Disclaimer : tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling

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Chapitre 3

Fin août 2008

Cela faisait plus d'une semaine maintenant qu'Harry était de retour sur le sol anglais. Son transfert chez les Eagles était officialisé et il venait de signer l'acte de propriété du splendide duplex qu'il avait acheté sur Chelsea Embankment.

Ses retrouvailles avec Draco et l'aveu de leurs sentiments respectifs avait été le plus beau moment de cette semaine.

D'un commun accord, ils avaient décidé de prendre leur temps.

Draco avait un côté un peu vieille école et souhaitait courtiser le brun. Harry avait souri à l'emploi de cette expression surannée mais s'était senti flatté par le respect que le blond lui témoignait.

Avec aucune de ses précédentes relations, Harry n'avait pris le temps. Bien souvent, il suffisait d'un simple regard, d'un baiser pour que la soirée se termine dans un lit. Oh le brun ne s'en plaignait pas, il ne voulait pas autre chose. Des amants, il en avait eu et pas qu'un peu. Il était un célèbre joueur de quidditch, beau et riche. Tout le monde se pressait pour être « la » nouvelle conquête du célèbre Harry Potter.

Mais ses conquêtes étaient tout aussi fougueuses qu'éphémères. Harry ne s'était jamais résolu à donner son cœur à qui que ce soit.

Sauf à Draco. Il était amoureux du beau jeune homme blond, son ennemi d'enfance. Et pour lui, il renoncerait à tout.

Quant à Draco, ni durant sa vie de couple ni après, il n'avait été un saint. Loin de là.

Il avait trompé Astoria le jour de leur mariage avec un des serveurs qui officiait durant la réception. Un petit brun mal peigné aux yeux bleus verts. Trop bleus et pas assez verts.

Il avait trompé son épouse durant leur voyage de noces avec le moniteur de plongée. Sa peau dorée et ses cheveux d'ébène avaient créé l'illusion le temps de quelques coups de reins.

Le jour de la naissance de son fils, il n'était pas présent, trop occupé qu'il était à faire gémir de plaisir un stagiaire binoclard fraîchement engagé par le cabinet.

Le lendemain, on lui mettait dans les bras un petit paquet emmailloté en lui présentant de sincères condoléances.

A partir de là, la bonne société sorcière londonienne s'était attendue à ce que le richissime héritier Malefoy se remarie. Draco leur donna du grain à moudre en s'affichant de temps en temps avec telle ou telle mais sans jamais rien concrétiser. De guerre lasse, la presse finit par donner du blond l'image romantique du jeune veuf éploré que personne ne pourra jamais consoler.

La réalité, c'était que Draco se « consolait » bel et bien dans les bras de jeunes moldus rencontrés dans les bars ou dans les boîtes de nuit. Par égard pour son fils cependant, aucun de ses amants n'avait jamais eu le droit de franchir la porte de sa maison.

Sauf Harry. Il était amoureux du beau jeune homme brun et pour lui, il était prêt à abaisser les barrières qui le protégeaient lui et son fils.

Toutes les occasions étaient bonnes pour se rencontrer. Ils se voyaient souvent, pour déjeuner, pour dîner ou simplement pour se promener en ville. Les petites choses insignifiantes de la vie devenaient des prétextes de rencontres. Ils prenaient garde à ne pas se témoigner d'affection en public afin que la presse n'en fasse pas ses choux gras.

Draco avait décidé de prendre une semaine de congé pour aider Harry à emménager dans son nouveau chez lui. Quand le brun serait installé, il serait plus facile pour eux de profiter de moments d'intimité. Ceux-ci étaient rares pour l'instant et les deux jeunes hommes les chérissaient particulièrement.

Il était également question qu'Harry rencontre le fils de Draco à la fin de la semaine, lorsque celui-ci serait rentré de ses vacances avec ses grands-parents maternels.

Pour l'heure, Harry avait décidé d'aller rendre visite à ses amis de toujours Ron et Hermione.

Ils habitaient dans la campagne anglaise, dans le village sorcier de Loutry Sainte Chaspoule, non loin des parents de Ron. Contrairement à Harry, ses amis vivaient exclusivement dans le monde sorcier.

Draco était d'avis de ne pas accompagner Harry pour cette première visite depuis son retour, afin de ne pas brusquer les amis du brun.

- Harry ! Par Merlin ! Je suis content de te voir, dit Ron lorsqu'il se remit du choc de voir Harry devant sa porte. Hermione ! Devine qui vient nous voir !

