PDV Damon

Et voilà, il suffit que je m'absente cinq minutes, et je reçois déjà un appel de l'hôpital. Je ne laissai même pas le temps au docteur Fell de m'expliquer ce qu'il s'était passé que je raccrochai déjà en criant à Stefan de faire demi-tour. Il ne sembla pas comprendre jusqu'à ce que je lui dise qu'il fallait qu'on retourne voir Elena, que quelque chose était arrivé. Il tourna brusquement le volant, faisant demi-tour en manquant de faire une queue de poisson à une autre voiture. Il enfonça la pédale d'accélération à fond et dépassa très vite les limites autorisées. Je ne dis rien et me contentai de m'accrocher à mon siège. À plusieurs reprises, on manqua d'entrer en collision avec une autre voiture, mais je m'en contre fichais. Je voulais juste savoir ce qu'il s'était passé je voulais juste être auprès d'elle. Nous arrivions enfin sur le parking de l'hôpital. Je n'attendis même pas que Stefan se soit garé et je sautai en marche. Je repris mon équilibre en m'appuyant sur une autre voiture et commençai à courir. Le plus vite possible. J'entrai dans le grand bâtiment et slalomai entre tous les patients, ignorant les médecins qui me criaient d'arrêter de courir. Stefan me rattrapa très vite et nous arrivions enfin devant la chambre d'Elena. J'entrai sans prendre la peine de toquer, m'attendant à découvrir toute une équipe médicale autour d'elle tentant de la ranimer. Mais ce fut un tout autre spectacle qui se présenta à moi. Je me figeai sur place alors que j'avais encore la poignée dans la main. Le docteur Fell était là, toute souriante, en train d'ausculter Elena. La jeune femme était assise contre le dossier du lit et me regardait avec un grand sourire. Elle avait repris des couleurs et semblait en pleine forme, malgré la présence de son œil au beurre noir, des bleus sur ses bras et au sommet de son crâne ainsi que sa lèvre qui était encore un peu ouverte. Je plongeai mon regard dans ses grands yeux chocolats qui m'avaient tellement manqués durant ces derniers jours. Je restais figé sur place, n'arrivant pas à croire ce que j'avais juste sous les yeux. Le docteur Fell releva le regard vers moi en rangeant son stéthoscope dans sa poche, un grand sourire sur les lèvres.

-Elle est en pleine forme, dit-elle simplement.

Elle se dirigea vers moi et je dus me décaler sur le côté pour la laisser sortir de la chambre. Je fis un pas en avant dans la pièce en fixant Elena avec de grands yeux. Je n'arrivais pas à le croire. Elle était enfin réveillée. J'avais tellement attendu ça. Les derniers jours m'avaient paru durer une éternité. Et maintenant, elle était enfin là. Me regardant avec un magnifique sourire sur les lèvres. Derrière moi, j'entendis la porte se refermer doucement. Je me retournais et vis que Stefan était parti en nous laissant seuls. Lentement, je me remis face à Elena. Je m'avançais lentement vers elle alors qu'elle continuait de me sourire avec douceur. Elle tendit la main vers moi.

-Viens... Dit-elle.

Je sentis ma lèvre trembler alors que des larmes menaçaient de couler sur mon visage. Je fis un pas de plus et glissai ma main dans la sienne, fermant les yeux, me rappelant combien j'aimais le contact de sa peau contre la mienne. Elle me tira vers elle et me retrouvais assis sur le bord du lit, blottis dans ses bras fins. Elle prit mon visage entre ses mains et m'approcha un peu plus d'elle pour déposer tendrement mes lèvres contre les siennes. Je passai l'une de mes mains dans sa nuque pour la serrer encore plus contre moi, ne voulant pas la laisser se détacher de moi. Elle m'obligea à me reculer et posa son front contre le mien en plongeant son regard dans mes yeux. Je sentis une larme couler sur ma joue alors qu'un petit sourire étirait le coin de ses lèvres.

-Tout va bien... Chuchota-t-elle. Tout va bien Damon...

Je fermai les yeux et posai une main sur son poignet en soupirant.

-Ne me refais plus jamais ça...

