PDV Elena
J'étais allongée dans mon lit d'hôpital, au beau milieu de la nuit, et je regardai le plafond en silence, laissant mes pensées naviguer où bon leur semblait. J'en avais plus qu'assez d'être ici à ne rien faire. Plus de deux jours étaient passés depuis mon réveil et j'avais vraiment hâte de m'en aller. Heureusement, je pourrais sortir de cet horrible endroit dans la journée, et je retournerais enfin à la maison. Je savais que ça n'allait pas être de tout repos à cause de toute cette histoire avec Tatia. Mais je voulais quand même rentrer et être de nouveau avec eux, toute ma famille. J'étais tellement pressée que tout cela soit terminé. Tout ce que je voulais, c'était m'installer avec Damon et Rose et qu'on puisse vivre notre petite vie de famille normale, comme tout le monde. Rose irait à l'école et je passerais mes journées à écrire des romans avec Damon penché au-dessus de mon épaule qui lirait chacune de mes lignes en souriant bêtement. Et de temps en temps, nous irions à des barbecues chez des amis. D'autre fois, se serait nous qui les invitions à la maison et à chaque fois ils auraient été émerveillés par la taille du manoir. Tous les cinq ans, Caroline, Klaus et Stefan viendraient nous rendre visite et nous resterions tout un week-end enfermés avec eux dans le manoir, parce qu'il faudrait que personne ne les voit vu qu'ils ne vieillissaient pas. Et puis, ils repartiraient et à chaque fois, je les regarderaient monter en voiture en laissant une petite larme couler sur ma joue ne me disant que je ne les reverrais pas avant un bon moment. Puis, un jour viendrais, quand Damon et moi aurions beaucoup vieillis, ils viendraient s'asseoir près de notre lit et attendraient patiemment la mort avec nous.
Soudain, la porte de ma chambre s'ouvrit, m'arrachant à ce petit monde que je venais de me construire dans ma tête. Je fus plus que surprise étant donné de l'heure tardive. Personne ne venait aussi tard, pas même les infirmières ou les médecins. Je me redressai en découvrant Bonnie qui s'approchait de moi lentement. Je savais que j'aurais dû appeler à l'aide, hurler au secours, mais au fond, j'espérais encore que tout cela soit faux. J'espérai encore qu'elle soit soit mon amie. Elle s'approcha de mon lit et je vis sur son visage qu'elle avait changé, qu'elle n'était plus la même. Ses yeux déjà habituellement noirs me semblaient encore plus sombre encore.
-Tu ne cries pas ? Demanda-t-elle d'une voix froide que je ne reconnaissais presque pas.
Je la regardais quelques secondes, tentant de retenir les larmes qui menaçaient déjà de couler sur mes joues. Je finis par secouer négativement la tête. Un petit sourire malsain apparut sur ses lèvres. Je ne l'avais jamais vu comme ça. En plus de dix ans d'amitié, je n'avais jamais vu Bonnie avoir un regard aussi mauvais sur le visage.
-Pourquoi ? Demandai-je simplement.
Elle me regarda droit dans les yeux. Je savais qu'elle avait compris. Je n'avais pas besoin de préciser. Elle savait très bien que je parlais de son alliance avec Tatia.
-Klaus et sa famille sont des monstres Elena, dit-elle. Je dois les détruire.
-Mais Caroline, elle est amoureuse de lui, dis-je. Si elle a vu du bon en lui, alors on peut le voir aussi.
-Il n'y a pas de bon en Klaus, répondit Bonnie. Caroline a juste décidé de fermer les yeux sur les atrocités qu'il avait commises parce qu'elle se sentait aimé avec lui. De toute manière, c'est toujours la même chose avec elle. Elle se jette littéralement dans les bras du premier mec qui lui montre un peu d'attention.
-Tu sais très bien que c'est faux, dis-je.
Bonnie resta silencieuse quelques secondes à me regarder avec ce petite sourire qui me faisait froid dans le dos. Elle finit par laisser échapper un petit rire moqueur de sa gorge. Je ne pus empêcher une larme de couler lentement le long de ma joue.
-Tu étais là depuis quand ? Demandai-je. Quand Damon et moi on se faisait torturer dans cette cave, tu étais là depuis quand ?
