Disclaimer : tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling
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Chapitre 4
Fin Août 2008
Harry arriva au stade de Quidditch des Chelsea's Eagles parfaitement à l'heure.
L'entraîneur de l'équipe, José Da Silva, l'accueilli chaleureusement.
- Sois le bienvenu Harry. Je te présente Max Gallart, l'entraîneur adjoint et Josh Hastings, le préparateur physique. Max te fera visiter le stade et tous les locaux annexes après l'entraînement. Mais d'abord, je vais te présenter l'équipe !
Harry suivit son nouveau coach dans le dédale des sous-sols du stade. Ils arrivèrent sur l'immense arène de sable où l'entraînement avait déjà commencé.
A l'aide d'un sonorus, le coach rappela tous les joueurs qui mirent pied à terre et se dirigèrent vers le nouveau venu.
- Les garçons, je vous présente Harry Potter, notre nouvelle recrue. Évidemment vous le connaissez tous et vous connaissez sa réputation. C'est une grande chance de l'avoir parmi nous. Il jouera comme poursuiveur dans l'équipe A en remplacement de Don Richmond. Je vous demande de l'accueillir comme il se doit ! Harry, je pense que tu connais déjà certaines têtes pour les avoir affrontés quand tu étais à Milan mais je fais quand mêmes les présentations : dans l'équipe A, voici Mark Ferguson, gardien, Enzo Di Stefano et Alexei Ivanov, poursuiveurs, Ahmed El Idrissi et Andrew Lincoln, batteurs. Et enfin, Isaac Smith, notre Attrapeur. Pour l'équipe B : Eddy Lancaster, gardien, Olav Svenson, Leroy Jonhson et Jack Pierson, poursuiveurs, François Duvivier et Kambo Kandoro, batteurs. Il n'y a pas d'attrapeur dans l'équipe B.
- Enchanté, dit Harry. Je connais en effet déjà un certain nombre d'entre vous et c'est un plaisir de faire partie des vôtres dorénavant.
Tous les joueurs le saluèrent et lui souhaitèrent la bienvenue. Enzo et Alexei, ses coéquipiers directs étaient enchantés de l'avoir avec eux.
- Harry, on connaît tes exploits. Je suis sûr que tu seras excellent au poste de poursuiveur. En tout cas, on fera tout pour avoir une bonne cohésion, dit Enzo de son anglais teinté d'accent italien.
- Grazie mille, Enzo. Sono molto felice di essere qui, dit Harry qui avait fini par apprendre l'italien en vivant à Milan.
Chacun allait retourner à l'entraînement et Harry se préparait à les suivre quand Isaac Smith se posta devant lui. Isaac était blond cendré, fluet, avec des yeux bleus gris.
- Salut Isaac ...
- Potter.
- Comment vas-tu ? Ça fait longtemps ...
- Ne te crois pas obligé de me faire la conversation Potter. Ici, l'Attrapeur c'est moi. Toi, tu n'es que poursuiveur et je m'emploierai chaque jour à te rappeler quelle est ta place.
Et sur ces mots, il tourna les talons.
Harry soupira. Il se doutait que les choses ne seraient pas simples avec Isaac.
A l'issue d'un match particulièrement disputé au terme duquel les Falconi l'avaient emporté, Harry et Isaac s'étaient retrouvés au bar de l'hôtel et ensuite dans la chambre du brun. Les cheveux blonds et l'arrogance d'Isaac avait fait illusion auprès de Harry le temps d'une nuit. Mais comme tous les autres, il avait été remercié sitôt la besogne terminée.
- Va-t-en, avait dit Harry
- Quoi ?
- J'ai dit va-t-en.
- Mais tu te prends pour qui bon sang ? Tu crois que tu peux me jeter comme ça ?
- Non seulement je le crois mais je le fais.
Isaac, dans une vaine tentative d'amadouer le brun, avait demandé :
- Pourquoi Harry ?
- ... Parce que tu n'es pas lui, avait-il répondu dans un souffle.
- T'es vraiment un salaud Potter. On fait l'amour et toi ...
- On n'a pas fait l'amour. Je t'ai baisé, nuance.
Isaac était parti en claquant la porte.
