PDV Caroline
Comment avait-elle fait pour nous retrouver ? Je la fixai avec de grands yeux horrifiés. Klaus était complètement immobile, il était juste devant moi. Son bras tenait le mien, pour m'empêcher de passer. Sa main était fermement serrer autour de mon poignet et je pouvais sentir que tous ses muscles étaient complètement contractés. Tatia affichait toujours le même sourire. Celui qui montrait à quel point elle pouvait être froide et cruelle. Je n'avais qu'une envie, attrapé Klaus et m'enfuir d'ici avec lui. L'emmener loin d'elle et le protéger jusqu'à ma mort. J'aurais n'importe quoi pour lui.
-Vous devriez remercier cette petite humaine de cinq ans qui m'empêche d'entrer en vivant dans cette maison, dit Tatia avec un sourire malsain sur les lèvres.
-Si tu touches à seul de ses cheveux... Commençai-je en voulant m'avancer vers elle.
Klaus resserra sa main autour de mon poignet et m'empêcha de passer devant lui. Il tourna les yeux vers moi, sûrement pour me dissuader de faire quelque chose de stupide, mais je ne le regardais pas. Je fixai Tatia, luttant contre l'envie de sortir de cette maison et de lui arracher la tête.
-Oh ne t'inquiète pas pour elle, dit cette dernière en souriant un peu plus. Je ne vais pas lui faire de mal. Je ne touche pas aux humains...
-Tu as torturé Damon et Elena...
Je voulus à nouveau m'avancer vers elle, alors que l'image d'Elena allongée dans son lit hôpital me revint en tête. A nouveau, je fus stoppée par Klaus qui était déterminé à m'empêcher de passer.
-Si tu veux vraiment jouer sur les mots, ce n'est pas vraiment moi qui les ais tortures, dit Tatia en soupirant. Et puis, je pensais que ce Damon était un vampire, alors...
Je la regardais en grimaçant légèrement. Comment est-ce que quelqu'un pouvait devenir aussi cruel, aussi froid ? Après tout ce que Klaus m'avait dit sur elle, j'avais du mal à croire qu'il s'agissait là de la femme dont il était tombé amoureux il y a plus d'un millier d'années. Je lui lançais le regard le plus froid possible, tentant de lui montrer que je n'avais pas peur d'elle. Elle laissa un petit rire moqueur échapper de ses lèvres et fit un petit geste de la tête pour renvoyer en arrière une mèche de cheveux qui lui tombait devant les yeux.
-Je ne peux peut-être pas entrer, dit-elle en faisant un pas en avant avec une démarche féline qui me fit penser à Katherine. Mais il va bien falloir que l'un d'entre vous sorte de là un jour où l'autre. Je t'ai pourchassé pendant un millier d'années Klaus... Je peux encore attendre quelques jours. Et au pire des cas, j'irais chercher notre chère Elena qui est encore à l'hôpital avec ce Damon. Je pense qu'ils doivent mourir d'impatience de me revoir.
Elle nous lança un dernier sourire machiavélique en haussant les sourcils brièvement avant de se retourner et de s'éloigner lentement. Je me dégageai de l'emprise de Klaus et fis un pas en avant en prenant soin de ne pas sortir de la maison.
-Comment est-ce que tu as su où nous trouver ? M'exclamai-je.
Tatia s'arrêta et resta dos à nous pendant quelques secondes. J'hésitai à sortir de la maison pour aller lui arracher la réponse à ma question. Je voulais savoir comment elle avait fait. Après quelques secondes, elle se retourna, toujours le sourire aux lèvres.
-Peut-être que vous ne devriez pas faire autant confiance à vos vieux amis, dit-elle en plissant les yeux.
Je fronçais les sourcils alors qu'elle faisait demi-tour et disparut dans un coup de vent. Je restai quelques secondes immobile. Sa phrase résonnait dans ma tête, alors que lentement tout s'éclairait dans mon esprit. Je n'arrivais pas à le croire... C'était impossible. Elle n'aurait jamais fait ça. Je me tournais lentement vers Klaus qui n'avait toujours pas bougé. Il fixait un point sur le sol et semblait complètement perdu et effrayé. Je ne l'avais jamais vu comme ça, son visage était méconnaissable, j'avais l'impression de ne pas avoir le vrai Klaus face à moi. Je soupirai et le tirai vers moi pour le prendre dans mes bras. Je posai ma tête sur son épaule et le serrai un peu plus contre moi. Je savais que je devais aller à l'hôpital au plus vite pour parler à Stefan et Damon de ce qu'il venait de se passer, mais tout ce que je voulais, c'était restée ici avec Klaus et m'assurer qu'il allait bien. Je me reculai légèrement et pris son visage entre mes mains.