Une jolie petite femme brune fit irruption dans le hall d'entrée. A peine eut-elle reconnu Harry qu'elle se jeta à son cou.

- Harry ! Ça fait tellement longtemps ! Comme je suis contente de te revoir ! Mais tu n'as pas honte de nous avoir laissé sans nouvelle pendant tout ce temps !

- Hermione ! Ça me fait plaisir de vous revoir également. Vous m'avez manqué tous les deux ... et je suis impardonnable pour avoir laissé tant de temps s'écouler avant de venir vous voir.

- Tu es là, c'est le principal, dit Ron. Allez entre ! Tu as plein de choses à nous raconter !

Harry s'installa dans le salon, une petite pièce chaleureuse et confortable. Ron revint avec des biéaubeurres bien fraîches.

- Alors Harry raconte ! Qu'est-ce que tu deviens ! Il y a des rumeurs qui circulent comme quoi tu quitterais Milan ? demanda Ron.

- Et bien maintenant que c'est officiel, je peux le dire ... je commence la saison prochaine chez les Eagles.

- Les Eagles ? Mais alors, ça veut dire que tu reviens vivre ici ? S'exclama Hermione.

- En effet ! Je viens d'acheter un appart à Chelsea, côté moldu. J'emménage demain !

- AAAAHH ! Rugit Ron. HARRY POTTER EST DE RETOUR !

Ils trinquèrent à cette nouvelle.

- Mais dis-moi, Harry. Si tu rentres chez les Eagles, ça veut dire que Smith s'en va ? Il vient pourtant à peine d'être transféré ...

- Je ne prends pas le poste de Smith mais celui de Richmond ... Dorénavant, je vais jouer comme poursuiveur.

- Quoi ?

- Oui Ron, il faut se rendre à l'évidence ... je n'ai plus un physique d'Attrapeur ! J'ai fait mon temps !

- Bah Harry ! Tu es et du resteras une légende !

- Merci bien, j'ai l'impression d'être une antiquité !

Ils rirent de bon cœur.

- Bon et vous ? Qu'est-ce que vous devenez ?

- Eh bien moi, je suis toujours Auror. Maintenant je fais équipe avec Seamus Finnigan et Blaise Zabini.

- Zabini ? L'ancien serpentard ?

- Tout à fait ! Au début, j'étais un peu réticent ... tu me connais. Mais il se trouve que Zabini est vraiment un chouette gars et un excellent Auror !

- Qui l'eut cru ? Dit Harry. Ronald Weasley ami avec un serpentard !

- Ben ouais, comme quoi, tout arrive !

- En effet, tout arrive ... dit Harry mystérieusement. Et toi Hermy ? Toujours avocate pour la Ligue de Défenses des créatures magiques et hybrides ?

- Toujours ! Même si les temps ont beaucoup changé depuis la guerre, il reste encore beaucoup à faire ...

- Comment vont les jumeaux ?

- Fred et Alice ont 10 ans maintenant. Leur célèbre parrain leur manque ... dit Hermione

Harry décida de ne pas relever la légère pointe de reproche dans la voix de son amie.

- Ginny et Neville viennent d'avoir une petite Emma, poursuivit Ron. Ils enseignent toujours tous les deux à Poudlard. Quidditch pour Ginny et botanique pour Neville.

- Georges a toujours son magasin de farces et attrapes ? Questionna Harry

- Oui et il en a ouvert un deuxième à Pré-au-Lard l'année dernière. Il s'est associé avec Lee Jordan.

- Génial ! Je suis content que les affaires marchent bien pour lui ... dit Harry en ayant une pensée émue pour Fred, le jumeau de Georges décédé pendant la guerre.

- Bon, et toi Harry ? Embraya Hermione. On ne sait rien de toi à part ce qu'on lit dans les journaux ...

- Bah, il n'y a pas grand-chose à dire. Comme je vous l'ai dit, je rentre en Angleterre ...

- Oui, ta carrière on la connaît, coupa Hermione. Ce qui nous intéresse, c'est ce que la presse ne dit pas ... Dis-moi que tu t'es enfin trouvé une relation stable !

Harry soupira en riant. Hermione avait toujours l'art d'aller droit au but. Elle n'approuvait que moyennement la vie dissolue qu'il menait. Ceci dit, pensa-t-il avec une note d'amertume, tout aurait pu être différent si elle avait été honnête avec lui depuis le début ...