Indépendamment de la froideur d'Isaac Smith, l'entraînement se déroula à merveille. Compte tenu de son talent à manier un balai, Harry se révéla tout aussi doué au poste de poursuiveur que d'attrapeur. Il évitait cognards et adversaires avec une facilité déconcertante. De plus, il y avait une cohésion instinctive avec Enzo et Alexei, ce qui renforçait leur efficacité.
Le coach était ravi et c'est avec un sentiment très positif qu'Harry regagna son appartement.
Les jours et les semaines passèrent, rythmées par les entraînements et les moments passés avec Draco. Harry et lui ne se cachaient plus mais comme ils évoluaient essentiellement dans le monde moldu, leur relation ne semblait pas encore avoir été découverte par le monde sorcier.
Ce fut cependant chose faite lors d'un match opposant les Eagles aux Canons de Chudley. Draco était venu encourager son amant et ils furent pris en photo alors qu'Harry montait dans la porsche noire du blond. Sachant la rivalité qui opposait l'ex-gryffondor et l'ex-serpentard, ce fait pourtant anodin attisa la curiosité des journalistes.
L'un d'entre eux parvint à les suivre jusqu'au duplex de Harry et nota que Draco l'y avait accompagné pour en ressortir seulement le lendemain matin.
Il ne fallut pas deux jours à Sorcière Hebdo pour titrer
« Harry Potter et Draco Malefoy. Le couple le plus improbable de l'année !
de notre correspondante Elvira Comère.
A l'issue du match opposant les Eagles aux Canons ce samedi, la nouvelle vedette des Eagles, Harry Potter a été vu en compagnie de l'ex-mangemort Draco Malefoy. Il semblerait que Harry Potter, dont l'homosexualité est connue depuis un certain temps déjà, entretienne une relation amoureuse avec le richissime héritier depuis plusieurs semaines. Rien ne pouvait par contre laisser supposer que Draco Malefoy, veuf d'Astoria Greengrass et père d'un garçon de 8 ans, partageait également cette orientation. Voilà qui va briser le cœur de nombreuses sorcières qui espéraient se faire passer la bague au doigt par un des célibataires les plus convoités de Grande-Bretagne ! - Voyez notre article complet en page 6»
Harry et Draco étaient prêts à faire face à la déferlante médiatique liée à leur couple et ne firent rien pour confirmer ni infirmer les faits.
Ils assistaient ensemble aux réceptions, Draco assistait à tous les matches de Harry en compagnie de son fils, et ils se tenaient par la taille dans la rue. Un jour, on les voyait arpenter le Chemin de Traverse, Henry juché sur les épaules de son père, en compagnie de Harry et d'Helena, la nounou. Un autre jour, on voyait Harry emmenant Henry manger une glace chez Florian Fortarôme.
Chaque jour, une nouvelle photo confirmait ce que tout le monde sorcier commençait à intégrer : Harry Potter et Draco Malefoy filaient le parfait amour.
Mi-novembre 2008
Au milieu du mois de novembre, une grande fête fut donnée pour les 30 ans de Mark Ferguson, le gardien des Eagles. Tous les membres de l'équipe étaient invités ainsi que leurs « moitiés » respectives. Harry vint donc en compagnie de Draco que seuls quelques joueurs connaissaient déjà.
A l'idée de se trouver au milieu de « tous ces mâles qui lorgnaient éhontément son homme sous la douche » Draco décida de jouer le grand jeu.
Il était absolument époustouflant dans un costume noir à doublure violette signé Ozwald Boateng. Il portait dessous une chemise noire et une cravate du même ton que la doublure. Ses cheveux blonds étaient artistiquement décoiffés pour retomber en mèches souples sur son front et ses yeux.
Harry n'était pas peu fier de l'effet que son amant produisait dans l'assemblée, même parmi par les purs produits hétéros. Quant aux femmes présentes, n'en parlons pas, elles étaient toutes sur le point de tomber en pâmoison.
Mais Draco n'avait d'yeux que pour son Harry, élégamment vêtu d'un costume Tom Ford gris ardoise, sur une chemise en soie gris perle déboutonnée au col, avec un nœud papillon négligemment défait. Avec ses cheveux toujours en bataille et ses yeux brillants, il avait l'air de s'être envoyé en l'air deux minutes avant.