-Ça va ? Demandais-je.
Il acquiesça simplement et s'apprêtait à me poser la même question, mais j'acquiesçai avant qu'il ne dise un seul mot. Je posai mon front contre le sien en soupirant. Il secoua légèrement la tête et se recula en fronçant les sourcils. Il plaça ses mains sur mes poignets et m'obligea à lâcher son visage.
-Qu'est-ce qu'elle a voulu dire ? Ne pas faire confiance à nos vieux amis ? Demanda-t-il. Qu'est-ce que ça veut dire ?
Je soupirai et baissai la tête. Il murmura mon prénom, m'incitant à lui dire ce que je pensais. Je relevai la tête vers lui et me mordis légèrement la lèvre avant d'oser prendre la parole. J'ouvris la bouche, mais au même moment, j'entendis des pas derrière nous. Je me retournais et vis Stefan sur le perron qui tenait Rose dans ses bras. À vitesse vampirique, j'allais jusqu'à lui et le poussai à l'intérieur de la maison avant de revenir à mon tour. Je m'appuyai sur l'encadrement de la porte avec mes bras et passai juste la tête à l'extérieur pour voir si Tatia était encore dans le coin.
-Mais qu'est-ce qu'il se passe, bon sang ?! S'exclama Stefan.
Je me retournais vers lui une fois m'être assurée que Tatia n'était bel et bien plus là. Je soupirai et passai ma main dans mes cheveux pour les rabattre en arrière. Stefan fronça les sourcils en voyant mon regard paniqué. Il comprit tout de suite que la situation était grave. Il déposa Rose sur le sol qui ne semblait pas comprendre ce qu'il se passait. Stefan s'avança jusqu'à moi et posa ses mains sur mes épaules.
-Racontes-moi tout, dit-il.
PDV Elena
C'était le milieu de la nuit. Tout était calme, il n'y avait pas un seul bruit dans tout l'hôpital. J'étais assise sur le bord de mon lit, regardant Damon qui dormait paisiblement. Mon double était encore assise sur le canapé et je l'entendais souvent pousser de long soupir. Le docteur Fell était passée dans le début de soirée et avait annoncé à Damon qu'il pourrait partir demain matin. La nouvelle ne nous avait pas vraiment enchantée, il allait partir, et nous allions nous retrouver toutes seules. Mais au fond, je savais qu'il devait rentrer à la maison. Il devait aller s'occuper de notre fille.
-Je ne comprend pas comment tu peux le laisser partir...
Je me retournais vers mon double en fronçant les sourcils. Elle n'avait même pas lever le regard vers moi en disant. Elle regardait ses mains qui étaient posées sur ses genoux.
-S'il s'en va, on va se retrouver toutes seules... Murmura-t-elle tristement.
-Ma fille a besoin de lui, dis-je sèchement.
Je me tournais à nouveau vers Damon, ne voulant pas vraiment avoir cette conversation avec elle. De toutes manières, qui était-elle pour me parler de ça ? Ça ne regardait que moi, pas ce pathétique double issu de mon profond coma.
-Notre fille...
Je fronçais à nouveau les sourcils, mais cette fois-ci, je me levai pour aller vers elle ne contournant le lit dans lequel mon corps reposait. Elle ne me regardait toujours pas.
-Qu'est-ce que tu viens de dire ? Demandai-je.
Ses grands yeux chocolats se levèrent vers moi et j'y vis de la colère et de la jalousie.
-J'ai dit « Notre fille », répéta-t-elle d'un ton encore plus froid.
Je laissai un petit rire échapper de ma gorge. Pour qui elle se prenait celle-là ? Mon petit rire moqueur sembla l'énerver encore plus. Elle se leva du canapé et s'avança vers moi jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'à quelques centimètres de moi.