Il se décida à leur dire la vérité.

- Eh bien, j'ai rencontré quelqu'un récemment. Et j'espère pouvoir dire qu'il est le bon.

- AHHHH ! Enfin ! s'exclama Hermione

- On est ravi pour toi vieux ! Dit Ron tout sourire.

S'il y a bien une chose que ses amis avaient accepté avec beaucoup de facilité, c'était son homosexualité.

- Enfin, quand je dis « rencontrer », je devrais plutôt dire « retrouver » ... commença Harry

- Ah bon ? On le connaît alors ? Interrogea Hermione

- Oui, vous le connaissez !

- Oh Harry ! Dis-nous qui c'est ! S'impatientait Ron

Harry s'amusait des mines avides de ses amis. La nouvelle risquait de les surprendre.

- Draco Malefoy

Sous le choc, Ron s'étouffa avec sa bieraubeurre et Hermione fit tomber la sienne sur le sol, où elle se répandit sur la moquette.

- C'est ... c'est une blague ... balbutia Ron après avoir repris ses esprits.

- Pas le moins du monde.

- Et ... depuis quand ?

- On s'est retrouvé la première fois après la Coupe du Monde de Quidditch. On était invité à la même réception. Le courant est bien passé, on pouvait dire qu'on avait enterré la hache de guerre. Mais c'est devenu sérieux quand on s'est revu à Londres la semaine dernière. C'est son cabinet qui s'est occupé de mon transfert. On est allé déjeuner, on a parlé, on a pu éclaircir certains malentendus ... du passé. Et voilà.

Harry attendait que l'un ou l'autre évoque justement le « passé ». Ce fut Hermione.

- On est désolé Harry. On n'aurait pas dû te mentir. On aurait dû te dire qu'il était venu te voir ce jour-là.

- Oui, vous auriez dû ! 10 ans ! S'enflamma Harry tout d'un coup. J'ai dû attendre 10 ans avant d'entendre les mots que j'espérais ! Et pareil pour lui ! Comment avez-vous pu me faire ça ?

- On est impardonnables, Harry dit Ron piteusement. A notre décharge, il était encore notre ennemi, un mangemort. On croyait qu'il venait pour se moquer, pour te narguer comme il en avait l'habitude ...

- Je ne comprends toujours pas pourquoi vous m'avez menti ...

- Pour Ginny, dit Ron. A ce moment-là, elle croyait encore pouvoir te récupérer ... Après c'était trop tard, toi tu étais parti, tu avais clairement affiché ton homosexualité et on a appris que lui s'était marié ...

Harry s'était levé. Il était las. Au fond de lui, il n'en voulait pas vraiment à ses amis. Il était juste frustré par tout ce temps perdu.

- Ecoutez, dit-il, tout ça c'est le passé. Quoi qu'il en soit, maintenant, je suis avec Malefoy. Je veux faire partie de sa vie et de celle de son fils. Alors je vous le dis sans détour : vous devrez vous accommoder de le voir avec moi car je n'irai plus nulle part sans lui. Si ça vous pose un problème, dites-le moi directement.

- Ça ne nous pose aucun problème Harry dit Hermione. Draco sera le bienvenu ici.

Harry se tourna vers Ron pour voir sa réaction. Il était moins catégorique que sa femme mais dit néanmoins :

- Si tu es heureux avec lui, moi ça me va !

- Merci mes amis ! Dit Harry en les serrant dans ses bras l'un après l'autre.


Le lendemain de sa visite à Ron et Hermione, Harry retrouva Draco devant le duplex nouvellement acquis par le brun.

- Salut, beau brun dit Draco en l'embrassant tendrement.

Harry s'émerveillait chaque jour un peu plus de la présence du blond à ses côtés.

- Draco, souffla-t-il en lui enlaçant la taille.

- Prêt à commencer ta nouvelle vie ?

- Prêt !

Ils montèrent tous les deux dans l'appartement de Harry. Les déménageurs sorciers avaient déjà transporté l'essentiel du mobilier qui garnissait son loft à Milan. Il leur restait à déballer les cartons qui s'empilaient au milieu du séjour.

Avec leurs talents de sorciers, les meubles eurent tôt fait de trouver leur place dans les différentes pièces du duplex et le contenu des cartons lévita bien vite vers les armoires au gré des directives du propriétaire des lieux.