Je la sentis acquiescer et je me reculai un peu pour m'allonger près d'elle et poser ma tête sur sa poitrine. Elle m'encercla de ses bras fins et me serra contre elle. L'une de ses mains se mit à me caresser les cheveux et elle posa son menton sur le sommet de mon crâne. Je gardai les yeux fermés, voulant rester là des heures sans bouger. Elle me murmurait quelques mots rassurant que je comprenais à peine, me laissant aller contre elle.

PDV Stefan

J'étais dans le couloir et je les écoutai depuis quelques minutes. J'étais tellement soulagé qu'elle se soit réveillée. Mais mon cœur saignait rien qu'à l'idée qu'il soit à l'intérieur avec elle et pas moi. Je mourrais d'envie de la prendre dans mes bras, de l'embrasser et de la serrer contre moi. Mais je ne pouvais pas. Parce qu'elle l'aimait lui. Et pas moi. Jusque là, j'avais réussi à cacher combien je l'aimais, combien j'en voulais à mon frère d'avoir été choisi. Mais je n'y arrivais plus. Et le fait qu'elle soit tombée dans le coma pendant un moment n'avait rien arrangé. Je la voulais. Je la voulais elle et je n'arrivais pas à comprendre comment elle avait pu le choisir après tout ce que nous avions vécu ensemble. Tous ces moments, je pouvais m'en rappeler comme si c'était hier. Pourtant, j'avais l'impression qu'elle ne s'en souvenait pas, comme si rien de tout cela n'avait compter pour elle. Et ça me tuait. Mes désirs et mon amour étaient en train de me tuer à petit feu. J'entendis des pas venir vers moi alors que j'étais assis par terre contre le mur, les genoux serrer contre mon torse.

-Qu'est-ce que tu fais par terre ?

Je relevai les yeux et découvris le docteur Fell qui me regardait en fronçant les sourcils. Je soupirai et me relevai, me rendant compte combien je devais avoir l'air ridicule assis ici.

-Je les laisse tranquille un petit moment, dis-je en tentant de sourire malgré moi.

Elle me détailla de haut en bas avec un petit sourire au coin des lèvres qui ne me rassurait pas du tout. Qu'est-ce qu'elle avait à me regarder comme ça ?

-Dis, est-ce que je pourrais te parler en privé ? Demanda-t-elle.

-Bien sûr docteur...

-Oh, appelle-moi Meredith, répondit-elle avec un grand sourire.

J'acquiesçai simplement et nous nous éloignions en silence de la chambre d'Elena. Je me retournais vers la porte, ne voulant pas vraiment m'éloigner d'elle. Meredith ouvrit la porte et je vis qu'il s'agissait de son bureau. Elle me fit un signe de la tête pour que j'entre à l'intérieur. Je fronçais les sourcils et hésitai quelques secondes, avant d'entrer avec méfiance. Je me demandais ce qu'elle pouvait bien me vouloir. Je m'avançais dans la pièce et l'entendis fermer la porte à clef. Je me tournais vers elle et vis qu'elle avait l'air nerveuse.

-Qu'est-ce qu'il se passe ? Est-ce que c'est à propos d'Elena ? Demandai-je.

-Non,non... Dit-elle. Elena va très bien. Elle pourra sûrement sortir très vite d'ici.

-Alors pourquoi tu m'as amené ici ?

Elle inspira profondément avant de lâcher un long soupire. Je pouvais voir sur son visage qu'elle était comme effrayée. Je fis un pas vers elle, mais elle recula un peu.

-Voilà, dit-elle d'une voix hésitante. Je sais ce que tu es...

Je haussai les sourcils et le fixai, n'étant pas sûr de comprendre de quoi elle parlait. Elle me regardait avec un air effrayé, et je continuai de la fixer, la poussant à être un peu plus précise.

-Tu es un vampire... Dit-elle.

Je ne bougeai pas d'un poil. Comment pouvait-elle savoir ? Et pourquoi me dire ça ici ? Toute seule sans personne pour la défendre contre le vampire qu'elle avait en face d'elle. Ça n'avait aucun sens.

-Je faisais partie du conseil secret de la ville, expliqua-t-elle. Avant qu'il ne soit dissout après le départ du shérif Forbes.

-Comment sais-tu que j'en suis un ? Demandai-je.

-J'ai surpris l'une de tes conversations avec ton frère une fois, juste avant d'entrer dans la chambre, dit-elle. Autant dire que vous n'étiez pas vraiment discrets.