-Quoi ? Tu pensais que je n'étais qu'un fantôme issu de ton imagination ?
-C'est ce que tu es... Dis-je. Tu n'es pas réelle.
Je secouai légèrement la tête et me retournais vers Damon, voulant mettre fin à cette conversation. Ce n'était même pas la peine d'en parler de toutes manières.
-Je ne suis pas imaginaire ! Cria-t-elle. Je suis une partie de toi bon sang !
Je me retournais vers elle et me précipitai jusqu'à elle. Je ne supportais pas que les gens crient comme ça sans aucune raison, surtout pour dire de pareilles idioties.
-Arrêtes de dire de pareilles conneries, dis-je.
-Des conneries ?! S'exclama-t-elle. Mais quand est-ce que tu vas ouvrir les yeux ! Je fais partie de toi !
-C'est impossible, dis-je. Tu es tellement mesquine, égoïste et insupportable.
-Parce que tu crois que tu n'es pas insupportable ? S'exclama-t-elle avec un petit rire moqueur. Est-ce que tu sais ce que c'est de voir l'homme que tu aimes se faire battre sous ses yeux juste parce il y a une partie de toi qui refuses de dire où se trouve cet abrutis de Klaus ?!
-Je sais j'y étais !
-Mais tu n'es pas moi ! Cria-t-elle. Tu es la partie qui aurait préféré mourir plutôt que de dénoncer ton ancien pire ennemi ! Tout ça parce que notre meilleure amie est tombée amoureuse de lui !
Je soupirai et me détournais, j'en avais assez entendu. Tout ce qu'elle disait était stupide.
-Tu ne te rappelles pas que tu étais à deux doigts de tout leur dire, dit-elle d'un ton un peu plus calme.
Je me figeai sur place. Bien sûr que je m'en rappelais. Pendant un instant, j'avais cédé à cette petite voix dans ma tête qui me hurlait de tout dire et d'être égoïste pour une fois dans ma vie.
-Cette petite voix dans ta tête, c'était moi, ajouta mon double. Pendant un instant, j'ai pris le dessus sur ton entêtement. Mais j'aurais préféré le faire avant. On en serait pas là si tu m'avais écoutée !
Je soupirai et me concentrai sur Damon. Je ne devais pas l'écouter, elle disait n'importe quoi. C'était impossible qu'une partie de moi soit aussi égoïste et cruelle qu'elle. Je n'étais pas comme ça. J'entendis des pas et elle se plaça devant moi, paraissant plus en colère que jamais.
-Tu ne comprends donc pas ?! S'écria-t-elle. On ne se sortira jamais d'ici tant que tu n'accepteras pas le fait que je fais partie de toi et que de temps en temps ça ne nous ferait pas de mal que tu m'écoutes !
Je détournai les yeux, voulant lui montrer que je ne voulais pas discuter avec elle, que la conversation était terminée. Je l'entendis soupirer et elle posa une main sur mon bras. Je tournais mon regard vers elle, surprise de son geste. Elle n'était plus en colère, non, elle était triste.
-Ton caractère m'a déjà privé de ma fille pendant plus de quatre ans, dit-elle. Ne me prive pas de ma vie en plus de ça.
Elle laissa retomber sa main et sortit de la pièce. Je la suivais du regard sans rien dire. Je me mordis la lèvre et restai plantée là, au beau milieu de la pièce. Je tournais les yeux vers Damon. Tout ce que je voulais c'était qu'il rentre à la maison et s'occupe de notre fille. Je n'en avais rien à faire qu'il me laisse toute seule ici. Je lui dirais même de rester au manoir et de ne pas revenir me voir pour qu'il s'occupe pleinement de Rose. Peut-être qu'elle avait raison... Peut-être que de temps en temps, je devrais être un peu plus égoïste.