La soirée fut une réussite. Tout le monde appréciait la répartie parfois cinglante de Draco et son humour caustique. Enfin presque tout le monde ...
A la fin de la soirée, Isaac Smith s'était planté devant Harry et sans un regard pour Draco, il avait lancé :
- C'est lui, n'est-ce-pas ? Quand tu m'as baisé ce soir-là et que tu m'as dit de me tirer parce que je n'étais pas lui ...
- Isaac, coupa Harry craignant la réaction de Draco.
Isaac toisa alors Draco de haut en bas et avec un sourire mauvais, il lui dit :
- Ça ne te gêne pas de savoir qu'avant toi, ton mec s'est tapé tous les blondinets possibles et imaginables ?
Un Malefoy n'était jamais toisé par qui que ce soit et Harry sentit la magie de Draco qui sourdait à travers ses pores. Le blond dit sur ton aussi tranchant que l'acier de ses yeux :
- Mon mec aurait pu se taper la terre entière qu'il n'en demeure pas moins qu'il vous a éjecté toi et les autres parce que vous n'étiez pas moi... ce qui doit te donner une idée de la pathétique insignifiance de ton existence.
Et se penchant à l'oreille de l'attrapeur pour que seul lui l'entende, il murmura :
- Toi, tu n'es rien. Tu avais à peine quitté son lit qu'il t'avait déjà oublié. Moi, je suis là. Je dors avec lui. Je me réveille avec lui. C'est mon prénom qu'il crie quand il jouit. Toi, au mieux il t'a baisé. Mais c'est moi qui lui fais l'amour. Alors même ton cerveau atrophié doit pouvoir comprendre que tu n'as jamais rien représenté pour lui, tout simplement parce que tu n'es pas moi, dit-il en martelant chaque mot.
Puis se redressant, il termina plus fort :
- Maintenant dégage.
Isaac était sonné. Il ne put qu'obtempérer et quitta les lieux sans demander son reste.
- Je rentre, dit Draco en transplanant.
Harry était paniqué. Il trouva rapidement Ferguson pour le remercier pour la soirée et lui dire qu'il partait.
Il transplana d'abord à son appartement puis, constatant qu'il était vide, au Manoir de Draco.
Son premier réflexe fut de constater avec soulagement que Draco ne lui en avait pas interdit l'accès. Il trouva le blond, debout, appuyé contre le manteau de la cheminée, la tête entre les bras.
Harry s'approcha doucement.
- Draco ... je suis désolé ... Je t'en prie, pardonne-moi.
Draco se redressa.
- Il n'y a rien à pardonner Harry. Je ne suis pas naïf tu sais ... je sais très bien que tu as eu des amants avant moi. J'ai fait pareil ...
Harry ne savait que penser de cette affirmation. Draco reprit :
- Harry, je ne t'en veux pas ... cet insignifiant veracrasse ne représentait rien pour toi, je le sais.
- Qu'y a-t-il alors ? demanda le brun en enroulant ses bras autour de la taille du blond.
Draco restait silencieux. Soudain, Harry sentit les épaules de son amant tressauter. Il pleurait. Or, Draco ne pleurait jamais.
- Merlin, Draco ! Qu'y a-t-il ? Parle-moi !
Draco se retourna et serra Harry dans ses bras comme si sa vie en dépendait.
- ... c'est tellement dur à supporter ...
- Quoi donc ?
- ... tout ce temps qu'on a perdu par la faute des autres ... ce qu'ils nous ont obligé à faire ...
- Je sais mon amour, mais c'est fini maintenant. On est ensemble.
- ... tu ne comprends pas Harry ... je ... parfois, je sens une telle haine en moi que je serais capable de les tuer, tous, les uns après les autres en terminant par la Weasley, pour ce qu'ils nous ont fait subir ... Je te jure que je suis capable d'utiliser sur eux tous les pires sorts de magie noire pour qu'ils souffrent comme j'ai souffert ... Mais le pire, c'est de savoir qu'en faisant cela, je te ferai du mal ... car toi, en dépit de tout, tu les aimes ...
