Disclaimer : tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling

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Chapitre 5

Harry et Draco étaient allongés dans les bras l'un de l'autre, satisfaits et repus de leur nuit d'amour. La première en tant qu'époux.

- Redis-le ...

- Monsieur Harry Malefoy-Potter.

- Je ne me lasserai jamais de l'entendre, dit Draco en souriant.

- Je t'ai déjà dit que je t'aime ?

- Ça non plus je ne me lasserai jamais de l'entendre, dit le blond en prenant possession de la bouche de son mari.

Ils ne dormiraient pas beaucoup cette nuit.

Le lendemain matin, ils prirent un portoloin pour une destination que Draco n'avait pas voulu révéler à Harry. Ils avaient pu tous les deux obtenir une semaine de congé pour leur voyage de noces.

Harry était riche, très riche. Depuis qu'il avait entamé sa carrière de joueur de quidditch, il n'avait jamais dû se préoccuper de ce qu'il dépensait. Il possédait plusieurs comptes en banque moldus et sorciers, il aimait les belles voitures et était propriétaire de plusieurs immeubles aux quatre coins du monde.

Mais il ne possédait pas d'île privée. Draco, oui.

C'était une petite île perdue au milieu de l'océan indien. Intraçable et incartable, elle était protégée des intrusions par tous les sorts possibles et imaginables.

Harry était époustouflé par la beauté de l'endroit. Tout y était encore sauvage et la végétation luxuriante. Par contre, la villa qu'ils occupaient était pourvue de tout le confort moderne, moldu et sorcier. C'était une jolie construction en bois blanc, dotée d'immenses baies vitrées et d'une spacieuse terrasse qui donnaient directement sur une plage de sable immaculé.

Le soleil se reflétait à l'infini sur la surface des eaux turquoises et limpides.

- Cet endroit est magnifique Draco ... souffla Harry.

- C'est mon cadeau de mariage pour toi Harry, dit le blond en l'entourant de ses bras.

- Quoi ? Mais Draco, tu es fou !

- Fou de toi, en effet ... répondit-il en lui embrassant le cou langoureusement.

- Je ... je ne sais pas quoi dire ...

- En général, un merci est socialement acceptable ... et personnellement, j'ai une bonne idée de la manière dont j'aimerais être remercié ...

- Tout ce que vous voulez, Monsieur Draco Malefoy-Potter, sourit le brun malicieusement.

Ils étaient seuls au monde sur cette île et ils passèrent la semaine à s'aimer, à se promener et à s'aimer encore.

Ils étaient loin de l'agitation médiatique suscitée par la carrière de Harry, celle de Draco et par leur mariage. Même si Henry leur manquait, ils avaient besoin de cette bulle hors du temps et hors du monde pour assimiler les changements survenus dans leur vie.

En cinq mois, ils s'étaient retrouvés, ils s'étaient avoué leur amour et s'était mariés. Harry avait changé de club, de poste de jeu et allait devenir le père de Henry.

Ils profitaient donc pleinement du temps qu'ils passaient ensemble, loin de tout.


Pendant ce temps, à Londres.

- Tu as tout ?

- Oui

- Tout sera prêt à temps alors ?

- Oui, ne t'inquiète pas.

Harry et Draco avaient raison de profiter l'un de l'autre, car après Noël, ils seraient irrémédiablement séparés. Mais ça, aucun des deux ne pouvait le deviner.


- Monsieur Alcott, ce que j'essaye de vous faire comprendre c'est qu'utiliser l'argent de votre société pour payer votre voyage privé aux Bahamas n'était peut-être pas une bonne idée.

- Vous n'avez qu'à dire que c'était un voyage d'affaires ...

- Un voyage d'affaires ? Soit. Et comment justifiez-vous la caisse de Dom Pérignon ? Les soins esthétiques demandés par une certaine Cherry ? Je ne pense pas que Madame Alcott ne prénomme Cherry, n'est-ce-pas ?

- Mais bon sang Malefoy ! Vous n'êtes pas mon contrôleur fiscal que je sache !

- Non, je suis votre avocat parce que vous êtes poursuivi pour abus de biens sociaux ! Et même si je suis le meilleur avocat de cette ville, je ne fais pas de miracles ! Alors, soit Cherry est le prochain actionnaire de votre entreprise de terrassements et j'aurais peut-être une chance de convaincre le juge, soit Cherry est ce que je crois qu'elle est, et vous êtes foutu !