Draco donna de judicieux conseils de décoration, son bon goût ne se démentait pas.

La journée passa dans la bonne humeur et le soir venu, Harry pouvait contempler son nouveau chez lui. Parfaitement rangé et merveilleusement bien décoré grâce aux bons soins de Draco.

Draco, qui avait pris l'habitude de vivre à la manière moldue, leur commanda une multitude de plats chinois. Ils s'installèrent au comptoir de la cuisine et piochèrent avec bonheur dans les différentes petites boîtes. A l'aide des baguettes, ils se faisaient goûter mutuellement les mets, en ponctuant leur dégustation de rires et de doux baisers. Un délicieux vin rosé d'Alsace accompagnait les plats.

Ils étaient heureux. Tout simplement.

Ils terminèrent la soirée, lovés l'un contre l'autre dans le somptueux canapé en cuir écru du salon.

La stéréo moldue diffusait une douce musique jazzy.

Aucun des deux ne parlait mais les silences entre eux n'étaient jamais gênants.

- Je suis bien avec toi, Draco, dit finalement Harry.

Draco posa un chaste baiser sur les cheveux du brun.

- Moi aussi, je suis bien avec toi Harry. Je ne sais pas ce que l'avenir nous réserve mais je suis sûr d'une chose, c'est que ta place est ici, dans mes bras.

Harry était un peu étourdi par le vin. Il se serra encore un peu plus contre le torse du blond.

Pourtant celui-ci se détacha de lui. Il le redressa afin de pouvoir le regarder dans les yeux. Il dit :

- Je t'aime, Harry.

Harry le fixait, sans rien dire. Son cœur menaçait d'exploser dans sa poitrine. Draco dut mal interpréter ce silence car il s'empressa d'ajouter :

- Je sais ... je sais qu'on s'était dit ... qu'on prendrait le temps ... Je t'ai promis de te courtiser, de te séduire ... mais ça fait 10 ans que j'attends de pouvoir prononcer ces mots Harry. Et t'avoir là, près de moi ... je ... c'est trop ... je ...

Un Malefoy ne bafouillait jamais et encore moins Draco Malefoy, ténor du Barreau. Mais là, il n'arrivait plus à aligner trois mots correctement tant l'émotion le tenaillait. Et Harry qui ne disait toujours rien ...

Quand Harry eut repris ses esprits, il se mit à genoux dans le canapé face à Draco. Il tendit la main vers sa joue et la caressa avec toute la tendresse dont il était capable. Il se pencha enfin et posa ses lèvres sur les siennes dans le plus amoureux des baisers. Il se redressa et accrochant les yeux gris brillants d'émotions contenues, il dit :

- Je t'aime, Draco.

Draco serra son amour contre lui à lui briser les côtes. Il l'embrassa avec une passion dévorante.

Quand Harry plongea ses mains dans la douce chevelure blonde pour approfondir le baiser, un sentiment d'urgence s'empara du blond.

Ses mains glissèrent sous le t-shirt du brun et caressèrent la peau douce et dorée. Harry ne voulut pas être en reste et glissa ses propres mains sous le polo de son vis-à-vis. Aucun des deux ne sut qui avait fait le premier geste mais bientôt les deux vêtements échouèrent au pied du divan.

Les deux hommes se contemplaient émerveillés par la beauté de l'autre. Le torse lisse, aux muscles finement dessinés, à la peau d'albâtre de Draco. Celui plus musclé, à la peau mate et dorée de Harry.

Leurs ventres, parfaitement plats, sur lesquels courait une fine ligne ordonnée de poils blonds pour l'un, bruns pour l'autre, plongeant vers la destination de tous les péchés.

Leurs yeux brillaient de désir et lorsque, n'y tenant plus, leurs peaux entrèrent en contact l'une avec l'autre dans une étreinte fougueuse, ce fut comme un électrochoc.

A son corps défendant, Draco s'écarta de Harry et lui dit, haletant :

- Je bafoue toutes mes promesses Harry ... je m'étais juré de ne pas ... d'être patient ... mais je ne peux plus ... je t'aime ... Me prendras-tu pour le dernier des goujats si je te dis que j'ai envie de toi à en devenir fou ?

- J'ai envie de toi depuis ce soir-là, à l'ambassade ... c'est moi le goujat qui voulait te prendre à même le tapis du salon de réception ... alors, au diable les promesses Draco ! Au diable la patience ! Fais-moi l'amour. Maintenant, souffla Harry.