- Oui Draco, je les aime ... mais je t'aime toi encore davantage. Et c'est pour ça que ça me ferait mal. Parce que l'homme que j'aime n'est pas un meurtrier ... Et puis, il y a Henry. C'est ce que tu as fait de plus beau dans ta vie, et aucun enfant ne mérite de savoir son père à Azkaban... Je comprends ta colère, j'ai ressenti la même. Mais j'ai lâché prise car je me suis rendu compte que ça m'empêchait de vivre pleinement mon amour pour toi. Alors apaise ton cœur, Draco ... pour moi, pour Henry, pour toi.
Harry avait trouvé les mots justes et Draco le serra encore davantage contre lui. Puis il s'écarta et le fixa intensément de ses prunelles couleur de mercure. Au bout d'un instant, il dit :
- Epouse-moi Harry.
- ... quoi ... que ?
- Epouse-moi. Je sais que c'est précipité, qu'on sort ensemble seulement depuis quatre mois mais laisse-moi, avec Henry, être ta famille. Reste avec nous ... avec moi. Pour toujours.
Harry le regarda d'abord avec stupéfaction. Puis quand les mots du blond se frayèrent un chemin de son cerveau à son cœur, une joie incommensurable se répandit dans ses veines.
- Oui, Draco ... OUI ! Merlin oui ! Je veux t'épouser !
- Je voulais te faire ma demande à Noël dans un cadre hyper romantique – je sais que tu adores ça – pas à moitié débraillé au milieu de mon salon ... sans même quelque chose à t'offrir ... Oh Merlin, quelle demande pourrie ... se lamentait le blond.
- Ça m'est égal Draco ... je me moque qu'on soit au milieu de ton salon, que tu sois débraillé ... tu n'es pas débraillé ... tu es beau, tu es à moi et ... tu parles trop.
Harry le fit taire d'un baiser renversant. A bout de souffle, il dit :
- ... et ce n'est pas vrai que tu n'as rien à m'offrir ...
Sur ces mots, il transplana dans la chambre de Draco.
Après avoir jeté un sort de silence et un colla porta informulés, Harry ôta la veste de son amant. Il dénoua sa cravate et entreprit de défaire les boutons de la chemise un par un. Quand ce fut fait, il fit glisser le tissu des épaules du blond. Il caressa le torse diaphane d'un mouvement aérien qui arracha un soupir à Draco.
Puis, lentement, sans jamais quitter son amant des yeux, il s'agenouilla devant lui. Il défit la ceinture et l'agrafe du pantalon. La fine étoffe du boxer noir que portait Draco ne cachait rien du désir grandissant qui naissait en lui.
D'un geste d'une lenteur calculée, Harry dégagea le membre dressé de son amant de sa prison de coton et l'approcha de ses lèvres. Draco avait cessé de respirer tant la vision d'Harry, à genoux devant lui, les yeux brillants et la bouche gourmande, lui bouleversait les sens. Il inspira brutalement quand les lèvres douces et pleines du brun se refermèrent sur lui et quand sa langue tiède et humide caressa son extrémité sensible. Lorsque le mouvement se fit plus profond et qu'Harry l'aspira tout entier, Draco expira dans un râle puissant. Le plaisir était dévastateur et bientôt ses jambes ne le porteraient plus.
Harry poursuivit la torture malgré les suppliques de Draco et il laissa son amant se libérer dans sa bouche.
D'un sort, il le dévêtit complètement et lui également. Il se redressa pour embrasser le blond et partager avec lui sa saveur. Au passage, il caressait ses hanches, ses fesses, sa taille, son torse tout en poussant son amant à s'allonger sur le lit.
Harry se coucha sur lui et quand leurs virilités entrèrent en contact, ce fut comme un courant électrique qui les parcourut, enflammant leurs sens. Ils n'avaient pas assez de leurs mains pour se toucher, se caresser et pas assez de leurs bouches pour se goûter. L'échange se fit plus rude, plus brutal, plus violent. Chacun voulait tout de l'autre mais à ce moment précis, Draco voulait Harry.
Draco n'avait jamais été dominé dans une relation mais cela allait changer aujourd'hui. Car c'était Harry. Et à Harry, il était prêt à tout donner.
Il saisit la tête du brun entre ses mains et le fixa avec des yeux brillants. Il lui dit :
- Viens. Maintenant.
- Draco ... tu es sûr ?
- Oui. J'ai envie de toi. En moi.