Cela faisait une heure que Draco essayait de faire entrer dans le crâne épais de son client moldu que l'abus de biens sociaux était une infraction grave, sévèrement sanctionnée par le code pénal et qu'il risquait gros en ayant utilisé les fonds de sa société pour des dépenses privées, très privées, et particulièrement élevées.

- Alors Monsieur Alcott ? S'impatientait le blond.

Le bonhomme soupira.

- Bon, ok. Cherry est ma maîtresse. Je la fréquente depuis plusieurs mois et elle est ... exigeante. Ma femme allait finir par se douter de quelque chose si je continuais à financer Cherry avec notre fortune personnelle. J'ai un peu ponctionné sur le compte de la société ... mais temporairement ! Je comptais tout rembourser ...

- Un peu ? On parle quand même de 150.000 £, soit la moitié du chiffre d'affaires annuel de votre société ...

- Oui, je ... je me suis laissé ... dépasser par les évènements.

- Bon. Je pense qu'il est de votre intérêt de tenter de transiger avec le Procureur.

- Transiger ?

- S'entendre sur un montant à payer à titre d'amende. En contrepartie, le Procureur renonce à vous poursuivre.

- Et une amende de quel montant ?

- Compte tenu de la gravité des faits, il y a peu de chance que le Procureur descende en dessous de 25.000 £ ...

- Autant ! Mais ne peut-on pas tenter d'aller devant le tribunal ?

Draco Malefoy éclata franchement de rire.

- On voit que vous ne connaissez pas le Procureur qui officie aux affaires économiques et financières ! Cette femme est une vraie psychopathe. Elle ne s'arrêtera que lorsque vous serez en caleçon dans le caniveau et qu'elle aura mis votre entreprise en faillite.

Le moldu blêmit.

- D' ... d'accord. On va tenter de transiger.

- Bien ! Je l'appellerai tout à l'heure. Je vous tiendrai au courant.

Draco s'était levé, signifiant que l'entretien était terminé. Il raccompagna son client à la porte de son bureau, le laissant ensuite aux bons soins de Sofia, sa secrétaire.

Il se rassit à son bureau, un sourire aux lèvres et décrocha son téléphone.

Alors qu'il était en train de composer un numéro, Sofia fit entrer Harry dans la pièce. Il regarda amoureusement son mari faire le tour du bureau pour l'embrasser tendrement. D'un geste, il lui fit savoir qu'il en avait pour 5 minutes.

Entretemps, son interlocutrice répondit après quelques sonneries.

- Allo ?

- Comment va la plus talentueuse de tous les procureurs de ce pays, entama Draco de sa voix la plus séduisante.

Harry haussa un sourcil en entendant son mari.

- Malefoy ... épargne-moi ton baratin et dis-moi lequel de tes escrocs de clients tu veux sortir du pétrin ...

- Margareth, tu me brises le cœur, dit-il d'un ton théâtral en faisant un clin d'oeil à Harry.

- Je sais.

- C'est tout ce que ça te fait ? Tu es cruelle ...

- Je sais.

Draco pouvait entendre le sourire dans la voix de la procureur. Il avait vu juste car l'instant d'après, elle se mit à rire franchement.

- Alors, Draco ? Le mariage te rend toujours heureux ? Comment va Harry ?

- C'est toujours le paradis. Harry va bien, il te passe le bonjour.

Margareth était une des rares moldues à connaître la qualité de sorcier de Draco. Au départ, ils ne se connaissaient que comme adversaires. Ils étaient aussi tenaces l'un que l'autre et leurs combats au tribunal étaient légendaires. Un jour où Draco défendait une partie civile, Margareth avait appris à le connaître sous un autre jour. D'un profond respect, ils étaient passés à une amitié sincère.

Draco avait toute confiance en Margareth, c'est pourquoi un jour, il lui révéla sa « condition ». Elle en fut surprise évidemment mais pas effrayée. Elle était au courant des évènements majeurs de la vie sorcière du blond et, bien sûr, elle savait pour Harry.

Draco lui avait présenté Harry quelques semaines après leurs retrouvailles et le courant était passé immédiatement.

- Merci. Dis-lui que je l'embrasse. Bon, Draco. Qu'est-ce qui t'amène ?

- Preston Alcott.

- C'est ce que je disais ... un escroc. Tu arriveras un jour à te trouver des clients honnêtes Malefoy ?

- Je suis un avocat pénaliste Maggy, pas le petit frère des pauvres, rigola le blond. Sérieusement, il accepterait une transaction.

- Tu rigoles ? Tu lui as fait un truc de sorcier pour qu'il accepte ?