Je m'approchai à nouveau d'elle, mais cette fois-ci, elle ne recula pas. Elle tentait d'avoir l'air normale, mais je pouvais très bien sentir son inquiétude.

-Pourquoi tu me dis tout ça ?

-Je suis à la recherche de vampire depuis un long moment maintenant, dit-elle. Il y a quelques années, j'en connaissais un qui vivait dans les environs, mais malheureusement, il est parti.

-« Malheureusement » ?

-Il m'aidait...

Je fronçais les sourcils, de plus en plus perdu.

-Tous les mois, il venait ici et me donnait de son sang, expliqua-t-elle. Et je m'en servais pour sauver des vies.

J'ouvris de grands yeux, plus que surpris de cette révélation. Un membre du conseil qui ne détestait pas les vampires... ça c'était du jamais vu.

-Alors... Je me demandai si...

-Si je pourrais te donner de mon sang, terminai-je à sa place.

Elle soupira légèrement et acquiesça.

-Je sais que tu dois être suspicieux... Tu ne me connais pas... Mais je jure que je ne l'utiliserais que pour sauver des vies... Dit-elle.

-Pourquoi est-ce que tu fais ça ? Demandai-je. Les membres du conseil détestent les vampires...

Elle me regarda quelques secondes en silence, comme si elle cherchait ce qu'elle allait bien pouvoir me répondre.

-Je suis médecin Stefan, finit-elle par dire. Je déteste voir des gens mourir. Alors, si j'ai la possibilité de les sauver, je le fais.

Je la regardais quelques secondes, cherchant à savoir si elle était sincère où si elle quelque chose d'autre à cacher. Mais rien sur son visage ou dans son regard ne me laissait penser qu'elle me cachait quelque chose. Et il fallait vraiment être très courageuse pour oser affronter un vampire comme elle venait de le faire. Je soupirai et finis par aller m'asseoir sur le fauteuil devant son bureau en retirant ma veste. Je vis un petit sourire apparaître au coin de ses lèvres alors qu'elle se venait vers moi.

PDV Caroline

Je venais d'arriver au manoir des Salvatore avec Rebekah et Elijah. Je restais sur mes gardes pendant qu'ils récupéraient leurs valises dans le coffre de leur voiture. Je regardais tout autour de nous, guettant une possible attaque de Tatia. Je leur dis de se dépêcher et quelques secondes plus tard, nous étions devant la porte. J'appelais Klaus et l'entendis descendre les escaliers en vitesse. Il apparut bientôt dans l'entrée, portant Rose dans ses bras.

-Rose, dis-je en m'approchant d'eux deux. Est-ce que nos deux amis peuvent entrer dans la maison, s'il te plaît ?

La petite fille tourna les yeux vers Rebekah et Elijah qui attendaient sur le pas de la porte. Klaus me regardait, sans vraiment comprendre pourquoi ils étaient là et autant chargés. Rose finit par acquiescer simplement et je fis signe aux deux originaux d'entrer en vitesse. Ils m'obéir et je refermai la porte derrière eux. Klaus déposa Rose sur le sol.

-Qu'est-ce que vous faites là ? Demanda-t-il.

-Demandes à ta copine, elle est venue nous chercher... Dit Rebekah en faisant un signe de la main vers moi.

Tous les regards se tournèrent vers moi. J'étais adossée à la porte et je regardais Klaus. En voyant mon visage, il sut tout de suite que la situation s'était encore aggravée.

-Damon a dit à Bonnie où vous viviez, dis-je. Je n'ai pas voulu prendre de risque.

-Comment ça ? Demanda Elijah. Je croyais que Bonnie était de notre côté. C'est votre amie, non ?

-On pense qu'elle travaille avec Tatia, dis-je.

Elijah parut surpris de cette nouvelle. Il avait vu jusqu'où Bonnie était capable d'aller pour sauver ses amis lors du rituel de Klaus. Il ne devait sûrement pas comprendre ce revirement de situation, et je devais bien l'avouer, je ne le comprenais pas non plus.

-Je pense qu'il serait mieux que vous restiez ici, dis-je. La maison est sûre grâce à Rose... Il y a plein de chambre... Alors, vous pouvez aller vous installer.