Harry ne se fit pas prier. Il était ému au-delà des mots du cadeau que lui faisait son amant et était bien décidé à le récompenser en retour.
Après l'avoir préparé avec tendresse et précaution, Harry s'insinua en Draco. Il s'immobilisa quelques instants afin de lui permettre de s'acclimater à sa présence. Il l'embrassa tendrement, puis plus intensément en lui répétant combien il l'aimait.
- Bouge Harry ... lui intima Draco qui perdait déjà pied rien qu'à sentir l'imposante présence du brun à l'intérieur de lui.
Harry entama un lent mouvement de va-et-vient. Trop lent au goût de Draco qui d'un mouvement brusque, attrapa les fesses de son amant et attira son bassin vers lui, s'empalant sur l'entièreté du membre d'Harry.
Draco ne cria pas de douleur mais de plaisir quand le sexe du brun butta contre sa prostate.
Jamais il n'avait ressenti une pareille sensation. Il crut trépasser quand Harry recommença, se retirant pour mieux revenir encore et encore.
Le brun accentua la vigueur et la vitesse de ses coups de rein et bientôt, il fut à la limite de sa propre délivrance, la vue du plaisir sur le visage de son amant décuplant sa propre excitation.
Ils se libérèrent tous les deux dans un cri de pure extase, Draco entre eux deux et Harry en Draco.
Le brun s'effondra, essoufflé, sur le torse de son amant. Draco, encore tremblant du plaisir qu'il avait ressenti, serrait Harry contre lui.
- Merlin ... souffla-t-il. Je n'ai jamais ressenti quelque chose d'aussi ... intense.
- Et bien maintenant, tu sais ce que moi je ressens quand tu es à l'œuvre, répondit Harry en souriant tendrement.
Ils étaient allongés l'un contre l'autre depuis plusieurs minutes, savourant en silence l'accalmie qui suivait le plaisir dévastateur. Harry redessinait du bout des doigts les muscles parfaits du ventre de Draco quand il demanda :
- Draco ?
- Hmmm ?
- Tu me laisserais adopter Henry ?
- Quoi ? Dit le blond en redressant sur un coude pour fixer son amant dans les yeux
- Je ... si on se marie ... je voudrais être le second père de Henry ... Je l'aime, ce petit bonhomme, tu vois ... Et comme ça, si jamais il nous arrivait quelque chose à toi ou à moi, il serait à l'abri ... Mais si tu n'es pas d'accord, ce n'est pas grave ! s'empressa d'ajouter Harry devant le mutisme de Draco.
- Merlin Harry ... évidemment que je suis d'accord ! Seulement, je ne pensais pas que tu t'y attacherais si vite ...
- J'ai toujours voulu avoir des enfants ... mais j'avais renoncé à cette perspective.
- Je t'aime Harry et tout ce que je veux, c'est te rendre heureux.
- Tu me rends heureux Draco. Plus que je ne saurais le dire ... Si tu le permets, j'aimerais en parler avec Henry pour lui demander s'il est d'accord.
- Il sera ravi...
Le lendemain était un dimanche et Draco prétexta avoir du travail pour laisser Henry seul avec Harry.
Le garçon était très à l'aise avec Harry. Il avait parfaitement intégré ce dernier dans sa vie et ne se préoccupait pas des commentaires parfois désobligeants qu'il entendait à propos de son père et de son ami.
Harry proposa une partie d'échecs sorciers, jeu auquel le petit blond était extrêmement doué. Après avoir pris la pâtée à trois reprises, Harry tâta le terrain.
- Dis-moi Henry ... tu sais que ton papa et moi on s'aime beaucoup ...
Le petit garçon ramena ses jambes devant lui dans le fauteuil et les entoura de ses bras. Il agita la tête en signe d'assentiment.
- Bien ... ça ... ça t'embêterait si ... par exemple, je venais habiter ici ... avec vous deux ?
Merlin que c'est difficile pensa Harry.