- Même pas ! S'amusa le blond. Je lui ai juste dit que tu allais le bouffer tout cru ...

- Merci Draco, je passe encore pour la méchante ...

- Parce que tu n'es pas méchante peut-être ?

- Si.

- Alors ? Tu veux bien y réfléchir ?

- Ok, je t'enverrai une proposition fin de la semaine.

- Je t'adore. Si j'étais hétéro, c'est toi que j'aurais épousé.

- Ne rêve pas Malefoy ! Je suis inaccessible ! Riait-elle. Je t'embrasse. A bientôt !

Draco raccrocha en souriant. Il se leva ensuite pour enlacer son mari.

- Comment vas-tu mon amour ? Ça été l'entraînement ?

- Très bien !

- Smith te fout la paix ?

Le blond était moyennement rassuré par la constante présence de Smith dans l'entourage de son mari mais il avait une confiance illimitée en Harry et donc, il s'en accommodait.

- Ne t'inquiète pas. Je crois qu'il a compris ... Mais j'ai fait un détour avant de venir te voir !

Devant l'air interrogateur de Draco, Harry sortit un document de la poche intérieure de sa veste.

- Je suis passé au Ministère. C'est fait. Je suis officiellement le second père d'Henry Malefoy-Potter.

- Oh Merlin ! Harry ! C'est merveilleux ! Il va être tellement content ! Je suis tellement content !

Il serra le brun encore plus fort contre lui et l'embrassa.

- Je venais t'enlever à ton travail pour t'emmener déjeuner et déjà commencer à fêter mon nouveau statut de père ...

- Excellente idée ! Je préviens Sofia que je ne rentre pas de l'après-midi.

- J'ai parlé d'un déjeuner pas d'une après-midi de débauche ...

- Tu sais que je ne peux pas déjeuner avec toi sans penser au dessert ... toi, allongé, nu dans un lit ...

- Mon mari est un débauché, soupira le brun dans un baiser.

- Mon mari est un allumeur, répondit le bond contre sa bouche.

Comme il l'avait prévu, Draco ne revint pas de l'après-midi et savoura son dessert tout à son aise.


Les fêtes de Noël approchaient.

Harry et Draco avaient proposé d'organiser le réveillon chez eux. Ils attendaient Ron, Hermione et les jumeaux, Arthur et Molly, Ginny, Neville et leur petite Emma, Georges et Angelina, Seamus et Luna et enfin Blaise.

Helena serait présente également et avait proposé de s'occuper des enfants.

Draco aurait souhaité que Pansy et Théodore soient présents afin de ne pas être perdu dans un nid de Gryffondors mais ils étaient en vacances aux Maldives.

Il fit contre mauvaise fortune bon cœur.

Harry avait emmené Henry pour acheter l'arbre de Noël. Celui qu'ils avaient trouvé était magnifique, immense et bien touffu.

Draco les aida à le décorer.

Quand tout fut terminé, ils étaient tous les trois émerveillés et très satisfaits de leur travail.

Sur le coup de cinq heures, Helena les récompensa en amenant un immense plateau chargé de scones tous frais, de muffins, de shortbreads, de confitures en tous genres et de clotted cream. Elle avait également préparé un pichet de chocolat chaud et du thé earl grey avec des tranches de citron.

Tous les quatre se régalèrent et ils passèrent un bon moment.

Harry avait apprécié de voir Helena plus détendue en sa présence qu'elle ne l'était d'habitude. Il lui semblait en effet que la jeune fille était moins à l'aise avec lui qu'avec Draco. Ce qui était plutôt curieux, car le plus souvent les gens était davantage intimidés, voire même carrément terrorisés par l'air hautain et le regard froid du blond.

Harry en avait parlé à Draco peu de temps après leur mariage. Son mari avait essayé de le rassurer en lui disant qu'elle était plus à l'aise avec lui car elle le connaissait depuis plus longtemps. En effet, Draco l'avait recrutée sitôt après le décès de sa femme afin de s'occuper d'Henry. Lui était complètement perdu et à 20 ans, il ne se sentait pas capable d'élever un nourrisson.

Harry n'avait pas été franchement rassuré parce qu'il se rendit compte que la jeune femme était présente dans la vie de Henry et de Draco depuis près de 8 ans et que pour le petit garçon, elle était ce qui se rapprochait le plus d'une mère.

Lui, il avait déboulé dans leur vie comme un cognard, emportant avec lui le cœur du père et du fils.