Je vis un éclat de tristesse traverser ses grands yeux noirs, mais il disparut instantanément.
-J'étais présente depuis le début, dit-elle. Mais je n'aurais jamais pensé que tu le protégerais.
-Je l'ai fait pour Caroline, dis-je. Et tu sais comme moi qu'ils nous auraient tué de toute manière.
Elle me regardait avec ce regard froid que je n'avais jamais vu sur son visage. Je sentis une larme couler sur ma joue en me disant que ma meilleure amie m'avait laissée dans cette cave subir milles tortures, et elle n'avait pas bougé. Elle était restée là à m'entendre hurler de douleur sans rien faire.
-Tu es l'une des leur maintenant, dit-elle. Tu les aides à se cacher... Et tu as mis au monde un monstre.
Je relevai les yeux vers elle, interpellée par ce qu'elle venait de dire. Qu'est-ce que Rose avait à voir là-dedans ?
-Quoi ? Bredouillai-je.
-Je pensais que cette enfant était humaine, dit-elle. Je ne pensais pas qu'elle serait une menace.
-Mais elle est humaine ! M'exclamai-je.
-Pour l'instant, répondit Bonnie. Penses-tu vraiment qu'elle n'a rien reçu du côté vampirique de Damon ? Bientôt, elle commencera à développer ce côté qu'elle tient de lui.
Je la regardais avec de grands yeux. Je n'en avais plus rien à faire de ce qu'elle me ferait. Elle était en train de parler de ma fille et pas besoin d'être devin pour deviner ce qu'elle comptait faire par la suite. Bonnie baissa les yeux quelques secondes avant de les relever vers moi, plus déterminée que jamais.
-Je suis désolée Elena... Mais je ne peux pas la laisser vivre, dit-elle.
Je me redressai légèrement dans mon lit. Je n'avais qu'une envie, sauter de mon lit et courir jusqu'à la maison pour prendre Rose et Damon et m'éloigner d'ici le plus possible. C'était d'ailleurs ce que je m'apprêtai à faire, quand soudain, ma gorge se serra. Comme si quelqu'un m'étranglait avec une force inhumaine. Je posai mes mains sur ma gorge, cherchant de l'air. Je commençais à suffoquer. Je tentai de crier, mais rien ne sortit de ma gorge. Je tendis la main vers la petite manette qui permettait d'appeler une infirmière, mais Bonnie l'attrapa avant moi et l'arracha violemment. Je retombai sur le lit alors que je commençais à être dans les vapes. Je sentis des larmes qui coulaient sus mes joues. Je ne voulais pas mourir, pas maintenant. J'avais enfin tout ce que je voulais. J'étais avec Damon et ma fille, tout allait -presque- bien. Je ne voulais pas mourir maintenant. Et encore moins des mains de mon ancienne meilleure amie. Je sentais que j'allais bientôt m'évanouir et cherchai autour de moi un moyen de m'en sortir. Bonnie me regardait avec un air déterminé qui me montrait qu'elle irait jusqu'au bout. Je tournais les yeux vers ma table de nuit et d'un geste du bras, j'envoyais valser tout ce qui était dessus. Le téléphone tomba en faisant un énorme fracas et le verre d'eau éclata au sol. Mais personne ne venait. Personne n'avait entendu. Utilisant mes dernières forces, je poussai toute la table de nuit qui tomba sur le sol dans un énorme bruit. J'attendis encore quelques secondes en suffoquant, me disant que c'était la fin, que personne ne viendrait à mon secours. Puis, enfin, la porte s'ouvrit sur Meredith qui ne perdit pas une seule seconde avant de se jeter littéralement sur Bonnie qui n'avait pas eu le temps de réagir. Les deux jeunes femmes tombèrent au sol en poussant des cris. Ma gorge se desserra d'un coup et je pus enfin reprendre ma respiration. Je me redressai d'un bond en plaquant une main sur ma gorge, comme pour m'assurer que c'était bien terminé. Je vis Bonnie sortir de la pièce en courant et Meredith se précipita vers moi.
-Tu vas bien ? Demanda-t-elle.