Elijah acquiesça simplement, pris ses deux valises et disparut en direction des escaliers. Rebekah resta immobile quelques secondes et me regardait, comme si elle était surprise que j'aie fait tout cela pour les sauver, elle et son frère. Elle esquissa un petit sourire que je n'eus pas la force de lui rendre et elle prit ses valises avant de se diriger vers les escaliers à son tour. Je vis Rose la suivre du regard avec de grands yeux, puis la petite fille la suivit avec un grand sourire. C'était tout Rose ça. Elle aimait bien connaître de nouvelles personnes. C'était une petite fille vraiment spéciale. Je soupirai, toujours adossée contre la porte, alors que Klaus continuait de me regarder avec des yeux étonnés.

-Pourquoi tu as fait ça ? Demanda-t-il.

Je relevai la tête vers lui. Cette fois-ci, c'était moi qui était surprise. Comment pouvait-il me demander ça ? Je pensais que ça serait évident, non ? Klaus s'approcha lentement de moi.

-Je l'ai fait pour toi, dis-je en fronçant légèrement les sourcils, lui montrant à quel point c'était évident pour moi. Elijah et Rebekah sont ta famille. Je n'allais pas les laisser là-bas alors qu'ils étaient en danger.

Le grand blond s'approcha encore un peu plus de moi, tandis qu'un petit sourire apparaissait au coin de ses lèvres parfaites. Bientôt, nos deux corps se retrouvèrent collés l'un à l'autre et de grands frissons me parcoururent le dos tout entier. Je passai mes mains derrière sa nuque et me hissai sur la pointe de mes pieds pour poser ma tête sur son épaule, le serrant contre moi aussi fort que je le pouvais. Il glissa ses mains dans le bas de mon dos et me rendit mon étreinte, ce qui me fit sourire. Je fermai les yeux, profitant de cet instant. Ces moments calmes et tendres commençaient à se faire rares ces derniers temps et je savais que ça ne ferait qu'empirer.

-Merci... Chuchota-t-il à mon oreille.

Je me reculai et plaçai mes mains autour de son visage. Je lui fis un petit sourire pour lui montrer qu'il n'avait pas à me remercier. Je le tirai vers moi et posai délicatement mes lèvres sur les siennes. Je fermai les yeux, profitant de leur petit goût sucré et de leur douceur. Cet instant que nous avions passé dans le jardin me paraissait tellement loin, et pourtant ce n'était qu'hier que je mettais littéralement jetée sur lui avant de tomber de fatigue. Il mit fin à notre baisé, à mon plus grand regret. Il plongea son regard dans le mien et je me perdis dans le bleu de ses yeux.

-Tu es sûre de vouloir te lancer là-dedans ? Demanda-t-il.

-Sûre et certaine, répondis-je sans un seul instant d'hésitation.

Il sourit un peu plus et reprit possession de mes lèvres, mais cette fois avec beaucoup plus de passion. Je sentais ses mains dans le bas de mon dos qui s'agrippaient à moi, comme s'il ne voulait jamais me laisser partir. Je resserrai mes bras autour de son cou et me collai encore plus à lui. Le simple contact de son corps contre le mien me faisait défaillir. Mon corps tout entier était comme en feu. Je me délectai de cette sensation que je n'avais jamais ressentie avec aucun de mes ex. Pas même avec Tyler.

PDV Stefan

J'avais le bras posé sur le bureau de Meredith et une poche de plastique se remplissait lentement de mon sang. C'était le deuxième que je remplissais et je sentais que je m'affaiblissais petit à petit. La jeune femme était assis à côté de moi et attendait patiemment. Je sentais qu'elle me fixait bizarrement. Je tournais les yeux vers elle, et en effet, elle me regardait avec des yeux pleins d'interrogations.

-Quoi ?

-Rien... C'est juste... ça ne doit pas être facile d'être amoureux de la femme de son frère, dit-elle.

Je restai immobile, je m'attendais à tout, sauf à ça. Apparemment, je n'arrivais pas à le cacher aussi bien que je le pensais. Je baissai les yeux vers la perfusion plantée dans mon bras et soupirai.

-Ce n'est pas sa femme, dis-je. Ils ne sont pas mariés.

-Ils ont eu un enfant ensemble, dit-elle. C'est tout comme.