PDV Caroline
J'avais passé toute la nuit à discuter avec Klaus et Stefan à propos de cette rencontre avec Tatia. J'avais tenté de leur présenter mon point de vue sur la manière dont elle avait découvert l'endroit où nous nous trouvions, mais aucun des deux ne m'avaient cru. En même temps, j'avais du mal à me croire moi-même. Mais je ne voyais pas d'autres explications. Stefan et moi avions laissé Rose à la maison avec Klaus et nous étions en route pour l'hôpital. Il était bientôt dix heures et les visites seraient enfin acceptées. Ça n'aurait tenu qu'à moi, je serais allée voir Damon au beau milieu de la nuit, mais Stefan m'avait retenue, en me disant que Damon avait besoin de repos et qu'il devait être en forme aujourd'hui si il voulait sortir dans la journée. Nous étions dans la voiture, et Stefan roulait beaucoup trop lentement à mon goût. Si j'avais raison sur la personne qui nous avait dénoncé, alors il fallait prévenir Damon au plus tôt avant qu'il ne lui en dise plus. Enfin, après ce qui me parut être une éternité, Stefan se gara sur le parking de l'hôpital. Je sortis de la voiture et courus vers l'entrée sans même l'attendre. Je parcourais les couloirs en courant et arrivais enfin à la chambre de Damon et Elena. J'entrai sans frapper et m'apprêtai à tout raconter d'une traite, mais je me figeai sur place. Damon était allongé sur son lit et me regardait avec de grands yeux, tout comme Bonnie qui était placée juste à côté de lui. Elle avait une main posée sur la sienne et me regardait avec un petit sourire d'incompréhension. J'entendis Stefan qui arrivait aussi en courant, sûrement pour me retenir de donner à Damon mes conclusions qu'il pensait trop hâtives. Il me rentra dedans, ce qui l'obligea à s'arrêter. Son visage se décomposa aussi lorsqu'il vit que Bonnie était ici aussi tôt.
-Quelque chose ne va pas ? Demanda Damon en fronçant légèrement les sourcils.
Je tournais les yeux vers Damon, puis vers Bonnie, ne sachant pas quoi dire. Je sentais Stefan derrière moi, qui était tout autant immobile que moi. Je finis par m'obliger à avoir l'air décontractée et afficher un petit sourire au coin des lèvres. Je fis quelques pas dans la pièce en m'approchant de Damon.
-Oui, bien sûr que tout va bien, dis-je.
-Alors... Pourquoi vous êtes arrivés en courant comme ça ? Demanda-t-il avec un petit sourire amusé et inquiet à la fois sur les lèvres.
J'échangeai un regard avec Stefan, l'appelant au secours. D'habitude, je savais très bien inventer des excuses à tout bout de champ, mais là, je séchais complètement. Stefan soupira et s'approcha lentement de nous.
-Est-ce qu'on pourrait discuter, en privé ? Demanda-t-il à l'attention de son frère.
Damon perdit instantanément son sourire, comprenant tout de suite que quelque chose de grave était arrivé. Il se redressa sur son lit et nous regarda avec de grands yeux paniqués. Il regardait son frère, attendant que celui-ci parle, qu'il lui explique la situation.
-Mais explique-moi enfin ! S'exclama-t-il alors que Stefan restait silencieux.
Je posai une main sur l'épaule de Damon pour qu'il se calme. Bonnie me regardait en fronçant légèrement les sourcils, mais je tentai de ne pas croiser son regard.
-Bonnie, tu pourrais sortir s'il te plaît ? Demanda Stefan.
La jeune sorcière échangea un regard surpris avec Damon qui ne comprenait rien à la situation. Je resserrai ma main autour de l'épaule du grand brun qui leva les yeux vers moi. Je lui fis un petit signe de tête, lui montrant que Bonnie devait sortir de cette chambre. Il fronça les sourcils et soupira légèrement.
-Bonnie... Est-ce que tu peux nous laisser s'il te plaît ? Demanda-t-il en levant les yeux vers elle.
Bonnie hésita quelques secondes, puis finit par acquiescer. Elle s'éloigna, lâchant enfin la main de Damon et sortit de la pièce. Stefan et moi nous concentrions quelques secondes, écoutant ses pas qui s'éloignaient dans le couloir. Quand enfin, je fus sûre qu'elle était bel et bien partie, je me tournais vers Damon.
-Damon, de quoi avez-vous parler ? Demandai-je.
-De rien, dit-il. On a juste parlé de ma sortie.
-Est-ce que tu en es sûr ? M'exclamai-je.
-Oui ! Oui ! J'en suis sûr ! Mais qu'est-ce qu'il te prend bordel ?!