Il ne fallut pas le lui dire deux fois. Il transplana avec Harry jusque dans la chambre du brun.

Debout devant le lit immense, ils finirent de se dévêtir l'un et l'autre. Draco poussa doucement Harry à s'allonger sur le lit. Ils se contemplèrent à nouveau, dans la perfection de leur nudité. Le blond face au brun. Le David de Michel-Ange face au Persée de Cellini.

Draco s'allongea sur le brun et l'embrassa longuement tandis que les mains de Harry parcouraient son dos, ses fesses, ses cuisses. La bouche avide migra vers le cou, les clavicules, les tétons et se perdit dans le nombril.

Du bout de sa langue, il suivit la fine ligne de poils bruns qui descendait et descendait encore ... Quand il remonta vers la bouche de son amant, Draco sourit à l'entente d'un soupir de frustration.

Alors il refit le même chemin mais cette fois, il ne s'arrêta pas et prit la virilité de Harry entièrement en bouche, imprimant sur le membre dur un lent va-et-vient.

Harry se tenait au bord d'un précipice. Encore une seconde de ce traitement, de cette torture, et il ne répondait plus de rien. Il tenta de le faire savoir à son amant mais ne put émettre que des gémissements entrecoupés du prénom de Draco.

Ce dernier redoubla de ferveur dans sa caresse et il ne fallut plus longtemps avant qu'Harry se libère dans un cri de pure jouissance.

Harry retourna alors le blond sur le dos et s'assit sur ses cuisses. Il l'embrassa encore et encore tout en le caressant de sa main libre. Perdu dans les brumes du plaisir, Draco n'anticipa rien du geste de son amant qui, sans préparation, s'empala sur son sexe dressé.

Si ce fut douloureux pour Harry, la manœuvre arracha à Draco un cri d'extase tant l'antre chaud de son amant était étroit.

Après un instant d'immobilité, Harry remua les hanches, décuplant le plaisir de Draco. Ils se mouvèrent en parfaite harmonie jusqu'à ce que le blond, se sentant proche de la libération, saisisse le sexe du brun pour lui imprimer le même rythme que ses coups de rein.

Ils se libérèrent ensemble, unis et heureux, chacun hurlant le prénom de l'autre.

Ils s'effondrèrent l'un sur l'autre et se regardèrent, encore abasourdis par l'intensité de l'expérience qu'ils venaient de vivre.

- C'était ...

- ... incroyable ...

- ... extraordinaire ...

- ... indescriptible ...

- ... je t'aime ...

- ... je t'aime ...

Et un sommeil bienfaisant les emporta.


Le lendemain, Harry se réveilla dans une douce torpeur. Il sentait à côté de lui un corps doux et chaud. Des bras qui l'enlaçaient. Des jambes mêlées aux siennes.

La soirée de la veille lui revint en mémoire et se tourna légèrement pour apercevoir le magnifique visage de Draco si paisible dans le sommeil.

Il n'avait pas rêvé. Son amour était là, serré tout contre lui.

Il sourit. Des larmes perlèrent aux coins de ses yeux tandis qu'il regardait le soleil filtrer à travers les persiennes.

Un doigt fin glissa sur sa joue pour attraper la goutte d'eau salée qui y roulait.

- Mon amour, qu'y a-t-il ? Demanda la voix ensommeillée mais inquiète de Draco.

- Rien mon ange. Je suis heureux, juste heureux. Et c'est ... tellement fort que c'est parfois difficile à contenir ...

- Je te comprends, dit Draco dans un murmure ... le jour où on s'est embrassé pour la première fois, ici dans cette pièce encore vide, j'étais tellement heureux qu'en rentrant chez moi, j'ai pleuré pendant des heures ... Je n'avais plus pleuré depuis mes 16 ans et certainement jamais de bonheur. Je croyais devenir fou, je ne savais pas ce qui m'arrivait.

Draco se redressa sur un coude et darda ses yeux gris sur Harry.

- Tu m'as changé Harry Potter ... tu as fait de moi un poufsouffle ... et tu vas me le payer, dit-il avec un sourire carnassier avant de se jeter sur le brun et de l'embrasser partout il avait un accès.

Le reste de la matinée se passa en caresses, gémissements, rires et soupirs.


A midi, Draco décida qu'il était temps de sortir du lit.

- Allez Harry ! Debout ! Je t'emmène chez moi. Il est temps de présenter Henry ! Il devait être rentré à cette heure.