J'acquiesçai simplement, ayant l'impression d'être incapable de prononcer un seul mot. Meredith courut jusqu'à la porte et sortit dans le couloir, sûrement pour vérifier que Bonnie était bel et bien partie. Pas de vérifier pour savoir qu'elle était déjà loin. Une fois rassurée, la jeune femme revint s'asseoir à côté de moi.
-Merci... Murmurai-je d'une voix brisée.
-J'ai entendu un grand fracas, dit-elle en désignant la table de nuit renversée.
-Tu aurais pu te faire tuer, ajoutai-je.
-Je suis médecin Elena, je voue ma vie à sauver celle des autres.
Elle posa sa main sur la mienne dans un geste rassurant et un petit sourire apparut au coin de ses lèvres. Je tentai de le lui rendre, mais l'image de Bonnie essayant de me tuer continuait de me hanter. Je pouvais encore voir ses yeux pleins de détermination et son visage qui montrait toute sa volonté. Elle avait voulu me tuer, comme elle avait voulu tuer Klaus quelques années plus tôt. Je n'y comprenais plus rien. Si je ne pouvais même plus faire confiance à Bonnie, alors à qui pouvais-je faire confiance ?
-Je ne peux pas appeler Damon maintenant, dit Meredith. Ils ne le laisseraient pas entrer dans l'hôpital. Mais je vais rester avec toi, d'accord ? Et je l'appellerai demain dès la première heure.
J'essuyai rapidement la larme qui coulait sur ma joue et acquiesçai en me mordant la lèvre. Meredith me fit un léger sourire et me fit signe de me rallonger. Elle rabattit la couverture sur moi comme une mère le ferait pour son enfant. Puis, elle alla s'asseoir sur le canapé. Je tournai la tête vers la porte, effrayée qu'elle s'ouvre pour laisser apparaître Bonnie ou Tatia. Je remontai la couverture jusqu'à mon menton, m'imaginant bêtement qu'elle pourrait peut-être me protéger contre elles, comme une enfant qui avait peur du monstre qui se trouvait sous son lit. Je restai plusieurs minutes ainsi, à fixer cette porte, qui restait incroyablement immobile. Mais très vite, la fatigue me rattrapa et mes yeux se fermèrent tous seuls et je sombrai ensuite dans les ténèbres.
PDV Damon
Je m'avançais dans le couloir de l'hôpital, tenant Rose par la main. C'était aujourd'hui qu'Elena rentrait à la maison. Certes, nous avions aucune nouvelle de Bonnie ou Tatia, mais je me sentais bien. Tout allait rentrer dans l'ordre bientôt, je pouvais le sentir. Rose était toute aussi excitée que moi à l'idée qu'Elena revienne au manoir. J'ouvris la porte de la chambre et me figeai sur place en découvrant que la table de nuit avait été renversée. Il y avait des bouts de verres partout. Elena était allongée dans son lit et dormait paisiblement. Je pouvais voir sa poitrine se soulever et se rabaisser au rythme de sa respiration. Un peu plus loin, Meredith dormait sur le canapé.
-Qu'est-ce qu'il s'est passé ici ? Demanda Rose.
La voix de ma fille sembla avoir réveillé Meredith qui se leva péniblement. Je la regardais avec de grands yeux paniqués. Elle tenta de me rassurer avec un petit sourire au coin des lèvres, mais ça n'avait pas vraiment marché. Elle me prit par le bras et me fit sourire. J'entraînais avec moi Rose que je tenais toujours par la main. La jeune femme referma la porte en prenant soin de ne pas la claquer pour ne pas réveiller Elena. Elle se tourna ensuite vers moi.
-Bonnie a débarqué au milieu de la nuit, déclara-t-elle. Elle a essayé de tuer Elena.
Je m'apprêtai à retourner auprès d'Elena, mais elle me barra la route.
-Elle va bien, dit Meredith. J'ai arrêté Bonnie avant qu'il ne soit trop tard. Elle s'est malheureusement enfuie. Mais Elena va bien.
