais quand même essayer. Soudain, Rose s'arrêta de dessiner pour lâcher un long bâillement.
-Jeune fille, voilà ce qu'on récolte quand on se lève aux aurores et qu'on donne du fil à retordre à tata Caro, dis-je en me levant. Allez, tu vas aller vers une petite sieste. Et on ne discute pas...
La petite fille acquiesça. Elle vint vers moi et glissa sa petite main dans la mienne. Je fis signe à Klaus que je reviendrais dans quelques minutes et accompagnais Rose jusque dans sa chambre. Elle s'allongea dans son lit et je rabattais la couverture sur elle. Elle se tourna vers moi et je vis aussitôt que quelque chose n'allait pas. Je replaçai l'une de ses mèches brunes derrière son oreille en lui souriant légèrement.
-Dis... Quand est-ce que maman va se réveiller ? Demanda-t-elle d'une voix triste.
Mon sourire disparut lentement et je me mordis la lèvre. Qu'est-ce que je pouvais bien lui répondre ? Je n'en avais aucune idée. Personne ne savait quand est-ce qu'Elena allait se réveiller. Mais comment l'expliquer à une petit fille de quatre ans ?
-Tu sais Rose... Ta maman a vécu quelque chose de vraiment horrible, dis-je. Elle a été gravement blessée, et on ne sait pas quand est-ce qu'elle va se réveiller...
Je vis le visage de la petite fille s'attrister encore plus.
-Mais ta maman est forte, dis-je. Elle va se battre, d'accord ? Elle fera tout pour revenir auprès de toi.
-Mais... tu ne penses pas qu'elle ne se réveille pas à cause de moi ?
Je restai figée face à ce que la petit fille venait de dire. Elle me regardait avec des yeux pleins de larmes, qui me brisèrent le cœur.
-Non, bien sûr que non, dis-je. Ta maman t'aime très fort. Ce n'est pas de ta faute tout ça.
-Mais elle ne voulait pas de moi... Quand je suis née...
Je soupirai légèrement et lui fis un petit sourire destiné à la rassurer. Je déposai un baisé sur le sommet de son crâne et lui soufflai qu'il fallait qu'elle dorme. Je sortis de la chambre et laissai la porte légèrement entrouverte sachant pertinemment qu'elle n'aimait pas être dans le noir complet. J'allais devoir parler de ça à Damon. Je retournais dans le salon un peu à cran à cause de tout ça. Il fallait qu'Elena se réveille. Rose ne pouvait pas rester toute sa vie à penser que sa mère ne voulait pas d'elle. Je savais combien ce sentiment était horrible. Dès que j'entrai dans le salon, Klaus devina que j'étais un peu déboussolée. Il se leva avec un air inquiet.
-Ne t'inquiète pas je vais bien, dis-je.
-Elena te manque... Dit-il.
Je le regardais avec de grands yeux, étonnée qu'il ait pu le deviner aussi facilement. Je finis par soupirer en passant une main sur mon visage. Klaus attrapa ma main et m'emmena dans le jardin, voulant sûrement me changer les idées. Nous nous avancions dans le jardin et soudain, je m'arrêtai le retenant. Il se tourna vers moi en fronçant les sourcils, ne comprenant pas mon soudain arrêt. Je le regardais quelques secondes avant de me lancer.
-A propos de ce baisé... Dis-je. À la soirée chez les Lockwood...
-Caroline... C'était la panique, tu n'avais pas les idées claires, si tu regrettes...
Je passai une main dans sa nuque et le tirai vers moi. Je plaquai mes lèvres contre les siennes. Je sentis toute sa surprise alors qu'il restait immobile pendant quelques secondes. Il finit par passer ses bras autour de ma taille et approfondit le baisé. Je passai mes bras dans sa nuque, ma main courait dans ses cheveux. Heureusement qu'il me tenait, car s'il me lâchait, je n'étais pas sûre d'être capable de tenir debout. J'aurais voulu rester là à l'embrasser toute la journée, ou peut-être toute la semaine. Je ne voulais pas que ça s'arrête. Mais Klaus finit par me repousser lentement. Je voulus reprendre possession de ses lèvres, mais il me maintenait à l'écart et me regarda droit dans les yeux avec un léger sourire sur les lèvres. Ses bras entouraient toujours fermement ma taille, m'empêchant de tomber au sol.
-Tu tiens à peine debout, souffla-t-il.
Je repris lentement ma respiration, me rendant compte qu'il avait réellement raison. J'avais l'impression de me tenir sur mes deux jambes, mais c'était en fait Klaus qui me maintenait debout. La fatigue que je ressentais depuis quelques jours revint à la charge et mes yeux devinrent plus lourds que jamais. Je vis Klaus froncer les sourcils et perdre son sourire. Il prit mon menton entre ses doigts.
-Caroline, depuis quand est-ce que tu n'as pas dormis ? Demanda-t-il.
Je rassemblais toutes mes forces pour ouvrir les yeux et chercher dans ma mémoire la réponse à sa question. Après quelques secondes de lutte, je finis par fermer les yeux et poser ma tête contre son torse.