Soudainement inquiet et intimidé, Harry dit :

- Maintenant ? Je croyais qu'on attendait la fin de la semaine ...

- Oui maintenant Harry ! Je ne veux pas continuer à me cacher. Je veux que la terre entière sache que Draco Malefoy est devenu poufsouffle et qu'il est raide amoureux de Harry Potter. Et ne t'inquiète pas, mon fils va t'adorer !

Ils filèrent sous la douche – qui prit plus de temps que nécessaire – et quittèrent le duplex sur le coup de 13 heures.

La maison de Draco sur Turnham Green Terrace à Chiswick était un élégant manoir en briques rouges. Deux grandes bow windows aux châssis blancs encadraient un perron à colonnes, blanches également.

A l'étage, les fenêtres donnaient sur deux jolis balcons.

On arrivait à l'entrée en remontant une allée bordée de plates-bandes, plantées d'hortensias, d'azalées et de rhododendrons blancs et rouges.

Dans le hall d'entrée, donnait un grand escalier tournant en marbre blanc. Le hall s'ouvrait à gauche sur une salle à manger aux dimensions impressionnantes et sur un salon à la fois sobre et accueillant. A droite se trouvait la bibliothèque et le bureau de Draco.

On accédait à la cuisine par la porte du fond. Elle était grande, toute en bois clair et superbement aménagée.

A leur arrivée, Harry et Draco furent accueilli par un elfe de maison.

- Maître Draco, dit celui en s'inclinant poliment.

- Bonjour Bilbo. Je te présente Harry Potter.

- Bonjour Monsieur Potter.

- Mon fils est-il déjà rentré ?

- Maître Henry est rentré il y a une heure. Il est dans sa chambre.

- Parfait. Bilbo, veux-tu nous préparer un déjeuner pour Henry, Harry et moi s'il te plaît ?

- Bien Maître Draco. Il sera prêt dans un quart d'heure. Maître Draco souhaite-t-il être servi à la salle à manger ?

- Non, Bilbo. Nous déjeunerons sur la terrasse.

- Bien Maître Draco, dit en s'inclinant une dernière fois avant de disparaître dans un petit « plop ».

A ce moment, des bruits de pas précipités se firent entendre à l'étage. Une petite tête blonde passa au-dessus de la rambarde en criant « Papaaaaaa ! ». Le petit bonhomme de 8 ans dévalait maintenant les escaliers et se jeta dans les bras de son père.

Harry était ému par cette scène. Il n'avait jamais imaginé Draco en père aimant et attentionné. Il faut dire que Lucius n'était pas forcément l'exemple du père modèle.

- Mon poussin ! Dit Draco en soulevant son fils du sol et en le faisant tournoyer au-dessus de lui. Tu m'as manqué, tu sais !

- Toi aussi papa, dit Henry en nouant ses petits bras autour du cou de son père.

A ce moment, il avisa l'inconnu qui se tenait derrière son père. Il eut un mouvement de recul en le reconnaissant et sa bouche formant un rond parfait tandis que ses yeux s'écarquillaient d'émerveillement.

Draco reposa son fils par terre et lui dit :

- Henry, je te présente Harry. Harry Potter.

Le petit garçon restait totalement pétrifié devant son idole.

- Henry, dit sévèrement Draco. Ferme la bouche, tu vas avaler une mouche ! Et est-ce une façon de saluer les invités ? Je pense t'avoir élevé mieux que cela !

Le petit blond se ressaisit et tendit une main potelée à Harry.

- Bonjour Monsieur Potter. Mon nom est Henry Malefoy. Je suis enchanté de faire votre connaissance, débita-t-il d'une traite.

Harry ne put s'empêcher de sourire devant la version miniature de Draco Malefoy. Le petit garçon était blond comme son père et même si ses yeux étaient d'un bleu limpide et non gris, les traits fins de son visage, son petit nez en pointe et son petit menton relevé appartenaient indiscutablement à la lignée Malefoy.

Harry prit la main de Henry et le salua à son tour.

- Bonjour Henry. Je suis ravi de te rencontrer. Ton papa m'a beaucoup parlé de toi. Et tu peux m'appeler Harry, tu sais.

Draco s'accroupit à hauteur de son fils et lui dit d'emblée :

- Harry est un ami de papa. Un grand ami de papa. A partir de maintenant, tu le verras souvent au Manoir.