Je dégageai mon bras de sa main d'un geste sec et retournais dans la chambre et refermai la porte derrière Rose, ne voulant pas que Meredith revienne. Je m'approchai lentement du lit, laissant Rose près de l'entrée de la pièce. Je m'asseyais sur le bord du matelas et caressai doucement la joue d'Elena qui était toujours endormie. Elle releva légèrement la tête et ouvrit de petits yeux. Je me forçais alors à lui sourire pour la rassurer. Lorsqu'elle me vit, elle laissa sa tête retomber sur l'oreiller en soupirant et glissa sa main dans la mienne.
-Salut... Dit-elle d'une voix endormie.
-Salut toi, dis-je en replaçant une mèche derrière son oreille.
Elle mit quelques secondes à vraiment se réveiller, mais très vite, elle avait les yeux ouverts et les tournait vers la table de nuit qui était toujours par terre. Je vis toute la tristesse qu'elle ressentait dans ses grands yeux noisette que j'aimais tant. Comment Bonnie avait-elle pu faire ça ? Comment pouvait-on faire cela à quelqu'un comme Elena ? Je serrai les mâchoires pour me retenir de partir en courant à la recherche de cette maudite sorcière. Je n'avais plus qu'une envie : la tuer. Je voulais mettre fin à l'existence de Bonnie Bennett, et le plus tôt serait sûrement le mieux. Je me retenais de toutes mes forces pour rester auprès d'elle. Je pouvais sentir combien elle avait peur. Je caressai sa joue et elle releva les yeux vers moi. Je pus y voir des larmes qui s'apprêtaient à couler sur ses joues.
-Ramène-moi à la maison, s'il te plaît, murmura-t-elle.
J'acquiesçai alors qu'un petit sourire apparaissait au coin de mes lèvres. Je fis signe à Rose de rejoindre Elena, ce qu'elle s'empressa de faire. Je m'affairai ensuite à faire le sac d'Elena pendant que cette dernière discutait avec Rose de ce que la petite fille avait faire ces derniers jours. Je ne pus m'empêcher de remarquer qu'Elena était étrange vis-à-vis de notre fille. Elle ne la regardait pas comme d'habitude, elle la regardait avec inquiétude, ce qui n'était pas normal. Je décidai de lui en parler un plus tard, lorsque nous serions en sécurité à la maison. Je tendis quelques vêtements à Elena pour qu'elle puisse s'habiller.
-Je dois aller régler quelques petites choses pour ta sortie, dis-je. Je reviens très vite. Rose tu veilles sur maman, hein ?
La petite me fit un grand sourire en acquiesçant. Je lançais un regard inquiet vers Elena, ne voulant pas vraiment la laisser seule ici, même si ce n'était que pour quelques minutes. Je sortis de la pièce et allai le plus vite possible à l'administration. Je me dépêchai de remplir tous les papiers nécessaires et retournais en vitesse vers la chambre d'Elena. Je ne pouvais m'empêcher de regarder partout autour de moi, effrayé que Bonnie ou Tatia soit ici. Avant que je n'entre dans la chambre, Meredith m'interpella. Je me tournais vers elle en soupirant, n'ayant plus qu'une seule envie, rejoindre Elena et l'emmener très loin d'ici.
-Comment elle va ? Demanda la jeune femme.
-Pas très bien, dis-je. Je la ramène tout de suite à la maison.
-Attends, tu vas avoir besoin d'un fauteuil, dit-elle.
Je soupirai, ne voulant pas vraiment perdre de temps, mais Meredith me regarda avec détermination. Je levai les yeux au ciel avant d'acquiescer. Je ne voulais pas qu'Elena se fasse mal. J'entrai dans la chambre et découvris qu'Elena était complètement habillée et qu'elle essayait de se lever. Je me précipitai vers elle et la fis se rasseoir délicatement.
-Attends mon ange, il y a du verre partout, dis-je.
-Damon, je veux m'en aller, dit-elle avec de grands yeux terrifiés.
Meredith entra dans la pièce en poussant devant elle un fauteuil roulant. Je passai un bras sous les genoux d'Elena, ne voulant pas qu'elle pose les pieds au sol avec tous ces bouts de verres. Elle s'accrocha à moi et je la soulevai délicatement. J'allai la déposer dans le fauteuil et m'assurais qu'elle était bien installée. Je pris son sac et vis Rose aller s'asseoir sur les genoux de sa mère.
-Comment tu vas expliquer tout ça ? Demandai-je à Meredith en désignant la table de nuit renversée.