Lorsqu'il avait évoqué avec Draco la possibilité qu'Helena soit jalouse de sa présence dans leur vie, son mari avait franchement rigolé.

- Harry ! Helena connaît mes préférences depuis son premier jour ici ! Le nombre de fois où elle m'a trouvé complètement soûl dans le salon à psalmodier ton prénom comme si ça suffisait à te faire apparaître ... Crois-moi, elle sait qu'elle n'a rien à attendre de moi ! Quant à Henry, je ne vois pas ce que ta présence pourrait changer. Elle s'en occupe toujours autant et avec nos carrières respectives, ce n'est pas prêt de changer !

- Sauf lorsque Henry ira à Poudlard ... Il ira à Poudlard n'est-ce-pas ?

- Bien sûr qu'il ira ! Il m'en parle depuis qu'il a six ans ! ... Ecoute, Harry, ne t'inquiète pas de ça maintenant. Et ne t'inquiète pas pour Helena non plus ... Tu te préoccupes beaucoup trop de ce que pense les gens !

Harry avait senti poindre l'agacement dans la voix de son mari et avait préféré clore le sujet. Ils n'en avaient plus reparlé depuis et Harry finit par se dire qu'il se prenait la tête pour rien.


24 décembre 2008

- Bilbo ?

- Maître Draco m'a demandé, fit l'elfe de maison en s'inclinant respectueusement.

- Tout est prêt pour ce soir ? Quel sera le menu ?

- Tout est prêt Maître Draco. En entrée, ce sera du foie gras poêlé sur un lit de rhubarbe avec de la glace au gingembre. En plat, suprême de dinde, sauce au monbazillac, accompagné d'une purée de rates et de cèpes. En dessert, bûche de Noël chocolat framboises.

- Parfait Bilbo ! Tu pourras servir à partir de 20 heures.

- Bien Maître Draco, et l'elfe disparut dans un pop.

Il était seulement 17 heures. Les invités n'arriveraient pas avant au moins deux heures. Harry n'était pas encore rentré d'une course de Noël de dernière minute. Draco décida de se servir un cognac avant de monter se préparer.

Harry venait de transplaner dans l'allée du Manoir. Il était seulement 17 heures mais la nuit était déjà tombée et les réverbères publics étaient allumés. Une fine neige commençait à tomber.

En entrant dans le hall, Bilbo le débarrassa de son manteau, de son écharpe et de ses gants.

- Mon mari est là ?

- Oui Maître Harry. Maître Draco boit un cognac au salon.

- Merci Bilbo.

Harry trouva en effet Draco au salon. Il était assis dans un fauteuil club à côté du piano. Il portait encore son costume de ville, veste et pantalon noir sur une chemise blanche négligemment déboutonnée au col. Ses chevilles étaient croisées devant lui et il tenait en main un verre de cognac qu'il semblait contempler avec mélancolie.

Il ressemblait à un tableau de Jack Vetriano et Harry aurait pu rester des heures à le regarder.

- Un gallion pour tes pensées, beau blond finit-il par dire.

Draco sourit sans pour autant bouger. Il savait qu'Harry le regardait et il aimait ça. Rien que de penser aux yeux du brun sur lui, son pantalon se faisait déjà trop étroit. Il était narcissique et ça ne changerait pas.

- Tu veux la version officielle ou officieuse ?

- Les deux ...

- La version officielle : je me demande comment survivre ce soir à une invasion de Gryffondors roux ...

- Et la version officieuse ?

Draco se leva et approcha de Harry avec un regard de prédateur et se pencha à son oreille.

- Ta bite me manque furieusement Potter.

Harry écarquilla les yeux.

Il avait découvert il y a peu que l'aristocratique Draco Malefoy pouvait être particulièrement vulgaire en certaines occasions.

D'abord quand il avait perdu un procès. Il se mettait à agonir le juge d'insultes diverses et très imagées. Ça allait du classique « putain d'enculé de mes deux » au « mes couilles sur son nez, ça en fait un dindon ». Venaient ensuite les menaces du genre « je vais lui arracher les couilles par les oreilles » ou encore « je vais lui arracher les dents par le trou du cul ». En général, ça lui passait en quinze minutes.

Mais le blond connaissait surtout une phase aigüe de vulgarité quand il se sentait en insécurité.

Harry avait remarqué que Draco avait un besoin viscéral de se savoir aimé et parfois, ne savait pas comment le demander.