Je relevai les yeux, fixant un point sur le mur, tentant de ne pas m'énerver contre elle alors qu'elle essayait juste d'être gentille.

-Tout ça n'a pas d'importance... Dis-je. Tout ce qui compte c'est qu'elle soit heureuse.

-Vraiment ? Demanda-t-elle. Je ne penses pas que le fait que tu souffres soit sans importance. Et d'après ce que Damon m'a dit sur Elena, je ne pense pas qu'elle trouve cela sans importance.

Je tournai enfin les yeux vers elle. Elle me regardait tristement, comme si ça pouvait vraiment lui faire quelque chose que je sois malheureux.

-J'ai eu ma chance avec elle, dis-je. Il y a longtemps...

-Que c'est-il passé ?

-J'ai dû m'en aller... Répondis-je.

Elle fronça les sourcils et resta silencieuse, m'incitant à lui en dire plus.

-J'ai eu un choix à faire, dis-je. Et j'ai choisi de sauver mon frère. Et pour ça... J'ai dû abandonner Elena.

Elle me regarda tristement, pourtant un petit sourire apparut au coin de ses lèvres. C'est vrai qu'à entendre comme ça, ce que j'avais fait était un acte de courage. J'avais tout abandonné pour mon frère. Mais elle ne savait rien de tout ce que j'avais dû faire pour qu'il continue à vivre, ce que j'étais devenu pour lui. Si elle avait su, elle n'aurait sûrement pas souris comme ça. Je tournais les yeux vers la poche de sang qui était pleine à présent. Meredith le remarqua et me retira la perfusion.

-Je vais aller voir Elena...

Je me levai en remettant ma veste et sortis de la pièce sous le regard de la jeune femme.

PDV Elena

Damon avait toujours la tête posée sur ma poitrine et je continuai de caresser doucement ses cheveux. Le contact de son corps contre le mien m'avait tellement manqué. Je savais que nous ne devrions pas nous attarder sur nos retrouvailles et faire quelque chose à propos de Bonnie, mais je ne voulais pas qu'il s'éloigne de moi. Je voulais qu'il reste là, allongé contre moi. Je voulais le garder dans mes bras pour toujours et oublier tout ce qui nous entourait. Malheureusement, ce magnifique instant prit fin lorsque la porte de la chambre s'ouvrit pour laisser entrer Stefan. Je levai les yeux vers lui et vis toute la souffrance qu'il ressentait dans ses yeux. Damon n'avait pas bougé, sûrement endormis. Je me souvenais parfaitement de ce que Stefan m'avait dit à peine deux heures plus tôt lorsqu'il s'était retrouvé seul dans cette chambre avec moi. Je lui fis un petit sourire qu'il se força à me rendre, mais je voyais bien que le cœur n'y était pas. Je baissai les yeux vers Damon et lui caressai doucement la joue pour qu'il sorte de son profond sommeil. Il ouvrit lentement les yeux et se redressa alors que son frère s'avançait dans la pièce pour aller s'asseoir sur l'ancien lit de Damon. Ce dernier s'assit sur le bord du lit, gardant mes mains dans les siennes, ne voulant pas rompre le contact.

-Je suis content que tu sois réveillée, dit Stefan.

Je tournais les yeux vers lui tandis que Damon me regardait avec un grand sourire. Il ignorait tout de l'état dans lequel Stefan était. Et c'était totalement normal. Jusqu'à il y a quelques heures, je n'en savais rien non plus. Autant dire que le grand blond avec bien caché tout ça. Je lui souris en acquiesçant, ne sachant pas vraiment quoi dire.

-Il faut qu'on te dise quelque chose, ajouta le grand blond en baissant la tête.

-Stefan.. On peut peut-être attendre un peu, non ?

Le grand brun avait enfin tourné la tête vers son frère et le fusillait à présent du regard.

-C'est pas la peine, dis-je. Je sais tout.

Les deux frères Salvatore se tournèrent vers moi en fronçant les sourcils, étonnés par ce que je venais de dire. J'inspirai profondément, sachant pertinemment que ce que j'allais dire signifierait beaucoup pour Stefan.

-J'étais là, tout ce temps, dis-je. J'étais une espèce d'esprit. Alors... Je sais que Bonnie travaille avec Tatia.