-Je vais me débrouiller ne vous inquiétez pas, dit-elle en me souriant. Si vous avez un problème appelez-moi.
J'acquiesçai en souriant légèrement pour la remercier de tout ce qu'elle avait fait, puis j'attrapai la fauteuil d'Elena et commençai à le pousser pour sortir d'ici. Je parcourais les couloirs en vitesse ce qui avait l'air d'amuser Rose. Je sortis de l'hôpital et me dépêchai d'aller jusqu'à ma voiture. Rose s'installa à l'arrière dans son siège auto pendant que j'aidais Elena à s'asseoir à l'avant. Je m'assurais ensuite que Rose était bien attachée. Je courus pour aller remettre le fauteuil roulant dans l'hôpital et revins au plus vite. Je m'installai dans la voiture et démarrai en trombe. Tout le trajet se fit dans le plus grand des silences. Je conduisais vite, beaucoup trop vite. Pourtant je savais que je risquais beaucoup. Si nous avions un accident, je m'en voudrais toute ma vie. Heureusement, nous arrivions au manoir sain et sauf. Je me garais dans l'allée et me penchai vers le pare-brise pour regarder les alentours. Je me retournais ensuite vers Rose qui s'était déjà détachée.
-Tu te rappelles ce que tu dois faire ? Demandai-je.
-Courir jusqu'à la maison sans m'arrêter, dit-elle en souriant.
-C'est bien, vas-y ! Dis-je.
Je sortis de la voiture en même temps qu'elle et la vis partir en courant vers la porte d'entrée. Je la suivis du regard jusqu'à ce qu'elle soit à l'intérieur, saine et sauve. Je fis le tour du véhicule et ouvris la portière avant de me pencher vers Elena. Elle commença à sortir seule du véhicule, mais je passai mes bras sous ses jambes et dans son dos avant de la soulever. Elle s'accrocha à ma nuque et se blottit contre moi. Je fermai la portière avec un coup de pied et me dirigeai vers la maison en vitesse. J'entrai enfin à l'intérieur et refermai la porte avec de souffler un bon coup. Elena releva la tête et plongea son regard dans le mien tristement. Je posai mon front contre le sien en soupirant.
-Tout va bien, dis-je. Tu es en sécurité ici...
Elle acquiesça simplement et je m'avançais dans le salon pour la déposer délicatement sur le canapé. J'entendis des bruits de pas venir vers nous et quelques secondes plus tard, Caroline et Klaus entraient dans la pièce. A peine avais-je déposé Elena sur la canapé, qu'elle avait déjà refermé les yeux pour se rendormir. Rose alla se blottir contre elle, ce qui me fit légèrement sourire. Je me tournais vers les deux nous arrivants et leur fis signe de venir dans la cuisine pour ne pas déranger la jeune femme endormie. Par la suite, nous fûmes rejoins par Stefan, Jérémy, Katherine et Alarick, ainsi que Rebekah et Elijah qui vivaient ici depuis quelques jours. Autant dire que la maison était pleine à craquer. Il n'y avait plus aucune place.
-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Demanda Caroline sûrement alarmée par mon comportement.
-Bonnie est passée à l'hôpital cette nuit et a essayé de tuer Elena, déclarai-je en soupirant. Meredith a pu l'arrêter... Mais Elena est un peu sous le choc.
Je vis les yeux de Caroline s'imprégner de sang alors qu'elle serrait les poings de colère. Klaus tourna à son tour les yeux vers elle et posa une main sur son bras. La blondinette tourna les yeux vers lui et sembla se calmer instantanément. Je fronçais légèrement les sourcils, pas vraiment habitué à voir ces deux-là ensemble.
-Il faut qu'on fasse quelque chose, dit Stefan. On doit mettre fin à cette histoire.
-Comment ?! S'exclama Jérémy. C'est un vampire originel, non ?!
Les regards se tournèrent vers Klaus, Rebekah et Elijah qui étaient restés silencieux depuis le début de la conversation. Les trois se concertèrent du regard, comme s'ils hésitaient à nous révéler quelque chose. Klaus finit par soupirer et relever les yeux vers nous.