Henry acquiesça, trop heureux d'avoir son idole en chair et en os sous ses yeux.

- Bien maintenant allons déjeuner.

Harry suivit Draco et son fils sur la terrasse à l'arrière de la maison. Elle donnait sur un immense jardin à l'anglaise, planté de dizaines de variétés de roses toutes plus odorantes les unes que les autres.

Harry remarqua qu'à gauche du jardin, il y avait une grande pelouse cachée à la vue des moldus par un sort, et qui servait manifestement de terrain de quidditch. Il demanda :

- Henry, tu as déjà un balai volant ?

- Oui ! Papa m'en a acheté un à ma taille pour mon anniversaire !

- Ça te dirait de faire une partie de quidditch après le déjeuner ... si ton père est d'accord évidemment, dit-il en se tournant vers l'intéressé.

Le regard implorant que son fils lui lança dissuada Draco de le contrarier. Il acquiesça en souriant.

Le bambin se jeta dans les jambes de son père avant de faire pareil dans celles de Harry.

Le déjeuner se passa tranquillement. Henry était particulièrement bien élevé et se retenait d'assaillir Harry de toutes sortes de questions même si on sentait qu'il en mourrait d'envie. Il se contentait de le regarder avec des yeux émerveillés.

Alors que le garçon allait chercher son balai, Harry dit :

- Ton fils est super Draco. Tu l'as vraiment bien élevé ...

- Merci. Et il est comme moi ... il te regarde comme si tu étais la 7ème merveille du monde.

- Seulement la 7ème ? Dit Harry faussement vexé.

Draco posa un chaste baiser sur la tempe de son amant et l'enlaça par la taille.

A ce moment-là, Henry revint avec son balai. Harry voulut se dégager mais Draco l'enlaça plus fermement. Il souffla à l'oreille du brun :

- Laisse Harry. Autant qu'il s'y habitue ...

Henry passa à côté des adultes sans rien remarquer ou en tout cas, sans faire de commentaire. Ils se dirigèrent tous les trois vers le terrain. Draco ouvrit une petite remise de laquelle il sortit deux Eclairs de feu.

- Rien à voir avec ton Thunder Bird, mais je sais que tu apprécies particulièrement ces balais, dit le blond en souriant ...

- En effet, répondit le brun en repensant avec émotion à son propre Eclair de feu, cadeau de son défunt parrain, et avec lequel il avait remporté la première tâche du Tournoi des Trois sorciers.

Henry était aux anges : il volait avec Harry Potter ! Il riait aux éclats mais écoutait aussi avec beaucoup d'attention tous les conseils qu'Harry lui prodiguait.

L'après-midi passa rapidement, y compris pour les adultes.

- Dis Draco ? Ça te dit de faire un un contre un ? Le premier qui attrape le Vif d'Or trois fois d'affilée !

- Et quelle sera ma récompense ? Questionna le blond avec un sourire entendu

- Ah ... parce que tu espères gagner ? Dit Harry

- Effrayé Potter ?

- Dans tes rêves Malefoy !

C'était leur réplique fétiche. Celle qui, depuis leurs 12 ans, faisait remonter à la surface toutes leurs luttes, toutes leurs bagarres d'adolescents. Mais aujourd'hui, la réplique n'avait plus le goût de la haine comme des années auparavant.

Draco retourna à la remise d'où il sortit cette fois une malle contenant toutes les balles du quidditch. Il prit le Vif d'Or qu'il tendit à Henry.

- Tu le lâcheras quand je te le dirai ok ?

- Oui, papa !

Harry et Draco s'élevèrent dans les airs et se dernier cria à l'attention de son fils :

- Vas-y Henry ! Lâche le Vif !

La petite balle s'échappa des mains de l'enfant et les adultes se mirent immédiatement en chasse.

Harry ne pouvait s'empêcher de contempler Draco qui avait toujours eu une façon très élégante de voler. Ses virages étaient fluides, sa position sur le balai souple.

La lutte fut plus âpre que le brun n'imaginait.

En bas, un petit garçon ravi battait des mains et encourageait les deux hommes d'égale manière.

Finalement, c'est Harry qui remporta la partie.

Sur le chemin retournant au Manoir, le cœur de Harry se serra quand une petite main se glissa sans rien dire dans la sienne.

Après avoir partagé un souper léger, Draco demanda à son fils de se préparer pour la nuit.