Il avait également remarqué que cela se produisait à chaque fois qu'il devait faire face au « passé » de Harry, et notamment aux Weasley. Il avait deviné qu'une angoisse quasi permanente habitait Draco quant à l'influence que la famille rouquine pouvait avoir sur lui. Comme s'ils pouvaient, d'un seul mot, le convaincre de le quitter. Harry avait cru qu'un mariage sorcier le rassurerait définitivement mais manifestement, sa crainte était tellement profonde qu'elle en devenait irrationnelle.

Dans ces cas-là, le meilleur remède était de jouer le jeu.

- Tu lui manques aussi Malefoy ... Pas plus tard que ce matin, j'ai dû me branler comme un fou parce que je pensais à toi et ton petit cul bien serré.

- Tu as osé ?

- Hé, ce n'est pas ma faute si tu le mec le plus bandant de la terre ...

Draco le fit taire d'un baiser brûlant. Ils transplanèrent dans la chambre et Harry mit fin aux tourments de son mari. Avec bonheur. Car jamais il ne l'avouerait à quiconque mais quand Draco lui parlait comme ça, ça le mettait dans tous ses états ...


A 19 heures sonnantes, ils étaient prêts à accueillir leurs invités. Ils avaient tous les deux revêtus un smoking noir et étaient beaux à couper le souffle.

Tout le monde était réuni dans le salon où était servi du champagne rosé bien frais ainsi qu'une multitude d'amuse-bouches.

Chez les Malefoy-Potter, on savait recevoir.

Le repas de Noël fut un régal.

L'ambiance était chaleureuse. Draco remarqua avec sa satisfaction que Blaise s'intéressait de près à Helena. Celle-ci ne semblait pas insensible au charme et à l'humour dévastateur du beau métis. Il était vrai que lorsque Blaise voulait séduire une femme, il pouvait déployer des trésors de charme, d'élégance et de tendresse. Draco se félicita de les avoir placés l'un à côté de l'autre à table.

Ce qui lui plaisait beaucoup moins, c'était le regard qu'Harry portait sur Ginny depuis le début de la soirée. A la fois triste et inquiet.

Juste après le plat principal, Ginny s'excusa et se leva de table pour sortir fumer sur la terrasse.

Harry allait la suivre quand il sentit une main le retenir. Lorsqu'il croisa les yeux gris de Draco, il put y lire un panel d'émotions qui allait de la souffrance à la peur.

- Fais-moi confiance, Draco. Laisse-moi lui parler. Il le faut ... dit-il en se dégageant.

Le blond savait qu'il ne servirait à rien d'insister et rejoint les invités à table.

Dehors, la neige s'était arrêtée de tomber. Le froid était vif et piquant.

- Ça encrasse les poumons cette saloperie ... ce n'est pas judicieux pour une joueuse de quidditch ...

- Je ne suis pas une joueuse de quidditch. J'enseigne à des morveux comment tenir sur un balai, dit Ginny d'un ton amer.

Harry resta silencieux quelques instants avant de dire :

- Comment vas-tu Ginny ?

- Bien, je suppose.

- Tu supposes ?

- Je suis mariée, j'ai une maison, un enfant, un boulot ... tout ce que tout le monde veut, non ?

- Oui ... mais tu n'es pas tout le monde.

Ginny soupira avec agacement.

- Qu'est-ce tu me veux Harry ? Que veux-tu que je te dise ? Que je suis toujours amoureuse de toi ? Que j'ai failli en crever le jour où tu m'as dit que tu étais gay ? Que je me suis mariée avec Neville par dépit, pour ne pas finir ma vie seule ? Que je hais Malefoy un peu plus tous les jours quand je vois combien il te rend heureux ? Eh bien, oui, c'est ça ma vie !

- Je suis désolé ...

- Non, arrête ! Tu ne l'es pas ! Et je ne veux pas que tu le sois ! Je n'ai pas besoin de ta pitié.

- Ce n'est pas de la pitié ! S'offusqua Harry. Ginny, tu es comme une sœur pour moi et je voudrais tant que tu sois heureuse !

- Oh ça va Harry ! Epargne-moi le couplet sur la petite sœur hein ! On ne tringle pas sa sœur contre un arbre dans le parc de Poudlard que je sache ! Dit-elle en jetant son mégot par terre et en l'écrasant furieusement du bout du pied.

Harry rougit à l'évocation de cet épisode. A la fin de la 6ème année, il s'était cru amoureux de la rouquine. Avec la menace de Voldemort planant sur eux tous, il ne savait pas de quoi demain serait fait. Sur le moment, il trouva judicieux de consommer son idylle avec Ginny debout contre un arbre dans le parc du Château.