-Il y a peut-être quelque chose, dit-il. Mais c'est extrêmement dangereux.
-De quoi s'agit-il ? Demanda Stefan.
-Nous connaissons une sorcière qui aurait le pouvoir de tuer un originel, comme Bonnie, expliqua-t-il.
-Mais ça la tuerait, acheva Elijah.
Je pouvais voir dans son regard qu'il ne voulait pas que quelqu'un meurt pour nous sauver. Et je savais qu'Elena ne le voudrait pas non plus, mais si c'était le seul moyen, alors je m'en fichais complètement. C'était peut-être cruel, mais j'en avais assez de penser aux autres avant de penser à moi et à ma famille.
-Contacte la, dis-je. Je me fiche complètement des risques que l'on prend, je me fiche de ce que tu auras à faire pour la convaincre de faire ça pour nous, mais je veux que tu la contactes.
Klaus me regarda quelques secondes avant d'acquiescer simplement. Il déposa un léger baisé sur la joue de Caroline avant de se tourner vers sa sœur et son frère. Il leur fit un petit signe de la tête et les trois vampires quittèrent la pièce dans un coup de vent. Caroline resta figée sur place quelques secondes et tourna la tête vers moi. Je tentai de la rassurer en lui faisant un petit sourire, sachant parfaitement qu'elle était morte d'inquiétude pour Klaus.
-Qu'est-ce qu'on fait en attendant ? Demanda Jérémy.
-On reste là et surtout, on ne sort pas d'ici, répondis-je.
PDV Caroline
Damon quitta la pièce, sûrement pour rejoindre Elena dans le salon. Les autres en firent de même petit à petit et très vite, je me retrouvais seule dans la cuisine. Je tentai de respirer à fond, voulant me calmer. Je sentais déjà la panique qui m'envahissait alors que j'étais morte d'inquiétude pour Klaus. Il était partis comme ça, sans même me demander si je voulais venir avec lui. Je savais qu'il avait sa sœur et son frère pour le protéger, mais j'aurais voulu y aller aussi. Personne ne se battrait autant que moi pour lui. Je m'asseyais sur une chaise en respirant profondément. J'étais à deux doigts de partir en courant à sa recherche. Je relevai la tête alors que j'entendis des pas venir vers moi. Je souris légèrement en voyant qu'il s'agissait de Rose. La petite fille vint jusqu'à moi, un grand sourire sur les lèvres.
-Ou est Nik ? Demanda-t-elle. Je voulais lui montrer mon dernier dessin...
Je fronçais légèrement les sourcils en l'entendant appeler Klaus de cette manière. J'avais remarqué qu'elle et lui s'était quelque peu rapproché ces derniers jours en passant beaucoup de temps à dessiner ensemble.
-Il avait quelque chose à faire, dis-je en tentant de sourire le plus normalement possible.
-Il rentre quand ?
-Bientôt ma puce...
« J'espère » ne pus-je m'empêcher de penser. La petite fille m'attrapa par la main en me disant qu'elle me le montrerait à moi dans ce cas. Elle m'entraîna hors de la cuisine et je la suivis jusque dans sa chambre. Elle me tira jusqu'au petit bureau qui était installé dans un coin de la pièce et me fit m'asseoir sur le fauteuil. Je me tournais et découvris un magnifique dessin. Cette fois-ci elle s'était surpassée. Rose avait un travail remarquable, digne du niveau de Klaus. Il s'agissait d'une femme, une femme d'une grande beauté. Elle était tellement belle. Je caressai du bout des doigts le dessin et fronçais légèrement les sourcils.
-Rose... Qui est cette femme ? Demandai-je en tournant les yeux vers elle.
La petite fille haussa simplement les épaules, me montrant qu'elle n'en avait aucune idée.
-Je n'en sais rien... Je l'ai juste... dessinée...