Stefan vint vers moi et posa sa main sur mon épaule pour que je me calme. Je me reculais d'un pas en soupirant. Damon me regardait avec de grands yeux choqués.
-Tatia nous a trouvé, dit Stefan. Elle est passée au manoir hier soir.
La visage de Damon fut envahit par l'inquiétude. Il se redressa sur son lit.
-Quoi ?! Rose...
-Rose va bien ! Dit Stefan pour le calmer. Tatia n'a même pas pu entrer dans la maison, mais maintenant elle va rester autour du manoir, alors on doit être très vigilent en entrant et sortant.
Damon soupira et tourna les yeux vers Elena, toujours endormie dans son lit. Je savais ce qu'il était en train de se dire. Il se disait qu'ils avaient fait tout ça pour rien. Ils étaient dans cet état parce qu'ils avaient gardé secret l'endroit où se trouvait Klaus, et maintenant, Tatia le savait. Ils avaient fait tout ça pour rien.
-Qu'est-ce que tout ça a à voir avec Bonnie ? Demanda Damon en levant les yeux vers nous.
Stefan tourna la tête vers moi, sûrement parce qu'il n'osait pas émettre cette hypothèse lui-même. Je soupirai et m'avançais vers Damon avant de poser une main sur la sienne.
-Quand j'ai demandé à Tatia comment elle nous avait retrouvé... Elle... elle nous a dit que nous ne devrions pas faire confiance à nos vieux amis...
Damon resta figé sur place, la bouche légèrement entrouverte et les sourcils froncés, comme s'il n'avait rien compris à ce que je venais de lui dire. Stefan et moi attendions quelques secondes, avant de reprendre la parole.
-Et Caroline pense que Bonnie travaille avec Tatia, dit Stefan.
Les yeux de Damon s'écarquillèrent un peu plus, me faisant me sentir mal plus que je ne le faisais déjà. Je baissai les yeux, ne voulant plus affronter son regard plus longtemps. Stefan me donna un petit coup d'épaule pour me pousser à donner une explication à Damon. Je croisai les bras en soupirant, ne voulant pas vraiment en dire plus, après le regard que le grand brun m'avait lancé. Stefan me donna un grand coup d'épaule qui me surpris tellement que je lâchai un petit cri.
-Bon d'accord ! M'exclamai-je. Je trouve ça étrange qu'elle se pointe ici au moment critique pour vous sauver alors que ça faisait deux jours qu'on vous cherchait partout ! Et comme par hasard, Tatia découvre où est Klaus quelques jours plus tard !
-Non mais attends, dit Damon en haussant le ton. C'est de Bonnie qu'on parle là ! J'ai arrêté de compter le nombre de fois où elle nous a sauvé la vie!
-Et on parle de Tatia essayant de tuer Klaus et tous les autres originaux, dis-je de plus en plus sérieuse.
Damon fit une légère grimace et détourna les yeux en secouant la tête. Je l'entendis marmonner que j'étais complètement folle, ce qui me fit soupirer. Je baissai les yeux aussi, vexée que personne ne daigne s'intéresser à ma théorie. Je savais que ce n'était pas plaisant comme idée, mais ils devaient avouer que c'était une possibilité à envisager. Moi non plus je n'aimais pas penser que Bonnie pourrait nous avoir trahis en travaillant avec Tatia. Soudain, Damon tourna la tête vers moi en fronçant les sourcils. Il tournait les yeux dans tous les sens, comme s'il cherchait quelque chose
-Quoi ? Demandai-je. Qu'est-ce que t'as ?
Il resta immobile et laissa un petite grimace apparaître sur son visage. J'échangeai un étrange regard avec Stefan, et tournait à nouveau la tête vers Damon, attendant qu'il dise quelque chose. Je pouvais voir sur son visage qu'il était surpris et perturbée.
-Damon ? Demandai-je doucement.
Il tourna la tête vers moi d'un coup, comme si je venais de le réveiller. Je haussai les sourcils, le poussant à nous dire ce à quoi il pensait.
-Je... je... je crois que tu as raison... Murmura-t-il.
Je relevai légèrement la tête avec de grands yeux surpris. Je tournais la tête vers Stefan avec un grand sourire, toute fière de moi. Mais le grand blond ne m'adressa même pas un regard, il fixait toujours sur frère en fronçant les sourcils. Je perdis aussitôt mon sourire en voyant que Damon nous regardait comme s'il avait fait quelque chose de mal.