- Monte te mettre en pyjama et te brosser les dents. J'arrive dans 10 minutes pour te dire bonsoir.

Le petit garçon s'approcha de Harry.

- Bonne nuit Harry. Merci pour cet après-midi, c'était très agréable.

Et sans crier gare, il noua ses petits bras autour du cou du brun, sous le regard attendri et heureux de Draco.

Les adultes terminèrent leur repas en devisant gaiement.

- Bilbo ! Appela Draco

- Maître Draco ?

- Accompagne Harry au salon et sers-nous deux cognacs s'il te plaît.

- Bien Maître Draco.

Se penchant vers Harry, le blond lui dit :

- Je reviens tout de suite. Je vais embrasser mon fils.

- Prends ton temps.

Draco monta à l'étage et pénétra dans la chambre de son fils, le Temple d'Harry Potter comme il aimait l'appeler.

Son fils était déjà couché, la couette parsemée de vifs d'or, remontée jusqu'au menton.

- Bonne nuit, mon poussin. Tu as été formidable aujourd'hui. Harry t'aime beaucoup tu sais.

- Je l'aime beaucoup aussi. Il est très gentil.

Il ferma les yeux mais alors que son père se levait pour quitter la chambre, il se redressa et dit :

- Il t'aime beaucoup aussi tu sais ...

- Qui donc mon poussin ?

- Harry

- ...

- Je suis content pour toi papa ...

- Merci mon coeur, dit-il en l'embrassant sur le front, des larmes dans les yeux.

De retour dans le salon, Draco s'arrêta un instant sur le seuil, contemplant Harry de dos, debout devant la cheminée. Il regardait les différentes photographies, moldues et sorcières qui en ornaient le manteau.

Le blond s'approcha et entoura la taille de son amant, le serrant contre son torse.

- Il est heureux pour moi. Il me l'a dit.

- Oh Draco, dit Harry en se retournant pour lui faire face. Crois-tu qu'il a compris ...

- Oui ... mon fils est intelligent. Il a compris l'essentiel : tu me rends heureux. Le reste, je le lui expliquerai en temps utile.

Harry était soulagé. Il se serra plus étroitement contre son amant.

- Reste ce soir, souffla Draco dans son oreille. S'il te plaît.

- D'accord.

Ils montèrent dans la chambre de Draco où, après avoir jeté un sort de silence et un sort de fermeture, ils s'aimèrent toute la nuit passionnément.


En descendant à la cuisine le lendemain matin en compagnie de Draco, Harry était tout de même un peu anxieux de la réaction du petit garçon. Celui-ci bondit sur ses pieds et courut vers le brun pour l'embrasser en criant : « Harryyyyyyyy ! ».

- Bonjour mon bonhomme !

Harry avisa alors une jeune dame qui le regardait d'un air étonné. Draco intervint :

- Bonjour Helena. Je vous présente Harry Potter. Harry, voici Helena, la nounou de Henry.

- Bonjour Helena, dit Harry en lui tendant la main. Enchanté.

Helena reprit ses esprits et salua Harry avec un grand sourire.

- Monsieur Potter ! C'est un honneur de vous rencontrer ! Dit-elle en rougissant.

- Oh appelez-moi Harry, voyons !

Draco, qui assistait à l'échange, décida de mettre les choses au clair directement et enlaça Harry avant de déposer un baiser léger sur sa tempe.

Harry le regarda, stupéfait.

- Helena a fait un serment inviolable de ne jamais divulguer ce qu'elle sait à propos de moi, Henry ou des personnes qui m'entourent. Tu n'as donc rien à craindre.

La nommée Helena fit un sourire contrit et reprit ses occupations.

- Tu ne plaisantes pas avec ta vie privée dis donc, dit Harry lorsqu'ils furent seuls.

- Non, ni avec celle de mon fils.

Après avoir avalé un copieux petit-déjeuner, Harry se leva de table :

- Je vais devoir y aller Draco. J'ai rendez-vous avec ma nouvelle équipe ce matin et je ne voudrais pas faire la star qui se permet d'arriver en retard dès le premier jour ...

- Faire la star, c'est ce que tu fais de mieux depuis que tu as onze ans, Potter ... dit Draco avec un sourire en coin.

La remarque aurait pu être blessante dans un autre contexte mais le sourire de Draco s'était étendu jusqu'à ses yeux et n'avait rien d'ironique.

Harry se pencha pour l'embrasser.

- Je t'aime !

Et il transplana.