Je tournais à nouveau mes yeux vers le dessin. Il y avait tellement de détail, c'était un dessin très précis, comme si cette femme était restée là des heures à poser pour la petite fille. C'était totalement impossible qu'elle l'ait simplement imaginée. Et puis... Il y avait quelque chose chez elle. Comme si elle me disait quelque chose. Elle me rappelait quelqu'un. Je pris le dessin entre mes mains, tentant de savoir à qui elle ressemblait. C'était ses yeux. J'étais tellement concentrée sur le dessin, que lorsque Damon entra dans la pièce suivis d'Elena, je sursautais et fis un petit bond sur le fauteuil. Les deux me regardèrent bizarrement alors que je retournais aussitôt mes yeux vers la feuille de papier. Je soupirai en le reposant sur le bureau, me disant que je m'imaginai sûrement des choses. Je relevai les yeux vers Damon et Elena qui avait un peu de mal à marcher. Elle avait les bras croisés sur ses côtes et grimaçait légèrement. Rose se tourna vers eux en leur faisant un grand sourire plein d'innocence.
-Qu'est-ce que c'est ? Demanda Damon.
-Le dernier dessin de ta fille, dis-je en le prenant pour le tendre à Damon. Elle s'est encore surpassée. Cette femme... J'ai l'impression qu'elle me dit quelque chose... Mais je ne l'ai jamais vue de ma vie. Et puis Rose dit qu'elle l'a imaginée... Alors...
Elena s'avança un peu plus pour voir le chef-d'œuvre de sa fille et me haussa les sourcils pour montrer qu'elle ne la connaissait pas non plus. Elle félicita ensuite Rose avec un grand sourire plein de fierté. Il y avait de quoi être fier en même temps. Je tournais ensuite les yeux vers Damon et découvrit qu'il fixait toujours le dessin. Ses sourcils étaient légèrement froncés et ses yeux écarquillés. Elena alla s'asseoir sur le lit avec sa fille et les deux commencèrent à discuter. Je me levai pour aller vers Damon.
-Tu la connais ? Demandai-je.
PDV Damon
Si je la connaissais ? Bien sûr que je la connaissais. Mais c'était impossible que Rose ait pu la dessiner. Elle était morte depuis plus d'un siècle et demi. Je tournais la tête vers Rose et Elena qui discutaient joyeusement sur le lit. Cette dernière portait toujours le bracelet que je lui offerts. Ce bracelet. Il lui avait appartenu il y a bien longtemps. C'était l'un des seuls souvenirs qu'il me restait d'elle. Je reposai mes yeux sur le dessin et caressai la papier du bout de mon pouce. Plus je la regardais, plus mon cœur saignait. Moi qui croyait m'être remis de sa mort, je m'étais complètement trompé. Je ne pourrais jamais l'oublier.
-Damon ?
Je levai les yeux vers Caroline qui me regardait toujours. Elle avait les sourcils froncés et me détaillait entièrement, tentant sûrement de comprendre mon étrange comportement. Je m'éclaircis la gorge et tentai de reprendre une attitude normale.
-Je dois... je reviens tout de suite, dis-je.
Je sortis en vitesse de la pièce en gardant le dessin en main. Je me précipitai dans ma chambre et fermai à clef derrière moi. Je m'avançais vers ma commode et ouvris le premier tiroir avant de retirer le double fond. Je commençais à fouiller dans tous ces objets que j'avais gardé au fil des années. Enfin, je le trouvais, enfermé dans une petite boîte faite en bois. Je pris le petit médaillon en argent qui pendait au bout d'une petite chaîne entre mes doigts et l'ouvris. Je ne fus pas surpris de voir que la photo était toujours à sa place. La même femme que celle que ma fille avait dessinée. Ses beaux yeux semblaient être fixés sur moi. Mon cœur saignait de plus en plus alors que des souvenirs douloureux me submergeaient. Je pouvais encore voir son visage qui me regardait avec tendresse, ou les grandes robes extravagantes qu'elle portait à l'époque qui amusait tout le monde. Je m'en souvenais comme si c'était hier. Quelqu'un toqua à la porte, me sortant de mes pensées.
-Damon ? Appela la voix d'Elena. Damon ouvres-moi.
Je soupirai et allai jusqu'à la porte pour lui ouvrir tout en gardant le collier dans le creux de mon poings. J'ouvris la porte et la laissai entrer avant de refermer aussitôt derrière elle. Elena alla s'asseoir sur le lit en grimaçant. Je la rejoignis et elle posa délicatement sa tête sur mon épaule.
-Pourquoi tu es parti comme ça ? Demanda-t-elle. Tu la connais cette fille ?