-Damon... Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Stefan.
-Bonnie m'a... en quelques sortes... demandé...
-Bonnie a demandé quoi Damon ?! M'exclamai-je alors que l'inquiétude montait en moi.
-Elle m'a demandé si la famille de Klaus était toujours en ville et où elle était, déclara-t-il en baissant les yeux honteusement.
Mon visage se décomposa complètement alors que je comprenais qu'il lui avait bien sûr dit toute la vérité. Je n'attendis pas une seconde de plus et partis à grande vitesse. Tellement vite, que personne ne me vit sortir de l'hôpital. Je traversais la ville en moins d'une minute et arrivais enfin au « palais » de Klaus. J'entrai sans prendre la peine de frapper et m'arrêtais dans le grand hall. Je me concentrai pour savoir où se trouvaient Elijah et Rebekah. Mais à peine une seconde plus tard, la femme blonde entrait dans la pièce en me dévisageant.
-Je peux savoir ce que tu fais là ? Demanda-t-elle.
-Vas chercher ton frère, prenez vos affaires et suivez-moi, dis-je.
Rebekah me lança un regard plein d'incompréhension, mais lorsqu'elle vit à quel point j'étais sérieuse, elle disparut dans un coup de vent. Je l'entendis aller à l'étage.
PDV Elena
Plusieurs heures étaient passées depuis que Caroline et Stefan avaient rendu visite à Damon ce matin. Stefan était parti peu de temps après la blondinette pour l'aider à gérer la situation, laissant un Damon complètement chamboulé derrière lui. Je n'arrivais pas à croire ce que Caroline avait découvert. Mais elle avait raison, ça tombait sous le sens. Ça expliquait comment Bonnie avait fait pour nous trouver dans cette cave quand ces chasseurs de vampires nous torturaient. J'étais assise sur mon lit, en regardant Damon qui rassemblait ses affaires. Le docteur Fell lui avait donné l'autorisation de sortir et il avait déjà appelé Stefan pour qu'il vienne le chercher. Mon double m'avait hurlé dessus pendant plus d'une heure en me criant de faire quelque chose pour ne pas que Damon s'en aille. Mais je n'avais rien répondu, je ne pouvais rien faire. Quelqu'un toqua à la porte de la chambre et Stefan apparut. Il s'appuya contre l'encadrement de la porte et fit un petit sourire à Damon qui se voulait rassurant, sachant sûrement que son frère était inquiet de quitter l'hôpital sans moi.
-Tu es prêt ? Demanda le grand blond.
-Oui... Souffla Damon en soupirant. Je crois que j'ai tout... Je dois juste aller à l'administration, tu m'attends là ?
Stefan acquiesça simplement et Damon quitta la pièce. Le grand blond resta immobile quelques secondes avant de s'approcher de mon lit. Il les bras croisés autour de son torse et regardait mon corps avec des yeux pleins de peine. Il sembla hésiter à s'asseoir sur le fauteuil qui était placé à côté de mon lit. Il finit par s'y asseoir en soupirant et frotta ses mains contre ses genoux nerveusement. Lorsqu'il releva la tête, je pus voir qu'il avait des larmes pleins les yeux. Il glissa sa main dans la mienne en se mordant la lèvre. Je restai bouche bée devant cette scène. Durant toute la semaine que j'avais passé ici, je n'avais jamais vu Stefan craquer, même pas lorsque Damon était toujours endormis.
-Elena... Souffla-t-il. Elena, tu m'entends ?
Je le regardais avec peine. Qu'est-ce que je pouvais faire ? Je ne pouvais pas lui répondre, je ne pouvais pas lui faire signe. Je ne pouvais rien faire, à part le regarder, en restant immobile. Il resta quelques secondes silencieux, se mordant la lèvre, tentant de ne pas craquer alors que les larmes coulaient déjà sur ses joues.
-Tu dois te réveiller Elena, dit-il d'une voix presque inaudible. S'il te plaît...
Je soupirai alors que les larmes commençaient à brouiller ma vision. Ma lèvre inférieure commençait à trembler.