Henry regarda Harry avec une acuité peu commune pour un enfant de cet âge et dit :
- Tu sais Harry, mon papa a toujours été quelqu'un de triste ... Il ne pleurait pas car un Malefoy ne pleure jamais, mais je savais qu'il était triste. Ça se voyait dans ses yeux. Au début, je croyais que c'était à cause de maman, parce qu'elle était morte et qu'elle lui manquait. Mais un jour j'ai compris que ce n'était pas maman qui manquait à papa... Il a une photo de toi dans son bureau Harry. Et quand il est trop triste, il s'y enferme et la regarde pendant des heures en te parlant ... Je le sais parce qu'un jour, j'ai désobéi et je suis entré dans son bureau. Je me suis caché derrière un fauteuil quand il est entré et je n'ai pas bougé, de peur d'être grondé s'il me trouvait. Je l'ai entendu ouvrir un tiroir et puis il a parlé. Il te disait que tu lui manquais, que chaque jour sans toi était plus dur que le précédent et qu'il tenait parce que moi j'avais besoin de lui. Il te parlait aussi de tes matches quand il allait les voir, de combien il était fier de toi ... Après ce jour-là, j'ai mis des posters de toi dans ma chambre pour qu'il ne soit plus obligé de s'enfermer dans le bureau et je lui ai demandé de me parler de toi car je savais que vous aviez été à l'école ensemble ... Je ne sais pas si ça l'a rendu moins triste mais tous les soirs il me racontait une anecdote de Poudlard.
Harry avait les larmes aux yeux. Il n'imaginait pas que Draco ait autant souffert de leur séparation. Le petit garçon poursuivit :
- Depuis que tu es là, papa n'est plus triste. Il est heureux.
Henry se leva et se dirigea vers Harry. Il s'assit sur ses genoux et le serra contre lui en disant :
- J'aime mon papa et je t'aime aussi Harry. Je voudrais que tu sois mon deuxième papa.
Harry était incapable de parler. Il croassa plus qu'il ne dit :
- Je t'aime aussi bonhomme et je serais ravi d'être ton deuxième papa.
Finalement, il n'avait rien eu à demander. Le petit garçon avait fait tout le travail à sa place. Après l'avoir serré une dernière fois contre lui, Harry se leva pour rejoindre Draco.
Il frappa doucement à la porte du bureau. Un « entrez » lui répondit.
Quand Draco le vit, les yeux rougis, il se leva brusquement et se précipita vers lui.
- Merlin Harry ! Que s'est-il passé ? Ça n'a pas été ? Il a ... dit non ?
- Il est d'accord Draco ! Il est d'accord !
- Et c'est ça qui te mets dans des états pareils ? Rigola le blond
- ouais ... ça va ! Je suis un poufsouffle émotif, ok ?
Alors que les deux hommes se tenaient serrés dans les bras l'un de l'autre, Harry dit :
- Tu n'en auras plus besoin ...
- De quoi donc ?
- De la photo de moi que tu caches dans ton bureau ...
Le blond se recula, sidéré.
- Mais ... de quoi parles-tu ? Comment ...
- Henry.
- Merlin. Cet enfant est trop intelligent pour son propre bien ...
- Il t'aime Draco. Il était malheureux de te voir ainsi ... Je te croyais quand tu me disais avoir souffert mais je n'imaginais pas à quel point ... Je suis tellement désolé.
- Ne le sois pas Harry. Tu es là, maintenant. Et c'est la seule chose que je veux retenir ... hormis le fait que tu vas devenir mon mari et le père de mon fils !
Ils rirent, simplement heureux d'être ensemble.
- Ça te dit de me rejoindre demain midi au Chemin de Traverse ? On a des alliances à choisir ! Dit le blond
- Je passe te prendre à ton cabinet. On transplanera ensemble.
Le mardi suivant, la Gazette du Sorcier titrait :
« Y a-t-il du mariage dans l'air ?
Harry Potter et Draco Malefoy ont été aperçus sortant main dans la main de la bijouterie Goldberg sur le Chemin de Traverse. De source sûre, nous pouvons vous confirmer que les deux tourtereaux y ont acheté des alliances. Ceci confirme les rumeurs qui parlent d'un prochain mariage entre le joueur vedette des Eagles et le célèbre avocat d'affaires ».
Le samedi suivant, Harry et Draco avait rendez-vous au Ministère de la Magie pour officialiser leur union. De commun accord, ils avaient décidé de se marier sans plus attendre et sans cérémonie fastueuse. Ils ne voulaient pas d'un grand mariage avec des centaines d'invités, plus hypocrites les uns que les autres.