J'hésitai quelques secondes en faisant tourner le petit médaillon entre mes doigts. Je savais qu'Elena l'avait remarqué, mais elle ne voulait pas me pousser à en dire plus que je ne le voulais. Je me mordis la lèvre et acquiesçai en silence. Je lui tendis le bijou qu'elle prit délicatement entre ses doigts fins avant de l'ouvrir. Elle redressa la tête en fronçant les sourcils, reconnaissant la jeune femme du dessin. Elle tourna le regard vers moi.
-Ce bracelet que je t'ai donné, il y a cinq ans, dis-je. C'était le sien. Elle me l'a donné juste avant de mourir.
-Qui est-elle ? Demanda Elena.
Je soupirai et baissai la tête. Je n'avais vraiment pas envie de partir dans ces explications, ça me ferait beaucoup trop de mal.
-Je ne veux pas en parler, marmonnai-je.
Du coin de l'œil, je vis Elena acquiescer simplement et elle passa sa main dans mon dos pour me réconforter. Je me levais et allai jusqu'à ma commode sur laquelle était déposé le dessin de ma fille.
-Ce que je ne comprends pas, c'est comment Rose a pu la dessiner, dis-je. Cette fille est morte depuis d'un siècle et demi maintenant.
-Elle a très bien pu trouver le médaillon, non ?
Je me tournais vers la jeune femme en secouant négativement la tête.
-Non, il n'y a aucun moyen, dis-je. Je ne lui ai jamais montré et il n'y a que toi qui sait qu'il y a un double fond sur ce tiroir. Elle ne l'aurait jamais trouvé toute seule.
Je vis le visage d'Elena se décomposer en quelques secondes seulement. Elle tournait les yeux dans tous les sens, comme si elle cherchait quelques choses. Je me rapprochai d'elle lentement, et soudain, elle leva les yeux vers moi.
-Bonnie a dit quelque chose, dit-elle.
-Quoi ?
-Elle a dit que Rose avait forcément hérité de ton côté vampire, expliqua-t-elle.
-Non... Non, je connais bien Rose, elle n'a rien à voir avec un vampire, dis-je. À part ce don en dessin, elle n'a rien d'extraordinaire !
-Damon, elle est la fille d'un vampire et du double ! S'exclama Elena. Ce qui serait bizarre c'est qu'elle soit entièrement normale, non ?
Je la regardais et petit à petit, la panique montait en moi. J'avais été tellement heureux de voir que ma fille était humaine. Ça m'avait soulagé. Et si j'avais eu tort ? Et si elle n'était pas humaine ? Je ne voulais pas ça pour elle. De plus, nous ne savions rien de ce qu'elle deviendrait vraiment si elle n'était pas humaine. Je ne voulais qu'elle devienne un monstre, il en était hors de question. Elena tendit la main vers moi et attrapa la mienne. Je levai les yeux vers elle et elle me fit un petit sourire qui se voulait rassurant.
-hey... Tout ira bien, dit-elle. On ne laissera rien lui arrivé, je te le promets.
Je soupirai en acquiesçant. Pourquoi est-ce que c'était toujours comme ça ici ? J'étais parti pendant cinq ans et tout c'était bien passé, et maintenant que je suis ici, tout allait mal. Tout me tombait sur la tête d'un coup. Je m'assis à côté d'Elena qui se blottit contre moi. Je passai un bras autour d'elle et posai ma tête sur la sienne. Elle me prit la main et lorsqu'elle la retira, je remarquais qu'elle m'avait rendu le médaillon. Je le regardais quelques secondes avant de le replacer dans sa main et de refermer ses doigts dessus.
-Garde-le...
Elle ne devait rien comprendre. Elle devait se demander pourquoi je voulais qu'elle garde un médaillon dans lequel se trouvait la photo d'une autre femme. Mais elle ne dit rien. Elle se contenta de le serrer dans son petit poing en le plaçant sur son cœur, comme si c'était la chose la plus précieuse qu'on lui ait jamais donné. Quelque part, elle devait se douter que ça signifiait énormément pour moi. Je déposai un baisé au sommet de son crâne et fermai les yeux, tentant d'oublier tous ces problèmes que nous avions.