-Il ne le montre peut-être pas... Mais il a besoin de toi, ajouta Stefan. Damon ne survivrait pas s'il te perdait... Et Rose... Tu as pensé à Rose ? Elle t'a déjà perdu une fois... Elle ne peut pas te perdre une seconde fois, elle ne comprendrait pas.
Il leva les yeux vers mon visage toujours endormis et se redressa et se pencha au-dessus de mon corps. Il se baissa un peu plus et posa délicatement ses lèvres sur les miennes. Je sentis une larme couler sur ma joue, mais je m'empressai de l'essuyer au plus vite. Stefan se redressa légèrement et passa sa main dans mes cheveux avec un léger sourire au coin des lèvres.
-Je t'aime toujours, dit-il.
Il ferma les yeux, laissant deux dernières larmes couler, puis se releva et essuya ses joues en s'éloignant du lit. Seulement quelques secondes plus tard, Damon entra à nouveau dans la pièce, alors que j'étais toujours sous le choc de ce qu'il venait de se passer. Pourtant, Stefan affichait déjà un petit sourire sur les lèvres et il n'y avait plus aucune trace de ses larmes sur son visage. C'était comme si, rien ne s'était passé. Damon se dirigea vers le lit et replaça l'une de mes mèches derrière mon oreille en souriant légèrement.
-Je reviens très vite ma belle, dit-il.
J'eus à peine le temps de voir de la tristesse dans son regard, que déjà il se détournait pour aller prendre son sac et sortir de la pièce, suivis de près par Stefan. Je restai quelques secondes immobiles, puis, je me mis à lui courir après. Je ne pouvais pas le laisser partir. Je ne pouvais pas rester toute seule ici. Je le rattrapai enfin, mais il avait déjà passé la porte de l'hôpital et s'éloignait aux côtés de Stefan. Je fus bloquée à l'entrée de l'hôpital, ne pouvant pas sortir de ce maudit bâtiment. Je frappai de toutes mes forces contre ce mur invisible en l'appelant, mais aucun son ne semblait sortir de ma gorge alors que je commençais à paniquer. Les larmes avaient recommencé à couler sur mes joues et la peur m'envahissait petit à petit. Je ne pouvais pas rester seule ici. J'avais peur, bien trop peur. Je le regardais s'éloigner sans rien pouvoir faire, et bientôt, il disparut au coin d'une rue. J'arrêtai de hurler, de frapper ce mur invisible et restai plantée là au milieu du grand hall. Je sentis quelqu'un s'arrêter à côté de moi et glisser sa main dans la mienne. Je n'avais pas besoin de me tourner pour savoir qu'il s'agissait de mon double.
-Tu avais raison... Murmurai-je. Si je t'avais laissé tout leur dire, nous n'en serions pas là aujourd'hui.
Je tournai la tête vers elle et vis une larme couler lentement sur sa joue. Elle tourna les yeux vers moi et un petit sourire qui se voulait rassurant étira le coin de ses lèvres.
-Je te demande pardon, soufflai-je.
Elle soupira légèrement, ou plutôt, laissa un sanglot échapper de sa gorge avant de me tirer vers elle et de me prendre dans ses bras. Je posai ma tête sur son épaule en laissant les larmes couler autant qu'elles le voulaient. Nous restions là quelques secondes sans bouger. Je pouvais sentir sa main qui passait délicatement dans mes cheveux et je pouvais presque entendre ses petits mots rassurants qu'elle me chuchotait à l'oreille. Je la serrai un peu plus contre moi, quand soudain, je me sentis comme tirée en arrière. Je me sentis comme tomber dans un trou sans fond. Je tentai de crier, mais aucun son ne sortit de ma gorge. Je décidai de fermer les yeux, attendant la chute mortelle qui devait sûrement m'attendre. Quand soudain, tout s'arrêta. Je sentis un matelas et des draps doux sous mon corps. Je n'entendais plus rien, le brouhaha qui était présent dans le hall de l'hôpital s'était complètement éteint, tout était calme. Lentement, j'ouvris les yeux. Mes paupières étaient tellement lourdes que je faillis les refermer tout de suite. Mais je résistai à l'envie et souris toute seule en découvrant que j'étais allongée sur mon lit, dans ma chambre d'hôpital.