Par contre, ils choisirent directement de célébrer un mariage sorcier et non moldu. Par ce geste, ils proclamaient au monde sorcier que rien ne pourrait jamais les séparer. En effet, la particularité du mariage sorcier était d'être indissoluble.
Les témoins étaient Ron Weasley pour Harry et Blaise Zabini pour Draco.
Par amour pour Harry, Draco n'avait pas protesté quand le brun lui avait demandé d'inviter les Weasley, parmi lesquels Ginny et son mari Neville. Il s'était dit qu'il s'agissait finalement d'une douce vengeance que de leur montrer à tous combien lui et Harry s'aimaient.
Draco n'avait pas souhaité demander une permission du Ministère pour faire revenir sa mère d'exil le temps du mariage. Il lui avait écrit pour lui annoncer la nouvelle. Elle avait poliment répondu qu'elle lui souhaitait beaucoup de bonheur, tout en insistant pour que son père n'en sache jamais rien.
Il avait également averti Matthew et Eléonore Greengrass non seulement de son mariage mais également de la volonté de Harry d'adopter Henry. Ils ne se formalisaient pas du remariage de Draco avec un homme car ils savaient qu'il n'y avait jamais eu d'amour entre leur fille et le jeune homme. Leur seule inquiétude résidait dans les relations qu'ils souhaitaient maintenir avec leur petit-fils. Ce fut Harry qui les rassura personnellement : ils étaient les grands-parents de Henry et ils feraient toujours partie de sa vie. C'est donc avec plaisir qu'ils accompagnèrent Henry et Helena, la nounou pour assister au mariage de Draco et Harry.
Draco avait également convié Pansy Parkinson avec laquelle il avait toujours eu de bons contacts ainsi que son mari, Théodore Nott.
Tout ce petit monde était réuni dans une salle, joliment décorée par les soins de Molly Weasley et Eléonore Greengrass qui, contre toute attente, s'entendaient fort bien. La salle était circulaire. Sur le pourtour, à intervalles réguliers se dressaient de grandes vasques de lys et de narcisses qui rappelaient les mères absentes des futurs époux.
Le plafond avait été modifié magiquement pour ressembler à une nuit étoilée.
Harry et Draco avaient revêtu des habits de cérémonie sorciers. Ils avaient choisi le même modèle, entièrement boutonné sur le devant, aux manches évasées et au col mao. La robe de Harry était d'une profonde couleur lie de vin, rebrodée d'or. Celle de Draco était bleu nuit rebrodée d'argent.
Ils se tenaient l'un en face de l'autre, au centre de la pièce devant le sorcier d'état civil.
- Nous sommes réunis aujourd'hui pour célébrer l'Union Magique de Harry James Potter et Draco Lucius Alexander Malefoy, devant leurs témoins, famille et amis. L'Union Magique est le lien le plus puissant que deux sorciers peuvent nouer. Il est indestructible et indissoluble. Par ce geste, Harry et Draco se témoignent l'un à l'autre ainsi qu'à toutes les personnes présentes, qu'ils ont décidé de s'unir pour la vie et que rien, hormis la mort, ne pourra les séparer. Monsieur Malefoy, Monsieur Potter, tenez-vous la main.
Harry et Draco se prirent les mains en ne se quittant pas des yeux. Le sorcier officiant posa la pointe de sa baguette sur leurs mains jointes.
- J'invoque la Magie et les Lois Anciennes. Qu'elles unissent aujourd'hui ces deux êtres qui se sont choisis. Qu'elles les tiennent liés à jamais. Unum in aeternum !
Un mince filet d'or sortit de la baguette et s'enroula à plusieurs reprises autour des mains des deux jeunes hommes. Une vive lumière se dégagea du filet d'or et une douce chaleur envahit les mains, les bras puis le corps entier des époux.
Ils sentaient leurs magies respectives s'unir, puis se répandre dans l'autre. Ainsi, pour la première fois, Draco pu sentir en lui la magie de Harry, qu'il put décrire comme vive et lumineuse. Le brun quant à lui s'émut de la magie fine et délicate de Draco.