Je tournais les yeux vers Stefan qui me regardait avec un visage complètement défait. Sa bouche était légèrement entrouverte et ses yeux étaient grands ouverts. Il avait bien compris que je me souvenais de ce qu'il avait dit. Et je savais qu'il n'avait pas vraiment voulu me les dire. Il avait juste besoin que ça sorte et il n'y avait rien de mieux que de le dire à quelqu'un qui ne pouvait rien entendre. Je savais aussi que j'allais devoir lui en parler et qu'il éviterait sûrement la conversation.

-Je... Je vais aller téléphoner à Caroline... Dit Stefan en détournant le regard.

-Quoi, tu ne l'as as encore fait ? S'étonna Damon.

-J'ai été distrait... Dit Stefan en se levant. Ton docteur est au courant que je suis un vampire et j'ai dû lui donner un peu de mon sang pour l'aider à guérir les gens... Une longue histoire... Je vous raconterais ça plus tard.

Nous le suivions du regard, sous le choc, alors qu'il quittait la pièce sans ajouter un mot de plus. Là j'avoue, j'étais complètement perdue. C'était quoi cette histoire de médecin qui utilise du sang de vampire ? J'entendis Damon soupirer ce qui me fit tourner la tête vers lui.

-Tu étais là ? Tout ce temps... Dit-il.

J'acquiesçai en souriant légèrement.

-J'ai essayé d'entrer en contact avec vous, plus d'une centaine de fois... Mais je ne pouvais pas... Expliquai-je. Tout ce que je pouvais faire, s'était m'asseoir là et vous regarder.

Damon se mordit la lèvre en baissant légèrement les yeux. Je le tirai vers moi pour qu'il se rallonge près de moi. Il posa sa tête contre mon épaule et le serrai dans mes bras.

-Je n'arrive pas à comprendre pourquoi elle fait ça... Dit-il.

-Moi non plus... Dis-je en passant mes doigts dans ses cheveux noirs. On aura des réponses, d'accord ?

Il acquiesça en silence et sa main se posa sur le haut de mon bras qui était plâtré. Ses doigts tracèrent le contour de l'un des bleus qui marquaient encore ma peau. Je n'avais pas besoin qu'il m'en parle pour savoir qu'il se sentait coupable. Je savais qu'il s'en voulait de ne pas avoir pu me protéger.

-Tout ira bien mon ange... Soufflai-je. Je vais bien.. Ne t'en fais pas...

Je sentis une larme tomber sur mon épaule et tournai la tête vers lui. Il me regardait tristement ce qui me donna un pincement au cœur. Je le rapprochai de moi et déposai doucement mes lèvres sur les siennes. Lorsque je me reculai, il porta sa main sur mon visage et à nouveau, il suivit du bout des doigts les contours de mes blessures. Ses bleus à lui avaient déjà presque disparus, en tout cas ceux qu'il avait sur le visage avaient presque disparu. Je savais que le reste de son corps était encore pire, tout comme le mien. Soudain, la porte de la chambre s'ouvrit, laissant apparaître Rose. Je tournais la tête vers elle et un grand sourire illumina mon visage. Elle avait les deux mains posées sur la poignée et me regardait avec de grands yeux apeurés. Caroline apparut derrière elle, suivie de Klaus. La blondinette poussa légèrement la petite fille pour l'inciter à venir vers moi. Rose fit quelques pas vers moi avec le même air apeuré. Je tendis la main vers elle et soudain, elle courut vers moi et se jeta littéralement dans mes bras et éclata en sanglot. Je tirai une légère grimace alors que son étreinte me procura une légère douleur dans les côtes, mais le sourire finit par revenir prendre sa place sur mes lèvres. Je refermai mes bras autour de son petit corps et la serrai contre moi aussi fort que je le pouvais. Elle était secouer par de petits sanglots qui me fendirent le cœur et très vite, je sentis une larme couler sur ma joue. Damon posa une main sur ma joue pour essuyer cette larme avec son pouce et me fit un petit sourire. Caroline était blottie dans les bras de Klaus à l'entrée de ma chambre et nous regardait en souriant. Je passai délicatement mes doigts dans les longs cheveux bruns de Rose et fermai les yeux en posant ma tête contre le sienne.

-Tout va bien ma puce, je suis là, chuchotai-je à son oreille. Maman est là...