Peu de temps après, il lui annonçait qu'il valait mieux qu'ils se séparent. Car il craignait que Voldemort ne s'en prenne à ceux qui lui étaient proches.

La belle excuse ! S'il avait été parfaitement honnête avec lui-même, il aurait admis que s'il se séparait de Ginny, c'était parce que chaque nuit ou presque, ce n'était pas son visage qui s'imposait dans ses rêves mais celui d'un jeune homme blond, pâle aux yeux gris. Il le revoyait constamment, au sol, se tordant de douleur dans une mare de sang, le torse lacéré par le sectum sempra.

Quand il avait vu Malefoy ainsi, à terre, il avait senti son monde s'écrouler.

Harry se ressaisit. Il regarda Ginny et pour une fois, fit preuve d'honnêteté.

- Ginny, je sais que je n'ai pas été correct avec toi. Quand on s'est séparé, j'aurais dû te dire la vérité. J'aurais dû te dire que c'était à cause de ... lui. Je le regrette sincèrement. Mais je pense que j'ai payé suffisamment. Toi et les autres m'avez tenu éloigné de Draco pendant 10 longues années. Je pense que nous avons tous assez souffert. Quant à toi, crois-moi quand je te dis que ton bonheur me tient à cœur. Mais celui de Neville aussi. Je t'en prie, ne le fais pas souffrir lui, à cause de moi. Il ne le mérite pas. C'est vraiment quelqu'un de bien.

- Je sais Harry ... soupira Ginny. Je l'aime vraiment tu sais. Il était là quand tout allait mal. Il est calme, serein, attentif. Avec lui je savais que je ne vivrais pas de grande passion mais un bonheur stable et tranquille avec notre merveilleuse petite fille. Et je n'en demande pas plus ...

Harry était rassuré par ces paroles. Il serra la jeune femme dans ses bras et posa un baiser sur son front.

Alors qu'il quittait la terrasse, il ne vit pas les larmes rouler sur les joues parsemées de taches de rousseur.


A l'intérieur, chacun devisait gaiement. Les sujets de conversation étaient plaisants et variés.

L'humour cynique de Draco faisait merveille quand il racontait certains procès mémorables.

On faisait des pronostics sur le prochain club qui remporterait la Champions Wizzards Leage et tout le monde était d'accord de dire que les Eagles avaient leur chance.

Harry se rassit à table alors qu'on allait servir la bûche et le café. Il posa une main sur la cuisse de Draco et lui fit un imperceptible signe de tête visant à le rassurer. Il se joint à la conversation en cours.

Neville évoquait ses cours à Poudlard, ce qui amena un peu de nostalgie à table. Les choses n'avaient pas vraiment changé.

- Maintenant qu'ils savent que leurs deux princes sont mariés, les Gryffondors et les Serpentards se détestent beaucoup moins mais la rivalité est encore bien présente, expliquait Neville.

- Il faut croire que c'est nous qui avons attisé la haine de nos Maisons dit Harry, un brin coupable.

- Nous et les abrutis qui ont accepté de nous suivre dans nos délires, dit Draco .

- Hé ! Merci pour les abrutis ! protesta Blaise. Je te rappelle que je suis le seul ici à t'avoir dit « baise-le, ça te soulagera ! ». Et regarde-toi aujourd'hui ! La preuve que j'avais raison !

Un grand silence suivit la déclaration de Blaise. Tout le monde regardait vers Draco, attendant l'explosion imminente.

En fait d'explosion, le blond partit d'un rire tonitruant.

- Ah ! Blaise ! Si tu savais à quel point ! Dit Draco, hilare. J'aurais dû t'écouter et coincer Saint Potter entre la statue d'Emeric le Troll et celle de Wilbur le Vaseux !

A ces mots, Harry recula sa chaise d'un coup et se leva. Ses yeux lançaient des éclairs en direction de Draco.

Mais le blond n'était pas dupe et ne s'était pas départi de son sourire en coin.

Il avait vu juste car une seconde plus tard, un immense sourire fendait le visage de Harry. Il avait attrapé son mari par le revers de son smoking et lui dit :

- Bordel, oui Malefoy ! T'aurais dû !

Et il l'embrassa.

L'atmosphère se détendit aussitôt.

Autour de la table, chacun pouvait se rendre compte à quel point ces deux-là s'aimaient et étaient heureux ensemble.

Mais plus pour longtemps, se disait une des personnes présentes.