-Je ne sais pas... Soufflai-je.
Je sentis Klaus passer son bras sous mes genoux et me soulever complètement. Je m'accrochai à sa veste et une ou deux minutes plus tard, il me déposa dans un lit douillet. J'étais sur le point de m'endormir, mais je tentais encore de lutter contre le sommeil. J'avais peur de m'endormir, je ne voulais pas m'endormir. Ce ne fut que lorsque je sentis Klaus s'allonger près de moi, et que je fus blottie contre son torse que je me laissai enfin aller dans les bras de Morphée.
Lorsque je me réveillais, je remarquais tout de suite qu'il faisait nuit. Klaus n'était plus allongé près de moi et ne pus m'empêcher de paniquer légèrement. Je me redressais et regardais tout autour de moi. J'étais toujours dans l'une des chambres du manoir des Salvatore, au moins je n'avais pas été enlevée.
-Klaus ?
À peine avais-je prononcé son nom, qu'il entra dans la pièce. Je fus aussitôt soulagée de le voir. Il vint vers moi en me faisant signe que tout allait bien et que je n'avais pas de raison de paniquer. Il avait raison, je m'étais inquiétée pour rien. Je m'adossai à la tête de lit et il vint s'asseoir à côté de moi.
-J'ai dormis longtemps ? Demandai-je.
-Presque toute la journée, dit-il. La nuit vient seulement de tomber.
-Où est Rose ? Demandai-je. Je devais la surveillée !
Il posa une main sur mon épaule alors que je commençais déjà à me redresser.
-Arrête de t'inquiéter, je m'en suis occupé, dit-il. Stefan est passé la chercher il y a un moment pour l'amener voir Damon.
Je soupirai de soulagement. J'étais vraiment nulle, j'étais censée la surveiller et à la place, j'avais dormis toute la journée. Je levais les yeux vers Klaus. Il me regardait avec les sourcils légèrement froncé et je vis qu'il s'inquiétait pour moi.
-Caroline... Souffla-t-il. Depuis combien de temps tu n'avais pas dormis exactement ?
Je restai silencieuse quelques secondes, le regardant tristement. Je finis par détourner les yeux, ne voulant pas vraiment parler de ça. Il glissa une main dans la mienne, ce qui me fit tourner à nouveau la tête vers lui. Il haussa légèrement les sourcils, insistant pour que je lui parle. Je soupirai légèrement et baissai les yeux.
-Depuis que Damon et Elena ont été enlevés et torturés, murmurai-je.
-Tu veux bien me dire pourquoi ?
-Parce que... J'avais peur... Soufflai-je. J'avais peur que quelqu'un d'autre soit blessé... Et je voulais être réveillée... Juste au cas où...
J'entendis Klaus soupirer légèrement. L'une de ses mains vint prendre mon menton et me forcer à lever la tête vers lui.
-Caroline, ce n'est pas de ta faute ce qu'il est arrivé à Damon et Elena, dit-il.
-Mais je n'ai pas fait assez attention ! Je ne...
-Ce n'étais pas de ta faute ! S'exclama-t-il. C'est de la faute de Tatia tout ça ! D'accord ? Tu ne peux pas te sentir coupable à cause de ce que les gens font ! Tu ne peux pas arrêter de vivre à cause d'elle ! Je ne te laisserais pas faire ça !
Je soupirai et sentis les larmes monter jusqu'à mes yeux. Klaus plaça sa main sur ma joue et me la caressa tendrement de son pouce. Je me mordis la lèvre, tentant de ne pas craquer.
-Tout ira bien, je te le promets, dit-il. Je ne laisserais personne être blessé à cause de moi.
Je restai immobile suite à ce qu'il venait de me dire. Je n'avais pas rêvé. Il venait de me dire que personne ne serait blessé. Je m'en doutais, mais il n'avait jamais avouer à voix haute qu'il avait renoncé à tuer Elena. Et l'entendre dire à voix haute, ça me montrait que c'était bien réel. Il ne la tuerait pas et il la protégerait même. Un petit sourire apparut au coin de mes lèvres, quand soudain, quelqu'un toqua à trois reprises contre la porte d'entrée. Klaus et moi tournions la tête en même temps. Je me concentrai mais je n'entendais rien qui puisse me dire de qui il s'agissait. Nous échangions un regard perplexe avant que je me lève et que nous sortions de la chambre. Sa main était toujours dans la mienne alors que nous descendions les escaliers pour rejoindre l'entrée. Je lâchai enfin sa main pour ouvrir la porte. Je me figeai sur place alors que je découvris Tatia qui me regardait avec un petit sourire au coin des lèvres. Je savais que c'était elle, pas besoin d'être un génie pour le savoir. Elle portait des vêtements en cuirs et ces grosses bottes militaires dont je pouvais encore entendre le bruit lourd contre le parquet de cette chambre d'hôtel dans laquelle elle m'avait emmenée. Klaus fit un pas en avant et se plaça devant moi, avec une attitude protectrice.
-Tatia... Souffla-t-il.
-Klaus ! S'exclama-t-elle. Ça faisait longtemps !