C'était une expérience intense pour des sorciers. Le flux magique est personnel, intime. Son porteur l'apprivoise, le connaît. Mais il n'a que rarement l'occasion de le faire ressentir à quelqu'un d'autre, sauf en cas d'union magique.
Une fois les flux magiques absorbés de part et d'autre, le filet d'or disparu.
- Messieurs, je vous invite à échanger vos alliances en témoignage de votre amour mutuel.
Ron tendit à Harry à un anneau d'or blanc, très simple. A l'intérieur, ils avaient tous les deux fait graver l'inscription : je t'attendais.
Harry passa l'anneau au doigt de Draco et lui dit :
- Draco, mon amour. Il y a dix ans, personne n'aurait pu imaginer qu'un jour je prononcerais ces mots. Personne sauf moi car depuis dix ans, c'est toi que j'attends. Toutes ces années à vivre séparé de toi n'ont pas entamé l'amour que je te porte. Et aujourd'hui, je peux enfin de te le dire et le dire à tous ceux qui ont cru que c'était impossible : je t'aime et je veux passer le reste de ma vie à tes côtés. C'est là qu'est ma place.
Blaise tendit à son tour le même anneau à Draco qui le passa à l'annulaire de Harry :
- Harry, tu es le feu et je suis la glace. Tu es surtout le feu qui a fait fondre la glace. Dix ans à t'attendre, à t'espérer, c'est long mais maintenant tu es là. Et ma vie commence enfin. Je t'aime Harry.
Sans attendre qu'on les y invite, les nouveaux époux se penchèrent l'un vers l'autre dans un baiser à la fois tendre et passionné.
Autour d'eux, les invités présents étaient émus d'être les témoins de leur union. Mais la plupart se sentaient surtout coupables de ne pas avoir cru plutôt que leur amour était possible.
A la fin de la cérémonie, Ron et Hermione s'approchèrent de Draco. Hermione prit l'initiative :
- Draco, je ne sais pas comment le dire autrement alors je le fais sans détour. Je suis désolée. Peut-être ne me pardonneras-tu jamais mais crois-moi quand je te dis que je regrette vraiment. Que nous regrettons tous.
Draco était rancunier. Il ne pardonnait pour ainsi dire jamais. Mais il apprécia la franchise de la petite brune.
- J'apprécie ta franchise Gr ... Hermione. Et ... j'ai décidé de ne pas vivre dans le passé, esquiva-t-il. Votre présence à tous est nécessaire à Harry et pour ça, je suis prêt à faire un effort.
- ... si vous en faites autant, précisa Harry.
Molly Weasley attira Draco dans ses bras pour l'étreindre avec force.
- Harry est heureux avec toi, plus qu'il ne l'a jamais été. Promet-moi de prendre soin de lui Draco, il est comme mon fils.
- Je... je vous le promets Madame Weasley.
- Appelle-moi Molly. Tu fais partie de la famille maintenant ...
A ces mots, les yeux du blond s'écarquillèrent légèrement. Un Malefoy, faire partie de la famille Weasley ? Autant le tuer immédiatement. Mais au fond de lui, une toute petite voix lui disait qu'il ne servait à rien de lutter ... cette femme exubérante, il l'aimait déjà.
Ron lui donna une accolade amicale que Draco lui rendit. Pas besoin de paroles. Par ce geste, ils enterraient implicitement la hache de guerre.
Georges, homme d'affaires avant tout se réjouit de la présence dans la famille d'un avocat aussi brillant que Draco et lui confirma que dès le lundi suivant, il confiait ses affaires à son cabinet.
Draco haussa un sourcil. Cette nouvelle n'était pas anodine. Tout le milieu sorcier des affaires connaissait l'importance du commerce du rouquin. Il venait d'ouvrir un second magasin et il visait l'international.
- Merci Georges, dit Draco. Ta confiance me touche réellement.
Tout le monde se rendit ensuite au Manoir Malefoy-Potter à Chiswick pour la réception. Harry s'y était installé quelques jours auparavant et avait mis son duplex en location.
Le repas fut agréable et convivial. Harry ne pouvait être plus heureux.
Seules deux personnes dans cette assemblée ne partageaient absolument pas le bonheur ambiant.
Et l'une d'elle était d'ailleurs en train de fomenter un plan pour briser le couple de la manière la plus cruelle qui soit.
